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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 17:49

 

Vers l'Orient compliqué, je volais avec des idées simples

Charles de Gaulle (Mémoires de Guerre, 1940-42)

 

De Gaulle volait vers le Liban. Ce pays, dont la Syrie tient les clés, se trouve sans président depuis bientôt six mois, car les maîtres de Damas, par Hezbollah interposé, veulent disposer d’un droit de veto sur les décisions du gouvernement.


Créé sous domination française, dès 1920 le “Grand Liban” est constitué par un territoire originel et par l’annexion de zones peuplées majoritairement de musulmans sunnites (Beyrouth, par exemple). Le grand recensement de 1932 établit que 52% de la population est chrétienne, 39% musulmane, et 9% druze. En 1943, année de l’indépendance du pays, les dirigeants de chaque ethnie se rassemblent et décrètent que le Président de l’Etat sera chrétien, le Premier Ministre musulman sunnite, le chef du Parlement musulman chiite et le Ministre de la Défense druze. Et c’est ainsi que le pays va cahin-caha jusqu’à la guerre civile provoquée par les palestiniens d’Arafat et l’intervention de la Syrie consacrée par les accords de Taëf (1989).
Jusqu’en 2006 quand les 30.000 soldats syriens sont obligés de quitter le Liban ce qui, d’ailleurs, ne change en rien la mainmise de la Syrie sur ce pays dont elle n’a jamais reconnu l’indépendance.  Et pour se rappeler aux souvenirs des uns et des autres, l’on trucide de temps en temps un député ou un premier ministre ou un militaire de haut rang rapport à la nécessité de faire savoir qui commande. Tout en faisant semblant de coopérer avec l’Occident, en recevant des émissaires français qui ont rompu son isolement diplomatique, mais sans rien faire pour libérer le Liban : selon un vieux dicton  Damas aura encore une fois « mangé l’appât et pissé sur l’hameçon ».


A côté, Israël veut fêter ses soixante ans d’existence. Les grands de ce monde vont faire le pèlerinage de Jérusalem surtout pour montrer à l’Iran que le monde libre est solidaire de ce pays que tout et tous menacent. Le ballet a commencé avec Mme Merkel qui, larmes aux yeux presque, déclare à la Knesset. « Cette responsabilité historique vis-à-vis d’Israël fait partie de la politique fondamentale de mon pays. Cela signifie que pour moi, en tant que chancelier allemand, la sécurité de l'Israël n’est pas négociable » Sur ce, l’Allemagne continuera à être le premier fournisseur de l’Iran (souvent avec des produits à double usage, militaire et civil) et s’opposera sotto voce aux sanctions que d’autres « amis » d’Israël voudraient, avec l’avant dernière des énergies, lui appliquer. Enfin, certains, pas l’Italie, l’Espagne ou l’Autriche pour ne pas parler de la Russie et de la Chine. Le ministre des affaires étrangères de la Suisse, Micheline de Calmy-Rey, portant un foulard islamique traditionnel, a assisté à la cérémonie de signature à Téhéran d’un contrat de 20 Milliards d’euros « nécessaire pour diversifier les sources d'énergie de la Suisse et réduire sa dépendance à l'égard du gaz russe »
Suisse-Iran.jpg
Pendant ce temps, l’Iran avance à grands pas vers la bombe : L'Iran devrait avoir des armes nucléaires d'ici 2010, dit
le chef des renseignements militaires d’Israël. Cette évaluation a été faite devant la Commission des  affaires étrangères de la Knesset par le Général Amos Yadlin  le 26 février. Amos Yadlin, un des huit pilotes des F-16 qui ont détruit le réacteur Osirak en 1981.

