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14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 09:52

 

Pendant le temps que vous lirez ce texte la dette publique de la France augmentera de 1.900 € à la seconde : elle était de 1.150 Milliards d’euros à fin 2006 ce qui a fait dire M. Fillon (après l’élection de N. Sarkozy) « Je suis à la tête d'un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier …On a 1.150 milliards de dette à la fin de 2006. C'est une situation qui n'est plus supportable. » Et nous étions nombreux à croire qu’une fois le constat fait on allait, enfin, conduire le pays vers l’assainissement économique dont il avait besoin. Mais les déclarations passent comme passent les roses … et la dette publique en ce moment est de 1.252 Milliards d’euros. En moins de 18 mois la France a augmenté sa dette d’encore 100 Milliards d’euros ridiculisant les propos de M. Fillon et montrant qu’en réalité, le pays ne se trouve pas sur la voie de son assainissement économique, au contraire. De plus, on laisse de côté la dette « hors bilan » (selon les normes internationales) constituée par les engagements de l’Etat au titre des retraites des fonctionnaires ce qui ajoute environ 900 Milliards d’euros, soit un total de plus de 2.150 Milliards d’euros. Les deux grandes explications pour justifier cet état de choses : l’absence de la croissance et le différé dans le temps des effets des réformes entreprises.

Pourtant, il suffit de regarder deux graphiques -évolution de la dette publique et taux de croissance- pour comprendre, qu’en France,  il n’y a aucune relation entre les deux.

 

        
             25 années de 1981 à 2006 (source OCDE)

On observe que sur les 25 dernières années (à partir de l’élection de F.Mitterrand et nonobstant la couleur de la coalition au pouvoir ensuite) la croissance moyenne du PIB de la France a été d’environ 2%. Les hauts et les bas n’ont eu aucune influence sur l’évolution de la dette qui s’est vue augmenter de 20 % du PIB en 1981 à 64 % du PIB en 2006. Les années de forte croissance (1990 ou 2000-2002) ont seulement ralenti, un peu, le rythme d’augmentation, sans plus.

 

Dans ce qui va suivre je m’efforce de démontrer que les raisons de l’endettement faramineux de le France et de son accroissement implacable sont structurelles et ne pourront disparaître qu’avec un changement du modèle économique, politique et social du pays.

 

Il me semble que ces raisons structurelles se résument à trois : obésité de l’état, coût de l’immigration (acceptée=en situation régulière et/ou naturalisés, ou subie=sans papiers), « état providence ».

 

Obésité de l’Etat -

 

L’on décompte en France aujourd’hui environ 6,2 Millions de fonctionnaires (2,5 fonction publique d’état, 1,6 fonction publique territoriale, 1 fonction publique hospitalière et 1,1 entreprises publiques à monopole + enseignement privé sous contrat – source DGAFP, INSEE). D’un autre côté, le nombre de salariés des secteurs concurrentiels s’établit à environ 16,5 millions. Ce qui permet de constater qu’en France il y a pour chaque 2,5 salariés du secteur marchand, 1 fonctionnaire. Et on voit apparaître une tendance lourde à l’augmentation du nombre de fonctionnaires car  entre 1982 et 2003, l'emploi public a augmenté de 24% quand dans le même temps, l'emploi total a augmenté de 13%. La Fonction publique territoriale (FPT) a fait montre d’une croissance de 42%, les effectifs de la fonction publique hospitalière (FPH) ont progressé de 28% et ceux de la Fonction publique d'Etat de 14%. Chiffres qui montrent (a) que la France se transforme lentement en un pays de fonctionnaires et (b) que les questions à caractère rhétorique « faut-il diminuer le nombre d’infirmières » n’ont aucun sens car toutes les fonctions de l’état sont en augmentation continue. « Faut-il rappeler que la France compte 83 enseignants dans le secondaire pour 1 000 habitants là où l’Allemagne en compte 66 et le Royaume-Uni 60 ? 2,2 agents des impôts sur 1 000 habitants là où le Royaume-Uni en compte 1,3, la Suède et le Canada 1,2 ? Faut-il rappeler que la France dispose de 1 987 fonctionnaires pour soutenir les exportations alors que l’Allemagne, qui pèse le double de la France en pourcentage du commerce mondial, en compte 1 046, presque un sur deux en moins ? » (source Le Point)

 

En 2007, la France -selon les statistiques de la Commission européenne- a été le pays qui a dépensé le plus en dépenses publiques en proportion du produit intérieur brut, non seulement au sein de la zone euro mais au sein de l'Union européenne à vingt-sept. Quand la France dépense pour l’état 100, l’Allemagne dépense 83 (comme le Royaume Uni), l'Espagne 74 et le « meilleur de la classe » - Estonie 64 (source Eurostat). Actuellement nous « battons » les Suédois, les Finlandais et les Danois qui en 2000 étaient tous devant nous, mais qui ont fait de très grands efforts pour faire maigrir leur état. Notre pays est le premier en Europe pour les dépenses de l’état, et « c’est les enfants des élèves qui payent les salaires des enseignants » (J. Attali).

 

Coût de l’immigration (acceptée ou subie) – Selon ce que l’on ne sait pas (car on n’a pas le droit de le savoir, la République étant une et indivisible …) le nombre d’immigrés réguliers et des membres de leurs familles se trouve entre 5,0 et 8,0 millions (en laissant de côté et les « statistiques » des bien pensants qui situe ce nombre autour de 3,0 millions et celles des « mal pensants » qui vont jusqu’à 10 millions). Deux rapports font autorité pour ce qui est des coûts complets de l’immigration pour la France : « Essai d’évaluation pour la France des coûts de l’immigration » (Prof. J. Bichot, Lyon III-Jean Moulin) et « Le coût réel de l’immigration en France » (J-P. Gourévitch, expert international). Ces rapports considèrent que le nombre total de la population d’origine immigrée est d’environ 6,9 millions de personnes soit 11 % de la population métropolitaine (évaluée à 64 millions pour fin 2008). Parmi lesquelles (en soustrayant les moins de 18 ans et les plus de 65 ans) on considère qu’environ 3,0 millions de personnes  ont ou cherchent activement un emploi. Mais, tandis que le taux de chômage des immigrés européens est comparable à celui de la population autochtone (7,5%), celui des immigrés des pays tiers est de 21,5 %. Cette population ne contribue qu’à hauteur de 4 % des revenus de la France car leur revenu initial individuel se limite à 5 800 euros (moyenne nationale : 14 400 euros). En revanche, ils perçoivent 22 % des prestations sociales.

 

A très peu de choses près, les deux rapports cités concluent [après analyse exhaustive des dépenses totales (y compris les investissements divers) et des recettes totales, analyse fondée sur des hypothèses parfaitement recevables quand il ne s’agit pas de données officielles] à un coût annuel de l’immigration (non européenne) de 36 milliards d’euros, soit grosso modo 2 points de PIB ! C’est le moment de se souvenir que le déficit public français pour 2008 sera de 59,6 milliards d’euros. Autant dire que ceux qui nous assènent comme vérité d’Evangile « l’immigration est une chance pour notre pays » devraient peut-être consulter les statistiques pour vérifier si ce qu’ils disent correspond à la réalité. Non, ce qu’ils disent ne correspond pas à la réalité. De plus, la croissance beaucoup plus rapide de la catégorie des moins de 18 ans dans cette population (elle compte aujourd’hui 15 % de la population métropolitaine correspondante, soit 45 % plus que leur poids dans la population totale du pays) ne fait (ne fera) qu’accentuer les écarts, ce qui aura comme conséquence une augmentation continue du coût de l’immigration d’origine non européenne. Et cela permet de dire que 3/4 du déficit chronique des finances publiques de la France provient des immigrés d’origine non européenne. Dans ce tableau, deux autres composantes : « la France est le pays qui a le plus grand taux de natalité en Europe » (sans s’attarder sur le fait que 20 % des naissances sont d’origine immigration non européenne … soit le double en pourcentage par rapport à son poids dans la population totale) et « si cette population ne contribue pas aux comptes de la nation comme les autochtones c’est parce que nous avons raté leur intégration » (en laissant de côté le fait que le rapport entre le PIB du pays d’origine et celui de la France va de 1 à 25, par exemple, entre la France et le Mali ce qui constitue un formidable attrait même si l’on gagne en France le tiers ou le quart de ce que gagne un autochtone  ou un immigré européen).

 

Ce qui précède est illustré graphiquement ci-après :

 


Naturellement, la France est un cas particulier … Avant-dernier pays en Europe pour son déficit par rapport au PIB elle vient de prendre la présidence de l’Europe et … va donner des conseils à tout monde. Y compris au leader socialiste de l’Espagne : son pays flirte avec l’équilibre budgétaire et il n’hésite pas à tenir la promesse d'augmenter de 6 % le minimum retraite car "la sécurité sociale fait preuve d'une santé magnifique", (le ministre du travail, Celestino Corbacho, évoquant un fonds de réserve équivalent à 5 % du PIB). Mais le chômage restant préoccupant ajoute le chef du gouvernement socialiste, "il est logique que le flux de l'immigration se réduise"."Cela n'a pas de sens de faire venir des maçons du Maroc si ceux d'ici sont au chômage".

         Déficit annuel en % du PIB, Europe

 

 

Etat providence


Résultat de la transformation de la social-démocratie allemande, de sa rupture avec Marx et de son adhésion à l’économie de marché (Bad-Godesberg, 1959) l’état-providence s’installe, pratiquement, dans tous les pays de l’Union Européenne. Et peu importe la couleur des coalitions au pouvoir (exception : l’Angleterre). Partout, comme une sorte de reflet de la vulgate dominante apparue après 1945 « plus jamais de guerres » on a traduit la chose sur le plan économique et social : plus de « guerre de classe », apaisement du conflit fondamental du capitalisme tel qu’évoqué par Marx, « caractère collectif de la force de travail, possession ou appropriation individuelle des moyens de production ». Systèmes de retraite par répartition, réduction de la durée du travail (annuelle et totale avant la retraite), assurances maladie obligatoires à double financement, éducation gratuite, indemnisation (généreuse) du chômage, développement de l’état et de ses fonctions, etc., ont tous été mis en place pendant les « trente glorieuses » (pour certains années 50-80 pour d’autres 60-90, après 1900, naturellement …).

 

La France (qui n’a pas vraiment admis l’économie de marché) a vécu, sans soucis, pendant les trente dernières années comme si ses dépenses inconsidérées allaient pouvoir se maintenir pendant l’éternité. Elle a accueilli des masses d’immigrés sans ressources et sans capacités prouvées de pouvoir trouver un travail (voir plus haut, coût de l’immigration). Elle a créé, essentiellement pour cette catégorie, la CMU (couverture maladie universelle) ce qui a constitué un nouvel attrait pour ceux qui veulent vivre en France. Pour les autochtones, elle a réduit la durée du travail (35 heures) au-delà de tout ce que l’on pouvait imaginer (sauf par ceux qui n’ont jamais travaillé dans une activité marchande pour se rendre compte que l’on ne partage pas le travail …). Elle a mis en place de modalités de départ à la retraite qui font que certains pouvaient le faire à partir de 50 ans (et certains, encore aujourd’hui, peuvent le faire à partir de 55 ans …).  Elle a inventé de nouveaux mécanismes pour financer ses dépenses y relatives : CSG, RDS et dernièrement la taxe pour le financement du RSA. Bref, pendant que ses partenaires européens commençaient à se serrer la ceinture, à rogner sur les largesses de l’état providence et à trouver des moyens pour relancer leur croissance économique et la réduction de leurs dettes, la France, insoucieuse, continuait sur sa lancée. Pour comprendre l’absurdité, actuelle, du système de retraite par répartition il suffit de donner deux exemples : au début des années 60 il y avait quatre personnes au travail pour une à la retraite, aujourd’hui il y en a 1,8 personnes pour un retraité. Qui peut croire que les « mesures » prises (rallongement partiel du nombre d’années de travail ou les changements à la SNCF) sont autre chose que des cataplasmes sur une jambe de bois ? Un deuxième exemple : l’âge moyen du départ à la retraite en France est de 57,5 ans tandis que l’âge moyen pour le premier emploi salarié est de 24 ans. Autant dire que la durée moyenne de travail (avant la retraite) est de 33 ans. Mais, soit, regardons le cas d’un salarié non cadre qui dès son premier emploi et jusqu’au départ à la retraite disposerait du salaire brut moyen actuel (2.440 €). Sa cotisation « vieillesse » + complémentaire retraite lui coûte 547 €/mois soit une contribution au système de 269.000 € au bout de 41 ans (durée légale actuelle). Mais il aura 65 ans quand il partira à la retraite et, progrès médicaux aidant, il vivra (qu’il veuille bien m’excuser …) jusqu’à 85 ans (espérance mathématique de vie à la naissance pour les hommes, en France = 82 ans). Pendant ses 20 dernières années la pension qu’il recevra de la Sécu sera d’environ 333.000 € (maximum actuel 1.386 €/mois) mais il coûtera à la société, aussi, quelques 66.000 € en dépenses médicales (moyenne annuelle actuelle 3.318 €/habitant). Un système qui reçoit 270.000 € et qui doit rendre 400.000 € n’a pas beaucoup de chances de pourvoir exister longtemps autrement que par une fuite en avant : une des raisons de la progression de la dette de la France réside dans les comptes déficitaires de la Sécurité Sociale. Les graphiques qui suivent montrent clairement :

            Source : commission des comptes de la Sécurité sociale, avril 2008

 

a. la moyenne des déficits annuels sur les 14 dernières années a été d’environ 5,8 Milliards € avec un total de 81 Milliards d’euros (qui se retrouvent dans la dette de la France …) mais la moyenne annuelle du déficit des 6 dernières années a été de 9,8 Milliards d’euros !
 

b. le régime vieillesse (CNAV, salariés) qui a été excédentaire jusqu’en 2004 affiche une dérive croissante : le déficit double entre 2006 et 2008 (estimation) et, si l’on prolonge le graphique (en tenant compte de l’absence de tout correctif)  il va doubler encore en 2010 ; ensuite …

 

Voilà les effets de l’état providence en France, une partie en réalité. Une partie, car ses largesses (comme son impuissance à les arrêter) ne s’arrêtent pas là. On a cru un moment, avec les promesses du candidat N. Sarkozy que les choses allaient changer. Ce n’est pas le cas et le coût de ce qui a été entrepris comme réformes ne fait qu’augmenter la dette pour, au moins, les cinq/dix années à venir (universités, régime spécial, etc., uniquement celles dont on se gausse pour montrer que la France se réforme).

 

oooooooooooooo

 

Mais … la vie ne se plie pas toujours aux désirs de ceux qui gouvernent l’Europe. A partir du premier choc pétrolier (1973) et ensuite, à répétition, les « crises de croissance », d’un côté, et la prise de conscience de la nécessité d’une action commune à l’échelon de l’Europe (Maastricht, introduction de l’euro), d’un autre côté, ont conduit les gouvernants à revoir les fondements de l’état providence. Ainsi fût fait dans les pays nordiques, en Espagne en Belgique, en Allemagne. Avec, naturellement, l’exception française. Pendant 25 ans, d’alternance socialiste en pouvoir de droite, avec une constance permise uniquement par l’incapacité de ses partenaires européens de lui faire entendre raison, la France n’a en rien modifié les fondements de son état qui, individualisme exacerbé oblige, a démissionné devant les oppositions catégorielles aussi multiples que ses propres incapacités. Mais, comme la France est la France, c’est elle qui avait imposé (Maastricht) les deux critères principaux pour maintenir l’euro : un déficit annuel inférieur à 3%  du PIB et une dette totale inférieure à 60 % du PIB. Les années ont passé et les promesses de la France de respecter les critères mentionnés, aussi. On a promis aux partenaires européens de tout faire pour 2006 et ensuite pour 2008 et ensuite pour 2010 et ensuite, croix de bois croix de fer … pour 2012. Le ministre des finances parle maintenant de voir la France respecter intégralement ses engagements à  « l’horizon de 2012 fonction aussi de la croissance de l’économie ». On sait, cependant que croissance et dette n’ont rien en commun pour la France.

 

La même ministre des finances vient de mettre à l’ordre du jour de la rencontre des 27 ministres des finances de l’Europe un point majeur : « il est impératif de mettre en place des systèmes de contrôle financier des agences de notation ». Cela peut paraître curieux mais ce ne l’est pas. L’année dernière, la prestigieuse Standard&Poor, principale agence mondiale de notation de la dette des états (ou autres collectivités, grandes entreprises, etc.,) avait annoncé que si rien ne se passe jusqu’en 2010 les obligations d’état de la France seront décotées prenant la voie de « junk bonds » tandis que la notation de la dette ne sera plus AAA et elle sortira du groupe de 19 pays européens disposant de cette évaluation. Il s’agit, donc, d’un thermomètre qui, pour la France ne montre pas une température convenable. Que fait la France ? Elle va casser le thermomètre en voulant contrôler les sociétés de notation …

 

Réformes ? Peut-être … espoir d’obtenir des résultats ? Aucun … Comment faire ? Tant que le système économique-politique-social français ne changera pas, aucun espoir de réduire la dette ou le déficit. Alors … dormez-braves gens, ceux qui nous gouvernent pensent (surtout à eux) à tout !

