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14 juin 2018 4 14 /06 /juin /2018 15:04

Deux évènements d’importance pour l'Europe et pour le monde se sont succédé à courte distance et, les deux, avaient comme protagoniste principal Donald Trump : le G7 et la rencontre de Singapour avec le dictateur Nord-Coréen. Les deux méritent que l’on en réfléchisse, eu égard à leurs probables conséquences.

Mais avant de les regarder de près il me semble que l’on devrait essayer de comprendre de quoi il s’agit : on en a tellement par dessus la tête de tout ce que les « talking heads » disent de M. Trump qu’il me paraît normal de le caractériser en quelques mots. Ce que faisant n’enlève rien a tout ce que l’on dit en mal de ce Monsieur avec un unanimisme jamais rencontré dans la presse mondiale. La seule comparaison qui vient à l’esprit ce sont les relations dithyrambiques de la presse communiste dans la période du « culte de la personnalité du petit père du peuple », je veux dire de Staline. Car, convenons-en, ce qui se passe avec D. Trump est un culte de la personnalité à l’envers, tous et toutes, s’évertuant à décrire, en long et en large, les poux qu’il a sur sa tête.

Mais ce Monsieur n’est intimidé par personne. Pas par les experts (fussent-ils lauréats du Prix Nobel) qui ont tous prévu une catastrophe financière mondiale pour le cas où il aurait pu être élu, pas par le « deep state » (et ses fers de lance du FBI ou de la CIA ou d’ailleurs), ni par ceux des leaders mondiaux qui se sont compromis avec l’Administration Obama en poussant à l’apaisement avec l’Iran en lui donnant, pour rien, le droit à la bombe un peu plus tard. Pour en finir, tout ce qu’il est en train de faire (on verra plus loin) correspond parfaitement à ce qu’il a dit vouloir faire pendant le quinze mois de campagne électorale.

D’abord le G7. Faisons court, il s’est agi, en réalité, d’un G6 + G1. Les sujets prévus pour la discussion montraient clairement la ligne de clivage entre les partisans du multilatéralisme et le tenant de « America first » Il était clair comme de l’eau de roche qu’il n’y avait pas de compromis possible car, soyons justes, les six pays du G6 ont tous une balance commerciale positive avec les Etats Unis. Que cela vienne uniquement de l’intelligence économique ou autre de l’Europe, du Canada ou du Japon et aucunement des barrières auxquelles les exportateurs américains se heurtent à l’entrée des mêmes pays semble une vue d’esprit. Et ce ne sont pas les réunions -précédant la rencontre au Québec- des européens en vue de bâtir une ligne de résistance commune face aux Etats Unis qui pouvaient améliorer le climat vu les injonctions et les menaces qui les ont conclues. Faisons simple : la balance commerciale de l’Europe pour 2017 (zone Euro) fait montre d’un excédent de plus de 300 Milliards de $ dont un peu plus de la moitié vient des Etats Unis. Mais… les États Unis restent la plus grande puissance mondiale et son marché intérieur le plus grand au monde (surtout si l’on prend en compte les 750 milliards de $ de dépenses pour la défense – 12 à 15 fois plus que la France ou l’Allemagne). Face à ces vérités (excédent commercial énorme et dépenses pour la défense loin des contraintes de l’OTAN soit 2% du PNB) les qualificatifs inconvenants utilisés  par  notre  Président  pour  vilipender       M. Trump n’avaient aucune chance de l’amadouer. Notre président, qui devrait appliquer à l’Europe (vis-à-vis des Etats Unis) ce qu’il a reproché à l’Allemagne le 10 mai 2018 quand il a reçu le Prix Charlemagne : « le fétichisme perpétuel pour les excédents des budgets et des comptes courants car ils sont toujours  à  la charge  d’autres »  Pourquoi  s’en  prendre à       M. Trump qui ne pourrait que faire siens les mots de notre Président ?

Et n’oublions pas, le sieur n’est intimidé par personne. Et qu’il procède selon le dicton « quand les blanches colombes sont fatiguées les aigles volent toujours » Les blanches colombe sont les promoteurs du multilatéralisme et qui laissent d’autres en payer le prix. Les résultats de l’échec annoncé du G6+G1 se verront rapidement et, malheureusement, surtout en Europe car l’idée qu’elle puisse se passer du marché américain est absolument farfelue. Remarquez, M. Trump a traité de la même manière (en fait, plus brutalement) le principal fournisseur des Etats Unis (la Chine) dont la balance commerciale est  excédentaire de plus de 350 Milliards de $ ! Cela étant, imputer la responsabilité de l’échec de la réunion du Québec aux Etats Unis traduit aussi l’hypocrisie de l’Europe, du Canada et-aussi- du Japon. Il suffit de comparer leur dépenses (en % du PNB) pour la défense pour comprendre que l’Europe (mais pas seulement) tire avantage du « parapluie » américain (plus de 120.000 soldats américains pour « défendre » l’Europe contre son voisin de l’Est[1]…).

