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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 20:29

Texte mis en ligne par Liberty Vox
Les cris de vierges effarouchées poussés par les grands de ce monde depuis deux semaines ont de quoi surprendre. Si l’on comprend bien, ce n’est pas seulement ce que les Russes font en Géorgie qui est en cause mais ce que cela révèle. En réalité, c’est la surprise des démocraties occidentales qui doit surprendre !

Car, enfin, qu’attendait-on du dictateur russe actuel (je sais, on dira qu’il a respecté la constitution et après deux mandats totalisant 8 années il a quitté le pouvoir suprême… mais pour devenir premier ministre, probablement pour les deux mandats de son acolyte devenu président par sa grâce…) ? L’homme avait annoncé couleur en lançant sa formule «la plus grande tragédie du 20ème siècle a été la disparition de l’Union Soviétique». Pas les deux guerres mondiales totalisant 60 millions de morts, pas la destruction des juifs en Europe, pas la révolution culturelle en Chine et ses 70 millions de morts, non, la disparition de la structure qui a opprimé, détruit et asservi non seulement le peuple russe mais aussi la moitié de l’Europe qui a eu la malchance de se voir abandonner par les Etats-Unis et l’Angleterre à la fin de la deuxième guerre mondiale. Dès lors, quoi de plus normal que de vouloir faire renaître de ses cendres ce cadavre auquel on voudrait donner l’éclat d’un Phoenix. Et pour cela, une seule solution, brutale, certes, mais efficace face aux démocraties occidentales qui n’ont jamais eu le courage de s’opposer aux dictateurs : envahir les pays qui lui étaient auparavant soumis et pour commencer, puisque l’occasion s’y présente,
la Géorgie.

Mais il n’y a rien de nouveau dans la dernière aventure militaire russe. Depuis 1948 (coup de Prague, mainmise par des communistes du pouvoir politique) tous les dix ans, ou presque, la Russie a envahi un pays : Hongrie en 1956, Tchécoslovaquie en 1968, Afghanistan en 1979. Chaque fois la raison était différente mais l’intention la même : soumettre une population, un pays, à la volonté du Kremlin. Une pause est intervenue ensuite car il y a eu l’implosion de l’Union Soviétique, trouvant son origine dans la course aux armements imposée par Ronald Reagan d’un côté, et dans l’incapacité du système d’économie planifiée de faire face aux besoins de la population du pays mis en évidence de plus en plus par l’intrusion massive des nouveaux moyens de communication, Internet entre autres.

Ce ne devrait pas être une découverte que de voir un pays évoluant rapidement vers des structures dictatoriales anciennes se lancer dans ce qu’il sait faire de mieux : envahir et opprimer. Surtout après avoir vu M. Poutine et son armée à l’œuvre en Tchétchénie, dont les soldats, dépenaillés, réputés pour la consommation de vodka et dont le taux de suicides est le plus élevé de toutes les armées qui tiennent des statistiques, semblent plutôt sortis d’asiles de pauvres. Qui n’a pas vu Grozny après la «pacification» russe de 2002 ne peut comprendre la vraie nature du pouvoir russe. Et il s’agit bien du pouvoir russe car Grozny (c’est de là que vient son nom) avait déjà été détruite au temps des tsars et pour les mêmes motifs : s’assurer le contrôle du Caucase et faire comprendre aux autres «confettis» s’y trouvant ce qui pourrait leur arriver. Il y a permanence de la méthode russe, elle a été améliorée (!?) pendant la période soviétique et Poutine, bien formaté pendant ses années d’espion du KGB, n’est que l’héritier de l’histoire de l’oppression de la Russie. Du temps de Staline on avait déporté les habitants de la Tchétchénie car pendant la guerre, de 1942 à 1944, les troupes allemandes qui s’y trouvaient n’eurent pas de mal à faire collaborer une population opprimée depuis la création de sa «république» en 1922. Ensuite, pour faire bonne mesure, une fois les habitants déportés, on supprima «la république Tchétchéno-ingouche» pour la recréer en 1957 cinq années après la mort du dictateur. Avant la « pacification » de Poutine, en 1998, cette république comptait 400.000 habitants. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 200.000.

L’exemple de la Tchétchénie est là pour nous faire comprendre ce qui pourrait se passer avec la Géorgie. Certes, les Russes n’aiment pas les Caucasiens en général (les Mongoles ou les Chinois que l’on appelle «chiens jaunes» non plus). Il suffit de vivre quelque temps dans une grande ville (Moscou par exemple) pour comprendre le mépris et la haine exprimés par «les autochtones» à l’adresse des Caucasiens. Curieux, les 70 années de communisme et de fraternité des peuples de l’Union Soviétique n’ont pas eu beaucoup d’influence pour changer les choses.

Alors, pourquoi la surprise ? De Bush à Chirac, de Mme Merkel à Tony Blair, tous les dirigeants des démocraties occidentales étaient convaincus d’assister après l’implosion de l’Union Soviétique à la création d’une Russie dont la marche vers la démocratie était inéluctable. Bon, il y avait aussi Schröder mais ce dernier s’est prostitué politiquement en devenant l’employé du gouvernement russe (Président du Conseil de Surveillance de Gazprom …). Il y a aussi notre Jacques Chirac qui fait des voyages (tous frais payés, c’est normal) en Russie à l’invitation de son ami Poutine pour «étudier les problèmes énergétiques des années à venir» quand il ne va pas fêter l’anniversaire de celui-ci (deux visites en moins de trois semaines en 2007…). On peut, sans grande difficulté partager les dirigeants occidentaux en deux catégories : les profiteurs (à titre personnel) et les «apaiseurs» qui vous démontrent qu’il ne faut pas fâcher le Russie, qu’il faut l’accompagner dans son chemin vers la démocratie.

Ce que la Russie vient de faire en Géorgie (tout en se moquant comme d’une guigne des réactions «fermes» de l’Occident) illustre parfaitement le renoncement mondial, mais surtout américain, à ce qu’a été la Doctrine Truman : «C’est la politique des Etats-Unis d’aider les peuples qui veulent être libres et qui résistent aux tentatives de minorités armées ou aux pressions externes de les subjuguer».

Devant l’énormité de la réaction disproportionnée russe aux incursions géorgiennes, elles mêmes justifiées par les provocations des protégés de Moscou (Ossétie du Sud), il y a d’un côté ceux qui défendent la Russie : Agents d’influence (Schröder), «intellectuels» émargeant à des budgets russes (Marek Halter qui préside deux universités russes et qui est le patron d’un mensuel franco-russe et qui se demande «Que veut l’Amérique en Europe»), géopoliticiens autoproclamés ou gloires anciennes de la «kremlinologie» (Hélène Carrière d’Encausse), les voilà tous qui vous démontrent que l’agresseur est la Géorgie et que la Russie ne pouvait pas se laisser marcher sur les pieds comme l’Occident s’est trop habitué à le faire. Et de vous expliquer que l’on a ouvert une boîte de Pandore en acceptant l’indépendance du Kossovo car cela donne la possibilité, par exemple à l’Ossétie du Sud ou à l’Abkhazie de se réclamer de la même «jurisprudence» en demandant la séparation d’avec la Géorgie. Nuance… ces deux «républiques dissidentes» veulent se rattacher à la Russie. Depuis des lustres la Russie accorde des passeports à ces populations pour pouvoir dire ensuite qu’elles sont ethniquement russes, créant un précédent qui pourrait être utilisé du côté des trois républiques baltes qui ont échappé à sa mainmise, mais dont une partie de la population est d’origine russe car leur territoire a été colonisé par la Russie à la faveur de leur occupation à la fin de la deuxième guerre mondiale. Quant à l’indépendance de Kossovo, à partir du moment où l’Europe a pris parti (merci Monsieur Kouchner) en faveur des Albanais musulmans contre les Serbes orthodoxes… les jeux étaient faits !

Il y a ensuite les «apaiseurs». Ils commencent par ne pas s’apercevoir que les colonnes de tanks russes avaient quitté leurs bases en se mettant en route vers la Géorgie trois jours avant la réaction géorgienne qui a mis le feu aux poudres. Ensuite ils font semblant de ne pas entendre les discours fulminants, qui reprennent mot pour mot les archives de la diplomatie soviétique, et parlent des «monstres criminels comme Saakachvili» ou des «Géorgiens que l’odeur du sang fait marcher». Et, quand les Russes les mènent en bateau au sujet de leur éventuelle retraite de Géorgie, ils vous expliquent que l’essentiel était d’obtenir un cessez-le-feu (Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner). Ils vont à Tbilissi proclamer le droit de la Géorgie à entrer dans l’OTAN en oubliant qu’au dernier sommet de cette organisation ils s’y sont opposés (Angela Merkel). Mais dès qu’il s’agit de faire quelque chose de sérieux, les mêmes disent qu’il ne faut pas couper les contacts avec la Russie. Tout cela découle de l’espoir (méthode Coué) que le pire n’arrivera pas. Comme si on pouvait faire confiance aux paroles des tyrans qui signent des traités et qui les transgressent sans vergogne. Ceux qui savent qu’il ne faut pas faire confiance aux Russes sont ceux qui ont vécu sous le talon de cette hydre qui refait ses tentacules dès qu’elle en perd une (les trois pays baltes, la Pologne, l’Ukraine, etc.).

Mais ce qui est incompréhensible, c’est l’incapacité des démocraties de réaliser que la Russie, une fois requinquée par ses exportations de pétrole, gaz et autres métaux, une fois débarrassée, avec l’argent américain, d’une partie de ses cimetières de sous-marins nucléaires et de moult missiles qui rouillaient sans entretien, fait ce qu’elle veut et ne fera rien de ce que l’Occident attend. Sur tous les fronts d’aujourd’hui : Afghanistan, Irak, Liban, Hezbollah, Gaza, Hamas, Soudan, Somalie, la Russie se trouve toujours du côté adverse à l’Occident : en fournissant des armes, en s’opposant aux sanctions contre l’Iran pour arrêter son programme nucléaire militaire, bref, en s’opposant à tout ce qui pourrait atténuer ou faire disparaître les menaces «extrémistes» (pour ne pas dire islamistes, pour ne fâcher personne…). De plus, l’Occident ne réalise pas que le peuple russe est intoxiqué, empoisonné, anesthésié par le discours belliqueux de ses dirigeants tant il veut croire à la renaissance d’une Russie forte. Forte de quoi ? Une économie sans industrie autre que celle des matières premières, une population en perdition dont le nombre pourrait se voir réduit de moitié dans les quarante ans à venir (75 millions au lieu des 150 actuellement, une espérance de vie à la naissance pour les hommes de moins de 60 ans -moins que le Mexique- en raison de causes multiples parmi lesquelles la violence, l’alcoolisme, un système de soins déplorable, etc.). Mais une industrie de l’armement qui fait feu de tout bois et qui vend, sans discernement aucun, tout ce que l’on veut à qui le veut : l’Iran et la Syrie (qui transfèrent les armes au Hezbollah et au Hamas), le Venezuela du clone castriste (qui vient d’apporter son appui à l’invasion russe en Géorgie), des pays d’Afrique qui n’assurent plus la subsistance de leurs populations mais qui s’arment. On en passe et des meilleurs. Mais ce pays où les milliardaires sont légion (à condition de ne pas s’opposer à M. Poutine) n’arrive pas à électrifier des milliers de villages où à assurer à ses habitants une vie normale. Parler de tout cela peut paraître futile. Et on trouve tout de suite des gens d’origine russe pour vous expliquer que vous n’avez rien compris de ce qu’est ce grand pays, européen de surcroît…

Que va-t-il se passer ? L’intégrité territoriale de la Géorgie sera sacrifiée sur l’autel de la realpolitik car l’Europe dépend pour ses besoins énergétiques de la Russie (n’ayant pas voulu suivre le conseil de Ronald Reagan qui, en son temps, avait esquissé ce qui allait se passer). Mais, vous dira-t-on, si on veut réduire la dépendance à la Russie, il n’y pas d’autre possibilité que de s’adresser à l’Iran. C’est déjà fait (Suisse, Italie et même l’Allemagne qui attend son tour). Alors, les sanctions contre l'Iran ? D’un côté les Russes s’y opposent et de l’autre, individuellement, les pays européens n’y trouvent pas leur intérêt. Et voilà l’Europe qui se prépare à changer «un bigle pour un bosco» comme on dit à la Royale : rien d’anormal car l’islamofascisme vert remplace le totalitarisme rouge…

Et vogue la galère… Et comme le disait si bien le Sapeur Camember, «quand les bornes sont franchies, il n'y a plus de limites».

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13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 08:57

Requiem pour la Géorgie

 Pendant que 4 Milliards de téléspectateurs regardaient l’époustouflante cérémonie d’ouverture  des Jeux Olympiques de Pékin, une colonne de blindés russes pénètre dans le territoire géorgien et, après 30 km arrive à la capitale de l’Ossétie du Sud, Tskhinvali qu’elle « libère » après avoir bombardé et tiré sur tout ce qui bougeait aux alentours.

La cérémonie de Pékin, par son faste et son formidable déroulement devrait nous donner froid dans le dos : rappeler les Jeux de 1936 quand les nazis ont inauguré le style ou rappeler les manifestations à la gloire du Guide Nord Coréen (d’abord le père et ensuite le fils, comme dans toute république populaire et … dynastique). Mais puisqu’elle a eu lieu, puisqu’elle a été préparée par le prochain maître du monde, la Chine, ne boudons pas notre plaisir même si notre Président a été éconduit par leur No1 et reçu, seulement, par le chef du gouvernement chinois. Auquel il a parlé, sérieusement, des droits de l’homme …

Depuis trois jours les radios et les télévisions du monde entier nous font savoir que la Russie est en train d’écraser le Géorgie. Et les journaleux bien pensants du Figaro ou de Marianne s’évertuent à démontrer, l’un plus que l’autre, que la Géorgie a agressé l’Ossétie du Sud. Quand l’idiotie se double de l’ignorance … nous n’avons qu’accepter de voir nos cerveaux bien lavés. Car, enfin, c’est bien l’Ossétie du Sud qui a fait sécession voulant se détacher de la Géorgie, non ? Bien sûr, George Bush lève la voix pour dire que les relations USA-Russie vont en souffrir, bien sûr notre Kouchner national prend l’avion pour prêcher la bonne parole aux « deux parties ». Impossible de lui faire dire que l’agresseur est russe, impossible de lui faire dire que la Géorgie est agressée et cela depuis des lustres …

Oui, depuis des lustres. En 1922, le petit père des peuples, Staline, redessine les frontières de la poussière de petits pays du Caucase et intègre l’Ossétie à la Russie. Mais … originaire de Géorgie, il crée une « Ossétie du Sud » qui reste en Géorgie. 100.000 habitants à l’origine se partageant entre géorgiens (un tiers) et ossètes, 4.000 km² de superficie, voilà un pays de cocagne où il fait bon vivre et où les gens vivent en paix. Et dont la capitale s’appelle de 1934 à 1961 « Stalinri ». En 1989, à la faveur de l’écroulement de l’empire soviétique, une partie des Ossètes préfèrent se rattacher à la Russie, la « république » fait sécession et après trois années de guerre, sous l’influence de l’Europe, des Etats-Unis et de l’OSCE, on fige la situation et on confie à la Russie la mission « d’observateurs » pour maintenir la paix. On assigne au loup la tâche de garder les moutons … La Géorgie est amputée d’une partie de son territoire, exode massif des géorgiens vivant en Ossétie du Sud (surtout ne pas prononcer les mots « nettoyage ethnique ») et le territoire est administré depuis par un « gouvernement ossète » qui n’est reconnu de personne au monde sauf de la Russie …

Et comme on connaît la pugnacité de l’Europe quand il s’agit de respecter la légalité internationale …les choses sont restées sans solution depuis plus de quinze années avec l’espoir que la Géorgie avalera la couleuvre. Comme elle devait avaler une deuxième couleuvre, l’Abkhazie – une autre république qui, avec l’aide généreuse de la Russie a fait sécession aussi. Ce qui, dit en passant, donne à la Russie un morceau de rive de la Mer Noire.

 Malheureusement (pour la Géorgie …) un oléoduc a été conçu et construit pour acheminer le pétrole de la Mer Caspienne (Bakou) jusqu’au port turque sur la Méditerranée, Ceyhan. Et cet oléoduc évite de passer par la Russie ce qui fait que son propre oléoduc (« le Nord ») se retrouve sans but lucratif (ou sérieusement réduit). En fait, cela revient à mettre une croix sur le transport de pétrole azerbaïdjanais vers Novorossisk par l’oléoduc russe … Ce qui fait dire à un expert «Pour éviter ce genre de revirement à l’avenir, la Russie doit en premier lieu augmenter son influence dans les pays de la CEI, dans les anciens pays socialistes et en Turquie » Nous y voilà, la Russie fait donner ses armées, écrase la Géorgie et « libère » la capitale d’Ossétie du Sud dans le silence assourdissant de l’Europe qui … accepterait, in fine, que la Russie s’assure la main mise sur cette voie d’approvisionnement. L’Europe qui depuis la fin des années 70 s’est livrée, pieds et poings liés, à la Russie pour satisfaire ses besoins en gaz et pétrole. Certes, on a bien essayé de trouver un modus vivendi avec les russes au moment de la conception de l’oléoduc. Mais tout accord devenait hypothétique au fur et à mesure que s’affirmait la tendance du gouvernement russe présidé par Vladimir Poutine de rétablir une autorité étatique ferme, entre autres, sur les productions des hydrocarbures et surtout de ne pas tolérer d’intrusion politique étrangère dans les affaires économiques russes.

