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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 18:16

En guise d’introduction :

Les derniers textes ont été consacrés à la France, à Israël et en partie aux États Unis. Plusieurs lecteurs me demandent si, de temps en temps, à la place de textes qui évoquent une situation et développent des analyses, je ne pourrais mettre en exergue de ce qui se passe dans le monde, des «photos» d’un évènement marquant ou d’une déclaration importante ou d’un fait retentissant.

J’essaye de donner satisfaction en composant le pot-pourri que vous lisez.

 

France – La lutte contre l’antisémitisme : la Chambre d’Instruction vient de décider
 que Kobili Traoré ne peut être tenu pénalement responsable du meurtre de 
Sarah Halimi parce qu'il était dans un état psychotique à cause de la consommation
 de marijuana. Il s’ensuit qu’il n’y aura aucun procès et que M. Traoré pourra vivre 
tranquillement. Éventuellement, tuer d’autres juifs à condition de fumer un joint 
avant. Pourtant, en France, la conduite en état d’ivresse d’un véhicule aggrave 
automatiquement les pénalités encourues si, de plus, le conducteur se trouve sous 
l’emprise de drogues. Que conclure ? Que la justice de notre pays est libre et non 
partisane. N’est-ce-pas ?

Mais la France a d’importantes responsabilités géopolitiques. Entre autres, au Proche Orient pour lequel elle s’en tient toujours à la doctrine du Général de Gaulle : «Elle ne va pas ruiner ses relations avec les Arabes simplement parce que l'opinion publique ressentait une sympathie superficielle pour Israël parce qu'elle était un petit pays avec une histoire malheureuse » (Une certaine idée de la France J. Jackson -Biography & Autobiography 2018). En conséquence de quoi elle fait savoir qu’elle va étudier le “plan de paix” proposé par les Etats Unis mais que “Elle exprime sa conviction que la solution des deux États, en conformité avec le droit international et les paramètres internationalement agréés, est nécessaire à l’établissement d’une paix juste et durable au Proche-Orient» Autant dire qu’elle préfère que rien ne change par rapport aux 25 dernières années depuis que la communauté internationale se gargarise avec le même leitmotiv qui ne mène à rien. Sauf à constater que plusieurs pays arabes, et non des moindres, commencent en avoir marre du négativisme des palestiniens et de la complicité de certains pays. Dont la France ?

Europe – Madame Mogherini (ancienne activiste communiste dans sa jeunesse) a quitté ses fonctions de Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et a été remplacée par Joseph Borell (ancien membre du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol). Remarquez, une ancienne communiste remplacée par un ancien socialiste c’est un progrès vers la démocratie, n’est-ce-pas ? Encore quelques années et l’Europe pourra, peut-être, avoir pour le même poste un «sans parti».

M. Borell s’était distingué (www.forum, 09.07.19) en déclarant qu’il est partisan d’une politique ferme vis-à-vis des États-Unis de Donald Trump et à l’inverse, d’une attitude souple envers l’Iran, qu’il considère, comme l’ancien président Barack Obama, comme un «Etat-clé » au Moyen-Orient» Il souhaite d’ailleurs ouvertement la défaite de Donald Trump aux élections de 2020 pour que l’Iran puisse « respirer ». Interrogé par un journaliste à propos des appels récurrents de l’Iran à la destruction d’Israël : «L’Iran veut rayer Israël de la carte? Il n’y a là rien de nouveau. Il faut vivre avec ça!» (idem).

Et puisque le monde doit vivre avec la menace de destruction d’Israël par l’Iran (ne parlons pas d’Israël…) dès qu’il prend ses fonctions au 1er janvier 2020 où décide-t-il de faire son premier déplacement ? Vous avez gagné, en Iran.

Regardez comme il est content de pouvoir, enfin, montrer qu’il apprécie ce qu’il fait.

Il rentre à Bruxelles où l’on concocte une déclaration des 27 pays concernant le «plan de paix» proposé par les Etats Unis. La déclaration proposée par M. Borell (et ses services) se heurte à un véto de deux pays (Tchéquie et Hongrie,) et à l’abstention de quatre autres (Italie parmi eux). Qu’à cela ne tienne, le lendemain de la visite en Iran, il fait «une déclaration personnelle» :… Les mesures en vue de l’annexion, si elles sont mises en œuvre, ne pourront pas rester sans conséquences » (unchallenged, dans le texte anglais). Des menaces ? Certains le pensent.

Le lendemain de sa visite à Téhéran, M. Borell menace Israël de «conséquences» si ce pays suivait une partie du plan de paix présenté par les États Unis. Pense-t-on que l’Europe de M. Borell pourrait avoir un quelconque rôle dans la solution du conflit interminable israélo-palestinien ? Ne sait-il pas que chaque fois que les palestiniens on dit «non» à une offre, la fois suivante on leur a proposé moins ? Chaque fois qu’ils disent «non», ils perdent. Que M.Borell continue à se rendre complice de leur négativisme et… bientôt ils n’auront que les yeux pour pleurer.

Etats Unis- Trois sujets d’importance pour les dernières semaines : la procédure de destitution du Président, la déclaration publique d’un « plan de paix » pour le conflit israélo-palestinien et le début des primaires pour choisir le candidat démocrate à l’élection présidentielle de novembre.

