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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 07:33

 

 

On se souvient de l’aphorisme de Margaret Thatcher « Le problème avec le socialisme est que très vite vous n’avez plus l’argent que d'autres vous ont prêté. Mais ce qui est plus sérieux c’est quand vous êtes au point où non seulement l'argent qui vous a été prêté a déjà été dépensé, mais l'argent emprunté pour rembourser le premier est dépensé aussi ». Ceci décrit, correctement, le mécanisme du système Ponzi. Système que la France de Monsieur Hollande perpétue tant que l’on trouvera des gens pour prêter à notre pays des sous pour rembourser les dettes contractées depuis des lustres. On se gargarise avec la formule « les intérêts payés sont les plus faibles » au lieu de réduire les dépenses, mais tout n’a qu’un temps.

 

Essayons de voir de plus près les contraintes majeures auxquelles la France fait face pour apprécier ce que le gouvernement actuel fait (ou, surtout, ne fait pas) pour améliorer la situation du pays en regardant de près trois sujets phares, compétitivité (coût du travail), éducation et gestion de l’état.

Tout commence avec la création de valeur, autant dire l’industrie sous toutes ses formes. La profitabilité de l’industrie française est maintenant la plus basse de tous les pays de l'OCDE, derrière le Portugal, d’abord à cause de la faiblesse des gains de productivité (pratiquement nuls dans la période récente). De 1998 au premier semestre 2013, le coût salarial unitaire (par unité produite) de l'industrie manufacturière a augmenté de près de 15 % pendant que le prix de vente de l'industrie baissait de 10 % : cela correspond à une baisse de 40 % des marges bénéficiaires de l'industrie. Même avec le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE, soit la réduction en 2014 de 20 milliards d'euros de l'impôt sur les profits des entreprises), les marges de l'industrie baisseront d'un tiers. Ajouter à cela que notre pays n’a pas su maîtriser ses dépenses sociales : comparer avec l’Allemagne (33% du PIB chez nous, 27,4% chez eux).

Dépenses sociales Europe

Et ce qu’il faut savoir c’est que les dépenses sociales sont supportées à 43,6% par les entreprises chez nous tandis qu’en Allemagne elles ne le sont qu’à 34 % !

Tant et si bien qu’une heure de travail dans l'industrie, charges sociales comprises, coûte 22 euros en Espagne et 36 euros en France. Pour continuer à vendre, les entreprises françaises doivent donc baisser leurs prix de vente, d'où l'écrasement des marges bénéficiaires et, à la fin, la "maladie hollandaise" (voir wikipedia). Mais comme cela est plus que difficile, la balance de paiements de la France s’en ressent :

Balance-commerciale-copie-1.jpg
                                                     (J-F. Jamet pour Fondation R. Schuman)

Pour compenser les pertes induites par la réduction de la compétitivité des industries françaises, dans un premier temps, le gouvernement a reporté le choix de la réduction des dépenses en s’appuyant plutôt sur des augmentations d’impôts. En prétextant qu’il allait faire justice, en demandant aux « riches » une contribution à la mesure de leur fortune. Pourtant cela va à l'encontre de tout ce que l’on sait « Les preuves accumulées depuis plus de 40 ans dans la zone OCDE parlent haut et clair :les réductions de dépenses sont moins récessives que les hausses d'impôts » (A.Alesina, Chairman Dept. Of Economics, Harvard). Le FMI a averti la France en soulignant que les différentes taxes qui affectent le coût du travail sont arrivées à un seuil, voisin de 50%, qui se trouve parmi les plus élevés au monde. Qu’à cela ne tienne, le gouvernement socialiste a fait augmenter les impôts des ménages de 11,3 Milliards d’euros en 2013 et ceux des entreprises de 10,1 Milliards. Et il est toujours à la recherche d’encore 6 à 10 Milliards car Godot ne venant pas … la croissance n’était pas au rendez-vous non plus.

Prelevements---impots.jpgLes Echos

Et comme les modalités nouvelles pour régler les nouveaux impôts -ou pour bénéficier des réductions qui devraient réduire le coût du travail en France- sont ce qu’elles sont, c’est-à-dire compliquées, on vous promet, entre autres, des actions énergiques pour la « simplification ». Pour faciliter la vie des entreprises.

Regardez un bulletin de paye d’un cadre français : d’abord, sa complexité (38 lignes avec des taux différents pour le salarié et pour la société, monument de la bureaucratie à la française) ; mais avant que la promesse de la « simplification » commence à être réalisée, aucune petite société n’est capable de préparer la paye de ses salariés ce qui a induit la création de sociétés de service dont les revenus contribuent au PIB … Ensuite le bas du bulletin : le salarié reçoit 2.951 € mais l’entreprise débourse 5.695 € - presque le double (les charges étant égales à 48,2% du total brut).

