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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 16:56

 

.... l’Irlande est le seul pays qui puisse s’enorgueillir

de n’avoir jamais persécuté les juifs. ... Savez-vous pourquoi ?

Parce que ... elle ne les a jamais laissé entrer.

James Joyce, Ulysse

 

Un spectre hante l'Europe : le spectre d’Israël. Toutes les puissances de l’Occident chrétien et de l’Orient musulman, se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : le président des Etats Unis et le guide suprême de l’Iran, Zapatero et Carl Bildt, les gauches de France et d’ailleurs et les syndicats de Suède, Norvège ou Irlande. Pourquoi ? Les juifs ont réussi à créer une grande puissance, Israël, sur un lopin de terre de cette planète après avoir été deux fois dispersés de leur foyer historique. Le monde entier, réuni, ne peut accepter que la dernière tentative de les faire disparaître, qui a pourtant annihilé six millions d’entre eux, laisse prospérer les six millions se trouvant au Proche Orient. Ce serait la preuve que ce qui leur a été fait auparavant n’aura servi à rien. (Les connaisseurs reconnaîtront le pastiche).


Une tragédie (dixit BHO) vient de mettre à l’ordre du jour la nécessité de faire disparaître Israël. Une tragédie ? La mort de huit « militants de la paix » préparés, soit à franchir le blocus de Gaza soit à devenir des « martyrs », une tragédie ? 2.000 morts au Kirghizstan depuis le « coup d’état » du mois d’avril, 97 morts en Afghanistan dans les trois semaines de juin, 132 morts à Baghdâd la semaine dernière ? Des faits divers, sans importance, sans réunion d’urgence du Conseil de Sécurité de l’ONU, sans même pas une déclaration d’une chancellerie européenne ou d’une annonce de boycott d’un syndicat bien pensant. Pourtant tous ces morts étaient eux aussi des musulmans. Certes, mais ... leurs assassins aussi, ce qui change tout. En paraphrasant un musulman (Erdogan) qui tient le haut du pavé depuis quelque temps « les musulmans ont le droit d’en tuer d’autres mais personne n’a le droit de tuer des musulmans ». Ceci explique cela : avant de savoir ce qui s’est réellement passé sur un des six bateaux qui ont essayé d’aller à Gaza, toutes les chancelleries se sont précipitées, dans l’heure, pour demander une enquête internationale et, pour faire bonne mesure, aussi la levée immédiate du blocus de Gaza (Catherine Ashton ... qui connaît cette dame ?).

 

Non, la sinistre farce du Marvi Marmara n’est pas une tragédie. Il s’agit d’une action bien pensée, bien préparée, de longue date qui n’avait qu’un seul objectif : mettre Israël devant l’alternative « ouvrir une brèche dans le blocus ou prendre le risque d’un affrontement » dont chacun des deux termes ne pouvaient que lui être nuisible. Ouvrir une brèche dans le blocus : on fait semblant d’oublier que le blocus a été mis en place en 2006 et que depuis 2008 (action israélienne à Gaza) le Conseil de Sécurité de l’ONU a décidé de s’opposer à la contrebande d’armes pour le Hamas, par mer ou par terre. Et que deux pays, en particulier, plus ou moins d’accord entre eux (l’Egypte et Israël) ont sérieusement réduit les capacités de ceux qui veulent armer le Hamas (Iran) de pouvoir le faire. En clair, ce qui s’est passé, par delà la caisse de résonance servie par toutes les gazettes du monde et leur équivalents en nouveaux médias (TV, Internet, etc.,), par delà la tentative de « mettre le feu » dans les rues arabes, n’a strictement rien à voir avec les « souffrances du peuple palestinien » de Gaza ...

 

Non, cela n’a eu et n’a comme objectif que diaboliser, pour la délégitimer, Israël. Car ce que l’on ne veut pas c’est qu’il y ait une place propre aux juifs sur cette planète. Pendant la première moitié du dernier siècle, en Europe (mais pas seulement), on criait dans les rues « les juifs ... en Palestine ». Depuis, presque, cinquante ans on a commencé (en sourdine au départ, de plus en plus fort depuis), à crier « les juifs ... hors de Palestine ». Et quand la doyenne des correspondants de presse de la Maison Blanche (chouchou de BHO à laquelle il apportait des cookies pour son anniversaire ...) dit haut et clair « qu’ils fichent le camps de Palestine et qu’ils retournent en Pologne ou en Allemagne » et que le Président des Etats Unis n’en pipe mot, il n’y a plus besoin d’autre chose pour comprendre que l’on voudrait bien voir, assister, aider, provoquer, une nouvelle dispersion. On s’arrange mieux avec les juifs de la diaspora et puis ils sont malléables et corvéables à merci tant ils sont désireux de réussir (et de faire réussir leur environnement) partout où ils sont admis. Jusqu’au moment où il faut bien leur taper sur la tête pour comprendre qu’ils ne sont que tolérés ... Cela étant, conseiller aux juifs d’Israël de revenir dans les deux pays où six millions d’entre eux sont partis en fumée ... cela laisse rêveur. Même si celui qui conseille est de descendance libanaise et de présence récente aux States. Comme cela laisse rêveur que d’entendre les « militants de la paix » dire par radio aux marins israéliens « retourner à Auschwitz » dans le silence assourdissant de tous les moyens de communication et des gouvernants de la « communauté internationale » qui pourtant, condamnent Israël ensuite.

 

Mais, par delà les hommes de paix qui constituent maintenant le trio de choc de la paix et de la justice des peuples [Erdogan qui continue à tuer des « rebelles kurdes », Assad qui assiste (quand il ne les provoque pas) aux assassinats de ceux qui ne lui conviennent pas, Ahmedinejad qui n’a que la disparition d’Israël à la bouche] et qui ne font que « critiquer » Israël, on vous dit de toutes les manières possibles que cela ne veut pas dire faire de l’antisémitisme. Peut-être. Mais quand de toutes les occupations (moitié de Chypre par les turcs, l’Abkhazie et l’Ossétie par les russes, le Tibet par les chinois) on ne s’occupe que de celle de territoires disputés (selon la définition de l’ONU même) mais dont certains ont décidé qu’ils appartiennent aux palestiniens, on peut au moins se poser la question pourquoi elle est prioritaire ? Et pourquoi diable veut-on « partager » Jérusalem mais « réunir » Srebrenica ? Ou Nicosie ? Pourquoi accuse-t-on chaque fois Israël d’user d’une force « disproportionnée » et pas les russes qui ont rasé Grozny ?

 

A toutes ces questions il n’y a qu’une seule réponse : Israël incommode le monde et tant qu’elle n’aura pas disparu, le monde ne sera pas en paix. Mais tout de suite après, la paix régnera en Irak, l’Afghanistan deviendra un havre de paix, au Cachemire on ne fera qu’élever des moutons cachemire, les Frères Musulmans disparaîtront en Egypte comme les islamistes de tout poil. Et la paix du monde sera, enfin, réalisée.

 

C’est, donc, la lutte finale... Les bons contre les méchants qui ne laissent pas le monde tourner en paix. Un dernier effort de l’Iran, la Turquie, la Syrie dans l’indifférence approbatrice du président (initialement musulman) des Etats Unis et pendant l’attente pleine d’espoir des gauches européennes qui ont eu le courage de dire que la renaissance d’Israël a été « une erreur historique ». Si seulement Israël (et le juifs ...) allait enfin comprendre et disparaître.

 

En attendant il faut condamner Israël chaque fois que l’occasion se présente. Heureusement, Golda Meïr a enseigné aux israéliens, aux juifs, qu’une « condamnation vaut mieux qu’une épitaphe ».

 

 

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 17:28

 


Une fois que tous les gouvernements concernés auront prononcé leurs condamnations et mises en garde, après que le Conseil de Sécurité de l'ONU eut siégé et délivré une injonction et que les instances internationales se mobilisèrent pour une (prévisible) mise en accusation espérée par les ennemis d'Israël, la question qui pourra se poser est : pourquoi y a-t-il eu une flottille « pacifique » sanglant vers une zone militaire, connue comme telle (et autorisée par le droit international en cas de guerre) et quel était le but ultime de l'opération?


Et comment se fait-il que la France, plus prudente dans d’autres occasions, a trouvé bon de (a) « exiger l’ouverture d’une enquête internationale, indépendante et impartiale » tout en prenant position (b) « c’est un acte qui n’est pas justifié, c’est un acte contraire au droit international … » Curieux, non ?


Soyons clairs : le monde a assisté à un crime de guerre commis par la « flottille » et ses organisateurs/sponsors turcs, à bon escient. Car il s’agit d’un crime de guerre que de transporter de civils dans une zone de conflit pour provoquer des actions dans lesquels ils seront nécessairement lésés. Qui a été à l’origine de ce crime de guerre ? Et qui a rendu la chose possible car ayant intérêt à obtenir un certain résultat ?

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La ligne rouge correspond au trajet d’un bateau irlandais venant de Lybie …


L’organisateur de la flottille est l’Organisation Non Gouvernementale Turque IHH, bien connue des services occidentaux : cette organisation a acheté trois des bateaux constituant la flottille et a commandé le déplacement d’un gros bateau turc (Mavi Marmaris) chargé de 500 passagers (dont un enfant de 18 mois …) pour aller d’Istanbul à Antalya d’où il devait s’acheminer vers Chypre (qui lui a interdit d’accoster …). En organisant la flottille, le président d’IHH déclarait dans une conférence de presse le 7 avril : « la flottille sera un «test» pour Israël ». « Si Israël s'oppose à la flottille, cela sera considéré comme une «déclaration de guerre" aux pays dont les militants se trouvaient à bord des navires (site IHH, le 7 avril 2010) ». Et lors du lancement de la Marmaris Mavi le 23 mai, il a dit à Israël, " Si vous empêchez la flottille d'atteindre la bande de Gaza, vous resterez isolé dans le monde » En clair, la flottille n’avait pas comme but d’apporter des vivres aux habitants de Gaza (les quantités cumulés des six bateaux représentaient moins d’un quart de ce qui entre tous les jours à Gaza à travers les terminaux israéliens …) mais ouvrir une voie d’accès à ce territoire dont le blocus date de la prise de pouvoir sanglante par le Hamas. Et cela avec la complicité active de la Turquie et de son premier ministre, devenu (ou il était déjà ...) le deuxième pourfendeur d'Israël après  Ahmedinejad. Car le Hamas (et son fournisseur, l’Iran) a un besoin impérieux d’une frontière libre pour les livraisons d'armes. En effet, a l'heure actuelle il ne peut se fournir qu’à travers des tunnels creusés sous la frontière avec l'Egypte : qui laissent faire mais, de temps en temps les détruisent. Il s’ensuit qu’Israël doit bloquer la frontière maritime de Gaza puisque les armes souhaitées par le Hamas n’ont pas d’autre utilisation que de détruire les Juifs vivant près de leur frontière commune, dans des villes comme Sderot, Ashkelon et Ashdod. D’un autre côté, si le blocus est suspendu, le Hamas deviendrait encore plus puissant ce qui conduira à l’élimination (plus rapide …) de Mahmoud Abbas qui passe aux yeux des américains pour un homme de paix avec lequel Israël devrait faire la paix. Dont les « sujets » sont ceux qui dansaient dans les rues de Ramallah le 11 septembre 2001 …


Et quand il s’agit d’armer le Hamas, l’IHH (qui ne cache pas son obédience vis-à-vis des Frères Musulmans) est bien de la partie. Cette organisation « humanitaire » a été identifié par la CIA dès 1996 comme une entité terroriste ayant des liens avec l'Iran tandis que le juge Jean-Louis Bruguière a témoigné qu’elle a joué un rôle "important" dans le « complot du millénaire » organisé par Al-Qaïda aux États-Unis à la fin 1999. Selon un rapport de renseignement français, Bulent Yildirim, le président de IHH, a recruté des "guerriers du djihad» et transféré de l'argent, des armes à feu et des explosifs à Al-Qaïda et à d'autres terroristes islamiques dans différents pays.


Alors, cela confine à l’absurde quand on voit les dirigeants européens qui ont encouragé la création de la flottille demandant à Israël, de leurs fauteuils confortables, sur un ton paternel (ou agressif …) de lever le blocus de Gaza ! Qui se souvient encore des soldats européens qui gardaient les points de passage entre Gaza et l’Egypte et qui ont décampé à la première menace du Hamas après que celui-ci a pris le pouvoir à Gaza ? Ils sont allés faire se faire bronzer sur une plage israélienne où ils sont peut-être encore …


Donc, la flottille n’avait pas comme but d’alléger les « souffrances » des palestiniens de Gaza mais, tout simplement, d’ouvrir une brèche dans le blocus du territoire pour, qu’ensuite, d’autres bateaux s’y engouffrent avec des armes et autres joyeusetés. Mais, en condamnant Israël, les pays vertueux (pas seulement la Suède, la Norvège ou l’Irlande mais aussi … le Venezuela, la Chine, la Russie et tout ceux pour lesquels le respect des droits de l’homme est sacrosaint …) ne disent pas ce qu’Israël aurait dû faire. Faire sombrer les bateaux comme la Corée du Nord vient de le faire ? Ne rien faire et laisser le Hamas s’armer, mieux, pour pouvoir, mieux s’attaquer à Israël ?


