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14 janvier 2008 1 14 /01 /janvier /2008 16:41

Texte (enrichi) publié par Liberty Vox

A peine l’agression du Hezbollah contre Israël avait-t-elle été arrêtée en 2006, par « la communauté internationale », que l’on avait convoqué une « conférence des donateurs » à Stockholm : il fallait reconstruire le Liban, tout le monde devait mettre la main à la poche pour effacer les effets de la réaction « disproportionnée » d’Israël. Cela ne vous rappelle rien ? 

L’onde de choc de la prise de pouvoir par le Hamas à Gaza à peine atténuée, la volonté (le besoin ?) des Etats-Unis de réunir les pays arabes « modérés » autour d’un objectif commun (faire pièce à l’Iran) comportant comme contrepartie l’accélération du « processus de paix » israélo-palestinien visant la création d’un Etat palestinien et voilà la conférence d’Annapolis. Conférence à peine terminée que des « pays donateurs » (90 au dernier comptage) se réunissent à Paris et décident de faire don de 7,4 Milliards de $ à l’Autorité Palestinienne dirigée part le Fatah de M. Abbas. Cela ne vous rappelle rien ? Si, le Fatah qui avait perdu les élections en 2006 car, selon Bruxelles,  ils avaient fait montre de « corruption et incompétence ».  
A peine la conférence de Paris terminée que voilà la visite historique de George W. Bush en Israël et à Ramallah pour « accélérer » le processus de paix. Et on annonce déjà une conférence à Londres. Cela ne vous rappelle rien ? Si, car « la communauté internationale ne saurait abandonner les pauvres palestiniens qui souffrent, fussent-ils à Gaza » (Mme Fererro - Walder, Commissaire Européen). 
Essayons d’y voir plus clair. Qui sont ceux dont la communauté internationale a pris la charge et qui reçoivent une aide par tête dix fois plus grande que n’importe quelle peuplade malheureuse de la terre ?

Les réfugiés palestiniens … Prenons comme source l’Agence créée en 1948 (UNRWA) pour s’occuper des personnes déplacées au moment du partage par l’ONU de l’ancienne Palestine en deux territoires pour deux états (juif et arabe, les palestiniens n’existaient pas encore …) et regardons ce qui s’est passé depuis.

Deux chiffres ont eu cours pour évaluer le nombre de personnes déplacées : 726.000 pour l’ONU en 1949 et 950.000 pour l’UNRWA. Prenons la moyenne, 840.000 personnes qui au lieu de rester sur le territoire qui leur avait été attribué sont parties (ou ont été expulsées) un peu partout dans les pays arabes limitrophes. En 1967, après la perte de la Cisjordanie (annexée par la Jordanie en 1950) suite au déclenchement de la guerre de six jours par les pays arabes, 300.000 personnes déplacées de plus.                                  Copie-de-R--fugi--s-palestiniens.gif         
En 60 ans les « réfugiés » palestiniens ont vu leur nombre multiplié par 5,41 ce qui indique une moyenne de la croissance annuelle de 2,95 % (5 fois plus grande que celle de la France). A ce rythme, cette population qui a doublé en 25 ans (1982 – 2007) doublera encore une fois en 23 ans, avant 2030, c'est-à-dire demain car elle n’a aucun souci à se faire quant à sa subsistance : la communauté internationale y veille et pourvoira ...

Jenin 2002, vous vous souvenez ? Après les combats (dont M. Terje-Larsen, représentant de K. Annan avait dit qu’il n’avait rien vu d’équivalent depuis la deuxième guerre mondiale … le pauvre, la Norvège dont il est citoyen a eu l’avantage d’être gouvernée par Quisling, nommé par les nazis …) il restait un champ de ruines. Les Nations Unies ont reconstruit les maisons qui avaient été détruites dans le combat, gratuitement, pour les Palestiniens, engageant une compagnie britannique pour construire des maisons de type urbain anglais de avec le chauffage central et tous agréments modernes.