Quant au tracé de l’oléoduc, on rappelle que lors de l’inauguration du canal de Suez, en 1869, parmi les félicitations dont on abreuvait Ferdinand de Lesseps, Bismarck lui fit remarquer qu’il avait fixé géographiquement le lieu des futures batailles. Bismarck n’avait pas tort, l’analogie est parfaite pour l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan.

Ce qui a surpris les occidentaux a été la rapidité et la réaction russe disproportionnée à la soidisant « agression » géorgienne. En fait, tout était préparé et depuis longtemps : plus de 60.000 hommes de troupe attendant l’arme au pied du côté de l’Ossétie du Nord (en Russie), plus de 300 chars d’assaut, une armada de chasseurs bombardiers et de avions gros porteurs transportant des moyens de locomotion et des pièces d’artillerie, bref, « la réaction » était préparée, elle n’attendait que « l’action », le prétexte.

Mais … chasser le naturel, il revient au galop ! La diplomatie russe commence à afficher des comportements qui ne peuvent que rappeler celle qui l’a précédée, la diplomatie soviétique. Non seulement c’est la Géorgie qui est l’agresseur mais … au Conseil de Sécurité on entend, ébahi, le représentant russe M. Churkine dire « ce n’est pas à ceux qui ont bombardé Belgrade ou qui tuent des civiles en Irak et en Afghanistan de protester contre nos bombardements de l’agresseur géorgien qui n’avait qu’à ne pas commencer » et en oubliant où il se trouvait, dire « l’agression géorgienne a donné un coup fatal à l’intégrité territoriale de ce pays ». Et son patron, le Ministre des Affaires Etrangères russe -Sergueï Lavrov- téléphone à Condoleeza Rice pour lui dire que le président élu de la Géorgie … doit partir !

Et pour ajouter l’ignominie à l’exagération, le nouveau président russe Medvedev parle de « nettoyage ethnique des russes d’Ossétie » tandis que le nouveau premier ministre, M. Poutine,  de « génocide » car il y aurait 2.000 morts parmi les habitants de l’Ossétie du Sud.

  L’hydre russe a deux têtes : qui écoute et qui parle ?

Un pays va se faire écraser, aux portes de l’Europe. Que ce soit « un, prêté, pour, un, rendu » (Kosovo), que ce soit pour de bonnes raisons pétrolières, une chose est certaine. La Russie actuelle que tout le monde pensait sur la voie de la démocratie n’est en réalité que la digne héritière de l’Union Soviétique. Certes, on ne tue plus les dirigeants qui « dévient » de la ligne du Parti. Car il n’y a plus de parti, il n’y a qu’une mafia d’origine KGB-iste qui a trusté les postes de pouvoir et/ou de profits économiques. La France en sait quelque chose, elle dont la Côte d’Azur est la destination préférentielle des « hommes d’affaires » russes qui achètent de propriétés en payant cash des dizaines de millions d’euros. Mais cela nécessite que l’on tue et l’on emprisonne tous ceux dont la tête dépasse. Anna Politovskaya, Mikhail Khodorkovsky, deux exemples parmi d’autres, cela ne vous rappelle rien ?

La Russie se veut de nouveau puissance impériale. Elle n’admet pas que des anciens « confettis » de l’empire soviétique s’émancipent  et aillent voir du côté de l’Ouest. Elle veut montrer que la force est de son côté et que rien, ni personne ne peut arrêter son retour au premier plan du monde. Son action militaire en Géorgie mettant en œuvre l’infanterie, l’aviation, sa marine et ses fusées est la plus imposante à l’extérieur de ses frontières depuis l’implosion de l’Union Soviétique (et seule depuis l’Afghanistan). Mais disposant d’un droit de véto à l’ONU, étant le deuxième producteur mondial de gaz et pétrole et ayant plus d’armes nucléaires que ce qu’il faut pour anéantir la planète 100 fois, elle fait ce qu’elle veut et ne se donne même plus la peine de masquer ses intentions. Et montre l’exemple à l’Iran après avoir laissé la Corée du Nord se doter du nucléaire militaire.

Et que trouve-t-elle pour lui faire pièce ? Bernard Kouchner qui va à Tbilissi pour «raisonner» la Géorgie avant d’aller à Moscou pour prêcher la bonne parole. Pour apaiser, dit-il… Notre président, lui aussi, est allé à Moscou pour faire connaître à celui qui annonçait que la Russie «allait poursuivre les Tchétchènes jusque dans les chiottes» son plan pour une sortie de la crise… Et en conférence de presse avec « le président » russe il reste de glace quand celui-ci éructe « ces gens-là sont des déments, des dégénérés, qui dès qu’ils reniflent l’odeur du sang ne peuvent plus s’arrêter» Pendant ce temps, la Géorgie sera écrasée et la Russie ira cracher sur sa tombe.

 

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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 13:13

Depuis plus de 500 ans, les règles et les théories d’un vieux cheikh arabe, et les interprétations abusives de générations de « prêtres » crasseux et ignares ont fixé, en Turquie, tous les détails de la loi civile et criminelle. Elles ont réglé la forme de la constitution, les moindres faits et gestes de la vie de chaque citoyen, sa nourriture, ses heures de veille et de sommeil, la coupe de ses vêtements, ce qu’il apprend à l’école, ses coutumes, ses habitudes et jusqu’à ses pensées les plus intimes. L’Islam, cette théologie absurde d’un bédouin immoral, est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies.” -Mustapha Kemal Atatürk, 1924 (Mustapha Kémal ou la mort d’un empire, Jacques Benoist-Méchin, Albin Michel, 1954).

 Un bédouin immoral et pédophile : ayant épousé Aisha sur ses six ans il l’a « connue » (dans le sens biblique) à neuf ans. Et presque 100 ans après, les paroles d’Atatürk sont toujours d’actualité. Avec une différence, essentielle : à l’époque, le déclin de l’islam a permis la transformation de la Turquie en pays séculaire tandis qu’aujourd’hui l’islam conquérant est en train de soumettre à sa loi au moins deux continents, l’Afrique et l’Europe. Le destin de l’Afrique, nonobstant les centaines de milliards de dollars qui y ont été déversés pendant des décennies et nonobstant les autres dizaines de milliards qui viendront disparaître dans les coffres des élites locales, semble scellé au plan démographique et économique. Celui de l’Europe ?

 L’islam a ouvert contre l’Europe trois fronts, également importants. La destruction des fondements de ses sociétés civiles, la conquête de ses structures politiques et la menace des armes. Il s’agit là d’un constat, ceci n’a rien à voir avec l’existence de nombreux musulmans en Europe qui, à titre individuel, se rattachent aux valeurs des Lumières. Et il ne s’agit pas d’un « complot » dans la mesure où les velléités de l’islam (fût-il modéré ou extrémiste) sont parfaitement connues et clairement exposées, constamment, par ses propagandistes, « agents d’influence » ou autres « intellectuels engagés »

La destruction des fondements des sociétés civiles -  par de petites avancées, réparties sur des dizaines d’années, l’islam a réussi à imposer aux sociétés ouvertes qui ont acceptées l’arrivée de masses de plus en plus nombreuses, le « respect » de sa différence ; on a assisté -phénomène curieux et sans précédent dans l’histoire des migrations- à une dérive lente de la société accueillante vers les valeurs des « envahisseurs ». Le terme peut faire scandale mais il est en deçà de l’appellation donnée aux migrants du fin fond de l'Asie vers l’Europe à partir de la fin de l’empire romain (« barbares »). En effet, tous les migrants (sans exception connue dans l’histoire) ont acquis avec un « droit du sol » obtenu par la guerre les valeurs de ceux qu’ils avaient vaincu. La destruction des fondements des sociétés civiles en Europe est à l’œuvre, il suffit de regarder ce qui se passe au Royaume Uni, en Belgique, en France ou aux Pays Bas. C’est un chapitre qui a connu moult descriptions et analyses, il en connaîtra encore tant que  la collusion  « islamo-gauchisto-fasciste » aura réussi à endormir les nations européennes en utilisant leurs valeurs pour les détruire.

La conquête des structures politiques de l’Europe est en marche depuis plus de trente années  et la dénomination « Eurabia » (Bat Ye-or) ne fait plus soulever les sourcils de personne. Elle a créé des sous-produits, « Franceabia » n’est pas le moins important. Il faut inscrire la dernière trouvaille française (« Union Euro-Méditerranée ») dans ce projet et comprendre que la prise de pouvoir, au départ par la capacité d’empêcher la prise de décisions non souhaitées par les pays musulmans et ensuite la prise de décisions affectant la vie présente et future des 450 millions d’européens est la voie choisie pour parfaire la conquête de l’Europe.

Car ce de quoi il s’agit c’est la conquête de ce continent, après celle de l’Afrique, mais qui sera le tremplin idéal pour continuer la conquête du monde. Et cette conquête passe aussi, passe surtout, par la menace des armes. C’est dire que focaliser l’attention du monde sur les agissements de l’Iran (marche forcée vers le nucléaire militaire, déstabilisation du Proche et Moyen Orient, destruction voulue de l’Etat d’Israël), loin d’être à négliger, permet de cacher les vraies intentions du dernier champion du monde musulman, l’Iran.

Si l’on accepte cette vue des choses, le déroulement de ce qui va suivre semble faire partie d'un scénario prédéterminé. L'Iran et Israël se trouvent sur une trajectoire de collision, rien ne semble pouvoir l'éviter.

L’Iran – En 2002 des dissidents iraniens apprenaient au monde, ce que l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique aurait dû lui faire savoir depuis des lustres, que l’Iran poursuivait un programme secret de développement nucléaire depuis 18 années en violation du traité de non-prolifération dont ce pays était signataire. Depuis toutes les tentatives (toutes agencées autour « des bâtons et des carottes ») pour amener l’Iran au renoncement se sont révélées vaines (la dernière, après six années de palabres, lui donnant encore « deux semaines » pour obtenir une réponse « positive »…). L’Iran ne peut pas renoncer à son programme nucléaire militaire pour trois raisons majeures : la Weltanschauung  de la théocratie iranienne dont Ahmedinejad n’est qu’un des représentants est ancrée dans la conception shiite selon laquelle le retour du 12ème imam (
qui sauvera le monde en assurant la victoire de l’islam) ne sera possible que sur fond de chaos mondial ; le besoin impérieux  de l’Etat iranien de devenir la puissance dominante pour la bande de terre allant du sous- continent indien jusqu’à l’Atlantique (et contrôler ainsi les ressources énergétiques et autres s’y trouvant) ; l’impossibilité pratique (coûts, ressources technologiques, laps de temps nécessaire) de disposer de moyens militaires conventionnels pouvant être utilisés pour assurer l’éclosion des deux premières raisons. C’est dire que ce n’est pas par hasard que ce pays a concentré tous ses efforts militaires sur deux axes, deux axes seulement : armes de destructions massives et vecteurs pour les transporter. Autant dire le nucléaire militaire et les fusées porteuses. Peut-on imaginer que ceux qui « négocient » depuis plus de six ans avec l’Iran ignorent ses données fondamentales ? Peu probable. Mais à partir du moment où, en 2003 les Etats-Unis (déjà engagés en Irak) ont accepté de « sous-traiter » le problème à la « troïka » européenne (France, Angleterre, Allemagne) les cartes étaient biseautées car ces pays se trouvaient en première ligne  de la construction de l’Eurabia. Autant dire aux complices de l’islam dans la conquête de l’Europe. Peu importe les raisons apparentes de la voie choisie par les européens pour « apaiser » l’Iran (et les courants musulmans souterrains de leurs propres pays), l’essentiel est que la fin était connue d’avance : l’Iran n’allait pas accepter les requêtes de sa proie ultime, requêtes qui allaient à l’encontre des buts majeurs qu’il poursuit. Prenant son courage à deux mains, dépité par la mauvaise foi de l’Iran, incapable de vérifier quoi que ce soit, après une douzaine de résolutions sérieuses demandant à l’Iran d’être « plus transparent et plus coopératif » l’Agence Internationale de Vienne a transmis le dossier iranien au Conseil de Sécurité pour suivre sur la voie des sanctions. Chose vouée à l’échec car deux membres permanents (Russie et Chine), chacun pour des raisons différentes, ne peuvent que s’opposer à tout ce qui pourrait affecter le développement de leurs propres activités avec l’Iran. Et c’est ainsi que la paysage devient clair : l’Iran poursuivra son programme nucléaire miliaire jusqu’à son terme (sauf interruption intempestive …) et l’Occident (l’Europe en premier) se trouve devant l’alternative « accepter un Iran nucléaire ou accepter une guerre ».

Du point de vue de l’Iran, une guerre (de toute manière programmée – comme disait le Général Patton « vous ne pouvez pas annuler un match qui a été programmé ») ne fera que raccourcir le temps d’attente du Mahdi (le 12ème imam). L’Ayatollah Ahmad Jannati, qui dirige le Conseil des  Gardiens de la Révolution, un des proches conseillers du Guide Suprême Khamenei, a déclaré le 20 novembre 2005, « les êtres humains, à part les musulmans, ne sont que des animaux qui errent sur la terre engagés dans la corruption » et Bernard Lewis écrit « Ils (les musulmans) savent qui ils sont et ce qu’ils veulent ; une qualité que nous semblons avoir perdue jusqu'à un haut degré »

La marche de l’Iran vers le nucléaire militaire s’accélère pendant les palabres visant à les arrêter. Un faisceau d’indices concordant montre qu’il s’agit accélération : le réacteur nord-coréen pouvant produire du plutonium détruit par Israël en Syrie en septembre 2007, la découverte récente (pas par l’Agence de Vienne …) d’un centre secret  de fabrication nucléaire dans la région de Al-Zarkan construit à partir de 2000 (Kuwait Times, 29 juillet 2008), l’acquisition de systèmes russes de défenses des installations nucléaires (si elle ne sont pas destinées au « militaire » pourquoi des anti-missiles ?), les essais de fusées porteuses à grand rayon d’action, voilà quelques indices qui montrent que l’Iran croit que le jour s’approche quand il faudra passer des « paroles verbales » quant à la destruction d’Israël (première étape de la conquête de l’Europe) soit à sa réalisation soit à la nécessité de faire face à une action de ce pays.

 

 

 

Système anti-missiles S-300PMU1 d’origine russe livré à l’Iran (en partie directement et en partie via la Biélorussie). Deux systèmes pour plus d’un milliard de $, livraison et mise en place accélérée pour défendre des sites nucléaires pouvant être attaqués avant la fin du mandat de George Bush. L’Iran a fixé la cadre temporel pour ce qui va suivre.


 De plus, l’Iran a complété l’installation d’Ispahan qui  produit une grande quantité d’Hexafluorure d’Uranium et poursuit à grande vitesse la construction de son réacteur à eau lourde (Arak) dont le seul intérêt est la production de Plutonium, voie parallèle pour la fabrication d’armes nucléaires. Installation pour laquelle le Vice-président de l’Académie des Sciences iranienne a déclaré « l’eau lourde est une médicament pour le traitement du cancer, utilisé en Occident » …

Nonobstant ce qui est visible, nonobstant le corpus idéologique qui se trouve derrière ce que l’Iran fait, les bonnes âmes occidentales (et leur bras séculier, l’Agence de Vienne), ceux qui devraient arrêter la course de l’Iran qui conduira à la guerre font semblant d’avoir un doute : peut-être que l’Iran ne veut pas du nucléaire militaire … Le drame c’est que l’on ne pourra détecter l’existence du  nucléaire militaire que le jour du premier essais … Comme pour la Corée du Nord qui a mené en bateau les Etats-Unis, la Chine et la Russie pendant 12 longues années.

Et voilà la dernière session de négociation avec l’Iran, le 19 juillet, quand ce pays fait savoir que, dans les conditions actuelles [capacité de faire augmenter le prix du pétrole (par réduction de sa production car c’est la 4ème producteur mondial ou par blocage du détroit de Hormuz par lequel passent 40 % du pétrole mondial), position de force incontournable directement ou par ses supplétifs (Hezbollah, Hamas, autres groupes palestiniens) au Liban et/ou dans les territoires palestiniens, etc.,] il n’a aucun intérêt ni souhait de faire quelque concession que ce fût. Passons à autre chose.

