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16 juin 2019 7 16 /06 /juin /2019 11:34

Dans un texte précédent j’ai évoqué, d’une manière non exhaustive, une comparaison entre quelques performances des économies française et américaine. Pour tirer les conclusions des mois de troubles provoquées par les «Gilets Jaunes» le gouvernement vient de livrer les éléments d’un projet qui sera discuté par l’Assemblée Nationale incessamment sous peu… On peut parier sur le résultat, on approuvera ce que le gouvernement propose et on fera ou modifiera autant de lois que nécessaire pour tout mettre en musique.

Bon, on avait pensé que les 12 milliards d’euros, sortis d’un chapeau percé, avec lesquels le gouvernement pensait assouvir la soif exprimée par les revendications (naturellement légitimes) des « Gilets Jaunes » étaient une sorte de « solde pour tous comptes » pour obtenir une paix sociale. Que nenni…

 

Les nouvelles annonces mettent en en exergue deux mesures phares : une réduction d’impôts de 27 milliards d’euros pendant le quinquennat et la généralisation de la PMA (Procréation Médicalement Assistée). Comme il se doit (puisque c’est devenu la règle depuis des lustres) on ne sait pas encore d’où les 27 milliards seront pris. Mais ce qui est certain, déjà, c’est qu’ils ne seront pas pris sur des économies à faire dans le fonctionnement de l’État. On se souvient de la campagne électorale de notre Président et de son engagement, ferme, de réduire de 120.000 le nombre de fonctionnaires pendant le quinquennat. Mais les promesses… Et c’est ainsi qu’il y a quelques semaines il a déclaré, avec une superbe inégalée, que l’on ne réduira pas le nombre de fonctionnaires… «J’assume totalement d'abandonner cet objectif s'il n'est pas tenable  (Les Échos 25.04.19)». Passée à la trappe une économie, peu ou prou de 5 milliards d’euros. Et il faudra, donc, trouver 32 milliards, au moins … on s’endettera…

 

Et dès que le Premier Ministre a fini de raconter ce avec quoi il pensait soulever l’enthousiasme du peuple la presse a claironné, une majorité, «52 % des sondés disent approuver le pack global» présenté. (ODOXA – Le Figaro, 13.06.19). Et bien entendu, 96% des électeurs se réclamant de LREM ont fait de même. Fut un temps où l’on parlait de « godillots »… On dit aussi, tiens, que 62% des sondés ne sont pas rassurés par ce que l’on a dit et même que deux-tiers d’entre eux considèrent que rien ne change dans la politique du gouvernement. Un coup d’épée dans l’eau, pourquoi ?

 

Premièrement parce que ce gouvernement, comme tous ceux qui l’ont précédé, ne respecte pas sa parole. Exemple ? Une mesure phare, la suppression de la taxe d’habitation annoncée pour tous en 2020 mais… au fil du temps on apprenait que c’était pour 2021, ensuite pour 2022 et depuis le 13 juin… pour 2023. Le quinquennat de M. Macron finit en 2022. Faut-il que nous soyons considérés comme des abrutis finis pour que l’on veuille nous faire croire ce  qu'ils racontent.

 

Deuxièmement, parce que, loin de voir une amélioration des performances du pays, on constate jour après jour, une détérioration. Regardons trois éléments.

 

Selon l’INSEE l’inflation a raboté les revenus réels d’environ 4% depuis mi-mai 2017 à mai 2019 :

 

Et, comme on le sait, les revenus des retraités (riches, c’est à dire ceux dont les pensions sont supérieures à 2.000 €…) ne sont pas indexés sur l’inflation. Autant dire qu’environ 7 à 9 millions de foyers voient, constamment, leur pouvoir d’achat raboté. Mais, soyons justes, le gouvernement promet une réduction d’impôt de 180 € pour la première tranche de l’impôt sur le revenu. Pour un retraité au seuil «riche» dont l’inflation rabote 2% de son revenu brut annuel (disons 24.000 €) soit 480 € le gouvernement lui promet une réduction d’impôt (toutes choses égales par ailleurs) de 180 €. Et lui demande aussi d’être heureux… Faut-il que nous soyons considérés comme des abrutis finis pour que l’on veuille nous faire croire ce qu’ils racontent.

