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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 07:42

Avant d’avancer une (des) idée(s) relative(s) à une sortie, tant voulue et nécessaire, de la situation dans laquelle le virus et nos dirigeants, par leur incompétence, manque de prévision et absence de réactivité nous ont amenés, je fais deux observations liminaires : (i) les informations dont je dispose sont aussi (sinon plus) fiables que celles que l’on nous donne dans les «points d’information officiels» et (ii) je me considère aussi compétent/incompétent que ceux qui nous ont mis dans la panade. Non, mais, je ne vais pas, de plus, faire preuve de modestie ! Voyons donc où nous en sommes.

Je suis  depuis début Mars, entre autres, le ratio décédés vs confirmés infectés pour six pays. Je me désespère de voir la descente aux enfers de notre pays tandis que, jour après jour, à 17h30 on me fait savoir («point d’information officiel») que les choses s’améliorent…

Aujourd’hui la France est arrivée à la première plus mauvaise position, parmi les six pays choisis, pour le ratio décédés vs infectés (elle était quatrième début mars) et à la troisième position pour le nombre de décédés vs population totale (John Hopkins Univ. et STATISTA) :

Naturellement, il est légitime de se demander pourquoi. J’apportais une réponse dans le précédent texte du blog. Les deux explications majeures sont (a) le nombre de personnes testées (aujourd’hui environ 500.000/semaine en Allemagne, moins de 175.000/semaine en France) car plus on détecte vite les infectés plus on les soigne vite, et (b) le nombre de lits «de réanimation» disponibles (au départ 28.000 en Allemagne, 5.000 en France, aujourd’hui presque 40.000 en Allemagne, moins de 6.000 en France). Ajoutons à cela le mensonge d’Etat dont les conséquences sont visibles et influencent les résultats : le criminel manque de masques de protection travesti en « ce n’est pas nécessaire » proféré pendant moult «points d’information» officiels.

Une interrogation, muette au départ, de plus en plus vociférante préoccupe nos concitoyens : l’Allemagne fait 4 fois mieux pour le pourcentage et 5 fois mieux par rapport à la population ce qui, au total, fait qu’ils ont 4 fois moins de morts que chez nous. En clair, l’Allemagne était préparée et pour les tests et pour les masques et pour les lits tandis que le système de santé français, réputé le meilleur du monde, selon nos dirigeants, était démuni de tout. Le comble : les deux pays dépensent également 11,2% du PIB pour la santé mais… l’Allemagne a plus de médecins et plus d’infirmières (mieux payés qu’en France) et plus d’équipements :

On sait (on nous l’a dit, en passant, pour ne pas faire trop de vagues…) notre pays a raté et les tests et le port de masques et le nombre de lits de réanimation. Il a été obligé, dès lors, de faire appel au confinement qu’il a décidé de généraliser, pour essayer d’arrêter la progression de l’infection. Ce faisant il a pris trois autres risques : (a) l’immunité générale vers laquelle il faut tendre est sérieusement retardée par le confinement non moins général, (b) le confinement général peut être créateur d’infection vu les conditions moyennes dans le pays (imaginez un appartement du 93 habités par 8 ou 10 personnes dont une est porteuse du virus mais asymptomatique) et (c) agression inouïe, parfaitement létale, contre l’économie du pays.

Plusieurs pays qui ont dû faire appel au confinement l’ont fait de manière sensée : on sait que la population peut être divisée en deux groupes, à faible et à haut risque. Les personnes de moins de 70 ans et sans conditions médicales sous-jacentes présentent un faible risque. Ceux qui ont plus de 70 ans - soit le segment «retraités» - ou avec des comorbidités sont à haut risque. Ce que l’on a fait en Suède, en Suisse ou en Nouvelle Zélande est d’une logique imparable : le groupe à faible risque a continué sa routine quotidienne (protocoles de distanciation mis en place) en gardant l'économie (presque) non perturbée, mais en atteignant finalement le niveau d'immunité générale tandis que le groupe à haut risque a fait l’objet d’un confinement. Il suffit de comparer les résultats de la Suède et de la Suisse par rapport à ceux de la France : ratio décédés vs infectés Suisse 5,1% - Suède 11,51%, par rapport à la population Suisse 182, Suède 198 décès par million d’habitants. Et la France ? 13,73% et 326 décès par million d’habitants et, en prime, une économie en lambeaux ce qui n’est le cas ni de la Suède ni de la Suisse. Pas d’erreur possible, nos dirigeants étaient obligés de passer au confinement mais ils l’on fait sans (qui suis-je pour… ?) regarder plus loin que leur nez. Je sais, du point de vue éthique il s’agit d’une sorte de condamnation du groupe à risque (les vieux…). Oui, on va voir partir - plus vite que prévu - les cohortes des plus de 70 ans (j’en fais partie). Mais on aura sauvé ce qu’il faudra pour que les jeunes et les moins jeunes aient la chance de reconstruire une vie «normale». D’une manière ou d’une autre on acceptera cela : quand le PIB s’écroule de 30% (la première année…) je ne vois pas comment (en France tout au moins) on pourra maintenir en vie le système de santé actuel et payer les retraites de 13 millions de retraités… avec les 3/4 millions de chômeurs d’avant et les 10 millions de chômeurs partiels de maintenant. « La France est entrée dans cette crise avec un déficit budgétaire de 3% et un ratio dette/PIB de 100% ; elle émergera avec un déficit de 9% et un ratio plus proche de 130% » selon l'économiste Marc Touati. Tout en sachant que M. Macron veut convaincre l’Allemagne, les Pays Bas et autres de mutualiser les dettes. Mais que, peut-être, on aura plus de mal à en contracter de nouvelles !

Bon, mais la question était «comment s’en sortir» Les médecins nous aident quand nous sommes malades, mais ils ne vont pas nous libérer de cette crise, a déclaré Amnon Shashua au Jerusalem Post. C'est un problème à résoudre par les mathématiciens, statisticiens, informaticiens, épidémiologistes et économistes... Notre devoir est de nous assurer que tous les bons esprits consacrent leur CPU (Central Processing Unit - MB) à ce problème. (A. Shashua, fondateur de Mobileye cédée à INTEL pour 15,3 milliards $ cash).

N’étant pas médecin mais proche des catégories mentionnées je m’arroge le droit de proposer ce qui suit en partant de là où nous sommes.

-Procéder d’urgence aux tests de moins de 70 ans confinés. Sans virus et sans symptômes, leur donner le droit (faire obligation) de reprendre leur activités ante.

-Re-tester les mêmes au bout de 15 jours (durée d’incubation) et procéder selon les résultats.

-Donner le droit à toutes les boutiques, magasins et bars/restaurants d’ouvrir d’urgence en respectant une distanciation convenue (par exemple, pour les restaurants, réduire le nombre de tables de moitié ou de deux tiers mais imposer au moins deux services à midi et au soir).

-Donner le droit à toutes les usines de reprendre leurs activités avec les personnels testés en respectant des procédures à déterminer localement (pas de «one size fits all »).

-Laisser en place les mesures d’aide au travail non pas à l’inactivité.

Un dernier mot. La France a été (est encore) championne mondiale toutes catégories pour le nombre annuel de jours de grève. Le moment me semble propice pour encadrer le droit de faire grève dans les conditions particulières de la « guerre face à un ennemi invisible » (E. Macron, 16.03.20.). Et notre Staline de pacotille (je veux dire Ph. Martinez) pourra partir pour Cuba, Venezuela ou même la Corée du Nord pour choisir sa liberté, si le cœur lui en dit …

 

 

 

 

 

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