Mais l’Europe (mais pas seulement elle) se dit qu’entre un baril de pétrole à 300 $ et la survie d’Israël … le choix, pour elle, est vite fait. Par delà toutes les assurances et bonnes paroles déversées ad nauseam pendant la 60ème anniversaire de la renaissance de cet état.  Quand on sait que rien que les bouchons du dernier samedi ont consommé, en France, 10.000 barils de pétrole … soit plus de 1.500.000 $ qui ont grevé notre pouvoir d’achat …

Ceux qui croient ou font croire que les menaces de l’Iran ne sont que des galéjades et/ou vœux pieux devraient se dire qu’elles pourraient, cependant, pousser Israël vers une frappe préventive tout en s’assurant les moyens d’une deuxième frappe … si nécessaire. Bref, le monde entier n’a qu’une seule alternative devant les ambitions nucléaires de l’Iran : la capitulation ou la guerre. Les Etats-Unis ? Avec deux guerres sur leur dos, les autorités politiques et militaires font savoir qu’elles ne sont pas partantes pour une troisième … L’Europe ? Toute à ses petites affaires commerciales avec l’Iran (premier partenaire commercial et pour l’export et pour l’import), prise dans le maelstrom de la constitution de l’Eurabia …elle est incapable de relever sa colonne vertébrale. La Russie ? Deuxième grand producteur mondial de pétrole et gaz, premier grand fournisseur d’armes à tous les ennemis d’Israël … elle est prête à oublier qu’il y a un million d’israéliens d’origine russe. La Chine ? Elle fait main basse sur les ressources énergétiques de l’Afrique (Soudan, Niger, Angola, etc.,) et ses populations musulmanes ne sont que 50 millions vs 1,5 milliard de chinois, alors … 

Certes, Israël regarde les choses d’une manière différente. Ce pays sait que la voie vers l’Europe de l’Iran passe par Tel Aviv. Il sait aussi qu’à la différence des États-Unis, qui ont utilisé des armes nucléaires afin d'essayer de finir la deuxième guerre mondiale, les Iraniens vont les employer pour commencer une guerre sans trop s'inquiéter des conséquences potentielles. Peut-on être surpris qu’il se demande s’il ne vaut pas mieux attaquer maintenant avant que l'Iran soit capable de réaction forte ou même de faire exploser un dispositif nucléaire ? Et Israël sait aussi que le vrai problème n’est pas la capacité nucléaire mais ce à quoi elle peut servir. S’il ne s’agissait que des armes … les Etats-Unis auraient des problèmes avec l’Angleterre ou la France …

Israël - Rituellement, annuellement, on entend un dirigeant israélien dire calmement « Israël ne peut pas se permettre le luxe de vivre avec un Iran nucléaire ». Que ce soit à l’ONU (Ariel Sharon), que ce soit dans une conférence de presse avec M. Poutine (E. Olmert) ou à l’occasion de discussions stratégiques avec les Etats-Unis (S. Mofaz) deux idées de forces sont sous-jacentes : Israël ne permettra pas un deuxième holocauste et ce que l’on a appelé la doctrine Bégin érigée en dogme après la destruction du réacteur irakien (fourni par la France) « sous aucune condition nous n’accepterons que nos ennemis possèdent d’armes de destruction massive utilisables contre notre nation ; nous défendrons les citoyens israéliens, le moment venu, avec tous les moyens à notre disposition ». Osirak a été détruit après que toutes les tentatives de convaincre le gouvernement français (Giscard et Chirac) de ne pas fournir le réacteur à Saddam Hussein aient échouées.

Israël ne peut pas vivre avec un Iran doté d’armes nucléaires car, tôt ou tard, il les utilisera contre elle. D’un autre côté ce pays a toujours fait usage de la formule « transférer la guerre sur le territoire de l’ennemi aussi tôt que possible ».

Joschka Fischer, ancien ministre des affaires étrangères de l’Allemagne écrit le 30 mai 2008 dans un journal libanais : Le programme nucléaire iranien est le facteur décisif dans cette équation, car il menace l’équilibre stratégique de la région. Que l’Iran, un pays dont le président n’est jamais fatigué d’appeler à la destruction d’Israël, et qui menace le nord et le sud de ce pays par le soutien massif qu’il apporte aux guerres menées par ses alliés du Hamas et du Hezbollah, puisse avoir un  jour des missiles avec des têtes nucléaires est le pire cauchemar pour la sécurité d’Israël. La politique ne se fonde pas seulement sur les faits, mais aussi sur les perceptions. Que cette perception israélienne soit exacte n’est pas la question, car de toute façon cette perception débouche sur des décisions. »

Deux + deux faisant quatre, parce que l’Iran devra obligatoirement attaquer Israël, la question « Israël attaquera-t-elle l’Iran préventivement » est superflue, les vraies questions sont « a-t-elle la capacité de le faire, quand le fera-t-elle et que se passera-t-il le jour d’après  ? »

On sait peu de choses sur la capacité réelle de projection à 1.500 km d’une force israélienne suffisante pour attaquer, de manière décisive, des objectifs iraniens. Pas nécessairement tous les centres nucléaires, pas nécessairement les centres connus, pas nécessairement les « centres de pression » (installations pétrolières, raffineries, centrales électriques, etc.,) mais un mix suffisant pour mettre à genoux l’économie iranienne pendant un temps suffisamment long pour qu’éventuellement, un changement de régime puisse avoir lieu.

Israël dispose de trois acteurs majeurs : l’aviation (sans égal aucun au plan des équipements, de la formation des pilotes et des technologies particulièrement adaptées aux missions qui lui sont assignées), la marine (qui dispose de plusieurs sous-marins capables de tirer des fusées de fabrication propres et des missiles de croisière) et les fusées (de petite, moyenne ou grande portée + les balistiques). Il est fort probable qu’elle mettra en ligne les trois capacités s’il s’agit d’attaquer l’Iran.

On se focalise, en général, sur le fait que l’aviation devrait disposer de rayons d’action qui ne lui sont pas disponibles et qu’elle devrait survoler des territoires (Jordanie ou l’Arabie Saoudite, route du Sud ou la Turquie et l’Irak, route du Nord). En oubliant les exploits récents -survol du territoire syrien sur plus de 500 km sans qu’aucune station de radar puisse détecter les avions qui, in fine, ont détruit ce qui semble avoir été un réacteur Nord Coréen en cours de construction. On laisse de côté, ainsi les deux autres acteurs, la marine et les fusées. Qui, pourtant, recueillent des ressources insoupçonnables même aux spécialistes militaires.

Avec l’humour qui les caractérise, on a l’habitude de dire en Israël que pendant que l’Europe dormait Israël allait des oranges vers le software, de Jaffa a Java.

Des exemples ?

 

 

 

« Rafael » vient de recevoir le prestigieux « Prix Israël » pour la réalisation de SPICE : missile de croisière transformant des bombes d’une ou deux tonnes en munition « intelligente » dotée d’un système de navigation inertiel couplé au GPS. Le résultat ? Acquisition automatique de la cible par toutes conditions météorologiques, de jour comme de nuit, insensible aux contre-mesures électroniques, erreurs de navigation ou d’impact.

 

 

En dépit du refus d'Israël de reconnaître le statut de ses armes nucléaires, son arsenal secret supputé ne fait jamais l’objet de commentaires de la part de ses décideurs politiques. Il est supposé que le programme nucléaire israélien, développé à partir des années 60 a acquis (dépassé ?) le potentiel nucléaire de la France et de  la Grande-Bretagne se situant juste après ceux des USA, de la Russie et de la Chine. Le croquis joint qui indique les principaux sites de la force nucléaire israélienne (ADM et vecteurs de livraison) est établi par des experts américains  et n’a jamais fait l’objet de commentaires israéliens …



D’après MSNBC – (traduction MB)

 

Voilà les caractéristiques de trois sites parmi ceux identifiés dans le croquis de MSNBC.

 

 

 

Dimona

Jadis appelée « usine de textile, » le centre nucléaire Dimona se trouve entre Beersheba et Sodome (sur la Mer Morte) à 40 km de la frontière jordanienne. Le réacteur construit avec l’aide de la France (en cela premier proliférateur au monde) peut produire quelques 40 kg de plutonium qualité militaire annuellement.

Sachant que moins de 10 kg de plutonium (ajout de déflecteurs de neutrons en uranium 238 autour du plutonium) sont nécessaires pour une bombe, sachant que la production a pu se faire sur 10/20 ou 30 ans … on peut calculer facilement le nombre probable d’armes nucléaires détenues par Israël.

  Base aérienne -  Palmachim

 Equivalente de la plus grande base aérienne américaine de lancement de missiles (Vandenberg) c’est ici que l’on assemble et on teste les vecteurs porteurs (fusées de portée moyenne et grande). C'est le principal site israélien de recherche et développement de l’armée israélienne.

Les Etats-Unis soupçonnaient que c’est ici que des fusées intercontinentales étaient en cours de construction. Ils ne se sont pas trompés… une fusée a été lancée au début de l’année 2008.

Les photos satellites du secteur montrent aussi un terrain d'aviation avec une longue piste pour des avions gros-porteurs et plusieurs grands hangars.

 

Herbât Zaccaria

Les fusées mobiles Jéricho-2 et Jéricho-3, fusées stratégiques, se trouvent ici et constituent la « deuxième aile » de l'Armée de l'Air d'Israël. L’endroit se trouve entre Jérusalem et la Mer Morte et est nommé d’après le Prophète Zaccaria. Les photos satellites montrent environ 100 pas de tir pour des fusées (Jéricho -2 et 3).

 

La deuxième question est  « quand » ? Il semblerait que « la fenêtre de tir » doit se fermer soit avec le changement de président aux Etats-Unis soit à la date à laquelle les équipements de protection russes seront opérationnels. Ceci laisse six à neuf mois, temps qui pourrait être encore utilisé par ceux qui veulent « apaiser » pour obtenir de l’Iran qu’il renonce à ses visées pourtant consubstantielles aux fondements mêmes du régime des mollahs. D’un autre côté, le plus tôt sera le mieux : les pays du Golfe ont fait dire « si Israël attaque l’Iran on aura des soucis pendant 18 mois, si elle ne l’attaque pas ce sera pour 18 ans … » Le 10 mars, 2008 Kuwait Times publiait une interview avec l’ancien conseiller du gouvernement, Sami al-Faraj qui n’hésitait pas à dire « la destruction des capacités nucléaires de l’Iran par Israël serait de l’intérêt des nations du Golfe et serait «moins embarrassante» que si elle était faite par les Etats-Unis. Honnêtement, ils feraient quelque chose d’une très grande valeur stratégique pour les pays du Golfe en arrêtant les tendances hégémonique de l’Iran »

Et pour ce qui est du prix du pétrole [« la survie d’Israël est plus importante que le prix du pétrole » dit S. Mofaz (ancien ministre de la défense israélien, ancien chef d’état major de l’armée israélienne, à New York cette semaine) on peut observer que maintenant il est de 135 $ le baril et que si Israël attaque l’Iran il ira peut-être à plus du double, à 300 $ le baril. A-t-on attendu trop longtemps ? Si la chose avait été faite quand le baril était à 60 $ … il serait maintenant à 135 ! Au même prix mais … sans plus de menace du côté iranien !

Par delà l’intérêt propre d’Israël, si l’on veut stopper les tendances hégémoniques de l’Iran (Liban, territoires palestiniens, conflits shiites/sunnites, etc.,), l’utilisation de la fenêtre de tir évoquée plus haut semble s’imposer.

Et Le jour d’après ? Il est fort probable que l’Iran répondra, massivement, de quatre manières différentes en :

  1. essayant de bloquer le détroit de Hormuz – d’un côté s’agissant d’une voie maritime internationale le ban et l’arrière-ban de la « communauté internationale » se sentira agressé et … les forces navales américaine et française présentes n’auront pas de difficulté à assurer un libre passage (la largeur du détroit est grande, sa profondeur aussi, la marine iranienne n’a pas les moyens de s’attaquer à des porte-avions, destroyers ou autres moult frégates armées jusqu’aux dents) ; à supposer qu’il y ait réduction du trafic l’Iran souffrira en premier pour ce qui est des revenus tirés de l’export du pétrole et, encore plus, pour l’arrêt de l’importation de pétrole raffiné (l’Iran n’assure en propre que 40 % des besoins d’essence et autre produits raffinés) ; certes, une flambée (spéculative) du prix du pétrole est à envisager, les pays qui en souffriront sont, tout d’abord, ceux qui n’ont pas su, pu ou voulu arrêter la course vers le nucléaire militaire de l’Iran) ;
  2.  attaquant avec des fusées moyenne portée les forces américaines en Irak et avec des fusées stratégiques le territoire d’Israël – attaquer les forces américaines pourrait avoir un prix que l’Iran (certes, extrémiste mais peut-être pas tout à fait irrationnel) ne sera pas en mesure de payer ; le territoire d’Israël semble être suffisamment bien protégé par les systèmes anti-missiles Patriot (américain) et, surtout, Arrow (israélien) ; à supposer que les fusées iraniennes soient porteuses de charges non conventionnelles (chimiques, bactériologiques), Israël sera en mesure d’y répondre d’une manière non conventionnelle, aussi ; la conflagration risquerait de dépasser le cadre des deux nations pour faire intervenir « les grands » ;
  3. activant les capacités offensives de ses supplétifs dans la région, le Hezbollah et la Syrie, d’un côté et le Hamas, d’un autre côté – faire savoir à la Syrie que si le Hezbollah (ou ses propres forces armées) bougent Damas risque de subir le sort du Liban en 2006 sera de nature à rafraîchir l’enthousiasme de ces deux acteurs (en particulier celui du Hezbollah qui ne pourra pas mettre en exergue « la résistance à l’agression » pour risquer une deuxième destruction du Liban) ; quant au Hamas, il est fort probable que cette fois-ci l’armée israélienne profitera de l’occasion pour le déloger de Gaza et arrêter la transformation du « Hamasthan » en mini état taliban ;
  4. relançant ses réseaux terroristes de par le monde – les pays agressés (toujours ceux qui n’ont rien fait pour arrêter les efforts de l’Iran pour avoir la bombe) n’auront aucun moyen pour obtenir d’Israël un changement de programme mais, peut-être, auront-ils compris qu’il ne fallait plus jouer au poker avec l’Iran ; de plus, ces pays sont mieux armés pour faire face à une menace terroriste  qu’ils n’étaient il y a quinze années ou plus (se souvenir des actions terroristes de l’Iran en France, à Buenos Aires ou à Berlin).

 Et la rue arabe ? Ce n’est pas certain qu’elle bougera plus que nécessaire pour montrer une certaine solidarité « musulmane ». Il est même probable que l’on verra se reproduire le même silence assourdissant qui a suivi la destruction d’un complexe nucléaire en Syrie en 2007.

Les grandes puissances ? On ne voit aucun De Gaulle à l’horizon pour mettre en garde (2 juin 1967) « L’Etat qui le premier emploierait les armes n’aurait ni l’approbation ni, à plus forte raison, l’appui de la France » façon voilée de mettre un terme à l’amitié franco-israélienne et d’inaugurer la « politique arabe de la France ». Peu probable que la Russie avertisse qu’en raison de son pacte d’assistance avec l’Iran (pays riverains de la Mer Caspienne) elle se considère agressée. Tout au plus elle fera du bruit au Conseil de Sécurité où la véto des Etats-Unis lui fera pièce. Peut-être même celui de la France aussi.

Ce qui sera important ce sera ce que l’on aura obtenu. Le succès de la destruction de sites clés du programme nucléaire (connus ou moins bien connus …), la destruction des points de pression (raffineries, centrales électriques, installations portuaires, etc.,), l’absence de dégâts collatéraux (victimes civiles) sera mesuré, en réalité, par le temps nécessaire (et les ressources) pour que l’Iran revienne au status quo ante bellum. Trois ans ? Cinq ans ? Plus ?

Y a-t-il quelque chose d’autre à craindre ? On se souvient qu’après avoir perdu la guerre de 1973 (que l’Egypte et la Syrie avaient initiée) les pays arabes on lancé un embargo pétrolier (et les prix ont flambés … premier choc pétrolier) contre l’Europe. C’est une des raisons, selon Bat Ye’or,  du lancement du dialogue euro-arabe en 1974 qui a donné naissance à l’Eurabia. Ce qui veut dire que, comme en 1973, par conviction ou avec rémunérations, tout ce qui grouille, grenouille et scribouille se déchaînera contre Israël et en faveur de l’Iran. Mais … Golda Meir avait dit un jour « une mauvaise presse c’est mieux qu’une bonne épitaphe ».

oooooooooooooo

Le ….. à 02h00 GMT (05h30 Téhéran) le Gouvernement Israélien fait savoir au monde entier que devant les menaces répétées de l’Iran quant à sa destruction et devant l’incapacité de la communauté internationale d’arrêter la course de ce pays vers l’acquisition d’armes de destruction massive qui lui sont nécessaires pour appliquer ses menaces, Israël se considère en état de légitime défense et procède à des actions visant la destruction des potentiels militaires de l’Iran. Il  rappelle qu’il n’a de querelle aucune avec le peuple iranien et espère qu’il ne sera affecté d’aucune manière par les actions entreprises. Il met en garde tous ceux qui, liés ou pas, aux tendances hégémoniques destructrices de l’Iran qu’il procédera de la même manière avec eux si Israël fait l’objet d’attaques de leurs part. Le Gouvernement Israélien rappelle aux principales puissances  avoir fait preuve d’une énorme patience espérant que leurs efforts visant l’arrêt de l’Iran dans la course vers les armes nucléaires seront couronnés de succès mais il est obligé de constater que tel n’est pas le cas et que certains parmi elles semblent vouloir s’accommoder de l’existence d’un Iran disposant de moyens militaires nucléaires. Quant à l’Iran, si d’aventure ce pays se permet de riposter en utilisant des moyens non conventionnels, Israël répondra de la même manière en utilisant cependant une option de nature, taille et effet qu’elle considérera adéquate.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                          

 

 

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16 juillet 2008 3 16 /07 /juillet /2008 10:16

L’illusionniste

 

Sonnez trompettes, résonnez  musettes, avissse aux populations : l’Union pour la Méditerranée, projet majeur de notre président vient d’être lancée.

 

C’est-à-dire, pas vraiment … Tout d’abord, tout en avalant de travers, notre président a dû accepter que le titre du nouveau machin soit « Le processus de Barcelone : une Union pour la Méditerranée » Le processus de Barcelone a été lancé en 1995 et s’est distingué depuis par … rien. C’est donc la raison pour laquelle Mme Merkel a imposé au petit Napoléon le changement de programme.