On dira que j’enfonce des portes ouvertes et que tout le monde sait cela … Certes, mais tout le monde fait semblant de ne pas le savoir et tous les hypocrites du monde se sont donnés la main pour … taper sur Israël. En utilisant la Turquie, pays presque démocratique et occidental (?!) mais qui s’est rapproché à pas rapides de l’Iran pour en faire un front non seulement anti-israélien mais anti-américain ou, si l’on veut, antioccidental (tout en étant membre de l’OTAN …).


Et Israël a décidé d’arrêter la flottille, quitte à risquer la vie de ses soldats car, même si mal informé, ce pays savait qu’il y avait des "militants professionnels " sur les bateaux qui allaient opposer une certaine résistance. Le résultat : huit morts parmi les « militants de la paix » et six soldats blessés par les mêmes pacifistes avec des armes diverses et variées. Mais … huitsmorts pour la cause de la Palestine valent beaucoup plus que les centaines de milliers de morts du Darfour ou les dizaines de milliers de morts du Sri Lanka ou ceux de l’Irak ou l’Afghanistan qui n'ont jamais provoqué des manifestations, des réunions du Conseil de Sécurité ou des demandes d'enquêtes transparentes et impartiales" ...


Mais des dizaines de milliers ou des centaines de miliers de morts ... c'est beaucoup, on ne ressent pas la même chose que quand il s'agit de beaucoup moins. Alors, regardons un décompte macabre en suivant les statistiques (civils morts suite à des actions des pays identifiés) pour l’Aghanistan :

 

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Plus près de nous, rien qu’au mois de mai, des avions américains ont bombardé des maisons civiles dans la province de Farah tuant plus de 100 personnes …


Quant à l’Irak, juste quelques données grappillées uniquement sur le dernier mois :


Baghdad, le 25 mai – 15 morts, Khalis, le 23 mai – 35 morts, Tal Afar, le 14 mai – 25 morts, Baghdad, Falluja et Hilla – le 10 mai – 138 morts.


C’est vrai, en Irak, des civils musulmans tués par d’autres musulmans … cela n’à aucun intérêt ni pour les gouvernements qui protestent contre la « barbarie » israélienne coupable d’un « massacre » … ni pour le Conseil de Sécurité ni pour les gauches du monde entier. La seule chose qui compte c’est de mettre au pilori l’Etat d’Israël coupable de vouloir se défendre.


Et quand on regarde ce qui s’est passé depuis quarante années on trouve quoi ? Jimmy Carter (recyclé depuis, lui aussi, en pourfendeur d’Israël) a activement permis à l'islamo fascisme de Khomeiny le renversement du shah d’Iran déstabilisant une des grandes puissances impériales traditionnelles du Moyen-Orient. La Turquie, une autre grande puissance pendant cinq siècles sous les Ottomans, a reculé d'un siècle de la tolérance politique instaurée par Kemal Atatürk vers l'islam radical et est maintenant l’alliée de l'Iran contre Israël. Irak, un autre centre impérial dont l’histoire est riche de six mille ans depuis Sumer, se déchire entre sunnites et chiites, ce qui signifie (en simplifiant) l'Iran contre les Arabes. Les Saoudiens qui ont financé, pour l’essentiel, la construction d’armes nucléaires et de missiles au Pakistan peuvent les importer à n’importe quel moment. Qui ne voit que la guerre entre l’Arabie Saoudite, berceau de l'islam, et l'Iran se déroule par palestiniens interposés et que la disparition d’Israël n’est qu’un épiphénomène qui réunit tous les protagonistes de ce qui se passera au Proche Orient ?


Mais on se distrait avec la volonté de mettre une fin au conflit israélo-arabe … Toutes les chancelleries comprennent qu’il n’y a pas de solution possible pour un règlement final (sauf une solution finale …) des problèmes soulevés par le statut de Jérusalem ou les « réfugiés » palestiniens de 1948 car les deux parties ne peuvent être d’accord sur rien d’essentiel. Mais … l’Oncle Sam, je veux dire l’Oncle Obama) s’est mis dans la tête de régler ce conflit. Quitte à imposer une (sa) solution. Les arabes n’aspirent qu’à cela en espérant qu’ensuite l’ONU pourra, en vertu du VIème chapitre de sa charte expulser Israël de l’Organisation si elle n’accepte pas le règlement imposé.


La « solution deux états vivant en paix, l’un à côté de l’autre » … quelle rigolade ! L’Oncle Sam (je veux dire l’Oncle Obama) une fois qu’il a décidé de créer un état palestinien, commence à avoir mal à la tête en essayant de trouver une place pour Israël au Proche Orient …

 

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 05:11

 


Le 1er janvier 1999, l’euro devenait la monnaie officielle de onze Etats européens. Dix ans plus tard, la zone euro compte 16 Etats membres, le dernier état entré étant Slovaquie le 1er janvier 2009. Les pièces et les billets sont mis en circulation en 2002 et l’euro remplace définitivement les monnaies nationales des pays de la zone euro. Sept années auparavant, les pays qui ont souhaité constituer la « zone euro » ont adopté les « critères de Maastricht » dont le sérieux et l’ambition étaient consubstantiels à la future création d’une monnaie unique.


Trois catégories de paramètres se voyaient « fixés dans le marbre » : la stabilité des prix (l’inflation d’un état membre ne devait dépasser de plus de 1,5 points celui de la moyenne des trois états ayant l’inflation la plus faible), interdiction d’un déficit public (état + sécurité sociale) supérieur à 3% du PIB couplé à l’interdiction d’avoir une dette supérieure à 60% du PIB et le taux d’intérêt à long terme qui ne devait dépasser de plus de 2 points celui de la moyenne des trois états ayant l’inflation la plus basse. Les seuils de 3% pour le déficit et de 60% pour la dette publique ont constitués des conditions sine qua non imposées par la France, l’Allemagne les ayant acceptées.


Le monde entier avait salué les décisions européennes comme historiques car elles consolidaient un ensemble de plusieurs centaines de millions d’habitants et créaient un bloc économique de la taille des Etats Unis. Certains s’interrogeaient sur la capacité d’états aussi différents que la Grèce, Chypre ou Malte par rapport à l’Allemagne ou la France de se « couler dans le moule » qui venait d’être crée. Mais … l’euphorie de la création balayait les réserves des économistes et/ou politiques qui, par ailleurs, ne croyaient pas à la capacité des pays de l’Europe de se doter des institutions qui pouvaient permettre qu’ils disposent d’une politique étrangère commune, d’une monnaie unique et d’une gouvernance économique commune. Un vrai rêve pour cette Europe pacifiée, « plus jamais la guerre », vouée à l’intégration des pays de l’Est sortis, enfin, du joug russe et/ou communiste


L’Europe … c’est grand et, de plus, par des étapes successives s’est encore agrandie pour comprendre aujourd’hui 27 états. Alors, au lieu de parler Europe, parlons France.


Dernière année avant la crise financière de 2008, la France avait un déficit public supérieur de presque 5 fois à celui de la moyenne européenne. En trente années, depuis 1978, la dette publique de la France a été multipliée par 3,4.


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Que s’est-il passé depuis 1978 ? A mon sens, trois facteurs, interconnectés, ont mis notre pays sur la voie de son déclin économique.


Tout d’abord, l’état providence. La vulgate dominante de gauche ayant dominé le paysage français depuis la libération, couplée à la générosité connue des français et à leur sens inné de la justice (mais aussi de la fronde) a fait que l’on a considéré normal de vouloir donner tout, tout de suite à tout le monde. Et on a assisté à l’intrusion dans l’économie du pays, à partir de 1974, de programmes destinés, surtout, à aider les plus défavorisés mais dont l’effet a été l’augmentation du chômage car pendant des années on s’en sortait mieux en étant chômeur que travailleur au SMIG. Ces programmes nécessitaient beaucoup d’argent et comme la création de valeur s’estompait on a eu recours à l’endettement. Mais en même temps, en voulant réorganiser l’état (pour que tout ce qui se faisait soit géré, encadré, contrôlé « sur le terrain ») on a été obligé d’embaucher des cohortes de fonctionnaires, tant et si bien qu’en 2009 les personnels émargeant au budget de l’Etat, des collectivités territoriales ou aux entreprises semi étatiques représentaient plus de 6,0 millions de personnes soit plus de 25% de la force de travail du pays. Et on est arrivé voir notre pays se modeler d’une manière curieuse, car le nombre de fonctionnaires est arrivé à dépasser, presque, le nombre des travailleurs de l’industrie. De plus, la France, état providence, s’est trouvée assurer à tous ceux qui se trouvent sur son territoire une couverture universelle pour les maladies, l’enseignement gratuit, le droit au logement, bref, tout (ou presque) ce qu’il faut pour « favoriser les plus faibles ». Cela a un prix, on a fait semblant de ne pas le comprendre car … on empruntait ce dont on avait besoin pour couvrir les dépenses.


Ensuite, l’immigration. Les études sont maintenant légion qui démontrent que la contribution de l’immigration (pour l'essentiel non intégrée, cherchez la responsabilité du côté de l'enseignement et du "droit à la différence", "l'égalité des cultures", etc.,) à la richesse nationale est largement, structurellement, négative. Mais, état providence oblige, générosités par rapport aux plus faibles aussi, notre pays n’a pas su (n’a pas voulu) arrêter (ou limiter) les flots successifs d’immigrés venant chercher en France l’endroit où il fait bon vivre surtout … aux frais de la princesse. De 1974 à 2008 une moyenne de 130.000 immigrés s’est ajouté, année après année, pas tellement aux forces vives de la nation qu’aux bénéficiaires des largesses de l’état providence. Comment cela aurait-il pu être différent ? Il s’agissait des plus faibles, des plus démunis et, tout ce qu’il y a de plus noble, généreux (et totalement irresponsable) dans la nation a sonné le branle bas de combat pour « ne pas laisser sur le bord de la route les plus faibles ». Mais cela avait un prix, on a fait semblant de ne pas le comprendre car … on empruntait ce dont on avait besoin pour couvrir les dépenses.


Et, à la fin, la désindustrialisation. Un état providence qui promeut le chômage au détriment de l’emploi, qui généralise des procédures d’aide affichées ou occultes, qui crée les conditions d’une « vie associative » (1.100.000 d’associations dont 90% « humanitaires, culturelles ou sportives » subventionnées pour l’essentiel par l’état ou les collectivités territoriales et qui emploient 2 millions de personnes) qui nécessite des subventions sans nombre, toutes ou presque visant « une meilleure solidarité sociale » (à ce titre, les dépenses de la Mairie de Paris ont augmenté de plus de 70% entre 2001 et 2007) est condamné à augmenter les prélèvements et, surtout, à augmenter les charges sociales (patronales ou salariales) qui frappent le travail. Cette démarche, constante, depuis une trentaine d’années à conduit à l’enchérissement des produits manufacturés ce qui a conduit, ipso facto, soit à des délocalisations soit à l’abandon des productions industrielles en faveur d’importations significativement moins chères. Tant et si bien qu’en 2009 75% des produits manufacturés commercialisés en France viennent de Chine, d’Inde ou d’autre pays disposant de main-d’œuvre qualifiée mais … bon marché. En se gargarisant avec le « haut niveau des productions industrielles du pays » (les Airbus ou l’industrie militaire) notre pays est devenu un désert industriel en train de se transformer en un énorme « Disney Land », première destination touristique de la planète. La Lorraine ? L’Alsace ? Le Nord ou Centre de la France ? On peut toujours chercher les grandes industries auparavant présentes, on n’en trouve plus grande chose. En détruisant son industrie en faveur des bienfaits que l’état providence a assuré à tous ceux présents sur son territoire notre pays s’est interdit la possibilité d’une renaissance car ne produisant plus des biens à grande valeur ajoutée (pour l’export surtout) il s’est condamné à une déchéance à terme. Mais cela avait un prix, on a fait semblant de ne pas le comprendre car … on empruntait ce dont on avait besoin pour couvrir les dépenses.


