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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 11:41

 

 

Les fossoyeurs de l’Europe

 

Depuis trois semaines et encore avant-hier, après la rencontre des chefs d’états consacrée aux agissements de la Russie en Géorgie, notre président se gausse des succès obtenus quand il a réussi à « arrêter la guerre en Géorgie ». Erreur ? Mensonge ? Les deux ?

 

Dès que l’armada russe, préparée depuis longtemps et attendant en Ossétie du Nord (Vladikavkaz, d’où une colonne de tanks est partie vers la Géorgie trois jours avant « l’agression géorgienne…) l’arme au pied, que les provocations des supplétifs russes en Ossétie du Sud fassent agir la Géorgie, a commencé à envahir la Géorgie, son gouvernement a décrété un cessez-le-feu unilatéral et sans conditions. Ce n’est que deux jours après que nos coryphées de la paix, Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner, sont allés à Moscou pour obtenir que les russes respectent aussi ledit cessez-le-feu. Pour se trouver devant des épigones de Staline qui leur ont imposé deux paragraphes supplémentaires : un donnant entière liberté aux russes de faire ce qu’ils voulaient et un autre élargissant leur zone d’action à l’intérieur de la Géorgie. Incapable de comprendre ce qui leur était imposé ou expression d’une naïveté coupable car faisant confiance aux russes pour ce qui n’était pas écrit, ils sont partis pour Tbilissi où ils ont menacé le président de ce pays de le laisser tomber s’il n’acceptait pas le texte dicté par les russes. Ce que celui-ci a fait mais … les russes ont continué, comme si rien n’était, de faire la guerre en Géorgie (nettoyages ethniques, occupations des axes principaux de communication terrestres, occupation du principal port sur la Mer Noire, etc.,). Bref, la guerre n’a pas été arrêtée, le cessez-le-feu n’a été qu’une sinistre plaisanterie et un mois après, tout en se gargarisant avec la question à caractère rhétorique « ne fallait-il pas arrêter la guerre ? »   on constate que la Russie a fait ce qu’elle a voulu en Géorgie et que notre président est, au mieux, le dindon de la farce. Il n’est pas seul, il a avec lui les autres fossoyeurs de l’Europe, l’Allemagne, l’Italie et la Belgique (pour s’arrêter aux principaux).

 

L’Europe a été la cause et le terrain des quatre guerres du 20ème siècle qui, pour l’essentiel, se sont déroulés sur ce continent : la première, la deuxième, la « froide » et la Bosnie/Serbie. Peu importe que les deux premières aient été mondiales. Peu importe que la « froide » ait été gagnée par les Etats-Unis qui, de plus, sont venus à la rescousse des démocraties occidentales pour qu’elles ne disparaissent pas pendant les deux premières guerres. Peu importe, qu’incapable de mettre fin elle-même à la guerre en Yougoslavie elle a dû faire appel, de nouveau, aux Etats-Unis pour qu’elle s’arrête. Ce qui importe c’est que la vulgate dominante de l’Europe est devenue l’apaisement sous toutes ses formes, appuyé sur la conviction que ce n’est que par le dialogue que l’on doit mettre fin aux conflits. On voit que les promoteurs de cette vulgate ont sans doute raison rien qu’en regardant du côté du Soudan, de l’Afghanistan pour ne pas parler de l’Irak. Mais faut-il leur jeter la pierre ? Quoi de plus normal que d’admettre que le monde civilisé doit promouvoir la démocratie et la liberté partout et que pour cela il n’y a que le dialogue. Y compris avec ceux qui ne veulent pas dialoguer …

 

