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2 juin 2018 6 02 /06 /juin /2018 19:46

Monsieur Macron, (en paraphrasant Staline, parlant du Vatican) combien de divisions ?

Effectivement, la question se pose car voilà une année depuis que le plus jeune président de la République (depuis qu’elle existe) nous conduit d’une main (presque) de fer vers un avenir (de lui seul connu) qui réglera tous les maux que la France a accumulé depuis plus de quarante années. Pour ce faire, entre autres, notre président à fait 43 voyages qui ont, sans doute, sensiblement dégradé « l’empreinte carbone » de la France. Classée quinzième en 2015 au classement des plus grands émetteurs de CO2 (dix-huitième en 2011, mais en ayant pris la tête de COP21… notre pays s’est permis de polluer un peu plus ...). Essayons voir ce que notre Président a obtenu car ce qui compte, après tout, ce sont les résultats.

Reconnaissons tout d’abord qu’il est lucide, ambitieux et qu’il a une rare qualité pour les hommes politiques : il dit ce qu’il va faire et il fait (presque) ce qu’il dit. De même, il n’a pas froid aux yeux pour démonter la politique de M. Trump devant un Congrès américain médusé bien qu’applaudissant, ni de rappeler devant M. Poutine son occupation de l’Ukraine et la destruction du vol MH370 par un équipement de l’armée russe, ni d’affronter des syndicalistes malhonnêtes intellectuellement en se déplaçant dans leurs fiefs. Mais pour ce qui est des résultats…

M. Trump – reçu en grande pompe à Washington, il y était allé pour essayer de convaincre le Président américain de ne pas sortir de l’accord climatique COP 21, de ne pas abandonner l’accord nucléaire avec l’Iran et de ne pas lancer des sanctions commerciales (augmentation des droits de douane) si ses alliés ne réduisaient pas, de leur propre volonté, les exportations de certains métaux et, puis, peut-être de certains produits manufacturés (voitures par exemple). La presse française, comme il est normal, a occulté l’absence de tout résultat positif. La presse anglo-saxonne, en revanche, s’en est donnée à cœur joie pour nous faire comprendre qu’il n’avait rien obtenu. Comment a-t-il pensé qu’il pouvait changer les positions murement et longuement réfléchies de M. Trump ? L’homme, objet maintenant d’un culte de la personnalité (à l’envers – tous les journaux sont contre lui, toutes les chaînes de TV sont contre lui -sauf FOX News- et la totalité des réseaux sociaux le vouent aux gémonies du matin jusqu’à la nuit, se pare, cependant, de la fantastique réussite de ses premiers quinze mois de mandat : chômage à 3,8% (introuvable depuis une vingtaine d’années), chômage des noirs et des latinos à un niveau bas inespéré, bourse à plus de 30% pendant la période, création de valeurs de plus de 6.000 milliards de dollars (première fois dans l’histoire des Etats Unis pendant une période aussi courte). Tout cela après que « les experts » aient prévu l’apocalypse au moment de son élection : « Nous sommes très probablement à l’orée d'une récession mondiale, pas de fin en vue » (Paul Krugman, Prix Nobel d’Économie, NYT), « Les politiques du président Trump provoqueront « Armageddon » pour les finances des familles, l'économie américaine et le marché boursier. » (Nancy Pelosi, No.1 du parti démocrate à la Chambre des Représentants), « Le premier cadeau de Donald Trump au monde sera une autre crise financière. »- The Independent (UK- 20.01.17). Et les coryphées de la gauche américaine se devaient d’en ajouter : « L'abrogation par le président de la réglementation des banques menace le futur et conduit à l’effondrement » (N. Chomski – The Independent, 15.03.17) avec l’ineffable Michael Moore professant : « Je conseille aux gens de ne pas investir dans le marché boursier, pas maintenant. Bien trop dangereux. » La Bourse ? 30% de plus en un an.