 

Ensuite … il faut attendre un peu car l’Article 28 de la Déclaration Commune dit « Les détails du mandat de la nouvelle structure institutionnelle, le fonctionnement de la coprésidence ainsi que la composition, le siège et le financement du secrétariat, seront arrêtés par consensus par les ministres des affaires étrangères en novembre 2008, sur la base de discussions approfondies et des propositions présentées par tous les partenaires » Faut-il que l’on soit des jobards consommés pour ne pas comprendre que le charabia qui précède traduit l’impossibilité de se mettre d’accord sur les premiers réquisits de ce machin. Pour ne pas parler  de la co-présidence qui sera assurée par le représentant de l’Europe pour les affaires étrangères (encore un job pour l’ineffable, le marathonien des discussions avec l’Iran, pour celui qui demandait conseil au Cheik Yassine -fondateur du Hamas- pour celui qui assurait que « le Hamas ne veut que la liberté pour son peuple », le nommé Javier Solana) et un représentant du Sud choisi par consensus …

 

Mais c’est quoi ce machin ? Le bon docteur Kouchner (« qui n’était pas bien à l’aise » en juin 2008 quand il a appris que Bachir el Assad allait être invité à Paris) assène «La conférence de Paris sur l’Etat palestinien fut un succès mais l’essai doit être transformé. La France entend s’y employer activement lors du sommet et en faire une des priorités de sa présidence européenne car le processus de paix est menacé. L’Union Européenne doit jouer sans complexe tout le rôle qui lui revient au Proche-Orient. Ce sommet se veut celui de la paix entre tous les Méditerranéens» Suite à quoi le ministre syrien des affaires étrangères quitte la salle quand son homologue israélien prend la parole et son patron fait de même quand le premier ministre israélien se lève pour parler. Et N. Sarkozy est pris en flagrant délit de mensonge : quand on lui demande en conférence de presse publique si cela est vrai il dit que non. Pour être contredit illico par son collègue, le co-président Moubarak, qui explique d’une manière alambiquée que, peut-être, M. Assad avait quelque chose à faire et c’est pour cela qu’il est sorti …

 

Essayons de comprendre ce que notre visionnaire de président voulait et ce qu’il a obtenu. Le processus de Barcelone ayant ingurgité plus de 5 Milliards d’euros sans rien produire, N. Sarkozy a cru qu’il pourrait créer une nouvelle structure, éventuellement, contrôlée par la France et constituant un des projets majeurs de sa présidence française et européenne. Mais cela enquiquinait prodigieusement autant l’Espagne (vu que l’argent pour Barcelone était, en grande partie, dépensé là-bas), l’Italie qui savait que son client la Libye allait rejeter le projet (vision prémonitoire car le Guide Suprême a traité le projet « d’acte d’humiliation et de soumission » de l’Afrique) ou de l’Allemagne (qui ne comprenait pas pourquoi il n’y aurait de partenaires que ceux qui touchent la Méditerranée quand l’argent venait de tous les pays de l’Europe »). Ajoutez à cela qu’entre le moment ou N. Sarkozy a lancé l’idée (2006) et aujourd’hui l’Europe se retrouve à 27 … Mais qu’à cela ne tienne, il a peu d’idées mais comme elles sont fixes … voilà 42 chefs d’état ou de gouvernement qui se retrouvent à Paris pour faire ripaille aux frais de la princesse …

 

Ce que N. Sarkozy voulait c’était créer un mécanisme d’intégration des économies du Sud et du Nord pouvant conduire, à terme, à une création du genre de la Communauté Européenne. En laissant de côté le fait que les 275 millions d’habitants du Sud de la Méditerranée sont tous musulmans. Ce qui ne peut que continuer l’œuvre de destruction des structures européennes car il s’agit de continuer la voie de l’Eurabia (Bat Ye’or). En laissant aussi de côté que ce qui prévaut pour les dictateurs au grand pied (Moubarak et consorts) ou au petit pied (Bachir el Assad et consorts) n’est pas l’avenir économique de leurs peuples mais leur maintien au pouvoir. Pour lequel le rejet d’Israël sous toutes les formes est primordial. Et pour donner des gages, voilà que l’on invite comme partenaires la Ligue Arabe, l’Organisation de la Conférence Islamique, l’Union du Maghreb Arabe, le Conseil de Coopération des Etats Arabes du Golfe et l’Alliance des Civilisations (créature de l’ONU pour promouvoir la collaboration avec le monde musulman). Ce qui a fait que la Déclaration commune n’a pas pu enregistrer une formule classique sur « deux états » car personne du côté arabe ne veut reconnaître le caractère juif de l’Etat d’Israël.

 

Et alors ? L’illusionniste a encore frappé ! Conférence, dîner, parade pour le 14 juillet, si on montre tout cela c’est que c’est vrai ! Et le bas peuple, de toute manière tout à ses soucis de pouvoir d’achat ou de bouchons sur les routes ou d’un mois de juillet pluvieux … s’en contrefiche !

 

C’est pour que le spectacle soit complet que l’on a invité celui qui a commandité l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais. Président par droit dynastique d’une république responsable de l’assassinat d’un ambassadeur français au Liban et de la mort de presque 100 soldats français. Et dont le pays, création de la France et de l’Angleterre, a toujours « mangé l’appât et pissé sur l’hameçon » comme N.Sarkozy (après d’autres, J. Chirac en particulier) le découvrira rapidement. Mais pour lui montrer de quel bois on se chauffe on lui a fait entendre debout la Déclaration des Droits de l’Homme pendant le défilé du 14 juillet ! Le tout pour faire la nique à son prédécesseur qui quittant l’Elysée occupe maintenant un appartement de la famille du même ancien premier ministre.

 

A tout seigneur, tout honneur : l’irremplaçable Bernard Kouchner chante des louanges pour l’événement et rappelle, parmi d’autres éléments positifs qui permettraient (selon lui) de voir l’avenir en rose « Il faudrait aussi citer la trêve à Gaza sous l’égide de l’Egypte, les pourparlers israélo-syriens grâce à la médiation turque, ou les échanges humanitaires entre Israël et le Hezbollah. » Le macabre (que peut-être ne lui était pas connu) le dispute à l’ignoble (qui ne pouvait pas lui être inconnu).Echanges très humanitaires, il s’agit d’échanger les deux cadavres des soldats israéliens kidnappés en juillet 2006 contre, du côté d'Israël, en sus de 200 cadavres de « combattants libanais », la libération d'un assassin qui purgeait une peine de « trois fois la vie + 47 ans) » pour avoir assassiné deux policiers et un civile en commençant par tuer une fille de quatre ans sous les yeux de son père … et qui arrivera en héros au Liban. Le Liban, ce pays que la France soutient toujours et qui déclare le retour d’un assassin « fête nationale ». Bernard Kouchner n’a pas perdu seulement ses repères en migrant de la gauche vers la droite, il a perdu aussi son âme.

 

En ce 14 juillet on pourrait quand même se poser la question « c’est quoi la France ?  République bananière ? C’est quoi exactement une république bananière ?

 

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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 17:12

Texte mis en ligne par Liberty Vox
Les bons, les brutes et les truands

 

 

 

A en croire le battage partisan auquel se livrent la famille, le gouvernement français et la presse française, comme d’habitude, on est porté à croire que la libération des 15 otages des FARC en Colombie a été le résultat de leur « lutte pour la liberté ». Et si les premiers mots de la franco-colombienne Ingrid Betancourt ont été pour remercier l’armée colombienne, en revanche, les rejetons français n’ont pas daigné prononcer le nom du président de la Colombie comme s’ils avaient peur que cela leur brûlerait la langue …

 

Certes, la libération de cette femme politique colombienne -française par un mariage suivi d’un divorce- a eu une grande importance pour ses enfants et sa mère. Sachant cependant qu’elle avait quitté la France après son divorce d’avec son mari, diplomate français, pour se lancer dans la bataille politique en Colombie, devenir sénateur, solidement ancrée dans la gauche locale, elle qui descend d’une famille de la grande bourgeoisie colombienne, on pourrait se poser la question  « que fait la France dans cette affaire » ?

 

Certes, dans le discours d’inauguration de la présidence Sarkozy la libération d’Ingrid Betancourt était annoncée comme un objectif prioritaire. Pas exactement comme l’augmentation du pouvoir d’achat des masses laborieuses mais … en bonne place. Comme, d’ailleurs, la libération des infirmières bulgares des geôles du Colonel Kadhafi. Mais, déjà depuis 2002, date du kidnapping de Mme Betancourt, la France était le pays le plus en pointe pour œuvrer en faveur de sa libération. Les élites, de droite et de gauche -comme Monsieur de Villepin ou des leaders socialistes- ne pouvaient pas laisser tomber une ancienne (petite ?) amie et/ou condisciple d’études, tous s'étant trouvés en même temps sur les bancs de Sciences Po. Si ce n’était que cela …

 

Mais ce n’était pas que cela. La France, adepte de l’apaisement et de la discussion avec des terroristes de partout, avec un zèle digne de causes plus nobles, a pris pratiquement le parti des kidnappeurs contre le pouvoir démocratique de la Colombie. Par delà les épisodes burlesques (avion militaire de transport envoyé à Manaus, au Brésil, sans prévenir les autorités brésiliennes …) ou le déroulement des tapis rouges pour le clone vénézuélien de Fidel  hissé au rang de « négociateur » avec les terroristes, la France demandait à l’Etat Colombien d’accepter les revendications d’une bande de narcotrafiquants, à l’origine « guérilla marxiste ». La France demandait, plus ou moins ouvertement, à la Colombie de démembrer son territoire pour accorder un sanctuaire d’environ un tiers de la superficie du pays aux preneurs d’otages mais qui gardaient leur logo de « révolutionnaires marxistes ». Et aussi de céder aux revendications diverses et multiples de ces bandits abrités par la jungle depuis 40 années. Mais qui avaient, d’un côté, le support matériel des autres « socialistes » d’Amérique Latine (Venezuela, Equateur, Bolivie en particulier), et de l’autre, celui des gauches mondiales car le président de la Colombie est un homme de droite …

 

Pendant de très longues années la diplomatie française s’est complu dans une danse du ventre devant les FARC et devant Hugo Chavez jusqu’à y compris proposer comme monnaie d’échange pour la libération d’Ingrid Betancourt, l’accueil en France de quelques 500 « guérilleros » condamnés par la justice colombienne et se trouvant dans les prisons du pays.

 

Objectif prioritaire de Nicolas Sarkozy, terrain de prédilection pour le spécialiste humanitaire de la gauche recyclé à la droite (Bernard Kouchner, pour préciser) il était tout naturel que cette affaire devienne une grande cause française. Et à ce titre, disposer d’un énorme panneau sur le parvis de l’Hôtel de Ville à Paris grâce aux bons soins de M. Delanoë (qui préfère les grandes causes et son militantisme socialiste au nettoyage de Paris, devenu une des villes les plus sales de l’Europe). Et pour remuer les bons sentiments du bas peuple, on a diffusé une photo de l’intéressée en très piteux état et l’on a fait savoir que si elle n’était pas libérée elle risquait la mort à brève échéance. En disant aussi, à mots couverts, que dans ce cas-là le responsable serait le président colombien qui ne voulait pas abdiquer de ses principes lui interdisant de négocier avec des terroristes visant la destruction de son état. Pendant ce temps, la famille française (les deux enfants, mais aussi « l’ex ») se répandaient dans toutes les radios et télévisions de France et de Navarre pour dire pis que pendre du président colombien. Par delà l’amour filial, par delà l’absolue normalité de la défense d’un être opprimé, ceux qui réclamaient la libération d’Ingrid Betancourt occultaient la responsabilité des FARC et l’ignominie de leurs actions et arrivaient à faire un transfert (voir le Père Freud …) qui n’était pas moins ignoble. Avec l’assentiment des élites françaises et du gouvernement du pays.

 

Il y a encore trois semaines Bernard Kouchner, devenu voyageur habituel (en première classe …) du trajet Paris – Caracas, allait voir Hugo Chavez pour « faire avancer » le projet de libération d’Ingrid Betancourt. Remarquez, on s’occupe à titre humanitaire uniquement d’Ingrid Betancourt mais on va voir celui qui a alimenté en armes et des centaines de millions de dollars les bandits kidnappeurs. Mais toute action, toute politique se juge aux résultats.

 

Le résultat ? Une action des forces spéciales de l’armée colombienne libère, sans tirer un seul coup de feu, 15 otages des FARC dont Ingrid Betancourt. Et on voit dans les premières images de cette dernière filmées par la télévision colombienne qu’elle pleure et sourit quand elle raconte l’épisode de sa libération, comme si c’était le script d’un film d’action … Et, nonobstant ses positions politiques, elle a l’élégance de remercier non seulement Dieu mais l’armée colombienne et le Président de la Colombie, se considérant elle aussi comme un soldat de son pays.

 

La presse mondiale (pas encore la française qui, elle, est à tresser des lauriers à l’action de la France, des associations de supporters et de tous les signataires de pétitions diverses) commence à jeter un peu de lumière sur cette action d’éclat de l’armée colombienne. Et, comme on sait, on ne prête qu’aux riches, à ceux qui les ont aidés. Etats-Unis et Israël.


Etats-Unis. Il y avait trois otages américains mais ils ne valaient pas la peine de s’y intéresser pour les combattants de la liberté français car ce n’étaient que des « mercenaires » utilisés pour la lutte anti-drogue en Colombie. Sans bruit, sans pétitions, sans portraits sur l’hôtel de ville de San Antonio au Texas, les Etats-Unis ont aidé la Colombie en formant leurs forces spéciales et en leur fournissant les équipements nécessaires. Jeudi, le colonel William Costello, porte-parole du commandement SUD des Etats Unis, a indiqué qu’ils « ont cherché leurs otages pendant les cinq dernières années, tous les jours, en effectuant 3.600 vols de surveillance et de reconnaissance au-dessus de la jungle et qu’ils ont dépensé plus de 250 millions de $ pour cela ».

 

Israël. Tout en soulignant que le mérite de l’opération appartient à la Colombie, des sources israéliennes nous apprennent que des dizaines d’experts israéliens y ont participés et que les actions ont été coordonnées par un ancien chef d’état major « opérations » du Tsahal (Israel Ziv) qui est rentré de Bogota à Tel Aviv … hier. Remarquez, déjà en mars 2008 quand la Colombie a détruit, en territoire équatorien, une base des FARC où se trouvait leur Numéro 2 (mort dans l’action) Hugo Chavez y voyait la main d’Israël … Comme quoi il n’a pas toujours tort … Pourquoi Israël ?

 

La participation israélienne a commencé il y a dix-huit mois, quand la Colombie a demandé à Israël de l'aide dans sa lutte contre les FARC, spécialisées, comme on le sait, dans le commerce de narcotiques et le kidnapping pour obtenir des rançons. Auparavant, Israël avait déjà vendu à la Colombie des avions avec et sans pilotes (drones), des armes et, surtout des systèmes perfectionnés utilisés pour la collecte de renseignement. Par exemple, ce qui a permis de se substituer au téléphone satellitaire du nouveau commandant suprême des FARC pour donner l’ordre au geôlier en chef de rassembler trois groupes d’otages au même endroit …  Des anciens membres du Mossad ou du Shin Beth sont allés sur place pour contribuer à la formation des forces spéciales colombiennes.

 

Pendant ce temps, les structures politiques colombiennes, en commençant par le président du pays, tenaient bon face aux imprécations de tous les biens pensants qui leurs demandaient de céder aux FARC. Et assumaient leur volonté de ne pas se soumettre, ni aux vendeurs d’air fussent-ils des français de droite ou de gauche ni à ceux qui voulaient la destruction du pays pour en constituer un nouveau paradis communiste.

 

Juste avant que Nicolas Sarkozy -hommage du vice à la vertu- remercie Alvaro Uribe et l’armée colombienne pour la libération des otages, on avait l’impression qu’Ingrid Betancourt avait été libérée grâce aux actions des médias, de la famille et du gouvernement français. Mais on a pu observer, qu’une fois le discours du président passé, la vulgate dominante est restée la même … Et pour souligner l’implication de la France, les enfants français du soldat colombien, accompagnés du toujours disponible Bernard Kouchner, partent dans un Airbus spécialement loué vers Bogota pour embrasser leur mère. Qui reviendra avec eux aujourd’hui en France. Quand on  aime on ne compte pas mais, sans être pingre, on devrait se dire que par les temps qui courent cela doit faire beaucoup l’embrassade …

 

Ingrid Betancourt « rentre » en France. Pourtant elle a quitté ce pays, qui n’était qu’un intermezzo dans sa vie, pour se lancer dans la vie politique de son vrai pays, la Colombie. Elle voulait devenir sa présidente nonobstant le 1% des voix dont elle était créditée par les sondages quand, à ce titre (et non pas comme une vulgaire touriste) elle a été kidnappée par des bandes d’assassins pires que la lie de la terre. Mais qu’auparavant elle est allée voir pour les convaincre de participer à la création d’une nouvelle Colombie …

 

Il est humain de se réjouir de la libération d’un être des mains des assassins. Il ne peut pas être indifférent de voir à quel degré d’absurdité la diplomatie française (et ses patrons) est arrivée.