Trois catégories de paramètres ont amené notre pays sur la voie du déclin. L’état providence pour les « indigènes » ayant créé l’appel pour l’immigration (on n’a quand même pas accueilli « toute la misère du monde » M. Rocard) et les deux ayant conduit à la désindustrialisation du pays. Et on laisse de côté l’invention des 35 heures par les socialistes, invention qui devait créer des centaines de milliers d’emplois car « on allait partager le travail et donner du mieux vivre au peuple ». Certes, chez nous, on n’a pas trafiqué les comptes (comme en Grèce), certes chez nous tout un chacun paye ses impôts (pas comme en Grèce …). Mais cela ne fait qu’aggraver notre situation car on ne voit pas comment on pourrait augmenter nos impôts (l’état providence absorbe 56% du PIB, champion toutes catégories de l’Europe) ni comment on pourrait recommencer à faire de l’industrie un fer de lance (quand on a autant de fonctionnaires que des travailleurs industriels … il y a quelque chose de pourri dans le royaume …). Et, cerise sur le gâteau, la population du pays prend de l’âge, les retraites sont financées par l’endettement (la CNAV indique s’endetter pour payer un mois sur 12) et on est arrivé à ce que le système par répartition soit sur le point d’imploser : 3,8 personnes qui travaillaient pour une à la retraite en 1978, 1,4 personnes pour un retraité en 2009. Naturellement, nos dirigeants actuels (laissant les socialistes à leurs vieilles lunes « faut taxer les riches, il y a des ressources, il faut une autre croissance » et d’autres ejusdem farinae), la main sur le cœur nous assurent que nous pouvons nous en sortir, que la France se porte mieux que les autres pays de l’Europe et … que l’avenir sera rose. En faisant un peu d’effort sans que cela s’appelle rigueur. Fichtre …


Il ne reste qu’à ajouter le carcan des critères de Maastricht (d’ailleurs pas respectés …) et une monnaie unique qui empêche toute dévaluation (en d’autres temps panacée pour se sortir d’une difficulté économique) pour réaliser que le rêve de l’Europe (fondé sur l’avènement de l’état providence) s’est transformé en cauchemar. Et la France se trouve en Europe …


Bien sûr, la France a connu d’autres périodes difficiles. Fût un temps (de Mac Mahon jusqu’à De Gaulle en passant par Clémenceau ou d’autres) pendant lequel un « sauveur de la patrie » avait le courage et la capacité de remettre le pays sur les rails. Plus maintenant car, d’évidence, ce que l’état providence a fait c’est d’avoir permis au plus grand nombre (et à l’état le premier) de vivre au-dessus de ses moyens en vivant à crédit. On peut toujours s’en prendre aux riches ou aux spéculateurs … car on n’a pas le courage de dire que c’est « le peuple » qui en a profité. Endormi, enivré, anesthésié par une gestion absconse du pays par des gouvernements irresponsables mais soumis à la dictature de la vulgate de gauche … ce « peuple » a laissé faire car cela lui convenait bien. Les reformes ? Encore des billevesées bonnes à endormir « le peuple » qui manifeste contre. En attendant leurs résultats, la France devra emprunter presque 300 milliards d’euros cette année.  Manque de chance, les prêteurs commencent à se faire rares. Il ne reste à nos dirigeants, s’ils veulent changer les choses, de suivre la boutade de Bertolt Brecht « puisque le peuple n'est pas d'accord avec le Comité Central, le Comité Central a décidé de changer le peuple ». Vaste programme …


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Published by martin - dans France
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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 17:29

 

« L’euro traverse  la crise la plus importante depuis son introduction » dit notre Chef de l’Etat. Et avec l’aplomb que l’on lui connaît, …il assure, à la suite de Mme Merkel que « les politiques ne se laisseront pas commander par les marchés ». Et, surtout, que l’Europe ne va pas laisser tomber la Grèce. Voir …

 

Mais n’a-t-on pas vu déjà le film ? Faisons un effort de mémoire.

Argentine – au début du 20ème siècle est une des premières puissances industrielles, agricoles et économiques avec un niveau d’industrialisation qui dépassait celui de plusieurs pays européens importants. En 1908 l`Argentine avait un revenu per capita supérieur à celui de l`Italie et de l`Espagne. Seuls sept pays (dont les Etats-Unis et la Grande Bretagne) la devançaient. En 1928 avant la grande crise le pays était classé au 12e rang quant à son développement bien avant le Japon, la Suède, l`Autriche et bien sûr l`Italie et l`Espagne.


En 1916 Hyppolite Yrigoen devient premier ministre (parti « Radicals ») et devient le précurseur, le vrai inventeur de l’état providence : sécurité sociale, cotisation obligatoire à un système de retraite, aide aux plus pauvres pour accession à la propriété, etc. Pour financer ? De nouveaux impôts et taxes. Mais cela commençait à coûter cher ... voilà Peron, populiste/fasciste, promettant encore plus aux plus nombreux. Mais où trouver « d’autres ressources » (cela ne vous rappelle rien ?) ? Les classes moyennes furent mises à contribution ce qui aura l’effet normal, le désintérêt pour porter des projets, pour investir. Parallèlement, on embauchait des fonctionnaires à tour de bras pour contrôler les innombrables programmes sociaux visant, toujours, à aider les plus pauvres. Peron parti ... il fallait bien augmenter les impôts mais le pays continuait à dépenser au delà des ses moyens, en s’endettant (cela vous rappelle quelque chose ?). La guerre 39/45, économie survivant (mal) et voilà l’hyperinflation, protectionnisme industriel, hausses des salaires, l’état devenant le premier acteur économique. Inflation à 3000%, famine un peu partout, pays faisant face au chaos. En 1994 le système implose : après une taxe sur les salaires augmentant de 5 à 25 %, après l’introduction de la TVA, l’impôt sur la fortune (cela vous rappelle quelque chose ?), vente de biens publics, le tout détruit l’économie du pays. Tant et si bien qu’en 2001 le pays n’a plus pu faire face aux remboursement de ses dettes : en 2002 crise nationale de l’ampleur de celle des EU en 1929. En 1902 Argentine était un des pays les plus riches du monde. Ils ont inventé (bien avant les sociaux-démocrates européens) l’état providence et 100 ans après le pays s’est trouvé en faillite. Pour qu’en 2005 il soit obligé de « négocier » sa dette, en clair il refuse de rembourser 100 milliards de $ de dette extérieure.


La Grèce ? Sous le parapluie de l’Europe et de l’euro, en falsifiant ses comptes, ce pays accumule une dette extérieure évaluée aujourd’hui à plus de 300 Milliards d’euros à rembourser dans les trois années à venir. Par delà les comptes truqués, par delà la crise, le peuple grec a troqué un bien être immédiat contre une dette dont personne n’avait l’air de s’en soucier. Sauf les marchés …


Et on a vu ainsi un état (plus que) providence offrir à ses sujets la retraite à 53 ans, 14 salaires mensuels annuellement pour les fonctionnaires (15% de la population … soit plus qu’en France, record en Europe). Avant son adhésion à la zone euro, en 2003, la dette de la Grèce était de 98,6 pour cent du PIB du pays et son déficit, chronique déjà, était de 7,5% du PIB. On peut se demander, légitimement, comment de telles performances ont-elles permis son adhésion à l’euro. A la fin de 2009, la dette publique se trouvait à environ 115 % du PIB (149% selon le FMI ...) et se montait à 363 Milliards d’euros. En rejoignant l’euro les grecs ont pu s’endetter, sans limites, et dépenser itou.

Et, le temps que les marchés se réveillent (on oublie que les marchés c’est vous, nous, nos gestionnaires de fonds de retraites ou bancaires, des compagnies d’assurance, etc.) et commencent à mesurer le risque de voir la Grèce prendre la voie de l’Argentine. Effet immédiat : la prime de risque pour prêter à l’Etat grec fait pousser les taux auxquels ce pays pouvait emprunter de 3/5% à plus de 11%. Et la Grèce a besoin -pour rembourser ses dettes (capital et intérêts) et pour financer ses déficits budgétaires chroniques- de quelques 300 Milliards d’euros pour les trois années à venir. L’Europe, après quelques atermoiements allemands (depuis 1918 ... « les boches » paieront …) la voilà qu’elle met (avec la participation du FMI) à la disposition de ce pays en faillite virtuelle, 110 milliards d’euros. La France « c’est beau, c’est grand, c’est généreux » s’engage pour 22,5 Milliards d’euros. Et on entend son ministre des finances dire que « nous prenons de l’argent à 3% et on le prête aux grecs à 5%, ce sera un gain pour notre pays d’environ 500 millions d’euros ». Ce qu’elle oublie de dire c’est que la France n’a pas l’argent dont on parle (elle se le fait prêter …il faudra qu’elle le rembourse) tandis que la Grèce ne trouvera aucun prêteur privé (les banques, « ces pelés, ces galeux ») pour lui prêter l’argent, quelque en soit le taux, dont elle aura besoin soit la différence entre ce que l’Europe (et le FMI) lui prêteront et ce qu’elle devra rembourser. Remarquez, en affaires cela s’appelle de la cavalerie … j’emprunte pour rembourser …. Car le fameux plan de rigueur accepté par ce pays prévoit de faire des économies de 30 milliards d’euros sur les trois années à venir : à comparer ave sa dette de plus de 300 milliards d’euros.


Les « politiques » peuvent dire ce qu’ils veulent, les syndicats pourront faire autant de manifs qu’ils voudront, l’extrême gauche grecque (ou la nôtre) pourra lancer des cocktails Molotov contre des bâtiments publics et faire des morts, la Grèce sera obligé de « renégocier » sa dette. Si on a le moindre doute à ce sujet il suffit de se souvenir que le Portugal et l’Espagne attendent en ligne derrière la Grèce : l’Espagne à elle seule aura besoin de plus de 350 Milliards d’euros pendant les trois années à venir (sa dette, comme celle de la Grèce, est équivalente à 152% de son PIB). Mais l’Italie pourrait avoir besoin même de plus (dette totale = 110% de son PIB soit 1.300 Milliards d’euros ...). Bref, à la louche, l’Europe semble avoir besoin pour rembourser ses dettes pendant les trois/cinq années à venir de presque mille milliards d’euros. Mais, dormez tranquilles, bonnes gens, notre président a convaincu Mme Merkel pour que l’Europe crée un « fonds d’intervention » pour faire face aux éventuelles difficultés de ses états membres. Des cataplasmes sur des jambes de bois. Car, en réalité, l’état providence ne se laissera pas mourir et l’immigration massive ne s’arrêtera pas. Deux causes majeures, principales, devenues structurelles.


Et nous ? La France : dette totale qui va gaillardement vers 2.500 Milliards d’euros (dette publique + provisions retraites fonctionnaires), système de retraite par distribution implosant (1,8 cotisants pour 1 retraité soit 2,5 fois moins que pendant les années 60), déficit chronique commerce extérieur (désindustrialisation du pays, essentiellement due à l’augmentation des charges sur les salaires) état « coûtant 100 » (« obésité de l’état ») quand il coûte 80 en Allemagne, un déficit chronique depuis 30 ans dont une très grande partie (comme la destruction du monde ouvrier) est liée directement à l’immigration et à ses conséquences. Voilà en résumé ce qu’on peut voir de Sirius quand on nous regarde.


Mais on nous rabat les oreilles avec la double chance de la France : l’immigration et la poussée démographique. Pas besoin d’être grand clerc (lire « Les yeux grands fermés » de Michèle Tribalat) pour comprendre que les deux choses en sont une et que deux effets (pervers ?) viennent démontrer l’inanité de l’appréciation.


En effet, nonobstant la contribution démographique de l’immigration, le ratio « moins de 15 ans vs plus de 65 ans » ne fait que diminuer d’aujourd’hui à 2050 (voir graphique, source données Eurostat 2008) ; autant dire que la solution du problème des retraites ne viendra pas de la contribution démographique de l’immigration.

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Telle qu’aujourd’hui (et il n’y a aucune raison d’espérer un changement significatif) la « contribution » économique de l’immigration non européenne (compte tenu du taux de chômage, absorption de contributions sociales, programmes d’investissement propres, d’un côté, et de recettes venant de l’immigration – cotisations sociales, impôts, valeur ajouté dans les entreprises du secteur marchand, etc.,) l’immigration (Prof. I. Bichot, Lyon III, Jean Moulin) est à l’origine de quelques 35% du déficit français soit plus de 30 Milliards d’euros. Et quand on sait qu’entre le PIB du Mali (per capita) et celui de la France il y a un rapport de plus de 25 on se rend compte que sauf mesures drastiques (qu’aucun gouvernement européen ne veut prendre …) la chute de la maison France est écrite sur les murs. Bien sûr, on peut ne pas regarder et attendre la croissance comme on attend Godot …


La chute ? Espérons que l’on se trompe car ce n’est pas pour cela que les rois de France ont mis mille ans pour bâtir ce pays. Malheureusement, depuis 2008 Eurostat plaçait la France juste avant la Grèce pour ses déficits structurels (bien avant la crise …).