Convenons que la tâche de M. Macron était plus difficile que celle du pauvre Sisyphe.  Comment faire changer d’opinion quelqu’un qui a vu ses décisions couronnées de succès et les prévisions apocalyptiques des « grands experts » démenties à grand fracas par les faits ? J’avais oublié : deux semaines après la rencontre Macron - Trump ce dernier abandonne l’accord JCPOA en dénonçant une escroquerie géopolitique dont l’Iran tirait tous les avantages possibles sans s’interdire, à terme, quoi que ce soit. Quant au COP 21…

M. Poutine - Bon, cela n’a pas marché avec M. Trump, essayons M. Poutine. Au Palais Constantin de Saint Pétersbourg (car M. Poutine avait été reçu l’année dernière au Palais de Versailles…). Nouveau « Monsieur Niet » mais bien plus malin que d’autres car passé par l’école du KGB… l’hôte de M. Macron l’a laissé sur sa faim : Ukraine ? La Russie n’y est pour rien. Crimée ? Elle est revenue, démocratiquement, au sein de la grande Russie à laquelle elle a toujours appartenu. Le vol MH370 ? L’enquête qui a déterminé l’implication de la Russie n’était pas impartiale, la Russie n’y a pas pris part. Les sanctions appliquées par l’Europe et les Etats Unis  - illégales, la Russie n’en tient pas compte mais applique les siennes en retour. A part tout cela… tout va bien entre la Russie et la France. Ah, l’accord nucléaire avec l’Iran… L’Europe veut ajouter deux accords pour convaincre M. Trump de revenir sur sa décision (missiles balistiques -déjà interdites par l’ONU mais l’Iran s’en fiche éperdument- et les actions déstabilisatrices de l’Iran au Proche Orient, actions visant l’obtention d’une position dominante). Eh bien, dit Monsieur Poutine : c’est non !

Que faire ? Remettre le travail sur le métier… c’est dur d’être Président … Et on va voir les européens. Ce n’est pas vraiment dimanche.

 L’Italie (troisième économie du continent) vient de commencer une dépression nerveuse car son mauvais peuple a donné la victoire aux dernières élections à des populistes « antisystème » (et anti Europe de Bruxelles) et à un parti d’extrême droite. Les nuages sont noirs des lacs du Nord jusqu’au ciel de Naples et  ce qui pend au nez de Bruxelles c’est de se retrouver avec une « nouvelle Grèce » mais dont le poids est dix fois plus grand.

L’Espagne commence une crise qui va sérieusement peser sur son économie car les socialistes ont accédé au pouvoir et viennent d’annoncer des décisions qui vont effacer les progrès économiques (PIB, chômage, balance commerciale, etc.,) que les conservateurs ont réussi à obtenir ces dernières années.

La Pologne traverse un état de schizophrénie : doit respecter (sous peine de sanctions…) les valeurs de Bruxelles mais ne le fait pas et comme elle a peur et de l’Europe (Allemagne) et de la Russie (l’histoire est là) elle fait plus qu’ami-ami avec les Etats Unis. Et, avec la Hongrie, et de temps à autre avec la Tchéquie et la Roumanie elle fait exploser l’unanimité requise pour les décisions majeures. Autant dire que la voir devenir anti-américaine (dans le sens que l’on donne en France) c’est peine perdue. M. Macron a décidé de l’ignorer et faire de même  (snober ?) pour les autres quatre pays de l’Est de l’Europe.

Mais il y a l’Allemagne… Le fameux couple qui, avec le vent de dos, a conduit l’Europe, via Bruxelles, là où elle se trouve aujourd’hui. Que lui demande notre Président ? Solidarité économique, abandon des règles trop strictes (déficit, endettement, etc.,), gouvernance centralisée, fonds de garantie pour les dépôts bancaires de particuliers, entre autres. Pour faire court, le vent étant de face, l’Allemagne de Mme Merkel lui répond « Nous sommes d'accord qu'il y a besoin de solidarité en Europe mais aussi que la compétitivité est nécessaire » en ajoutant « Il ne faut pas que l'épargnant allemand se retrouve garant des banques grecques et italiennes »

Et ce n’est pas en France qu’il va trouver du réconfort. Grèves, manifs, désordre, le Sénat qui retarde la mise en place des réformes planifiées, bref, il n’est pas grand-chose qui se passe comme il aurait voulu : une lettre à la poste.

Mais il y a le grand large… Donc faut faire entendre la voix de la France partout. Et en particulier là où cela ne coûte rien mais peut engendrer la sympathie d’une partie des acteurs concernés.