 

Gentil lecteur, vous avez mis 10 minutes pour lire ce texte ? La dette de la France a augmenté de 1.140.000 € !

 

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Published by martin - dans France
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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 11:41

 

 

Les fossoyeurs de l’Europe

 

Depuis trois semaines et encore avant-hier, après la rencontre des chefs d’états consacrée aux agissements de la Russie en Géorgie, notre président se gausse des succès obtenus quand il a réussi à « arrêter la guerre en Géorgie ». Erreur ? Mensonge ? Les deux ?

 

Dès que l’armada russe, préparée depuis longtemps et attendant en Ossétie du Nord (Vladikavkaz, d’où une colonne de tanks est partie vers la Géorgie trois jours avant « l’agression géorgienne…) l’arme au pied, que les provocations des supplétifs russes en Ossétie du Sud fassent agir la Géorgie, a commencé à envahir la Géorgie, son gouvernement a décrété un cessez-le-feu unilatéral et sans conditions. Ce n’est que deux jours après que nos coryphées de la paix, Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner, sont allés à Moscou pour obtenir que les russes respectent aussi ledit cessez-le-feu. Pour se trouver devant des épigones de Staline qui leur ont imposé deux paragraphes supplémentaires : un donnant entière liberté aux russes de faire ce qu’ils voulaient et un autre élargissant leur zone d’action à l’intérieur de la Géorgie. Incapable de comprendre ce qui leur était imposé ou expression d’une naïveté coupable car faisant confiance aux russes pour ce qui n’était pas écrit, ils sont partis pour Tbilissi où ils ont menacé le président de ce pays de le laisser tomber s’il n’acceptait pas le texte dicté par les russes. Ce que celui-ci a fait mais … les russes ont continué, comme si rien n’était, de faire la guerre en Géorgie (nettoyages ethniques, occupations des axes principaux de communication terrestres, occupation du principal port sur la Mer Noire, etc.,). Bref, la guerre n’a pas été arrêtée, le cessez-le-feu n’a été qu’une sinistre plaisanterie et un mois après, tout en se gargarisant avec la question à caractère rhétorique « ne fallait-il pas arrêter la guerre ? »   on constate que la Russie a fait ce qu’elle a voulu en Géorgie et que notre président est, au mieux, le dindon de la farce. Il n’est pas seul, il a avec lui les autres fossoyeurs de l’Europe, l’Allemagne, l’Italie et la Belgique (pour s’arrêter aux principaux).

 

L’Europe a été la cause et le terrain des quatre guerres du 20ème siècle qui, pour l’essentiel, se sont déroulés sur ce continent : la première, la deuxième, la « froide » et la Bosnie/Serbie. Peu importe que les deux premières aient été mondiales. Peu importe que la « froide » ait été gagnée par les Etats-Unis qui, de plus, sont venus à la rescousse des démocraties occidentales pour qu’elles ne disparaissent pas pendant les deux premières guerres. Peu importe, qu’incapable de mettre fin elle-même à la guerre en Yougoslavie elle a dû faire appel, de nouveau, aux Etats-Unis pour qu’elle s’arrête. Ce qui importe c’est que la vulgate dominante de l’Europe est devenue l’apaisement sous toutes ses formes, appuyé sur la conviction que ce n’est que par le dialogue que l’on doit mettre fin aux conflits. On voit que les promoteurs de cette vulgate ont sans doute raison rien qu’en regardant du côté du Soudan, de l’Afghanistan pour ne pas parler de l’Irak. Mais faut-il leur jeter la pierre ? Quoi de plus normal que d’admettre que le monde civilisé doit promouvoir la démocratie et la liberté partout et que pour cela il n’y a que le dialogue. Y compris avec ceux qui ne veulent pas dialoguer …

 

Sauf que pour dialoguer il faudrait trouver devant soi autre chose que des individus formatés par le KGB et dont la conception du monde est relativement simple : ce qui est à moi, c’est à moi, ce qui est à vous est négociable … Le résultat de la volonté de dialoguer, aujourd’hui, c’est le dépeçage de la Géorgie sur fond de postures fermes de l’Europe qui, à genoux (car dépendante du gaz et du pétrole russe), veux faire croire à la Russie qu’elle est capable de lui opposer « le droit international » …  Et elle ne peut pas s’empêcher de dire en sourdine que … la Géorgie, elle aussi, a une part de responsabilité. Que cette antienne soit répétée par l’ancien chancelier allemand, aujourd’hui à la solde de Monsieur Poutine, soit. Mais les autres ? Pourquoi escamoter le fait que la vraie faute de Tbilissi a été de croire à la solidarité des démocraties occidentales, les Etats-Unis à leur tête ?

 

Certes, on peut dire qu’il n’y a pas que les fossoyeurs. Il y a aussi les pays libérés du communisme et de la Russie. Forts de leur expérience historique, forts du souvenir (Pologne, Tchécoslovaquie) de la trahison de la France et de l’Angleterre, ces pays essayent par tous les moyens de redresser l’échine de la vieille Europe. Et naturellement, ils se tournent vers les Etats-Unis, seuls garants réellement de leur indépendance. Car ce que la Russie a fait en Géorgie elle peut le faire à répétition en Ukraine, aux Pays Baltes, en Moldavie, partout où la paranoïa de l’encerclement (vieille lune datant du tsarisme et reprise par Staline) peut la pousser à l’invasion. Paranoïa qui s’est traduite (voir les 45 années de domination absolue des pays de l’Europe de l’Est) par l’exploitation des ressources de plus de 100 millions d’européens beaucoup plus développés que les masses russes soumises à la dictature du communisme depuis 1917 (et qui venait prolonger le régime obscurantiste du tsarisme).

 

L’Europe de l’Ouest dispose en réalité de tout ce qu’il faut pour s’opposer à la dictature russe, aujourd’hui à visée géopolitique. Principal partenaire commercial de la Russie elle pourrait mettre sur l’autre plateau de la balance les investissements qu’elle fait en Russie, les apports de haute technologie sans lesquels il n’y aurait même pas de quoi téléphoner là-bas ou, eh oui, pourquoi pas, l’arrêt programmé d’achats de gaz et de pétrole. Il faudrait, quand même, se souvenir que l’Europe regroupe 450 millions d’êtres (moins de 150 millions en Russie, en décroissance constante et rapide) et dispose d’un produit « national » brut de plus de 10.000 milliards de $ (675 milliards de $, pour la Russie, données de 2005) : un GNP 15 fois supérieur à celui de la Russie dans lequel les matières premières représentent moins de 5% pour l’Europe mais … 90 % pour la Russie ! Ce n’est que pour les dépenses de la défense que les choses sont inversées : moins de 2,5% du GNP pour l’Europe, plus de 20 % pour la Russie (si les chiffres des gazettes sont corrects vu l’opacité de « l’état de droit » russe …). Ce qu’il manque à l’Europe ce ne sont pas les moyens de faire pression sur la Russie, c’est la volonté … Disons-le clairement, l’échec européen de devenir et se comporter comme une puissance responsable qui serait prête à défendre ses habitants de l’Est du continent, c’est la trahison de se propres idéaux, la démission devant les dictateurs, aujourd’hui devant le dictateur de la Russie. Ce faisant, l’Europe détruit aussi l’héritage des Lumières en ne s’opposant pas aux visées hégémoniques (permanentes) de la Russie. Certes, l’anti-américanisme présent partout en Europe a son rôle. Mais comment ne pas voir ce que recherche la Russie ce n’est rien de moins que d’asservir l’Europe ? Monsieur Poutine, lui, il a dans sa tête la même chose que les strates successives des pouvoirs russe, soviétique et russe de nouveau. Auparavant on disait la volonté d’arriver à une mer chaude… Maintenant, c’est plus simple, regardez la carte :

 

Ce n’est pas par hasard que Monsieur Poutine a choisi la Géorgie. Il a voulu faire d’une pierre deux coups : contrôler la Géorgie (et les pipe-lines qui la traversent) donnerait à la Russie pratiquement (vu ses relations avec l’Arménie) une frontière commune avec l’Iran ; et le coup de force réussi doit faire peur sur les marches de l’empire, du Nord Baltique jusqu’à l’Ukraine et la Mer Noire.

 

Mais pour arriver à l’invasion de la Géorgie Monsieur Poutine a dû faire du chemin. Il a commencé par faire expulser (ou faire fuir) ses opposants locaux (quand il ne les a pas fait emprisonner), et il a continué par assassiner les journalistes  qui ne lui étaient pas favorables, en mettant au pas la presse, la radio et la télévision. Et il n’hésite pas de d’empoisonner M. Youchtchenko qui devient président de l’Ukraine, contre la volonté de la Russie. Ou un ancien membre du KGB à Londres. Et l’Europe ? A aucun moment elle ne réagit. Proie hypnotisée par un serpent qui l’anesthésie à coup de gaz et de pétrole … 30 % du gaz consommé par l’Europe vient de la Russie et pour ce qui est de l’Allemagne (merci Monsieur Schröder, êtes-vous satisfait du salaire de 1 million d’euros que le Gazprom de votre ami Poutine vous sert ?) il s’agit de 40 % des besoins ! Et c’est ainsi que les fossoyeurs de l’Europe agissent : d’un côté, en développant l’Eurabia (Bat Ye’or) qui conduit à l’asservissement du continent à l’islam, de l’autre en ne s’opposant pas à la nouvelle dictature russe (comme elle ne s’est pas opposée à l’ancienne, celle de Staline et de ses successeurs). L’Europe est toute à ses affaires avec l’Iran, à assurer une honorabilité au sinistre Bachir el Assad ou à un Hugo Chavez, à tous ceux qui s’opposent aux Etats-Unis. Pour entendre, sans protester, le nouveau président de la Russie qualifier celui de la Géorgie de « cadavre politique » et faire tout pour le faire disparaître.

 

Pourtant, l’existence de la « nouvelle Europe » rend les choses plus difficiles pour ceux qui veulent détruire « l’idée Europe ». Deux exemples : la négociation des Etats-Unis avec la Pologne pour installer sur son sol un bouclier anti-missiles traînait depuis deux ans. Trois jours après l’invasion russe en Géorgie elle était bouclée. La Finlande qui (vu l’histoire de l’agression russe contre elle en 1939) se tenait à l’écart de la défense européenne vient de faire savoir qu’elle regarde la possibilité de rejoindre l’OTAN.

 

Certes  l’Allemagne et la France avec notre président en tête sont toujours adeptes de l’apaisement (mot répété ad nauseam ) par Bernard Kouchner dès qu’il s’agit de s’opposer aux visées russes. Ce n’est pas comme cela que la France (ou l’Angleterre) fera oublier qu’elle a vendu la Tchécoslovaquie et trahi la Pologne en 1939 en faisant confiance à Hitler.

 

Si l’Europe veut arrêter sa course vers sa tombe elle devrait asphyxier la Russie avec son gaz et son pétrole. Elle devrait, à marche forcée, promouvoir le nucléaire nonobstant l’opposition obscurantiste des moult Josés écolos et leurs semblables. Et arriver à comprendre que l’ancien bouclier qui l’a défendu contre la Russie (l’OTAN) n’est plus rien qu’un vieux dinosaure : les Etats-Unis en ont assez de supporter depuis soixante années l’incurie démagogique pacifiste (et de surcroît socialiste …) de l’Europe. Et comprendre aussi qu’il faudra des générations à la Russie pour devenir autre chose que ce qu’elle est : un état paranoïaque (encerclement) dirigé par des héritiers de la plus sinistre police politique (KGB), pour le bien d’une mafia qui veut disposer d’un doigt dans chaque pays, et que chaque pays soit le sien (en paraphrasant Jacques Brel …). 

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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 20:29

Texte mis en ligne par Liberty Vox
Les cris de vierges effarouchées poussés par les grands de ce monde depuis deux semaines ont de quoi surprendre. Si l’on comprend bien, ce n’est pas seulement ce que les Russes font en Géorgie qui est en cause mais ce que cela révèle. En réalité, c’est la surprise des démocraties occidentales qui doit surprendre !

Car, enfin, qu’attendait-on du dictateur russe actuel (je sais, on dira qu’il a respecté la constitution et après deux mandats totalisant 8 années il a quitté le pouvoir suprême… mais pour devenir premier ministre, probablement pour les deux mandats de son acolyte devenu président par sa grâce…) ? L’homme avait annoncé couleur en lançant sa formule «la plus grande tragédie du 20ème siècle a été la disparition de l’Union Soviétique». Pas les deux guerres mondiales totalisant 60 millions de morts, pas la destruction des juifs en Europe, pas la révolution culturelle en Chine et ses 70 millions de morts, non, la disparition de la structure qui a opprimé, détruit et asservi non seulement le peuple russe mais aussi la moitié de l’Europe qui a eu la malchance de se voir abandonner par les Etats-Unis et l’Angleterre à la fin de la deuxième guerre mondiale. Dès lors, quoi de plus normal que de vouloir faire renaître de ses cendres ce cadavre auquel on voudrait donner l’éclat d’un Phoenix. Et pour cela, une seule solution, brutale, certes, mais efficace face aux démocraties occidentales qui n’ont jamais eu le courage de s’opposer aux dictateurs : envahir les pays qui lui étaient auparavant soumis et pour commencer, puisque l’occasion s’y présente,
la Géorgie.

Mais il n’y a rien de nouveau dans la dernière aventure militaire russe. Depuis 1948 (coup de Prague, mainmise par des communistes du pouvoir politique) tous les dix ans, ou presque, la Russie a envahi un pays : Hongrie en 1956, Tchécoslovaquie en 1968, Afghanistan en 1979. Chaque fois la raison était différente mais l’intention la même : soumettre une population, un pays, à la volonté du Kremlin. Une pause est intervenue ensuite car il y a eu l’implosion de l’Union Soviétique, trouvant son origine dans la course aux armements imposée par Ronald Reagan d’un côté, et dans l’incapacité du système d’économie planifiée de faire face aux besoins de la population du pays mis en évidence de plus en plus par l’intrusion massive des nouveaux moyens de communication, Internet entre autres.

Ce ne devrait pas être une découverte que de voir un pays évoluant rapidement vers des structures dictatoriales anciennes se lancer dans ce qu’il sait faire de mieux : envahir et opprimer. Surtout après avoir vu M. Poutine et son armée à l’œuvre en Tchétchénie, dont les soldats, dépenaillés, réputés pour la consommation de vodka et dont le taux de suicides est le plus élevé de toutes les armées qui tiennent des statistiques, semblent plutôt sortis d’asiles de pauvres. Qui n’a pas vu Grozny après la «pacification» russe de 2002 ne peut comprendre la vraie nature du pouvoir russe. Et il s’agit bien du pouvoir russe car Grozny (c’est de là que vient son nom) avait déjà été détruite au temps des tsars et pour les mêmes motifs : s’assurer le contrôle du Caucase et faire comprendre aux autres «confettis» s’y trouvant ce qui pourrait leur arriver. Il y a permanence de la méthode russe, elle a été améliorée (!?) pendant la période soviétique et Poutine, bien formaté pendant ses années d’espion du KGB, n’est que l’héritier de l’histoire de l’oppression de la Russie. Du temps de Staline on avait déporté les habitants de la Tchétchénie car pendant la guerre, de 1942 à 1944, les troupes allemandes qui s’y trouvaient n’eurent pas de mal à faire collaborer une population opprimée depuis la création de sa «république» en 1922. Ensuite, pour faire bonne mesure, une fois les habitants déportés, on supprima «la république Tchétchéno-ingouche» pour la recréer en 1957 cinq années après la mort du dictateur. Avant la « pacification » de Poutine, en 1998, cette république comptait 400.000 habitants. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 200.000.

L’exemple de la Tchétchénie est là pour nous faire comprendre ce qui pourrait se passer avec la Géorgie. Certes, les Russes n’aiment pas les Caucasiens en général (les Mongoles ou les Chinois que l’on appelle «chiens jaunes» non plus). Il suffit de vivre quelque temps dans une grande ville (Moscou par exemple) pour comprendre le mépris et la haine exprimés par «les autochtones» à l’adresse des Caucasiens. Curieux, les 70 années de communisme et de fraternité des peuples de l’Union Soviétique n’ont pas eu beaucoup d’influence pour changer les choses.