Pour ne pas se faire oublier, après avoir engrangé des promesses pour 7,5 Milliards de $, M. Abbas va à Dakar pour parler à l’Organisation Islamique du « nettoyage ethnique pratiqué par Israël à Jérusalem ». Organisation qui choisit dans son Bureau, comme Vice-Président, « l’Etat de Palestine ». Etat de Palestine ? La communauté internationale n’avait pas remarqué qu’il existait déjà, elle qui s’évertue  à en créer un avant la fin de l’Administration Bush … Administration qui dispose maintenant de trois généraux sur place pour former les forces de sécurité la l’Autorité Palestinienne, entre autres. Les mêmes forces qui ont été « formées » à Gaza et qui se sont distinguées par leurs capacités au moment de la prise de pouvoir par les barbus du Hamas. Prise de pouvoir accompagnée de la récupération de tous les équipements et armements que les généraux américains ont mis à la disposition de
l’Autorité Palestinienne là-bas. Et qui maintenant servent les troupes du Hamas pour « résister » à l’agression israélienne … M. Abbas – écoutons-le dans ses discours : « NOUS CONTINUERONS DANS LE CHEMIN  DU DÉFUNT PRÉSIDENT  JUSQU'À CE QUE NOUS ACCOMPLISSIONS TOUS SES RÊVES » (AFP-11.11.05) dont celui de détruire Israël  … ; « dans une perspective historique il y a deux états : Israël et la Palestine. En Israël vivent des juifs et d’autres. Ceci nous sommes prêts à le reconnaître, rien d’autree », en voilà pour le caractère juif de l’Etat d’Israël … ; « nous devons unir le sang du hamas et celui du Fatah dans la lutte contre Israël comme nous l’avons fait au début de l’Intifada. Nous voulons une association politique
avec le Hamas » en voilà pour l’acceptation du but du Hamas, la destruction d’Israël  ; « ce qu’israël a fait à gaza dépasse le holocauste » en voilà pour le partenaire raisonnable pour les négociations de paix

 

L’Orient ? C’est compliqué …

 

Pas seulement compliqué. Dangereux. Un récent sondage Gallup fait parmi les musulmans du monde indique que 93% d’entre eux sont « modérés » et que seulement 7 % approuvent le11 septembre 2001 ou d’autres actions terroristes. Arithmétiquement, 7 % des 1,5 Milliard de musulmans fait quand même 100.000.000 d’êtres disponibles pour les armées du jihad de Al-Qaida, Hamas, Hezbollah et tutti quanti. Cela donne vraiment la chair de poule ! D’autant plus qu’il s’agit d’une sorte «illuminés intouchables » : les succès les rend sans peur. Le désespoir d’une vie misérable leur sert de combustible pour leur jihad équipés comme ils sont de carapaces constituées par leur foi fanatique. Convaincus qu’ils survivront aux autres (si ce n’est pas ici bas ce sera là haut …) et qu’un jour le monde sera musulman en totalité. Insensibles à tout argument rationnel (comment le seraient-ils ?) rien ne les arrête, armés comme ils sont d’une religion dont une des lois fondamentales est l’interdiction de tout changement. A partir du postulat de la Porte Fermée il est interdit aux docteurs de la Loi de modifier la jurisprudence datant du IVe siècle de l'Hégire, c'est à dire à peu près depuis mille ans. Depuis, la pensée religieuse et politique de l'Islam s'est fossilisée et l’incapacité de reconnaître la réalité comme le rejet des valeurs démocratiques des Lumières font que la seule sortie de l’impasse dans lequel ils se trouvent est la violence. Car seule la violence peut changer cette réalité qu'ils exècrent et la rendre conforme à l'idéal islamiste qui n’est autre que celui de soumettre l’humanité entière à la loi de la Charia.

 

Le drame des communautés chrétiennes du Proche et du Moyen Orient illustre mieux que toute autre chose ce dont il est question.

 

Populations-chr-tiennes.jpg

La comparaison des pourcentages des populations chrétiennes dans les pays du Proche Orient à des dates différentes n’a pas besoin de commentaires. En revanche, le cas de Bethlehem, ville chrétienne s’il en fût, mérite d’être mis en exergue : 85 % de sa population était chrétienne en 1993 juste avant que l’Autorité Palestinienne prenne la charge de la ville suite aux accords d’Oslo. Moins de 10 % aujourd’hui car l’islam n’est pas partageur. Heureusement, le bon docteur Kouchner en visite là-bas il y a deux semaines a lancé un appel aux touristes du monde entier pour venir dans la ville du Christ. Sans remarquer que ceux qui se réclamaient du Christ n’étaient plus là …

 

Ils n’étaient plus là car, par delà le différentiel des taux de croissance des populations musulmanes et chrétiennes, c’est l’exode de ces dernières qui contribue le plus à l’extinction du christianisme dans cette région du monde : 1,5 millions de libanais (sur une population totale du pays de 4,7 Millions)  ont quitté, de gré ou de force, leur pays. Exode qui est parallèle à celui des juifs des pays arabes, 1,0 million de personnes ayant quitté (ou fui …) les pays du Maghreb et du Machrek  pour s’installer en Israël, en Europe ou aux Etats-Unis.

 

L’extinction du christianisme au Proche Orient devrait être mise en parallèle avec l’accroissement des populations musulmanes en Europe. Malheureusement, il s’agit d’un tabou car dès que l’on envisage de traiter le sujet, les accusations « d’islamophobie » fusent et font taire ceux qui voudraient, au moins, savoir de quoi on parle. Politiquement incorrecte, donc on n’en parle plus.

