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12 septembre 2020 6 12 /09 /septembre /2020 19:34

Chez nous, l’Europe et la Méditerranée, le Proche Orient. On vit une curieuse période dans laquelle se mélangent une sorte de dérive confusionnelle, incompréhensible, de nos dirigeants, une apathie prononcée des « souchiens » par rapport à ce qui se passe, avec des échos d’un complet clivage entre les gouvernés et les gouvernants. Des preuves ? En voilà trois, elles sont suffisantes pour illustrer mon propos. Avant de les évoquer, souvenons-nous des grands défis auxquels notre pays doit faire face : l’évolution totalement imprévisible du Covid-19 et ses conséquences pour le présent et le futur économique, la volonté de notre président (pas pour lui, pour la France…) de prendre la tête de l’Europe (qui en a réellement besoin) et qui se heurte à l’incompréhension des ses membres, le positionnement militaire (dissuasion ou préparation à une action) de la France dans la Méditerranée Orientale et aussi l’épopée sans fin de nos pauvres soldats au Mali que la mort attend dans le désert. Ajoutez à cela l’angoisse de plus en plus palpable que des catégories sociales de plus en plus larges sont en train de vivre.

Les preuves ?

  • Le Monde («journal de référence», 11.09.20) :
    •  

    • o Thomas Piketty : « La gauche peut-elle s’unir sur l’Europe ? »
    • o Le Conseil d’Etat suspend la chasse à la tourterelle des bois

Certes, l’épanouissement tranquille de la tourterelle des bois peut, sans doute, constituer une préoccupation importante pour un pays comme la France en ce moment : 31.000 morts Covid-19, un PIB en chute de 9% par rapport à 2019 la ramenant à sa situation de 2014 (mais avec une dette publique presque agrandie de 70% – 1.600 milliards € en 2014, env. 2.700 milliards soit 121% du PIB probable à la fin de l'année –deux fois le critère de Maastricht, 60%-). Mais cela paraît curieux, non ?

Mais notre pays veut toujours prendre la tête de l’Europe. Ce que les autres ne veulent pas laisser faire. Mais bon, que devrait faire l’Europe actuellement quand elle ne s’occupe pas du tout du Covid-19 (il n’entre pas dans ses prérogatives statutaires) ? Bien que, on décompte quelques 140.000 morts pour l’Union Européenne soit 15% du nombre total de par le monde quand sa population ne représente que 5,9% de la population mondiale. Cela n’interpelle personne ? Bon, parce qu’elle ne s’occupe pas du virus elle devrait nous « protéger » sur d’autres plans, non ?

Voyons voir. Pour tout ce qui est «extérieur» l’Union Européenne a un Haut Représentant qui est, aussi, de droit, Vice-Président du Conseil Européen. Après le Javier Solana (socialiste bon teint, ami et protecteur de l’ignoble Yasser Arafat et de sa OLP)

on a eu doit à plus mauvais, Mme Mogherini, ancienne communiste, qui allait à Téhéran en vêtements compatibles avec le Coran …

et maintenant, pour 5 ans à partir de 2019, un pire, le sieur Borell, diplomate espagnol anciennement membre du PSOE, et qui s’était faire remarquer déjà en 2009 quand il est allé à Gaza, mais pour faire bonne mesure, lui, il passe pour être «pro-iranien » ! Son premier voyage après sa prise fonction a été à Téhéran, content d’y être avec la vitrine américaine du régime, Mohamed Zarif.

 

 

Et puisqu’il était au  Proche-Orient… il est parti de là-bas en Jordanie. Aurait-il fait comme VGE, regarder Israël avec des jumelles ? Toujours est-il que depuis 18 mois il n’a pas encore eu le temps de rencontrer un responsable israélien…

