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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 09:08

 

Pays avec un système d’élection «à la proportionnelle intégrale» Israël a vu, presque, toujours, les partis les plus faibles détenir un pouvoir extravagant par rapport à leurs scores. Un tout petit correctif a été ajouté  depuis quelques temps, il faut obtenir au moins 3,25% des voix exprimées pour avoir un mandat à la Knesset. On se rend compte, facilement, qu’avec une élection «à la proportionnelle intégrale» il est matériellement impossible de gouverner sans une coalition. La Knesset ayant 120 députés, pour gouverner on doit avoir au moins 61 membres dans la coalition. Qui, naturellement, peut se dissoudre à n’importe quel moment selon la décision d’un de ses membres. Les élections qui sont programmées pour le 9 avril sont, comme souvent, la conséquence d’une décision prise par le parti le plus fort qui espère renforcer sa position avec des élections anticipées. C’est le  cas actuellement car normalement les élections auraient dû avoir lieu en novembre de cette année.

Mais cette année cela «arrangeait» tout  le monde car, pour la première fois, TSN semblait  possible. Tout Sauf Netanyahu. Qu’est-ce-à dire ?

Premier Ministre pendant les dix dernières années, il l’a été aussi de 1996-1999. Certes, même ses adversaires politiques reconnaissent ses grandes qualités et, surtout, ses grandes réussites. Sur le plan intérieur, économique, il a été le principal promoteur d’une économie de marché libérale mais empreinte d’une évidente compassion pour ceux que, l’économie de marché, d’habitude laisse de côté. La progression fulgurante de l’économie israélienne -aujourd’hui reconnue mondialement par son appartenance à l’OCDE- fondée en partie sur les nouvelles technologies, ses progrès dans la création et la fabrication d’équipements  militaires sans équivalent à leur apparition (Israël partage aujourd’hui avec les États-Unis 70%  du marché mondial des drones militaires), son taux de sous-emploi parmi les plus faibles au monde, doivent à celui qui a été un excellent ministre des finances et premier ministre un vrai coup de chapeau. Il a réussi, au plan extérieur, ce que  personne n’a pu faire avant lui : tenir tête pendant huit années à une administration américaine (Obama) qui était, pour le moins, hostile à Israël, développer des relations (souvent existantes mais en dessous  de la table) avec une douzaine de pays  africains, d’Amérique Latine ou arabes (?!),  être un interlocuteur qualifié des deux superpuissances, contribuer massivement à convaincre  l’administration Trump de dénoncer le fameux JCPOA (qui ouvre une voie directe vers  la bombe à un Iran qui annonce sa volonté de détruire Israël), cela aurait suffi pour que l’on lui tresse des lauriers et  on le laisse gouverner pendant encore beaucoup  d’années.

Mais… comme ailleurs, surtout quand les choses vont bien, on s’ennuie facilement, en Israël aussi. La durée moyenne d’un gouvernement a été de 3 ans et huit mois pendant  les 70 années depuis la renaissance du pays. De plus, le pays -par disparition de la gauche libérale, résultat de ses tentatives pour «la paix » qui se sont soldés avec les milliers de morts de la deuxième intifada- de centre gauche est devenu centre droite dans un environnement où la composante «religieuse» du peuple augmentait sa présence et dans le nombre et dans son influence. De plus, on avait du mal d’admettre que celui  qui dirigeait  le pays soit là pendant autant d’années – pas comme dans un pays d’Afrique mais presque.