Alors, pourquoi la surprise ? De Bush à Chirac, de Mme Merkel à Tony Blair, tous les dirigeants des démocraties occidentales étaient convaincus d’assister après l’implosion de l’Union Soviétique à la création d’une Russie dont la marche vers la démocratie était inéluctable. Bon, il y avait aussi Schröder mais ce dernier s’est prostitué politiquement en devenant l’employé du gouvernement russe (Président du Conseil de Surveillance de Gazprom …). Il y a aussi notre Jacques Chirac qui fait des voyages (tous frais payés, c’est normal) en Russie à l’invitation de son ami Poutine pour «étudier les problèmes énergétiques des années à venir» quand il ne va pas fêter l’anniversaire de celui-ci (deux visites en moins de trois semaines en 2007…). On peut, sans grande difficulté partager les dirigeants occidentaux en deux catégories : les profiteurs (à titre personnel) et les «apaiseurs» qui vous démontrent qu’il ne faut pas fâcher le Russie, qu’il faut l’accompagner dans son chemin vers la démocratie.

Ce que la Russie vient de faire en Géorgie (tout en se moquant comme d’une guigne des réactions «fermes» de l’Occident) illustre parfaitement le renoncement mondial, mais surtout américain, à ce qu’a été la Doctrine Truman : «C’est la politique des Etats-Unis d’aider les peuples qui veulent être libres et qui résistent aux tentatives de minorités armées ou aux pressions externes de les subjuguer».

Devant l’énormité de la réaction disproportionnée russe aux incursions géorgiennes, elles mêmes justifiées par les provocations des protégés de Moscou (Ossétie du Sud), il y a d’un côté ceux qui défendent la Russie : Agents d’influence (Schröder), «intellectuels» émargeant à des budgets russes (Marek Halter qui préside deux universités russes et qui est le patron d’un mensuel franco-russe et qui se demande «Que veut l’Amérique en Europe»), géopoliticiens autoproclamés ou gloires anciennes de la «kremlinologie» (Hélène Carrière d’Encausse), les voilà tous qui vous démontrent que l’agresseur est la Géorgie et que la Russie ne pouvait pas se laisser marcher sur les pieds comme l’Occident s’est trop habitué à le faire. Et de vous expliquer que l’on a ouvert une boîte de Pandore en acceptant l’indépendance du Kossovo car cela donne la possibilité, par exemple à l’Ossétie du Sud ou à l’Abkhazie de se réclamer de la même «jurisprudence» en demandant la séparation d’avec la Géorgie. Nuance… ces deux «républiques dissidentes» veulent se rattacher à la Russie. Depuis des lustres la Russie accorde des passeports à ces populations pour pouvoir dire ensuite qu’elles sont ethniquement russes, créant un précédent qui pourrait être utilisé du côté des trois républiques baltes qui ont échappé à sa mainmise, mais dont une partie de la population est d’origine russe car leur territoire a été colonisé par la Russie à la faveur de leur occupation à la fin de la deuxième guerre mondiale. Quant à l’indépendance de Kossovo, à partir du moment où l’Europe a pris parti (merci Monsieur Kouchner) en faveur des Albanais musulmans contre les Serbes orthodoxes… les jeux étaient faits !

Il y a ensuite les «apaiseurs». Ils commencent par ne pas s’apercevoir que les colonnes de tanks russes avaient quitté leurs bases en se mettant en route vers la Géorgie trois jours avant la réaction géorgienne qui a mis le feu aux poudres. Ensuite ils font semblant de ne pas entendre les discours fulminants, qui reprennent mot pour mot les archives de la diplomatie soviétique, et parlent des «monstres criminels comme Saakachvili» ou des «Géorgiens que l’odeur du sang fait marcher». Et, quand les Russes les mènent en bateau au sujet de leur éventuelle retraite de Géorgie, ils vous expliquent que l’essentiel était d’obtenir un cessez-le-feu (Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner). Ils vont à Tbilissi proclamer le droit de la Géorgie à entrer dans l’OTAN en oubliant qu’au dernier sommet de cette organisation ils s’y sont opposés (Angela Merkel). Mais dès qu’il s’agit de faire quelque chose de sérieux, les mêmes disent qu’il ne faut pas couper les contacts avec la Russie. Tout cela découle de l’espoir (méthode Coué) que le pire n’arrivera pas. Comme si on pouvait faire confiance aux paroles des tyrans qui signent des traités et qui les transgressent sans vergogne. Ceux qui savent qu’il ne faut pas faire confiance aux Russes sont ceux qui ont vécu sous le talon de cette hydre qui refait ses tentacules dès qu’elle en perd une (les trois pays baltes, la Pologne, l’Ukraine, etc.).

Mais ce qui est incompréhensible, c’est l’incapacité des démocraties de réaliser que la Russie, une fois requinquée par ses exportations de pétrole, gaz et autres métaux, une fois débarrassée, avec l’argent américain, d’une partie de ses cimetières de sous-marins nucléaires et de moult missiles qui rouillaient sans entretien, fait ce qu’elle veut et ne fera rien de ce que l’Occident attend. Sur tous les fronts d’aujourd’hui : Afghanistan, Irak, Liban, Hezbollah, Gaza, Hamas, Soudan, Somalie, la Russie se trouve toujours du côté adverse à l’Occident : en fournissant des armes, en s’opposant aux sanctions contre l’Iran pour arrêter son programme nucléaire militaire, bref, en s’opposant à tout ce qui pourrait atténuer ou faire disparaître les menaces «extrémistes» (pour ne pas dire islamistes, pour ne fâcher personne…). De plus, l’Occident ne réalise pas que le peuple russe est intoxiqué, empoisonné, anesthésié par le discours belliqueux de ses dirigeants tant il veut croire à la renaissance d’une Russie forte. Forte de quoi ? Une économie sans industrie autre que celle des matières premières, une population en perdition dont le nombre pourrait se voir réduit de moitié dans les quarante ans à venir (75 millions au lieu des 150 actuellement, une espérance de vie à la naissance pour les hommes de moins de 60 ans -moins que le Mexique- en raison de causes multiples parmi lesquelles la violence, l’alcoolisme, un système de soins déplorable, etc.). Mais une industrie de l’armement qui fait feu de tout bois et qui vend, sans discernement aucun, tout ce que l’on veut à qui le veut : l’Iran et la Syrie (qui transfèrent les armes au Hezbollah et au Hamas), le Venezuela du clone castriste (qui vient d’apporter son appui à l’invasion russe en Géorgie), des pays d’Afrique qui n’assurent plus la subsistance de leurs populations mais qui s’arment. On en passe et des meilleurs. Mais ce pays où les milliardaires sont légion (à condition de ne pas s’opposer à M. Poutine) n’arrive pas à électrifier des milliers de villages où à assurer à ses habitants une vie normale. Parler de tout cela peut paraître futile. Et on trouve tout de suite des gens d’origine russe pour vous expliquer que vous n’avez rien compris de ce qu’est ce grand pays, européen de surcroît…

Que va-t-il se passer ? L’intégrité territoriale de la Géorgie sera sacrifiée sur l’autel de la realpolitik car l’Europe dépend pour ses besoins énergétiques de la Russie (n’ayant pas voulu suivre le conseil de Ronald Reagan qui, en son temps, avait esquissé ce qui allait se passer). Mais, vous dira-t-on, si on veut réduire la dépendance à la Russie, il n’y pas d’autre possibilité que de s’adresser à l’Iran. C’est déjà fait (Suisse, Italie et même l’Allemagne qui attend son tour). Alors, les sanctions contre l'Iran ? D’un côté les Russes s’y opposent et de l’autre, individuellement, les pays européens n’y trouvent pas leur intérêt. Et voilà l’Europe qui se prépare à changer «un bigle pour un bosco» comme on dit à la Royale : rien d’anormal car l’islamofascisme vert remplace le totalitarisme rouge…

Et vogue la galère… Et comme le disait si bien le Sapeur Camember, «quand les bornes sont franchies, il n'y a plus de limites».

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13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 08:57

Requiem pour la Géorgie

 Pendant que 4 Milliards de téléspectateurs regardaient l’époustouflante cérémonie d’ouverture  des Jeux Olympiques de Pékin, une colonne de blindés russes pénètre dans le territoire géorgien et, après 30 km arrive à la capitale de l’Ossétie du Sud, Tskhinvali qu’elle « libère » après avoir bombardé et tiré sur tout ce qui bougeait aux alentours.

La cérémonie de Pékin, par son faste et son formidable déroulement devrait nous donner froid dans le dos : rappeler les Jeux de 1936 quand les nazis ont inauguré le style ou rappeler les manifestations à la gloire du Guide Nord Coréen (d’abord le père et ensuite le fils, comme dans toute république populaire et … dynastique). Mais puisqu’elle a eu lieu, puisqu’elle a été préparée par le prochain maître du monde, la Chine, ne boudons pas notre plaisir même si notre Président a été éconduit par leur No1 et reçu, seulement, par le chef du gouvernement chinois. Auquel il a parlé, sérieusement, des droits de l’homme …

Depuis trois jours les radios et les télévisions du monde entier nous font savoir que la Russie est en train d’écraser le Géorgie. Et les journaleux bien pensants du Figaro ou de Marianne s’évertuent à démontrer, l’un plus que l’autre, que la Géorgie a agressé l’Ossétie du Sud. Quand l’idiotie se double de l’ignorance … nous n’avons qu’accepter de voir nos cerveaux bien lavés. Car, enfin, c’est bien l’Ossétie du Sud qui a fait sécession voulant se détacher de la Géorgie, non ? Bien sûr, George Bush lève la voix pour dire que les relations USA-Russie vont en souffrir, bien sûr notre Kouchner national prend l’avion pour prêcher la bonne parole aux « deux parties ». Impossible de lui faire dire que l’agresseur est russe, impossible de lui faire dire que la Géorgie est agressée et cela depuis des lustres …

Oui, depuis des lustres. En 1922, le petit père des peuples, Staline, redessine les frontières de la poussière de petits pays du Caucase et intègre l’Ossétie à la Russie. Mais … originaire de Géorgie, il crée une « Ossétie du Sud » qui reste en Géorgie. 100.000 habitants à l’origine se partageant entre géorgiens (un tiers) et ossètes, 4.000 km² de superficie, voilà un pays de cocagne où il fait bon vivre et où les gens vivent en paix. Et dont la capitale s’appelle de 1934 à 1961 « Stalinri ». En 1989, à la faveur de l’écroulement de l’empire soviétique, une partie des Ossètes préfèrent se rattacher à la Russie, la « république » fait sécession et après trois années de guerre, sous l’influence de l’Europe, des Etats-Unis et de l’OSCE, on fige la situation et on confie à la Russie la mission « d’observateurs » pour maintenir la paix. On assigne au loup la tâche de garder les moutons … La Géorgie est amputée d’une partie de son territoire, exode massif des géorgiens vivant en Ossétie du Sud (surtout ne pas prononcer les mots « nettoyage ethnique ») et le territoire est administré depuis par un « gouvernement ossète » qui n’est reconnu de personne au monde sauf de la Russie …

Et comme on connaît la pugnacité de l’Europe quand il s’agit de respecter la légalité internationale …les choses sont restées sans solution depuis plus de quinze années avec l’espoir que la Géorgie avalera la couleuvre. Comme elle devait avaler une deuxième couleuvre, l’Abkhazie – une autre république qui, avec l’aide généreuse de la Russie a fait sécession aussi. Ce qui, dit en passant, donne à la Russie un morceau de rive de la Mer Noire.

 Malheureusement (pour la Géorgie …) un oléoduc a été conçu et construit pour acheminer le pétrole de la Mer Caspienne (Bakou) jusqu’au port turque sur la Méditerranée, Ceyhan. Et cet oléoduc évite de passer par la Russie ce qui fait que son propre oléoduc (« le Nord ») se retrouve sans but lucratif (ou sérieusement réduit). En fait, cela revient à mettre une croix sur le transport de pétrole azerbaïdjanais vers Novorossisk par l’oléoduc russe … Ce qui fait dire à un expert «Pour éviter ce genre de revirement à l’avenir, la Russie doit en premier lieu augmenter son influence dans les pays de la CEI, dans les anciens pays socialistes et en Turquie » Nous y voilà, la Russie fait donner ses armées, écrase la Géorgie et « libère » la capitale d’Ossétie du Sud dans le silence assourdissant de l’Europe qui … accepterait, in fine, que la Russie s’assure la main mise sur cette voie d’approvisionnement. L’Europe qui depuis la fin des années 70 s’est livrée, pieds et poings liés, à la Russie pour satisfaire ses besoins en gaz et pétrole. Certes, on a bien essayé de trouver un modus vivendi avec les russes au moment de la conception de l’oléoduc. Mais tout accord devenait hypothétique au fur et à mesure que s’affirmait la tendance du gouvernement russe présidé par Vladimir Poutine de rétablir une autorité étatique ferme, entre autres, sur les productions des hydrocarbures et surtout de ne pas tolérer d’intrusion politique étrangère dans les affaires économiques russes.

Quant au tracé de l’oléoduc, on rappelle que lors de l’inauguration du canal de Suez, en 1869, parmi les félicitations dont on abreuvait Ferdinand de Lesseps, Bismarck lui fit remarquer qu’il avait fixé géographiquement le lieu des futures batailles. Bismarck n’avait pas tort, l’analogie est parfaite pour l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan.

Ce qui a surpris les occidentaux a été la rapidité et la réaction russe disproportionnée à la soidisant « agression » géorgienne. En fait, tout était préparé et depuis longtemps : plus de 60.000 hommes de troupe attendant l’arme au pied du côté de l’Ossétie du Nord (en Russie), plus de 300 chars d’assaut, une armada de chasseurs bombardiers et de avions gros porteurs transportant des moyens de locomotion et des pièces d’artillerie, bref, « la réaction » était préparée, elle n’attendait que « l’action », le prétexte.

Mais … chasser le naturel, il revient au galop ! La diplomatie russe commence à afficher des comportements qui ne peuvent que rappeler celle qui l’a précédée, la diplomatie soviétique. Non seulement c’est la Géorgie qui est l’agresseur mais … au Conseil de Sécurité on entend, ébahi, le représentant russe M. Churkine dire « ce n’est pas à ceux qui ont bombardé Belgrade ou qui tuent des civiles en Irak et en Afghanistan de protester contre nos bombardements de l’agresseur géorgien qui n’avait qu’à ne pas commencer » et en oubliant où il se trouvait, dire « l’agression géorgienne a donné un coup fatal à l’intégrité territoriale de ce pays ». Et son patron, le Ministre des Affaires Etrangères russe -Sergueï Lavrov- téléphone à Condoleeza Rice pour lui dire que le président élu de la Géorgie … doit partir !

Et pour ajouter l’ignominie à l’exagération, le nouveau président russe Medvedev parle de « nettoyage ethnique des russes d’Ossétie » tandis que le nouveau premier ministre, M. Poutine,  de « génocide » car il y aurait 2.000 morts parmi les habitants de l’Ossétie du Sud.

  L’hydre russe a deux têtes : qui écoute et qui parle ?

Un pays va se faire écraser, aux portes de l’Europe. Que ce soit « un, prêté, pour, un, rendu » (Kosovo), que ce soit pour de bonnes raisons pétrolières, une chose est certaine. La Russie actuelle que tout le monde pensait sur la voie de la démocratie n’est en réalité que la digne héritière de l’Union Soviétique. Certes, on ne tue plus les dirigeants qui « dévient » de la ligne du Parti. Car il n’y a plus de parti, il n’y a qu’une mafia d’origine KGB-iste qui a trusté les postes de pouvoir et/ou de profits économiques. La France en sait quelque chose, elle dont la Côte d’Azur est la destination préférentielle des « hommes d’affaires » russes qui achètent de propriétés en payant cash des dizaines de millions d’euros. Mais cela nécessite que l’on tue et l’on emprisonne tous ceux dont la tête dépasse. Anna Politovskaya, Mikhail Khodorkovsky, deux exemples parmi d’autres, cela ne vous rappelle rien ?

La Russie se veut de nouveau puissance impériale. Elle n’admet pas que des anciens « confettis » de l’empire soviétique s’émancipent  et aillent voir du côté de l’Ouest. Elle veut montrer que la force est de son côté et que rien, ni personne ne peut arrêter son retour au premier plan du monde. Son action militaire en Géorgie mettant en œuvre l’infanterie, l’aviation, sa marine et ses fusées est la plus imposante à l’extérieur de ses frontières depuis l’implosion de l’Union Soviétique (et seule depuis l’Afghanistan). Mais disposant d’un droit de véto à l’ONU, étant le deuxième producteur mondial de gaz et pétrole et ayant plus d’armes nucléaires que ce qu’il faut pour anéantir la planète 100 fois, elle fait ce qu’elle veut et ne se donne même plus la peine de masquer ses intentions. Et montre l’exemple à l’Iran après avoir laissé la Corée du Nord se doter du nucléaire militaire.

