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8 août 2018 3 08 /08 /août /2018 16:45

 

Le premier texte jetait un regard sur ce qui avait changé aux States et en France depuis l’installation aux commandes suprêmes des deux Présidents, sortis de nulle part et ne disposant pas, loin s’en faut, de l’apport (acceptation) des principales forces politiques de leurs pays respectifs. Toutefois, une fois élus, l’un a été adopté par une grande partie du monde tandis que l’autre est voué aux gémonies depuis le jour de son élection et -tout le monde- attend avec une impatience grandissante le jour de son éviction, par « impeachment » ou par tout autre moyen, légal ou pas.

 

Chacun a eu le temps, et la volonté, de peser sur les destinées du monde, pas seulement sur celles de son pays. Rien de nouveau car depuis toujours les États Unis et la France se sont considérés investis d’une responsabilité mondiale, conséquence du caractère messianique de leurs valeurs fondamentales : les « droits de l’homme » pour la France, la « liberté individuelle » pour les États Unis.

On laisse de côté, donc, ce qui a été fait dans chaque pays et on regarde ce qui a été fait « à l’international ».

 

Commençons par Donald Trump (abréviation DT - on personnifie les actions des États Unis car on le considère comme un Deus ex machina, surtout pour ce qui semble aller à l’encontre de l’ordre du monde « d’avant »).

 

Europe & OTAN : (1) DT a forcé les deux ensembles à admettre son constat selon lequel (i) le déficit commercial en faveur de l’Europe (150 milliards $, pour la moitié allant à l’Allemagne) se justifie par de très importantes différences entre les droits frappant les produits échangés et (ii) les dépenses pour la défense (contre qui ? par hypothèse, OTAN est supposé faire face à la Russie) ne sont que de 1,25% du PIB européen tandis, qu’en valeur absolue, les EU dépense trois fois plus (Stockholm International Peace Research Institute) ; (2) en conséquence de quoi… les EU ont appliqué de suite des taxes de 25% sur l’acier et 10% sur l’aluminium, (échanges mineurs vs le total de plus de 750 milliards de $) en prévenant que le prochain produit sera l’automobile… et l’Europe a répliqué en taxant de 25% les jeans, le bourbon et les Harley Davidson (on croit rêver…) mais a réalisé qu’en jouant au plus bête elle risquait de gagner… ; (3) la tentative de E. Macron de convaincre DT de faire une exception pour l’Europe ou, au moins, la France a été son premier grand échec. Un acteur plus rusé a été mandaté par l’Europe pour « discuter » avec DT, il a réussi (car la menace pour les voitures allait se préciser) un « donnant-donnant (droits annulés par DT, Europe s’engageant à acheter de suite plus de soja -au lieu d’importer du Brésil- et, aussi rapidement que possible, du gaz liquéfié américain en réduisant la dépendance du gaz russe).

 

Chine : Après avoir exigé l’établissement d’une relation commerciale plus équilibrée (déficit commercial de plus de 350 milliards de $) et mis en garde contre le vol continu de la technologie américaine, il a imposé des droits de douane de 200 milliards de dollars sur des produits subventionnés par le gouvernement chinois. La Chine, après avoir répondu peut-être trop rapidement « du tac au tac » est en train de revoir sa position et ne sait pas, vraiment, comment « manœuvrer » l’impétrant.

 

IRAN : Ayant considéré que le « deal » dit JCPOA dont son prédécesseur a été le concepteur et la cheville ouvrière était un mauvais deal (pour faire simple « on a donné à la république Islamique tout ce qu’ils désiraient contre la promesse de retarder de quelques années ce qu’ils voulaient faire ») DT a sorti les EU dudit deal ; mouvement suivant - réinstallation de sanctions (approuvées dans son temps par le Conseil de Sécurité de l’ONU), sanctions qui vont, probablement, remettre à genoux l’économie iranienne en lui enlevant des ressources utilisées pour des actions terroristes et/ou déstabilisatrices du Proche Orient (or d’Amérique Latine).

 

Corée du Nord : Après avoir été au bord du déclenchement d’une guerre nucléaire (eh, oui, souvenez-vous, il y a à peine six mois…) DT a personnellement entamé des négociations directes de haut niveau avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un pour tenter de le persuader de dénucléariser son pays. Bien que le résultat soit loin d’être assuré (quelques mouvements positifs sont observés déjà), ces négociations sont en elles-mêmes un succès sans précédent.

 

Russie : On doit se souvenir que dès son élection M. Obama a tenté de faire un « reset » des relations avec la Russie (Genève, H. Clinton & S. Lavrov, 06.03.2009).

