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3 mai 2018 4 03 /05 /mai /2018 09:50

Comme chaque mois apporte son lot d’évènements, certains importants, certains négligeables, ne serait-ce que pour l’histoire cela vaut la peine que de rappeler les plus marquants.

Indéniablement, les trois jours passés par notre Président à Washington sont à remarquer. Certes, en paraphrasant le Général « Tous ceux qui grouillent, grenouillent, scribouillent »  chez nous, s’en sont donnés à cœur  joie, en se pâmant, devant l’exceptionnelle performance de M. Macron qui, selon eux, s’est mis M. Trump dans la poche en le cajolant (une métaphore…) tout en lui disant ses quatre vérités. Pour ce qui est de l’autre côté de l’Atlantique on peut reprendre les résumés des grands journaux :

  • Macron embraces Trump — and elegantly knifes him in the back
  • Macron treats Congress to a full-scale takedown of Trumpism
  • After hugging Trump, Macron tears down Trumpism

En allant à Washington notre Président voulait obtenir trois choses : (a) faire échapper l’Europe (ou au moins la France) aux droits de douane pour l’acier et l’aluminium que l’Administration Trump veut mettre en place, (b) faire revenir les Etats Unis dans l’accord « COP 21 » et (c) convaincre M. Trump de ne pas sortir de l’accord JCPOA conclu avec l’Iran.

Les performances se mesurent aux résultats. Le résumé (Politico) pour la presse américaine est cruel : Trump-Macron bromance conceals minimal movement on French demands. En clair, notre Président n’a rien obtenu. Sauf de montrer à   M. Trump qu’il sait flatter et trahir. Car sa prestation devant le Congres (applaudie souvent par les démocrates…) n’était rien d’autre qu’une mise en bière de la politique de son hôte.

Non seulement il n’a rien obtenu mais s’érigeant en « leader de l’Europe » a demandé à M. Trump de ne pas sortir de l’accord avec l’Iran mais d’accepter d’ajouter trois autres annexes concernant les missiles balistiques, la possibilité d’aller vers le nucléaire militaire à l’expiration de l’accord (2025 selon les uns, 2030 selon d’autres) et le retrait de l’Iran de la scène du Proche Orient (Syrie, Liban, Yemen). Et, encore la presse américaine :«…comme beaucoup de rendez-vous galants, la rencontre en est une que M. Macron pourrait bientôt regretter - surtout puisque ses progrès à Washington s'avèrent illusoires ou le mettent en conflit avec ses alliés en Europe. »

Des trois objectifs de M. Macron, l’accord avec l’Iran tenait la première place. D’évidence, parce que l’on connaissait la propension de M. Trump à vouloir faire sortir les Etats Unis de ce qu’il considère (il n’est pas le seul…) un mauvais accord. N’ayant pas réussi d’obtenir le résultat qu’il souhaitait, le Président a essayé de faire un « front commun » avec ses partenaires européens habituels et, même, avec la Russie et la Chine. Les deux derniers lui ont fait savoir qu’il n’y avait rien à ajouter au fameux accord, telle était aussi la position de l’Iran.

Patatras ! Une semaine après Israël donne un énorme coup de pied dans la fourmilière : elle démontre que le fameux accord procède du « fruit de l’arbre malade ». Quésaco ?

 

En 2015, pour obtenir les avantages fantastiques que l’accord négocié (essentiellement) par M. Obama et Kerry, l’Iran a dû garantir (sur l’honneur…) qu’il n’a jamais eu et n’aura jamais l’ambition d’un programme nucléaire militaire. L’Iran a menti et Israël a apporté la preuve : 500 kg de documents (100.000 feuillets, 55.000 dossiers, 183 CD). On croit rêver… le Mossad avait trouvé l’endroit où les iraniens ont mis à l’abri leurs archives concernant le programme nucléaire et, en une nuit, ils ont transféré une très grande partie en Israël. En le faisant savoir aux Etats Unis qui ont eu l’occasion de vérifier l’authenticité des documents.

