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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 16:55

 

J’ai assisté hier soir, médusé, à un spectacle dont le surréalisme dépassait ce que Dada ou André Breton auraient pu imaginer : onze personnages (en quête d’auteur ?) qui, pendant presque quatre heures se sont forcés à montrer le visage actuel de la France.

Certes, notre pays se payait, jusqu’à récemment, le luxe de disposer de trois partis trotskistes. Voir les épigones de deux d’entre eux (N. Artaud et P. Poutou) se présenter à une élection présidentielle rien que pour proposer aux spectateurs la bave de leurs éructations marxisantes qui rappelaient à notre mémoire les temps anciens quand la « lutte des classes » était l’alpha et l’oméga des l’intelligentsia française, a été le clou du spectacle.

Mais ils n’étaient pas seuls. Il y a eu aussi un visionnaire utopiste (B. Hamon) conviant le bon peuple à participer à la création d’un « futur désirable » et un autre, prônant « une révolution tranquille » (J-L. Mélenchon) les deux faisant montre d’un solide mépris hautain pour la réalité du pays : quand on a une dette de plus de 2.200 milliards d’euros imaginer des dépenses nouvelles de centaines de milliards (dont on ne dispose pas) ce n’est pas seulement de l’inconscience, c’est du mépris crasse pour l’intelligence des spectateurs (plusieurs millions de français).

Ce n’est pas tout, un habitué des élections présidentielles (J. Cheminade), énarque, difficile à situer à gauche ou à droite qui depuis 1995 n’a jamais réuni plus de 0,05% des votes. Et un autre énarque (F. Asselineau), fort en thème, citant des articles bien choisis de la Constitution ou du dernier traité européen (Lisbonne). Les deux démontrant l’impossibilité de changer quoi que ce soit en France à cause de l’Europe et, logiquement, proposant un « Frexit ». Plus « l’idiot du village », l’homme qui fort de l’expérience de sa propriété agricole, d’un tour de France (à pied ?) et d’un humour certain a joué le rôle du clown de service.

Et puis les trois candidats (dont un énarque, ectoplasme créé par les médias car héritier d’un autre énarque – je veux dire F. Hollande), crédités par des sondages divers de positions de premier plan pour accéder, éventuellement, à la présidence de la République. J’ai oublié un quatrième énarque … (N. Dupont-Aignan) dont la hargne n’avait qu’un seul objectif : grappiller quelques voix au candidat de la droite pour l’empêcher d’arriver au deuxième tour de l’élection.

Je laisse de côté ce que les deux trotskistes avaient à nous dire (prendre l’argent aux riches, détruire le capitalisme et la bourgeoisie, arrêter l’exploitation des travailleurs et des travailleuses, etc.,) car personne ne peut les prendre au sérieux. Mais on est époustouflé de voir, quand même, que selon les sondages (règle de trois par rapport au nombre de votants probables) presque trois millions de français se sentent proches d’eux en acceptant leurs fariboles. Je laisse de côté aussi deux énarques qui proposent la sortie de l’Europe comme panacée pour les malheurs de la France tandis que le troisième veut renégocier tous les traités actuellement en vigueur. Il n’y a qu’à …

Certes, il est difficile de laisser de côté l’utopiste (« futur désirable ») et le promoteur de la « révolution tranquille » car à eux deux ils réuniraient presque 26% des votants (soit pas loin de 10 millions de nos concitoyens …) mais on peut se demander comment autant de français se sentent attirés par le chant de ces sirènes. L’un, qui voudrait dépenser quelques 450 milliards d’euros dans un revenu universel (le proverbe « tout travail mérite salaire » ne pourrait plus être retourné et sa valeur morale, anoblissante, longtemps faisant partie du fond intellectuel de la gauche, disparaîtrait). L’autre, le révolutionnaire tranquille, voudrait injecter en Europe 1.000 milliards d’euros (sans dire où il les trouverait) et prendre pour la France (règle de trois, poids de l’économie) presque 200 milliards d’euros pour financer de nouvelles dépenses. De nouvelles dépenses, car on doit toujours ajouter des « moyens » en France. On pourrait quand même regarder, par exemple, la dépense annuelle pour l’éducation par rapport au PIB sur 30 ans : elle a toujours augmenté plus vite … mais la France affiche en 2014 un taux d’alphabétisation de 99% quand ce taux était 99,8 en 1985. Tant et si bien qu’aujourd’hui la France occupe la 43ème place au classement mondial du taux d’alphabétisation. Encore des moyens ?

Demain on rase gratis ...

Et la dette actuelle du pays ? Pas de problème, dit J-L. Mélenchon, elle ne sera jamais payée. Le fait que dans un tel cas personne au monde ne prêterait plus un sou à la France n’a pas l’air de préoccuper l’impétrant. Comme le fait que les grands prêteurs sont des fonds de pension américains, anglais, canadiens, australiens qui verraient d’un mauvais œil que l’argent de leurs mandants (ouvriers, employées, commerçants, etc.,) parte en fumée parce que le sponsor de la révolution tranquille aurait oublié « l’internationalisme prolétarien » … Naturellement, ces deux-là, avec les deux trotskistes, voudraient augmenter le nombre de fonctionnaires (plus de 120.000 pour un, sans limite pour l’autre …). Le tonneau des Danaïdes …

Que dire des trois premiers prétendants à la fonction en cause ? La Marine, depuis des lustres, propose des solutions (sortie de l’Europe, sortie de l’euro, etc.,) dont (dernier sondage) 79% des français n’en veulent pas. Mais, par une schizophrénie qui devrait nous préoccuper, au moins 10 millions de français annoncent qu’ils voteront pour elle. Pour la première fois, « le plafond de verre » pourrait être percé, elle pourrait devenir présidente de la République (https://theconversation.com/pourquoi-et-comment-marine-le-pen-peut-gagner-avec-moins-de-50-dintentions-de-vote-74994). Si le spectacle d’hier soir avait un caractère humoristique prononcé, la « Marine Président » glace le sang. Et on en arrive aux deux candidats qui pourraient nous surprendre. L’inconsistance de l’un et « les casseroles » de l’autre, bien perçues par nos compatriotes, ont souligné pendant le spectacle d’hier soir que nous ne sommes pas sortis de l’auberge … Mais, si on laisse le spectacle de côté, il faut se souvenir qu’il s’agit de l’avenir du pays : après les 14 années de glaciation mitterrandienne, les douze années de sommeil chiraquien et les cinq années de synthèse hollandaise, il est grand temps que la France se réveille. A mon sens, il n’y a qu’un seul programme qui pourrait constituer l’amorce d’un redressement. Ce n’est pas celui de la Marine et ce n’est pas celui de l’héritier qui avait façonné le sien quand il était ministre de F. Hollande. Quant au spectacle d’hier soir … certes on peut en rire mais, malheureusement, c’était à pleurer !

 

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Published by martin
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