 

Bulletin-de-paye.jpg

Mais il y a mieux. Seulement 39.7% des gens âgés de 55 à 64 ans ont un emploi en France, à comparer avec 56.7% en Angleterre et 57.7 % en Allemagne. Un système social absurde qui, pour « faire place au jeunes » a utilisé les départs anticipés en retraite, c’est ce que la vulgate socialisante a imposé à l’économie française. Sans parler des 35 heures, le tout faisant qu’un ouvrier français travaille 1.679 heures annuellement quand un allemand travaille 1.904 heures. Et la conséquence de tout cela : pendant la dernière décennie la France a subi une perte de compétitivité significative par rapport à l’Allemagne car ses coûts salariaux ont augmentés de 20% ce qui lui a fait perdre environ 60.000 emplois industriels annuellement. Ce qui a fait que son secteur manufacturier est descendu à 12% du PIB quand il dépassait 20% il y a dix ans. Certes, tout n’est pas dû au gouvernement socialiste. Mais ce qui lui est dû c’est avoir promis au peuple « un changement indolore » en ne touchant pas les vrais problèmes de la France comme l’importance du secteur public (éducation, fonctionnaires, etc.,) ou celui des retraites.

Et le gouvernement socialiste, pendant 18 mois, n’a pas arrêté d’augmenter les impôts et d’ajouter des taxes nouvelles à un rythme effréné : faites le compte, pratiquement une par semaine … Voilà l’opinion de R. Reagan sur les gouvernements « socialisants » « si l’économie du pays fonctionne – taxez-la, si elle se maintient – il faut la réguler et si elle est en perte de vitesse – subventionnez »

Oublions pour l’instant l’ineptie de la taxe « 75% » pour nous souvenir qu’avant la médecine scientifique, les saignements étaient le remède infaillible pour toutes sortes de maladies. Les médecins avec leurs petits scalpels ouvraient les veines de leurs patients afin de les purger des humeurs toxiques. Si le patient décédait, c’est que l’on n’avait tiré pas assez de sang. Ou, parce que l’on a tiré trop. Le décès était parfaitement expliqué, personne autre que le malade n’était responsable … C’est ce qu’a fait le gouvernement depuis plus de 18 mois : on a commencé par augmenter énormément les impôts des entreprises pour leur donner ensuite le CICE … Vous avez dit Gribouille ? En attendant que le malade (l’économie de la France) retrouve sa santé. Aussi en attendant, comme on attendait Godot, la croissance.

J’ai dit l’éducation. Regardez la comparaison entre le France et l’Allemagne :

Education.jpg

La France dépense 6,3% de son PIB pour l’éducation tandis que l’Allemagne n’en dépense que 5,3%. Mais la France se classe 40ème pour le taux d’alphabétisation et ses 15/19 ans scolarisés ne sont plus que 84% quand ils étaient 89% en 1995. Effet « diversité » ? On va cependant embaucher 60.000 enseignants supplémentaires : voulez-vous évaluer le coût pour la période d’activité de ces enseignants disons 35 ans et encore 20 ans de retraite pour un salaire moyen mensuel de 2.000 € ? Si vous trouvez moins de 130 Milliards d’euros pour l’engagement pris par l’Etat … faites-moi signe !

Les fonctionnaires … base électorale essentielle pour le gouvernement socialiste, les chiffres sont hallucinants : en 1992 la rémunération globale des fonctionnaires français était inférieure de 5 % à celle de l’Allemagne (141 milliards € contre 148). Depuis 1992, les gouvernements allemands  se sont efforcés  de contenir la croissance des effectifs,  des salaires et des retraites de leurs fonctionnaires, tandis que la France  les laissait déraper. En 2008, la rémunération globale des fonctionnaires français était déjà devenue supérieure de 35 % à celle de l’Allemagne. L’Allemagne a bien réduit son nombre de fonctionnaires ensuite : le ratio est de 50 fonctionnaires pour 1000 habitants, contre 90 pour la France (72 en 1998 …), et leurs salaires représentent actuellement 7% du PIB, contre12% soit env. 250 Milliards d’euros en France. Entre 1980 et 2008 la France a augmenté de 36 % les effectifs publics et, pratiquement, de 0,5% de plus tous les ans depuis. Avec 5,7 Millions de fonctionnaires la France a 20 % d’agents publics dans la population active là où l’Italie en a 14 %, la Suisse 11  et l’Allemagne 11,3% (soit4,6 Millions pour une population de 80 millions d’habitants).