Le deuxième événement –la rencontre de Singapour. Décriée avant, décriée après, avant avec la prévision du mois de mars « elle n’aura pas lieu » (NYT, WAPO, LAT j’en oublie pas mal …), « on vous l’avez bien dit » quand M. Trump (The Art of the Deal…) a fait semblant de l’annuler et « aucun résultat » quand elle s’est tenue. Une comparaison s’impose : quand l’Union Soviétique a construit en 1956 le mur de Berlin, J.F. Kennedy y est allé pour dire « Ich bin ein Berliner » Et rien ne s’est passé ensuite. Sauf 35 ans de terreur dans la « République démocratique Allemande ». Quand Ronald Reagan, à Berlin, en juin 1987 s’est écrié « Mr. Gorbachev, tear down this wall » deux ans après le mur a été détruit et le système soviétique a implosé.

Pourquoi cette comparaison ? Quand M. Obama -pour des raisons que l’on est encore en train d’élucider mais supposons-les honorables- a voulu obtenir de l’Iran de conclure le fameux JCPOA (ni traité, ni accord, rien de signé, même pas un acte d’exécutif pour les Etats Unis - « Joint Comprehensive Plan of Action– donc, résiliable à tout moment par un acte exécutif) il a commencé par céder au chantage de ce pays. A un pays au seuil de l’écroulement économique, en annulant les sanctions qui l’avaient mis à genoux, il a ouvert des possibilités de redressement inouïes à condition qu’il décale de quelques années son accès à la bombe. Sans s’occuper de ce que ce pays faisait   au  Proche  Orient : n’ayons  pas peur des mots,             M. Obama qui a reçu le Prix Nobel de la Paix après le commencement de son mandat en 2009 sans avoir rien fait, a sur ses mains le sang de presque 500.000 syriens.

Vient M. Trump. Courant 2017 il se trouve devant le chantage de la Corée du Nord qui clame, fort et partout, disposer d’engins nucléaires et de missiles balistiques et a la possibilité d’atteindre les Etats Unis. M. Trump a compris que pour la dynastie KIM disposer d’armes nucléaires était gage de survie. Il a réussi à lui faire admettre un changement de paradigme : si la Corée du Nord gardait ses armes nucléaires elle pourrait, un jour, disparaître de la face du globe.

Hein ? Faut pas jouer au plus bête… Et voilà M. Trump qui commence par s’attaquer à la Chine : déficit commercial, aventurisme en Mer de Chine, soutien sous la table de la Corée du Nord, non respect des sanctions approuvées par l’ONU, etc., Devant la mauvaise foi une dernière menace : lui interdire l’utilisation du système bancaire/financier utilisant le $. Dès que deux petites banques chinoises étaient interdites… la Chine a arrêté les livraisons de pétrole et les achats de minéraux et charbon (seuls produits exportés par la Corée du Nord). Et la Corée du Nord a fait savoir qu’elle était disposée à parler… Car M. Kim avait compris l’alternative : accepter de renoncer aux armes nucléaires ou voir son pays détruit, par les sanctions mises en place au départ ou par la force incomparable des Etats Unis. Et pour qu’il n’y ait pas de malentendu, M. Trump n’a pas fait les choses comme son prédécesseur : levée de sanctions d'abord, en leur laissant des options nucléaires pour plus tard, avec la capacité de faire du terrorisme tout du long.  Parions que parmi les choses auxquelles le Coréens du Nord auront à s’engager seront aussi des interdictions de collaborer avec les iraniens ou les syriens pour le nucléaire militaire.

M. Kim est arrivé à Singapour en demandeur. Ce qui l’a fait changer (sauf erreur de jugement de l’auteur de ces lignes…) ce ne sont pas les menaces proférées à l’encontre de la Corée du Nord depuis plus de 25 ans par les trois présidents américains précédents (Clinton, Bush et Obama). Ce qui l’a fait changer c’est, d’un côté, la perspective d’un désastre économique immédiat (agissements de la Chine) et d’un autre côté, l’évidence d’un nouveau président américain prêt a faire ce qu’il avait annoncé.

Naturellement, il ne faut pas insulter l’avenir. Il se pourrait que la Corée du Nord essaye de nouveau de tricher. Que Dieu nous en garde car les Etats Unis de M. Trump ne semblent pas vouloir se laisser faire. Et on devrait se souvenir qu’il ne s’agit pas d’une situation « MAD » (Mutual Assured Destruction ») comme celle qui a prévalu pendant plus de 50 ans entre les Etats Unis et l’Union Soviétique.

 

 

 

[1] Peu prou, en 2016 le nombre de soldats américains en Europe est d’env. 120.000 –jusqu’à 300.000 à la fin du « cold war » ; le nombre total soldats armées américaines 1.400.000 ; peu ou prou, coût présence Europe env.10% soit 75 milliards de $ annuellement ; de 1945 à 2015 les Etats Unis ont dépensé en Europe, peu ou prou, quelques quatre milles milliards de $.

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