 

Si, au départ, on savait qui étaient les bons et qui étaient les brutes (rôles inter-changés dès la libération des otages) il n’était pas clair qui étaient les truands. Depuis hier on le sait. Au fait, qu’et-il devenu, Monsieur Chavez ? Allons, le colonel Kadhafi nous avait déjà fait comprendre que nos gouvernants ne sont que des sinistres plaisantins …

 

 

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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 07:40

Texte mis en ligne par Liberty Vox

Le Président Bush a déclaré « l'acquisition d’armes nucléaires par l'Iran est inacceptable» et pour qu’il n’y ait pas de malentendu, le Vice-Président Cheney dit « les Etats-Unis ne permettront pas à l'Iran d'acquérir des armes nucléaires ».  Juste avant son voyage en Israël le Président Sarkozy déclare au journal israélien Yedioth Aharonoth « La France fera tout afin d'empêcher l'Iran d’acquérir des armes nucléaires et … ceux qui réclament d’une manière indigne la destruction d’Israël se trouveront confrontés à la France … ». Pour ne pas rester en reste, Mme Merkel déclare à la Knesset « Pour moi en tant que chancelière allemande, la sécurité d'Israël ne sera jamais négociable »

Le temps des déclarations induit par la soixantième anniversaire de la renaissance d’Israël passera rapidement car les préoccupations, surtout, de l’Europe sont aujourd’hui uniquement liées au prix du pétrole et aux effets consécutifs sur le renchérissement des matières premières comme aux conséquences sur la croissance des économies du continent.

Les tenants de la Real Politik rappellent que l’Iran a comme principal partenaire commercial pour l'importation et l'exportation, l’Europe.
Selon les données de l’Union Européenne, en 2006, ses importations se sont montées à plus de 14,0 milliards d’euros, alors que la valeur des exportations  (avec l'Allemagne, la France et l'Italie menant la danse) s'élevait à presque 12,0 milliards d’euros. L'Iran est le quatrième plus grand fournisseur de pétrole de l'Europe. Et les mêmes soulignent qu’une détérioration des relations (sanctions contraignantes, voire une attaque militaire contre l’Iran) conduirait à une augmentation faramineuse du prix du pétrole et à la récession dans les économies occidentales.

L'Europe est donc celle qui tient à flots l’économie iranienne en considérant que cela a comme effet le maintien en état de sa propre économie. Tous les pays de l’Europe disposent d’ambassades à Téhéran, tous les aéroports d’Europe accueillent et font partir des vols vers Téhéran et … aucune voix ne s’est élevée contre la participation de l’Iran aux Jeux Olympiques. Pendant le régime d’apartheid, pendant 28 ans, on a interdit à l'Afrique du Sud de participer aux Jeux Olympiques et/ou à la coupe du monde (football). L'Iran, dictature des mollahs, régime religieux de ségrégation, pourrait être considéré come étant bien plus nocif. L’Europe ? Elle fait très peu ou rien pour isoler explicitement l'Iran. Pas plus que la Russie qui prétendant ne pas avoir des indications précises et fiables sur le programme nucléaire de l’Iran, attend que l’on trouve le « smoking gun ».

Au plan pratique attendre une « preuve irréfutable » veut dire en réalité que l’on consent à l’existence d’un Iran disposant de l'arme nucléaire. Il n’est pas difficile de comprendre, dans ce cas, qu’un prix du pétrole excessif et une croissance économique réduite ne sont pas nécessairement le mal le plus grand par rapport à un Proche Orient lancé dans une course aux armements nucléaires.

Mais si le monde (l’Europe en premier) peut attendre, deux pays ne le peuvent pas : les Etats-Unis et Israël. Autant pour des raisons liées à leurs propres relations qu’à celles de la communauté internationale. En effet, « Soixante ans daprès la reconnaissance diplomatique d’Israël par les Etats-Unis, tandis qu’Israël fait des efforts pour obtenir la paix avec la Syrie et contribuer avec l’Autorité palestinienne à la création d’un état palestinien, la perspective d’une République Islamique de l'Iran disposant d’armes nucléaires pourrait confronter les Etats-Unis et Israël au défi le plus sérieux de l'histoire de leurs rapports. (Washington Institute for Near East Policy’s Presidential Task Force on the Future of U.S.-Israel Relations – 2008).

Cela étant, embourbés, comme ils sont, en Irak, les Etats-Unis ne semblent pas être disposés à se lancer dans une nouvelle opération militaire, cette fois-ci, contre l’Iran. Et si c’est Israël qui s’en charge, le monde entier considérera que cela a été fait avec le consentement américain. D’où une certaine dégradation des relations entre les deux pays, dégradation qui a commencé à se faire jour avec la publication du fameux rapport du renseignement américain qui laisse croire que l’Iran a abandonné le programme nucléaire militaire en 2003 … Rapport que les services de renseignement israéliens ont mis en pièces jusqu’à faire E. Barak déclarer au Monde « Le rapport des services secrets américains était faux, point final, et je suis confiant : nous le démontrerons avec le temps ». 


L’Europe convient que l'Iran est une menace, et que ses efforts tranquilles vers l’énergie nucléaire civile est une feinte. Mais que faire ?  Depuis bientôt sept ans l’Europe parle gentiment à l’Iran avec l’espoir qu’il abandonnera son programme fortement soupçonné d’être militaire. Elle espère que par une sorte de miracle, l’on obtiendra un plan d'action ferme en dehors du Conseil de Sécurité de l’ONU (la Russie et la Chine bloquant toute action sérieuse). Peut-être.


Malheureusement toutes les discussions habituelles (avec ou sans l'ONU) ressemblent à  « jouer du violon tandis que Rome brûle » (Néron)  sauf que cette fois-ci Israël va brûler si quelque chose n'est pas fait. Le monde libre, les héritiers des Lumières, doivent-ils attendre pour voir si M. Ahmedinejad est sérieux quand il parle « d’éradiquer Israël de la carte » ?

Oui, dit le Prix Nobel El-Baradeï. Et il met sa démission de responsable de l’AIEA en jeu … « Ce que je vois en Iran aujourd’hui c’est un danger grave et urgent. Si une frappe militaire est effectuée contre l'Iran actuellement… elle me rendrait incapable de continuer mon travail » (déclaration à la chaîne de télévision Al-Arabiya). AIEA qui n’a rien su du programme nucléaire iranien pendant dix-huit longues années avant qu’il soit dévoilé par des dissidents iraniens. Ou du programme nucléaire libyen, découvert par la CIA et des « services » européens. Ou du marché noir crée par A.G. Khan, père du programme nucléaire militaire du Pakistan qui a fourni la Corée du Nord, l’Iran, la Libye en utilisant des sociétés européennes et des cadres suisses au-dessus de tout soupçon … 

Et comme il n’est pas à une contradiction près, il ajoute  « Une frappe militaire, à mon avis, serait plus mauvaise que n'importe quoi. …elle ferait que la République islamique soit encore plus déterminée pour devenir une puissance nucléaire.  Si une frappe militaire est lancée, elle signifiera que l’Iran, s’il ne vise pas déjà les armes nucléaires, se lancera d’une manière accélérée vers leur acquisition avec la bénédiction de tous les Iraniens, peut-être même avec celle de certains pays de l'Ouest. » Voilà l’homme qui est censé assurer la communauté internationale du respect, par tous les pays signataires, du pacte de non-prolifération … Confronté au refus des dirigeants iraniens de s'expliquer sur la militarisation présumée de leur programme, M. El-Baradei a uniquement regretté leur silence bien que des rapports des services de renseignement, venant de dix pays, accusent Téhéran de mener des études sur la mise au point d'armes nucléaires, en particulier sur le façonnage d'ogives et l'adaptation du missile Shahab-3.

Missile Shahab-3 dont l’ogive est transformé pour recevoir une tête  nucléaire (Federation of American Scientistes)

Alors ? Les Etats-Unis ne feront rien. Au moins pas pendant les huit derniers mois de la présidence Bush. Et à voir l’insistance qu’ils mettent à forcer Israël à accepter la création d’un état croupion, potentiellement terroriste aux ordres de l’Iran (comme le Liban, aujourd’hui, comme Gaza, hier déjà), on peut supposer qu’ils s’opposeraient à une action israélienne propre. La France ne fera rien. Elle n’a plus les moyens d’entretenir son armée, des cohortes de chars d’assaut sont en train de rouiller car … pas de combustible pour les faire tourner (sur quel théâtre d’opérations ? contre quel adversaire ?) et son aviation comme sa marine sont en réalité des vestiges d’une gloire ancienne. L’Allemagne ? Allons, donc.

Reste Israël. Plusieurs questions se posent si l’on envisage une action préventive israélienne. Dispose-t-elle de renseignements suffisants pour choisir le minimum de cibles qui feront un maximum de dégâts avec un minimum de dommages collatéraux (population) ? A-t-elle les moyens technologiques pour que l’action soit couronnée de succès ? Que se passera-t-il « le jour d’après » ?

Tout d’abord, on comprend qu’une action israélienne transformerait un problème mondial (le non respect par l’Iran des conditions posées par le traité de non prolifération, par lui acceptées – un programme caché pendant plus de 18 années) en un différend israélo-iranien. En laissant de côté le fait qu’Israël se trouve, en réalité, en légitime défense vue la menace potentielle iranienne et la rhétorique journalière du clown halluciné qui attendant le 12ème imam veut faire disparaître Israël. Comme de la menace permanente des supplétifs de l’Iran armés jusqu’au dents par ce pays : Hezbollah – disposant de plus de 30.000 fusées à courte portée maintenues dans un nouveau système de bunkers vis-à-vis duquel le mur de l’Atlantique n’était qu’un château de sable … et Hamas qui vient d’obtenir une « trêve » dont le but essentiel est de se refaire l’arsenal et de former une nouvelle chair à canons.

Croquis (Debka) montrant des bunkers du Hezbollah construits au nez et à la barbe de la force FINUL censée interdire la reconstitution des forces de cette organisation terroriste (Résolution 1701 du Conseil de Sécurité). 

Néanmoins, le premier résultat d’une action israélienne sera que le monde entier trouvera une nouvelle raison pour être contre Israël. Encore que … on a vu le silence assourdissant des principaux pays arabes qui a suivi trois évènements majeurs : la destruction du tiers de l’infrastructure du Liban suite à la guerre initiée par le Hezbollah, le meurtre (crédité au Mossad), en Syrie, du principal assassin de cette organisation (ayant figuré sur la liste de tous les services occidentaux, y compris de la DGSE, pendant plus de 20 ans) et la destruction d’un site nucléaire syro-nord-coréen par l’aviation israélienne. Mais les réactions de la rue arabe qui sera accompagnée de toutes les gauches du monde en train de devenir, elles aussi, islamo-fascistes seront redoutables …

Israël est, probablement, le pays qui sait le plus de ce qui se passe en Iran. Aussi parce que pour une partie de sa population la langue perse et ses multiples dialectes n’a pas beaucoup de secrets. Il est fort probable que sa liste de cibles dispose d’une fiabilité suffisante pour infliger un maximum de dégâts, pas nécessairement à tous les sites nucléaires connus, surtout pas à ceux qui sont enterrés sous des montagnes (comme Natanz où l’on fait l’essentiel de l’enrichissement de l’Uranium). Probablement, surtout, aux sites clandestins peu ou pas du tout connus du monde. Non plus à ceux qui sont en train d’être assurés d’une défense anti-aérienne et anti-missiles supposée à toute épreuve que la Russie installe à grande vitesse (systèmes Pantsir-1, S-300, j’en passe et des meilleurs). Un certain doute peut subsister quant aux renseignements détenus par Israël mais … ce pays a toujours laissé une part à l’improvisation !

La deuxième question peut recevoir une réponse positive sans aucune ambigüité. Certes, la distance à parcourir  pour une flotte aérienne est de l’ordre de 1.500 km si elle décolle des bases israéliennes. Mais beaucoup moins pour des missiles de croisière pouvant prendre leur envol à partir de sous-marins judicieusement positionnés dans le Golfe Persique ou la Mer d’Oman.


       Frappe militaire israélienne possible contre l’Iran (Tribune de Genève)


Le monde entier a été surpris par le bombardement du site nucléaire syrien en septembre 2007. Ce qui a retenu l’attention des spécialistes militaires c’est le fait que l’escadrille de F-15 qui a effectuée le raid n’a été détectée à aucun moment ni par la Syrie mais ni par la Turquie, pays de l’OTAN disposant de systèmes de détection les plus perfectionnés … La Turquie n’a appris du raid qui pourtant à survolé son territoire que le fait que des réservoirs supplémentaires y ont été largués par les avions israéliens. Ce qui rappelle le bombardement du siège de l’OLP à Tunis par la même aviation plus de 25 ans auparavant quand elle a traversé la Méditerranée d’Est en Ouest, sur toute sa longueur sans que la Grèce, l’Italie, la France ou l’Espagne aient vu quelque chose … En clair, Israël semble disposer de ce qui est nécessaire pour rendre son aviation parfaitement invisible à ceux qui ne doivent pas la voir.


On vient d’apprendre, par une « fuite d’un officiel américain » (?!) qu’Israël a effectué un exercice militaire important pendant la première semaine de juin ; aussi que les sources américaines indiquent qu’il s’agissait, apparemment, d’une une répétition pour une attaque potentielle sur les emplacements nucléaires de l'Iran. Plus de 100 avions de combat F-16 et F-15 d'IAF ont participé à l'exercice, qui a été effectué au-dessus de la Grèce méditerranéenne et la Méditerranée Orientale. L’exercice a également inclus des hélicoptères de sauvetage et des avions ravitailleurs, tous ayant fait un parcours d’environ 1.500 km. Comme par hasard,  la distance qui sépare Israël du site nucléaire de Natanz où l’on enrichit l’Uranium. Trois observations : (a) le pourquoi de la fuite américaine quand l’exercice n’était connu qu’à la Grèce (une quarantaine d’avions israéliens F-15 et F-16 se trouvaient sur la base aérienne Souda, dans  l'île de Crète pour la durée de l'exercice) ; (b) le commentaire acerbe immédiat de la Russie à travers son Ministre des Affaires Etrangères qui, n’ignorant pas l’incapacité des équipements russes à détecter les mouvements de l’aviation israélienne, clame « ni Israël ni les Etats-Unis n'ont produit la preuve que l'Iran développait des armes nucléaires et dès lors le sujet doit traité par la diplomatie et des discussions avec Téhéran » ; (c) l’évidente surprise des mollahs qui, tout en sortant les antiennes habituelles sur « l’entité sioniste » semblent commencer à comprendre que laissée seule et ne prenant pas au sérieux les paroles de MM Bush, Sarkozy ou de Mme Merkel, Israël se prépare au pire -pour eux.


Résumons : à juste titre, la communauté internationale est inquiète
des activités nucléaires de l'Iran. Bien que la République islamique insiste sur le fait qu'elle est seulement intéressée par la technologie nucléaire pour disposer de combustible pour les centrales nucléaires (qui lui font défaut pour l’instant …), l’AIEA a récemment signalé que l'Iran a bloqué ses tentatives d'étudier ce que sont les divers composants trouvés et semblant faire partie d'un programme d'armes nucléaires. Et la question qui reste posée au monde est de savoir ce qu’il faut faire.


Le monde ne sait pas quoi faire pour arrêter la marche de l’Iran vers la bombe. Israël semble le savoir et se prépare pour. Et selon un autre « officiel » américain commentant le même exercice aérien « 
Ils ont voulu que nous le sachions, ils ont voulu que les Européens le sachent et ils ont voulu que les Iraniens le sachent aussi »

 




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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 11:46
Texte publié par Liberty Vox le 09.06.08

 

Premier chef d’état étranger à se rendre au Liban après «l’élection» du Général Sleimane, notre Président a pris dans ses bagages les éminents représentants de la classe politique, de droite, du centre et de la gauche. Sauf Olivier Besancenot, Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers, c’est toute la France officielle qui s’est précipitée à Beyrouth pour frapper du sceau de l’honorable le coup d’état du Hezbollah réalisé sous les ordres de l’Iran et de la Syrie. La France pouvait choisir entre le déshonneur et la guerre, elle a choisi le déshonneur et elle a eu la guerre disait Churchill en 1939. On devrait paraphraser ce dicton et dire : La France pouvait choisir entre la majorité anti-syrienne et le déshonneur, elle a choisi le déshonneur …

Car c’est quoi moins que le déshonneur, pour le pays qui a créé le Liban, quand on accepte la mainmise du Hezbollah sur ses destinées. C’est quoi moins que le déshonneur pour le pays qui a imposé la résolution 1701 (désarmement du Hezbollah) que d’accepter un président après que les trois conditions posées par l’Hezbollah (droit de véto au gouvernement, réseau de communications hors du contrôle de l’Etat Libanais, contrôle de l’aéroport de Beyrouth) eussent été «légalisées» par un accord obtenu par le Qatar ? C’est quoi moins que le déshonneur que de ratifier la mainmise de la Syrie sur le Liban après avoir été éconduit au bout d’un chemin à Damas effectué par deux «hauts» émissaires, vu que notre ministre des affaires étrangères n’a pas réussi à y aller ?