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Deux ans après et la crise aidant voilà la situation de la France :

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Et voilà que, le ton grave, la mine fermée, notre premier ministre («je suis à la tête d’un Etat en situation de faillite » disait-il trois mois à peine après avoir été nommé) nous promet une réduction des dépenses de l’état et des niches fiscales pour arriver en 2013 en dessous des 3% de déficit budgétaire (promesse faite, à répétition, depuis 2006 …). Et pour cela, mesure phare, « ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite. Sauf que … à bien compter cela pourrait faire (25.000 fonctionnaires, salaire annuel moyen + charges sociales, mettons 25.000 €) quelques 625 millions d’euros : comparer avec le déficit actuel de plus de 100 milliards d’euros.


La Gauche ? La Droite ? Bonnet blanc et blanc bonnet, personne, ni les gouvernements, ni « les partenaires sociaux » ni, surtout, le peuple de France ne veulent voir ce qui nous attend. En espérant, confusément, que … « les boches » paieront et qu’en attendant … on continuera à mettre des cataplasmes sur des jambes de bois !


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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 20:00

 

 

     Confrontée à une guerre d’usure qu’elle pensait avoir gagné, la Russie ne s’en sort pas de ses malheurs caucasiens. Certes, il y a dix ans, Monsieur Poutine promettait de « poursuivre les terroristes tchéchènes jusque dans les chiottes » Et dix ans après, suite à un autre attentat, il utilise le même langage fleuri « C'est maintenant une question d'honneur pour les services de répression de racler les fonds des égouts pour les envoyer au royaume de leur Dieu ». Allusion transparente à la religion des fauteurs de trouble que le paradis d’Allah attend avec 72 vierges pour chacun d’eux. Ou 72 burkas, vu que les deux assassins suicidaires étaient des femmes ... La Russie se trouve dans une phase historique pour le moins difficile. Ayant raté le passage d’une dictature politique fondée sur un système économique absurde vers une organisation démocratique incluant l’économie de marché, d’un côté, subissant le contrecoup des 70 années d’absence d’initiatives des masses, vivant sur la rente pétrolière et gazière (80% de ses exportations, une grande partie du reste étant les armes), d’un autre côté, elle est en train de se dépeupler (154 millions d’habitants au moment de la disparition de l’Union Soviétique, 144 millions aujourd’hui) et voit, d’une manière inexorable augmenter le pourcentage des populations musulmanes par rapport à celles chrétiennes. Consciente des risques induits par ce fait elle pense le compenser par un rapport d’amitié avec les pays musulmans qui ont le vent en poupe, l’Iran le premier. C’est de la géopolitique simple, « si on ne peut pas les vaincre, faisons alliance ». Accessoirement, pour montrer sa bonne volonté aux musulmans (en espérant une attitude non belligérante de leur part) on fait le coup de poing en Géorgie en démembrant une partie de ce pays, on érige au niveau de concept stratégique sa volonté de considérer les pays qui l’entourent à l’Ouest comme faisant partie de sa sphère d’influence et on s’oppose à toutes initiatives de défense préventive contre, mettons, l’Iran (bouclier anti-missile en Europe de l’Est). Par delà les « affaires », par delà l’opposition têtue aux intérêts américains, par delà les aspects « être pour tout ce qui est contre et contre pour tout ce qui et pour », la stratégie géopolitique de la Russie n’a qu’une seule ambition, éviter le choc frontal avec le monde musulman en attendant d’être le dernier bastion auquel celui-ci s’attaquera dans sa conquête du monde. Et le maillon le plus fort du monde musulman est l’Iran. D’où la politique d’apaisement de la Russie vis-à-vis de la marche de ce pays vers l’armement nucléaire.

 

M   Mais la politique d’apaisement de la Russie vis-à-vis de l’Iran a des conséquences géopolitiques immédiates et cela pas très loin de ses frontières (ou de ses anciennes républiques d’Asie Centrale, toutes à dominance musulmane). En tout premier lieu, les pays du Golfe. Séparés de l’Iran chiite par une obédience musulmane différente (sunnite), ils sont forts d’une expérience historique qui les a fait comprendre que ce pays s’attaquera plus facilement, tout d’abord à eux, plus qu’aux ennemis désignés de longue date (Etats Unis et Israël). Tout en tenant à leur merci grâce à leurs fusées balistiques l’Europe (si celle-ci avait de velléités d’intervention nonobstant les excellentes affaires industrielles et commerciales qui représentent des bouées de sauvetage pour les économies allemande, italienne, française, espagnole, suédoise, etc.,). Les pays du Golfe, graduellement, ont compris que leur ennemi principal n’est pas Israël mais l’Iran. Ce qui a fait dire au ministre des affaires étrangères de l’Arabie Saoudite « la menace posée par les ambitions nucléaires de l'Iran exige une solution plus immédiate que les sanctions ». Il a décrit les sanctions comme une solution à long terme en soulignant que la menace est plus pressante. » Géopolitique simple : la Russie apaise l’Iran mais provoque, par contrecoup, une réaction majeure d’autres pays musulmans qui se sentent, tout d’un coup, menacés par un ennemi religieux avec lequel aucun compromis n’est possible car ... nous sommes dans le monde musulman ! Guerre de religion ? Feutrée, se déroulant pour l’instant aux abords des « points de pression maximum » (Yémen, par exemple) mais s’étendant insidieusement du Golfe Persique jusqu’en Egypte en route vers le Maghreb. Guerre froide de religions ? Cela pourrait paraître curieux mais il n’est pas exclu qu’elle devienne chaude ...

 

Et voilà qu’arrive l'administration Obama, entrainée par la logorrhée ivre du Président qui, avec son éloquence flamboyante se convainc tout seul que ceux qui l’attendaient sont hypnotisés par ce qu'il leur dit. Un discours au Caire, la main tendue pendant 14 mois à un Iran qui n’en rien à en faire, des demandes restées sans suite à des états arabes qui considèrent que le dossier « israélo-palestinien » n’est qu’une diversion par les temps qui courent, des tentatives toutes échouées pour « détacher » la Syrie de l’Iran, cette Administration a totalement raté son arrivée au Proche Orient et ce pour des raisons géopolitiques simples et claires. Le Proche Orient ne souffre pas de l’inexistence d’un 24ème état arabe ni de l’absence dans le patrimoine musulman légué par Allah de 0,05% des terres sur lesquelles s’est installé un Etat Juif. Le Proche Orient souffre des luttes intestines entre chiites et sunnites (l’Iran dispose maintenant de têtes de pont en Syrie, au Liban, à Gaza, au Soudan en attendant la pénétration d’une partie de l’Afrique noire dont l’accession à l’islam se fait à grands pas). En 2007, les États-Unis ont offert 20 milliards de dollars en aide militaire à l'Arabie saoudite et aux cinq autres membres du Conseil de coopération du Golfe, 30 milliards de dollars d’aide à Israël sur dix ans et 13 milliards de dollars à l'Egypte pour la même durée. Les trois bénéficiaires ont compris, parfaitement, la raison des largesses américaines : faire front à l'ennemi commun contre lequel une stratégie était en train de se forger.
Et il n’y a eu aucune réaction arabe contre Israël quand il a bombardé une installation nucléaire syrienne construite en collaboration avec la Corée du Nord et l'Iran en Septembre 2007. En 2008, l'Egypte n'a rien fait pour interférer avec le blocus de Gaza par Israël ou avec les assassinats ciblés d'activistes du Hamas et d'autres militants palestiniens soutenus par l'Iran. Et lors de l'offensive dans la bande de Gaza à la fin de l'année, aucun Etat arabe n’a levé le plus petit doigt contre Israël. Et en juin 2009, le Hezbollah a perdu les élections au Liban face aux candidats pro-occidentaux soutenus par un partenariat américano saoudien construit par l'administration Bush et qui incluait aussi la France, la Jordanie et l'Egypte. Dommage que l’administration Obama a laissé aller à vau-l’eau les acquits libanais pour se lancer dans une tentative  absurde, irresponsable et vouée à l’échec visant à détacher la Syrie de l’Iran en lui laissant les mains libres au Liban ... Faudra attendre aussi longtemps que pour les pays de l’Est européen que les libanais croient encore au soutien des Etats Unis ...

 

Mais les contraintes géopolitiques des Etats Unis ne sont pas, elles, simples. Ne sachant pas encore comment ils quitteront l’Irak (sans qu’une mainmise rapide de l’Iran sur ce pays n’intervienne), l’administration Obama a fait le pari curieux d’envoyer des troupes supplémentaires en Afghanistan tout en annonçant leur retrait dans douze mois ... Ayant du mal à continuer d’être le gardien de la sécurité des pays de l’Europe de l’Est ou de ceux de l’Asie du Sud Est, devant faire face à une crise économique créée pour l’essentiel, à l’origine, non pas par les banques mais par la politique immobilière des deux administrations Clinton (« donner tout, tout de suite à tout le monde » via Fanny May et Freddy Mac), les Etats Unis se sont lancés dans des aventures non moins curieuses dont l’issue ne semble, loin de là, leur être favorable. Ils ont commencé avec la Russie en renonçant au bouclier anti-missiles promis à la Pologne et à la Tchéquie et dont le but était la protection du flanc Est de l’Europe mais aussi l’interception possible d’éventuels vecteurs tirés par l’Iran vers le Nord Est américain. Et la Russie ne leur a rien donné en échange. Ils se sont lancés ensuite dans le changement profond de leur stratégie nucléaire : en renonçant et à une première frappe contre des puissances disposant d’armes nucléaires mais qui attaqueraient, directement ou indirectement, les Etats Unis avec des moyens conventionnels ou de destruction massive (chimiques et biologiques) et à l’utilisation d’armes nucléaires contre tout pays qui les attaquerait ils viennent de donner un signal simple, les Etats Unis ne sont plus le gardien de la paix mondiale. Conséquences géopolitiques immédiates : l’Iran qui n’a plus rien à craindre en cas d’agression sur un autre pays et la Corée du Nord qui continue à augmenter sensiblement son arsenal nucléaire disposant ainsi d’une capacité d’agression sans égale vis-à-vis de la Corée du Sud ou des pays anciennement frères comme le Vietnam, le Cambodge ou le Laos. Là, l’idéologie tiers-mondiste, anticapitaliste et antioccidentale du président américain a pris le pas sur les contraintes géopolitiques qui, d’évidence, auraient dû conduire à des agissements diamétralement opposés. Mais ce faisant les Etats Unis se sont trouvés devant une situation difficilement envisageable il y a encore dix ans : l’émergence de la Chine.

 

Devenue l’usine du monde et tout d’abord celle des Etats Unis, la Chine, par un phénomène d’osmose inversée, est devenue son fournisseur et son bailleur de fonds : elle dispose aujourd’hui de plus de trois mille milliards de $ en bons du Trésor Américain. Mais obligée a respecter « je te tiens, tu me tiens, par la barbichette ... » elle ne s’occupe que de ses intérêts. Comme cet Empire du Milieu le fait depuis des millénaires en laissant « les barbares incultes » (fussent-ils chrétiens ou musulmans) s’étriper entre eux tandis qu’elle s’assure des sources d’énergie qui lui sont nécessaires pour faire venir à une vie développée le milliard de chinois qui survivent dans un état moyenâgeux dans des campagnes éloignées des lumières de Shanghai ou de Beijing. Conséquence géopolitique simple – elle s’en fiche comme d’une guigne d’un éventuel armement nucléaire de l’Iran, de l’éventuelle mainmise de ce pays sur les richesses des pays du Golfe ou de la présence des Etats Unis sur des territoires qui ne lui ont jamais appartenu (l’Afghanistan, par exemple). Il ne s’agit pas d’apaiser, comme c’est le cas de la Russie. Il s’agit de faire comprendre et admettre que le milliard et demi de chinois en train de devenir la troisième économie du monde disposant de tous les attributs militaires qui vont bien avec (satellites, armes nucléaires, armement conventionnel, bientôt des porte-avions nucléaires, etc.,) n’ont rien à craindre ni d’un Iran nucléaire ni d’éventuels terroristes auxquels ce dernier pays confierait des armes de destruction massive.

 

Et l’Europe ? On ne tire pas sur une ambulance, a-t-on l’habitude de dire. Après avoir choisi deux personnages falots et insipides comme président de l’Union et comme responsable de sa politique étrangère, voulue commune, ce continent se trouve à l’orée de grandes difficultés économiques dont la Grèce n’est qu’un hors-d’œuvre. Ayant à admettre que « l’état providence » a vécu son temps, que la création de valeurs et de richesses à distribuer fait défaut à cause même de la poursuite ad nauseam des acquis de l’état providence, elle s’enlise dans une crise sans fin, les victimes immédiatement visibles étant les « PIIGS » (le Portugal, l’Irlande, l’Italie, et l’Espagne). Quant à notre beau pays de France, avec une dette extérieure dépassant 2.400 milliards d’euros (dette de l’Etat + provision pour les retraites des fonctionnaires) il n’aucun moyen sérieux pour la diminuer (faites les comptes, la piste « ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite » soit 50.000 personnes ferait une économie annuelle de, mettons, 0,5 milliards d’euros ... à comparer avec la dette 5.000 fois supérieure ...). En guise de géopolitique il se lance dans des envolées planétaires sans lendemain (gouvernance financière, réchauffement de la planète et autres ejusdem farinae ...) et pour maintenir le tonus des populations on lance en pâture des rumeurs d’alcôve d’un président de plus en plus contesté et de sa dame, exemple de moralité de gauche pour un peuple qui n’en peut mais ...