Et puis les retraites. Faut-il être vraiment crédule pour croire que ladite « réforme » des retraites concoctée par le gouvernement socialiste en est une. Régimes spéciaux ? Aucun changement. Fonctionnaires ? Aucun changement. Retraités ? Aucun changement. Age de départ à la retraite ? Aucun changement (pour l’instant …). Mais, la main sur le cœur on vous fait croire qu’à partir de 2035 la croissance prendra le relais ! Ou que vu l’excellente démographie de la France, les générations nouvelles compenseront les départs à la retraite (et l’allongement de l’espérance de vie).

On sait pertinemment que c’est la contribution de l’immigration, qui arrange la démographie française. Mais … le ratio « moins de 15 ans vs plus de 65 ans » ne fait que diminuer d’aujourd’hui à 2050 (voir graphique, source Eurostat) ;

15-65.jpgautant dire que la solution du problème des retraites ne viendra pas de la démographie même si l’on suppose, à l’encontre de ce qui est connu, que les jeunes de la « diversité » auront autre chose que des « emplois d’avenir » financés, eux aussi, par l’endettement du pays. Cette population est consommatrice de produit national non pas contributrice. Et les dépenses pour les retraites, en France, n’arrêteront pas d’augmenter en % du PIB.

Il y a 15 Millions de retraités en France aujourd’hui et seulement 27 Millions de gens au travail : ils étaient environ quatre au travail pour un retraité en 1960, il ne sont aujourd’hui que 1,8. Et comme, tous les ans, on ajoute environ 700.000 nouveaux retraités … à l’heure actuelle presque 1,5 Millions de retraités reçoivent une retraite financée par une dette financière.

Dep-retraite.jpg

Pour la bonne bouche, souvenons-nous que François Hollande a fait savoir que « lui, président, il allait réduire son salaire et celui des ministres de 30% ». Il a oublié de dire que le gouvernement Sarkozy comportait 28 postes et le sien 38… Pas mal d’économies, n’est-ce pas ? Et comparez avec l’Allemagne.

Comparaisons.jpg

La France aujourd'hui ? Un taux de chômage de 11 %1 (dont le président veut inverser la tendance cette année en utilisant des emplois subventionnés), une croissance voisine de zéro pas seulement pas seulement à cause de l’Europe mais aussi suite à des mesures imbéciles, économiquement injustifiables (75 % …), une dette extérieure qui continue a croître, un pays qui se désertifie industriellement (surtout à cause d’un code du travail sans égal au monde pour sa complexité et ses interdictions pour la libération des forces productives), une France où une personne sur cinq au travail est un fonctionnaire (et qui va embaucher encore 60.000 enseignants …). Transformée en « république socialiste » par la volonté de quelques centaines de milliers de français qui ont cru (peut-être croient-ils encore) aux illusions mensongères qu’un parti socialiste (le plus rétrograde de l’Europe, comme le Parti Communiste -paix à son âme- l’a été pendant ses dernières années de réelle existence) a seriné, jour après jour, avec l’aide des caisses de résonnance que constituent les radios et les télés où officient, presque uniquement, des « journalistes » de gauche.

ooo

 

Les choix faits par le Gouvernement Socialiste ont été marqués par une forte augmentation des impôts. En 2012, le taux d'imposition égale le niveau record de 1999 à 44.9% du PIB. Mais il va encore augmenter en 2013 pour battre tous les records à plus de 46% (Projet Loi des Finances 2013).

Historique prélèv.

ooo

 

Système Ponzi. Le coût du travail , les dépenses inconsidérées pour l’éducation, un appareil d’état boursouflé qui coûte plus que partout en Europe, tout cela conduit à des déficits qui sont financés par l’endettement. Regardez la dette de la France, surtout sa tendance entre 2012 et 20116. Depuis l’arrivée du Gouvernement socialiste elle augmente, en moyenne, de 36 Milliards d’euros par trimestre, elle s’établit actuellement à 1.870 Milliards d’euros ce qui fait env. 92% du PIB (sans compter la dette « retraites fonctionnaires » évaluée elle à 1.870 Milliards d’euros). Et que fait le gouvernement de Monsieur Hollande ? Il emprunte, de l’argent frais, pour rembourser l’argent dépensé mais qui lui était prêté … Ad calendas graecas ? Ou si vous voulez, en anglais, up to when hell freezes over !

En attendant … la dette française augmente de 4.529 €/seconde. Cher lecteur, si vous avez eu la patience de lire ce texte en -mettons- dix minutes, sachez que notre dette a augmenté de 2.717.400 € !

Notre-president.jpg 

Notre président à la rentrée des classes : après l’avoir publiée, AFP a envoyé un message "Mandatory kill" (effacement obligatoire). Cela rappelle l’encyclopédie soviétique …

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1 Dont les principaux responsables sont les rigidités du marché du travail, le pouvoir des syndicats de la fonction publique, les prestations de chômage élevées, le salaire minimum et son évolution et, naturellement et les impôts.

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Published by martin
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