On sait ce qui s’est passé ensuite, l’inaction américaine face au dépeçage de la Géorgie, plus tard l’annexion de la Crimée et d’une partie de l’Ukraine, « la ligne rouge » (utilisation armement chimique) en Syrie et tout ce qui a conduit à plus de 500.000 morts. Pendant une « chasse aux sorcières »  (soupçon de « collusion » de DT avec la Russie pour gagner l’élection présidentielle en 2016) DT n’a pas   hésité à    rencontrer           V. Poutine :  malgré leurs divergences majeures, en particulier pour ce qui est de  leur attitude à l’égard de l’Iran, DT et         V. Poutine se sont engagés à coopérer / travailler ensemble pour lutter contre le terrorisme. De plus, les deux ensemble, ont déclaré urbi et orbi leur volonté de veiller à la sécurité d’Israël, menacée comme elle est par la présence de l’Iran en Syrie.

 

Israël : faisons court (a) DT est le premier président américain à mettre en exergue, officiellement, l'alliance des États-Unis avec Israël et à assurer ce pays que les États-Unis le soutiendra s'il était impliqué dans un conflit ; (b) DT a mis fin à la pernicieuse politique d’équivalence morale (inaugurée par M. Obama) d’Israël et des palestiniens faisant comprendre que les autorités de ces derniers sont « part du problème non pas de la solution » et en commençant à raboter les centaines de millions de $ que les EU leur donnait ; (c) DT est le premier président américain qui a décidé d’appliquer une loi datant de 1995 (et que tous ses prédécesseurs avaient peur (inconséquence logique ? intérêts économiques du côté des pays arabes ?) d'appliquer qui constatait que la capitale d’Israël se trouve à Jérusalem. Demandez à Mme Mogherini le « tzar » européen pour les affaires étrangères si non à Jérusalem, où se trouve la capitale d’Israël. Même la Russie (Ministère des Affaires Étrangères, 06.04.2017) dit qu’elle se trouve à Jérusalem-Ouest…

 

Regardons maintenant du côté de notre Président ce qu’il a fait et comment a-t-il réussi (si c'est le cas ...) à influencer la marche du monde ou à asseoir, mieux, le standing de la France partout où cela compte.

 

Commençons par rendre au César… ce qui n’est pas contesté, son défaut politique majeur : l’arrogance, ce qui autant en France que de par le monde est considéré comme le reflet d’une attitude d’autoritarisme technocratique. Mais ses interlocuteurs se disent que si l’on peut s’asseoir dans le fauteuil de De Gaulle, en France, à moins de 40 ans… on a peut-être raison d’être arrogant !

 

Comme il se veut "grand leader" sur la scène internationale, il doit aller visiter plein d’endroits mais qui ont aussi un enjeu sur le plan national. Il a effectué, entre le 1er mai 2017 et le 4 mai 2018 43 voyages à l’étranger […] soit 169.624 kilomètres en un an, a calculé le JDD (04.05.18). Il serait, je crois, utile qu’un écologue certifié vérifie mon évaluation de « l’empreinte CO2 » laissé par les avions qu’il a utilisé : env. 13.000 tonnes de CO2 soit l’émission de CO2 pour le chauffage de 13.000 français pendant une année (https://eco-calculateur.dta.aviation-civile.gouv.fr/). On se souvient que la France se trouve dans le premier rang des pays qui plaident pour la réduction du CO2 rejeté dans l'atmosphère. Il a passé près d'un cinquième de sa première année à l'Élysée à l'étranger, ce qui dénote un fort appétit international mais qui ne convainc pas les Français pour l'instant. Infographie à l'appui, JDD a retracé l’itinéraire du président "globe-trotter" : sur les 43 voyages à l'étranger, 26 en Europe (36 jours), 10 en Afrique (15 jours), 3 au Moyen-Orient (3 jours), 2 en Asie (7 jours), 2 aux États-Unis (7 jours) et 1 en Australie (4 jours).

Et qu’a-t-il obtenu ?

 

États Unis – après avoir fait « ami-ami » avec DT, il a démoli sa politique devant le Congrès réuni en plénier (ce qui ne se fait pas…) au grand dam des républicains mais sous les applaudissements des démocrates. Deux tentatives importantes pour changer ou, au moins, atténuer les décisions de DT (sortie du JCPOA et sanctions Europe) qui se sont terminées par autant d’échecs.

 

Chine – en se fondant sur l’intérêt de ce pays dans le maintien du JCPOA notre Président a essayé de convaincre ses dirigeants de faire bloc commun avec l’Europe contre les visées de DT. Un refus poli a été tout ce qu’il a réussi obtenir.

 

Europe – Allemagne – Fort de la faiblesse récente de Mme Merkel, notre président a essayé de remplacer le « couple franco-allemand » à lui tout seul. Ni avec Mme Merkel, ni avec les 25 autres membres de l’Union, il n’a pas réussi. Les raisons sont multiples et connues, il s’agit -entre autres- de la difficulté (impossibilité ?) de faire les réformes que, pratiquement, tous les autres pays ont réussi à faire (même la Grèce, en partie…), de la situation de la France (dette en % du PIB) et de la politique française (passée et récente) concernant l’immigration de populations exogènes qui veulent apporter avec elles leurs us et coutumes et les imposer aux territoires qui les accueillent. De  plus, et c’est  dommage, la France de M.Macron est moins bien considérée comme partenaire le plus important pour la sécurité des pays de l’Europe face à l’Allemagne…

European Council for Foreign Relations, Juillet 2018. 8 pays considèrent l’Allemagne comme le partenaire le plus important, 6 la France.