 

Voilà, rien de plus simple que la géopolitique ! Sauf quand le leader du monde, les Etats Unis, prennent partie au Honduras contre la légalité existante en penchant du côté du Venezuela de Chavez. Ou quand ils ont abandonné le bouclier anti-missiles à installer en Pologne et en Tchéquie. Ou quand ils se préparent à sacrifier Israël sur l’autel de la nouvelle alliance avec le monde musulman. En lui demandant de rendre les territoires qu’elle a gagné dans une guerre initiée par des pays arabes ce qui est de la même nature qu’une éventuelle demande des mexicains de leur rendre les territoires que les Etats Unis ont conquis dans leurs guerres. Tout en lui interdisant de se défendre contre l’Iran qui a mis sur le frontispice de sa constitution l’ardente obligation de faire disparaître Israël. Et les Etats Unis de prétexter que l’existence de millions d’arabes en et autour d’Israël sera la meilleure dissuasion contre une bombe musulmane (iranienne). Bernard Lewis (What went wrong ? ») a dit à plusieurs reprises, que « ce type d'immunité est imaginaire, car les musulmans sont convaincus qu’Allah saura faire la différence entre juifs et musulmans ».

 

La géopolitique ? Mais c’est très simple ...

 

 

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 11:23

 

Après avoir traité Benjamin Netanyahou (comme on sait) après avoir tiré à boulets rouges sur Israël (les 1.600 appartements et les constructions à Jérusalem, capitale d’Israël, non pas « colonie »), peut-être parce que la coupe était pleine et les contrecoups commençaient à se faire remarquer (perte d’une partie de l’électorat sensible à de bonnes relations USA-Israël), l’Administration Obama a, enfin, apostrophé l’Autorité Palestinienne :

 

Philippe Crowley, Assistant Secretary Press, Département d’Etat a lu le document écrit qui suit, le 8 avril 2010 :


"Regarding the Middle East, we are DISTURBED by comments of Palestinian Authority officials regarding reconstruction and refurbishing of Jewish sites in the Jewish quarter of Jerusalem's Old City.

"Remarks by the Palestinian ministry of Information denying Jewish heritage in and links to Jerusalem UNDERMINE THE TRUST AND CONFIDENCE needed for substantive and productive Israeli-Palestinian negotiations.

"We also STRONGLY CONDEMN the GLORIFICATION OF TERRORISTS..  Honoring terrorists who have murdered innocent civilians either by official statements or by the dedication of public places HURTS PEACE EFFORTS and MUST END.

"We will continue to hold Palestinian leaders ACCOUNTABLE FOR INCITEMENT."

Ne cherchez nulle part dans la presse américaine, internationale ou française la traduction ou l’évocation de cette déclaration.

 

 

 

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 18:31
 

« Fuck the Jews, anyway they didn't vote for us »

J. Baker to G.Bush 41

 


Quatorze mois depuis l’arrivée de l’Administration Obama aux commandes des Etats Unis (ne parlons pas du rôle ancien de « leader du monde libre » car elle a renoncé à cette prérogative et n’est plus intéressée par le monde libre …) et elle n’a rien à se mettre sous la dent pour montrer au peuple américain et au monde ce dont elle est capable. Relations avec la Russie, avec la Chine, avec des pays de l’Est de l’Europe, capacité d’influencer la problématique du réchauffement de la planète, tentative d’obtenir les Jeux Olympiques en 2016 à Chicago, rien, rien de rien … Quant aux affaires intérieures, réforme de la santé toujours en discussion (elle aurait dû être promulguée à l’été 2009 …), opposition face à la Cour Suprême, impossibilité de fermer Guantanamo, pas de reprise économique, marasme immobilier, chômage dépassant 10% de la population, on en passe et des meilleurs. Et ne parlons pas de l’Iran, après une attitude révoltante face aux iraniens qui contestaient les résultats d’une élection truquée, après avoir donné des ultimatums à répétition pour que l’Iran arrête sa course vers la bombe … on en est réduit à constater que les Etats Unis sont en train de se résigner à vivre avec un Iran nucléaire. Au grand dam des pays arabes « modérés » qui n’en peuvent, mais et en attendant le démarrage d’une course à l’armement nucléaire avec des participants de taille comme la Turquie, l’Arabie Saoudite ou l’Egypte.


On dit « l’Administration » mais en réalité on devrait dire BHO et sa cour, tous nourris (intellectuellement parlant) pendant des dizaines d’années par des défenseurs du tiers monde, anticapitalistes et, pour une très grande partie, antisémites. Alors, pendant ces quatorze mois cette Administration, dans sa quête d’atteindre le Graal musulman, ne pouvait que s’attaquer à Israël, proie facile car cet état est devenu le « punching ball » du monde entier. Guerre en Irak ? Le responsable … Israël. 30 conflits de par le monde (auxquels les musulmans y sont mêlés) ? Israël doit en être la cause ou, au moins, une cause dont la centralité par rapport au monde musulman est primordiale. Le commencement des difficultés pour les forces américaines en Afghanistan, Pakistan, dans le Golfe ? Bien que susurré … on commence à dire qu’Israël doit porter une certaine responsabilité …


Il était, donc, normal que BHO et ses juifs de cours (R. Emmanuel et D. Axelrod) ne trouvent pas de sujet plus important dès le premier jour de leur installation à la Maison Blanche qu’Israël. Et pour montrer au monde musulman que les Etats Unis changent d’orientation et de stratégie politique, on a imposé au premier ministre israélien d’accepter la fable de « deux états pour deux peuples ». Tout en sachant pertinemment que rien, sur le terrain, ne pouvait laisser penser à une fin heureuse sur ce plan. Les négociations de Camp David en 2000 et le refus d’Arafat des offres faites par E. Barak ? Oublions-les. Les rencontres de Taba en 2001 et les paramètres Clinton refusés de nouveau ? Oublions-les. Annapolis et les offres d’Olmert/Livni que M. Abbas a rejetés en expliquant (au Wall Street Journal) qu’il n’avait qu’à attendre pour obtenir mieux …) ? Oublions-les. Mais … voilà, il a quelque chose que l’on ne peut pas oublier, que l’on ne doit pas oublier, « la construction de logements dans les territoires disputés ». Disputés par qui ? Selon la résolution 242 du Conseil de Sécurité de l’ONU ayant mis fin à la guerre de 1967, des territoires disputés par la Jordanie et Israël et d’où cette dernière devrait se retirer sur des frontières sures et reconnues résultant d’une négociation des parties s’étant trouvées en guerre. Les « palestiniens » n’étaient pas mentionnés. Mais, la guerre au Vietnam terminée, les Chantiers Lumineux disparus, l’Irlande pacifiée, que restait-il comme cause majeure pour les gauches éclairées du monde entier ? La Palestine et, oh miracle, les juifs qui oppressaient les pauvres palestiniens après les avoir spoliés de leur territoire et de leurs droits. Vint l’Administration Obama qui s’est mise à poursuivre deux buts convergents : faire tomber le gouvernement « de droite » qu’Israël s’est choisi en 2009 et donner satisfaction aux musulmans du monde entier en créant, de toutes pièces, un nouvel état pour les palestiniens. Angle d’attaque : imposer à Israël le gel de toutes constructions en Cisjordanie et à Jérusalem. Quèsaco ?


Incapable de comprendre la liaison intime, indissoluble entre ce que l’on appelle « le peuple juif » et Jérusalem l’Administration a réussi ce qu’aucune force n’avait pas pu obtenir auparavant. « Diriger le peuple juif n'est pas facile : nous sommes divisés, obstinés, des individualistes qui ont cultivé la foi, l’esprit de contradiction et de la polémique à un niveau très élevé » (Shimon Peres). 96 % des israéliens ont considérés que BHO n’était pas ami d’Israël. Et une majorité dépassant les deux tiers s’est ralliée au gouvernement « de droite » pour dire au grand allié américain que la construction de logements à Jérusalem n’était pas de son ressort.


Cela a pris plus de six mois mais à la fin il semblait que BHO avait compris qu’il fallait faire machine arrière s’il voulait conserver une once d’influence pour faire avancer « la paix » au Proche Orient. Jusqu’à entendre le ministre des Affaires Etrangères de l’Arabie Saoudite expliquant que les « constructions en Cisjordanie ou les sanctions contre l’Iran » devaient laisser la place à des décisions plus immédiates. Appeler à une guerre contre l’Iran ne demandait pas d’autres formules.


Donc, BHO a fait machine arrière. Mais ce qu’il n’avait pas prévu c’est le fait que M. Abbas heureux de trouver un prétexte plausible pour ne pas continuer les discussions avec Israël (dont il sait pertinemment qu’elles ne mèneront à rien tant que le Hamas restera en charge de Gaza sous la coupe de l’Iran) a décidé de ne plus parler à Israël tant que cette dernière ne fait pas ce que BHO lui a demandé de faire. Au bout d’encore six mois … M. Abbas a consenti a commencer des « négociations indirectes » avec Israël. Après 17 ans de discussions directes, voilà le résultat obtenu par BHO ! Prix Nobel de la Paix en 2009.


Sur ce, puisqu’à aucun moment Israël ne s’est engagée à arrêter la construction de logements à Jérusalem, on apprend que 1600 logements seront construits dans les années à venir (sept étapes administratives pour obtenir le permis de construire, l’annonce était relative à la quatrième étape) dans le quartier Ramat Schlomo, au Nord de Jérusalem (non pas à Jérusalem Est comme on le dit sans avoir regardé une carte).


Le drame ? On a appris cela pendant la visite du Vice-President Jo Biden en Israël, visite qui devait mettre un peu de baume sur le cœur endolori des citoyens israéliens dont le désamour vis-à-vis des Etats Unis commençait a grandir parallèlement aux idylles que BHO voulait commencer avec le monde musulman. Et avec une hargne digne de causes meilleures, d’une manière totalement incompréhensible, selon les ordres de BHO ses supplétifs s’en sont donnés à coeur joie : haro sur le baudet ! En moins de trois jours on a créée de toutes pièce la plus grande crise entre Israël et les Etats Unis depuis 1975.

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Tandis que le Vice Président, réputé « meilleur ami d’Israël, allait se faire photographier à Ramallah, hilare, devant la photo de Yasser Arafat de triste mémoire.


  JER1589 s


Décryptage : toujours à la recherche d’une « victoire » l’Administration BHO n’a trouvé rien de mieux que vilipender Israël. Avec des formules d’un autre temps, en laissant croire qu’Israël détruit les efforts américains pour faire la paix au Proche Orient et, tenons-nous bien, en laissant croire que le sort des armées américaines en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen, dans le Golfe était mis en danger par le comportement d’Israël. Mais ce n’est pas nouveau ... Tous les régimes (ou presque), chaque fois qu’ils se trouvent devant des diffcultés économiques, politiques ou sociales ... tapent sur les juifs. Des exemples ?


Puisqu’il n’a rien pu obtenir des pays arabes (« des gestes » parallèles à ceux d’Israël pour créer un certain niveau de confiance) BHO a décidé d’utiliser le punching ball. Et puisque Israël vient de ré-consacrer une synagogue qui existait depuis le 13ème siècle et que l’armée jordanienne a dynamité en 1948 (« Pour la première fois en 1000 ans, pas un seul Juif ne reste dans le quartier juif. Pas un seul bâtiment ne reste intact. Cela rend le retour des Juifs ici impossible. » L’officier jordanien qui a commandé le dynamitage) tous les agnostiques du monde et l’Administration BHO protestent car cette synagogue se trouve dans la Vieille Ville de Jérusalem. Dont les jordaniens se sont emparés pendant la guerre de 1948 et où ils n’ont permis aucun accès aux juifs pour prier dans leurs lieux de culte.


Mais BHO, en réalité, n’a aucune possibilité d’agir au Proche Orient en s’aliénant Israël. BHO n'a pas de politique au Moyen-Orient sans les Israéliens. Quelle que puisse être la frustration de BHO quant au fait qu’Israël n’obtempère pas à ses demandes, Washington n'a aucune chance de faire démarrer des négociations qui exigent une coopération israélienne forte. Pour ne pas parler de sa perte d’influence s’il s’agissait d’une action directe d’Israël contre l’Iran - surtout maintenant, quand aucune tentative d’appliquer des sanctions à ce pays n’a des chances de réussir.