Et que trouve-t-elle pour lui faire pièce ? Bernard Kouchner qui va à Tbilissi pour «raisonner» la Géorgie avant d’aller à Moscou pour prêcher la bonne parole. Pour apaiser, dit-il… Notre président, lui aussi, est allé à Moscou pour faire connaître à celui qui annonçait que la Russie «allait poursuivre les Tchétchènes jusque dans les chiottes» son plan pour une sortie de la crise… Et en conférence de presse avec « le président » russe il reste de glace quand celui-ci éructe « ces gens-là sont des déments, des dégénérés, qui dès qu’ils reniflent l’odeur du sang ne peuvent plus s’arrêter» Pendant ce temps, la Géorgie sera écrasée et la Russie ira cracher sur sa tombe.

 

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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 13:13

Depuis plus de 500 ans, les règles et les théories d’un vieux cheikh arabe, et les interprétations abusives de générations de « prêtres » crasseux et ignares ont fixé, en Turquie, tous les détails de la loi civile et criminelle. Elles ont réglé la forme de la constitution, les moindres faits et gestes de la vie de chaque citoyen, sa nourriture, ses heures de veille et de sommeil, la coupe de ses vêtements, ce qu’il apprend à l’école, ses coutumes, ses habitudes et jusqu’à ses pensées les plus intimes. L’Islam, cette théologie absurde d’un bédouin immoral, est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies.” -Mustapha Kemal Atatürk, 1924 (Mustapha Kémal ou la mort d’un empire, Jacques Benoist-Méchin, Albin Michel, 1954).

 Un bédouin immoral et pédophile : ayant épousé Aisha sur ses six ans il l’a « connue » (dans le sens biblique) à neuf ans. Et presque 100 ans après, les paroles d’Atatürk sont toujours d’actualité. Avec une différence, essentielle : à l’époque, le déclin de l’islam a permis la transformation de la Turquie en pays séculaire tandis qu’aujourd’hui l’islam conquérant est en train de soumettre à sa loi au moins deux continents, l’Afrique et l’Europe. Le destin de l’Afrique, nonobstant les centaines de milliards de dollars qui y ont été déversés pendant des décennies et nonobstant les autres dizaines de milliards qui viendront disparaître dans les coffres des élites locales, semble scellé au plan démographique et économique. Celui de l’Europe ?

 L’islam a ouvert contre l’Europe trois fronts, également importants. La destruction des fondements de ses sociétés civiles, la conquête de ses structures politiques et la menace des armes. Il s’agit là d’un constat, ceci n’a rien à voir avec l’existence de nombreux musulmans en Europe qui, à titre individuel, se rattachent aux valeurs des Lumières. Et il ne s’agit pas d’un « complot » dans la mesure où les velléités de l’islam (fût-il modéré ou extrémiste) sont parfaitement connues et clairement exposées, constamment, par ses propagandistes, « agents d’influence » ou autres « intellectuels engagés »

La destruction des fondements des sociétés civiles -  par de petites avancées, réparties sur des dizaines d’années, l’islam a réussi à imposer aux sociétés ouvertes qui ont acceptées l’arrivée de masses de plus en plus nombreuses, le « respect » de sa différence ; on a assisté -phénomène curieux et sans précédent dans l’histoire des migrations- à une dérive lente de la société accueillante vers les valeurs des « envahisseurs ». Le terme peut faire scandale mais il est en deçà de l’appellation donnée aux migrants du fin fond de l'Asie vers l’Europe à partir de la fin de l’empire romain (« barbares »). En effet, tous les migrants (sans exception connue dans l’histoire) ont acquis avec un « droit du sol » obtenu par la guerre les valeurs de ceux qu’ils avaient vaincu. La destruction des fondements des sociétés civiles en Europe est à l’œuvre, il suffit de regarder ce qui se passe au Royaume Uni, en Belgique, en France ou aux Pays Bas. C’est un chapitre qui a connu moult descriptions et analyses, il en connaîtra encore tant que  la collusion  « islamo-gauchisto-fasciste » aura réussi à endormir les nations européennes en utilisant leurs valeurs pour les détruire.

La conquête des structures politiques de l’Europe est en marche depuis plus de trente années  et la dénomination « Eurabia » (Bat Ye-or) ne fait plus soulever les sourcils de personne. Elle a créé des sous-produits, « Franceabia » n’est pas le moins important. Il faut inscrire la dernière trouvaille française (« Union Euro-Méditerranée ») dans ce projet et comprendre que la prise de pouvoir, au départ par la capacité d’empêcher la prise de décisions non souhaitées par les pays musulmans et ensuite la prise de décisions affectant la vie présente et future des 450 millions d’européens est la voie choisie pour parfaire la conquête de l’Europe.

Car ce de quoi il s’agit c’est la conquête de ce continent, après celle de l’Afrique, mais qui sera le tremplin idéal pour continuer la conquête du monde. Et cette conquête passe aussi, passe surtout, par la menace des armes. C’est dire que focaliser l’attention du monde sur les agissements de l’Iran (marche forcée vers le nucléaire militaire, déstabilisation du Proche et Moyen Orient, destruction voulue de l’Etat d’Israël), loin d’être à négliger, permet de cacher les vraies intentions du dernier champion du monde musulman, l’Iran.

Si l’on accepte cette vue des choses, le déroulement de ce qui va suivre semble faire partie d'un scénario prédéterminé. L'Iran et Israël se trouvent sur une trajectoire de collision, rien ne semble pouvoir l'éviter.

L’Iran – En 2002 des dissidents iraniens apprenaient au monde, ce que l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique aurait dû lui faire savoir depuis des lustres, que l’Iran poursuivait un programme secret de développement nucléaire depuis 18 années en violation du traité de non-prolifération dont ce pays était signataire. Depuis toutes les tentatives (toutes agencées autour « des bâtons et des carottes ») pour amener l’Iran au renoncement se sont révélées vaines (la dernière, après six années de palabres, lui donnant encore « deux semaines » pour obtenir une réponse « positive »…). L’Iran ne peut pas renoncer à son programme nucléaire militaire pour trois raisons majeures : la Weltanschauung  de la théocratie iranienne dont Ahmedinejad n’est qu’un des représentants est ancrée dans la conception shiite selon laquelle le retour du 12ème imam (
qui sauvera le monde en assurant la victoire de l’islam) ne sera possible que sur fond de chaos mondial ; le besoin impérieux  de l’Etat iranien de devenir la puissance dominante pour la bande de terre allant du sous- continent indien jusqu’à l’Atlantique (et contrôler ainsi les ressources énergétiques et autres s’y trouvant) ; l’impossibilité pratique (coûts, ressources technologiques, laps de temps nécessaire) de disposer de moyens militaires conventionnels pouvant être utilisés pour assurer l’éclosion des deux premières raisons. C’est dire que ce n’est pas par hasard que ce pays a concentré tous ses efforts militaires sur deux axes, deux axes seulement : armes de destructions massives et vecteurs pour les transporter. Autant dire le nucléaire militaire et les fusées porteuses. Peut-on imaginer que ceux qui « négocient » depuis plus de six ans avec l’Iran ignorent ses données fondamentales ? Peu probable. Mais à partir du moment où, en 2003 les Etats-Unis (déjà engagés en Irak) ont accepté de « sous-traiter » le problème à la « troïka » européenne (France, Angleterre, Allemagne) les cartes étaient biseautées car ces pays se trouvaient en première ligne  de la construction de l’Eurabia. Autant dire aux complices de l’islam dans la conquête de l’Europe. Peu importe les raisons apparentes de la voie choisie par les européens pour « apaiser » l’Iran (et les courants musulmans souterrains de leurs propres pays), l’essentiel est que la fin était connue d’avance : l’Iran n’allait pas accepter les requêtes de sa proie ultime, requêtes qui allaient à l’encontre des buts majeurs qu’il poursuit. Prenant son courage à deux mains, dépité par la mauvaise foi de l’Iran, incapable de vérifier quoi que ce soit, après une douzaine de résolutions sérieuses demandant à l’Iran d’être « plus transparent et plus coopératif » l’Agence Internationale de Vienne a transmis le dossier iranien au Conseil de Sécurité pour suivre sur la voie des sanctions. Chose vouée à l’échec car deux membres permanents (Russie et Chine), chacun pour des raisons différentes, ne peuvent que s’opposer à tout ce qui pourrait affecter le développement de leurs propres activités avec l’Iran. Et c’est ainsi que la paysage devient clair : l’Iran poursuivra son programme nucléaire miliaire jusqu’à son terme (sauf interruption intempestive …) et l’Occident (l’Europe en premier) se trouve devant l’alternative « accepter un Iran nucléaire ou accepter une guerre ».

Du point de vue de l’Iran, une guerre (de toute manière programmée – comme disait le Général Patton « vous ne pouvez pas annuler un match qui a été programmé ») ne fera que raccourcir le temps d’attente du Mahdi (le 12ème imam). L’Ayatollah Ahmad Jannati, qui dirige le Conseil des  Gardiens de la Révolution, un des proches conseillers du Guide Suprême Khamenei, a déclaré le 20 novembre 2005, « les êtres humains, à part les musulmans, ne sont que des animaux qui errent sur la terre engagés dans la corruption » et Bernard Lewis écrit « Ils (les musulmans) savent qui ils sont et ce qu’ils veulent ; une qualité que nous semblons avoir perdue jusqu'à un haut degré »

La marche de l’Iran vers le nucléaire militaire s’accélère pendant les palabres visant à les arrêter. Un faisceau d’indices concordant montre qu’il s’agit accélération : le réacteur nord-coréen pouvant produire du plutonium détruit par Israël en Syrie en septembre 2007, la découverte récente (pas par l’Agence de Vienne …) d’un centre secret  de fabrication nucléaire dans la région de Al-Zarkan construit à partir de 2000 (Kuwait Times, 29 juillet 2008), l’acquisition de systèmes russes de défenses des installations nucléaires (si elle ne sont pas destinées au « militaire » pourquoi des anti-missiles ?), les essais de fusées porteuses à grand rayon d’action, voilà quelques indices qui montrent que l’Iran croit que le jour s’approche quand il faudra passer des « paroles verbales » quant à la destruction d’Israël (première étape de la conquête de l’Europe) soit à sa réalisation soit à la nécessité de faire face à une action de ce pays.

 

 

 

Système anti-missiles S-300PMU1 d’origine russe livré à l’Iran (en partie directement et en partie via la Biélorussie). Deux systèmes pour plus d’un milliard de $, livraison et mise en place accélérée pour défendre des sites nucléaires pouvant être attaqués avant la fin du mandat de George Bush. L’Iran a fixé la cadre temporel pour ce qui va suivre.


 De plus, l’Iran a complété l’installation d’Ispahan qui  produit une grande quantité d’Hexafluorure d’Uranium et poursuit à grande vitesse la construction de son réacteur à eau lourde (Arak) dont le seul intérêt est la production de Plutonium, voie parallèle pour la fabrication d’armes nucléaires. Installation pour laquelle le Vice-président de l’Académie des Sciences iranienne a déclaré « l’eau lourde est une médicament pour le traitement du cancer, utilisé en Occident » …

Nonobstant ce qui est visible, nonobstant le corpus idéologique qui se trouve derrière ce que l’Iran fait, les bonnes âmes occidentales (et leur bras séculier, l’Agence de Vienne), ceux qui devraient arrêter la course de l’Iran qui conduira à la guerre font semblant d’avoir un doute : peut-être que l’Iran ne veut pas du nucléaire militaire … Le drame c’est que l’on ne pourra détecter l’existence du  nucléaire militaire que le jour du premier essais … Comme pour la Corée du Nord qui a mené en bateau les Etats-Unis, la Chine et la Russie pendant 12 longues années.

Et voilà la dernière session de négociation avec l’Iran, le 19 juillet, quand ce pays fait savoir que, dans les conditions actuelles [capacité de faire augmenter le prix du pétrole (par réduction de sa production car c’est la 4ème producteur mondial ou par blocage du détroit de Hormuz par lequel passent 40 % du pétrole mondial), position de force incontournable directement ou par ses supplétifs (Hezbollah, Hamas, autres groupes palestiniens) au Liban et/ou dans les territoires palestiniens, etc.,] il n’a aucun intérêt ni souhait de faire quelque concession que ce fût. Passons à autre chose.

Mais l’Europe (mais pas seulement elle) se dit qu’entre un baril de pétrole à 300 $ et la survie d’Israël … le choix, pour elle, est vite fait. Par delà toutes les assurances et bonnes paroles déversées ad nauseam pendant la 60ème anniversaire de la renaissance de cet état.  Quand on sait que rien que les bouchons du dernier samedi ont consommé, en France, 10.000 barils de pétrole … soit plus de 1.500.000 $ qui ont grevé notre pouvoir d’achat …

Ceux qui croient ou font croire que les menaces de l’Iran ne sont que des galéjades et/ou vœux pieux devraient se dire qu’elles pourraient, cependant, pousser Israël vers une frappe préventive tout en s’assurant les moyens d’une deuxième frappe … si nécessaire. Bref, le monde entier n’a qu’une seule alternative devant les ambitions nucléaires de l’Iran : la capitulation ou la guerre. Les Etats-Unis ? Avec deux guerres sur leur dos, les autorités politiques et militaires font savoir qu’elles ne sont pas partantes pour une troisième … L’Europe ? Toute à ses petites affaires commerciales avec l’Iran (premier partenaire commercial et pour l’export et pour l’import), prise dans le maelstrom de la constitution de l’Eurabia …elle est incapable de relever sa colonne vertébrale. La Russie ? Deuxième grand producteur mondial de pétrole et gaz, premier grand fournisseur d’armes à tous les ennemis d’Israël … elle est prête à oublier qu’il y a un million d’israéliens d’origine russe. La Chine ? Elle fait main basse sur les ressources énergétiques de l’Afrique (Soudan, Niger, Angola, etc.,) et ses populations musulmanes ne sont que 50 millions vs 1,5 milliard de chinois, alors … 

Certes, Israël regarde les choses d’une manière différente. Ce pays sait que la voie vers l’Europe de l’Iran passe par Tel Aviv. Il sait aussi qu’à la différence des États-Unis, qui ont utilisé des armes nucléaires afin d'essayer de finir la deuxième guerre mondiale, les Iraniens vont les employer pour commencer une guerre sans trop s'inquiéter des conséquences potentielles. Peut-on être surpris qu’il se demande s’il ne vaut pas mieux attaquer maintenant avant que l'Iran soit capable de réaction forte ou même de faire exploser un dispositif nucléaire ? Et Israël sait aussi que le vrai problème n’est pas la capacité nucléaire mais ce à quoi elle peut servir. S’il ne s’agissait que des armes … les Etats-Unis auraient des problèmes avec l’Angleterre ou la France …

Israël - Rituellement, annuellement, on entend un dirigeant israélien dire calmement « Israël ne peut pas se permettre le luxe de vivre avec un Iran nucléaire ». Que ce soit à l’ONU (Ariel Sharon), que ce soit dans une conférence de presse avec M. Poutine (E. Olmert) ou à l’occasion de discussions stratégiques avec les Etats-Unis (S. Mofaz) deux idées de forces sont sous-jacentes : Israël ne permettra pas un deuxième holocauste et ce que l’on a appelé la doctrine Bégin érigée en dogme après la destruction du réacteur irakien (fourni par la France) « sous aucune condition nous n’accepterons que nos ennemis possèdent d’armes de destruction massive utilisables contre notre nation ; nous défendrons les citoyens israéliens, le moment venu, avec tous les moyens à notre disposition ». Osirak a été détruit après que toutes les tentatives de convaincre le gouvernement français (Giscard et Chirac) de ne pas fournir le réacteur à Saddam Hussein aient échouées.

Israël ne peut pas vivre avec un Iran doté d’armes nucléaires car, tôt ou tard, il les utilisera contre elle. D’un autre côté ce pays a toujours fait usage de la formule « transférer la guerre sur le territoire de l’ennemi aussi tôt que possible ».

Joschka Fischer, ancien ministre des affaires étrangères de l’Allemagne écrit le 30 mai 2008 dans un journal libanais : Le programme nucléaire iranien est le facteur décisif dans cette équation, car il menace l’équilibre stratégique de la région. Que l’Iran, un pays dont le président n’est jamais fatigué d’appeler à la destruction d’Israël, et qui menace le nord et le sud de ce pays par le soutien massif qu’il apporte aux guerres menées par ses alliés du Hamas et du Hezbollah, puisse avoir un  jour des missiles avec des têtes nucléaires est le pire cauchemar pour la sécurité d’Israël. La politique ne se fonde pas seulement sur les faits, mais aussi sur les perceptions. Que cette perception israélienne soit exacte n’est pas la question, car de toute façon cette perception débouche sur des décisions. »

Deux + deux faisant quatre, parce que l’Iran devra obligatoirement attaquer Israël, la question « Israël attaquera-t-elle l’Iran préventivement » est superflue, les vraies questions sont « a-t-elle la capacité de le faire, quand le fera-t-elle et que se passera-t-il le jour d’après  ? »

On sait peu de choses sur la capacité réelle de projection à 1.500 km d’une force israélienne suffisante pour attaquer, de manière décisive, des objectifs iraniens. Pas nécessairement tous les centres nucléaires, pas nécessairement les centres connus, pas nécessairement les « centres de pression » (installations pétrolières, raffineries, centrales électriques, etc.,) mais un mix suffisant pour mettre à genoux l’économie iranienne pendant un temps suffisamment long pour qu’éventuellement, un changement de régime puisse avoir lieu.