L’UNRWA a été créée pour assister les pays du Proche Orient, vers lesquels les personnes déplacées se sont dirigées, en vue de leur intégration. Détournée de son objectif, pour des raisons politiques tenant à la volonté des pays arabes de maintenir une « épée de Damoclès » au-dessus d’Israël (via un hypothétique droit au retour), cette agence a absorbé, peu ou prou, quelques 25 à 30 Milliards de $ pendant la période considérée. Le budget de l’UNRWA s’établit, bon an, mal an, à plus de 400.000.000 $. Mais, à partir du moment où -à tort- on a cru que le conflit israélo-palestinien qui perdurait pouvait se résoudre selon la formule « paix contre territoires » soit à partir des accords d’Oslo, on a crée l’Autorité Palestinienne. Et naturellement, les donateurs se sont empressés à la subventionner : environ 500.000.000 € tous les ans venant de l’Union Européenne et environ 250.000.000 de $ venant tous les ans des Etats-Unis. Depuis, les palestiniens de Gaza et de Cisjordanie ont absorbé quelque 15 Milliards de $ et si on ajoute les apports de l’UNRWA on arrive à un total se trouvant entre 40 et 50 Milliards de $ depuis la création de cette catégorie particulière de « réfugiés ». Et cela continue car à Paris, en décembre la communauté internationale s’est engagée à donner encore 7,5 Milliards de $ pendant les trois années à venir (ce qui fait environ 1.450 $ par personne et par an pour les populations de la Cisjordanie et de Gaza réunies). On remarquera que les principaux donateurs sont les occidentaux (en laissant de côté le Japon, par exemple) et ne comptent pas parmi eux les pays arabes pétroliers dont les ressources tirées du pétrole on dépassé sur les 60 dernières années plus de DIX MILLE MILLIARDS de $.
 
La création d’Israël, appelée par eux la « nakba » (la catastrophe) a donc crée une catégorie spéciale de la population mondiale, les palestiniens, qui vit en parasite sur la communauté internationale. Et l’on ne compte pas les dépenses induites par la gestion dans le cadre des institutions de l’ONU (comités, commissions, départements, agences, etc.,) de ces populations. UNRWA seulement, emploie 27.000 « fonctionnaires ». Et l’on ne sait pas que, grosso modo, le tiers des autres « fonctionnaires palestiniens » (160.000 pour une population de moins de 2 millions, soit 8%, taux inconnu dans aucun pays du monde …) sont des « militants » du Hamas qui, naturellement, militent pour la destruction d’Israël ce que la communauté internationale regrette. Mais l’UNRWA sert aussi à autre chose : un drone de l’armée israélienne surveillant Gaza a détecté à Beit Hanoun des tireurs de Qassam dans le jardin d’une école de l’Agence. La directrice de l’Agence a fait publier un communiqué selon lequel « L’agence proteste contre toutes les actions militaires dont elle est l’objet » Le nom de cette directrice ? Karen Konning- Abu Zayd …

Jusqu’à quand tout cela ? Que l’on se rassure, l’ONU et UNRWA sont prévoyants : un plan à moyen terme a fixé les budgets de l’agence jusqu’en 2009 … pour l’instant.
Si l’on ajoute que (2006) les «réfugiés » se répartissent selon env. 15 % moins de 19 ans et 41 % de 20 à 59 ans et donc parfaitement aptes à travailler et que 90 % des « réfugiés » d’aujourd’hui n’étaient pas encore nés au moment ou l’UNRWA a été créée, on peut se poser quelques questions. En se souvenant, au passage, que l’on comptait à la fin de la deuxième guerre mondiale environ 50.000.000 de personnes déplacées en Europe, qu’aucune agence de l’ONU n’a été créée pour leur venir en aide et que soixante ans après il n’y a pas de réfugiés en Europe. Comme il n’y a rien eu pour les plus de 850.000 juifs qui ont été expulsés ou sont partis des pays arabes ou musulmans depuis que le monde arabe a lancé les hostilités contre les juifs à la création d’Israël en 1947 ; ou pour les quinze millions d'Allemands expulsés de la Pomeranie, de Silésie, de Bohême et de Moravie par la Pologne et la Tchécoslovaquie après la deuxième guerre mondiale ; ou pour les deux millions de Grecs et de Turcs ethniques qui ont été expulsés de Grèce ou de Turquie dans un « échange de population »  administré par la Ligue des Nations en 1922 ; ou pour les 200.000 Grecs additionnels qui ont été expulsés du Nord du Chypre par l'invasion militaire turque en 1974 ; ou pour les millions d’Hindus qui se sont sauvés à la création de l’état musulman du Pakistan en 1947 ; ou pour les millions de Russes qui ont quitté la Russie après l’avènement de l’état communiste en 1917 en partant vers l’Europe ou les Etats-Unis ; ou pour les millions de Cubains, de Vietnamiens et de Laotiens qui ont quittés leurs patries pour les Etats-Unis après l’avènement des régimes communistes dans ces pays.
 