BHO empoisonné par sa propre éloquence, qui l’a convaincu que le monde entier est hypnotisé par ses discours, comme lui-même, n’a pas compris que son discours au Caire n'a donné aucun résultat perceptible. L'Iran a continué sa course vers la bombe, la Syrie ne s’est pas détaché de l’Iran et Israël qui en avait vu d’autres l’a laissé s’enfoncer dans une impasse. Tandis que les palestiniens ont continué à justifier l'observation d’Abba Eban selon laquelle « ils ne ratent jamais une occasion de rater occasion ». Pendant ce temps, BHO continue à être perçu par la majorité des israéliens comme quelqu’un qui applique des pressions outrageantes sur leur gouvernement tout en passant l’éponge sur l'intransigeance des dirigeants palestiniens et arabes. Cet épisode n’a fait que renforcer cette perception et BHO vient d’accomplir le contraire de ce qu'il espérait. Tout en oubliant ce que Ronald Reagan a dit un jour d’Israël : « En Israël, des hommes et des femmes libres démontrent tous les jours, la puissance de courage et de la foi. En 1948 quand Israël a été refondé, les « experts » assuraient que ce nouveau pays ne pourrait survivre. Israël est une terre de stabilité et de démocratie dans une région de tyrannie et d'agitation. »


Alors ? Pourquoi cette nouvelle attaque contre Israël qui, par ricochet, risque de lui coûter une partie des voix juives aux élections de novembre 2010 ? Voix qui se sont portées sur son nom à plus de 78% en 2008.


La réponse est simple et inscrite dans le DNA du parti démocrate depuis des dizaines d’années « Fuck the Jews, anyway they will vote for us » 

 

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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 11:10

 

« La Maison-Blanche confirme l’accord israélo-palestinien pour des pourparlers indirects. Les Etats-Unis confirment qu’Israël et les Palestiniens ont donné leur accord pour l’ouverture de négociations indirectes qui se dérouleront sous la médiation de l’envoyé spécial américain, Georges Mitchell. » Après plus de 17 ans de négociations directes (Oslo), après des changements majeurs intervenus, surtout, parce qu’Israël a eu le courage (l’inconscience ?) de prendre des risques, après la création de l’Autorité Palestinienne et son contrôle (presque complet au départ) sur les territoires perdus par la Jordanie et l’Egypte et disputés depuis la guerre de 1967, après les négociations ratées de Camp David (2000) et celles de Taba (2001) quand les palestiniens ont refusé pratiquement tout ce qui était possible de leur être proposé, après les dernières offres du gouvernement Olmert, après tout cela vint l’Administration Obama.


Pendant une très longue année cette administration a fait fausse route et son seul résultat au Proche Orient est la reprise de négociations indirectes entre Israël et, non pas les palestiniens mais ... la Ligue Arabe. Car, devant l’impasse dans laquelle les Etats Unis se sont fourvoyés, le « rais » Abbas (qui, selon la « constitution » palestinienne ne représente plus personne) a rompu avec ce qui était fondamental depuis la création de l’OLP, l’autonomie de décision pour se mettre entre les mains d’une Ligue Arabe dont les membres sont aussi amis les uns des autres que le colonel Khadaffi et le roi Abdallah de l’Arabie Saoudite ou les dirigeants du Tchad et ceux du Soudan ...

Et pour ne pas perdre une occasion de se taire, notre Bernard Kouchner national vient de saluer « la décision courageuse » prise dimanche par la direction de l’OLP, de reprendre des négociations indirectes avec Israël. « Cette décision est une preuve du sens de la responsabilité du leadership palestinien. Nous espérons que cette mesure va enfin promouvoir la paix dans la région ».


Il s’agit, d’évidence d’un théâtre d’ombres ... Qui peut encore croire à l’autonomie de décision de Mahmoud Abbas ? Qui peut ignorer que tout « accord » éventuel (même obtenu par des négociations « indirectes ») sera torpillé par le Hamas qui contrôle Gaza ? Qui peut encore croire à la volonté palestinienne de mettre fin au conflit, d’une manière définitive quand les supplétifs de l’Iran (la Syrie, le Hezbollah, le Hamas) pourraient déclencher des hostilités à tout moment ? Enfin, qui peut prendre au sérieux les nouvelles tentatives américaines (passons sur les positions curieuses de l’Europe exprimées par sa nouvelle représentante pour les affaires étrangères ... on se prend a regretter le clown Solana !) qui ont produit le contraire de ce qu’elles voulaient ?


Un théâtre d’ombres. Pendant les cinq dernières semaines, tout ce que l’Amérique peut mettre en ligne pour s’assurer qu’Israël ne fera pas cavalier seul du côté de l’Iran a traversé l’Atlantique et la Méditerranée, jugez-en : deux sous-secrétaires des affaires étrangères pour une « révision de la stratégie des deux pays », la patron de la CIA (L. Panetta), le Chef d’Etat Major des trois armées américaines (l’Amiral M. Mullen), le général responsable du Conseil de Sécurité américain (J. Jones), le président de la commission pour les affaires étrangères du Sénat (J. Kerry et ... à partir d’hier, le Vice-Président Jo Biden. Car, tout en faisant semblant de vouloir continuer les « négociations » entre Israël et les palestiniens, l ‘Amérique a compris (on la lui a fait comprendre ...) qu’elle n’a rien a attendre des pays arabes « modérés », ses alliés, car ceux-ci n’ont comme souci que l’Iran. Alors ... les ombres s’agitent sur une scène qui en avait vu d’autres ...


Mais que va-t-on négocier, indirectement ? Depuis que les palestiniens ont rejetés les offres d’Ehud Barak (Camp David, 2000), les « paramètres Clinton » (Taba, 2001), les dernières offres (Olmert, Livni 2007/8) on sait que ce qu’ils veulent (en réalité, la destruction par étapes d’Israël), c’est de perpétuer le conflit. Pour faire semblant, ils demandent le retour des « réfugiés » en Israël (qu’ils comptent être entre 4 et 5 millions et donc en mesure de détruire de l’intérieur le caractère juif d’Israël) et la totalité des territoires disputés (que les Nations Unies, par la résolution du Conseil de Sécurité 242 a confié pour gérer à Israël tant qu’il n’y aura pas de négociations de paix pour arriver à des frontières sûres et reconnues). Naturellement, Israël n’a aucune envie d’obtempérer. De plus, elle demande que la fin du conflit soit sanctionnée par la reconnaissance des palestiniens de son caractère juif ce qui interdira toutes demandes ultérieures des palestiniens, ses voisins, ou des citoyens arabes d’Israël. On voit bien que les demandes des uns sont divergentes par rapport aux positions des autres. Alors ?


Tout d’abord Les organisations palestiniennes basées à Damas, notamment le bureau politique du Hamas, ont annoncé lundi qu’elles repoussaient la décision de l’OLP d’entamer des négociations indirectes avec Israël sous l’égide des Etats-Unis.


Alors, on fait semblant. Les palestiniens, car ils ne peuvent rien faire tant qu’ils sont partagés entre Gaza et la Cisjordanie, d’un côté, tant qu’ils n’auront pas fait leur « révolution culturelle » pour accepter « l’autre », fût-il juif. Autant dire ... jamais, car musulmans comme ils sont, ils considèrent que le bout de terrain dont il est question (0,2% des territoires détenus par les états arabes du Proche Orient) fait partie de la dot qu’Allah leur a léguée et qu’elle ne peut pas être cédée à des infidèles. Israël, dont le souci principal se nomme Iran, sait qu’en acceptant les quatre mois (imposés par la Ligue Arabe ...) de palabres elle pourra se consacrer à ce que les grandes puissances n’ont pas eu le courage de faire : arrêter la course de l’Iran vers la bombe. Nécessité fait loi, dit-on. Et la nécessité est évidente : arrêter les mollahs qui jouent au Dr Folamour en annonçant tous les jours de la semaine la destruction certaine d’Israël.


Alors on fait semblant. L’Amérique d’Obama sourit en permanence au dictateur syrien au petit pied en espérant le détacher de l’Iran. Mais dès que deux sous-ministres américains quittent Damas après avoir annoncé l’arrivée d’un nouvel ambassadeur... la Syrie reçoit Ahmedinejad, le chef du Hezbollah et celui du Hamas pour ... sceller une nouvelle union sacrée contre Israël. Et pour préparer, sans doute, de nouvelles provocations pouvant servir à éloigner le spectre d’actions dont on parle pour arrêter la marche de l’Iran.


Alors on fait semblant. L’Amérique d’Obama courtise la Turquie qu’elle pense pouvoir arrêter de dériver vers une alliance avec l’Iran. Et la Turquie, membre de l’OTAN, ancien allié stratégique d’Israël mais ... musulmane, donne des leçons à Israël. La Turquie, qui se voulait pays séculier depuis Atatürk, où il y a maintenant 85.000 mosquées mais uniquement 65.000 hôpitaux ou cliniques. Qui a créé 4.000 écoles coraniques d’Etat et qui dispose d’encore plus de 40.000 madrasas privées. La Turquie qui s’offusque d’un projet israélien de mise en état, à titre de patrimoine historique, des tombeaux des patriarches à Hébron en assurant le monde entier qu’il s’agit de monuments musulmans ... Car, presque, trois millénaires après sa construction, les musulmans ont inventé leur religion et fait leur le culte d’Abraham et l’appelant Ibrahim : ce n’est qu’il y a une dizaine d’années que les palestiniens ont commencé à considérer la chose comme étant la leur, encore une tentative de délégitimer Israël en s’appropriant son histoire. Et naturellement, tous les agnostiques (de gauche) du monde prennent pour argent comptant les idioties turques. Quant à l’Administration Obama elle reste sans glas et sans action aucune quand elle assiste à la création d’un pacte qui ne dit pas son nom, Iran - Syrie – Turquie ... en attendant l’Irak.


Alors on fait semblant. Le ministre des affaires étrangères de l’Arabie Saoudite, non content d’avoir rabroué Mme Clinton une première fois en refusant, sans appel, sa demande de faire des « gestes » pour pouvoir bâtir une confiance réciproque avec Israël, dans une conférence de presse commune, le voilà qu’il récidive : « les sanctions contre l’Iran ne serviront à rien, c’est des actions immédiates qui sont nécessaires ». Faire plus pour appeler une action militaire contre l’Iran ce serait trop lui demander. Mais pour ce qui est d’Israël, on croit rêver quand on l’entend dire « L’Arabie Saoudite s’ouvre à la culture et va vers une société civile ouverte tandis qu’Israël a pris la voie inverse et devient de plus en plus religieux ». Le ridicule ne tue plus et l’Administration Obama ne sait plus sur quel pied danser avec cet important, très important, allié depuis plus de 70 ans ...

ooooooooooooo

Israël se trouve, sans doute, de nouveau dans son histoire récente devant une situation lourde de périls. D’un côté, plus personne (et surtout pas la gauche israélienne de « La Paix maintenant » ou celle qui a conduit aux catastrophiques accords d’Oslo) ne croit à la volonté des palestiniens de vivre en paix avec Israël. Et à supposer le contraire pour ce qui est des palestiniens de Cisjordanie, il semble plus qu’évident à tout le monde, que l’autre moitié des palestiniens (Gaza) fera capoter, sous l’impulsion de la Syrie, donc de l’Iran, tout éventuel accord. Ce n’est pas le moment pour Israël de s’attacher à des négociations fussent-elles « indirectes » sans objet et/ou sans perspective de réussite avec des gens qui ne représentent plus personne (Mahmoud Abbas) le tout sous l’égide d’une Administration américaine qui fait montre d’une totale absence de vision stratégique. Administration qui se déconsidère elle-même en envoyant son représentant G. Mitchell pour servir de « petit postier » entre Israël et les palestiniens qui, pourtant se trouvent à dix minutes les uns des autres. Mais elle doit faire semblant.


D’un autre côté, l’Europe (et N. Sarkozy premièrement – se souvient-on qu’il a invité B. Assad à la parade du 14 juillet il y a deux ans ?) n’arrête pas de cajoler le dictateur de Damas avec l’espoir de le voir se détacher de l’Iran et, pour faire bonne mesure, n’arrête pas de taper sur Israël. Et toute en faisant semblant de ne pas s’opposer à des éventuelles sanctions contre l’Iran, n’abandonne pas son commerce important (presque 30 milliards d’euros dans les deux sens en 2008) avec ce pays.


De plus, Israël constate que toutes les tentatives « d’engagement » des pays comme la Turquie, l’Arabie Saoudite, le Brésil même de l’Administration Obama se sont terminées par des échecs. Pour ne pas parler des tentatives de séduction faites à l’adresse de la Russie et de la Chine. La raison est simple, l’Amérique ne fait plus peur à personne et elle ne peut plus rien obtenir de personne depuis qu’elle s’est mise à demander pardon à tout le monde.


Alors ? Israël ne peut pas faire semblant. Elle aura, tôt ou tard, à couper le nœud gordien de la seule manière possible : une seule cible, l’Iran. Noé, un autre de ses patriarches disait « après moi, le déluge ».