65 morts provoqués par le Hezbollah pour obtenir ce qu’il demandait en utilisant les armes de «la résistance contre Israël». Et notre Président qui disait «je ne serrerai pas a main des ennemis d’Israël» rencontre les dirigeants de 14 partis libanais, Hezbollah y compris. Et il reste de glace quand le nouveau président libanais, en réalité, nommé par l’Iran et la Syrie, après avoir clamé dans son discours d’investiture «Le Liban n’a qu’un seul ennemi, Israël ; le peuple libanais dans son ensemble soutient le conflit armé avec l’entité sioniste», lui demande l’aide pour «récupérer son territoire occupé et assurer le retour des «réfugiés» palestiniens dans «leur pays occupé». Le territoire occupé du Liban ? Les Fermes Shebaa que le président précédent avait accepté après de longues discussions avec l’ONU de considérer comme appartenant à la Syrie (tracé de la ligne bleu). Mais qui «justifie» la «résistance» du Hezbollah. Le pays «occupé» des réfugiés palestiniens ? Israël.

Pendant que l’échelon politique dépensait l’argent de la République à Beyrouth, notre ministre des Armées reprenait une partie du message présidentiel pour dire «il s'agit désormais d'œuvrer pour que le dialogue qui a été entamé entre toutes les parties débouche sur une normalisation durable de la situation politique au Liban et dans la région". "Dans ce contexte fragile, la mission de la Finul est difficile" appelant à "redoubler d'efforts pour aider l'armée libanaise à assurer, seule, le contrôle du Liban sud, à lui faciliter le plein exercice de la souveraineté libanaise dans cette région si sensible». La Finul qui ne contrôle rien car le territoire qui lui est affecté n’est rien d’autre que celui où le Hezbollah règne en maître et où il a reconstitué, et au-delà, sa puissance de frappe.

Pourquoi ? Comment la France est-elle descendue si bas ? Comment peut-elle croire qu’elle gardera encore quelque respect du côté de ceux qui ont été sacrifiés sur l’autel de ses propres ambitions ?

La première explication, le projet d’Union Méditerranéenne. Notre président veut qu’il constitue sa grande œuvre et pour cela il a besoin que le dictateur syrien y participe. Et avec lui tous les autres chefs d’état arabes plus ou moins démocrates (mais qui s’en soucie ?). Mais… comme lesdits chefs d’état ne veulent pas d’une participation israélienne, notre Sarkozy national est soucieux car il s’agit de lancer le projet à Paris le 13 juillet et inviter tout le monde à parader le 14…

La deuxième explication, détacher la Syrie de l’Iran en lui reconnaissant le droit d’ingérence au Liban et en lui promettant un accord d’association avec l’Europe. Accord que notre Président poussera pendant tout le temps que la France assurera la présidence de l’Europe. Le drame qui se joue cependant dépasse par ses implications la diplomatie aux petits pieds de nos diplomates.

L’Iran dont l’ambition première, par delà son objectif géopolitique de devenir la première puissance du Proche-Orient, est de détruire Israël, a appris la leçon de la dernière guerre mondiale : personne n’a levé son petit doigt pour sauver les juifs des nazis. Et l’Iran sait qu’avec suffisamment d’avantages matériels offerts au monde, l’histoire se répétera. En attendant, l’Iran a besoin de temps pour devenir puissance nucléaire. Temps qui lui a été octroyé par l’Europe (Jack Straw pour l’Angleterre, Jaques Chirac pour la France et Yoshka Fischer pour l’Allemagne). Sept années de discussions stériles pendant lesquelles l’Iran n’a rien concédé, n’a renoncé à rien et surtout pas à sa marche forcée vers la bombe. Nicolas Sarkozy, dès son élection, indique que l'Iran nucléaire est «inacceptable» et demande aux sociétés françaises de ne plus faire des affaires avec la République islamique.

Mais ces sociétés ont investi des dizaines de milliards de dollars en Iran. Total continue à espérer la réalisation d’un projet de plusieurs milliards de dollars pour développer les gisements de gaz naturel de l'Iran, deuxièmes plus grands du monde. Mme Merkel s’est engagée «à jeter un nouveau coup d'oeil» au commerce avec l'Iran. Mais pendant que Berlin a coupé quelques crédits à l'exportation, environ 1.700 compagnies allemandes maintiennent un commerce annuel de 5 milliards de dollars avec l'Iran. Gordon Brown pour la Grande-Bretagne indique que Téhéran ne devrait pas douter «du sérieux de notre but» en parlant de l’arrêt des efforts pour acquérir l’arme nucléaire. En attendant, Londres offre des crédits à l'exportation qui assurent plus de 1 milliard de dollars dans le commerce annuel de la Grande Bretagne avec l’Iran. Silvio Berlusconi, de retour au pouvoir, veut que l'Italie se joigne aux entretiens nucléaires avec Téhéran tout en protégeant son commerce annuel de 7 milliards de dollar qui fait de l’Italie le premier partenaire commercial européen de l’Iran. La Suisse signe un contrat gazier pluriannuel de 22 milliards de dollars. L’Autriche fait de même pour presqu’autant.

«La politique de l'Europe est schizophrène : juste assez de soutien aux sanctions imposées sous la pression des États-Unis, mais sans trop affecter les relations commerciales ou risquer la rupture avec l'Iran» explique Charles Powell, un ancien conseiller pour les affaires étrangères de Margaret Thatcher. «L’Europe fait semblant d’agir mais en réalité elle attend des changements politiques qui pourraient intervenir en Iran ou à Washington».
Et le toujours ineffable Javier Solana d’aller de nouveau à Téhéran pour proposer, à répétition, un paquet d’offres économiques identique à celui que l’Iran a rejeté il y a deux ans… A l’encontre du mot de Hemingway, l’Europe montre en permanence qu’elle confond le mouvement avec l’action.

Mais que se passe-t-il dans cette Europe dont la France prendra la présidence le 1er juillet ? Tout d’abord une décomposition induite par la politique d’apaisement et, finalement de collaboration avec les ennemis déclarés. Les faiblesses des démocraties occidentales aidant, leurs centres de résistance (nation, patrie, culture) sont détruits patiemment avec l’aide des dirigeants «réalistes» qui empêchent de se manifester l’instinct de conservation nationale. La France et l’Angleterre ont trahi la Tchécoslovaquie, on connaît la suite.

Les idées de liberté, coopération universelle et amour planétaire, qui sont devenues de vulgates dominantes en Europe ont toujours été exploitées par ceux qui n’ont de cesse que de les détruire. Et on ne veut pas appeler un chat un chat en s’attaquant à tous les profiteurs des situations confuses, les dirigeants des sociétés industrielles (propriétés des Etats ou privées) qui ne s’occupent pas de géopolitique mais uniquement de leurs profits immédiats ou à venir. Total, (ou les pétroliers ou gaziers italiens et autrichiens), les politiciens véreux (voir les diplomates français bénéficiaires de bons de pétrole offerts par Saddam Hussein pour services rendus, ou autres), les maîtres chanteurs déguisés en journalistes de la presse libre mais uniquement bienveillante pour ceux qui n’acceptent pas la liberté de la presse, les chaînes de télévision qui contribuent à inciter contre ceux qui ne sont pas pauvres ou humiliés ou détenteurs du progrès historique (voir Al Dura et Fr2), bref tous les profiteurs qui se soucient du pays comme d’une guigne quand il s’agit des honneurs et profits personnels. Et après eux… le déluge !

Comment comprendre autrement la descente aux enfers de la France ? Naturellement, des philosophes, politologues et autres laveurs de cerveaux, qui ont à peine plus de 18 ans mais les cheveux longs, la moustache bien taillée et un «mental» d’enfant handicapé, sans s’en rendre compte se sont transformés en «5ème colonne» de ceux qui veulent nous détruire et, finalement, les détruire. Pourtant, l’histoire n’arrête pas de nous apprendre qu’il n’y a pas en réalité de «gauche» ou de «droite» : il y a humanisme ou totalitarisme. La dernière fois que cela a été évident, cela a donné la deuxième guerre mondiale. Et quand on regarde les résultats de tout ce que les Administrations américaines, démocrates ou républicaines, ont fait avec l’Iran, on reste coi. Kennedy qui a poussé le Shah vers la démocratie avec comme résultat la création de l’opposition de l’Ayatollah Khomeini. Nixon qui, occupé par le Vietnam, pousse l’Iran à devenir une superpuissance régionale en l’armant jusqu’aux dents. Carter qui a poussé le Shah de nouveau vers la démocratie : la révolution islamique n’a pas attendu une autre occasion, elle a trouvé dans les arsenaux iraniens toutes les armes qu’elle pouvait souhaiter pour se lancer dans une guerre meurtrière contre l’Irak. Et l’Europe ? Sept années de négociations, qui ont servi à faire avancer ses projets nucléaires pour l’Iran, mais à rien pour l’Europe.

C’est à cet Iran-ci que notre président abandonne le Liban. Et à la Syrie qui vient de faire semblant de commencer des «négociations indirectes» de paix avec Israël. Hosanna, dit notre président à Beyrouth. Tandis que le ministre des armées syrien va à Téhéran pour expliquer que «l’Iran et la Syrie ne perdent rien, tandis que la Syrie peut gagner beaucoup de l’Europe et des Etats-Unis». Négociations de paix ? La stratégie de la Syrie est parfaitement claire : négocier, obtenir le Golan et attendre, même cent ans, pour finalement faire disparaître Israël. C’est à cette Syrie-là que notre président vient d’abandonner le Liban. Tout en se préparant pour aller à Jérusalem le 22 juin pour assurer ce pays de l’amitié indéfectible de la France. Tandis que le 17 juin un rapport sur les agissements des services secrets russes en France sera rendu publique et montrera, entre autres, l’étendue de la coopération Russie – Iran – Syrie – Hezbollah ! Je vois les sourcils s’élever car la liaison avec le sujet traité n’est pas évidente.

Pourtant, si. Selon des soupçons se faisant jour, des informations sensibles concernant les systèmes de communication par fibres optiques ont été volées aux États-Unis et transférées au SVR russe qui les a mises à la disposition de l’Iran, dans le cadre de la coopération militaire avec Téhéran, ce dernier s’étant engagé à ne pas transmettre les informations à un tiers. Le réseau des communications du Hezbollah installé par des techniciens iraniens en a profité, c’est la raison pour laquelle il a constitué une des conditions dans le bras de fer gagné par le Hezbollah. La France s’inquiète car elle utilise les mêmes technologies… La Russie aussi car cela pourra compliquer à l’avenir ses relations et avec l’Iran et avec les Etats-Unis et… aussi avec la France. La récente visite de Monsieur Poutine en France, semble-t-il, n’a pas été étrangère au souhait russe de trouver une solution discrète à ce qui montre, une fois de plus, le parasitisme russe qui se nourrit de l’incompréhensible irresponsabilité de nos dirigeants. «Nous ne trahirons pas les générations futures en permettant à l'Iran de se doter d'armes nucléaires. L'Iran constitue un souci particulier, car il s’agit d’un proliférateur potentiel et d’un commanditaire actif de la terreur qui n’hésitera pas à mettre son potentiel d’armes de destruction massive à la disposition de groupes de terroristes». Mais cela n’est dit que par John Mc Cain tandis que l’Europe a choisi comme candidat pour les présidentielles américaines Barak Obama…


© Martin Birnbaum pour LibertyVox

 

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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 20:40

De qui se moque-t-on ?

A peine s’est-il préparé à quitter Israël que la nouvelle de « l’accord de Doha » (capitulation sans conditions des « gouvernementaux » après le coup de force du Hezbollah à Beyrouth, capitulation saluée comme il se doit par la France) que voilà notre ministre des affaires étrangères supplier le ministre des affaires étrangères de la Syrie (?!) de le rencontrer. Mais ce dernier … avait un programme trop fourni ce qui fait qu’ils se sont rencontrés à l’ « l’élection du Président du Liban » (élection ? plutôt sacre du commandant de l’armée dont le dernier fait de gloire a été de ne pas obéir aux ordres du gouvernement légal qui l’a nommé …).

Juste avant de quitter Israël, avec la probité intellectuelle qu’on lui connaît, en regrettant qu’Israël n’allège pas les contrôles en Cisjordanie,  a déclaré à Ramallah « Israël doit et peut faire beaucoup plus sans mettre en danger sa sécurité». Il le sait, lui, qui suit les événements sur e terrain, formation de médecin sans frontières oblige.

Quelques jours plus tôt, un camion chargé de 4,5 tonnes d’explosifs a été lancé, avec son assassin suicidaire, contre le terminal de Erez, par là où passent les convois de camions apportant du combustible ou des denrées alimentaires aux pauvres palestiniens de Gaza. Israël est condamné par la communauté internationale pur ne pas faire assez pour les populations gazaouïtes. Et le sénile ancien président des Etats-Unis (« le cerveau cacahouète », Jimmy Carter) de dire au monde entier que « ce qui est fait par Israël à Gaza est un des pires crimes humanitaires actuels »

Pendant ses deux jours de présence en Israël, les Palestiniens ont utilisé des mortiers, des armes antichars et des mitrailleuses lourdes contre des forces israéliennes et des endroits civils. Mercredi dernier, rien que dans la matinée, 10 missiles Qassam ont été tirées contre Sderot et Ashkelon. Mais, vu que les deux parties de l’humanité ne sont pas égales et que la partie palestinienne est plus égale pour Bernard Kouchner, il n’a pas regretté les attaques de Gaza. Comme il n’a pas eu l’élégance (ou le courage) d’aller expliquer aux habitants de Sderot pourquoi Israël devait faire « beaucoup plus ». Mais il a noté l’invitation du Hamas d’aller à Gaza : Le gouvernement du Hamas à Gaza a appelé le samedi 24 mai le ministre des affaires étrangères français Bernard Kouchner pour venir visiter le territoire pour se renseigner sur la douleur de ses habitants. Taher Al-Nounou, un porte-parole du gouvernement a indiqué à la presse que l'invitation « a été motivée par la position morale de la France » ce qui s’est reflété dans toutes les remarques de Kouchner. Kouchner, qui visite l'Israël et la Cisjordanie depuis mardi, a critiqué l'expansion des agglomérations israéliennes en Cisjordanie et les restrictions que l'Israël impose au libre mouvement des Palestiniens » Quand une organisation terroriste apprécie les positions d’un ministre des affaires étrangères de la France, il pourrait y avoir comme quelque chose de pourri dans notre royaume de France et de Navarre …

Ce n’est pas tout. Hier, à l’occasion de la fête « Israël – 60ème anniversaire » (Trocadéro), notre président s’y rend en accompagnant Mme Livni. Naturellement, les deux choses sont passées sous silence par la presse française. Et le président de confirmer au ministre israélien que « les contacts avec le Hamas ont été une gaffe ».

De deux choses l’une : soit B. Kouchner croit (comme il l’a affirmé la semaine dernière, que « La France doit parler à tout le monde » en confirmant y avoir envoyé à Gaza un ancien ambassadeur en Irak) et dans ce cas il est en contradiction avec la vision du président ; soit il constate que la parole présidentielle lui rabat son caquet. Dans les deux cas, si sa carapace de transfuge de la gauche vers la soupe de la droite n’était pas ce qu’elle est, il devrait quitter son ministère.

Mais qu’est-ce qui fait courir B. Kouchner ? Pourquoi néglige-t-il (comme toutes les gauches) ce qui se passe en Chine, au Soudan, au Zimbabwe ou en Corée du Nord ? Pour quelles raisons est-il allé, toutes affaires cessantes, donner l’accolade à l’ineffable Chavez, bientôt porte-drapeau des révolutionnaires anti-américains du monde entier ?

 
Mais il y a plus … Toute honte bue, il va à Beyrouth et obtient une rencontre avec le ministre des affaires étrangères de la Syrie. Auquel il fait miroiter la possibilité d’une fin de l’isolement et du boycott diplomatique européen. Et de lui dire que la France veut œuvrer pour un accord d’association de la Syrie avec la Communauté Européenne et voudrait bien aller à Damas pour y parler de ces sujets. Etait-il en service commandé ? Après avoir constaté que ses émissaires (Claude Guéant et Jean-Paul Levitte) avaient été éconduits par Bachar El Assad, Nicolas Sarkozy veut-il reprendre le chemin de Damas ? Mais la Syrie (souvenez-vous du proverbe arabe « la Syrie avale l’appât et pisse sur l’hameçon ») … ne se satisfait pas des promesses françaises car elle escompte de plus grandes récompenses diplomatiques dans un avenir proche suivant l'accord au Liban et les pourparlers indirectes de paix avec l'Israël.
 

oooooooooooo

Jean-Claude Trichet, président de la Banque Centrale Européenne, déclare au Yedioth Ahronoth qu'il croit que l'économie israélienne est la plus performante au monde aujourd'hui : « Je suis stupéfié par les performances de l'économie israélienne » dit-il en ajoutant  que le marché israélien est « en meilleure position pour récolter les fruits de la globalisation que quiconque et n’est pas affecté par la crise des « subprimes ».

Et pourquoi les palestiniens ont-ils suivi la voie du suicide national depuis le plan de partage de l’Onu de 1948 ? Pourquoi n’ont-ils "jamais raté une occasion de rater une occasion" ? Pourquoi, tout en recevant des aides de plus de 1.000 milliards de $ depuis 1948, n’ont-ils fait même pas ce que le Timor Oriental a fait depuis qu’il est devenu indépendant  ?