La tentative de destitution lancée, d’une manière strictement partisane, par la Chambre des Représentants dont la majorité est «démocrate» s’est terminée d’une manière lamentable mais pas moins partisane au Sénat, dont la majorité est «républicaine». Ce que la saga de «l’impeachment» a montré c’est une Amérique profondément divisée (94% des électeurs républicains soutiennent le Président et 93% des électeurs démocrates sont contre lui…). Au total, environ 252 millions de personnes ont le droit de voter en Amérique mais à la dernière élection seuls 128 millions ont voté. La bataille politique, donc, est menée pour les 124 millions d’électeurs restants. De récents sondages d'opinion suggèrent que chaque fois que le mot "impeachment" est prononcé sur un écran de télévision, l'un de ces 124 millions devient républicain. De plus, la «collusion» entre, pratiquement, tous les médias (principaux quotidiens, chaînes de TV -hors Fox News, réseaux sociaux et autres) est mal ressentie par les «déplorables»- qualificatif de Mme Clinton pour ceux qui votent Trump. Les statistiques montrent que seulement 1% de ce qui est publié/transmis/écrit est positif par rapport à l’évolution du pays depuis la dernière élection.

Mais l’Amérique est travaillée, actuellement, non pas par des tendances d’extrême droite mais d’extrême gauche. Et le discours général non seulement s’appauvrit mais, aussi, devient stupide. Naturellement, c’est la faute de M. Trump :

Regardez, aussi, l’intervention d’un coryphée intellectuel :

La France tenait, encore il y a quelques années, le record du nombre de partis communistes/trotskistes (3). Aujourd’hui il appartient aux Etats Unis : Communist Party USA, Revolutionary Communist Party (Mao), The Fourth (Socialist) International (Trotsky), The Workers World Party (Proletarian Internationalism), The Socialist Workers Party (Cuba/Castro), The Party Socialist Alternative (Trotsky), The Party off Socialism and Liberation (Revolutionary Socialism). Tous sont contre M. Trump et, faute de mieux, pour les démocrates.

Le plan de paix proposé à Israël et aux palestiniens change le paradigme qui a présidé pendant les 25 dernières années : un «processus de paix» qui ne menait nulle part. En particulier parce qu’il ne tenait pas compte des réalités qui ont changé les données du conflit depuis la guerre de 1967. Au départ il s’agissait de  «deux états, pour deux peuples» mais, avec la complicité de la communauté internationale, les palestiniens ont réussi à ce que l’on ne parle que de «deux états». Car un peuple - juif, n’a jamais été (et ne sera jamais) admis par eux. Le plan des Etats Unis est, bien entendu favorable à Israël : la réalité du terrain a changé pendant les plus de 50 ans dernières années car Israël a triomphé de toutes les guerres qui lui ont été faites comme des intifadas des palestiniens ainsi que des fusées de Gaza ou des tunnels qu’ils avaient percé. Væ victis a dit Brennus qui a vaincu Rome. Pourquoi cela serait-il différent au Proche Orient ? Et pourquoi oublier qu’Israël à rendu à l’Egypte la Péninsule du Sinaï à deux reprises (1956 et après 1967) et à la Jordanie la Cisjordanie (qu’elle avait annexé en 1948) contre des traités de paix et ce, bien que depuis que l’humanité assiste à des guerres… Au vainqueur revient le butin !

Cette fois-ci, le gendarme du monde propose un plan aux belligérants et s’ils le négocient et arrivent à un accord… les palestiniens auront et un état et 50 milliards de dollars d’investissements et la reconnaissance des Etats Unis. En revanche, si au bout de quatre années rien ne se passe, la partie qui avait accepté le plan pourra faire sienne ce que celui-ci lui accorde. Et même maintenant car, pays de droit, si Israël s’engage sur un sujet on sait qu’il respectera sa parole. Difficile à faire de même pour les palestiniens … vu leurs performances passées et leur division actuelle (Cisjordanie – Gaza/Hamas). Oui, vous avez raison, les palestiniens ont déjà dit NON ! Et l’Europe ? Au lieu de soutenir ouvertement le plan, l'Union Européenne a déjà réagi à sa manière habituelle : en ne disant rien de substantiel - ce qui revient à préférer l'impasse actuelle et à encourager les Palestiniens à rejeter le plan. Le cynisme continuera de prévaloir dans les cercles diplomatiques européens que ce soit de la faute des puissances «amies» d’Israël (la France et l’Allemagne en particulier) ou de celle de M. Borell.

Ce qui a permis à M. Trump de faire fi des autres et de proposer son plan est un changement majeur. D’un côté, les Etats Unis ont de moins en moins besoin du Proche Orient. Devenue premier extracteur de pétrole et gaz du monde l’Amérique n’a plus tellement besoin des produits du Golfe. Elle se pose déjà la question de la nécessité pour elle d’assurer la libre circulation des navires là-bas quand cela devrait être fait par la Chine, l’Inde ou l’Europe qui continuent à être vassaux des pays du Golfe. D’un autre côté, il y a un autre changement, majeur lui aussi. Souvenons-nous :  face aux attaques islamiques  contre  des  actifs  américains,       M. Carter s'est enfui (1979), M. Clinton a tergiversé (2011), M. Obama a effectivement aidé à les financer via l’Iran - mais M. Trump a impitoyablement et résolument tué l’homme qui, dernièrement, commandait le tout. L'Amérique est maintenant de retour comme une force avec laquelle il faut compter ayant comme premier élément de dissuasion l’imprévisibilité de son Président. Certes, il est vulgaire, acculturé, escroc à l’occasion, marche sur des cadavres… mais il a été élu par plus de 60 millions d’américains  qui n’avaient plus envie d’avoir un Ivy League comme Président. Et il fait ce qu’il leur a promis. Pourquoi ?

Les Moyen-Orientaux ignorent que trois générations d'Américains sont épuisées par leurs ébats au Moyen-Orient, par la débâcle des otages iraniens, le 11 septembre, les embargos pétroliers, la haine antisémite d'Israël, les interventions coûteuses et hystériques qui semblent caractériser la région. Les Américains ne voient pas pourquoi leurs enfants devraient être tués ou mutilés là-bas. V.D. Hanson 05.01.20.

 

 

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