Trois exemples :

  • Khan-el Akhmar – vous n’en avez jamais entendu parler ? Pourtant « la France exprime sa "profonde inquiétude" à propos de la démolition du village bédouin de Khan al-Ahmar » Fast forward – un lieu dit situé à côté d’une autoroute, lieu faisant partie de la « Zone C » (territoire sous contrôle israélien depuis les Accords d’Oslo) où se trouvent un peu plus de 100 bédouins arrivés du Néguev en 1952, vivant sous des tentes et dans des cabanes,  auxquels Israël propose depuis 2009 des habitations en dur (avec un confort normal) mais qui refusent de libérer le territoire qu’ils squattent. Trois jeux de procès depuis (première instance, appel, décision de la Cour Suprême) depuis, dernièrement la Cour Suprême de Justice d’Israël a donné l’autorisation à l’État de procéder au démantèlement du lieu dit. Et la France se fichant comme d’une guigne des tenants et des aboutissants de l’affaire, ignorant la décision de justice, a décidé de protester d’une manière véhémente. Cela ne servira à rien, comme d’ailleurs l’essentiel des prises de position françaises depuis des dizaines d’années contraires à Israël mais visant, sans doute, obtenir la sympathie des « masses arabes » de partout (et de leurs frères, chez nous, en particulier).
  • Gaza -  Des semaines de "marche du retour" -plus tard opportunément présentée par la presse bien-pensante comme succédant à l’inauguration de l’Ambassade Américaine à Jérusalem- déclenchées par le Hamas - avec la violence habituelle, des tentatives faites par des jeunes (et des moins jeunes), des femmes et des enfants (?!) pour traverser la barrière-frontière mise en place depuis qu’Israël a totalement  quitté Gaza (mais considéré par « la communauté internationale toujours comme « occupant »). Pourquoi faire ? Mener des attaques à l'intérieur d'Israël, envoyer des cerfs-volants incendiaires, détruire l'infrastructure d'aide de Gaza au passage de Kerem Shalom, et ne pas travailler. Mais,  comme les tunnels terroristes, les tirs de roquettes et les attentats suicides, les attaques en voiture-bélier et les fusillades « en passant » n'ont pas réussi, ce qui s’est passé à Gaza ne changera rien à rien. Même pour un aveugle, est clair que le Hamas n’a plus beaucoup de flèches à son arc ayant perdu ses sponsors « Frères Musulmans », les pays du Golfe (l’Arabie Saoudite, en premier lieu) et, avec les tunnels détruits par l’Egypte et/ou Israël ayant perdu grandement la capacité de se fournir en toutes choses, surtout en argent. Mais si c’est clair pour un aveugle ce n’est pas clair pour la France… Elle a commencé par condamner (M. Macron) « les violences de l’armée israélienne contre les manifestants palestiniens à Gaza » en oubliant de dire qu’ils étaient « pacifiques et seulement certains armés ». Ensuite, le Koweït ayant soumis au Conseil de Sécurité une résolution condamnant Israël et ouvrant la voie à la mise en place d’une force pour « protéger les palestiniens » la France a trouvé sage de voter pour avec la Chine, la Russie, le Koweït et autres amis d’Israël. Heureusement, les Etats Unis on mis leur véto. Mais que croit M. Macron obtenir avec ces prises de position ? En dehors des remerciements d’un négationniste sur le retour, ayant crié son antisémitisme dégoutant à deux reprises récemment (mars et début mai) et au moins une fois l’an – je veux dire « le partenaire pour la paix », le Président de l’Autorité Palestinienne. Et pourquoi le fait-il ?

Pourquoi ne prend-il son courage à deux mains et, au lieu de lui faire la bise, dise à M. Abbas « La stratégie du Hamas ne fonctionnera pas, peu importe avec quel succès elle fait sien le récit international biaisé de ce qui se passe là et des morts qu’il agite comme un drapeau et que la «communauté internationale» déplore tout et condamnant Israël. D’évidence,  quoique ému par la perte de vies, Israël défendra toujours ses frontières.
Ce que le groupe terroriste appelle "Palestine" - c'est-à-dire Israël - ne sera jamais "libéré". Israël et sa population majoritairement juive n’ira nulle part. Et les descendants des arabes qui ont quitté le territoire (ou qui ont été forcés de le faire) en 1948 n’y seront jamais admis. »

Syrie – depuis fin mai la Syrie préside  « La Conférence du désarmement » de l’ONU. Pour quelques semaines, le pays de Bachar Al Assad succède à la Suisse et est chargé de présider cette instance des Nations unies, qui lutte notamment contre les armes chimiques. Le représentant des Etats Unis, en signe de désaccord, à quitté la réunion.

 

La France, qui n’a probablement pas de contentieux avec la Syrie y est restée. On croit rêver ! Pourtant, il n’est pas tellement loin le temps où l’on attaquait les dépôts d’armes chimiques de la Syrie avec des missiles de croisière et des Rafales en mission de combat. Et, sauf erreur de ma part, des troupes spéciales françaises se trouvent toujours en Syrie. Alors ?

 

 

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