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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 09:48

J’ai lancé un déluge qui exclut l’éventualité d’une arche…

B. Erofeev, « Mon Lénine de poche »

 

Tout se mélange. Dernière préoccupation à la mode, dernière alerte du microcosme de gôche, la famine qui s’annonce, inéluctable, car les prix des denrées alimentaires sont en train de flamber. Et les émeutes dans les pays sous-développés, pays aidés à survivre, sans contrepartie aucune, depuis toujours par les « pays riches » ne font que commencer. On a trouvé les deux grandes causes, l’utilisation de terres arables pour fabriquer des biocarburants et, naturellement, la spéculation financière.

 

Un exemple qui semblerait ne rien avoir avec : je vole vers l’Afrique du Sud, à mon premier voyage en 1972 il y avait une population totale de 23 millions d’habitants (pour l’essentiel 4 millions de blancs et 19 millions de noirs) aujourd’hui il en a plus de 48 millions dont 3 millions de blancs et 45 millions de noirs. L’espérance de vie à la naissance était dans les années soixante de 53 ans, elle était en 2000 de 47 ans. Pays dont les dirigeants (N. Mandela en particulier) sont universellement vénérés mais où la ministre de la santé prodigue aux malades du sida comme traitement de consommer des légumes, notamment de l’ail. Dans quelques années ce pays, déjà importateur de denrées alimentaires, croissance débridée de la population aidant, se trouvera dans la situation du Zimbabwe : anciennement grenier de l’Afrique subéquatoriale, en trente années d’une dictature sanguinaire, ayant fait fuir après les avoir spoliés plus de 200.000 fermiers blancs, il vit maintenant de l’aide humanitaire …[1]

 

Et personne ne veut se souvenir de Malthus qui, déjà vers la fin du 19ème siècle, annonçait ce qui allait arriver en expliquant que les ressources de la planète ne peuvent croître que selon une progression arithmétique tandis que la population, elle, croit selon une progression géométrique. Et Malthus ne soupçonnait pas les avancées scientifiques qui ont éradiqués des maladies endémiques qui toutes constituaient des facteurs de correction qui atténuaient la croissance naturelle des populations. Serait-ce inscrit dans le Grand Livre qu’il s’agirait d’une fatalité ?

 

Non, pour l’essentiel, il s’agit de la chape de plomb tirée par l’intelligentsia de gauche, libérale (dans le sens américain) et quelques états croupions -dictatures pétrolières pour la plupart- sur ce qui pourrait constituer les moteurs de la progression de l’humanité : économie de marché et avancées scientifiques. Il suffit de regarder la caricature du débat sur les OGM dans notre pays pour comprendre vers quel abîme nous sommes tirés par les moustachus « démonteurs de Mac Donald’s » et les « faucheurs volontaires d’OGM ».

 

Un autre événement, probablement la plus grande invention humaine des cent dernières années, nous donne la possibilité de voir qu’il ne s’agit pas de fatalités. Vous l’avez déjà compris, il s’agit de la renaissance d’Israël, dont la soixantième anniversaire sera l’événement marquant du mois de mai qui vient. Sauf si …

 

Carlo de Benedetti avait dit un jour « vous creusez dans les pays arabes du Proche Orient, vous trouvez du pétrole ; vous creusez en Israël vous trouvez de l’intelligence »

 

Le partage par l’ONU de l’ancien territoire de l’empire ottoman pour créer un Etat Juif et un Etat Arabe (les gauches du monde et les islamo-fascistes n’avaient pas encore créé « le peuple palestinien ») a affecté à Israël des terres soient marécageuses soit se trouvant dans un désert non cultivable. Soixante ans après, ce pays de 6,5 Millions d’habitants est entièrement auto-suffisant pour toutes les denrées alimentaires et se trouve parmi les grands exportateurs de fruits et légumes, fleurs et plantes vertes ou aliments conditionnés.

 

Deux exemples, certes, un peu exotiques mais qui illustrent le sujet. Le premier : Israël est le seul pays au monde qui est entré dans le 21ème  siècle avec un solde net positif pour son nombre d'arbres.  Fait d’autant plus remarquable que ceci a été obtenu sur des territoires principalement désertiques. Le deuxième : les palmiers dattiers existent depuis des siècles au Moyen Orient. L'arbre moyen est d’une hauteur d’environ 5 à 6 mètres et produit environ 19 kg de dates annuellement. Les dattiers israéliens, modifiés génétiquement, produisent environ 200 kg de dattes annuellement et … sont d’une hauteur minime pour que les récoltes soient faites pratiquement à hauteur d’homme.