Alors ? Pourquoi les arabes palestiniens devraient-ils être considérés comme un cas spécial, avec plus de droits que tous les autres réfugiés résultant des guerres et/ou des révolutions ? 
Et tout l’argent donné aux palestiniens, pourquoi faire ?         Age-r--fugi--s.jpg
En 1997, 20 % des « réfugiés » disposaient d’une voiture, 77 % d’un réfrigérateur et 70 % d’une machine à laver (Source: L.B. Jacobsen, Finding Means: UNRWA's Financial Crisis and Refugee Living Conditions, FAFO Report 427, Vol.1, 2003, p.73.). Les chiffres se sont améliorés pendant les dix dernières années et personne n’imagine des équivalents pour les réfugiés du Darfour ou des pays en guerre de l’Afrique Equatoriale. A la même date, le revenu annuel par personne pour un « réfugié » palestinien était de 1.700 $ quand il n’était que de 710 $ pour un égyptien … Mais la décision, délibérée, des pays arabes de ne pas laisser cette population déplacée de s’intégrer a conduit soit à ce qu’elle émigre vers d’autres pays (Canada, Etats-Unis, etc.,) soit qu’elle reste confinée dans des « camps de réfugiés ». 

59 existent aujourd’hui et font les délices de la presse bien pensante quand il s’agit de montrer des rues non pavées, obstruées par des immondices adjacentes à des masures délabrées. En occultant le fait que pendant les 50 premières années dans les camps, les choses ont radicalement changé, en ce sens que les tentes en toile du début sont devenues des immeubles en dur, structurés selon les besoins des familles. Et que, toujours en 1997, 70 % des « réfugiés » se trouvant dans les camps de l’UNRWA étaient propriétaires de leur logement sans payer loyer ou taxes locales tout en ayant accès libre à l’eau et aux services de santé. 

On se souvient qu’en 2000 une nouvelle tentative avait été faite pour régler le conflit israélo-palestinien. Y. Arafat (l’a sabordée avec la complicité d’autres et la France n’est pas exempte de reproches à ce sujet) a lancé (ou permis de lancer …) une nouvelle intifada. Juste avant, 250.000 palestiniens travaillaient en Israël et assuraient la subsistance de presque 2 Millions de personnes. L’intifada aidant (attentats, homicides par suicides, etc.,) Israël a réduit pratiquement à zéro le nombre de palestiniens (venant de Cisjordanie et auparavant de Gaza aussi) pour « importer » des chinois, des roumains ou des thaïlandais qui, eux, n’ont envie que de travailler et non pas de commettre des attentats. 

Après les pays arabes pendant plus de 50 ans, l’Autorité Palestinienne, ne faisant que le mal du peuple dont elle a la charge, à continué la transformation de ce peuple en mendiants pour le faire vivre en parasite. C’est vrai, cette méthode est utilisée avec succès dès qu’il s’agit des « victimes » d’Israël surtout mais aussi des « humiliés » arabo-musulmans vis-à-vis desquels les occidentaux se sentent redevables. Pourquoi ? Subconsciemment, dit-on, parce que la Shoah a crée -par induction- le « problème palestinien ». Et par extension, conditionne le sort des 1,2 milliards de musulmans membres d’une communauté ouverte -oumma- dont l’objectif est la domination mondiale mais qui, en attendant, ne trouvent plus leur place sous le soleil autrement qu’en faisant la manche auprès des nations riches (essentiellement les occidentaux, pays des Lumières de surcroît). 

C’est ce peuple palestinien qui demande « réparation » sous la forme d’un retour non pas dans un futur état palestinien à créer (en gros, sur le territoire qui lui avait été reconnu en 1948) mais … en Israël. Loin de vouloir se suicider, ce pays (dont le taux de croissance de sa population est 4 à 5 fois inférieur à celui des palestiniens) le refuse. Ce qui fait, naturellement, qu’il est mis au ban des nations par tous ceux qui voudraient le voir disparaître. Entre autres, les pays arabes qui sous la houlette de l’Arabie Saoudite ont proposé « l’initiative arabe », en clair si Israël accepte (ce n’est pas la seule condition) le retour des « réfugiés » ils normaliseront leurs relations avec. Tout en soulignant qu’ils ne reconnaîtront jamais le caractère « juif » d’Israël. Nous voilà revenus à la décision de partage de l’ONU de 1948, partage entre deux états, un « juif » et un « arabe ». Pour comprendre que soixante années après, les pays arabes visent toujours la disparition d’Israël et comme ils ont essayé à plusieurs reprises mais sans succès de le faire par les armes, ils sont prêts à attendre pour le faire par la démographie.