 

Comme on ne parle pas du fait que dans le dernier pays musulman créé par la communauté internationale (le Kossovo) et qui est placé sous la double tutelle de l’OTAN et de l’ONU, plus de 150 églises et couvents ont été détruits depuis 1999. À Pristina, la capitale du nouvel état, l’église du Christ-Sauveur a été transformée en toilettes publiques. Exactement ce qui se faisait dans la vieille ville de Jérusalem pendant les 19 années de présence jordanienne.


En réalité, partout où il dispose du pouvoir, l’islam impose une pensée formatée, à la fois philosophique et théologique, qui promeut la soumission ou l’élimination de fait, puis de droit, du christianisme. Le processus est toujours le même et se fonde sur l’instauration d’un sentiment d’insécurité permanente qui, in fine, fait partir les chrétiens (d’après http://pointdebasculecanada.ca/spip.php

En 1922, la population juive représentait 11 % des habitants de la Palestine; en 1936, son nombre avait plus que doublé (28 %). Le peuplement juif prend de l'ampleur après 1945. En 1947, environ 700'000 juifs sont installés en Palestine. Même si certains ont procédé à des achats de terres, trois quarts d'entre eux sont citadins.

Depuis la Déclaration Balfour -on oublie qu’elle a précédé le découpage de l’empire ottoman par les deux puissances coloniales, la France et la Grande-Bretagne et qui par les accords Sykes-Picot on fait apparaître de nouveaux états, l’Irak, la Jordanie, le Liban et la Syrie- la nécessité du partage de la « Palestine » (gardée sous mandat britannique accordé par la Ligue des Nations) est devenue évidente. Des plans de partage ont commencé à se faire jour à partir de 1932 mais ils se sont tous heurté à l’opposition des nouveaux états arabes. Ce qui devait arriver, est arrivé, l’ONU a imposé un partage de la Palestine historique, partage qui donnait 56 % du territoire à un « Etat Juif » à créer et 44 % du territoire à un « Etat Arabe » à créer.  Soixante années après, l’Etat Arabe n’est toujours pas là (car les pays arabes ne l’ont jamais voulu) et soixante années après les mêmes pays refusent le caractère « juif » d’Israël quand ils ne proposent pas son éradication de la carte de la terre.

L’empire ottoman et son dépeçage

La Palestine en 1926 

Les armées de cinq pays arabes ont tenté d’envahir l’Etat d’Israël qui venait d’être créé, on connaît la suite : Israël obtenant des gains territoriaux (77 % du territoire) les pays arabes ont accepté les armistices imposés par l’ONU de peur de perdre tout … Et jusqu’à la guerre de six jours (1967) la Cisjordanie était annexée par la Jordanie tandis que l’Egypte occupait Gaza. Sans qu’aucun pays arabe crie à « l’occupation » ni propose la création de l’Etat Arabe (on ne connaissait pas, à l’époque, la dénomination « palestiniens » qui est devenue avec l’aide des gauches du  monde entier l’étendard d’un nouvel antisémitisme, politiquement correcte).

La création de l'Etat d'Israël et la conquête de nouveaux territoires est à l'origine du problème des « réfugiés palestiniens », qui ont fui (ou ont été expulsés) en grand nombre la domination israélienne pour trouver asile dans les pays voisins. En 1949, environ 700.000 Palestiniens ont quitté leur pays: 350.000 se sont installés en Transjordanie, 200.000 dans la bande de Gaza, entre 80 et 90.000 en Syrie et 70.000 au Liban. Ils sont aujourd’hui 4,5 millions, toujours dans les mêmes camps de réfugiés créés pour eux et toujours à la charge de la communauté internationale (UNRWA et autres organismes). Fer de lance du refus arabe d’accepter l’existence d’un état juif sur l’étendue de l’oumma au Proche Orient, utilisés par tous les adversaires d’Israël (et par certains de ses amis …) pour justifier le caractère « raciste » d’Israël car elle ne veut pas leur retour sur son territoire.                                                                                                                                                                    

Les lignes d’armistice de 1949 sont devenues -ce qu’elles n’étaient pas censées devenir- les frontières « définitives » de l’Etat d’Israël. Soit, mais quand on regarde les cartes on se rend compte que ceux qui prêchent (ou veulent imposer) la création d’un « Etat Palestinien disposant d’un territoire assuré de continuité » prêchent (ou veulent imposer) en réalité le démembrement d’Israël …