Sans tomber dans les théories de  conspiration, force est de reconnaître que l’on a commencé à chercher, depuis l’année dernière, avec insistance, «des poux  dans la tête» de M. Netanyahu. Et on en a trouvé. A l’aune de ce qui se passe dans d’autres pays ce que l’on a trouvé ce n’est rien que ridicule : des cadeaux faits par des magnats étrangers (sans contrepartie connue jusqu’ici) ou des cadeaux qu’il aurait fait pour  que des médias lui assurent une  couverture positive. Plus des choses, vraiment, triviales relatives à sa femme et à la manière dont elle  a géré leur résidence officielle. Mais on est dans le pays qui a vu un autre premier ministre (Rabin) devoir démissionner car sa femme avait  oublié détenir un compte de plus de 100$ à l’étranger… et qui a vu aussi son président (!) envoyé en prison pour harcèlement sexuel. Bref, au bout de plus de six mois d’enquêtes, le Procureur Général décide qu’il y aurait matière à inculper son premier ministre sous réserve d’une procédure, à venir, pendant laquelle le supposé coupable connaîtra ce que l’on lui reproche et pourra faire valoir ses justifications. Pas bon juste avant  les élections.

Bon, voilà une partie de la difficulté de faire «sauter»  M. Netanyahu mise en place. Mais, toutes les enquêtes d’opinion montraient que personne ne pouvait imaginer prendre sa place ou détrôner son parti. C’est dans ces conditions que trois anciens généraux (pas moins…), tous les trois ayant été  No.1 de l’armée d’Israël, se sont  alliés avec le parti d’un ancien commentateur de  télévision réussissant ainsi de créer les conditions  pour    «dégommer» M. Netanyahu.  Un coup d’état civil ? Faut  pas le croire… Trois généraux… pour un ancien commandant de la formation d’élite de l’armée (forces spéciales), le Sayeret Matkal. Et deux d’entre eux qui ont servi, un comme No.1 de l’armée et l’autre comme Ministre de la Défense sous les ordres de M. Netanyahu, Premier Ministre.

C’est dire qu’ils se connaissent bien, tous les trois. Comme d’habitude, la soif de nouveau à porté au pinacle leur formation en moins de deux mois d’existence. Et, le ban et l’arrière ban du  monde politique commençait à y  croire : M. Netanyahu pouvait être renvoyé à ses chères études.  Du Figaro au Monde, de New York Times au Washington Post, de Frankfurter Zeitung  à Bild, du Guardian au Daily News, la presse bien-pensante de l’Europe et d’ailleurs voit, enfin, ses diatribes permanentes contre ce pelé, ce galeux, en train d’être couronnées de succès. Tandis que les trois généraux, modestes cependant, avaient  commencé à y  croire, eux aussi.  Des militaires brulant le pont  avant de le traverser…

C’est  à dire… il faut attendre un peu. En effet, le soufflet, vite monté, est en train  de  tomber… Regardez les résultats de la dernière enquête  d’opinion :

Ceux qui connaissent les partis politiques israéliens vont réaliser que seul  M. Natanyahu et son parti  peuvent  imaginer gagner les élections et former le nouveau gouvernement.  Car  ils sont seuls à pouvoir réunir les plus de 60 membres nécessaires pour une coalition tandis que leurs adversaires ne pourraient pas réunir plus de 57 membres (y compris les deux partis arabes)  faute d’entente possible entre les partis restant.

Alors ? Bon, les élections auront  lieu dans quatre semaines, autant dire une éternité à l’échelle israélienne. Mais, tout ce qui peut  arriver  de mauvais  (guerre avec l’Iran via Hezbollah ou nouvelle guerre à Gaza avec le  Hamas) ne peut que  conduire les gens à laisser M. Netanyahu en place car, déjà, 53% de la population croit qu’il sera le prochain premier ministre tandis que son principal adversaire n’est crédité que de 27%. Et  tout ce qui peut arriver de bien (voyage  possible au Maroc, le Brésil annonçant le  transfert de son ambassade à Jérusalem, voyage dans un autre pays arabe, etc.,) ne peut  que jouer en faveur de M. Netanyahu. On   parie ?

Mais, rassurez-vous, tout premier  ministre qu’il pourra être, si les juges de Jérusalem le déclarent coupable, il sera puni. Un ancien premier ministre, Menachem Begin, empêché par la justice de faire ce qu’il aurait voulu faire, a eu un seul mot : il y a des juges  à Jérusalem !

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