Israël dispose de trois acteurs majeurs : l’aviation (sans égal aucun au plan des équipements, de la formation des pilotes et des technologies particulièrement adaptées aux missions qui lui sont assignées), la marine (qui dispose de plusieurs sous-marins capables de tirer des fusées de fabrication propres et des missiles de croisière) et les fusées (de petite, moyenne ou grande portée + les balistiques). Il est fort probable qu’elle mettra en ligne les trois capacités s’il s’agit d’attaquer l’Iran.

On se focalise, en général, sur le fait que l’aviation devrait disposer de rayons d’action qui ne lui sont pas disponibles et qu’elle devrait survoler des territoires (Jordanie ou l’Arabie Saoudite, route du Sud ou la Turquie et l’Irak, route du Nord). En oubliant les exploits récents -survol du territoire syrien sur plus de 500 km sans qu’aucune station de radar puisse détecter les avions qui, in fine, ont détruit ce qui semble avoir été un réacteur Nord Coréen en cours de construction. On laisse de côté, ainsi les deux autres acteurs, la marine et les fusées. Qui, pourtant, recueillent des ressources insoupçonnables même aux spécialistes militaires.

Avec l’humour qui les caractérise, on a l’habitude de dire en Israël que pendant que l’Europe dormait Israël allait des oranges vers le software, de Jaffa a Java.

Des exemples ?

 

 

 

« Rafael » vient de recevoir le prestigieux « Prix Israël » pour la réalisation de SPICE : missile de croisière transformant des bombes d’une ou deux tonnes en munition « intelligente » dotée d’un système de navigation inertiel couplé au GPS. Le résultat ? Acquisition automatique de la cible par toutes conditions météorologiques, de jour comme de nuit, insensible aux contre-mesures électroniques, erreurs de navigation ou d’impact.

 

 

En dépit du refus d'Israël de reconnaître le statut de ses armes nucléaires, son arsenal secret supputé ne fait jamais l’objet de commentaires de la part de ses décideurs politiques. Il est supposé que le programme nucléaire israélien, développé à partir des années 60 a acquis (dépassé ?) le potentiel nucléaire de la France et de  la Grande-Bretagne se situant juste après ceux des USA, de la Russie et de la Chine. Le croquis joint qui indique les principaux sites de la force nucléaire israélienne (ADM et vecteurs de livraison) est établi par des experts américains  et n’a jamais fait l’objet de commentaires israéliens …



D’après MSNBC – (traduction MB)

 

Voilà les caractéristiques de trois sites parmi ceux identifiés dans le croquis de MSNBC.

 

 

 

Dimona

Jadis appelée « usine de textile, » le centre nucléaire Dimona se trouve entre Beersheba et Sodome (sur la Mer Morte) à 40 km de la frontière jordanienne. Le réacteur construit avec l’aide de la France (en cela premier proliférateur au monde) peut produire quelques 40 kg de plutonium qualité militaire annuellement.

Sachant que moins de 10 kg de plutonium (ajout de déflecteurs de neutrons en uranium 238 autour du plutonium) sont nécessaires pour une bombe, sachant que la production a pu se faire sur 10/20 ou 30 ans … on peut calculer facilement le nombre probable d’armes nucléaires détenues par Israël.

  Base aérienne -  Palmachim

 Equivalente de la plus grande base aérienne américaine de lancement de missiles (Vandenberg) c’est ici que l’on assemble et on teste les vecteurs porteurs (fusées de portée moyenne et grande). C'est le principal site israélien de recherche et développement de l’armée israélienne.

Les Etats-Unis soupçonnaient que c’est ici que des fusées intercontinentales étaient en cours de construction. Ils ne se sont pas trompés… une fusée a été lancée au début de l’année 2008.

Les photos satellites du secteur montrent aussi un terrain d'aviation avec une longue piste pour des avions gros-porteurs et plusieurs grands hangars.

 

Herbât Zaccaria

Les fusées mobiles Jéricho-2 et Jéricho-3, fusées stratégiques, se trouvent ici et constituent la « deuxième aile » de l'Armée de l'Air d'Israël. L’endroit se trouve entre Jérusalem et la Mer Morte et est nommé d’après le Prophète Zaccaria. Les photos satellites montrent environ 100 pas de tir pour des fusées (Jéricho -2 et 3).

 

La deuxième question est  « quand » ? Il semblerait que « la fenêtre de tir » doit se fermer soit avec le changement de président aux Etats-Unis soit à la date à laquelle les équipements de protection russes seront opérationnels. Ceci laisse six à neuf mois, temps qui pourrait être encore utilisé par ceux qui veulent « apaiser » pour obtenir de l’Iran qu’il renonce à ses visées pourtant consubstantielles aux fondements mêmes du régime des mollahs. D’un autre côté, le plus tôt sera le mieux : les pays du Golfe ont fait dire « si Israël attaque l’Iran on aura des soucis pendant 18 mois, si elle ne l’attaque pas ce sera pour 18 ans … » Le 10 mars, 2008 Kuwait Times publiait une interview avec l’ancien conseiller du gouvernement, Sami al-Faraj qui n’hésitait pas à dire « la destruction des capacités nucléaires de l’Iran par Israël serait de l’intérêt des nations du Golfe et serait «moins embarrassante» que si elle était faite par les Etats-Unis. Honnêtement, ils feraient quelque chose d’une très grande valeur stratégique pour les pays du Golfe en arrêtant les tendances hégémonique de l’Iran »

Et pour ce qui est du prix du pétrole [« la survie d’Israël est plus importante que le prix du pétrole » dit S. Mofaz (ancien ministre de la défense israélien, ancien chef d’état major de l’armée israélienne, à New York cette semaine) on peut observer que maintenant il est de 135 $ le baril et que si Israël attaque l’Iran il ira peut-être à plus du double, à 300 $ le baril. A-t-on attendu trop longtemps ? Si la chose avait été faite quand le baril était à 60 $ … il serait maintenant à 135 ! Au même prix mais … sans plus de menace du côté iranien !

Par delà l’intérêt propre d’Israël, si l’on veut stopper les tendances hégémoniques de l’Iran (Liban, territoires palestiniens, conflits shiites/sunnites, etc.,), l’utilisation de la fenêtre de tir évoquée plus haut semble s’imposer.

Et Le jour d’après ? Il est fort probable que l’Iran répondra, massivement, de quatre manières différentes en :

  1. essayant de bloquer le détroit de Hormuz – d’un côté s’agissant d’une voie maritime internationale le ban et l’arrière-ban de la « communauté internationale » se sentira agressé et … les forces navales américaine et française présentes n’auront pas de difficulté à assurer un libre passage (la largeur du détroit est grande, sa profondeur aussi, la marine iranienne n’a pas les moyens de s’attaquer à des porte-avions, destroyers ou autres moult frégates armées jusqu’aux dents) ; à supposer qu’il y ait réduction du trafic l’Iran souffrira en premier pour ce qui est des revenus tirés de l’export du pétrole et, encore plus, pour l’arrêt de l’importation de pétrole raffiné (l’Iran n’assure en propre que 40 % des besoins d’essence et autre produits raffinés) ; certes, une flambée (spéculative) du prix du pétrole est à envisager, les pays qui en souffriront sont, tout d’abord, ceux qui n’ont pas su, pu ou voulu arrêter la course vers le nucléaire militaire de l’Iran) ;
  2.  attaquant avec des fusées moyenne portée les forces américaines en Irak et avec des fusées stratégiques le territoire d’Israël – attaquer les forces américaines pourrait avoir un prix que l’Iran (certes, extrémiste mais peut-être pas tout à fait irrationnel) ne sera pas en mesure de payer ; le territoire d’Israël semble être suffisamment bien protégé par les systèmes anti-missiles Patriot (américain) et, surtout, Arrow (israélien) ; à supposer que les fusées iraniennes soient porteuses de charges non conventionnelles (chimiques, bactériologiques), Israël sera en mesure d’y répondre d’une manière non conventionnelle, aussi ; la conflagration risquerait de dépasser le cadre des deux nations pour faire intervenir « les grands » ;
  3. activant les capacités offensives de ses supplétifs dans la région, le Hezbollah et la Syrie, d’un côté et le Hamas, d’un autre côté – faire savoir à la Syrie que si le Hezbollah (ou ses propres forces armées) bougent Damas risque de subir le sort du Liban en 2006 sera de nature à rafraîchir l’enthousiasme de ces deux acteurs (en particulier celui du Hezbollah qui ne pourra pas mettre en exergue « la résistance à l’agression » pour risquer une deuxième destruction du Liban) ; quant au Hamas, il est fort probable que cette fois-ci l’armée israélienne profitera de l’occasion pour le déloger de Gaza et arrêter la transformation du « Hamasthan » en mini état taliban ;
  4. relançant ses réseaux terroristes de par le monde – les pays agressés (toujours ceux qui n’ont rien fait pour arrêter les efforts de l’Iran pour avoir la bombe) n’auront aucun moyen pour obtenir d’Israël un changement de programme mais, peut-être, auront-ils compris qu’il ne fallait plus jouer au poker avec l’Iran ; de plus, ces pays sont mieux armés pour faire face à une menace terroriste  qu’ils n’étaient il y a quinze années ou plus (se souvenir des actions terroristes de l’Iran en France, à Buenos Aires ou à Berlin).

 Et la rue arabe ? Ce n’est pas certain qu’elle bougera plus que nécessaire pour montrer une certaine solidarité « musulmane ». Il est même probable que l’on verra se reproduire le même silence assourdissant qui a suivi la destruction d’un complexe nucléaire en Syrie en 2007.

Les grandes puissances ? On ne voit aucun De Gaulle à l’horizon pour mettre en garde (2 juin 1967) « L’Etat qui le premier emploierait les armes n’aurait ni l’approbation ni, à plus forte raison, l’appui de la France » façon voilée de mettre un terme à l’amitié franco-israélienne et d’inaugurer la « politique arabe de la France ». Peu probable que la Russie avertisse qu’en raison de son pacte d’assistance avec l’Iran (pays riverains de la Mer Caspienne) elle se considère agressée. Tout au plus elle fera du bruit au Conseil de Sécurité où la véto des Etats-Unis lui fera pièce. Peut-être même celui de la France aussi.

Ce qui sera important ce sera ce que l’on aura obtenu. Le succès de la destruction de sites clés du programme nucléaire (connus ou moins bien connus …), la destruction des points de pression (raffineries, centrales électriques, installations portuaires, etc.,), l’absence de dégâts collatéraux (victimes civiles) sera mesuré, en réalité, par le temps nécessaire (et les ressources) pour que l’Iran revienne au status quo ante bellum. Trois ans ? Cinq ans ? Plus ?

Y a-t-il quelque chose d’autre à craindre ? On se souvient qu’après avoir perdu la guerre de 1973 (que l’Egypte et la Syrie avaient initiée) les pays arabes on lancé un embargo pétrolier (et les prix ont flambés … premier choc pétrolier) contre l’Europe. C’est une des raisons, selon Bat Ye’or,  du lancement du dialogue euro-arabe en 1974 qui a donné naissance à l’Eurabia. Ce qui veut dire que, comme en 1973, par conviction ou avec rémunérations, tout ce qui grouille, grenouille et scribouille se déchaînera contre Israël et en faveur de l’Iran. Mais … Golda Meir avait dit un jour « une mauvaise presse c’est mieux qu’une bonne épitaphe ».

oooooooooooooo

Le ….. à 02h00 GMT (05h30 Téhéran) le Gouvernement Israélien fait savoir au monde entier que devant les menaces répétées de l’Iran quant à sa destruction et devant l’incapacité de la communauté internationale d’arrêter la course de ce pays vers l’acquisition d’armes de destruction massive qui lui sont nécessaires pour appliquer ses menaces, Israël se considère en état de légitime défense et procède à des actions visant la destruction des potentiels militaires de l’Iran. Il  rappelle qu’il n’a de querelle aucune avec le peuple iranien et espère qu’il ne sera affecté d’aucune manière par les actions entreprises. Il met en garde tous ceux qui, liés ou pas, aux tendances hégémoniques destructrices de l’Iran qu’il procédera de la même manière avec eux si Israël fait l’objet d’attaques de leurs part. Le Gouvernement Israélien rappelle aux principales puissances  avoir fait preuve d’une énorme patience espérant que leurs efforts visant l’arrêt de l’Iran dans la course vers les armes nucléaires seront couronnés de succès mais il est obligé de constater que tel n’est pas le cas et que certains parmi elles semblent vouloir s’accommoder de l’existence d’un Iran disposant de moyens militaires nucléaires. Quant à l’Iran, si d’aventure ce pays se permet de riposter en utilisant des moyens non conventionnels, Israël répondra de la même manière en utilisant cependant une option de nature, taille et effet qu’elle considérera adéquate.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                          

 

 

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16 juillet 2008 3 16 /07 /juillet /2008 10:16

L’illusionniste

 

Sonnez trompettes, résonnez  musettes, avissse aux populations : l’Union pour la Méditerranée, projet majeur de notre président vient d’être lancée.

 

C’est-à-dire, pas vraiment … Tout d’abord, tout en avalant de travers, notre président a dû accepter que le titre du nouveau machin soit « Le processus de Barcelone : une Union pour la Méditerranée » Le processus de Barcelone a été lancé en 1995 et s’est distingué depuis par … rien. C’est donc la raison pour laquelle Mme Merkel a imposé au petit Napoléon le changement de programme.

 

Ensuite … il faut attendre un peu car l’Article 28 de la Déclaration Commune dit « Les détails du mandat de la nouvelle structure institutionnelle, le fonctionnement de la coprésidence ainsi que la composition, le siège et le financement du secrétariat, seront arrêtés par consensus par les ministres des affaires étrangères en novembre 2008, sur la base de discussions approfondies et des propositions présentées par tous les partenaires » Faut-il que l’on soit des jobards consommés pour ne pas comprendre que le charabia qui précède traduit l’impossibilité de se mettre d’accord sur les premiers réquisits de ce machin. Pour ne pas parler  de la co-présidence qui sera assurée par le représentant de l’Europe pour les affaires étrangères (encore un job pour l’ineffable, le marathonien des discussions avec l’Iran, pour celui qui demandait conseil au Cheik Yassine -fondateur du Hamas- pour celui qui assurait que « le Hamas ne veut que la liberté pour son peuple », le nommé Javier Solana) et un représentant du Sud choisi par consensus …

 

Mais c’est quoi ce machin ? Le bon docteur Kouchner (« qui n’était pas bien à l’aise » en juin 2008 quand il a appris que Bachir el Assad allait être invité à Paris) assène «La conférence de Paris sur l’Etat palestinien fut un succès mais l’essai doit être transformé. La France entend s’y employer activement lors du sommet et en faire une des priorités de sa présidence européenne car le processus de paix est menacé. L’Union Européenne doit jouer sans complexe tout le rôle qui lui revient au Proche-Orient. Ce sommet se veut celui de la paix entre tous les Méditerranéens» Suite à quoi le ministre syrien des affaires étrangères quitte la salle quand son homologue israélien prend la parole et son patron fait de même quand le premier ministre israélien se lève pour parler. Et N. Sarkozy est pris en flagrant délit de mensonge : quand on lui demande en conférence de presse publique si cela est vrai il dit que non. Pour être contredit illico par son collègue, le co-président Moubarak, qui explique d’une manière alambiquée que, peut-être, M. Assad avait quelque chose à faire et c’est pour cela qu’il est sorti …

 

Essayons de comprendre ce que notre visionnaire de président voulait et ce qu’il a obtenu. Le processus de Barcelone ayant ingurgité plus de 5 Milliards d’euros sans rien produire, N. Sarkozy a cru qu’il pourrait créer une nouvelle structure, éventuellement, contrôlée par la France et constituant un des projets majeurs de sa présidence française et européenne. Mais cela enquiquinait prodigieusement autant l’Espagne (vu que l’argent pour Barcelone était, en grande partie, dépensé là-bas), l’Italie qui savait que son client la Libye allait rejeter le projet (vision prémonitoire car le Guide Suprême a traité le projet « d’acte d’humiliation et de soumission » de l’Afrique) ou de l’Allemagne (qui ne comprenait pas pourquoi il n’y aurait de partenaires que ceux qui touchent la Méditerranée quand l’argent venait de tous les pays de l’Europe »). Ajoutez à cela qu’entre le moment ou N. Sarkozy a lancé l’idée (2006) et aujourd’hui l’Europe se retrouve à 27 … Mais qu’à cela ne tienne, il a peu d’idées mais comme elles sont fixes … voilà 42 chefs d’état ou de gouvernement qui se retrouvent à Paris pour faire ripaille aux frais de la princesse …

 

Ce que N. Sarkozy voulait c’était créer un mécanisme d’intégration des économies du Sud et du Nord pouvant conduire, à terme, à une création du genre de la Communauté Européenne. En laissant de côté le fait que les 275 millions d’habitants du Sud de la Méditerranée sont tous musulmans. Ce qui ne peut que continuer l’œuvre de destruction des structures européennes car il s’agit de continuer la voie de l’Eurabia (Bat Ye’or). En laissant aussi de côté que ce qui prévaut pour les dictateurs au grand pied (Moubarak et consorts) ou au petit pied (Bachir el Assad et consorts) n’est pas l’avenir économique de leurs peuples mais leur maintien au pouvoir. Pour lequel le rejet d’Israël sous toutes les formes est primordial. Et pour donner des gages, voilà que l’on invite comme partenaires la Ligue Arabe, l’Organisation de la Conférence Islamique, l’Union du Maghreb Arabe, le Conseil de Coopération des Etats Arabes du Golfe et l’Alliance des Civilisations (créature de l’ONU pour promouvoir la collaboration avec le monde musulman). Ce qui a fait que la Déclaration commune n’a pas pu enregistrer une formule classique sur « deux états » car personne du côté arabe ne veut reconnaître le caractère juif de l’Etat d’Israël.