Bref, rien de nouveau sous le soleil comme le disait, déjà, le Roi Salomon.

Sur ce, le Président des Etats-Unis, à la poursuite de buts qui lui sont propres, fait une tournée dans la région. Il devrait dire aux uns et aux autres que la paix entre Israël et les palestiniens (ou les arabes) n’est ni pour demain ni pour après-demain si toutefois elle le sera pour un temps futur. Il devrait dire que les arabes n’acceptant ni aujourd’hui ni demain l’existence d’un état juif au Proche-Orient, aucune paix n’est possible. Il devrait dévoiler la mystification appelée « initiative arabe » dans le cadre de laquelle on accepterait Israël mais à condition que ce ne soit pas le même état. Sauf d’accepter de voir ses frontières rognées et devenues de nouveau indéfendables et accepter aussi 4,5 millions d’étrangers nés ailleurs (mais qui selon la Charte de l’OLP, toujours en vigueur, resteront palestiniens de père en fils et auraient droit dès lors au retour dans les foyers que leurs ancêtres ont quittés en 1948 …). Et il devrait dire clairement arrêtons de nous faire des illusions, que le statu quo soit figé, que les palestiniens qui se trouvent dans des pays arabes deviennent citoyens de ces pays, que les territoires qu’Oslo a rendu à l’Autorité Palestinienne soient gérés par l’ONU (comme le Timor Occidental l’a été après sa séparation de l’Indonésie musulmane) pendant autant de générations que nécessaire pour qu’un « nouveau peuple » palestinien capable de comprendre et accepter l’autre, fût-il israélien et juif de surcroît, apparaisse (MB). Et dire clairement à M. Abbas (Guysen – 14.01.08) pour qui « les réfugiés palestiniens ne sont que des ''visiteurs'' dans les pays arabes et ils doivent réintégrer leur patrie » qu’ils ne reviendront jamais dans l’état juif et qu’une telle revendication est implicite à la négation des droits nationaux des juifs d’avoir un état.
Mais il ne le dira pas car ses objectifs sont différents et car il sait que les « masses » arabes sont préparées (l’éducation de leurs enfants est subventionnée, entre autres, par l’Europe) au jihad permanent pour faire disparaître Israël et, accessoirement, les juifs qui y habitent. Mais il sait aussi que si, en tordant les poignées des uns et des autres, ils font des « concessions douloureuses » et signent un accord de paix, il y aura toujours un état ou un mouvement ou un groupe qui fera capoter l’affaire.

Reste l’Europe. Elle n’est pas dupe de ce qui se passe mais si quelqu’un arrive à réparer « l’erreur historique de la création d’Israël » (Michel Rocard) elle verra l’œuvre entreprise sur son sol par la barbarie nazie enfin terminée. Alors … 500 Millions d’Euros par an pour ceux qui sont à la pointe du combat … ce n’est pas cher payé !
 
 
 
 
 
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2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 14:04

Texte publié par Liberty Vox 

Un langage presque guerrier «l’Iran, la bombe ou le bombardement». Une gêne après la publication du rapport NIE (sous-tendu par moult raisons politiques ou ayant trait à l’incapacité des services américains de prévoir le 11 septembre). Une réception hallucinante pour «le Guide Suprême» libyen qui annonce la conquête pacifique de l’Europe par l’islam. Une «rupture» diplomatique avec la Syrie qui s’est fichue comme d’une guigne des tentatives de rapprochement français visant un règlement de la situation au Liban. Annoncer vouloir «être à la tête des pays pouvant aider les pays arabes à accéder au nucléaire civile». Faire état des «amis israéliens». 

Tout cela donne le tournis tant le produit de convolution de toutes ces attitudes (postures ?) semble déboussoler des cercles plus larges que les journalistes qui préfèrent plutôt s’occuper d’une escapade galante que de déchiffrer les lignes de force de la nouvelle politique arabo/musulmane de la France. Et dans tout cela, un point de focalisation : Israël. 

Mais que veut la France d’Israël ? Un seul mot résume tout : apaisement. Rendre des territoires (pour un «état palestinien assuré de contiguïté», soit Gaza réunie avec la Cisjordanie ce qui n’a jamais été fait…) et accepter «d’aider» Mahmoud Abbas et les palestiniens. «Faire des gestes» dit le Président au Caire. En espérant qu’ainsi l’Iran, peut-être, se montrera plus urbain et acceptera l’existence d’Israël (ou que ses supplétifs, le Hezbollah et le Hamas le feront). 

