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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 12:54

 

 

J’ai utilisé ce titre à deux reprises, en 2009 et 2011, pour le même sujet : Barack Obama. Jamais deux sans trois … ce qui se passe du côté de la Maison Blanche au sujet de la Syrie oblige l’observateur a y revenir.

 

Appelé « le guerrier réticent » récemment, il était considéré (il est encore) un « flower child » (hippie, en particulier quelqu’un qui plaide pour la paix universelle et l’amour comme antidotes aux  malheurs sociaux et politiques).

 

Oui, BO est un flower child. « Il a grandi comme flower child, il a été élu comme flower child et il agit comme un flower child. Certes, il peut se permettre de se comporter comme un flower child, mais en attendant, nous sommes coincés maintenant au milieu de la jungle." (Auteur inconnu).

 

Rappelons quelques faits. Il y a plus d’un an il a annoncé, urbi et orbi, que dans le « conflit syrien » (euphémisme pour ne pas dire dans la guerre civile des islamistes d’Al Qaida contre l’état syrien) l’utilisation d’armes chimiques constituerait une « ligne rouge » et que cela « changerait son calcul et son équation » (les notions mathématiques n’étaient pas choisies au hasard, naturellement).

 

Bien avant le 21 août 2013 et les plus de 1.400 morts suite à une attaque chimique des forces syriennes on savait qu’elles avaient fait de même au moins six fois auparavant. La ligne rouge a été franchie et que c’est-il passé ?

 

D’abord des discours (J. Kerry et BO) de plus en plus durs qui laissaient comprendre que des frappes aériennes américaines allaient constituer la punition de M. Assad, responsable supposé de l’utilisation des dites armes chimiques. En parallèle il s’est assuré de l’accord de l’Angleterre et de la France. Ce qui a fait que D. Cameron s’est adressé au parlement britannique avec le succès que l’on sait et que F. Hollande, à la pointe du combat, se trouve dans une position inconfortable depuis une dizaine de jours.

 

Wait and see (disait un aveugle à sa sœur sourde).

 

A la stupeur des ses plus proches conseillers et des chancelleries du monde, à la stupeur des armées diverses (française, turque, jordanienne, israélienne et autres) toutes positionnées en attente de l’ordre « go », trois heures avant une déclaration solennelle qui devait annoncer les frappes américaines … il annonce que, tous comptes faits, sans en avoir le besoin, il demande quand-même l’autorisation du Congrès ! et part ensuite pour faire un parcours de golf avant de quitter Washington pour se rendre en Suède …

 

Les discours evoqués soulignaient (J. Kerry) que « la crise syrienne constituait un problème plus important que celui de l’armement chimique et que le monde entier attendait une solution qui ne devrait pas laisser croire à la Corée du Nord ou à l’Iran qu’ils pouvaient ignorer les mises en garde de Washington ». Et les conséquences envisagées. Mais… le flower child changeait son fusil d’épaule (so to speak …) et laissait au milieu du guet tous ceux qui lui avaient fait confiance quant à sa décision de ne pas laisser les choses sans une puissante réaction.

 

Et ce que le monde a vu c'était une sorte de flottement et un président américain indécis et hésitant. Ce qui est curieux c’est que d’habitude, quand on ne veut pas tenir parole on n’établit pas de « lignes rouges ». Il se trouve depuis, nonobstant ses talents oratoires et son infinie mauvaise foi, dans une situation à la « Catch 22 ». Et comme la réponse du Congrès s’annonçait négative il a sauté sur la perche tendue par l’éminent dirigeant pacifique, le coryphée de la cohabitation pacifique des peuples (voir la Tchétchénie et la Géorgie), j’ai nommé Vladimir Vladimirovitch Poutine. Ancien agent du KGB, rompu aux techniques de manipulation, il n’a pas eu du mal à le faire jouer aux échecs, BO n’étant fan que du golf … Et ce qui devait arriver arriva : plus de frappes, « on va mettre l’arsenal chimique de la Syrie sous contrôle international et le détruire .. » et cela, on vient de l’apprendre, avant l’été 2014 … Naturellement, tout cela pendant que la guerre civile en Syrie fait des centaines de morts tous les jours. Naturellement, en oubliant que la destruction de l’arsenal chimique de M. Kadafi a commencé en 2003 et qu’elle n’est pas encore finie vu la dispersion géographique des armes et/ou des composants chimiques. Naturellement, en oubliant qu’en demandant à M. Assad de collaborer à ce qui a été proposé par M. Poutine, on rétablit son standing d’homme d’Etat, partenaire à un travail fait sous l’égide de l’ONU. Naturellement, en oubliant qu’en 2011, BO avait dit « M. Assad doit partir » et qu’il est toujours là, que la Syrie est détruite, qu'on a dépassé les 100.000 morts et que des milliers de djihadistes (en partie européens et mêmes américains) formés en Syrie reviendront porter la bonne parole (et faire quelques attentats) en Europe ou ailleurs.

