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23 décembre 2017 6 23 /12 /décembre /2017 19:31

 

L’année 2017, même pour les observateurs manquant de lucidité, a été marquée par les deux changements majeurs dans la gouvernance de deux puissances membres du Conseil de Sécurité.

La « communauté internationale » a applaudi (admiré ?) l’élection de E. Macron et a vomi, depuis son intronisation, l’élection de D. Trump. Je supposes qu’elle doit avoir ses raisons pour l’attitude exprimée, elles doivent être légitimes car étant les siennes…

E. Macron a entamé sa présidence début mai. Pendant les sept mois de présidence sans opposition aucune (rare dans la cinquième République bien que cela s’est produit, déjà) si l’on regarde bien et si l’on prend acte des déclarations propres du gouvernement, la réalisation majeure jusqu’ici a été la promulgation, par ordonnances, de la Loi du Travail. Tout a été dit pour et contre cette loi, elle n’a eu jusqu’ici aucun effet, ce qui est normal, mais on pense qu’elle commencerait à en avoir d’ici 12 à 24 mois. Créditons le gouvernement (et M. Macron) de ce qui va se passer. Le réalisation suivante a été la confection d’un budget dit « en rupture » avec le passé et qui comprendra des réductions d’impôts tout en procédant à une réduction des dépenses de l’Etat.

Les observateurs avertis (l’INSEE) contestent les chiffres de Bercy et démontrent que le pouvoir d’achat sera ponctionné d’env. 4,5 Milliards de € qui seront supportés, pour l’essentiel, par « la classe moyenne et moyenne/supérieure ». Selon les mêmes observateurs, les dépenses de l’Etat ne diminueront pas car, entre autres, il n’y aura qu’un solde (négatif) de 25.000 fonctionnaires (soit moins de 0,4% du nombre total). Mais… comme dit le proverbe, « promettre c’est noble, tenir c’est bourgeois » pour l’instant, le gouvernement et M. Macron promettent. Quant à tenir… Actuellement, la dette de la France augmente de 2.665 €/seconde (dettepublique.fr) soit depuis l’élection de M. Macron (15 mai – 15 décembre) de 41.096.160.000 € – pour simplifier, de 41 Milliards d’euros. La dette totale est aujourd’hui de 2.259 Milliards d’euros quand le PNB est de 2.276 Milliards d’euros. La dette est donc égale à 99,2% du PNB. Ce qui mérite d’être noté c‘est que (1) à part une promesse faite (pour la cinquième fois…) à Bruxelles, rien n’éclaire sur les intentions du gouvernement concernant la maîtrise de la dette et/ou le déficit annuel du budget, (2) en l’absence d’une vision claire (probablement difficile à bâtir) il n’est pas exclu de voir la dette dépassant le PNB rapidement et (3) le principal partenaire de la France, l'Allemagne, par les reformes et les efforts faits, à réduit sensiblement sa dette qui est maintenant de 68% de son PNB .

La différence de plus de 30 points entre les deux pays constitue une « ticking bomb » pour la France venant du différentiel du taux d’emprunt (négatif pour l’Allemagne actuellement, +0,4% pour la France) qui, selon toutes les prévisions, devrait augmenter sensiblement en 2018. La dette, d’un côté, et les dépenses de l’Etat, d’un autre côté, laissent penser que la promesse du gouvernement « réduction des impôts » restera lettre morte. La France est, depuis 2016, championne des prélèvements en Europe (47,6% du PIB – legifiscal.fr)) dépassant les pays nordiques et loin devant l’Allemagne (40,4%).

C’est vrai, notre situation ne s’arrange pas mais… comme on veut être parmi les premiers qui parlent, nonobstant le sujet, la France a pris la tête de la lutte contre la pollution de la planète. Elle a organisé la COP 21 et, cette année, elle a encore fait venir des dizaines (centaines?) de chefs d’état et de gouvernement à Paris pour se congratuler pour les efforts faits dans le projet « 2°C de moins à la fin du siècle ». Cela mérite intérêt que de voir à quoi la France se prête.

En prenant la tête de « la lutte contre la pollution de la planète » la France se lance dans une aventure sans fin car la « communauté internationale » n’investira pas 52.000 milliards        de $ sur les 30 années à venir. D’autant plus que -regardez la photo- le trou d’ozone s’est réduit de moitié depuis 2000 ce qui laisse présager des variations pas toutes désavantageuses pour la planète.