 

Et alors ? L’illusionniste a encore frappé ! Conférence, dîner, parade pour le 14 juillet, si on montre tout cela c’est que c’est vrai ! Et le bas peuple, de toute manière tout à ses soucis de pouvoir d’achat ou de bouchons sur les routes ou d’un mois de juillet pluvieux … s’en contrefiche !

 

C’est pour que le spectacle soit complet que l’on a invité celui qui a commandité l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais. Président par droit dynastique d’une république responsable de l’assassinat d’un ambassadeur français au Liban et de la mort de presque 100 soldats français. Et dont le pays, création de la France et de l’Angleterre, a toujours « mangé l’appât et pissé sur l’hameçon » comme N.Sarkozy (après d’autres, J. Chirac en particulier) le découvrira rapidement. Mais pour lui montrer de quel bois on se chauffe on lui a fait entendre debout la Déclaration des Droits de l’Homme pendant le défilé du 14 juillet ! Le tout pour faire la nique à son prédécesseur qui quittant l’Elysée occupe maintenant un appartement de la famille du même ancien premier ministre.

 

A tout seigneur, tout honneur : l’irremplaçable Bernard Kouchner chante des louanges pour l’événement et rappelle, parmi d’autres éléments positifs qui permettraient (selon lui) de voir l’avenir en rose « Il faudrait aussi citer la trêve à Gaza sous l’égide de l’Egypte, les pourparlers israélo-syriens grâce à la médiation turque, ou les échanges humanitaires entre Israël et le Hezbollah. » Le macabre (que peut-être ne lui était pas connu) le dispute à l’ignoble (qui ne pouvait pas lui être inconnu).Echanges très humanitaires, il s’agit d’échanger les deux cadavres des soldats israéliens kidnappés en juillet 2006 contre, du côté d'Israël, en sus de 200 cadavres de « combattants libanais », la libération d'un assassin qui purgeait une peine de « trois fois la vie + 47 ans) » pour avoir assassiné deux policiers et un civile en commençant par tuer une fille de quatre ans sous les yeux de son père … et qui arrivera en héros au Liban. Le Liban, ce pays que la France soutient toujours et qui déclare le retour d’un assassin « fête nationale ». Bernard Kouchner n’a pas perdu seulement ses repères en migrant de la gauche vers la droite, il a perdu aussi son âme.

 

En ce 14 juillet on pourrait quand même se poser la question « c’est quoi la France ?  République bananière ? C’est quoi exactement une république bananière ?

 

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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 17:12

Texte mis en ligne par Liberty Vox
Les bons, les brutes et les truands

 

 

 

A en croire le battage partisan auquel se livrent la famille, le gouvernement français et la presse française, comme d’habitude, on est porté à croire que la libération des 15 otages des FARC en Colombie a été le résultat de leur « lutte pour la liberté ». Et si les premiers mots de la franco-colombienne Ingrid Betancourt ont été pour remercier l’armée colombienne, en revanche, les rejetons français n’ont pas daigné prononcer le nom du président de la Colombie comme s’ils avaient peur que cela leur brûlerait la langue …

 

Certes, la libération de cette femme politique colombienne -française par un mariage suivi d’un divorce- a eu une grande importance pour ses enfants et sa mère. Sachant cependant qu’elle avait quitté la France après son divorce d’avec son mari, diplomate français, pour se lancer dans la bataille politique en Colombie, devenir sénateur, solidement ancrée dans la gauche locale, elle qui descend d’une famille de la grande bourgeoisie colombienne, on pourrait se poser la question  « que fait la France dans cette affaire » ?

 

Certes, dans le discours d’inauguration de la présidence Sarkozy la libération d’Ingrid Betancourt était annoncée comme un objectif prioritaire. Pas exactement comme l’augmentation du pouvoir d’achat des masses laborieuses mais … en bonne place. Comme, d’ailleurs, la libération des infirmières bulgares des geôles du Colonel Kadhafi. Mais, déjà depuis 2002, date du kidnapping de Mme Betancourt, la France était le pays le plus en pointe pour œuvrer en faveur de sa libération. Les élites, de droite et de gauche -comme Monsieur de Villepin ou des leaders socialistes- ne pouvaient pas laisser tomber une ancienne (petite ?) amie et/ou condisciple d’études, tous s'étant trouvés en même temps sur les bancs de Sciences Po. Si ce n’était que cela …

 

Mais ce n’était pas que cela. La France, adepte de l’apaisement et de la discussion avec des terroristes de partout, avec un zèle digne de causes plus nobles, a pris pratiquement le parti des kidnappeurs contre le pouvoir démocratique de la Colombie. Par delà les épisodes burlesques (avion militaire de transport envoyé à Manaus, au Brésil, sans prévenir les autorités brésiliennes …) ou le déroulement des tapis rouges pour le clone vénézuélien de Fidel  hissé au rang de « négociateur » avec les terroristes, la France demandait à l’Etat Colombien d’accepter les revendications d’une bande de narcotrafiquants, à l’origine « guérilla marxiste ». La France demandait, plus ou moins ouvertement, à la Colombie de démembrer son territoire pour accorder un sanctuaire d’environ un tiers de la superficie du pays aux preneurs d’otages mais qui gardaient leur logo de « révolutionnaires marxistes ». Et aussi de céder aux revendications diverses et multiples de ces bandits abrités par la jungle depuis 40 années. Mais qui avaient, d’un côté, le support matériel des autres « socialistes » d’Amérique Latine (Venezuela, Equateur, Bolivie en particulier), et de l’autre, celui des gauches mondiales car le président de la Colombie est un homme de droite …

 

Pendant de très longues années la diplomatie française s’est complu dans une danse du ventre devant les FARC et devant Hugo Chavez jusqu’à y compris proposer comme monnaie d’échange pour la libération d’Ingrid Betancourt, l’accueil en France de quelques 500 « guérilleros » condamnés par la justice colombienne et se trouvant dans les prisons du pays.

 

Objectif prioritaire de Nicolas Sarkozy, terrain de prédilection pour le spécialiste humanitaire de la gauche recyclé à la droite (Bernard Kouchner, pour préciser) il était tout naturel que cette affaire devienne une grande cause française. Et à ce titre, disposer d’un énorme panneau sur le parvis de l’Hôtel de Ville à Paris grâce aux bons soins de M. Delanoë (qui préfère les grandes causes et son militantisme socialiste au nettoyage de Paris, devenu une des villes les plus sales de l’Europe). Et pour remuer les bons sentiments du bas peuple, on a diffusé une photo de l’intéressée en très piteux état et l’on a fait savoir que si elle n’était pas libérée elle risquait la mort à brève échéance. En disant aussi, à mots couverts, que dans ce cas-là le responsable serait le président colombien qui ne voulait pas abdiquer de ses principes lui interdisant de négocier avec des terroristes visant la destruction de son état. Pendant ce temps, la famille française (les deux enfants, mais aussi « l’ex ») se répandaient dans toutes les radios et télévisions de France et de Navarre pour dire pis que pendre du président colombien. Par delà l’amour filial, par delà l’absolue normalité de la défense d’un être opprimé, ceux qui réclamaient la libération d’Ingrid Betancourt occultaient la responsabilité des FARC et l’ignominie de leurs actions et arrivaient à faire un transfert (voir le Père Freud …) qui n’était pas moins ignoble. Avec l’assentiment des élites françaises et du gouvernement du pays.

 

Il y a encore trois semaines Bernard Kouchner, devenu voyageur habituel (en première classe …) du trajet Paris – Caracas, allait voir Hugo Chavez pour « faire avancer » le projet de libération d’Ingrid Betancourt. Remarquez, on s’occupe à titre humanitaire uniquement d’Ingrid Betancourt mais on va voir celui qui a alimenté en armes et des centaines de millions de dollars les bandits kidnappeurs. Mais toute action, toute politique se juge aux résultats.

 

Le résultat ? Une action des forces spéciales de l’armée colombienne libère, sans tirer un seul coup de feu, 15 otages des FARC dont Ingrid Betancourt. Et on voit dans les premières images de cette dernière filmées par la télévision colombienne qu’elle pleure et sourit quand elle raconte l’épisode de sa libération, comme si c’était le script d’un film d’action … Et, nonobstant ses positions politiques, elle a l’élégance de remercier non seulement Dieu mais l’armée colombienne et le Président de la Colombie, se considérant elle aussi comme un soldat de son pays.

 

La presse mondiale (pas encore la française qui, elle, est à tresser des lauriers à l’action de la France, des associations de supporters et de tous les signataires de pétitions diverses) commence à jeter un peu de lumière sur cette action d’éclat de l’armée colombienne. Et, comme on sait, on ne prête qu’aux riches, à ceux qui les ont aidés. Etats-Unis et Israël.


Etats-Unis. Il y avait trois otages américains mais ils ne valaient pas la peine de s’y intéresser pour les combattants de la liberté français car ce n’étaient que des « mercenaires » utilisés pour la lutte anti-drogue en Colombie. Sans bruit, sans pétitions, sans portraits sur l’hôtel de ville de San Antonio au Texas, les Etats-Unis ont aidé la Colombie en formant leurs forces spéciales et en leur fournissant les équipements nécessaires. Jeudi, le colonel William Costello, porte-parole du commandement SUD des Etats Unis, a indiqué qu’ils « ont cherché leurs otages pendant les cinq dernières années, tous les jours, en effectuant 3.600 vols de surveillance et de reconnaissance au-dessus de la jungle et qu’ils ont dépensé plus de 250 millions de $ pour cela ».

 

Israël. Tout en soulignant que le mérite de l’opération appartient à la Colombie, des sources israéliennes nous apprennent que des dizaines d’experts israéliens y ont participés et que les actions ont été coordonnées par un ancien chef d’état major « opérations » du Tsahal (Israel Ziv) qui est rentré de Bogota à Tel Aviv … hier. Remarquez, déjà en mars 2008 quand la Colombie a détruit, en territoire équatorien, une base des FARC où se trouvait leur Numéro 2 (mort dans l’action) Hugo Chavez y voyait la main d’Israël … Comme quoi il n’a pas toujours tort … Pourquoi Israël ?

 

La participation israélienne a commencé il y a dix-huit mois, quand la Colombie a demandé à Israël de l'aide dans sa lutte contre les FARC, spécialisées, comme on le sait, dans le commerce de narcotiques et le kidnapping pour obtenir des rançons. Auparavant, Israël avait déjà vendu à la Colombie des avions avec et sans pilotes (drones), des armes et, surtout des systèmes perfectionnés utilisés pour la collecte de renseignement. Par exemple, ce qui a permis de se substituer au téléphone satellitaire du nouveau commandant suprême des FARC pour donner l’ordre au geôlier en chef de rassembler trois groupes d’otages au même endroit …  Des anciens membres du Mossad ou du Shin Beth sont allés sur place pour contribuer à la formation des forces spéciales colombiennes.

 

Pendant ce temps, les structures politiques colombiennes, en commençant par le président du pays, tenaient bon face aux imprécations de tous les biens pensants qui leurs demandaient de céder aux FARC. Et assumaient leur volonté de ne pas se soumettre, ni aux vendeurs d’air fussent-ils des français de droite ou de gauche ni à ceux qui voulaient la destruction du pays pour en constituer un nouveau paradis communiste.

 

Juste avant que Nicolas Sarkozy -hommage du vice à la vertu- remercie Alvaro Uribe et l’armée colombienne pour la libération des otages, on avait l’impression qu’Ingrid Betancourt avait été libérée grâce aux actions des médias, de la famille et du gouvernement français. Mais on a pu observer, qu’une fois le discours du président passé, la vulgate dominante est restée la même … Et pour souligner l’implication de la France, les enfants français du soldat colombien, accompagnés du toujours disponible Bernard Kouchner, partent dans un Airbus spécialement loué vers Bogota pour embrasser leur mère. Qui reviendra avec eux aujourd’hui en France. Quand on  aime on ne compte pas mais, sans être pingre, on devrait se dire que par les temps qui courent cela doit faire beaucoup l’embrassade …

 

Ingrid Betancourt « rentre » en France. Pourtant elle a quitté ce pays, qui n’était qu’un intermezzo dans sa vie, pour se lancer dans la vie politique de son vrai pays, la Colombie. Elle voulait devenir sa présidente nonobstant le 1% des voix dont elle était créditée par les sondages quand, à ce titre (et non pas comme une vulgaire touriste) elle a été kidnappée par des bandes d’assassins pires que la lie de la terre. Mais qu’auparavant elle est allée voir pour les convaincre de participer à la création d’une nouvelle Colombie …

 

Il est humain de se réjouir de la libération d’un être des mains des assassins. Il ne peut pas être indifférent de voir à quel degré d’absurdité la diplomatie française (et ses patrons) est arrivée.

 

Si, au départ, on savait qui étaient les bons et qui étaient les brutes (rôles inter-changés dès la libération des otages) il n’était pas clair qui étaient les truands. Depuis hier on le sait. Au fait, qu’et-il devenu, Monsieur Chavez ? Allons, le colonel Kadhafi nous avait déjà fait comprendre que nos gouvernants ne sont que des sinistres plaisantins …

 

 

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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 07:40

Texte mis en ligne par Liberty Vox

Le Président Bush a déclaré « l'acquisition d’armes nucléaires par l'Iran est inacceptable» et pour qu’il n’y ait pas de malentendu, le Vice-Président Cheney dit « les Etats-Unis ne permettront pas à l'Iran d'acquérir des armes nucléaires ».  Juste avant son voyage en Israël le Président Sarkozy déclare au journal israélien Yedioth Aharonoth « La France fera tout afin d'empêcher l'Iran d’acquérir des armes nucléaires et … ceux qui réclament d’une manière indigne la destruction d’Israël se trouveront confrontés à la France … ». Pour ne pas rester en reste, Mme Merkel déclare à la Knesset « Pour moi en tant que chancelière allemande, la sécurité d'Israël ne sera jamais négociable »

Le temps des déclarations induit par la soixantième anniversaire de la renaissance d’Israël passera rapidement car les préoccupations, surtout, de l’Europe sont aujourd’hui uniquement liées au prix du pétrole et aux effets consécutifs sur le renchérissement des matières premières comme aux conséquences sur la croissance des économies du continent.

Les tenants de la Real Politik rappellent que l’Iran a comme principal partenaire commercial pour l'importation et l'exportation, l’Europe.
Selon les données de l’Union Européenne, en 2006, ses importations se sont montées à plus de 14,0 milliards d’euros, alors que la valeur des exportations  (avec l'Allemagne, la France et l'Italie menant la danse) s'élevait à presque 12,0 milliards d’euros. L'Iran est le quatrième plus grand fournisseur de pétrole de l'Europe. Et les mêmes soulignent qu’une détérioration des relations (sanctions contraignantes, voire une attaque militaire contre l’Iran) conduirait à une augmentation faramineuse du prix du pétrole et à la récession dans les économies occidentales.