Alors … soixante années après Israël se trouve toujours en butte aux revendications de l’islam et de ses guerriers (Hamas, Hezbollah, Syrie, Iran, etc.,) mais qui, aujourd’hui disposent de fusées (au début « artisanales » mais ensuite de très perfectionnées puisées dans les arsenaux de la Russie et de la Chine) et, si le loisir leur est laissé, vont disposer (l’Iran) d’une arme nucléaire. Qui leur servira, peut-être au début contre Israël en attendant à être utilisée (réellement ou en tant qu’élément de chantage militaire) contre leurs voisins immédiats et contre … l’Europe.

Soixante années après sa création Israël verra défiler avant et pendant les cérémonies la fine fleur des dirigeants du monde libre. Tous, les mains sur le cœur pour promettre, comme Mme Merkel, comme N. Sarkozy, comme le frère américain, on en passe et des meilleurs, qu’ils seront toujours soucieux de la sécurité d’Israël. Mais de là jusqu’à arrêter le commerce avec l’Iran (1% du commerce de l’Union Européenne …) il y a un pas qu’il est difficile de franchir.

Le 22 mai 1799 Napoléon publie une proclamation par laquelle « il invite tous les juifs de l’Asie et de l’Afrique à se ranger sous sa bannière en vue de rétablir l’ancienne Jérusalem » et le 16 août 1800 il enfonce le clou pour dire « Si je gouvernais une nation juive, je rétablirais le temple de Salomon". Trente cinq ans plus tard, Lamartine écrivait « "Cette terre, réorganisée par une nouvelle nation juive, mise en valeur par des mains intelligentes, serait à nouveau la Terre promise de jadis, si la Providence la rendait à son peuple, et si le courant des événements mondiaux lui apportait la paix et la liberté."

 

La nation juive a reconstruit son état. Les arabes de Palestine n’en ont toujours pas le leur. Les occasions n’ont pas manqué mais ils se sont rattachés au mot de Samuel Beckett « échouez, échouez, échouez encore mieux ». Pourtant, ce sont les gens les plus évolués des 350 millions de musulmans qui occupent l’espace allant de l’Atlantique jusqu’aux confins du sous-continent indien. Que leur a-t-il manqué pour être comme Israël est ? Israël, dont la population représente un pour mille de la population mondiale mais qui est une puissance mondialement reconnue pour son agriculture, sa haute technologie, son économie libre car marchande et pour le haut niveau de ses activités intellectuelles et artistiques. Et militaires, même si les conflits que l’on lui impose sont, depuis quelque temps, asymétriques : quand des gens se réclamant d’une religion totalitaire se font exploser dans des autobus ou dans des restaurants, il est difficile de les combattre avec des chars d’assaut. Une seule chose a manqué aux palestiniens et manque encore à leurs « frères » musulmans : échapper à l’emprise de l’islam. Modéré, extrémiste, « de France » ou ripoliné et reconditionné pour être vendu comme « la religion des pauvres et des humiliés » tant qu’il ne renoncera pas à sa volonté de conquérir le monde, d’appliquer la Charia et de soumettre l’infidèle, rien ne changera. Autant dire … jamais. Annapolis ? M. Abbas ? Mme Rice ? Les visiteurs de Ramallah ? Ballet d’ombres qui s’agitent non pas pour faire quelque chose mais pour montrer un mouvement … Le processus de paix doit se poursuivre …

 

Le comble. Crédité d’une capacité nucléaire, Israël commence à entendre des voix qui demandent, en sourdine, qu’elle fasse obstacle aux velléités nucléaires iraniennes. « La destruction des capacités nucléaires de l'Iran serait dans l'intérêt des nations arabes du Golfe et elle serait « moins embarrassante » si elle était faite par Israël plutôt que les USA » déclare l’ancien conseiller du gouvernement du Koweït, Sami al-Faraj (Kuwait Times, 10 mars 2008). Est-il pensable ? Quand tous ceux qui font mine d’avoir à cœur la sécurité d’Israël (comme ils ont eu celle des juifs en Europe de 1933 à 1945 …) se révèleront aussi peu fiables qu’avant la guerre de 1967 (retrait des troupes de l’ONU, demande française de ne pas « tirer », refus poli des Etats-Unis d’assurer la libre circulation dans le détroit du Tiran, etc.,) Israël se retrouvera devant le vieux dilemme : Massada ou Samson. Gageons que cette fois-ci elle ne choisira pas Massada …

 

 

 



 










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