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9 janvier 2018 2 09 /01 /janvier /2018 17:24

 

 

Depuis toujours les Etats Unis et la France se sont considérés investis d’une responsabilité mondiale, conséquence du caractère messianique de leurs valeurs fondamentales : les « droits de l’homme » pour la France, la « liberté individuelle » pour les Etats Unis. Selon le moment, dans l’histoire ancienne et récente, ces deux pays se sont trouvés en symbiose ou en conflit, ouvert ou masqué. Naturellement, la nature et l’intensité des « conflits » a été influencée aussi par la personnalité de leurs dirigeants. On devrait relire G.Plekhanov (« Le rôle de la personnalité dans l’histoire ») pour comprendre mieux pourquoi L. Johnson parlait du « type de Paris » (le Général …) et pourquoi le Général tenait en piètre estime JFK et prévoyait que sa femme (JK) «  finira sur le yacht d’un riche pétrolier » (quelle préscience !) Il me semble que les deux pays viennent d’entrer dans un conflit, pour l’instant masqué.

En effet, l’accession au pouvoir aux Etats Unis en 2008 d’un « soixante-huitard » crypto- communiste (au moins par ses références, ses mentors, sa Weltanschauung) a permis (il s’est donné cette mission) de « transformer » par des ordres exécutifs non soumis aux procédures constitutionnelles (pour faire simple, « check and balance ») ou par des lois viciées par des mensonges non dévoilées (Obamacare, 17% du volume de l’économie …) des pans entiers de l’économie américaine. Pendant ses huit années de présidence l’économie américaine s’est trouvée dans un sommeil léthargique qui, de plus, était considéré comme naturel et comme antidote à la volonté de « faire plus, faire mieux, etc., ». Tant et si bien que la dette publique a augmenté de 67,7% du PIB à 106,3%.

De même, en vertu de sa conviction que  l’histoire américaine avait du sang sur ses mains (so to speak …), il a réussi à transformer « le leader » du monde occidental en puissance, certes, importante mais n’étant qu’un « primus inter pares ».   Pour résumer,  il assurait que le djihad est un voyage personnel, que les Frères musulmans égyptiens étaient largement laïcs, que sa ligne rouge empêchera Assad d’utiliser des armes chimiques, que le terrorisme est majoritairement de droite, que les désastres causés par les humains et la violence au travail sont plus effrayants qu'un jeune du Moyen-Orient criant "Allahu Akbar" qui attaque des Occidentaux non armés. Et disposant d’un pouvoir, pratiquement, sans partage il a réussi à redorer le blason de la Russie, de la faire revenir au Proche Orient d’où elle a été évincée depuis les années 70, de la laisser dépecer la Géorgie, envahir l’Ukraine et annexer la Crimée. Cerise sur le gâteau, il a entraîné cinq autres pays à conclure un accord avec l’Iran qui, en résumé, donne droit à ce pays d’avoir accès à « la bombe » d’ici sept ans. Et pour ce faire il a fait ce qu’il fallait pour leur donner accès à plus de 100 milliards de $, effet de l’abrogation des anciennes sanctions prises contre ce pays. En clair, les Etats Unis perdaient leur rôle de « gardien du temple » en faveur d’un « multiculturalisme » appelé de ses vœux par celui qui était leur président. Acte premier.

La France, après les années de « glaciation » pendant lesquelles rien ne s’est passé (les septennats de F. Mitterrand, les douze années de J. Chirac, le quinquennat de N. Sarkozy) s’est payé une fantaisie : elle a élu Président  F. Hollande. Qui n’a fait qu’ajouter cinq années d’immobilisme aux trente-et-une pendant lesquels le pays s’est inscrit dans une spirale descendante : la destruction de son appareil industriel (délocalisations), une immigration de conquête (« réunion des familles, etc.,), la destruction du système d’enseignement et de « l’ascenseur social », l’excès d’Etat providence, le tout se payant avec une dette devenue énorme (plus de 2.500 milliards d’euros) bien que l’on retirait aux français près de 48% de ce qu’ils produisaient (la France est aujourd’hui championne de l’Europe pour les prélèvements). Mais plus le pays se portait mal, plus ses gouvernants s’arrogeaient le droit de dire urbi et orbi ce qu’il convenait de faire en Afrique, au Proche Orient ou en Amérique Latine. En obtenant ainsi les louanges d’un Chavez ou du frère Castro, d’Evo Morales et d’autres ejusdem farinae. Acte deux.