L'Europe est donc celle qui tient à flots l’économie iranienne en considérant que cela a comme effet le maintien en état de sa propre économie. Tous les pays de l’Europe disposent d’ambassades à Téhéran, tous les aéroports d’Europe accueillent et font partir des vols vers Téhéran et … aucune voix ne s’est élevée contre la participation de l’Iran aux Jeux Olympiques. Pendant le régime d’apartheid, pendant 28 ans, on a interdit à l'Afrique du Sud de participer aux Jeux Olympiques et/ou à la coupe du monde (football). L'Iran, dictature des mollahs, régime religieux de ségrégation, pourrait être considéré come étant bien plus nocif. L’Europe ? Elle fait très peu ou rien pour isoler explicitement l'Iran. Pas plus que la Russie qui prétendant ne pas avoir des indications précises et fiables sur le programme nucléaire de l’Iran, attend que l’on trouve le « smoking gun ».

Au plan pratique attendre une « preuve irréfutable » veut dire en réalité que l’on consent à l’existence d’un Iran disposant de l'arme nucléaire. Il n’est pas difficile de comprendre, dans ce cas, qu’un prix du pétrole excessif et une croissance économique réduite ne sont pas nécessairement le mal le plus grand par rapport à un Proche Orient lancé dans une course aux armements nucléaires.

Mais si le monde (l’Europe en premier) peut attendre, deux pays ne le peuvent pas : les Etats-Unis et Israël. Autant pour des raisons liées à leurs propres relations qu’à celles de la communauté internationale. En effet, « Soixante ans daprès la reconnaissance diplomatique d’Israël par les Etats-Unis, tandis qu’Israël fait des efforts pour obtenir la paix avec la Syrie et contribuer avec l’Autorité palestinienne à la création d’un état palestinien, la perspective d’une République Islamique de l'Iran disposant d’armes nucléaires pourrait confronter les Etats-Unis et Israël au défi le plus sérieux de l'histoire de leurs rapports. (Washington Institute for Near East Policy’s Presidential Task Force on the Future of U.S.-Israel Relations – 2008).

Cela étant, embourbés, comme ils sont, en Irak, les Etats-Unis ne semblent pas être disposés à se lancer dans une nouvelle opération militaire, cette fois-ci, contre l’Iran. Et si c’est Israël qui s’en charge, le monde entier considérera que cela a été fait avec le consentement américain. D’où une certaine dégradation des relations entre les deux pays, dégradation qui a commencé à se faire jour avec la publication du fameux rapport du renseignement américain qui laisse croire que l’Iran a abandonné le programme nucléaire militaire en 2003 … Rapport que les services de renseignement israéliens ont mis en pièces jusqu’à faire E. Barak déclarer au Monde « Le rapport des services secrets américains était faux, point final, et je suis confiant : nous le démontrerons avec le temps ». 


L’Europe convient que l'Iran est une menace, et que ses efforts tranquilles vers l’énergie nucléaire civile est une feinte. Mais que faire ?  Depuis bientôt sept ans l’Europe parle gentiment à l’Iran avec l’espoir qu’il abandonnera son programme fortement soupçonné d’être militaire. Elle espère que par une sorte de miracle, l’on obtiendra un plan d'action ferme en dehors du Conseil de Sécurité de l’ONU (la Russie et la Chine bloquant toute action sérieuse). Peut-être.


Malheureusement toutes les discussions habituelles (avec ou sans l'ONU) ressemblent à  « jouer du violon tandis que Rome brûle » (Néron)  sauf que cette fois-ci Israël va brûler si quelque chose n'est pas fait. Le monde libre, les héritiers des Lumières, doivent-ils attendre pour voir si M. Ahmedinejad est sérieux quand il parle « d’éradiquer Israël de la carte » ?

Oui, dit le Prix Nobel El-Baradeï. Et il met sa démission de responsable de l’AIEA en jeu … « Ce que je vois en Iran aujourd’hui c’est un danger grave et urgent. Si une frappe militaire est effectuée contre l'Iran actuellement… elle me rendrait incapable de continuer mon travail » (déclaration à la chaîne de télévision Al-Arabiya). AIEA qui n’a rien su du programme nucléaire iranien pendant dix-huit longues années avant qu’il soit dévoilé par des dissidents iraniens. Ou du programme nucléaire libyen, découvert par la CIA et des « services » européens. Ou du marché noir crée par A.G. Khan, père du programme nucléaire militaire du Pakistan qui a fourni la Corée du Nord, l’Iran, la Libye en utilisant des sociétés européennes et des cadres suisses au-dessus de tout soupçon … 

Et comme il n’est pas à une contradiction près, il ajoute  « Une frappe militaire, à mon avis, serait plus mauvaise que n'importe quoi. …elle ferait que la République islamique soit encore plus déterminée pour devenir une puissance nucléaire.  Si une frappe militaire est lancée, elle signifiera que l’Iran, s’il ne vise pas déjà les armes nucléaires, se lancera d’une manière accélérée vers leur acquisition avec la bénédiction de tous les Iraniens, peut-être même avec celle de certains pays de l'Ouest. » Voilà l’homme qui est censé assurer la communauté internationale du respect, par tous les pays signataires, du pacte de non-prolifération … Confronté au refus des dirigeants iraniens de s'expliquer sur la militarisation présumée de leur programme, M. El-Baradei a uniquement regretté leur silence bien que des rapports des services de renseignement, venant de dix pays, accusent Téhéran de mener des études sur la mise au point d'armes nucléaires, en particulier sur le façonnage d'ogives et l'adaptation du missile Shahab-3.

Missile Shahab-3 dont l’ogive est transformé pour recevoir une tête  nucléaire (Federation of American Scientistes)

Alors ? Les Etats-Unis ne feront rien. Au moins pas pendant les huit derniers mois de la présidence Bush. Et à voir l’insistance qu’ils mettent à forcer Israël à accepter la création d’un état croupion, potentiellement terroriste aux ordres de l’Iran (comme le Liban, aujourd’hui, comme Gaza, hier déjà), on peut supposer qu’ils s’opposeraient à une action israélienne propre. La France ne fera rien. Elle n’a plus les moyens d’entretenir son armée, des cohortes de chars d’assaut sont en train de rouiller car … pas de combustible pour les faire tourner (sur quel théâtre d’opérations ? contre quel adversaire ?) et son aviation comme sa marine sont en réalité des vestiges d’une gloire ancienne. L’Allemagne ? Allons, donc.

Reste Israël. Plusieurs questions se posent si l’on envisage une action préventive israélienne. Dispose-t-elle de renseignements suffisants pour choisir le minimum de cibles qui feront un maximum de dégâts avec un minimum de dommages collatéraux (population) ? A-t-elle les moyens technologiques pour que l’action soit couronnée de succès ? Que se passera-t-il « le jour d’après » ?

Tout d’abord, on comprend qu’une action israélienne transformerait un problème mondial (le non respect par l’Iran des conditions posées par le traité de non prolifération, par lui acceptées – un programme caché pendant plus de 18 années) en un différend israélo-iranien. En laissant de côté le fait qu’Israël se trouve, en réalité, en légitime défense vue la menace potentielle iranienne et la rhétorique journalière du clown halluciné qui attendant le 12ème imam veut faire disparaître Israël. Comme de la menace permanente des supplétifs de l’Iran armés jusqu’au dents par ce pays : Hezbollah – disposant de plus de 30.000 fusées à courte portée maintenues dans un nouveau système de bunkers vis-à-vis duquel le mur de l’Atlantique n’était qu’un château de sable … et Hamas qui vient d’obtenir une « trêve » dont le but essentiel est de se refaire l’arsenal et de former une nouvelle chair à canons.

Croquis (Debka) montrant des bunkers du Hezbollah construits au nez et à la barbe de la force FINUL censée interdire la reconstitution des forces de cette organisation terroriste (Résolution 1701 du Conseil de Sécurité). 

Néanmoins, le premier résultat d’une action israélienne sera que le monde entier trouvera une nouvelle raison pour être contre Israël. Encore que … on a vu le silence assourdissant des principaux pays arabes qui a suivi trois évènements majeurs : la destruction du tiers de l’infrastructure du Liban suite à la guerre initiée par le Hezbollah, le meurtre (crédité au Mossad), en Syrie, du principal assassin de cette organisation (ayant figuré sur la liste de tous les services occidentaux, y compris de la DGSE, pendant plus de 20 ans) et la destruction d’un site nucléaire syro-nord-coréen par l’aviation israélienne. Mais les réactions de la rue arabe qui sera accompagnée de toutes les gauches du monde en train de devenir, elles aussi, islamo-fascistes seront redoutables …

Israël est, probablement, le pays qui sait le plus de ce qui se passe en Iran. Aussi parce que pour une partie de sa population la langue perse et ses multiples dialectes n’a pas beaucoup de secrets. Il est fort probable que sa liste de cibles dispose d’une fiabilité suffisante pour infliger un maximum de dégâts, pas nécessairement à tous les sites nucléaires connus, surtout pas à ceux qui sont enterrés sous des montagnes (comme Natanz où l’on fait l’essentiel de l’enrichissement de l’Uranium). Probablement, surtout, aux sites clandestins peu ou pas du tout connus du monde. Non plus à ceux qui sont en train d’être assurés d’une défense anti-aérienne et anti-missiles supposée à toute épreuve que la Russie installe à grande vitesse (systèmes Pantsir-1, S-300, j’en passe et des meilleurs). Un certain doute peut subsister quant aux renseignements détenus par Israël mais … ce pays a toujours laissé une part à l’improvisation !

La deuxième question peut recevoir une réponse positive sans aucune ambigüité. Certes, la distance à parcourir  pour une flotte aérienne est de l’ordre de 1.500 km si elle décolle des bases israéliennes. Mais beaucoup moins pour des missiles de croisière pouvant prendre leur envol à partir de sous-marins judicieusement positionnés dans le Golfe Persique ou la Mer d’Oman.


       Frappe militaire israélienne possible contre l’Iran (Tribune de Genève)


Le monde entier a été surpris par le bombardement du site nucléaire syrien en septembre 2007. Ce qui a retenu l’attention des spécialistes militaires c’est le fait que l’escadrille de F-15 qui a effectuée le raid n’a été détectée à aucun moment ni par la Syrie mais ni par la Turquie, pays de l’OTAN disposant de systèmes de détection les plus perfectionnés … La Turquie n’a appris du raid qui pourtant à survolé son territoire que le fait que des réservoirs supplémentaires y ont été largués par les avions israéliens. Ce qui rappelle le bombardement du siège de l’OLP à Tunis par la même aviation plus de 25 ans auparavant quand elle a traversé la Méditerranée d’Est en Ouest, sur toute sa longueur sans que la Grèce, l’Italie, la France ou l’Espagne aient vu quelque chose … En clair, Israël semble disposer de ce qui est nécessaire pour rendre son aviation parfaitement invisible à ceux qui ne doivent pas la voir.


On vient d’apprendre, par une « fuite d’un officiel américain » (?!) qu’Israël a effectué un exercice militaire important pendant la première semaine de juin ; aussi que les sources américaines indiquent qu’il s’agissait, apparemment, d’une une répétition pour une attaque potentielle sur les emplacements nucléaires de l'Iran. Plus de 100 avions de combat F-16 et F-15 d'IAF ont participé à l'exercice, qui a été effectué au-dessus de la Grèce méditerranéenne et la Méditerranée Orientale. L’exercice a également inclus des hélicoptères de sauvetage et des avions ravitailleurs, tous ayant fait un parcours d’environ 1.500 km. Comme par hasard,  la distance qui sépare Israël du site nucléaire de Natanz où l’on enrichit l’Uranium. Trois observations : (a) le pourquoi de la fuite américaine quand l’exercice n’était connu qu’à la Grèce (une quarantaine d’avions israéliens F-15 et F-16 se trouvaient sur la base aérienne Souda, dans  l'île de Crète pour la durée de l'exercice) ; (b) le commentaire acerbe immédiat de la Russie à travers son Ministre des Affaires Etrangères qui, n’ignorant pas l’incapacité des équipements russes à détecter les mouvements de l’aviation israélienne, clame « ni Israël ni les Etats-Unis n'ont produit la preuve que l'Iran développait des armes nucléaires et dès lors le sujet doit traité par la diplomatie et des discussions avec Téhéran » ; (c) l’évidente surprise des mollahs qui, tout en sortant les antiennes habituelles sur « l’entité sioniste » semblent commencer à comprendre que laissée seule et ne prenant pas au sérieux les paroles de MM Bush, Sarkozy ou de Mme Merkel, Israël se prépare au pire -pour eux.


Résumons : à juste titre, la communauté internationale est inquiète
des activités nucléaires de l'Iran. Bien que la République islamique insiste sur le fait qu'elle est seulement intéressée par la technologie nucléaire pour disposer de combustible pour les centrales nucléaires (qui lui font défaut pour l’instant …), l’AIEA a récemment signalé que l'Iran a bloqué ses tentatives d'étudier ce que sont les divers composants trouvés et semblant faire partie d'un programme d'armes nucléaires. Et la question qui reste posée au monde est de savoir ce qu’il faut faire.


Le monde ne sait pas quoi faire pour arrêter la marche de l’Iran vers la bombe. Israël semble le savoir et se prépare pour. Et selon un autre « officiel » américain commentant le même exercice aérien « 
Ils ont voulu que nous le sachions, ils ont voulu que les Européens le sachent et ils ont voulu que les Iraniens le sachent aussi »

 




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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 11:46
Texte publié par Liberty Vox le 09.06.08

 

Premier chef d’état étranger à se rendre au Liban après «l’élection» du Général Sleimane, notre Président a pris dans ses bagages les éminents représentants de la classe politique, de droite, du centre et de la gauche. Sauf Olivier Besancenot, Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers, c’est toute la France officielle qui s’est précipitée à Beyrouth pour frapper du sceau de l’honorable le coup d’état du Hezbollah réalisé sous les ordres de l’Iran et de la Syrie. La France pouvait choisir entre le déshonneur et la guerre, elle a choisi le déshonneur et elle a eu la guerre disait Churchill en 1939. On devrait paraphraser ce dicton et dire : La France pouvait choisir entre la majorité anti-syrienne et le déshonneur, elle a choisi le déshonneur …

Car c’est quoi moins que le déshonneur, pour le pays qui a créé le Liban, quand on accepte la mainmise du Hezbollah sur ses destinées. C’est quoi moins que le déshonneur pour le pays qui a imposé la résolution 1701 (désarmement du Hezbollah) que d’accepter un président après que les trois conditions posées par l’Hezbollah (droit de véto au gouvernement, réseau de communications hors du contrôle de l’Etat Libanais, contrôle de l’aéroport de Beyrouth) eussent été «légalisées» par un accord obtenu par le Qatar ? C’est quoi moins que le déshonneur que de ratifier la mainmise de la Syrie sur le Liban après avoir été éconduit au bout d’un chemin à Damas effectué par deux «hauts» émissaires, vu que notre ministre des affaires étrangères n’a pas réussi à y aller ?

65 morts provoqués par le Hezbollah pour obtenir ce qu’il demandait en utilisant les armes de «la résistance contre Israël». Et notre Président qui disait «je ne serrerai pas a main des ennemis d’Israël» rencontre les dirigeants de 14 partis libanais, Hezbollah y compris. Et il reste de glace quand le nouveau président libanais, en réalité, nommé par l’Iran et la Syrie, après avoir clamé dans son discours d’investiture «Le Liban n’a qu’un seul ennemi, Israël ; le peuple libanais dans son ensemble soutient le conflit armé avec l’entité sioniste», lui demande l’aide pour «récupérer son territoire occupé et assurer le retour des «réfugiés» palestiniens dans «leur pays occupé». Le territoire occupé du Liban ? Les Fermes Shebaa que le président précédent avait accepté après de longues discussions avec l’ONU de considérer comme appartenant à la Syrie (tracé de la ligne bleu). Mais qui «justifie» la «résistance» du Hezbollah. Le pays «occupé» des réfugiés palestiniens ? Israël.

Pendant que l’échelon politique dépensait l’argent de la République à Beyrouth, notre ministre des Armées reprenait une partie du message présidentiel pour dire «il s'agit désormais d'œuvrer pour que le dialogue qui a été entamé entre toutes les parties débouche sur une normalisation durable de la situation politique au Liban et dans la région". "Dans ce contexte fragile, la mission de la Finul est difficile" appelant à "redoubler d'efforts pour aider l'armée libanaise à assurer, seule, le contrôle du Liban sud, à lui faciliter le plein exercice de la souveraineté libanaise dans cette région si sensible». La Finul qui ne contrôle rien car le territoire qui lui est affecté n’est rien d’autre que celui où le Hezbollah règne en maître et où il a reconstitué, et au-delà, sa puissance de frappe.

Pourquoi ? Comment la France est-elle descendue si bas ? Comment peut-elle croire qu’elle gardera encore quelque respect du côté de ceux qui ont été sacrifiés sur l’autel de ses propres ambitions ?