De plus, notre Président a réussi à se faire des adversaires dans des pays qui étaient les plus « francophiles » comme la Pologne et aussi la Hongrie ou la Tchéquie.

 

IRAN – après avoir échoué de convaincre DT de rester dans le JCPOA et devant la réinstallation des sanctions économiques, la France a pris la tête du « groupe de 4+1 » pour tenter d’obtenir de l’Iran qu’il reste  dans  le  JCPOA. Téléphone à M. Rohani, voyage de M. Le Drian à Téhéran, le tout pour s’entendre dire, en tant que refus « l’Iran veut que l’Europe garantisse qu’il aura TOUT ce qui était prévu par le JCPOA et n’acceptera de rien en ajouter ». Encore un échec, de taille.

 

Mais qu’à cela ne tienne, M. Macron a pris la tête d’un petit groupe (fort de ses connaissances bancaires…) qui s’évertue de trouver des moyens détournés pour circonvenir les effets des sanctions qui sont appliquées par les États Unis. Et le tzar des affaires étrangères de l’Europe de déclarer :

 

Statut de blocage ? Il s’agit non seulement de « protéger » les entreprises qui continueront à travailler avec l’Iran mais selon de nouvelles règles, les entreprises qui le font, sous peine de pénalités, doivent demander l’autorisation de l’UE pour mettre fin aux opérations en Iran si elles le font pour se conformer aux sanctions américaines.

 

Ce que M. Macron a impulsé revient à dire, en clair, (pour des raisons justifiables ou pas) « entre les États Unis et l’Iran, l’Europe choisit l’Iran » Car, comme il commence à être évident, peu lui chaut ce que l’Iran fait en Syrie, peu lui chaut ce qu’il fait au Yémen ou en Amérique Latine et… peu lui chaut que ce pays n’arrête pas de dire sa volonté d’éradiquer Israël de la carte du monde. Et si l’on pense que ce qui précède est exagéré, on devrait raisonner trente secondes pour voir si les gestes faits peuvent traduire autre chose. Et essayez de comprendre ce que l’Europe de M. Macron et de Mme Mogherini est en train de faire : menacer de sanctions des entreprises qui arrêtent de travailler avec l’Iran mais qui, autrement, lui donneraient de ressources pour faire des attentats en Europe. Pas mal, non ?

 

ISRAEL – La relation franco-israélienne « amour-haine » a vu des hauts et des bas depuis 50 ans quand De Gaulle a décidé qu’il fallait à la France une « politique arabe ». Effectivement, le nombre, les richesses, la capacité d’influencer les votes à l’ONU, tout plaidait pour. Aussi la tradition fortement antisémite d’un Quai d’Orsay qui, depuis les accords Sykes-Picot n’a perdu aucune occasion pour trahir les juifs et/ou Israël. Tout en jurant, chaque fois, la main sur le cœur que ce qu’il faisait était pour le bien, bien compris, d’Israël. Mais trêve d’histoire, il s’agit de notre Président. Revenons au présent récent.

 

Notre Président a condamné, sans réserve, « les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants à Gaza » On ne lui a pas dit, sans doute, que 80% des tués étaient des supplétifs du Hamas, ni que ce dernier a initié sa « marche du retour » pour détruire les barrières faisant frontière pour aller jusqu’à Jérusalem et conquérir le pays que les juifs leur avaient volé.

Et, cerise sur le gâteau, il a justifié, ensuite, fallacieusement, les évènements comme étant la conséquence de la décision américaine concernant Jérusalem. Il aurait pu s’abstenir ou faire comme la Russie, reconnaitre Jérusalem-Ouest comme l’endroit où se trouve la capitale d’Israël. Mais non, il ne faut jamais perdre une occasion de taper sur le Juif des Nations, si vous ne savez pas pourquoi, lui il le sait !

 

L’effet de tout cela : Mme Mogherini, se trouvant en Jordanie, voulait voir M. Netanyahou, celui-ci n’a pas eu le temps de la voir. Monsieur Le Drian en Jordanie… pas le temps de voir Israël. Edouard Philippe avait annulé son voyage en Israël à la tête d’une délégation comprenant, entre autres, plus d’une centaine de chefs d’entreprises. M. Macron annule la visite en Israël qu’il aurait dû faire en novembre (après avoir repoussé la même prévue pour le printemps – les journaux 08.08.18). Bref, encore un  succès :  Israël en a  marre  de l'UE et si Mme. Mogherini pense devoir s'opposer à la reconnaissance par D. Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël, se battre pour l'accord avec l'Iran et espérer être accueillie chaleureusement en Israël, elle a tort. (Fractured union: Israel has all but given up on the EU – Times of Israel, 07.08.18).

 

Mme Mogherini ou M. Macron… remarquez, au moins une dizaine de pays de l’Union Européenne essayent, déjà, d’être plus proches d’Israël que de l’Union.

 

 

 

 

 

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