La dernière période pendant laquelle la France prôna l’apaisement fut celle de la guerre froide. Il faudrait peut-être constater que toutes ses ouvertures de «paix» vers l'Union Soviétique semblent aujourd’hui risibles. Quand le système communiste s'effondra, ce fut par implosion. L'apaisement et la «realpolitik» de nos gouvernants ne firent que retarder l’effondrement. 

La «realpolitik» de la France la pousse à tenter de rallier à sa position tout ceux qui, en Europe, penchent depuis longtemps du côté des palestiniens, des pays arabes et, tout dernièrement, du côté de l’Iran. Avec José Luis Zapatero qui, l’année dernière, s’est fait photographier avec un keffieh palestinien, avec un autre ami d’Israël, Romano Prodi, grand précurseur d’Eurabia, dès qu’il fut Président de la Commission Européenne. Les voilà tous les trois, à Rome, annonçant leur volonté de réaliser l’union euro-méditerranéenne qui, si elle voit le jour, ne comprendra pas Israël car aucun pays arabe riverain n’en veut. Tout cela, soi-disant, pour que l’on fasse la paix. 

Mais comment peut-on faire la paix avec des gens qui veulent vous tuer ? Réponse : on ne peut pas. Et tant pis si l’Europe et le reste du monde font semblant de ne pas comprendre les objectifs de l’Iran, du Hezbollah et du Hamas qui se résument à vouloir la destruction d’Israël. On ne peut qu’être époustouflé par, soit la crédulité de nos gouvernants, soit par leur totale inconscience : il s’agit de l’existence d’un Etat qui, de plus, est un avatar de la barbarie nazie qui a vu le jour en Europe (tout en étant la réalisation de l’aspiration sioniste, mouvement nationaliste juif du 19ème siècle pour la création d’un Etat Juif). La France ? Le pays des droits de l’homme ? Comment peut-elle ne pas voir que ce qu’elle tente de faire conduirait à la disparition d’Israël ? La peur de perdre certaines de ses positions économiques dans le monde arabe ou le souhait (depuis De Gaulle) de s’associer au monde arabo-musulman pour faire pièce à l’empire américain, valent-ils le risque de la disparition d’Israël ? Et si la réponse, motivée par ses intérêts géopolitiques, est positive, comment peut-elle croire qu’Israël se laissera faire ? 

Israël, depuis quelque temps se trouve devant trois faux postulats : (1) la paix est essentielle à sa survie, (2) tout doit être fait pour l’obtenir sans tenir compte de ce que l’autre partie au conflit fait ou fera et (3) l’autre partie, de guerre lasse, voudra faire la paix. Ces trois postulats, faux en totalité, sous-tendent les positions prises par la France (et à son instar par d’autres pays en Europe). Et surtout leurs conclusions : «la paix contre les territoires» et «la fin du conflit israélo-arabe permettra la paix au Proche Orient, et partant, dans le monde». 

Pourtant, la France devrait avoir comme principale préoccupation (car pays le plus musulman au Nord de la Méditerranée), l’islamisation de l’Europe. «Un philosophe syrien a écrit dans un article, il n’y a pas bien longtemps, que la seule question au sujet du futur de l'Europe est : « sera-t-elle une Europe islamisée ou s’agira-t-il d’un Islam européanisé ? » Et je suis enclin pour être d'accord avec lui à ce sujet» dit Bernard Lewis (sommité mondiale reconnue pour ses études de l’Islam). Sa justification : «les Européens ont perdu le sens de la fidélité à leurs valeurs et leur propre confiance en soi», en ajoutant «Ils n'ont aucun respect pour leur propre culture et ils se sont confinés pour tout ce qui concerne l'Islam à une attitude d’avilissement, de politiquement correct et de multiculturalisme». Ceux qui ont appelé l’Europe «Eurabia» (Bat Ye’Or), avec un sens prémonitoire remarquable, avaient quand même prévenu leurs compatriotes. En vain. Les statisticiens allemands indiquent que leur pays sera à majorité musulmane en 2046. L’interdiction faite en France de savoir «qui est qui» ne permet pas d’annoncer officiellement que la même chose y arrivera entre 2030 et 2040. Et quand on se gausse du nombre d’enfants nés en 2006, on ne dit pas que 20 % d’entre eux proviennent de l’immigration maghrébine ou noire : moins de 10 % de la population contribuent avec 20 % des naissances … il ne faut pas être grand mathématicien pour comprendre que la France n’aura plus comme ancêtres les «Gaulois». 