L’Europe se trouve, maintenant devant les coups de butoir du sultan turc qui, non content d’avoir « annexé » une partie du nord de la Syrie, de sa mainmise sur le gouvernement de la Libye (et avoir encore une possibilité de jouer du robinet « réfugiés » comme il l’a fait pour la Syrie) a décidé de faire siens une partie de gisements gaziers de la Méditerranée Occidentale. En foulant aux pieds les droits de Chypre (membre de l’Union européenne) et de la Grèce (membre de la même Union et aussi de l’OTAN…). Sans parler de ceux de l’Egypte et d’Israël. Que fait M. Borell ? Que fait l’Europe ? Ils laissent notre président se mettre en avant, essayer de remettre le sultan à sa place en faisant montre d’une partie de notre puissance militaire via des bâtiments de guerre et des Rafales positionnés dans la zone concernée. Va-t-on envoyer le Charles de Gaulles et ses missiles nucléaires ? Et notre président (disent les sources bien informées…) téléphone à son ami DJT en lui demandant de faire entendre raison au sultan. Autant dire l’Europe ne sert à rien, sauf à essayer de mettre des bâtons dans le roues de ceux qui essayent de faire avancer le schmilblick. Deux exemples, les plus récents, pour comprendre.

Suite au changement de paradigme au Proche-Orient (normaliser les relations d’Israël avec des pays arabes qui, peut-être amèneront les palestiniens à la table de négociation au lieu de faire, premièrement, « la paix » avec les palestiniens et, ensuite avec les pays arabes), deux pays du Golfe viennent de normaliser leurs relations avec Israël, les accords seront signés, en grande pompe, à la Maison Blanche le 15 septembre. Que fait l’Europe, par la bouche de M. Borell devant ce qui est un événement majeur pour la géopolitique mondiale ? Au départ ils se taisent, ensuite un communiqué qui laisse comprendre que l’Europe n’apprécie pas qu’Israël ait fait cette percée immense qui change la marche de l’histoire des 30 dernières années. Et ils assurent le sieur Abbas, président démocratiquement élu de l’Autorité Palestinienne, (pour quatre ans depuis quinze ans) que l’Europe continuera de subvenir aux besoins de son Autorité et (implicitement) qu’elle n’approuve pas les accords d’Israël avec l’EAU et Bahreïn.

Mais il y a mieux (ou pire). Le 10.07.20 (La Dépêche, France) l’Union Européenne annonçait (suite à un « sommet » Merkel-Macron) «l’échec» des négociations entre la Serbie et le Kosovo. Rappel historique : suite au démembrement de la Yougoslavie, après les massacres commis par les Serbes au Kosovo (plus de 10.000 morts, 250.000 réfugiés, 20.000 femmes violées, Srebrenica, le tout sous les yeux d’observateurs militaires européens) et des atrocités commises par les milices kosovars (albanaises) en Serbie, devant l’incapacité de l’Europe de faire cesser les réjouissances, l’Amérique (Clinton) a bombardé pendant 78 jours la Serbie et… la guerre s’est arrêtée. Mais c’était en 1999 et depuis… les deux pays postulent pour être admis dans l’Union Européenne qui leur demande (a) de se reconnaître réciproquement et (b) de réduire l’influence d’éléments étrangers dans leurs politiques (Russie pour la Serbie et Turquie pour le Kosovo). Donc, juillet, échec des négociations.

Mais… il y a un nouveau shérif en ville ! En trois mois DJT a réussi ce que l’Europe n’a pu faire en 20 ans (Libé, 06.09.20) :

 

Des accords sont conclus, une reconnaissance implicite s’y trouve et… de plus, dit Libé : « Trump joue les courtiers dans les Balkans, sans oublier Israël » Sans oublier Israël car les deux pays annoncent qu’ils auront leurs ambassades à Jérusalem.

oooooo

Même tous ceux qui sont aveuglés par la haine de M. Trump lui reconnaissent le mérite d’avoir donné de nombreux «far-reaching» coups de pied dans la fourmilière et d’avoir changé l’ordre des choses pour le rendre plus conforme à ce que le monde est aujourd’hui. Enfin, pas tous. Pas Monsieur Borell, pas l’Union Européenne. Au fait à quoi sert-elle ?

A nous faire prendre des vessies pour des lanternes, en montrant clairement son irresponsabilité grandissante qui ruisselle, aussi, vers notre pays – entre autres.

 

 

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