Sauf que pour dialoguer il faudrait trouver devant soi autre chose que des individus formatés par le KGB et dont la conception du monde est relativement simple : ce qui est à moi, c’est à moi, ce qui est à vous est négociable … Le résultat de la volonté de dialoguer, aujourd’hui, c’est le dépeçage de la Géorgie sur fond de postures fermes de l’Europe qui, à genoux (car dépendante du gaz et du pétrole russe), veux faire croire à la Russie qu’elle est capable de lui opposer « le droit international » …  Et elle ne peut pas s’empêcher de dire en sourdine que … la Géorgie, elle aussi, a une part de responsabilité. Que cette antienne soit répétée par l’ancien chancelier allemand, aujourd’hui à la solde de Monsieur Poutine, soit. Mais les autres ? Pourquoi escamoter le fait que la vraie faute de Tbilissi a été de croire à la solidarité des démocraties occidentales, les Etats-Unis à leur tête ?

 

Certes, on peut dire qu’il n’y a pas que les fossoyeurs. Il y a aussi les pays libérés du communisme et de la Russie. Forts de leur expérience historique, forts du souvenir (Pologne, Tchécoslovaquie) de la trahison de la France et de l’Angleterre, ces pays essayent par tous les moyens de redresser l’échine de la vieille Europe. Et naturellement, ils se tournent vers les Etats-Unis, seuls garants réellement de leur indépendance. Car ce que la Russie a fait en Géorgie elle peut le faire à répétition en Ukraine, aux Pays Baltes, en Moldavie, partout où la paranoïa de l’encerclement (vieille lune datant du tsarisme et reprise par Staline) peut la pousser à l’invasion. Paranoïa qui s’est traduite (voir les 45 années de domination absolue des pays de l’Europe de l’Est) par l’exploitation des ressources de plus de 100 millions d’européens beaucoup plus développés que les masses russes soumises à la dictature du communisme depuis 1917 (et qui venait prolonger le régime obscurantiste du tsarisme).

 

L’Europe de l’Ouest dispose en réalité de tout ce qu’il faut pour s’opposer à la dictature russe, aujourd’hui à visée géopolitique. Principal partenaire commercial de la Russie elle pourrait mettre sur l’autre plateau de la balance les investissements qu’elle fait en Russie, les apports de haute technologie sans lesquels il n’y aurait même pas de quoi téléphoner là-bas ou, eh oui, pourquoi pas, l’arrêt programmé d’achats de gaz et de pétrole. Il faudrait, quand même, se souvenir que l’Europe regroupe 450 millions d’êtres (moins de 150 millions en Russie, en décroissance constante et rapide) et dispose d’un produit « national » brut de plus de 10.000 milliards de $ (675 milliards de $, pour la Russie, données de 2005) : un GNP 15 fois supérieur à celui de la Russie dans lequel les matières premières représentent moins de 5% pour l’Europe mais … 90 % pour la Russie ! Ce n’est que pour les dépenses de la défense que les choses sont inversées : moins de 2,5% du GNP pour l’Europe, plus de 20 % pour la Russie (si les chiffres des gazettes sont corrects vu l’opacité de « l’état de droit » russe …). Ce qu’il manque à l’Europe ce ne sont pas les moyens de faire pression sur la Russie, c’est la volonté … Disons-le clairement, l’échec européen de devenir et se comporter comme une puissance responsable qui serait prête à défendre ses habitants de l’Est du continent, c’est la trahison de se propres idéaux, la démission devant les dictateurs, aujourd’hui devant le dictateur de la Russie. Ce faisant, l’Europe détruit aussi l’héritage des Lumières en ne s’opposant pas aux visées hégémoniques (permanentes) de la Russie. Certes, l’anti-américanisme présent partout en Europe a son rôle. Mais comment ne pas voir ce que recherche la Russie ce n’est rien de moins que d’asservir l’Europe ? Monsieur Poutine, lui, il a dans sa tête la même chose que les strates successives des pouvoirs russe, soviétique et russe de nouveau. Auparavant on disait la volonté d’arriver à une mer chaude… Maintenant, c’est plus simple, regardez la carte :

 

Ce n’est pas par hasard que Monsieur Poutine a choisi la Géorgie. Il a voulu faire d’une pierre deux coups : contrôler la Géorgie (et les pipe-lines qui la traversent) donnerait à la Russie pratiquement (vu ses relations avec l’Arménie) une frontière commune avec l’Iran ; et le coup de force réussi doit faire peur sur les marches de l’empire, du Nord Baltique jusqu’à l’Ukraine et la Mer Noire.