Bombe pour l’Iran, l’Europe pour les musulmans. Et que pense la France qu’Israël, quand une menace existentielle pèse sur elle, devrait faire ? Il y a quelques mois, un journaliste israélien écrivait : «L’Iran et sa volonté d’acquérir des moyens militaires nucléaires ne constituent pas uniquement une préoccupation israélienne. La question est de savoir si, en ce moment, le monde occidental fera quelque chose pour se défendre. La réponse, d’évidence, est négative. Dès lors, une question plus pertinente serait «dans quel cas le monde occidental agira-t-il ?». Malheureusement, on peut douter que même une frappe nucléaire iranienne sur Israël soit suffisante. L'Iran devrait frapper l'Europe ou l'Amérique avant que l'une ou l'autre fassent quoi que ce soit. Mais si cela est, cela se produirait seulement après que l'Iran aura attaqué Israël. La conclusion est évidente : Israël doit-il attendre qu’il soit attaqué avant de réagir ? (S. Singer – Jerusalem Post) ». Dès lors, il serait intéressant de faire le point des attitudes des grandes puissances face aux menaces existentielles qui pèsent sur Israël. Naturellement, et bien que l’histoire ne se répète pas, il est instructif de voir ce qui s’est passé depuis la création de l’Etat d’Israël. 

Les Etats-Unis, alliés fidèles et irremplaçables, n’ont jamais mis en question leur propre sécurité pour défendre Israël. Certes, depuis les menaces iraniennes, l’Administration Bush a promis qu’elle défendra Israël en cas d’attaque nucléaire de l’Iran. Sans préciser si cela interviendra avant ou après la frappe ce qui, on le reconnaîtra facilement, ne constitue pas une vraie garantie de survie pour Israël. Mais, soit, il y a une garantie. L’histoire, malheureusement, n’est pas là pour prouver la solidité de cette garantie. Cinq exemples édifiants : 
a. En 56 (Suez, aventure franco-anglo-israélienne), Eisenhower n’hésita pas à menacer les trois protagonistes des foudres nucléaires (comme Khrouchtchev et Boulganine) pour arrêter la campagne et imposer à Israël de rendre le Sinaï (une première fois ...) car il ne voulait pas que le barrage d'Assouan soit fait par les Soviétiques ; 
b. En 67 (cela commença par la fermeture du Détroit du Tiran) on se focalisa sur De Gaulle qui disait qu'il «n'était pas aux affaires quand la France a garanti à Israël, après 56, la libre circulation dans le Détroit» et on oublia que Johnson avait dit "qu'il ne trouvait pas la lettre de garantie signée par Eisenhower pour arrêter la guerre de 56"... heureusement la guerre ne dura que six jours, temps trop court pour imposer quoi que ce soit à Israël ; 
c. En 73 quand Israël passa sur l'autre rive du Canal de Suez sur le front égyptien et se trouva à 25 km de Damas sur son front nord, Nixon (Kissinger en réalité) lui imposa l'arrêt des combats car il voulait prendre la place des Russes en Egypte, ce qui fut obtenu avec l’aide d’Anwar El Sadat ; 
d. En 91, guerre contre Irak. A la fin, on tordit les poignets d'Israël pour une "conférence de Madrid" (qui conduisit à Oslo et ensuite à plus de morts israéliens en attentats palestiniens que pendant les quarante années précédentes …) car Bush (père) avait promis aux pays arabes coalisés de faire avancer la cause palestinienne ; 
e. En 2003, pour les même raisons (cette fois-ci, neutralité des pays arabes "modérés") on imposa à Israël (Bush fils) la "feuille de route" sous le régime duquel on vit encore avec les résultats que l'on connaît ... Bref, garantie nucléaire américaine ? Peut-être, mais il serait difficile de proposer à Israël de s’y soumettre. 

