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10 juillet 2006 1 10 /07 /juillet /2006 16:47

Le conflit sans fin entre Israël et les palestiniens semble entrer dans une nouvelle phase dont la logique n’est pas évidente. Plusieurs questions se posent à ceux qui tentent encore de raison garder sans être obnubilés par la vocifération habituelle des médias arabes ou européens dont le parti pris est difficile à ignorer. Par delà les événements actuels -le rapt d’un soldat, celui d’un gosse de18 ans tout de suite assassiné, les 600 fusées « artisanales » tirées de Gaza contre le territoire israélien- la première question qui sollicite la logique est relativement simple : un gouvernement palestinien que tire son autorité d'un accord avec l'Israël (Oslo,1993) peut-il réellement être un interlocuteur internationalement reconnu quand il est l’expression d’une organisation dont le but affiché est la destruction d'Israël, la création d’un état dont la charia sera la loi et dont la destruction des juifs fait partie de sa charte ?

 La communauté internationale, dont le quartet est l’expression (Etats-Unis, l'Union Européenne, les Nations Unies et la Russie), a posé trois conditions au gouvernement constitué par le Hamas : reconnaître le droit d’Israël à l’existence, arrêter toutes ses activités terroristes et respecter tous les accords internationaux précédents signés par l'Autorité Palestinienne. Celles-ci semblent être des conditions raisonnables pour n'importe quel observateur extérieur. Elles sont cependant inacceptables pour le Hamas car les accepter signifierait le renoncement à sa raison d’être. La communauté internationale l’a compris, elle a essayé de trouver des moyens détournés pour aider les populations palestiniennes qui croulent, à Gaza en particulier, sous le poids de la pauvreté, du sous-développement et de l’absence d’espoir pour son avenir.

Et on est obligé d’expliciter la deuxième question qui sollicite la logique. Le Hamas est arrivé au pouvoir par la décision d’une majorité de palestiniens ; nonobstant les contorsions dialectiques de ceux qui expliquent leur vote uniquement comme une réaction à la corruption des gouvernants précédents auxquels la communauté internationale dispensait forte subventions (1,0 Mrds de $ annuellement) la vérité est différente. Un dernier sondage, relève clairement que 78 % des palestiniens approuvent le rapt du soldat israélien et sont opposés à sa libération sans contrepartie tandis que 68 % considèrent que l’on doit continuer d’utiliser la méthode.

Et la communauté internationale qui est tenue à juger les choses selon une approche logique ne peut ignorer qu’une élection « démocratique » n’accorde pas un permis pour effectuer des actes terroristes contre un état voisin. Elle ne peut ignorer la chose d’autant moins qu’il y a juste une année Israël a quitté Gaza sans aucune contrepartie. Le monde entier a applaudi et ce d’autant plus que l’on imaginait que la suite sera la remise au palestiniens de 97 % de la Cisjordanie. Soixante ans après que les pays arabes aient rejeté l’idée de la création d’un Etat palestinien, après plusieurs occasions réparties sur la période, après le départ d’Israël de Gaza, ceux pour lesquels le monde entier a mis les bouchées doubles pour les aider signifient clairement urbi et orbi leur rejet de toute acceptation de « l’autre ».

Et voilà la troisième question qui sollicite la logique : il s’agit là d’une stratégie suicidaire dont le seul résultat (prouvé pendant six décennies) est d’aller de mal en pis et d’avoir, à chaque étape pouvant constituer une croisée de chemins, à espérer moins que la fois précédente. Quel peut être le ressort d’une telle stratégie dont aucun autre exemple n’est proche ? La communauté internationale pense que les palestiniens sont animés par le souhait de créer un état et de voir finir l’occupation israélienne. Mais cela ne présente aucun intérêt pour les palestiniens. Si tel n’était pas le cas on aurait assisté depuis le départ d’Israël de Gaza à un bourgeonnement économique induisant des avancées sociales, culturelles, etc. Qu’a-t-on vu en réalité ?

 La transformation du territoire en petit Afghanistan. Mais puisque l’on déclare haut et fort que le soldat Shalit est prisonnier de guerre c’est qu’il y a une guerre. Et depuis que les guerres sont guerres les belligérants utilisent la force maximum pour infliger à l’adversaire des pertes telles que les gains que celui-ci espère soient entièrement hors de sa portée. Dès lors, que veut dire « proportionnalité » dans l’emploi de la force ? Cette fois-ci la logique se retourne contre la communauté internationale. Les 600 fusées kassam ont été décrétées « artisanales » : une riposte proportionnée d’Israël voudrait qu’elle utilise la même technologie ? Faudrait-il revenir au combat à mains nues ? L’idée de proportionnalité dans l’emploi de la force quand on est en guerre est proprement une stupidité. De plus, elle heurte toute logique aussi élémentaire qu’elle puisse être.

 Et pour les attentats suicides voudrait-on qu’Israël constitue des brigades de martyrs qui iraient se faire exploser, avec la bénédiction de leurs mères, dans les autobus palestiniens ?

 Enfin, il est dit que la « punition collective » (destruction par Israël des infrastructures de Gaza, la fermeture des frontières avec l’Egypte ou Israël, le refus d’accepter des travailleurs palestiniens en Israël, etc.,) est inadmissible. Mais puisque l’élection a été démocratique, ceux qui portent la guerre contre Israël sont les représentants de la collectivité palestinienne. En faire abstraction comme la communauté internationale tente de le faire en privilégiant M. Abbas contre le gouvernement issu d’élections constitue l’avant dernière absurdité logique. Continuer de le faire revient à démontrer que le résultat d’une élection est à considérer seulement s’il convient à ceux qui le juge.

Enfin, depuis quelques semaines on fait grand cas d’un document qui serait signé par le Hamas et le Fatah et qui constituerait une avancée indéniable car il reviendrait à reconnaître « implicitement » l’existence d’Israël. En réalité, ce document n’est qu’un engagement des deux factions pour légitimer la poursuite des attaques contre les israéliens dans la Cisjordanie en attendant la libération de la Palestine historique, c’est-à-dire, la disparition de l’Etat d’Israël. On peut remarquer que l’Iran aussi professe le même discours ce qui n’a pas l’air d’émouvoir outre mesure la communauté internationale : un état membre de l’ONU qui demande clairement la destruction d’un autre Etat membre de l’ONU. Logique ?

 Punition collective ? N’a-t-on admis qu’il y avait responsabilité collective des allemands pour leur triste histoire du nazisme ? Et la destruction de Dresde ou la bombe sur Hiroshima étaient proportionnées à quoi ?

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