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16 avril 2018 1 16 /04 /avril /2018 14:15

 

Face à deux roquets, vieux compagnons de la démagogie, blanchis sous le harnais et qui, toute honte bue, l’apostrophent sous prétexte de poser de questions voilà, donc, notre Président.

La première observation qui s’impose pourrait être traduite par « Bravo l’artiste » !

En effet, sans se départir d’un calme déjà connu, sans se départir de sa froide politesse, le Président a pu, sans grande difficulté, démonter (et démontrer) l’insanité des présupposés des questions qui lui étaient posées..

De l’un – dont la démagogie journalière ne fait plus mystère pour ceux qui l’écoutent encore sur « la première chaîne d’information de France » il a souligné l’outrecuidance relative au couplet concernant les petits retraités, à l’autre  -représentant encore aujourd’hui du vieux trotskisme et de sa dialectique de bas étage il a pu, sans grand mal, démontrer que ses propos étaient de contrevérités flagrantes et que ses attaques ad hominem ne méritaient que mépris.

Bref, ses deux interlocuteurs auraient pu mieux faire à tenter leur chance dans un débat sur un champ de foire, non pas avec un Président de la République qui a totalement oublié d’être bête. Autant pour la forme, souvenons-nous qu’il s’agit d’un intermezzo de presque trois heures.

Et puis le fond.

Par la somme de ses réponses aux questions (presque toutes) à caractère provocateur on a réussi à voir qu’il y avait une cohérence forte qui sous-tendait son « programme » pour réformer le pays. Entendons-nous bien, on peut rejeter ses conclusions et contester les moyens de les mettre en marche, mais certainement pas ses hypothèses/constats relatifs à l’état du pays.

De la nécessité de reconstruire l’enseignement et jusqu’aux charges sociales sur les salaires en passant par les efforts demandés à une catégorie socio-professionnelle, tout se tient dans son raisonnement. Autant dire qu’il sait où il veut amener le pays et qu’il n’y a pas beaucoup de différence entre ce qu’il disait pendant sa campagne électorale et ce qu’il fait maintenant. Il n’a pas eu du mal à balayer d’un revers de main (méprisable ?) le procès en manque de légitimité [élu au 1er tour avec 18% des inscrits (formulé ainsi pour que ce soit moins que les 24% des votants)… selon la « part de vérité » de l’épigone de Lev Davidovitch] en rappelant la majorité obtenue à l’élection pour l’Assemblée Nationale.

Acceptons que ce qu’il fait soit conforme à ce qu’il a dit. Certes, les choses ne se font pas pendant une nuit même s’il s’agit de la grande… La difficulté à laquelle notre Président est confronté est la coagulation de toute une série de mécontentements catégoriels. La SNCF et le statut de ses salariés bénéficiaires d’une rente à vie, l’indescriptible état du système hospitalier dont les frais de fonctionnement dépassent l’entendement et ont des conséquences directes sur la santé des habitants, l’irresponsable opposition au remplacement du système d’admission à l’université actuellement fondé sur une loterie, jusqu’à l’occupation depuis trois ans (et ça continue…) de terres agricoles par des soixante-huitards attardés héritiers du « Larzac » (je parle d’un temps, que les moins de 20 ans, ne peuvent pas connaître…). Un résumé ? Le peuple (ou les minorités agissantes…) n’en veut pas de ses réformes, il préfère non pas le statu quo mais le retour en arrière. Et si cela n’est pas possible, que l’on prenne aux riches ce qu’il faut pour qu’il devienne possible.

Et puis on est arrivé au sujet qui fâche, l’islam en France. Naturellement, le défenseur attitré de la « communauté » musulmane, le sieur trotskiste (arborant sa moustache et son sourire crispé et condescendant)  qui sur ce sujet est pour  tout ce qui est pour mais contre pour tout ce qui est contre… ne pouvait faire autrement que prendre la défense des « pauvres mamans » (pourquoi diable ne dit-on pas «mères » ?) qui n’ont pas le droit d’attendre leurs rejetons à la sortie des écoles tout en portant le voile (ou, même, la burka). Peut lui chaut qu’il existe une loi interdisant la burka dans l’espace publique. Peut lui chaut que pour nos concitoyens (autres que musulmans et même pour une partie d’entre eux) il s’agit d’un signe de soumission qui marque ouvertement l’inégalité de la femme par rapport à l’homme. C’est « l’idée de l’islam » et le moment de se souvenir de Cioran : « En elle même toute idée est neutre ou devrait l’être ; mais l’homme l’anime, y projette ses flammes et ses démences ; impure, transformée en croyance, elle s’insère dans le temps, prend figure d’événement : le passage de la logique à l’épilepsie est consommé… ainsi naissent les mythologies, les doctrines et les farces sanglantes…  Point d’intolérance, d’intransigeance idéologique ou de prosélytisme  qui ne révèle le fond bestial de l’enthousiasme. (E. Cioran, Précis de décomposition – Gallimard, Paris 1949) » Avec quel enthousiasme ce trotskiste refoulé s’adonne-t-il à la défense des « valeurs de l’islam »… (Pour les musulmans – 2014, Le devoir d’hospitalité – 2017).

Alors ? La conclusion des trois heures de discussion (« nous ne sommes pas vos élèves, vous n’êtes pas notre professeur » énonce le trotskiste – en plagiant Giscard face à Mitterrand en 1974, « répondez-moi » apostrophe le Président le démagogue) est double. D’un côté, il faut souhaiter que le Président fera faire ce pourquoi il a été élu et ce qui correspond, autant que faire se peut, à ce qui est absolument nécessaire. D’un autre côté, le peuple, tenu dans l’ignorance de la marche du monde et des contraintes y relatives depuis des dizaines d’années, ne veut pas s’associer au mouvement nécessaire.

Que reste-t-il ? Berthold Brecht avait trouvé la solution : « Le Comité Central a décidé de changer le peuple » (La Solution – 1953).

 

 

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