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 16:36

 

 

Le 7 décembre 2009, le blog affichait un texte « Aujourd’hui, le 6 juin 2010 » qui se voulait prémonitoire : après avoir attendu des années pour que les grandes puissances, les Etats Unis en premier, se décident d’arrêter la marche de l’Iran vers la bombe, Israël aura (aurait …) agi. Depuis, à plusieurs reprises, des lecteurs du blog m’engagent à fournir des explications pouvant montrer que la marche d’Israël vers une action contre l’armement nucléaire de l’Iran est inexorable.

 

Programme militaire occulté pendant 18 ans, négociations sans aucun résultat pendant bientôt huit ans, tolérance admirative du responsable de l’Agence de Vienne (car fidèle musulman lui aussi …), évaluations successives et convergentes des « services » de plusieurs pays, tout démontre que l’Iran veut la bombe. Et ceux qui croient encore que des « sanctions » y feront quelque chose n’ont qu’à regarder ce que le Conseil de Sécurité de l’ONU a fait depuis que le dossier de l’Iran lui a été transmis par l’Agence de Vienne :

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En observant que (a) il n’y a eu qu’une voix contre et une abstention – les deux exprimant la position de deux pays musulmans et (b) que depuis l’avènement de l’Administration Obama aucune réunion du Conseil de Sécurité n’a traité du cas de l’Iran.

 

Le Directeur du « National Intelligence » des Etats Unis avait défini la capacité de disposer d’une arme nucléaire comme  la somme de trois éléments : disposer d’une production de matériau fissile (Uranium enrichi), disposer d’un concept testé de « militarisation » d’une tête nucléaire et disposer d’un vecteur de livraison. Pendant des années, on s’est occupé de la capacité de l’Iran d’enrichir de l’Uranium. Ce pays dispose maintenant de 2000 à 4000 kg (selon les évaluations des Inspecteurs de Vienne) d’Uranium enrichi à 5% et vient d’annoncer le début d’un enrichissement à 20% (soidisant pour pouvoir alimenter un réacteur de recherche pour pouvoir produire des isotopes radioactifs à utiliser en médecine). La voie vers l’enrichissement à plus de 90% (seuil pour une arme nucléaire) est ouverte avec la complicité des grandes puissances : elles savaient (et on fait savoir en septembre 2009) que l’Iran disposait d’un deuxième site d’enrichissement (Qom) dont les dimensions et les agencements intérieurs ne pouvaient être utiles qu’à l’enrichissement en vue d’obtenir le matériau fissile pour une arme nucléaire.

 

Il y a deux ans, en mars 2008, au cours d’une réunion d’information technique pour des diplomates, l’Agence de Vienne a relaté les efforts faits par l’Iran pour la militarisation d’une tête nucléaire. En effet, plusieurs « services » ont mis à la disposition de l’Agence des preuves corroborant le fait que l’Iran avait «un programme sophistiqué de recherche pour les technologies nécessaires pour construire et véhiculer une bombe ». Depuis, le Guardian (novembre 2009) a fait savoir urbi et orbi (fuite à l’Agence de Vienne) que l’Iran a testé la technologie « d’implosion à double impact » en utilisant des produits hautement explosifs et qui n’a d’intérêt que pour initier une réaction en chaîne pour une arme nucléaire. A moins de croire les iraniens qui expliquent la recherche comme nécessaire pour produire des airbags …

 

Restait le véhicule porteur. Au vu et au su du monde entier l'Iran poursuit actuellement un programme visant des systèmes de missiles de portée et de conception permettant de véhiculer une ogive nucléaire. Les responsables iraniens prétendent que les missiles balistiques de l'Iran sont des moyens de dissuasion défensive et ne sont pas liées à son programme nucléaire. Mais les missiles balistiques comme le Shahab-3, avec une portée d’environ  2.000 km, peuvent transporter une charge utile de 1.000 kg et, potentiellement, de transporter des armes nucléaires. Parmi ce qui a été raconté aux diplomates par l’Agence de Vienne il y a aussi le fait que « l’Iran a poursuivi des études pour modifier le missile Shahab en vue de son utilisation pour transporter une ogive nucléaire qui pourrait exploser à environ 600 m. au-dessus de sa cible »

 

Aujourd’hui, plus personne ne conteste la volonté de l’Iran d’avoir une bombe. Et quand on a entendu celle qui est devenue le ministre des affaires étrangères des Etats Unis dire « les Etats Unis vont assurer un parapluie à ses alliés au Proche Orient contre les missiles de l’Iran » elle ne s’attendait pas à se voir rétorquer qu’en matière de parapluies … l’histoire en a été pourvue …

 


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Depuis elle prône des sanctions (?!) jusqu’à se faire rabrouer par le ministre des affaires étrangères de l’Arabie Saoudite, Saud al Faisal, qui lui dit, en conférence de presse commune  « la menace posée par les ambitions nucléaires de l'Iran appelle une solution plus immédiate que des sanctions »

 

Devant un faisceau d’indices concordants laissant voir que les Etats Unis se sont résignés à vivre avec un Iran nucléaire (ou se trouvant au seuil), Israël n’a pas d’autre alternative (pour paraphraser N. Sarkozy) que « bombarder l’Iran ou se faire bombarder par l’Iran ». En effet, les menaces à répétition du clown de Téhéran quant à la destruction définitive d’Israël ne peuvent pas laisser indifférents les dirigeants de ce pays. Israël a été fondé par un peuple qui s’est acharné à survivre en dépit des persécutions, des pogroms et d’un génocide. Les dirigeants israéliens ont non seulement le droit mais l'obligation historique de prendre pour argent comptant les menaces d'un illuminé religieux qui attend avec impatience un second Holocauste en niant que le premier s'était passé.

 

Vient l’Administration Obama. Un an après, ceux qui se sont pâmés devant le « black, socialiste et tiers-mondiste » qui devait apporter la paix céleste aux peuples meurtris par son prédécesseur ont déchanté. Ils ont remarqué que ce qui touche Barack Obama ne se transforme pas tout en or, que souvent ça rouille et peut disparaître rapidement. Quand Obama décide qu'il va imposer la paix au Proche-Orient en tordant les poignets d’Israël et en faisant de la repentance devant les musulmans, on constate que sa naïveté et sa méconnaissance du sujet n’ont fait qu’aggraver les choses. Et quand cette administration a voulu convaincre (se convaincre) qu’une fois le conflit israélo-palestinien réglé l’Iran abandonnerait sa marche vers la bombe, elle a réussi à se ridiculiser devant tous ses alliés au Proche Orient, en Europe ou en Asie. A la grande satisfaction de la Russie, de l’Iran et de ses supplétifs fussent-ils syriens, du Hezbollah ou du Hamas. Qui ont compris qu’ils n’avaient rien à craindre de l’actuel locataire de la Maison Blanche. Son prédécesseur a été accusé d’avoir voulu exporter de démocratie. Obama, jusqu’ici n’a exporté que des échecs … Et pour ce qui est de l’Iran, souvenons-nous des mots de N. Sarkozy : « les propos de BO concernant le monde sans armes nucléaires n’ont apporté, jusqu’ici que plus d’Uranium enrichi et des déclarations des dirigeants de l’Iran quant à la destruction d’un état membre de l’Onu »

 

Pendant que l’Administration tergiverse Israël sait qu’elle doit agir. Elle sait aussi que le « jour d’après » ne sera pas simple : le Golfe va exploser ; le pétrole à 400 $ le baril sera une aubaine. Les troupes américaines en Irak, en Arabie Saoudite, partout dans le Golfe seront sous menace. L'économie mondiale, pas encore sortie de la crise de 2008/9 sera sérieusement touchée. Et, de toutes façons, les Etats Unis devront répondre aux menaces iraniennes pendant que l’Europe comptera les points et la chute des revenus du commerce avec l’Iran. Tout cela parce que pendant deux décennies l’Occident, par couardise, par intérêt économique, par espoir qu’Israël disparaîtra et que les problèmes du monde fussent-ils en Afghanistan, au Cachemire, au Sri Lanka, en Thaïlande et dans les autres endroits où des musulmans tuent d’autres musulmans ... seront réglés.

 

Sachant tout cela l’Administration Obama veut s’assurer qu’Israël ne fera rien. En moins d’un mois elle a envoyé en Israël des sous-secrétaires des affaires étrangères pour une « révision de la stratégie des deux pays », le Chef d’Etat Major des trois armées américaines (l’Amiral M. Mullen), le général responsable du Conseil de Sécurité américain (J. Jones), le président de la commission pour les affaires étrangères du Sénat (J. Kerry qui avait essayé d’aller en Iran mais a trouvé porte fermée ...) et ... à partir de lundi le Vice-Président Jo Biden. Réputé ami d’Israël. En oubliant qu’avant de devenir Vice-Président il a été, au Sénat américain, un des ceux qui ont voté le plus souvent contre l’application de sanctions à l’Iran. Et qui disait « comprendre la quête de l’Iran pour la bombe » en suggérant aux Etats Unis de signer un pacte de non agression avec l’Iran ... Le dernier pacte connu, celui entre Hitler et Staline a eu comme conséquence le démembrement de la Pologne et une guerre qui a fait 60 millions de morts. Les paris sont ouverts pour déterminer qui aurait pu être la Pologne si un tel pacte avait vu le jour ... Jo Biden qui avait menacé George Bush d’initier  une procédure de « impeachment » s’il bombardait l’Iran ...

 

Mais le ballet de hauts responsables américains en Israël ne pourra rien changer. Alea jacta est disait Jules César en faisant traverser le Rubicon à ses troupes. Adepte du fameux « si vis pacem, para bellum » s’agissant cette fois-ci non pas de paix (pas uniquement) Israël n’attendra pas le « smoking gun » (l’essai nucléaire auquel l’Iran voudra procéder dès qu’il aura la bombe, comme la Corée du Nord »).

 

Et un ancien conseiller de N. Sarkozy pour des problèmes géopolitiques d’écrire (Wall Street Journal, décembre 2009) : « Il est maintenant nécessaire de prévoir le pire et dès lors de planifier une forme d’action militaire contre l’Iran. Il est urgent que les Etats Unis, l’Angleterre et la France, avec Israël si possible (selon des modalités discrètes mais pouvant être déniées, naturellement) recherchent et arrivent à un accord quant à la manière d’arrêter le programme nucléaire iranien par des moyens militaires  » (O. Debouzy).

 

Faire confiance aux trois pays qui l’ont trahi à répétition ? L’Angleterre dès sa renaissance en armant l’armée jordanienne pour attaquer Israël dès le vote de partage de la Palestine par l’ONU ? Les Etats Unis qui ont forcé Israël de rendre à l’Egypte, une première fois, le Sinaï en 1956 ? La France qui lui a appliqué un embargo sur des avions achetés (et payés) en pleine guerre de six jours en 1967 ?

 

Il n’est pas interdit d’espérer ... mais il n’y a plus que 93 jours avant que le communiqué du gouvernement israélien réveille les grands de ce monde, BHO le premier. Car à la différence du monde occidental qui est prêt à toutes les compromissions avec les régimes dictatoriaux car il ne croît pas à sa capacité d’être victorieux, Israël y croit et sait que pour réussir il faut persévérer ...

 

 

 

 

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 18:23

Titre d’un ouvrage de Lénine, (1902) réponse du même, « Un pas en avant, deux pas en arrière » (1904, lettre à Rosa Luxembourg). Naturellement, il ne s’agit pas de sortir de la naphtaline (ou des « poubelles de l’histoire ») des écrits dont l’essentiel se référait à la création de l’état socialiste. Mais, rien ne semble plus intéressant que de regarder la situation dans laquelle se trouve Israël aujourd’hui en se posant la question « que faire ? »


Résumons. Depuis 2005 (désengagement de Gaza, voulu et organisé par Ariel Sharon – devenu, à l’époque, immédiatement fréquentable par tous ceux qui le considéraient auparavant comme d’extrême droite et comme « le boucher de Sabra & Chatila), quatre événements majeurs ont changés, totalement, les données du conflit israélo-palestinien.


Tout d’abord, la prise de pouvoir par un surrogat de coup d’état (sanglant, néanmoins) par le Hamas qui, par la même, a éliminé le contrôle de l’Autorité Palestinienne sur la moitié des populations et, grosso modo, un tiers des territoires destinés à la création d’un état. A la suite de quoi, Gaza a été transformé (avec la complicité passive de l’Egypte et celle active de l’Iran et/ou l’Arabie Saoudite) en mini « état taliban » visant deux objectifs majeurs : transformer le territoire en califat (en appliquant la charia) et se dédier à la destruction d’Israël. Et depuis le désengagement (2005) jusqu’en décembre 2008 le Hamas a tiré plus de 8.000 fusées (artisanales ...) contre le Sud d’Israël et a kidnappé un soldat détenu, maintenant, depuis plus de 1.000 jours. La fameuse (et toute puissante) communauté internationale n’a rien trouvé de répréhensible tout en s’accordant le droit de ne pas considérer le Hamas comme interlocuteur valable. Pas tellement parce que cette organisation veut la destruction d’Israël mais, surtout, parce qu’elle avait affecté le monopole de la puissance de l’Autorité Palestinienne.


