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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 19:04

 

La quadrature du cercle est devenue une formule usuelle pour décrire un problème insoluble (de quelque nature que ce soit). Deux autre problèmes mathématiques sont restés, depuis l’antiquité grecque à nos jours, sans solution : la trisection de l’angle et le doublement du cube. Mais on a oublié que ce dont il s’agissait c’est de pouvoir solutionner les trois problèmes uniquement avec, deux outils, une règle et un compas. Personne n’en a trouvé de solution.

L’Iran, de nouveau à l’affiche après la découverte d’une nouvelle usine d’enrichissement de l’uranium, permet l’analogie : les trois problèmes y relatifs sont (a) la marche vers l’arsenal nucléaire, (b) la volonté de domination de l’espace arabo-musulman et (c) les métastases terroristes que ce pays sponsorise. Et ces trois problèmes sont insolubles avec les deux outils utilisés par la communauté mondiale, (i) les discussions et (ii) les sanctions les discussions = la règle, les sanctions = le compas). Pour voir plus clair, traitons pour l’instant le premier problème en commençant par la fin c’est-à-dire par les derniers événements.

Le 25 septembre Barrack Obama, accompagné de Nicolas Sarkozy et de Gordon Brown fait savoir au monde entier que l’Iran possède une deuxième usine d’enrichissement de l’Uranium. Une deuxième, car celle de Natanz est connue de la communauté internationale depuis 2002 quand des dissidents iraniens dévoilent son existence (ainsi que celle d’Arak destinée, elle, à produire du Plutonium). A ce moment-là le monde découvre avec stupeur qu’un programme nucléaire secret de presque 20 années était poursuivi par l’Iran nonobstant ses engagements pris vis-à-vis de Agence Internationale de l’Energie Atomique. Engagements qui l’obligeait de déclarer et de mettre sous le contrôle de l’Agence tout programme nucléaire. Le temps aidant, on découvre qu’en réalité l’Iran dispose de presque deux douzaines de sites nucléaires dont quelques uns seulement sont connus (et seront inspectés) de l’Agence Internationale.

 

 

 

  A l’initiative de l’Angleterre (Jack Straw) et sous la direction de Javier Solana on décide de commencer des discussions avec l’Iran en vue de la mise sous contrôle de son programme nucléaire et, entre autres, de l’interdiction d’enrichir de l’uranium (une des voie pour la préparation de la matière nécessaire pour fabriquer une bombe atomique). Les discussions, premier outil pour convaincre l’Iran de changer de route. Avec, naturellement, des tas de propositions diverses, autant de « carottes » pour, d’un côté, démontrer la disponibilité des Occidentaux d’aider l’Iran à développer un programme à finalité civile et, d’un autre côté, s’assurer que le programme secret découvert vingt ans après son démarrage n’ira pas vers le nucléaire militaire.

 

Pendant les sept dernières années, avec la maestria des joueurs d’échecs (jeu inventé par les perses …) devant laquelle on a mis la naïveté (roublardise ?) au départ de la « troïka » (Angleterre, France, Allemagne) qui ensuite est devenue « 5+1 » (cinq membres permanents du Conseil de Sécurité + l’Allemagne), l’Iran a mené tout le monde par le bout de son nez et dispose aujourd’hui de plus d’une tonne et demi d’Uranium (faiblement) enrichi. Tant et si bien que sept années après, le monde (surtout ceux qui sont en charge de la non prolifération nucléaire) constate que « les discussions » ne peuvent pas résoudre le problème de l’Iran. Ce qui ne les empêche pas de recommencer tout en menaçant l’Iran (qui n’en peut mais …) de sanctions. Dans une atmosphère de plus en plus tendue (regardez la photo ...), le Directeur Général de l’Agence Internationale (qui a favorisé pendant toutes ces dernières années la marche de l’Iran vers la bombe), discute, de nouveau, avec son ami Ahmedinejad :

 

 

 

  Ce n’est pas difficile d’imaginer ce qu’il lui dit : … « continuer, il n’y a aucune preuve que votre programme vise le nucléaire militaire ; la menace la plus importante vient de l’existence des armes nucléaires d’Israël »

 

 

 

 

 

 

 

              

 

  

 

 

 

  Site en 2005 de l’usine « révélée »                                                                                                                Le même site en 2009

 

Les entretiens d’El-Baradeï en Iran ont fait suite à la révélation par les puissances occidentales du fait que l’Iran, pendant les négociations construisait une autre usine d’enrichissement … En réalité, il s’agit non pas d’une usine mais … de deux, pratiquement sur le même site. Regardez les photos satellite prises en 2005 et 2009 : en haut le site de l’usine « révélée » par les puissances occidentales et, en bas, pratiquement sur le même site, la deuxième usine, celle-ci non révélée :

 

 

                    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                     Site  en 2005 de l'usine non révélée   

                                                                                            Le même site en 2009                            

Cela défie l’entendement : si le programme nucléaire de l’Iran est pacifique pourquoi trois usines d’enrichissement de l’Uranium dont les deux dernières, par leurs dimensions, leur protection (enterrées probablement à plus de 12m sous le sol) et leur localisation (Qom, fief des Gardiens de la Révolution, dernier rempart des mollahs) ne peuvent trouver aucune justification crédible ? Et pourquoi le secret ?

 

Le leitmotiv utilisé par l’Iran : l’enrichissement est nécessaire pour disposer de combustible pour les futures centrales nucléaires dont l’Iran aura besoin. Mais les spécialistes en énergie indiquent qu’avec une consommation comme celle actuelle augmentée de 10% l’an (consommation doublant tout les 7 ans) l’Iran dispose de réserves en gaz et pétrole, connues actuellement, pour … 500 ans !

 

Bref, personne n’est dupe, le programme nucléaire iranien a une vocation militaire et ceux qui on pensé que par des « discussions » il serait possible de l’arrêter n’ont fait que lui donner du temps et un champ libre. Complicité évidente des occidentaux et, surtout, de la Russie (un des premiers fournisseurs de l’Iran) secondée par la Chine, l’Allemagne (premier fournisseur occidental), l’Italie, la Suisse, etc.,

 

Et comme on sait (depuis toujours, en réalité) que les discussions ne mènent à rien on menace l’Iran de « sanctions » sérieuses. Certes, des voies « autorisées » (B. Kouchner) rappellent que le sanctions font premièrement du mal au « peuple ». Certes, les sanctions doivent être imposées par le Conseil de Sécurité et on ne voit pas comment cela serait possible (car la Russie et la Chine disposent de droits de véto). Les sanctions ont cela de propre qu’on peut les doser : plus ou moins, comme les pointes d’un compas. On les utilise pour menacer … et l’Iran fait avec car il sait que rien ni personne ne pourra arrêter (retarder) sa marche vers la bombe. A moins que …

 

« Les discussions » … la règle ; « les sanctions » … le compas ! La marche de l’Iran vers l’arsenal nucléaire ne peut pas être arrêtée par les discussions ou les sanctions comme la quadrature du cercle ne peut être réalisée avec une règle et un compas. Que reste-t-il si on veut agir ? Un dessin ?

 

Mais il y a aussi le doublement du cube et la trisection de l’angle … Chaque chose en son temps !

 

 

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