 

La conséquence immédiate de la volte face de BO sera d’encourager l'Iran, la Corée du Nord (et la Russie) à le considérer comme un tigre en papier en ignorant dorénavant ses avertissements. Et de mettre Israël dans une situation plus qu’inconfortable. Car, BO devant son prompteur racontant n’importe quoi et son contraire, ne risque rien d’autre que perdre une dizaine de points dans les enquêtes d’opinion quant à ses performances. Pour Israël il s’agit de vivre ou disparaître et, dès lors, les conséquences de l’inconséquence de BO prennent une autre tournure. Car ce qui était écrit sur les murs avec de l’encre sympathique vient d’être révélé : si un jour ou l’Iran aura la bombe ce n’est pas l’Amérique de BO qui défendra Israël.

 

Israël et les pays arabes sunnites font face au mêmes trois périls : (a) l’Iran et l’axe chiite dont l’Hezbollah est une tête de pont, (b) les métastases de l’intégrisme musulman « Les Frères Musulmans, les Salafistes et (c) Al Qaida (que BO avait annoncée comme détruite …) ». Mais Israël, plus que lesdits pays arabes, à part l’Iran, doit faire face à un autre péril : l’activisme de BO et d’une partie de la « communauté internationale » en faveur de la création d’un 23ème état arabe dont personne -ni les pays arabes ni, vraiment, les palestiniens- ne veut. Et qui, s’il est créé, quoi qu’on en dise, ne pourra devenir rien d’autre que la réplique du hamastan de Gaza. Ce péril, pour Israël, est accentué par l’inconscience coupable d'une Europe absorbée comme elle est, d’un côté, par un relativisme post moderniste et, d’un autre côté, secouée par une crise économique qui aura (qui a) comme premier résultat le renouveau de « l’état nation » par rapport au rêve de l’intégration sociale, économique et politique. Inconscience coupable de l’Europe … D’aucuns n’ont pas de difficultés à en trouver les origines dans la culpabilité refoulée pour ce qu’elle a fait aux juifs. Qu’elle ait fait partir en fumée 6 millions de juifs lui a donné le sentiment que recueillir le double de musulmans montrera au monde sa haute facture morale. Ceux qui ont laissé s’installer en Europe des Arabes, des Turcs, des Kurdes ou des Pakistanais pensaient qu’ils allaient constituer un sous prolétariat, malléable et corvéable à merci, pouvant tirer vers le bas les salaires des autochtones mais qu’ils allaient, un jour ou un autre, s’intégrer comme tant d’autres polonais, italiens, juifs d’Europe Centrale ou autres serbo-croates l’avaient fait tout au long du 20ème siècle. Sauf que … ces Arabes, Turcs, Kurdes ou Pakistanais apportaient dans leur besace l’islam : pas d’intégration possible, aucun modèle (allemand, français ou anglais), même dans les conditions de « l’état providence » n’a pu venir à but (et ne viendra pas) de ce qui est consubstantiel à leur raison d’être collective, l’identité islamique.

 

Et comme cela prend du temps pour comprendre qu’elle n’a pas gagné au change, deux musulmans pour un juif tué, (intégration, création de valeurs économiques, sociales, culturelles) et même que lesdits arrivants ne contribueront pas à la solution de son vieillissement (retraites) bien qu’ils représentent un ectoplasme démographique, l’Europe montre au monde toute sa sollicitude pour les pauvres palestiniens opprimés par les juifs. Manière aussi de pouvoir dire « vous voyez, eux aussi ils … »

 

Résumons : après avoir été menacé du pire par trois grands pays (Amérique, Angleterre, France) le régime syrien se trouve, grâce à son protecteur russe, en position de force : rien ne sera possible ou imaginable sans le concours du régime pour « identifier et détruire les armes chimiques ». C’est le résultat direct de l’incompétence de BO.

 

BO qui, au Caire en 2009 affirmait « Quand il s'agit de combattre l'extrémisme violent, l'islam ne fait pas partie du problème - il constitue une partie importante de la marche vers la paix » Il devrait aller dire cela quand on organisera le requiem pour les 100.000 morts syriens.

 

Aucun homme d’état américain n’a promis plus et n’a fourni moins que BO. Certes … il a eu le Nobel de la paix, qui s’en souvient encore ? Elu président, cet homme applaudi partout et couronné d’une aura de « messie » semble avoir touché son niveau d’incompétence, de naïveté ou de crédulité. Ses bévues sont manifestes au moins dans deux domaines : croire que prônant le désarmement nucléaire et, surtout, celui des Etats Unis et de la Russie, cela incitera l’Iran et la Corée du Nord à renoncer à leurs velléités atomiques et vouloir faire croire au monde que l’islam n’est pas son ennemi. En oubliant les paroles d’Alexis de Tocqueville « Une société laïque est compatible avec un environnement culturel chrétien mais elle ne peut pas s’épanouir au sein de la culture islamique » (De la démocratie en Amérique).

 

Au fait, est-on certain qu’il s’agit de naïveté, d’incompétence et de crédulité ? Et si tout ce qu’il fait au plan mondial n’était que son projet essentiel, réduire les Etats Unis à une peau de chagrin pour qu’ils ne puissent plus s’opposer au triomphe de l’islam conquérant ?

 

Je suis venu ici au Caire en quête d'un nouveau départ pour les États-Unis et les musulmans du monde entier …. mon père était issu d'une famille kényane qui compte des générations de musulmans. (BO, Le Caire, 2009).

 

Bonnes gens, cet homme est dangereux. Pour son pays, pour le nôtre, pour le monde entier. Et il restera au 1600 Pennsylvania Avenue encore trois années …


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