Les deux pays on décidé d'installer, à leur tête, des leaders d’un profile différent. Les Etats Unis, un inconnu milliardaire dont le cursus paraissait devoir lui interdire d’être élu et en France, un pur produit des « élites » du système mais dont la jeunesse et (un peu de) parler vrai constituaient des atouts surtout devant une représentante de la droite extrême dont personne n’en voulait. Certes, les systèmes électoraux sont différents mais il n’est pas superflu de souligner que l’américain a été élu avec 62 millions de voix (quasiment 50% des électeurs et 304 grands électeurs sur 550) tandis que le français a été élu avec 8,7 millions de voix (soit 17,7% des électeurs inscrits – NB. Résultats au 1er  tour car le deuxième a été « faussé » par la présence de MLP). Au bout d’une année à la tête de leurs pays (un peu moins pour le français) vers où ont-ils menés leurs pays ?

On aime Trump, ou pas, (à part ses électeurs personne ne l’aime …) à la fin de sa première année de présidence, la croissance du PIB avait rebondi à un rythme de 4% pour l'année. Le chômage est tombé à 4 %  et la confiance des entreprises et des consommateurs a atteint des niveaux record.. Les bénéfices des sociétés sont sans précédent. Le revirement radical est largement « Reaganesque » - fondé sur un nouveau climat psychologique (mettant fin à une sur-régulation insidieuse), sur les réductions d'impôts imminentes et à la conviction que le secteur manufacturier pourrait retourner aux Etats-Unis. Paul Krugman, Prix Nobel d'Economie, contributeur attitré de NYT, a prédit, un jour après l'élection présidentielle de 2016, que les marchés ne "récupéreront" jamais sous Trump.                  P. Krugman a écrit dans le New York Times « que l'imprévisibilité de Trump serait particulièrement dommageable pour une économie déjà fragile ». M. Trump a prédit le contraire, c’est le prix Nobel qui a raconté n’importe quoi car … « never Trump ». M. Trump a eu raison : la bourse (S&P 500) affiche +28,2%, le NASDAQ 37,2% : depuis l’élection de M. Trump la Bourse de New York s’est enrichi d’env. 7.000 milliards de $ !

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http://www.yardeni.com/pub/tc_20180108_2.png?emailid=Moneyblog@newsmax.com

Le « marché » fait confiance à M. Trump et, selon tous les pronostics, l’année 2018 verra l’embauche exploser, les salaires/revenus augmenter sensiblement (car réductions d’impôts massives et immédiates), bref, à l’encontre de l’apocalypse prévu par les experts tout se passe mieux pour les Etats Unis. Ce qui n’empêche pas tous ceux qui « résistent »  de le vilipender et une fois que la soi-disant « collusion » avec la Russie semble avoir fait long feu, on essaye de mettre en doute sa santé mentale pour, éventuellement, incriminer son droit de continuer à être Président. Autant pour l’économie, la différence avec ce qui s’est passé pendant la présidence de BHO est tellement saisissante que même ses adversaires les plus retors sont en train d’avaler des couleuvres tout en disant « oui, mais… ». Pour ce qui est de la politique extérieure, faisons court, il fait ce qu’il avait dit vouloir faire pendant sa campagne pour l’élection : il remet en question l’accord avec l’Iran, il donne des armes aux ukrainiens pour s’opposer aux troupes russes, il installe de nouvelles sanctions contre la Russie et la Chine en raison de leur soutien à l’Iran et à la Corée du Nord, il retire les Etats Unis de la fameuse « COP 21 » (soucieux, comme il est de ne pas apporter des milliers de milliards de $ pour que l’on réduise de 0,2°C le réchauffement de la planète en 2100 …), il laisse la liberté aux militaires de gagner la guerre en Afghanistan, il rappelle à l’ordre le Pakistan (qui prend de $ aux Etats Unis mais … laisse agir les talibans … comme ils on laissé Ben Laden libre de ses mouvements avant qu’il soit tué par des soldats américains) et annonce -constate- que la capitale d’Israël se trouve à Jérusalem. Le tout fait tellement désordre par rapport au « multiculturalisme » de BHO, de F. Hollande et/ou de Mme Merkel  qu’ils sont déboussolés ne sachant pas quelle attitude prendre par rapport à ce qu’il fait. Sauf de s’opposer.