Une des raisons pour lesquelles les Etats Unis se sont retirés de la COP21 (au grand dam de la « communauté internationale ») aggravant ainsi leur cas depuis l’élection de M. Trump, est bien ce qui est résumé dans ce qui précède.

Essayons voir ce que M. Trump a fait depuis son élection et voyons s’il arrive à la cheville de notre Président.

Commençons par la fin. Un nouveau code fiscal vient d’être promulgué, c’est une promesse de campagne de D.Trump, il semble produire des effets immédiats : 220 milliards de réductions d’impôts en 2018 soit, selon des calculs des spécialistes, entre 200 et 300 $  de réduction mensuelle moyenne pour tous ceux qui travaillent. De plus, les grands employeurs, confiants dans la marche de l’économie et de la réalité des réductions d’impôts viennent d’accorder à leurs salariés des « primes » dès que le nouveau code fiscal a été promulgué. AT&T annonce distribuer 1.000$ de prime à chacun de ses 220.000 employés : 220 millions de $ ; Boeing, Comcast, GE et une kirielle d’autres suivent le mouvement. Pour distribuer des centaines de millions de $ il faut, je crois, avoir confiance non seulement dans la marche de l’économie mais aussi à la stabilité des mesures prises. Qu’a-t-il fait,       D. Trump, depuis le 20 janvier quand il a pris ses fonctions ?

On aime Monsieur Trump ou pas, à la fin de la première année de sa présidence, la croissance du PIB avait rebondi pour atteindre 3,3% pour l'année  et laissé prévoir un rythme probable de 4% pour 2018 – soit plus de deux fois plus que ce que nous espérons pour la France. Le taux de chômage s’établit à 4,1% (Bureau of Labour Statistics, Eurostat), il était de 5% à la fin de 2016 – chez nous il est de 9,8% et il était de 9,4% à fin avril juste avant la prise de fonctions de M. Macron; la confiance des entreprises et des consommateurs a atteint des niveaux records (meilleur indice depuis 2000,+30% par rapport à 2000). Idem pour la production d'énergie : grâce au « fracking » les Etats Unis sont devenus, cette année, le premier producteur mondial de gaz et pétrole – des décrets de M. Trump ont libéré l’exploitation dans des zones interdites par l’Administration Obama et permettent la mise en service de nouveaux « pipelines ». Les organisations représentatives des industries diverses expriment leur confiance dans la politique économique impulsée par M. Trump – c’est la première fois qu’une telle chose arrive, à l’inverse de ce qui se passait depuis une vingtaine d’années.  Les marges des sociétés montrent une croissance sans précédent ce qui explique, en partie la confiance des acteurs économiques. Mais ce qui a été fondamental dans le  retournement  conduit  par     M. Trump, a été le lancement d’une vague (tsunami ?) de déréglementations qui ont libéré et simplifié la vie des acteurs économiques dans pratiquement, tous les secteurs d’activité. Et tout cela accompagné par les réductions d’impôts (sur les sociétés de 35% à 21%) ce qui, comme effet secondaire, laisse prévoir le retour aux Etats Unis de  3 à 4.000 Milliards de $ de profits que les sociétés américaines gardaient à l’étranger.

Donc… nouveaux investissements, réduction chômage, augmentations salaires, en somme le cycle « Reagan » induit par les théories de Milton Friedman (faisons simple, le contraire de Keynes) qui avait à son actif le redressement économique du Chili et d’Israël. Ce que  M. Trump est en train de démontrer c’est que dès que l’on « libéralise » le système on crée de quoi distribuer. Ce qui est à l’antipode de ce qui se passe en France depuis des lustres et aussi depuis l’élection de E. Macron. On pourrait nous taxer de manque d’imagination car depuis l’impôt sur le sel (1341 – Philippe le Bel) la France n’obtient les moyens de se gérer que par de nouveaux impôts dont les taux augmentent à chaque changement majeur du pays. Naturellement, l’idée que l’on puisse réduire les impôts pour augmenter le gâteau à distribuer a été, est, considérée comme une hérésie dans notre pays.