 

Troisièmement, on nous vante la réduction du chômage qui serait la conséquence des mesures prises, déjà, par le gouvernement. Effectivement, regardez la courbe du chômage (donnés INSEE) depuis l’arrivée de M. Macron :

 

 

La réduction a été de 0,9% en deux ans. Se souvient-on que l’engagement pris était de réduire le chômage à moins de 7 % à la fin du quinquennat ? Mais, les prévisions (optimistes) concernant la réduction du chômage étaient faites sur la base de prévisions (optimistes) de la croissance de l’économie, prévue par le gouvernement comme étant de 1,8 à 2,2%/l’an. Malheureusement, le rythme actuel n’est que de 1,2%/l’an… Faites un peu d’arithmétique pour constater que, très probablement, non seulement le chômage ne se réduira pas mais que son taux augmentera. Faut-il que nous soyons considérés comme des abrutis finis pour que l’on veuille nous faire croire ce qu’ils racontent.

 

Alors ? Alors, deux tiers de nos concitoyens ne sont pas du tout rassurés par ce que l’on nous dit et, de plus, leur confiance dans le gouvernement ne fait que se réduire. Regardez le graphique qui suit :

 

Dans les douze mois de 2018 la confiance de nos concitoyens dans ce qui est promis a baissé de plus d’un dixième (selon les unités de mesure utilisées). Qu’est-ce-à dire ? Que nos concitoyens, après l’espoir de mai 2017 ont  entamé une spirale de nouveau descendante : pas de confiance, pas de dépenses, pas d’investissements, croissance de l’économie moindre, chômage ne se réduisant pas, pas de confiance….

 

Est-on en droit de poser la question simple : pourquoi faisons-nous moins bien que nos voisins ou que nos partenaires de l’OCDE ? Pourquoi le taux du chômage chez nous est deux fois plus grand qu’en Allemagne ? Ou trois fois plus grand qu’aux États-Unis ? Ou deux fois plus grand qu’en Angleterre – pays menacé d’un Brexit «dur», d’un avenir incertain et du désamour de l’Union Européenne mais dont le taux du chômage est le plus bas depuis 1975 ? (Le Figaro, 22.03.19). Ne serait-il pas judicieux de mettre en question le fameux «modèle social français», avatar de «l’État-providence» qui, incompatible avec une économie de marché, trouve la solution pour son maintien dans l’endettement ? La dette publique de la France (2.315 milliards d’euros) augmente d’environ 50 milliards/an soit d’environ 2% du PIB/an quand celui-ci n’augmente que de 1,2%/an. Compris ?  C’est ainsi que le modèle social français vive … Et que notre dette publique est de 98,5% du PIB quand celle de l’Allemagne tombera sous le seuil de 60% cette année. Qui se souvient encore que les deux critères de Maastricht imposés à la demande de la France de M. Mitterrand étaient «déficit budgétaire annuel inférieur à 3% et dette totale inférieure à 60% du PIB» ? Cette année la France aura un déficit budgétaire supérieur à tous les pays de l’Union Européenne et au seuil de Maastricht (LCI, 14.06.19). C’était un engagement ferme de M. Macron que d’arrêter de vivre à crédit. Faut-il que nous soyons considérés comme des abrutis finis pour que l’on veuille nous faire croire ce qu’ils racontent.

 

Pourquoi «boomerang» ? Parce que toutes les promesses pour un avenir meilleur qui nous ont été faites se retournent pour hanter la conscience de ceux qui nous gouvernent qui, un jour, auront à faire face à plus sérieux que les Gilets Jaunes…

 

Et  vous remarquerez que je n’ai rien dit sur le succès remarquable de la LREM aux élections européennes ni des scores des «nationalistes», ennemis principaux de notre  Président. Mais dont les pays affichent des taux de croissance de 3 à 5%/l’an et des dettes publiques de seulement 35 à 70% du PIB. Mais qui mécontentent notre Président et Bruxelles car n’acceptant  pas «la solidarité concernant  l’immigration» ils ont des comptes nationaux totalement différents des nôtres. Attendons le résultat des machinations convulsives de Mme Merkel et de M. Macron («je te donne ceci, je prends cela» – ensuite le parlement votera pour …) pour voir vers quoi l’Europe va aller.

 

 

 

 

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