Ensuite le déclenchement de la deuxième guerre au Liban (2006) par l’Iran et la Syrie via le Hezbollah. Une réponse, probablement mal préparée par Israël, a conduit néanmoins à la destruction d’un quart des infrastructures de l’état libanais et d'une très grande partie des réserves d’armement du Hezbollah. Cette guerre a aussi permis de comprendre trois choses : (a) l’état libanais, à l’encontre des résolutions contraignantes du Conseil de Sécurité, était pour l’essentiel contrôlé par le Hezbollah, (b) l’Iran et la Syrie pouvaient utiliser ce supplétif pour déclencher, à un moment d’eux choisi, toute action contre Israël prévenant aussi toute démarche vers une solution pacifique du conflit israélo-palestinien et (c) Israël n’était pas disposé à faire la différence entre le Hezbollah et l’état libanais.


Le troisième événement a été la réponse d’Israël aux tirs de fusées en provenance de Gaza en décembre 2008/janvier 2009. Réponse « disproportionnée » selon la communauté internationale qui, sous l’influence du lobby pro-arabe sur la Commission des Droits de l’Homme a fait établir un rapport (Goldstone) accusant surtout Israël de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Le tout fondé sur des témoignages glanés sur place en présence des accompagnateurs du Hamas ... Depuis, Gaza est un territoire bloqué par Israël et par l’Egypte mais, naturellement, on en vilipende uniquement Israël qui pourtant assure la survie de plus d’un million d’êtres pour éviter une catastrophe humanitaire annoncée cependant tous les mois par tous ceux qui veulent du bien aux pauvres palestiniens.


Le quatrième événement, peu connu dans le monde, a été la reprise par Ehud Olmert et Tzipi Livni des offres faites par Ehud Barak à Yasser Arafat au Camp David en 2000 et refusées par ce dernier sans aucune contreproposition. En réalité, non seulement une reprise des offres mais une amélioration substantielle de ce que l’on avait appelé à l’époque « les paramètres Clinton » Mais comme Arafat, l’actuel « raïs » palestinien (M. Abbas) a traîné des pieds et les a refusées jusqu’au moment où des élections ont rendu le pouvoir à une coalition de centre-droit dirigée par B. Netanyahou. Nouveau gouvernement beaucoup moins enclin que le précédent pour continuer des discussions sans fin avec une Autorité Palestinienne qui ne contrôle rien, sérieusement, séparée d’un Hamas qui aura la possibilité de faire capoter tout éventuel arrangement.


Et nous voilà arrivés à une situation surréaliste. Une nouvelle administration américaine (dont le moins que l’on puisse en dire) pas très favorable à Israël se propose, dès son premier jour de gouvernement, de régler le conflit israélo-arabe. Un nouveau gouvernement israélien, élu sur une plateforme qui tient compte de l’échec de toutes les tentatives pour arriver à un accord depuis Oslo (1993), sensible (en partie) aux désidérata de l’allié américain, accepte le principe (aujourd’hui honni par la majorité des israéliens) de « deux états pour deux peuples » et, en se reniant par rapport aux promesses qui l’ont fait élire, accepte de « geler » les constructions dans des blocs d’habitation en Cisjordanie (qui, dans tout éventuel possible arrangement, resteraient sous contrôle israélien suite à un échange de territoires). L’administration américaine, ignorant les réalités politiques israéliennes, essaie d’obtenir plus d’Israël et tout ce qu’elle obtient c’est d’unir 96% des israéliens dans la conviction que BHO n’est pas un ami du pays.


Pourtant dans cette curieuse situation où, d’un côté, on s’efforce d’obtenir la création d’un état avec l’aide d’une administration américaine qui se détache d’Israël pour prendre fait et cause pour la « souffrance des palestiniens » on voit, d’un autre côté, le leadership palestinien refuser (cette fois-ci non pas des offres) d’entrer en négociations avec Israël pour un règlement final du conflit. Ubu Roi, celui qui a le plus à gagner refuse de parler à celui qui a le plus à perdre. Il est instructif d’apprendre, dix ans après, par un écrit de Shlomo Ben-Ami (ministre des affaires étrangères du gouvernement Barak et protagoniste des discussions du Camp David et, ensuite, Taba) ce qui s’est passé réellement à l’époque.


« Israël a agi, en réalité, en vertu de conceptions erronées quant aux intentions de l'autre partie ... Oslo avait constitué un méga camouflage derrière lequel Arafat a exercé des pressions politiques et employé des méthodes terroristes prévues pour saper la notion même d'une solution à deux États. Pendant qu’Israël passait en retraite d'une «ligne rouge» à une autre, acceptant de céder finalement à peu près tout ce que les Palestiniens souhaitaient, y compris une grande partie de Jérusalem, à aucun moment les Palestiniens n’ont fait de contreproposition. Cela a été le nœud de la question. La partie israélienne se trouve toujours devant un dilemme: ou bien arrêter les discussions parce que cette bande n'est pas disposée à proposer quoi que ce soit, ou nous devons faire une concession de plus, en espérant qu’elle sera la bonne. A la fin, toutefois, même la personne la plus modérée arrive à un point quand  elle admet que l'autre ne souhaite pas la fin des discussions. Demande après demande, ils ne sont jamais satisfaits. Et ils souhaitent, en réalité, que la discussion ne se termine jamais. En réalité, plus que leur état, les Palestiniens veulent condamner le nôtre ... Ils veulent laisser ouverte, pour toujours, la possibilité qu’à un moment donné quelqu'un trouverait le moyen de détruire l'Etat juif  » Le témoignage de quelqu’un qui a plaidé plus que tant d’autres pour la solution « deux états pour deux peuples » est décisif pour la compréhension de la situation : les palestiniens ne veulent pas d’un état, ils attendent la destruction d’Israël tout en bénéficiant d’une aura de victimes et de la compassion de la communauté internationale qui, depuis 1948, a contribué à leurs survie avec plus de 1.000 milliards de $ en créant une « race » nouvelle de refugiés « de père en fils, où qu’ils se trouvent et sans limite pour le nombre de générations depuis leur création ». Unique au monde, occupant des dizaines de milliers de fonctionnaires de l’ONU et fournissant la matière pour transformer Israël en état paria.


Les palestiniens ne veulent pas, vraiment, avoir un état. On se perd en conjectures quand on constate que le ban et l’arrière ban de la communauté internationale fait semblant de ne pas admettre cela et met en accusation Israël pour les « souffrances des palestiniens ». Et quand cela devient évident pour une administration américaine qui se trouve incapable de comprendre que la raison pour laquelle les palestiniens ne veulent pas « négocier » n’est autre que la volonté de maintenir le status quo actuel qui leur est parfaitement favorable : ressources pratiquement illimitées, aucune responsabilité internationale, fin de partie espérée (même si reportée dans le temps) correspondant à ce qu’ils souhaitent : la destruction d’Israël.


La situation actuelle est surréaliste, aussi, pour des raisons géopolitiques. L’Iran. Prétendant à une hégémonie chiite sur le Proche et Moyen Orient, dépensant sans compter les énormes revenus du pétrole pour asseoir  sa domination de l’Inde jusqu’à l’Atlantique en utilisant les insurgés en Afghanistan et les terroristes en Irak, le Hezbollah au Liban, le Hamas à Gaza, en s’installant au Soudan et dans la Corne de l’Afrique, en créant des têtes de pont dans l’hinterland américain (Amérique du Sud – Venezuela, Bolivie, Nicaragua) l’Iran défie le monde entier avec son programme nucléaire que plus personne ne croit être uniquement civil. L’administration américaine l’a très bien compris mais comme elle voulait «faire d’une pierre, deux coups » elle a tenu (R. Emmanuel, avril 2009) un discours simple à Israël : « occupez-vous des palestiniens, nous nous occuperons de l’Iran ». Situation surréaliste ? Les Etats Unis se sont ridiculisés avec les ultimatums successifs prodigués à l’Iran, avec de menaces de sanctions impossibles à décréter par l’ONU (opposition Russie et Chine) et inopérantes (l’Europe  est partie prenante à un commerce de plus de 50 Milliards de $ avec l’Iran) et tout en ayant obtenu d’Israël de nouvelles concessions ... ils n’arrivent pas à convaincre les palestiniens qu’il est temps de mettre une fin au conflit. Et que trouve BHO à dire ? Une nouvelle équivalence moralement ignoble entre les gestes qu’Israël n’aurait pas le courage de faire et l’incapacité des palestiniens (partagés entre l’Autorité palestinienne et le Hamas). Même l’Egypte s’est décidé de « sauter le pas » et faire en sorte que son blocage de Gaza devienne hermétique.


Un pas en avant, deux pas en arrière. Un gouvernement de centre-droit en Israël accepte la création d’un état palestinien et, comme mesure pouvant créer une ambiance propice aux négociations, accepte de suspendre pendant dix mois toute construction en Cisjordanie. Un pas (énorme ...) en avant.


L’Autorité Palestinienne, pour travestir son refus d’arriver à un accord final (aussi parce que le Hamas qu’elle ne contrôle pas n’en voudra jamais) conditionne d’éventuelles négociations à l’obtention de réponses  à des demandes comminatoires qu’elle n’a jamais mis en avant dans toutes les négociations depuis Oslo. Deux pas en arrière.


Une année seulement s’est écoulée depuis que l’homme qui a mis fin à la tyrannie de Saddam Hussein (au grand désespoir de tous les pacifistes qui n’avaient rien à faire des souffrances infligées par ce dictateur aux kurdes ou à d’autres populations de l’Irak) a quitté le pouvoir à Washington. Et une année s’est écoulée depuis que l’Amérique s’est retirée de tous les fronts importants des affaires internationales. L’Europe de l’Est (bouclier anti-missiles en Pologne et Tchéquie), l’Irak où l’annonce du départ des troupes américaines fait attendre les terroristes sunnites subventionnés par l’Iran et la Syrie, l’Afghanistan où après avoir attendu dix mois pour faire justice aux demandes des militaires pour de nouvelles troupes on annonce qu’elles quitteront le terrain en juin 2011 (elles ne sont pas encore arrivées ...), le Pakistan qui risque de tomber entre les mains des talibans locaux (qui deviendraient les maître des armes nucléaires du pays), les pays d’Amérique Latine où on laisse champ libre aux nouveaux révolutionnaires (Chavez, Morales, Noriega) et où on s’aliène un pays démocratique, le Honduras, pour soutenir un apprenti dictateur qui visait une élection à vie ... Les Etats Unis, puissance impériale est en train de revivre l’isolationnisme d’un Woodrow Wilson ou de F.D. Roosvelt avant d’être attaqué par le japon. Que faire ? Qui, pas uniquement Israël, peut leur faire encore confiance ?


Situation surréaliste : pendant ce temps, un état peuplé par un pour mille de la population mondiale se hisse aux premières places de la planète. Premier constructeur de drones au monde, micro satellites largables d’avion, radars à aperture synthétique permettant de voir d’une distance de 500 km des objets de 70 cm., découvertes valant des prix Nobel, spécialisation en nanotechnologies, quatrième industrie d’armement du monde, fournisseur de munitions intelligentes et télécommandables (mortiers ou autres), la liste est longue de ce qu’Israël a été obligé d’inventer pour avoir l’avance technique et technologique nécessaire pour compenser les ressources humaines et matérielles des ennemis ayant juré sa perte. Tout en ayant construit une économie robuste qui est sortie de la dernière crise financière avant tous les autres pays, qui annonce un PIB/capita parmi les plus élevés du monde, entièrement autosuffisant pour ses besoins alimentaires (cas unique dans l’histoire des nouveaux pays après la deuxième guerre mondiale) et tout cela en ayant supporté cinq guerres pendant lesquelles ses ennemis voulaient sa totale destruction.


Comment croire que ce pays dont la rage de vivre n’a d’égale que celle de ceux qui on survécu à la destruction des juifs en Europe, comment croire que ce pays puisse être dupe des intentions réelles de ses ennemis ou de certains de ses « amis ». Et que doit-il tirer comme conclusions de l’incapacité d’agir efficacement (ou le manque de volonté car ayant changé de concept politique quant aux affaires du monde) d’un pays, toujours le plus puissant du monde mais dirigé par un président dont le cursus, les affinités et l’environnement intellectuel et politique l’ont toujours gardé éloigné de tout attachement à la démocratie israélienne, nourrit comme il a été par ses lectures de Frantz Fanon qui l’ont attaché aux « damnés de la terre »


Que faire quand l’Amérique ne fait pas un pas en avant mais deux en arrière ?

 

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Published by martin
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