On aurait pu s’attendre, vu la surprise, à une réaction de « client trompé » de la part des autres 4+1 qui avaient signé le fameux accord. Non, le cœur des pleureuses (Allemagne, France, Angleterre, « UE ») s’est accordé à réduire l’importance des révélations avec deux arguments majeurs : (x) « c’est parce que nous ne leur faisions pas confiance que l’on a signé un accord comportant une surveillance particulièrement invasive » et (y) l’Iran, jusqu’ici, a respecté les engagements pris dans l’accord signé en 2015.

Oyez bonne gens : il ressort maintenant de la prise  remarquable du Mossad des archives iraniennes que l'Iran a néanmoins menti tout au long de son programme d'armes nucléaires secrètes (pendant presque 20 ans) - dans des déclarations publiques où les dirigeants iraniens assuraient rejeter les bombes atomiques pour des raisons idéologiques et également dans le rapport idoine requis par le JCPOA à l'AIEA. Pourtant ceux qui ont signé l’accord disent, bon, on savait qu’ils mentaient mais… on leur a fait confiance pour l’avenir. La preuve que nous avions raison : ils ne trichent pas actuellement.

De la dialectique de sous-préfecture…

« Pourquoi violeraient-ils les termes d'un accord qui ne les empêche pas de continuer à développer leur programme de missiles balistiques - les vecteurs de leurs dispositifs nucléaires qu’ils vont construire - pour amener l'Europe et les Etats-Unis à leur portée?

Pourquoi violeraient-ils les termes d'un accord qui a laissé intactes les parties les plus importantes de leur programme nucléaire?

Pourquoi violeraient-ils les termes d'un accord qui leur permet de se soustraire à n'importe quelle inspection des installations soupçonnées de se livrer à des activités nucléaires illégitimes?

Pourquoi violeraient-ils les termes d'un accord qui a démantelé le régime de sanctions minutieusement construit qui les a forcés à s'asseoir à la table des négociations en premier lieu, qui leur a donné accès à plus 150 milliards de  dollars bloqués auparavant, en risquant la réimposition de ces sanctions? » (D. Horovitz, Times of Israël, 01.05.18).

Je résume. On obtient la preuve formelle des mensonges répétés de l’Iran concernant sa volonté d’accéder à « la bombe ». La preuve que le fameux accord est fondé sur un mensonge. Voilà pour le passé. Mais… pourquoi garderaient-ils des archives qui n’avaient pas été montrées au contrôle de l’AIEA, préalable à la signature de l’accord si ce n’est pour pouvoir les utiliser quand ils ne seront plus tenus par les stipulations du fameux accord ? Voilà la preuve pour l’avenir.

Et on a le culot (Mme Mogherini…) de dire « de toute manière, après la période couverte par l’accord l’Iran sera tenu par sa signature du Traité de Non Prolifération Nucléaire. » En oubliant qu’ils avaient triché par rapport à ce traité pendant plus de 20 ans. La conclusion évidente : le JCPOA, fondé sur des mensonges, devrait être considéré comme nul de plein droit.

Deux avis compétents, David Albright -ancien responsable du contrôle à l’AEIA et Olie Heinonen – ancien Directeur Général de l’AIEA) :

DA -…. les renseignements obtenus révèlent l'intention de l'Iran de construire finalement une arme nucléaire. La chose la plus importante est qu’il s’agit d’une collection entreposée destinée à être utilisée plus tard pour une reconstitution. Ils auraient pu détruire ces documents, mais ils ont été soigneusement protégés et cachés dans l'intention de les réutiliser lorsqu'ils relanceront leur programme nucléaire militaire.

OH - Pourquoi garderiez-vous ce type de documentation? Il est évident qu'ils la gardent pour un jour de pluie. Nous avons maintenant besoin d'une solution plus importante que nous le pensions pour améliorer l’accord JCPOA.

M. Trump décidera si les Etats Unis restent ou pas dans l’accord JCPOA. Et que fera « le cœur des pleureuses » ?

Ils devraient, peut-être, congratuler le Mossad pour ce qu’il a fait et que ni la CIA, ni la DGSE, ni le MI6 n’avaient même pas pensé à faire. Et peut-être pas réussir. Quant à l’Iran… humilié par le « petit Satan » qui leur mène la vie dure en Syrie, ils auront bonne mine, le Guide Suprême et ses supplétifs, de continuer à dire que l’arme nucléaire….

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