Mais le nouveau Président français, c’est dans l’ADN du pays, sait qu’il doit s’opposer. Pour l’instant, le coût de l’énergie (gaz et pétrole), le coût du tabac (avec le faux prétexte d’une élasticité de la consommation fonction du prix), le coût des timbres poste, le coût des transports en commun, bref, presque tout, augmente. Et en attendant les réductions d’impôts annoncées, on applique une CSG augmentée. Le  « marché » ne semble pas lui faire le même type de confiance qu’à M. Trump : on attend voir venir. Et la France continue à être le plus mauvais élève de l’Union Européenne pour les principaux paramètres : croissance, emploi, déficit budgétaire, dette totale, j’en passe et des meilleurs. C’est donc le moment de s’opposer aux Etats Unis, les sujets ne manquent pas. Il a choisi, pour l’instant, deux : l’Iran et Jérusalem, capitale d’Israël.

Notre président vient de déclarer « La ligne officielle poursuivie par les Etats-Unis, Israël et l'Arabie Saoudite, qui sont nos alliés à bien des égards, est presque celle qui nous mènerait à la guerre » Ce n’est pas l’Iran qui s’installe en Syrie après les 500.000 morts d’une guerre barbare à laquelle ce pays et la Russie ont apporté leur contribution, ce n’est pas l’Iran qui est en train de détruire le Yémen avec l’aide de ses supplétifs Houthis, ce n’est pas l’Iran qui promet la destruction d’Israël[1], non, c’est le nouvel axe du mal … les Etats Unis, Israël et l’Arabie Saoudite qui risque de provoquer une guerre. A part de vouloir s’opposer aux Etats Unis, que peut-on imaginer comme justification pour l’absurde, innommable, irresponsable déclaration de notre président ? Quant à son aversion (celle de la France ?) pour Israël, il a donné des preuves : il n’admet pas que Israël se considère légitime pour indiquer que sa capitale se trouve à Jérusalem. Et ensemble avec les révisionnistes arabes il (la France) affirme que le Mur des Lamentations est un territoire occupé … Mais, comme la France veut contribuer à la paix entre les palestiniens et Israël … en conférence de presse il sermonne B. Netanyahou en lui demandant de faire des « gestes » pour que ses amis palestiniens viennent à la table de négociation. Quel doux rêveur … Enarque, un peu philosophe (certes, du côté d’Etienne Balibar…) comment se peut-il draper d’une ignorance aussi évidente ? De 1920 (San Remo) à 2014 (John Kerry/BHO) treize offres (partage, paix, etc.,) ont été faites aux Arabes, toutes ont été  rejetées. Alors ? Eh ben, il est parti en Chine pour proposer aux chinois un partenariat pour prendre la place que l’Amérique de M. Trump n'a  plus … Aux chinois !

 


[1] Seyyed Abdolrahim Mousavi, commandant en chef de l'armée de la République islamique d'Iran, vient de déclarer : «Nous détruirons l'entité sioniste à la vitesse de l'éclair et raccourcirons ainsi les 25 ans qui restent » (Le guide suprême avait annoncé qu’Israël sera détruit avant 25 ans).

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