 

Mais ce pays dont la population ne représente qu’un pour mille de celle du monde, en parallèle avec son agriculture fantastique épaulée par des avancées scientifiques (dont les OGM …) peut éblouir le monde par ses autres contributions. Trois exemples encore.

 

Le téléphone portable a été développé par la filiale israélienne de Motorola. Les processeurs Pentium 4 d’Intel et la technologie Centrino (wifi) ont été entièrement conçus et développés en Israël. Faudrait peut-être le dire à tous ceux qui utilisent des téléphones et ordinateurs portables pour vilipender ce pays... Surtout s’ils utilisent encore Windows XP dont la plus grande partie a été, elle aussi, développée en Israël.

 

Ce pays, affiche un  produit national brut qui dépasse les 100 milliards d’euros : plus que tous les pays voisins réunis. Parmi les explications, le ratio le plus grand au monde de diplômés universitaires par rapport à la population. Qui obtiennent leurs diplômes en passant par les fourches Caudines d’une sélection impitoyable. Mais peut-on envisager une économie de marché, synonyme de concurrence, sans sélection ? Si, on peut, chez nous, où il y a 2,5 Millions d’étudiants (250.000 avant la première réforme de l’université faite par Edgar Faure, « sélection » étant un mot obscène). Et où ceux qui ont contribué à mettre en place un système absurde constituent aujourd’hui un groupe (lobby …) social qui empêche toute réforme d’un enseignement qui conduit le pays à la ruine. Chez nous, où les coryphées des sciences naturelles genre José Bové et alea empêchent que des recherches scientifiques puissent se dérouler sans la peur des « faucheurs volontaires ». On continuera comme cela et on se retrouvera vite derrière Israël qui, aujourd’hui produit plus de publications scientifiques per capita que n’importe quelle autre nation au monde (en 2007, 109 publications par 10.000 personnes). Entre 1988 et 2006 son PNB/capita a cru de 9.000 à 26.000 $ (tout en absorbant un million d’immigrés) et c’est ainsi que ce pays a dépassé depuis 2006 l’Angleterre sur ce plan … Et nous ? En 1988 le PNB/capita était en France supérieur de 20 % à celui d’Angleterre, aujourd’hui il est de 20% inférieur. Mais nous avons un modèle social jalousé par le monde entier : il suffit de dépenser, avoir 59 langues possibles au bac (sans compter le surf ou autres sports très honorables), vivre sur le dos de l’euro (sans lequel on aurait eu droit a plusieurs dévaluations …), et laisser nos dettes à nos descendants jusqu’à la septième génération fussent-ils mineurs ou incapables

 

Ah, oui, sans oublier que pendant ses soixante années d’existence Israël a dû faire face à 7 guerres et, depuis plusieurs années grâce à l’aide du monde entier et des frères arabes aux pauvres palestiniens et autres libanais, à plusieurs conflits asymétriques. Dans le cadre desquels on ne peut pas utiliser des chars d’assaut ou des avions contre des assassins suicidaires qui se font exploser dans des bus tuant indifféremment des êtres dont le seul pêché est d’être juifs. Cela rappelle des souvenirs mais par une inversion perverse on va vous dire que les victimes d’hier sont devenues les bourreaux d’aujourd’hui. En oubliant qu’en Irak des sunnites se font exploser dans des processions chiites et vice-versa … Tous musulmans.

Cette invention fantastique, la renaissance d’un peuple, d’une terre, d’une langue a de quoi laisser les gens rêveurs. Selon les classements de l’ONU, Israël se positionne aujourd’hui à la 21ème place pour ce qui est du “développement humain” et à la 11ème place pour ce qui est de la santé publique. Et pour la première fois depuis la deuxième diaspora (occupation et expulsion par Rome) la majorité du peuple juif vit en Israël. Mais des puissances voisines ou éloignées affichent des intentions implacables visant la disparition de cet état et, à fortiori, de son peuple. Le tout à l’encontre de la Charte de l’ONU mais … ce n’est pas l’Europe qui s’en émeut. Elle aussi elle a essayé, sans succès, par nazis et allemands interposés, de détruire ce peuple. Aujourd’hui elle laisse faire tandis que la Russie des anciens pogromes tzaristes ou des persécutions staliniennes met de l’huile sur le feu en s’opposant à tout ce qui pourrait arrêter la marche des mollahs iraniens vers la bombe. Mais la bombe, pour quoi faire ?

