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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 13:45

 

 

Depuis des semaines et des semaines on nous rabat les oreilles avec le feuilleton « je t’aime, moi non plus … » qui met en scène les deux protagonistes des négociations israélo-palestiniennes : un qui jure tous les jours qu’il veut la paix (et demande, donc, des négociations directes) et l’autre qui proteste de sa bonne foi tout en réclamant ce qu’il n’avait pas réclamé pendant 17 ans et faisant de cela une pré condition pour lesdites négociations dont le commencement devait se faire sans conditions préalables …

 

Deux protagonistes ? En réalité trois, le troisième tordant les poignets des deux premiers pour qu’il puisse avoir un « succès » à se mettre sous la dent juste avant les élections à mi-mandat, j’ai nommé BHO. Cela pour que l’on ne remarque pas les désastres de la politique US à l'extérieur de ses frontières (main tendue à l’Iran, qui l'ignore et s'en moque, l’Irak sans gouvernement, l’Afghanistan en roue libre, la Syrie alliée de plus en plus ferme de l’Iran, la Turquie 5ème colonne iranienne dans l’OTAN, arrêtons-nous là par souci de compassion). Car les catastrophes intérieures [reforme de la santé vomie par la majorité des américains, politique de l’immigration en lambeaux (des Etats comme l’Arizona faisant, pratiquement, sécession par rapport aux lois fédérales)], chômage sans réduction nonobstant les 1.000 milliards de $ injectés dans une économie qui devient du capitalisme d’état, crise de l’immobilier qui perdure, etc.,) occupent déjà la scène politique américaine.

 

Mais s’il y a un exemple plus parlant que tous les autres en politique étrangère c’est bien la Syrie : depuis deux ans BHO n’a pas arrêté d’envoyer des émissaires à Damas ni d’essayer de convaincre Israël de rétrocéder le Golan (acquis pendant la guerre d’agression déclenchée par la Syrie après l’Egypte en 1967). Le vieux proverbe arabe « la Syrie prend l’hameçon et lui …p…e dessus » est toujours d’actualité, tout au moins pour BHO. Car toutes les visites de tous les émissaires s’accompagnaient de promesses mirifiques d’aide économique, de relations bilatérales approfondies, d’entrée à l’OMC, en veux-tu, en voilà !

 

Le drame (ou le théâtre de l’absurde) : ne reconnaissant pas qu’ils font fausse route (négociations de paix qui ne peuvent pas apporter la paix, souhait de détacher la Syrie de l’Iran quand la Turquie y va à grande vitesse vers une même alliance …), BHO et son administration se préparent à de nouveaux désagréments qui s'ajouteront à ceux qui ont fait qu’ils sont maintenant considérés comme des amateurs dangereux par, pratiquement, tous les pays arabes auparavant ses alliés. Humiliation déjà encourue, elle ne sera que renouvelée.

 

Mais ce qu’il y a derrière l’approche « Syrie » vise, aussi, ce qui se passe au Liban dans le silence assourdissant de tous les intéressés (dont notre pays qui s’est toujours voulu « garant de l’indépendance du Liban »).

 

En effet (et faisant court), après l’assassinat de Rafic Hariri (Syrie ? Hezbollah ?) la France et les Etats Unis (en fait, Jacques Chirac et George Bush) ont réussi à obtenir que la Syrie décampe du Liban et, un an après, qu’une force de l’ONU de 15.000 hommes s’intercale entre le Hezbollah et la frontière d’Israël. Plus une résolution garantissant le désarmement du Hezbollah qui avait déclenché une guerre en 2006, déclenchement condamné par toute la « communauté internationale » et, fait remarquable, par des pays arabes aussi. Mais 5 ans après, on est revenu à la case de départ : la Syrie a repris le contrôle du Liban et laisse celui-ci vivre une sorte de sous démocratie contrôlée par l’épée de Damoclès qui s’appelle le Hezbollah.

 

Comme si ce n’était pas suffisant de voir cette organisation terroriste, forte de milliers de « combattants » et de dizaines de milliers de fusées, entièrement entrainée, financée et dirigée par l’Iran, faire la loi ou s’y opposer quand elle ne lui convient pas, ce qui est en train de se passer c’est la transformation du Liban. L’Etat libanais, sur lequel le Hezbollah a un contrôle total, est en passe de devenir, comme le Canada Dry, un état fantôme : sa souveraineté et son indépendance sont fictives, les relations entre sunnites et chiites dans le pays (pour ne pas parler de ce qui reste des communautés chrétiennes) sont pires que jamais, et si un jour il y a une guerre entre le Hezbollah et Israël (comme en 2006) cet état risque de se retrouver à l’âge de pierre car la fiction de son indépendance ne tiendra pas plus de 4 heures (le temps indiqué par Israël pour détruire l’essentiel des infrastructures libanaises).

 

Ce qui se passe aujourd’hui au Liban a été résumé par le quotidien saoudien al-Watan : « la débauche manifestée à l'aéroport Rafic Hariri (le 18 septembre, à l'occasion du retour de Jamil Sayyed – ancien chef des renseignements militaires libanais à l’ordre de la Syrie) par les membres du Hezbollah reflète le caractère éminemment milicien de ce parti sectaire qui entend s'emparer du pouvoir au Liban et opprimer son peuple civilisé pour imposer un régime autocratique importé de Qom". "Tout le monde sait désormais que le Hezbollah ne veut pas de l'édification d'un État au Liban, ni d'un système libanais moderne, ni de la souveraineté de la loi, et qu'il se moque des résultats démocratiques (des élections législatives). Les Libanais ont aujourd'hui deux choix : ou bien abdiquer au Hezbollah ou bien défendre leur souveraineté bafouée et leur dignité dynamitée en faisant en sorte de ramener le Hezbollah et toutes les autres milices à la raison".