La première explication, le projet d’Union Méditerranéenne. Notre président veut qu’il constitue sa grande œuvre et pour cela il a besoin que le dictateur syrien y participe. Et avec lui tous les autres chefs d’état arabes plus ou moins démocrates (mais qui s’en soucie ?). Mais… comme lesdits chefs d’état ne veulent pas d’une participation israélienne, notre Sarkozy national est soucieux car il s’agit de lancer le projet à Paris le 13 juillet et inviter tout le monde à parader le 14…

La deuxième explication, détacher la Syrie de l’Iran en lui reconnaissant le droit d’ingérence au Liban et en lui promettant un accord d’association avec l’Europe. Accord que notre Président poussera pendant tout le temps que la France assurera la présidence de l’Europe. Le drame qui se joue cependant dépasse par ses implications la diplomatie aux petits pieds de nos diplomates.

L’Iran dont l’ambition première, par delà son objectif géopolitique de devenir la première puissance du Proche-Orient, est de détruire Israël, a appris la leçon de la dernière guerre mondiale : personne n’a levé son petit doigt pour sauver les juifs des nazis. Et l’Iran sait qu’avec suffisamment d’avantages matériels offerts au monde, l’histoire se répétera. En attendant, l’Iran a besoin de temps pour devenir puissance nucléaire. Temps qui lui a été octroyé par l’Europe (Jack Straw pour l’Angleterre, Jaques Chirac pour la France et Yoshka Fischer pour l’Allemagne). Sept années de discussions stériles pendant lesquelles l’Iran n’a rien concédé, n’a renoncé à rien et surtout pas à sa marche forcée vers la bombe. Nicolas Sarkozy, dès son élection, indique que l'Iran nucléaire est «inacceptable» et demande aux sociétés françaises de ne plus faire des affaires avec la République islamique.

Mais ces sociétés ont investi des dizaines de milliards de dollars en Iran. Total continue à espérer la réalisation d’un projet de plusieurs milliards de dollars pour développer les gisements de gaz naturel de l'Iran, deuxièmes plus grands du monde. Mme Merkel s’est engagée «à jeter un nouveau coup d'oeil» au commerce avec l'Iran. Mais pendant que Berlin a coupé quelques crédits à l'exportation, environ 1.700 compagnies allemandes maintiennent un commerce annuel de 5 milliards de dollars avec l'Iran. Gordon Brown pour la Grande-Bretagne indique que Téhéran ne devrait pas douter «du sérieux de notre but» en parlant de l’arrêt des efforts pour acquérir l’arme nucléaire. En attendant, Londres offre des crédits à l'exportation qui assurent plus de 1 milliard de dollars dans le commerce annuel de la Grande Bretagne avec l’Iran. Silvio Berlusconi, de retour au pouvoir, veut que l'Italie se joigne aux entretiens nucléaires avec Téhéran tout en protégeant son commerce annuel de 7 milliards de dollar qui fait de l’Italie le premier partenaire commercial européen de l’Iran. La Suisse signe un contrat gazier pluriannuel de 22 milliards de dollars. L’Autriche fait de même pour presqu’autant.

«La politique de l'Europe est schizophrène : juste assez de soutien aux sanctions imposées sous la pression des États-Unis, mais sans trop affecter les relations commerciales ou risquer la rupture avec l'Iran» explique Charles Powell, un ancien conseiller pour les affaires étrangères de Margaret Thatcher. «L’Europe fait semblant d’agir mais en réalité elle attend des changements politiques qui pourraient intervenir en Iran ou à Washington».
Et le toujours ineffable Javier Solana d’aller de nouveau à Téhéran pour proposer, à répétition, un paquet d’offres économiques identique à celui que l’Iran a rejeté il y a deux ans… A l’encontre du mot de Hemingway, l’Europe montre en permanence qu’elle confond le mouvement avec l’action.

Mais que se passe-t-il dans cette Europe dont la France prendra la présidence le 1er juillet ? Tout d’abord une décomposition induite par la politique d’apaisement et, finalement de collaboration avec les ennemis déclarés. Les faiblesses des démocraties occidentales aidant, leurs centres de résistance (nation, patrie, culture) sont détruits patiemment avec l’aide des dirigeants «réalistes» qui empêchent de se manifester l’instinct de conservation nationale. La France et l’Angleterre ont trahi la Tchécoslovaquie, on connaît la suite.

Les idées de liberté, coopération universelle et amour planétaire, qui sont devenues de vulgates dominantes en Europe ont toujours été exploitées par ceux qui n’ont de cesse que de les détruire. Et on ne veut pas appeler un chat un chat en s’attaquant à tous les profiteurs des situations confuses, les dirigeants des sociétés industrielles (propriétés des Etats ou privées) qui ne s’occupent pas de géopolitique mais uniquement de leurs profits immédiats ou à venir. Total, (ou les pétroliers ou gaziers italiens et autrichiens), les politiciens véreux (voir les diplomates français bénéficiaires de bons de pétrole offerts par Saddam Hussein pour services rendus, ou autres), les maîtres chanteurs déguisés en journalistes de la presse libre mais uniquement bienveillante pour ceux qui n’acceptent pas la liberté de la presse, les chaînes de télévision qui contribuent à inciter contre ceux qui ne sont pas pauvres ou humiliés ou détenteurs du progrès historique (voir Al Dura et Fr2), bref tous les profiteurs qui se soucient du pays comme d’une guigne quand il s’agit des honneurs et profits personnels. Et après eux… le déluge !

Comment comprendre autrement la descente aux enfers de la France ? Naturellement, des philosophes, politologues et autres laveurs de cerveaux, qui ont à peine plus de 18 ans mais les cheveux longs, la moustache bien taillée et un «mental» d’enfant handicapé, sans s’en rendre compte se sont transformés en «5ème colonne» de ceux qui veulent nous détruire et, finalement, les détruire. Pourtant, l’histoire n’arrête pas de nous apprendre qu’il n’y a pas en réalité de «gauche» ou de «droite» : il y a humanisme ou totalitarisme. La dernière fois que cela a été évident, cela a donné la deuxième guerre mondiale. Et quand on regarde les résultats de tout ce que les Administrations américaines, démocrates ou républicaines, ont fait avec l’Iran, on reste coi. Kennedy qui a poussé le Shah vers la démocratie avec comme résultat la création de l’opposition de l’Ayatollah Khomeini. Nixon qui, occupé par le Vietnam, pousse l’Iran à devenir une superpuissance régionale en l’armant jusqu’aux dents. Carter qui a poussé le Shah de nouveau vers la démocratie : la révolution islamique n’a pas attendu une autre occasion, elle a trouvé dans les arsenaux iraniens toutes les armes qu’elle pouvait souhaiter pour se lancer dans une guerre meurtrière contre l’Irak. Et l’Europe ? Sept années de négociations, qui ont servi à faire avancer ses projets nucléaires pour l’Iran, mais à rien pour l’Europe.

C’est à cet Iran-ci que notre président abandonne le Liban. Et à la Syrie qui vient de faire semblant de commencer des «négociations indirectes» de paix avec Israël. Hosanna, dit notre président à Beyrouth. Tandis que le ministre des armées syrien va à Téhéran pour expliquer que «l’Iran et la Syrie ne perdent rien, tandis que la Syrie peut gagner beaucoup de l’Europe et des Etats-Unis». Négociations de paix ? La stratégie de la Syrie est parfaitement claire : négocier, obtenir le Golan et attendre, même cent ans, pour finalement faire disparaître Israël. C’est à cette Syrie-là que notre président vient d’abandonner le Liban. Tout en se préparant pour aller à Jérusalem le 22 juin pour assurer ce pays de l’amitié indéfectible de la France. Tandis que le 17 juin un rapport sur les agissements des services secrets russes en France sera rendu publique et montrera, entre autres, l’étendue de la coopération Russie – Iran – Syrie – Hezbollah ! Je vois les sourcils s’élever car la liaison avec le sujet traité n’est pas évidente.

Pourtant, si. Selon des soupçons se faisant jour, des informations sensibles concernant les systèmes de communication par fibres optiques ont été volées aux États-Unis et transférées au SVR russe qui les a mises à la disposition de l’Iran, dans le cadre de la coopération militaire avec Téhéran, ce dernier s’étant engagé à ne pas transmettre les informations à un tiers. Le réseau des communications du Hezbollah installé par des techniciens iraniens en a profité, c’est la raison pour laquelle il a constitué une des conditions dans le bras de fer gagné par le Hezbollah. La France s’inquiète car elle utilise les mêmes technologies… La Russie aussi car cela pourra compliquer à l’avenir ses relations et avec l’Iran et avec les Etats-Unis et… aussi avec la France. La récente visite de Monsieur Poutine en France, semble-t-il, n’a pas été étrangère au souhait russe de trouver une solution discrète à ce qui montre, une fois de plus, le parasitisme russe qui se nourrit de l’incompréhensible irresponsabilité de nos dirigeants. «Nous ne trahirons pas les générations futures en permettant à l'Iran de se doter d'armes nucléaires. L'Iran constitue un souci particulier, car il s’agit d’un proliférateur potentiel et d’un commanditaire actif de la terreur qui n’hésitera pas à mettre son potentiel d’armes de destruction massive à la disposition de groupes de terroristes». Mais cela n’est dit que par John Mc Cain tandis que l’Europe a choisi comme candidat pour les présidentielles américaines Barak Obama…


© Martin Birnbaum pour LibertyVox

 

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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 20:40

De qui se moque-t-on ?

A peine s’est-il préparé à quitter Israël que la nouvelle de « l’accord de Doha » (capitulation sans conditions des « gouvernementaux » après le coup de force du Hezbollah à Beyrouth, capitulation saluée comme il se doit par la France) que voilà notre ministre des affaires étrangères supplier le ministre des affaires étrangères de la Syrie (?!) de le rencontrer. Mais ce dernier … avait un programme trop fourni ce qui fait qu’ils se sont rencontrés à l’ « l’élection du Président du Liban » (élection ? plutôt sacre du commandant de l’armée dont le dernier fait de gloire a été de ne pas obéir aux ordres du gouvernement légal qui l’a nommé …).

Juste avant de quitter Israël, avec la probité intellectuelle qu’on lui connaît, en regrettant qu’Israël n’allège pas les contrôles en Cisjordanie,  a déclaré à Ramallah « Israël doit et peut faire beaucoup plus sans mettre en danger sa sécurité». Il le sait, lui, qui suit les événements sur e terrain, formation de médecin sans frontières oblige.

Quelques jours plus tôt, un camion chargé de 4,5 tonnes d’explosifs a été lancé, avec son assassin suicidaire, contre le terminal de Erez, par là où passent les convois de camions apportant du combustible ou des denrées alimentaires aux pauvres palestiniens de Gaza. Israël est condamné par la communauté internationale pur ne pas faire assez pour les populations gazaouïtes. Et le sénile ancien président des Etats-Unis (« le cerveau cacahouète », Jimmy Carter) de dire au monde entier que « ce qui est fait par Israël à Gaza est un des pires crimes humanitaires actuels »

Pendant ses deux jours de présence en Israël, les Palestiniens ont utilisé des mortiers, des armes antichars et des mitrailleuses lourdes contre des forces israéliennes et des endroits civils. Mercredi dernier, rien que dans la matinée, 10 missiles Qassam ont été tirées contre Sderot et Ashkelon. Mais, vu que les deux parties de l’humanité ne sont pas égales et que la partie palestinienne est plus égale pour Bernard Kouchner, il n’a pas regretté les attaques de Gaza. Comme il n’a pas eu l’élégance (ou le courage) d’aller expliquer aux habitants de Sderot pourquoi Israël devait faire « beaucoup plus ». Mais il a noté l’invitation du Hamas d’aller à Gaza : Le gouvernement du Hamas à Gaza a appelé le samedi 24 mai le ministre des affaires étrangères français Bernard Kouchner pour venir visiter le territoire pour se renseigner sur la douleur de ses habitants. Taher Al-Nounou, un porte-parole du gouvernement a indiqué à la presse que l'invitation « a été motivée par la position morale de la France » ce qui s’est reflété dans toutes les remarques de Kouchner. Kouchner, qui visite l'Israël et la Cisjordanie depuis mardi, a critiqué l'expansion des agglomérations israéliennes en Cisjordanie et les restrictions que l'Israël impose au libre mouvement des Palestiniens » Quand une organisation terroriste apprécie les positions d’un ministre des affaires étrangères de la France, il pourrait y avoir comme quelque chose de pourri dans notre royaume de France et de Navarre …

Ce n’est pas tout. Hier, à l’occasion de la fête « Israël – 60ème anniversaire » (Trocadéro), notre président s’y rend en accompagnant Mme Livni. Naturellement, les deux choses sont passées sous silence par la presse française. Et le président de confirmer au ministre israélien que « les contacts avec le Hamas ont été une gaffe ».

De deux choses l’une : soit B. Kouchner croit (comme il l’a affirmé la semaine dernière, que « La France doit parler à tout le monde » en confirmant y avoir envoyé à Gaza un ancien ambassadeur en Irak) et dans ce cas il est en contradiction avec la vision du président ; soit il constate que la parole présidentielle lui rabat son caquet. Dans les deux cas, si sa carapace de transfuge de la gauche vers la soupe de la droite n’était pas ce qu’elle est, il devrait quitter son ministère.

Mais qu’est-ce qui fait courir B. Kouchner ? Pourquoi néglige-t-il (comme toutes les gauches) ce qui se passe en Chine, au Soudan, au Zimbabwe ou en Corée du Nord ? Pour quelles raisons est-il allé, toutes affaires cessantes, donner l’accolade à l’ineffable Chavez, bientôt porte-drapeau des révolutionnaires anti-américains du monde entier ?

 
Mais il y a plus … Toute honte bue, il va à Beyrouth et obtient une rencontre avec le ministre des affaires étrangères de la Syrie. Auquel il fait miroiter la possibilité d’une fin de l’isolement et du boycott diplomatique européen. Et de lui dire que la France veut œuvrer pour un accord d’association de la Syrie avec la Communauté Européenne et voudrait bien aller à Damas pour y parler de ces sujets. Etait-il en service commandé ? Après avoir constaté que ses émissaires (Claude Guéant et Jean-Paul Levitte) avaient été éconduits par Bachar El Assad, Nicolas Sarkozy veut-il reprendre le chemin de Damas ? Mais la Syrie (souvenez-vous du proverbe arabe « la Syrie avale l’appât et pisse sur l’hameçon ») … ne se satisfait pas des promesses françaises car elle escompte de plus grandes récompenses diplomatiques dans un avenir proche suivant l'accord au Liban et les pourparlers indirectes de paix avec l'Israël.
 

oooooooooooo

Jean-Claude Trichet, président de la Banque Centrale Européenne, déclare au Yedioth Ahronoth qu'il croit que l'économie israélienne est la plus performante au monde aujourd'hui : « Je suis stupéfié par les performances de l'économie israélienne » dit-il en ajoutant  que le marché israélien est « en meilleure position pour récolter les fruits de la globalisation que quiconque et n’est pas affecté par la crise des « subprimes ».

Et pourquoi les palestiniens ont-ils suivi la voie du suicide national depuis le plan de partage de l’Onu de 1948 ? Pourquoi n’ont-ils "jamais raté une occasion de rater une occasion" ? Pourquoi, tout en recevant des aides de plus de 1.000 milliards de $ depuis 1948, n’ont-ils fait même pas ce que le Timor Oriental a fait depuis qu’il est devenu indépendant  ?

La vérité est que le monde civilisé se fait toujours des illusions au sujet d'un état de droit dans un environnement totalement dépourvu de droits. Ce qui prime dans la région c’est l’islam : une idéologie qui présuppose et réclame la suprématie par rapport à la culture occidentale. Il ne s’agit pas d’une religion de paix, elle est impitoyable. Les actes terroristes perpétrés par ses séides ou ceux qui se réclament d’elle sont légion et  témoignage de ce qui peut être…

Pourtant des terroristes on en trouve au Pérou, en Colombie, en Somalie, en Indonésie ou en Thaïlande ou même en Tchétchénie. Mais l’attention du monde est uniquement concentrée sur ce qui se passe au Moyen-Orient, certains ayant « compris » et d’autres ayant approuvé les assassins et/ou pirates de l'air palestiniens. Pas seulement parce qu’ils sont arrivés à perturber le mode de vie occidental. Surtout parce que ce monde occidental, gavé de théories « oppresseur/oppressé » et de la quête permanente de « l’apaisement » est prêt à n’importe quel compromis pour assurer sa quiétude, fût-il sur le dos d’Israël.

Le jour du jugement dernier, à part l’explication par l’islam, les gauches du monde entier et, sans doute B. Kouchner aussi, auront à donner des comptes.

Jusque-là … regardez B. Kouchner dire le droit et avertir le monde, enfin, à ceux qui l’écoutent encore. 

                                   

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Published by martin - dans France
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