Il y a trente ans, en quittant la résidence de Neauphle-le-Château que la France de Giscard d’Estaing a mise à sa disposition, l’Ayatollah Khomeiny expliquait déjà que « tout un chacun qui croyait que le but de la révolution islamique était de réduire le coût des logements ou celui des melons était fou ». Et dès la nouvelle constitution de l’Iran on a mis sur son frontispice l’ardente obligation de détruire Israël. Alors … le clown actuel qui amuse depuis des années l’Europe avec des « négociations » concernant le nucléaire et qui annonce chaque semaine la fin (souhaitée et programmée) de « l’entité sioniste » ne fait pas preuve de beaucoup d’imagination. Ce qui est en revanche de plus en plus incompréhensible c’est l’acharnement avec lequel les gauches du monde entier accompagnent, in petto, la volonté de ceux qui non seulement veulent nuire à Israël mais veulent le voir disparaître. Certes, les professions de foi de tous les grands du monde libre disent le contraire. On sait qu’il ne faut pas les croire. Il n’y a qu’à regarder Eisenhower et Boulganine en 1956, De Gaulle et Johnson en 1967, Nixon et Brejnev en 1973 et depuis … jusqu’à ceux qui, comme Bernard Kouchner non content d’inviter le Hezbollah terroriste du Nord d’Israël à Paris, prône la discussion avec le Hamas, terroriste du Sud d’Israël.

D’un côté, le monde entier fait semblant de croire que « le palestiniens » veulent la paix et que la solution consiste dans «deux états pour deux peuples vivant en paix l’un à côté de l’autre». Cela à l’encontre des preuves évidentes qu’il n’y a pas de  palestinien musulman désireux de faire la paix. Demandez ce qu’ils pensent aux 90 % des chrétiens de Bethlehem qui ont été forcés de fuir la ville du Christ. Encore et toujours, sur tous les tons il faut marteler « les palestiniens ne veulent pas la paix ; ce qu’ils veulent ils le disent clairement et sans détour, ils veulent la destruction de l’Etat Juif ; et il ne faut pas lire entre les lignes pour comprendre cela, il ne faut même pas suivre les discours en arabe d’un Mahmoud Abbas ou des chefs du Hamas, il suffit de lire leurs discours en anglais » Lisez M. Zahar, fondateur du Hamas, ancien ministre des affaires étrangères du gouvernement « d’union nationale » qui déclare au Washington Post (le 17.04.08) :  Un « processus de paix » avec les Palestiniens ne peut s’engager même pas par une première mesure minuscule jusqu'à ce que Israël ne se retire d'abord aux frontières de 1967 ; démantèle tous les villages crées depuis ; retire tous ses soldats de Gaza et de Cisjordanie ; rend nulle son annexion illégale de Jérusalem ; libère tous les détenus ; et arrête le blocus de nos frontières internationales, de notre littoral et de notre espace aérien de manière permanente. Ceci fournirait le point de départ pour des négociations justes et constituerait la base pour le retour des millions de réfugiés ; étant donné ce que nous avons perdu, c'est le seul moyen par lequel nous pouvons commencer à récupérer le tout de nouveau » Le tout ? Vous l’avez compris, l’espace «du fleuve (Jourdain) à la mer » c’est-à-dire faire disparaître Israël.

Qu’importe, de la même manière de laquelle Chamberlain et Daladier voulaient convaincre Varsovie et Prague du désir de paix d’Hitler, de la même manière on s’évertue aujourd’hui à pousser Israël à se contracter comme une peau de chagrin. Pour qu’entourée d’états talibans (Gaza, après le désengagement), dictatures républicaines monarchiques (Syrie) ou dirigés par des « despotes éclairés »  en attendant l’arrivée des Frères Musulmans (Egypte), elle puisse disparaître un jour dans le silence, naturellement, réprobateur des héritiers des Lumières. Bon, realpolitik commande, le pétrole se négocie à 115$ le baril ce qui fait que les monarchies éclairées du Golfe -pour ne pas parler des meilleurs amis de la France, le Colonel Kadhafi ou le révolutionnaire Chavez- amassent des trillions de $ et achètent des participations dans les plus beaux fleurons des économies européennes. Il faut comprendre. Mais … pourquoi les gauches du monde entier sont-elle des adversaires jurés et résolus d’Israël ?