 

Raisonnons une seconde : a. la presse en Arabie Saoudite n’étant pas, vraiment, libre … elle reflète le point de vue des dirigeants de ce pays ; b. la France, garante de l’indépendance du Liban après avoir essayé d’amadouer la Syrie (on se souvient de Bachir Assad à la tribune officielle un 14 juillet …) … se tait comme l’Amérique (car celle-ci veut détacher la Syrie de l’Iran quitte à lui sacrifier le Liban)

 

Mais ce n’est pas tout. L’Egypte, par la voix du porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Houssam Zaki, a accuse, le 20 septembre le Hezbollah de "s'appuyer sur la force d'armes non soumises au contrôle de l'État pour défier ouvertement les autorités exécutives, législatives et judiciaires du Liban" .

 

Ce qui agite le Liban aujourd’hui –ferment de sa destruction programmée en tant qu’Etat indépendant – est le sort réservé aux relations du Liban avec le Tribunal International mis en place par l’ONU (sous l’impulsion double de la France et des Etats Unis) pour trouver, juger et condamner les auteurs de l’attentat qui a coûté la vie de Rafic Hariri. En effet, le Procureur de ce Tribunal est censé publier l’acte d’accusation et de lancer des mandats contre des acteurs présumés : il se trouve qu’une partie de ceux-ci sont des membres du Hezbollah quand il ne sont pas des hauts dirigeants syriens, le cumul n’étant pas interdit. Qu’à cela ne tienne, le Hezbollah a mis en garde le Liban (et avec lui la « communauté internationale ») qu’il ne se laissera pas faire : en clair, fort de ses armes il prendra le contrôle de l’Etat libanais. En le détruisant.

 

Curieusement, le 24 septembre, le Ministère français des Affaires Etrangères a démenti les propos « attribués par un journal libanais à son ambassadeur à Beyrouth » selon lesquels Paris serait intervenu pour retarder la publication de l’acte d’accusations relatif au meurtre en 2005 de Rafic Hariri.

 

Raisonnons encore une seconde : c. le Hezbollah menace l’Etat libanais, d. la Syrie est l’intermédiaire de l’Iran pour contrôler (approvisionner, entrainer, etc .,) le Hezbollah, e. la France laisse faire sachant qu’à la fin, la Syrie réoccupera le Liban sans qu’il ait à craindre son opposition ou celle des Etats Unis. Tout cela parce que, de tous côtés, on a décidé qu’abandonner le Liban à la Syrie serait le prix à payer pour détacher la Syrie de l’Iran.

 

Et, accessoirement, celle-ci ferait la paix avec Israël et arrêterait l’aide qu’elle apporte aux organisations palestiniennes terroristes comme le Hamas ou autre FPLP.

 

Vœux pieux … car la Syrie jouera le jeu de la paix, mais elle ne fera jamais la paix. Bachir Assad ne peut accepter ce que Israël et l'Occident veulent, savoir renoncer à ses relations avec l'Iran et/ou les autres organisations terroristes. La chose la plus importante pour Assad est la survie de son régime. Son standing dans la région est ce qu’il est (« acteur incontournable » disent les occidentaux …) en raison de ses relations avec l'Iran, le Hezbollah, le Hamas, al-Qaida et maintenant la Turquie. Sans ces relations, le roi est nu. C’est grâce à ces relations que tout le monde lui tourne autour et le laisse agir à sa guise au Liban. Qu’il signe la paix avec Israël et tous les premiers et seconds couteaux le feront disparaître, lui et sa famille. Alors … la promesse de récupérer le Golan, il n’a vraiment rien à en faire !

 

Mais, dans le silence parallèle au bruits assourdissants faits avec les « négociations de paix » et pendant le déroulement de la pièce (combien de fois jouée depuis Madrid 1991 ou Oslo 1993 ?) qui met en scène les trois protagonistes identifiés (navré pour notre pays et pour l’obstination de son président à avoir un rôle à y jouer …) on assassine le Liban. On l’étouffe, de l’extérieur, par la nouvelle main mise de la Syrie et, de l’intérieur, en laissant le Hezbollah vider de son sens l’idée même d’un état indépendant. Tout le monde voit cela sauf ... les aveugles (n'est-ce-pas Monsieur Kouchner ?).

 

Et comme Hitler venu à Paris pour voir sa conquête, voilà M. Ahmedinejad qui annonce sa visite au Liban et son intention d’aller dans le territoire contrôlé par l’Hezbollah, sur la frontière avec Israël, pour jeter des pierres sur les soldats israéliens. En attendant qu’il dispose d’une arme nucléaire.

 

Car, à part la pérennité de l’existence du Liban, ce dont il est question c’est bien la marche vers la bombe de l’Iran. Les paris sont ouverts : avant la fin du premier mandat de BHO, l’Iran annoncera disposer d’une arme nucléaire (ou de la capacité de la produire). Et l’histoire se souviendra, ensuite, de l’administration actuelle des Etats Unis non pas comme de celle qui en acceptant des déficits abyssaux aura conduit au dysfonctionnement de l'économie, ou qui aura mis en place un système de santé mort né, ou qui aura essayé de mettre en place un gouvernement démesuré et par la même oppressif pour son peuple.

 

L’histoire se souviendra, qu’en essayant d’être un nouveau Chamberlain, BHO aura permis aux mollahs de disposer d’une bombe A ou H. Alors le Liban …

 

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