La vérité est que le monde civilisé se fait toujours des illusions au sujet d'un état de droit dans un environnement totalement dépourvu de droits. Ce qui prime dans la région c’est l’islam : une idéologie qui présuppose et réclame la suprématie par rapport à la culture occidentale. Il ne s’agit pas d’une religion de paix, elle est impitoyable. Les actes terroristes perpétrés par ses séides ou ceux qui se réclament d’elle sont légion et  témoignage de ce qui peut être…

Pourtant des terroristes on en trouve au Pérou, en Colombie, en Somalie, en Indonésie ou en Thaïlande ou même en Tchétchénie. Mais l’attention du monde est uniquement concentrée sur ce qui se passe au Moyen-Orient, certains ayant « compris » et d’autres ayant approuvé les assassins et/ou pirates de l'air palestiniens. Pas seulement parce qu’ils sont arrivés à perturber le mode de vie occidental. Surtout parce que ce monde occidental, gavé de théories « oppresseur/oppressé » et de la quête permanente de « l’apaisement » est prêt à n’importe quel compromis pour assurer sa quiétude, fût-il sur le dos d’Israël.

Le jour du jugement dernier, à part l’explication par l’islam, les gauches du monde entier et, sans doute B. Kouchner aussi, auront à donner des comptes.

Jusque-là … regardez B. Kouchner dire le droit et avertir le monde, enfin, à ceux qui l’écoutent encore. 

                                   

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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 06:51

 

 Texte publié par Liberty Vox le 23.05.08

La France, sa politique étrangère et son ministre.

En juillet 2007, les journaux nous apprenaient que Bernard Kouchner était à Beyrouth où il rencontrait «tous ses amis» y compris (selon les dépêches d’agence) les chefs (ou les représentants) du Hezbollah. Non content d’avoir accordé, sans aucune contrepartie, une sorte de légitimité internationale au Hezbollah en l’invitant auparavant à Paris, voilà qu’il oubliait le passé en courant, d’après cette organisation terroriste, pour l’amadouer et pour la faire entrer dans le jeu politique (Ô combien compliqué…) du Liban. La France devait parler à tout le monde, disait-il à l’époque. On connaît la suite : deux émissaires du plus haut rang possible (Claude Guéant, Secrétaire Général de l’Elysée et Jean-Paul Levitte, conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy) vont à Damas pour obtenir de Bachar El Assad qu’il laisse le Liban se doter d’un président. 18 reports de l’élection plus tard, neuf mois en tout, rien n’a été obtenu. Si, une épreuve de force imposée par le Hezbollah il y a deux semaines qui, retournant les armes « de la résistance contre Israël » vers les supporters du gouvernement Siniora, a conduit à plus d’une centaine de morts et au maintien du statu quo. La France (et avec elle l’Europe) s’accommodent de la prise du contrôle de ce pays par l’Iran et la Syrie via leur supplétif sur place, le Hezbollah. Et on ajoute l’ignominie à l’irresponsabilité en saluant « l’accord de Qatar » : le Hezbollah garde ses armes (vous vous souvenez de la résolution 1701 proposée et soutenue par la France en 2006 et qui prévoyait le contraire), il obtient le contrôle de l’aéroport et du port de Beyrouth (tout ce qui lui viendra d’Iran et d’ailleurs ne soulèvera aucune objection, de personne), et continuera  à être libre de ses mouvements jusqu’à la frontière Nord d’Israël, en dépit des 10.000 casques bleus de l’Unfil parmi lesquels 2.000 français qui, comme les autres, se la coulent douce sans rien entendre, rien dire et rien voir (comme les trois singes africains) et passent les week-ends à Naharia, en Israël. Requiem pour un pays …

Mai 2008, Le Figaro nous apprend (et Bernard Kouchner le confirme) que la France est entrée en contact avec le Hamas et qu’un ancien ambassadeur en Irak (du temps de Saddam Hussein) est allé à Gaza pour rencontrer Mahmoud Zahar, fondateur du Hamas et Ismaël Hanieh, «premier ministre» du gouvernement qui, par un coup de force, a privé l’Autorité Palestinienne de la moitié des territoires concédés par les accords d’Oslo. Après des combats faisant moult morts et qui ont démontré la fraternité du Hamas et du Fatah quand les «militants» de ce dernier étaient criblés de balles par ceux du Hamas. En confirmant la chose sur Europe 1, Bernard Kouchner dit La France doit parler à tout le monde. Et l’ambassadeur en question d’affirmer que «ses interlocuteurs l’ont assuré qu'ils étaient prêts à accepter un Etat palestinien dans les frontières de 1967, ce qui équivaut à une reconnaissance indirecte d'Israël". En oubliant de lui dire que dès qu’un tel état verra le jour, la lutte pour la destruction d’Israël continuera, sur de nouvelles bases… Car relisons la déclaration du même Mahmoud Zahar au Wall Street Journal (17.04.08) : Un «processus de paix» avec les Palestiniens ne peut s’engager, même pas par une première mesure minuscule, jusqu'à ce qu’Israël se retire d'abord aux frontières de 1967 ; démantèle tous les villages crées depuis ; retire tous ses soldats de Gaza et de Cisjordanie ; rend nulle son annexion illégale de Jérusalem ; libère tous les détenus et arrête le blocus de nos frontières internationales, de notre littoral et de notre espace aérien de manière permanente. Ceci fournirait le point de départ pour des négociations justes et constituerait la base pour le retour des millions de réfugiés ; étant donné ce que nous avons perdu, c'est le seul moyen par lequel nous pouvons commencer à récupérer le tout de nouveau». A récupérer le tout, c’est-à-dire la Palestine avant le partage par l’ONU en 1948.  C’et vrai, parmi les missions des ambassadeurs, il y a la désinformation, l’émissaire de Bernard Kouchner n’a pas failli à son devoir.

Mai 2008, Bernard Kouchner s’émeut de ce qui se passe en Birmanie où la junte militaire interdit l’aide humanitaire à plus d’un million d’êtres. Il a sans doute oublié qu’en 2003, Me Souliez-Larrivière et Me Jean Veil ont confié à BK Conseil une mission d’enquête au Myanmar (Brimanie) auprès de la société Total chargée de la construction et de l’exploitation d’un gazoduc … Il avait oublié aussi de noter dans son rapport que les deux avocats défendaient les intérêts de Total. D’ici à croire, qu’en réalité, il avait accepté une mission payée par Total pour justifier du haut de son statut de parangon «droithommiste» l’investissement de cette société en Birmanie, il y un pas qu’il ne faudrait pas franchir. Et pour faire bonne mesure, une fois qu’il avait dédouané Total («elle devrait, selon notre analyse et malgré ses traditions de neutralité, s’engager avec précaution dans cette voie, d’autant que, premier investisseur du pays, elle ne risquerait dans l’affaire qu’un très positif changement d’image» - il s’agissait de s’engager dans la voie de la collaboration avec la junte militaire …) il écrivait …«Pourquoi les militants s'acharnent-ils plus facilement contre le Myanmar que contre la Chine qui pratique à grande échelle le travail des enfants? Par facilité. Les Généraux birmans apparaissent plus dérisoires que les autres, et leur capacité de communication est inexistante. La tâche est donc plus aisée, la pression entraîne peu de risques... S'en prendre à la Chine au Tibet, par exemple, au Parti Communiste résiduel au Viêt-Nam et même à l'odieux régime de Corée du Nord comporte plus d'aléas». Nous sommes rassurés, cinq ans après Bernard Kouchner critique la junte militaire birmane mais ne s’en prend plus à la Chine. Gageons qu’il sera présent à Pékin pour les Jeux Olympiques.

Ce dont il est question quand on lit les trois paragraphes précédents ne se résume pas aux contorsions idéologiques d’un Bernard Kouchner, fut-il ministre des affaires étrangères de la France. Il s’agit de la France et de ce qu’André Dufour vient d’écrire : «A quoi bon alors commémorer le 8 mais 1945 qui scelle la défaite du plus abject des régimes totalitaires, si nous restons passifs devant la montée des nouveaux périls, si nos diplomates traitent dans les coulisses avec ceux qu’il faudrait commencer par anéantir avant qu’ils ne soient eux-mêmes en mesure de nous anéantir». http://www.libertyvox.com/article.php?id=322

La France vient de sceller le sort du Liban. Elle l’a abandonné à un des pires régimes totalitaires d’aujourd’hui, le régime des mollahs iraniens. Comme elle l’a fait pour la Pologne, abandonnée aux Allemands et aux Russes en 1939. Comme les démocraties occidentales ont abandonné la Tchécoslovaquie à Hitler. En «parlant» au Hamas elle est en train d’abandonner l’Autorité Palestinienne et d’accepter la mainmise de l’Iran par Hamas interposé à Gaza. La France qui se prépare à prendre la présidence de l’Union Européenne et qui veut, par-dessus tout, créer une «Union de la Méditerranée» est en train de préparer le terrain de la conquête d’une partie de la rive Sud par les pires ennemis des démocraties occidentales. Par delà les fortes tendances pro-arabes du Quai d’Orsay, par delà le fond antisémite qui y perdure, en dépit des intérêts stratégiques de notre pays, on est en train de paver la voie à la consolidation d’Eurabia (Bat Ye’or) de ce côté-ci de la Méditerranée. Pourquoi ?

Le Professeur Paul Eidelberg (entre autres publications, Discourse on Statesmanship, Demophrenia, etc.) a proposé comme explication la théorie de la «demophrénie». Puisqu’en démocratie on professe que tout et toussont égaux, tandis que les choses et les gens ne sont pas égaux entre eux, celui qui croit dans l'égalité de tout et de tous développe une forme de folie ou de dédoublement de l’esprit qu'Eidelberg appelle demophrénie. Les individus savent que les choses et les gens ne sont pas égaux, tout en se disant qu'ils le sont. Eidelberg observe que des taux élevés de cette forme de schizophrénie sont présents dans les pays démocratiques.

Cette forme de schizophrénie se retrouve dans les deux approches du monde musulman (mais aussi du monde des dictatures d’idéologies différentes). L’approche «américaine» : instaurer la démocratie dans les pays musulmans. L’approche «européenne» : apaiser les conflits avec le monde musulman (ou tolérer les dictatures) en escomptant son changement profond. Mais la démocratie ne peut être établie dans un pays véritablement islamique, si la «démocratie» signifie davantage que le seul acte du vote, par exemple, la présence des contre-pouvoirs et la protection des droits des minorités. Si la démocratie veut dire uniquement le vote, sans liberté de parole pour tous, le vote ne peut conduire dans ces pays qu’à promouvoir la charia, dès la mise en place d’une nouvelle direction. Exemples : le danger du FIS en Algérie (que l’on a privé de victoire pour qu’il n’arrive pas à imposer la charia) ou le Hamas à Gaza qui transforme le territoire en «état» islamique (dernier acte : une bombe qui fait sauter un café Internet il y a quelques jours). Les Etats-Unis se sont félicités quand le peuple irakien a procédé en 2005 à des élections auxquelles une majorité a participé. Trois ans après on trouve tout en Irak sauf la démocratie… Quant à l’approche «européenne», il faudrait pour qu’elle soit justifiée que l’islam soit réformable. Imaginer des pays musulmans non gouvernés par la charia, non violents, respectant les choix individuels et la liberté de parole, ce ne sont que des vœux pieux car ceci voudrait dire qu’ils ne seraient plus musulmans. Et pour enfoncer un clou qui manque, il faut se souvenir du dogme de la «fermeture des 1000 portes» datant du 11ème siècle et qu’aucun docteur de l’islam n’a le droit de transgresser (Bat Ye'or, «L'Union européenne: entre Dhimmitude et Eurabia»). Pourtant, l’approche européenne fait des émules : le candidat Barak Obama qui recommande « le Hezbollah et le Hamas, tous les deux doivent être obligés de comprendre que la violence leur fait descendre une rue aveugle qui affaiblit leurs revendications légitimes » Quèsaco ? Les deux clament, clairement comme objectif final la destruction d’Israël … est-ce cela une revendication légitime ?

Mais les deux approches ont, pour ceux qui conduisent les affaires du monde, un dénominateur commun : «ce n’est pas l’islam qui est en cause mais les extrémistes (ou les «radicaux»)». Soit. Encore que, récemment, une enquête d’opinion (Gallup) faite dans 27 pays musulmans, tout en indiquant que 93% des sondés sont plutôt modérés, trouvait que 7% approuvent le 11 septembre 2001 et sont proches des «islamistes». Ce qui fait, quand même, un réservoir d’environ 100 millions de personnes disposées à promouvoir par la force la charia en vue d’aboutir au califat qui gouvernera le monde. Ces «minoritaires» agissants ne se proposent pas de «prendre le pouvoir» mais simplement de paralyser les pays où ils agissent en empêchant tout progrès vers la démocratie. Ou là où elle existe (Europe), en la vidant de son sens, en ne laissant in fine en place que le vote. Exemples : les caricatures danoises, les assassinats aux Pays-Bas, l’intolérance islamique au Nord de la France pour ne retenir que quelques uns.

La démocratie au Proche-Orient ? Dans les pays du Golfe ? En Iran ? Un des pères fondateurs des Etats-Unis, Thomas Jefferson, écrivait «La démocratie ne peut exister quand vous prenez à ceux qui sont disposés à travailler et vous donnez à ceux qui ne le sont pas. Elle requiert un système équilibré et fiable, qui exige la liberté de la parole, de vrais contre-pouvoirs face aux gouvernants et l’égalité devant la loi». Aucun de ces ingrédients n'est présent dans les pays musulmans car incompatibles avec la charia et ce qui est désespérant c’est qu’ils commencent à s’estomper dans les «pays des Lumières».

Dès lors, aucune concession de la part de l’Occident, aucun espoir de pouvoir arriver à une «paix mondiale», aucune réfutation du «choc des civilisations» n’apporteront autre chose que des désillusions. Comme la paix de Chamberlain et de Daladier n’a apporté que la guerre en 1939. Mais au moins, à ce moment-là, volens-nolens, les peuples (surtout les Anglais et les Américains) ont compris qu’il s’agissait de la sauvegarde d’une certaine idée de l’homme et de l’humanité. Tandis que maintenant … André Dufour a raison de nous rappeler qu’il ne faut pas rester passifs devant ceux qui préparent notre destruction, ou celle d’un pays qui se trouve en première ligne du front établi par les islamistes, Israël.

Comment peut-on ne pas comprendre que quand l’Europe (et une autre grande partie de la «communauté internationale») envoie des milliards d’euros aux palestiniens de Gaza, elle renforce le pouvoir du Hamas. L’aide est en permanence détournée pour payer «les militants» et acheter des armes. Et si l’on dit que l’on paye des instituteurs… il s’agit des mêmes qui apprennent aux enfants que leur devoir suprême est de devenir «shahid» en se faisant exploser pour tuer le plus grand nombre de juifs, ou de chanter dans des manifestations «spontanées» «toute la Palestine est nôtre».

Qu’importe, Bernard Kouchner, de passage récemment à Bethlehem, a demandé à Israël de faire des concessions. Et encore ces jours-ci, naturellement à Ramallah, il réclame l’arrêt du blocus de Gaza et le démantèlement des points-barrage de contrôle en Cisjordanie. En soulignant qu’il était normal pour Israël, vu son haut niveau moral, de le faire. Quitte à aller vers son suicide… car on ne voit pas pourquoi le Hamas et tutti quanti arrêteraient leurs tirs de fusées. Sauf de croire que l’on pourrait les apaiser …  Et il n’est pas seul, c’est la demande de la “communauté internationale“ dans son ensemble, celle qui a bombardé la Serbie pour l’affaire du Kossovo, la Russie qui a détruit des   immeubles à  Grozny avec leurs habitants dedans, la France du Rwanda, les pays arabes ou la Chine qui laissent le Soudan tuer des centaines de milliers de noirs chrétiens ou animistes, etc.  

Pendant sa campagne pour les élections présidentielles, Nicolas Sarkozy s’engageait à procéder à une rupture dans la politique étrangère de la France. Il s’agissait de rompre avec les dictatures africaines de tout poil. Mais on a sacrifié rapidement Jean-Marie Bockel quand notre ami de longue date, Omar Bongo, l’a demandé, sous peine de conséquences sérieuses pour Total et Areva. Il s’agissait de ne pas «serrer le pogne» de Monsieur Poutine qui avait du sang sur ses mains. Et on l’a vu, hilare et joyeux (certains affirmant qu’il avait trop bu) à Moscou à côté de Monsieur Poutine et épouser ensuite la position russe d’opposition à l’entrée de l’Ukraine et de la Géorgie dans l’OTAN. Il s’agissait de s’opposer à l’Iran («la bombe ou le bombardement», formule reprise par notre ministre des affaires étrangères aussi mais oubliée depuis … ) et à ses velléités hégémoniques au Proche-Orient. Mais on s’est accommodé de la politique de «sanctions» qui ne touche pas les intérêts majeurs de ce pays où Total a une position forte dans l’exploitation du pétrole et, bientôt, des réserves gazifières. Et parmi nos amis actuels, il y a le Colonel Kadhafi et l’épigone de Fidel, Chavez (Interpol vient de confirmer que les documents trouvés dans un ordinateur des FARC sont non trafiqués : ils établissent, entre autre, la collusion de Chavez avec les terroristes colombiens). Chavez pour lequel Bernard Kouchner est allé à Caracas pour lui donner l’accolade …

En juin notre président effectuera une visite officielle en Israël où, la main sur le cœur, il dira que ce pays n’a jamais eu de meilleur ami que la France, comptable de la sécurité d’Israël. Et, à son tour, il demandera qu’Israël fasse des concessions pour aboutir à la création d’un état palestinien. Sans qu’il s'aperçoive qu’il y a comme une contradiction entre les deux affirmations.