 

Tout d’abord le syndrome identifié par Bertrand Russel dans les années trente du dernier siècle : admettre la vertu supérieure de l’opprimé. C’est simple : qui est l’opprimé ? Le palestinien, donc …. Mais alors pourquoi pas la femme musulmane ? Pourquoi aucun mouvement de gauche, féministe ou pas, n’a jamais pris position au plan mondial contre la situation des femmes au 21ème siècle dans le monde musulman ?

Un dernier livre de Nick Cohen donne quelques pistes. Tout d’abord parce que l’on considère qu’Israël et les Etats-Unis c’est du pareil au même. Ensuite parce que les gauches mondiales, après la fin de la guerre froide, après la fin sans gloire de l’utopie socialiste, n’a plus trouvé des causes à sa mesure et a été obligée pour exister se rabattre sur toutes sortes de communautarismes culturels : homosexualité, cultures séparatistes noires ou féministes, le tout ne devant pas être critiqué même s’il s’agissait de la mutilation des femmes (Afrique), de la tyrannie religieuse (Iran et Soudan) ou d’assassins suicidaires (contribution palestinienne au bonheur de l’humanité). Ou de n’importe quelle autre forme de fascisme. Bref, les gauches non communistes sont devenues fascistes elles-mêmes. Et ont choisi comme point de ralliement ce qu’il y avait de plus porteur, la haine des Etats Unis. Quand en 1991, après avoir fait sortir l’Irak du Koweït l’Amérique  n’est pas allée jusqu’à Baghdâd, elle a été accusée de collusion avec le régime totalitaire de Saddam. Quand en 2003 elle l’a fait, elle a été accusée de donner libre frein à sa tentation impériale agrémentée de la faim de pétrole. Peu importe ce qu’elle fait, l’Amérique a tort. Et Israël aussi.

Des ennemis implacables, un monde « civilisé » qui n’a de cesse que de le voir disparaître, voilà un pays qui non seulement survit mais affiche une santé époustouflante capable de rendre malade tous ceux qui ne lui veulent pas du bien. Mais que peut-elle faire pour que ses voisins immédiats (les palestiniens) se transforment ? Rien. Transformer une société qui dans ses tréfonds approuve et supporte le terrorisme, une société où les mères sont « fières » de leurs enfants qui se font exploser pour tuer des juifs, en une société se construisant autour de valeurs positives c’est une tâche qui dépasse les possibilités d’Israël. Surtout pendant que les masses en question subissent l’influence islamiste et jihadiste, aidée militairement, financièrement et politiquement par les pays arabes, l’Iran et l’Occident.

Mais que ces gauches, aujourd’hui alliées à tout ce qui est réactionnaire, dictatorial, religieux (à condition qu’il s’agisse du Coran…) ne voient pas qu’Israël est poussée vers un dénouement apocalyptique c’est pour le moins curieux. Car, ne nous trompons pas, Israël ne peut pas « se permettre le luxe de vivre avec un Iran nucléaire » (déclaration de E. Olmert, l’année dernière pendant une conférence de presse à Moscou, à côté de M. Poutine).

Et comme les Etats-Unis semblent avoir renoncé à une option militaire, comme l’Europe est incapable d’obtenir quoi que ce soit des mollahs (en réalité il ne le veut pas : il suffit de voir les flux commerciaux et financiers entre l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et l’Autriche et l’Iran pour comprendre) que reste-t-il à Israël ? Faire ce qu’il faut elle-même. Un déluge qui exclut l’éventualité d’une arche … Tout cela après être sortis de l’Egypte il y a quelques milliers d’années.

La faim au monde ? Les OGM ? L’Iran et la bombe ? Joyeuses Pâques et Bonne Anniversaire, Israël !



[1] Battu aux élections d’il y a quatre semaines, Mugabe refuse de faire publier les résultats et en attendant, obtient de la Chine un bateau que les syndicats du port de Durban ont refusé de décharger car plein de 77 tonnes d’armes et munitions pour réprimer les révoltes qui s’annoncent. Des munitions chinoises car les ouvriers de l’usine locale n’étant payés depuis des lustres ont transformé la fabrique en producteur de cercueils …

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