La Russie, adversaire résolu d’Israël depuis sa création (pourtant votée par l’URSS) jusqu’à Boris Eltsine, semblait avoir changé d’attitude, aussi sans doute parce que plus d’un million de russes d’origine ont émigré en Israël. Pourtant, depuis l’accession au pouvoir de Vladimir Poutine et, surtout depuis que ses intérêts géopolitiques l’ont rapprochée de la Chine et de l’Iran (pour des raisons très différentes), la Russie a changé de nouveau de politique. Retrouvant son statut de grande puissance, contrôlant (pour l’essentiel) l’approvisionnement en gaz de l’Europe, voulant éviter par tous moyens l’extension du «croissant chiite» vers les anciennes républiques d’Asie Centrale ou dans les pays du Caucase, la Russie ne peut pas accepter d’être absente du Proche-Orient, en dehors du «quartette» et de l’ONU. La Russie, non plus, ne soulèvera pas le plus petit doigt pour défendre Israël. Plusieurs fois elle a montré, récemment, clairement, de quel côté elle se plaçait : 
1. En 2005 elle fournit à la Syrie des systèmes d’armes (missiles anti-aériens, contrôle par radars sophistiqués, etc.) qui de défensives peuvent facilement être transformées en offensives ou transférées à des organisations terroristes comme le Hezbollah ; les protestations israéliennes ou américaines furent rejetées d’un revers de main ; 
2. Au cours de la dernière guerre au Liban, Israël perdit la moitié d’une brigade de chars d’assaut (pourtant considérés, sinon les meilleurs, au moins parmi les meilleurs au monde) attaqués par des RPG russes d’un modèle inconnu par Israël ; leur capacité de pénétration (40 cm d’acier) dépassait la protection des chars Merkava (blindage de 30 cm d’épaisseur) ; preuves à l’appui, Israël protesta, la Russie rejeta la charge mais… quelque temps après, un grand responsable de l’exportation d’armements fut limogé car les RPG en question avaient été fournies à l’Iran ( !?) ; 3. Pendant la même guerre, des stations d’écoute russes, installées sur le sol syrien, obtinrent des informations essentielles sur les communications israéliennes et les mouvements de troupes et furent transmises au Hezbollah ; 
4. Sans tenir compte des avertissements américains, elle vient de fournir à l’Iran le combustible nucléaire qui permettra que le réacteur de Bousher devienne critique et, par là-même, un objectif militaire inattaquable vu les conséquences collatérales possibles ; 5. Annonçant son retour en Méditerranée, elle s’est mise à reconstituer les capacités militaires du port de Lattaquié où la Syrie lui a consentie des facilités de base militaire, à quelques encablures des côtes israéliennes. 

La Russie (comme la Chine) ne fera rien pour assurer l’existence d’Israël, par exemple, arrêter les activités militaires de l’Iran. Ni l’une ni l’autre ne l’ont pas fait pour arrêter les activités nucléaires Nord Coréennes. 

L’Europe – qui n’a jamais su comment prendre la naissance et ensuite le développement fulgurant d’Israël (dont le PNB de 170 Milliards de $ dépasse celui de tous ses voisins réunis, sans avoir du pétrole ou du gaz à vendre …). Qui n’a jamais su car partisane de tous ceux qui sont « pauvres et humiliés » en vertu de sa vulgate dominante selon laquelle le sens de l’histoire est celui des pauvres. En ajoutant sa propension à l’apaisement et donc à tenter d’arrondir les angles entre Israël et le pays arabes. Parmi les pays du Nord la Norvège (qui a oublié son interdit pendant et après la guerre pour toute immigration de juifs) qui s’est découverte un penchant pro-palestinien pour des raisons «morales» sans doute est devenue un adversaire de taille d’Israël : boycotte de ses produits ou des contacts avec ce pays, le tout sous la houlette de syndicats « socialistes » mais qui se trouvent mieux avec les barbus du Hamas à Gaza qu’avec les syndicalistes (eux aussi socialistes) d’Israël. La Grèce, l’Italie (sauf pendant les gouvernements Berlusconi), l’Espagne - pro-arabes par proximité géographique et intérêts économiques ne ratent pas une occasion pour vilipender Israël. Le ministre d’affaires étrangères d’Espagne, premier à avoir rompu l’isolement de la Syrie en allant rencontrer Assad le jeune, a présidé (ou pris l’initiative) de presque toutes les compromissions avec Y. Arafat tandis que J. Solana (« czar » de la politique étrangère européenne) traitait A. Sharon de fou tout en allant recueillir les conseils d’un autre guide, Cheïk Yassine. Enfin les trois grandes puissances : Allemagne, France, Grande Bretagne. L’Allemagne s’interdit, par principe, d’être contre Israël mais … suit toujours ses partenaires européens. La France toute à sa «politique arabe» n’a jamais fait quoi que ce soit pour aider Israël, au contraire. La Grande-Bretagne, dont les leaders «socialistes» de l’époque n’ont fait que compliquer sa création, a semblé se rapprocher d’Israël récemment car Tony Blair a compris, avant et à l’encontre des autres dirigeants européens, que ce qui se passe autour d’Israël constitue les prolégomènes de ce qui risque de se passer en Europe. 