La politique étrangère de la France est égale à ce qu’elle était : le rapprochement avec les dictateurs, la tolérance vers tous ceux qui s’opposent aux Etats-Unis (voir les FARC en Colombie), bref, l’opposition à tout ce qui pourrait nous faire avancer vers un monde meilleur ou sauvegarder nos acquis actuels. Sauf si l’on considère qu’il n’y a plus rien à faire et que, bientôt, nous vivrons tous sous la charia … Alléluia !

© Martin Birnbaum pour LibertyVox

 

 

 

 

 

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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 09:48

J’ai lancé un déluge qui exclut l’éventualité d’une arche…

B. Erofeev, « Mon Lénine de poche »

 

Tout se mélange. Dernière préoccupation à la mode, dernière alerte du microcosme de gôche, la famine qui s’annonce, inéluctable, car les prix des denrées alimentaires sont en train de flamber. Et les émeutes dans les pays sous-développés, pays aidés à survivre, sans contrepartie aucune, depuis toujours par les « pays riches » ne font que commencer. On a trouvé les deux grandes causes, l’utilisation de terres arables pour fabriquer des biocarburants et, naturellement, la spéculation financière.

 

Un exemple qui semblerait ne rien avoir avec : je vole vers l’Afrique du Sud, à mon premier voyage en 1972 il y avait une population totale de 23 millions d’habitants (pour l’essentiel 4 millions de blancs et 19 millions de noirs) aujourd’hui il en a plus de 48 millions dont 3 millions de blancs et 45 millions de noirs. L’espérance de vie à la naissance était dans les années soixante de 53 ans, elle était en 2000 de 47 ans. Pays dont les dirigeants (N. Mandela en particulier) sont universellement vénérés mais où la ministre de la santé prodigue aux malades du sida comme traitement de consommer des légumes, notamment de l’ail. Dans quelques années ce pays, déjà importateur de denrées alimentaires, croissance débridée de la population aidant, se trouvera dans la situation du Zimbabwe : anciennement grenier de l’Afrique subéquatoriale, en trente années d’une dictature sanguinaire, ayant fait fuir après les avoir spoliés plus de 200.000 fermiers blancs, il vit maintenant de l’aide humanitaire …[1]

 

Et personne ne veut se souvenir de Malthus qui, déjà vers la fin du 19ème siècle, annonçait ce qui allait arriver en expliquant que les ressources de la planète ne peuvent croître que selon une progression arithmétique tandis que la population, elle, croit selon une progression géométrique. Et Malthus ne soupçonnait pas les avancées scientifiques qui ont éradiqués des maladies endémiques qui toutes constituaient des facteurs de correction qui atténuaient la croissance naturelle des populations. Serait-ce inscrit dans le Grand Livre qu’il s’agirait d’une fatalité ?

 

Non, pour l’essentiel, il s’agit de la chape de plomb tirée par l’intelligentsia de gauche, libérale (dans le sens américain) et quelques états croupions -dictatures pétrolières pour la plupart- sur ce qui pourrait constituer les moteurs de la progression de l’humanité : économie de marché et avancées scientifiques. Il suffit de regarder la caricature du débat sur les OGM dans notre pays pour comprendre vers quel abîme nous sommes tirés par les moustachus « démonteurs de Mac Donald’s » et les « faucheurs volontaires d’OGM ».

 

Un autre événement, probablement la plus grande invention humaine des cent dernières années, nous donne la possibilité de voir qu’il ne s’agit pas de fatalités. Vous l’avez déjà compris, il s’agit de la renaissance d’Israël, dont la soixantième anniversaire sera l’événement marquant du mois de mai qui vient. Sauf si …

 

Carlo de Benedetti avait dit un jour « vous creusez dans les pays arabes du Proche Orient, vous trouvez du pétrole ; vous creusez en Israël vous trouvez de l’intelligence »

 

Le partage par l’ONU de l’ancien territoire de l’empire ottoman pour créer un Etat Juif et un Etat Arabe (les gauches du monde et les islamo-fascistes n’avaient pas encore créé « le peuple palestinien ») a affecté à Israël des terres soient marécageuses soit se trouvant dans un désert non cultivable. Soixante ans après, ce pays de 6,5 Millions d’habitants est entièrement auto-suffisant pour toutes les denrées alimentaires et se trouve parmi les grands exportateurs de fruits et légumes, fleurs et plantes vertes ou aliments conditionnés.

 

Deux exemples, certes, un peu exotiques mais qui illustrent le sujet. Le premier : Israël est le seul pays au monde qui est entré dans le 21ème  siècle avec un solde net positif pour son nombre d'arbres.  Fait d’autant plus remarquable que ceci a été obtenu sur des territoires principalement désertiques. Le deuxième : les palmiers dattiers existent depuis des siècles au Moyen Orient. L'arbre moyen est d’une hauteur d’environ 5 à 6 mètres et produit environ 19 kg de dates annuellement. Les dattiers israéliens, modifiés génétiquement, produisent environ 200 kg de dattes annuellement et … sont d’une hauteur minime pour que les récoltes soient faites pratiquement à hauteur d’homme.

 

Mais ce pays dont la population ne représente qu’un pour mille de celle du monde, en parallèle avec son agriculture fantastique épaulée par des avancées scientifiques (dont les OGM …) peut éblouir le monde par ses autres contributions. Trois exemples encore.

 

Le téléphone portable a été développé par la filiale israélienne de Motorola. Les processeurs Pentium 4 d’Intel et la technologie Centrino (wifi) ont été entièrement conçus et développés en Israël. Faudrait peut-être le dire à tous ceux qui utilisent des téléphones et ordinateurs portables pour vilipender ce pays... Surtout s’ils utilisent encore Windows XP dont la plus grande partie a été, elle aussi, développée en Israël.

 

Ce pays, affiche un  produit national brut qui dépasse les 100 milliards d’euros : plus que tous les pays voisins réunis. Parmi les explications, le ratio le plus grand au monde de diplômés universitaires par rapport à la population. Qui obtiennent leurs diplômes en passant par les fourches Caudines d’une sélection impitoyable. Mais peut-on envisager une économie de marché, synonyme de concurrence, sans sélection ? Si, on peut, chez nous, où il y a 2,5 Millions d’étudiants (250.000 avant la première réforme de l’université faite par Edgar Faure, « sélection » étant un mot obscène). Et où ceux qui ont contribué à mettre en place un système absurde constituent aujourd’hui un groupe (lobby …) social qui empêche toute réforme d’un enseignement qui conduit le pays à la ruine. Chez nous, où les coryphées des sciences naturelles genre José Bové et alea empêchent que des recherches scientifiques puissent se dérouler sans la peur des « faucheurs volontaires ». On continuera comme cela et on se retrouvera vite derrière Israël qui, aujourd’hui produit plus de publications scientifiques per capita que n’importe quelle autre nation au monde (en 2007, 109 publications par 10.000 personnes). Entre 1988 et 2006 son PNB/capita a cru de 9.000 à 26.000 $ (tout en absorbant un million d’immigrés) et c’est ainsi que ce pays a dépassé depuis 2006 l’Angleterre sur ce plan … Et nous ? En 1988 le PNB/capita était en France supérieur de 20 % à celui d’Angleterre, aujourd’hui il est de 20% inférieur. Mais nous avons un modèle social jalousé par le monde entier : il suffit de dépenser, avoir 59 langues possibles au bac (sans compter le surf ou autres sports très honorables), vivre sur le dos de l’euro (sans lequel on aurait eu droit a plusieurs dévaluations …), et laisser nos dettes à nos descendants jusqu’à la septième génération fussent-ils mineurs ou incapables

 

Ah, oui, sans oublier que pendant ses soixante années d’existence Israël a dû faire face à 7 guerres et, depuis plusieurs années grâce à l’aide du monde entier et des frères arabes aux pauvres palestiniens et autres libanais, à plusieurs conflits asymétriques. Dans le cadre desquels on ne peut pas utiliser des chars d’assaut ou des avions contre des assassins suicidaires qui se font exploser dans des bus tuant indifféremment des êtres dont le seul pêché est d’être juifs. Cela rappelle des souvenirs mais par une inversion perverse on va vous dire que les victimes d’hier sont devenues les bourreaux d’aujourd’hui. En oubliant qu’en Irak des sunnites se font exploser dans des processions chiites et vice-versa … Tous musulmans.

Cette invention fantastique, la renaissance d’un peuple, d’une terre, d’une langue a de quoi laisser les gens rêveurs. Selon les classements de l’ONU, Israël se positionne aujourd’hui à la 21ème place pour ce qui est du “développement humain” et à la 11ème place pour ce qui est de la santé publique. Et pour la première fois depuis la deuxième diaspora (occupation et expulsion par Rome) la majorité du peuple juif vit en Israël. Mais des puissances voisines ou éloignées affichent des intentions implacables visant la disparition de cet état et, à fortiori, de son peuple. Le tout à l’encontre de la Charte de l’ONU mais … ce n’est pas l’Europe qui s’en émeut. Elle aussi elle a essayé, sans succès, par nazis et allemands interposés, de détruire ce peuple. Aujourd’hui elle laisse faire tandis que la Russie des anciens pogromes tzaristes ou des persécutions staliniennes met de l’huile sur le feu en s’opposant à tout ce qui pourrait arrêter la marche des mollahs iraniens vers la bombe. Mais la bombe, pour quoi faire ?

Il y a trente ans, en quittant la résidence de Neauphle-le-Château que la France de Giscard d’Estaing a mise à sa disposition, l’Ayatollah Khomeiny expliquait déjà que « tout un chacun qui croyait que le but de la révolution islamique était de réduire le coût des logements ou celui des melons était fou ». Et dès la nouvelle constitution de l’Iran on a mis sur son frontispice l’ardente obligation de détruire Israël. Alors … le clown actuel qui amuse depuis des années l’Europe avec des « négociations » concernant le nucléaire et qui annonce chaque semaine la fin (souhaitée et programmée) de « l’entité sioniste » ne fait pas preuve de beaucoup d’imagination. Ce qui est en revanche de plus en plus incompréhensible c’est l’acharnement avec lequel les gauches du monde entier accompagnent, in petto, la volonté de ceux qui non seulement veulent nuire à Israël mais veulent le voir disparaître. Certes, les professions de foi de tous les grands du monde libre disent le contraire. On sait qu’il ne faut pas les croire. Il n’y a qu’à regarder Eisenhower et Boulganine en 1956, De Gaulle et Johnson en 1967, Nixon et Brejnev en 1973 et depuis … jusqu’à ceux qui, comme Bernard Kouchner non content d’inviter le Hezbollah terroriste du Nord d’Israël à Paris, prône la discussion avec le Hamas, terroriste du Sud d’Israël.

D’un côté, le monde entier fait semblant de croire que « le palestiniens » veulent la paix et que la solution consiste dans «deux états pour deux peuples vivant en paix l’un à côté de l’autre». Cela à l’encontre des preuves évidentes qu’il n’y a pas de  palestinien musulman désireux de faire la paix. Demandez ce qu’ils pensent aux 90 % des chrétiens de Bethlehem qui ont été forcés de fuir la ville du Christ. Encore et toujours, sur tous les tons il faut marteler « les palestiniens ne veulent pas la paix ; ce qu’ils veulent ils le disent clairement et sans détour, ils veulent la destruction de l’Etat Juif ; et il ne faut pas lire entre les lignes pour comprendre cela, il ne faut même pas suivre les discours en arabe d’un Mahmoud Abbas ou des chefs du Hamas, il suffit de lire leurs discours en anglais » Lisez M. Zahar, fondateur du Hamas, ancien ministre des affaires étrangères du gouvernement « d’union nationale » qui déclare au Washington Post (le 17.04.08) :  Un « processus de paix » avec les Palestiniens ne peut s’engager même pas par une première mesure minuscule jusqu'à ce que Israël ne se retire d'abord aux frontières de 1967 ; démantèle tous les villages crées depuis ; retire tous ses soldats de Gaza et de Cisjordanie ; rend nulle son annexion illégale de Jérusalem ; libère tous les détenus ; et arrête le blocus de nos frontières internationales, de notre littoral et de notre espace aérien de manière permanente. Ceci fournirait le point de départ pour des négociations justes et constituerait la base pour le retour des millions de réfugiés ; étant donné ce que nous avons perdu, c'est le seul moyen par lequel nous pouvons commencer à récupérer le tout de nouveau » Le tout ? Vous l’avez compris, l’espace «du fleuve (Jourdain) à la mer » c’est-à-dire faire disparaître Israël.

Qu’importe, de la même manière de laquelle Chamberlain et Daladier voulaient convaincre Varsovie et Prague du désir de paix d’Hitler, de la même manière on s’évertue aujourd’hui à pousser Israël à se contracter comme une peau de chagrin. Pour qu’entourée d’états talibans (Gaza, après le désengagement), dictatures républicaines monarchiques (Syrie) ou dirigés par des « despotes éclairés »  en attendant l’arrivée des Frères Musulmans (Egypte), elle puisse disparaître un jour dans le silence, naturellement, réprobateur des héritiers des Lumières. Bon, realpolitik commande, le pétrole se négocie à 115$ le baril ce qui fait que les monarchies éclairées du Golfe -pour ne pas parler des meilleurs amis de la France, le Colonel Kadhafi ou le révolutionnaire Chavez- amassent des trillions de $ et achètent des participations dans les plus beaux fleurons des économies européennes. Il faut comprendre. Mais … pourquoi les gauches du monde entier sont-elle des adversaires jurés et résolus d’Israël ?

 

Tout d’abord le syndrome identifié par Bertrand Russel dans les années trente du dernier siècle : admettre la vertu supérieure de l’opprimé. C’est simple : qui est l’opprimé ? Le palestinien, donc …. Mais alors pourquoi pas la femme musulmane ? Pourquoi aucun mouvement de gauche, féministe ou pas, n’a jamais pris position au plan mondial contre la situation des femmes au 21ème siècle dans le monde musulman ?

Un dernier livre de Nick Cohen donne quelques pistes. Tout d’abord parce que l’on considère qu’Israël et les Etats-Unis c’est du pareil au même. Ensuite parce que les gauches mondiales, après la fin de la guerre froide, après la fin sans gloire de l’utopie socialiste, n’a plus trouvé des causes à sa mesure et a été obligée pour exister se rabattre sur toutes sortes de communautarismes culturels : homosexualité, cultures séparatistes noires ou féministes, le tout ne devant pas être critiqué même s’il s’agissait de la mutilation des femmes (Afrique), de la tyrannie religieuse (Iran et Soudan) ou d’assassins suicidaires (contribution palestinienne au bonheur de l’humanité). Ou de n’importe quelle autre forme de fascisme. Bref, les gauches non communistes sont devenues fascistes elles-mêmes. Et ont choisi comme point de ralliement ce qu’il y avait de plus porteur, la haine des Etats Unis. Quand en 1991, après avoir fait sortir l’Irak du Koweït l’Amérique  n’est pas allée jusqu’à Baghdâd, elle a été accusée de collusion avec le régime totalitaire de Saddam. Quand en 2003 elle l’a fait, elle a été accusée de donner libre frein à sa tentation impériale agrémentée de la faim de pétrole. Peu importe ce qu’elle fait, l’Amérique a tort. Et Israël aussi.

Des ennemis implacables, un monde « civilisé » qui n’a de cesse que de le voir disparaître, voilà un pays qui non seulement survit mais affiche une santé époustouflante capable de rendre malade tous ceux qui ne lui veulent pas du bien. Mais que peut-elle faire pour que ses voisins immédiats (les palestiniens) se transforment ? Rien. Transformer une société qui dans ses tréfonds approuve et supporte le terrorisme, une société où les mères sont « fières » de leurs enfants qui se font exploser pour tuer des juifs, en une société se construisant autour de valeurs positives c’est une tâche qui dépasse les possibilités d’Israël. Surtout pendant que les masses en question subissent l’influence islamiste et jihadiste, aidée militairement, financièrement et politiquement par les pays arabes, l’Iran et l’Occident.

Mais que ces gauches, aujourd’hui alliées à tout ce qui est réactionnaire, dictatorial, religieux (à condition qu’il s’agisse du Coran…) ne voient pas qu’Israël est poussée vers un dénouement apocalyptique c’est pour le moins curieux. Car, ne nous trompons pas, Israël ne peut pas « se permettre le luxe de vivre avec un Iran nucléaire » (déclaration de E. Olmert, l’année dernière pendant une conférence de presse à Moscou, à côté de M. Poutine).

Et comme les Etats-Unis semblent avoir renoncé à une option militaire, comme l’Europe est incapable d’obtenir quoi que ce soit des mollahs (en réalité il ne le veut pas : il suffit de voir les flux commerciaux et financiers entre l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et l’Autriche et l’Iran pour comprendre) que reste-t-il à Israël ? Faire ce qu’il faut elle-même. Un déluge qui exclut l’éventualité d’une arche … Tout cela après être sortis de l’Egypte il y a quelques milliers d’années.

La faim au monde ? Les OGM ? L’Iran et la bombe ? Joyeuses Pâques et Bonne Anniversaire, Israël !



[1] Battu aux élections d’il y a quatre semaines, Mugabe refuse de faire publier les résultats et en attendant, obtient de la Chine un bateau que les syndicats du port de Durban ont refusé de décharger car plein de 77 tonnes d’armes et munitions pour réprimer les révoltes qui s’annoncent. Des munitions chinoises car les ouvriers de l’usine locale n’étant payés depuis des lustres ont transformé la fabrique en producteur de cercueils …

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