 

Mais pour arriver à l’invasion de la Géorgie Monsieur Poutine a dû faire du chemin. Il a commencé par faire expulser (ou faire fuir) ses opposants locaux (quand il ne les a pas fait emprisonner), et il a continué par assassiner les journalistes  qui ne lui étaient pas favorables, en mettant au pas la presse, la radio et la télévision. Et il n’hésite pas de d’empoisonner M. Youchtchenko qui devient président de l’Ukraine, contre la volonté de la Russie. Ou un ancien membre du KGB à Londres. Et l’Europe ? A aucun moment elle ne réagit. Proie hypnotisée par un serpent qui l’anesthésie à coup de gaz et de pétrole … 30 % du gaz consommé par l’Europe vient de la Russie et pour ce qui est de l’Allemagne (merci Monsieur Schröder, êtes-vous satisfait du salaire de 1 million d’euros que le Gazprom de votre ami Poutine vous sert ?) il s’agit de 40 % des besoins ! Et c’est ainsi que les fossoyeurs de l’Europe agissent : d’un côté, en développant l’Eurabia (Bat Ye’or) qui conduit à l’asservissement du continent à l’islam, de l’autre en ne s’opposant pas à la nouvelle dictature russe (comme elle ne s’est pas opposée à l’ancienne, celle de Staline et de ses successeurs). L’Europe est toute à ses affaires avec l’Iran, à assurer une honorabilité au sinistre Bachir el Assad ou à un Hugo Chavez, à tous ceux qui s’opposent aux Etats-Unis. Pour entendre, sans protester, le nouveau président de la Russie qualifier celui de la Géorgie de « cadavre politique » et faire tout pour le faire disparaître.

 

Pourtant, l’existence de la « nouvelle Europe » rend les choses plus difficiles pour ceux qui veulent détruire « l’idée Europe ». Deux exemples : la négociation des Etats-Unis avec la Pologne pour installer sur son sol un bouclier anti-missiles traînait depuis deux ans. Trois jours après l’invasion russe en Géorgie elle était bouclée. La Finlande qui (vu l’histoire de l’agression russe contre elle en 1939) se tenait à l’écart de la défense européenne vient de faire savoir qu’elle regarde la possibilité de rejoindre l’OTAN.

 

Certes  l’Allemagne et la France avec notre président en tête sont toujours adeptes de l’apaisement (mot répété ad nauseam ) par Bernard Kouchner dès qu’il s’agit de s’opposer aux visées russes. Ce n’est pas comme cela que la France (ou l’Angleterre) fera oublier qu’elle a vendu la Tchécoslovaquie et trahi la Pologne en 1939 en faisant confiance à Hitler.

 

Si l’Europe veut arrêter sa course vers sa tombe elle devrait asphyxier la Russie avec son gaz et son pétrole. Elle devrait, à marche forcée, promouvoir le nucléaire nonobstant l’opposition obscurantiste des moult Josés écolos et leurs semblables. Et arriver à comprendre que l’ancien bouclier qui l’a défendu contre la Russie (l’OTAN) n’est plus rien qu’un vieux dinosaure : les Etats-Unis en ont assez de supporter depuis soixante années l’incurie démagogique pacifiste (et de surcroît socialiste …) de l’Europe. Et comprendre aussi qu’il faudra des générations à la Russie pour devenir autre chose que ce qu’elle est : un état paranoïaque (encerclement) dirigé par des héritiers de la plus sinistre police politique (KGB), pour le bien d’une mafia qui veut disposer d’un doigt dans chaque pays, et que chaque pays soit le sien (en paraphrasant Jacques Brel …). 

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