Mais alors pourquoi en veut-on à M. Trump ? Depuis qu’il a été élu on lui cherche « des poux sur la tête » mais, jusqu’ici on n’en a pas trouvé beaucoup. Pourtant, quatre commissions parlementaires et un procureur spécial essayent depuis le 20 janvier 2017 : pour l’instant tout ce qui sort c’est des faits incriminant son  adversaire   à   l’élection   présidentielle           (H. Clinton) ou le FBI (conjurations diverses visant soit de l’empêcher de gagner l’élection soit de le conduire vers un « impeachment ») ou le Département de la Justice (indépendant, dans le système américain) pour des choses similaires. Mais… les chiens…la caravane…

Et comme il est atypique, le voilà vouloir faire ce qu’il a dit qu’il allait faire : il y a trois semaines il a dit fort et clair que, pour les Etats Unis la capitale d’Israël se trouve à Jérusalem et qu’il allait suivre la loi promulguée par les deux chambres (Congres et Sénat) en 1995 en transférant l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem.

Du Nord au Sud, de l’Est en Ouest la « communauté internationale » s’est soulevée contre     M. Trump car pour elle, Israël ne devait pas avoir une capitale ou, à la rigueur, ailleurs qu’à Jérusalem. Branle bas de combat, Conseil de Sécurité (véto des Etats –Unis). Mais la France et la Grande Bretagne ont trouvé bon de voter contre les Etats Unis, de conserve avec un très grand nombre des pays musulmans à l'AG des 191 états dont, naturellement, la majorité a voté contre les Etats Unis.

Mordre la main qui te nourrit est commun pour pas mal de pays. Parmi les récipiendaires d’aide américaine un total de 21,8 Milliards de $ pour 120 pays), neuf des dix premiers ont voté contre les Etats Unis. Neuf pays (tous, sauf le Kenya qui n’a pas participé au vote) on rejeté la décision des Etats Unis d’appeler un chat un chat car depuis 70 ans Israël a choisi Jérusalem comme ville pour sa capitale. Jérusalem Ouest, diraient certains, comme la Russie qui a déclaré en avril 2017 que la capitale d’Israël est bien à Jérusalem (Ouest).

Regardez le graphique : la Tanzanie, le Pakistan, le Nigéria, l’Ethiopie ou l’Afrique du Sud, pays éclairés, se trouvant à l’avant-garde du monde développé, contestent le droit des Etats Unis de mettre leur ambassade là où ils veulent. Comme l’Egypte ou la Jordanie (qui tient encore débout seulement parce que les Etats Unis et Israël le veulent). Mais… que l’Autorité Palestinienne oublie d’où vient l’argent qu’elle reçoit… et qu’elle traite M. Trump de « stupide » et le menace de pis que pendre… Bien sûr, comme c’est toujours le cas, les pays de l’Ouest de l’Europe, la France y compris ont voté contre les Etats Unis. Les pays de l’Est de l’Europe (Pologne, Roumanie, Hongrie, Croatie, Bosnie, Tchéquie, Lettonie) se sont tous abstenus (c'est-à-dire ils non pas voté contre les Etats Unis) pour la première fois d’un vote important pour les Etats Unis et/ou Israël. Comme l’ont fait le Canada, le Mexique, l’Argentine, l'Australie, bref 128 pays on voté contre les Etats Unis et 63 se sont abstenus ou ont voté avec les Etats Unis. Remarquez, Abba Eban (ancien ministre des affaires étrangères d’Israël) avait déjà résumé l’ONU : « Si l'Algérie présentait une résolution déclarant que la terre était plate et qu'Israël l'avait aplatie, elle passerait par un vote de 164 à 13 avec 26 abstentions» Mais pour ce qui est de l’Europe on peut se demander quelle est la différence entre les pays de l’Ouest et de l’Est : à première vue, l’existence ou l’absence de populations allogènes (immigrés musulmans) et l’ADN historique car ces pays ont subi le talon de fer de la Russie et ont peu d’envie de renoncer à ce qui était l’espoir pour eux, les Etats Unis. Peut-être aussi, le fait qu’ils veulent interdire aux « autres » (Bruxelles ?) de vouloir leur imposer des décisions qui ne leur conviennent pas.

Alors ? M. Trump vs M. Macron ? Le lecteur tirera ses conclusions. J’ai essayé de l’éclairer, bien sûr, le parti-pris est sous-jacent mais ce n’est pas pour cela que ce qui précède n’est pas vrai et justifié. 

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