Bref, ni la France ni l’Europe ne feront jamais rien pour assurer l’existence d’Israël. Et plus le temps passera, plus elles seront devenues « terre d’islam » plus elles se détacheront des valeurs communes dites judéo-chrétiennes, valeurs pour lesquelles Israël est une référence. C’est le drame auquel on assiste : si un jour l’Europe a une politique étrangère commune, cette politique ne pourra être qu’anti-israélienne. Et si elle ne fait rien pour arrêter les projets nucléaires de l’Iran c’est peut-être pour laisser d’autres tenter une répétition de la solution finale …. 

Que faire ? La logique froide de la tragédie annoncée laisse, en réalité, une sombre alternative à Israël : Massada ou Samson. Il est fort peu probable que dans ce pays libre et démocratique, ses six millions d’êtres vivants, qui ont remplacés les six millions détruits par la barbarie nazie européenne, accepteraient un nouveau Massada. Et pour le deuxième terme de l’alternative il s’agit de ne pas s’endormir … au moins jusqu’en 2009, année la plus probable de l’accession de l’Iran à la bombe. 

© Martin Birnbaum pour LibertyVox

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30 décembre 2007 7 30 /12 /décembre /2007 17:23

 

 

Jusqu’où peut aller l’ignominie de la presse française quand il s’agit d’Israël ? Regardez les deux exemples qui suivent et qui illustrent mon propos.

a.       « l’i-monde » qui titre en première page sur trois colonnes « Un combattant du Hamas abattu par Israël dans la bande de Gaza » Et quand on va voir la nouvelle on lit «Un combattant du Hamas a été abattu vendredi dans la bande de Gaza par l'armée israélienne, a-t-on appris de sources médicales et proches du mouvement islamiste.L'homme a été tué lors d'une fusillade près de Khan Younès, dans le sud du territoire palestinien, précisent-ils ».

b.      Le Figaro, toujours en première page, toujours sur trois colonnes  « Ben Laden … s'en prend violemment à l'Etat israélien » pour écrire ensuite «Oussama ben Laden a lancé des menaces plus virulentes qu'à son habitude contre Israël, déclarant: «je veux assurer les nôtres en Palestine que nous y étendrons le jihad», la guerre sainte. «Nous avons l'intention de libérer la Palestine, toute la Palestine du Jourdain à la mer», ajoute-t-il, parlant de «sang pour sang, destruction pour destruction». «Nous ne reconnaitrons pas même un centimètre carré pour les juifs sur la terre des Palestiniens, contrairement à ce qu'ont fait d'autres » 

Travestir la vérité n’est pas uniquement l’apanage de ces deux feuilles de chou qui prétendent encore façonner la perception par leurs lecteurs de ce qui se passe dans le monde. Dans un monde vu par leur prisme déformant par un parti-pris qu'ils ont du mal à cacher car :

 

-         « abattre » et « tué au cours d’une fusillade » ce n’est pas la même chose ; mais dire « abattre par Israël » (et non pas tué lors d’une fusillade) c’est jeter l’opprobre sur l’Etat d’Israël, c’est le diaboliser aux yeux de ceux qui s’arrêtent à la lecture du titre ;

 

-         « s’en prendre violemment à l’Etat israélien » laisse penser que cet Etat est au moins responsable de quelque chose ; l’extrait du dernier texte de OBL ne fait, en réalité, qu’expliciter tout ce que tous les pays arabes voudraient, « libérer la Palestine du fleuve à la mer » c’est-à-dire éradiquer l’état d’Israël ; accessoirement, rappeler que les israéliens sont juifs ; mais cela il ne faut pas le dire.

Pendant que notre Président est accusé de renoncer à la politique arabe de la France, pendant que l’on le taxe (déjà …) d’être « proche d’Israël », la presse française (seule Libé ménage la chèvre et le chou en faisant des efforts pour des présentations presque équilibrées) se charge du sale boulot nécessaire pour inciter la France à rester ce qu’elle a été depuis la deuxième guerre mondiale, un des deux principaux adversaires d’Israël. 

Ce n’est, donc, pas anormal de trouver dans des sondages faits en France une adhésion majoritaire à des idées telles que « la Palestine c’était un état que les juifs ont conquis et transformés en Israël » ou « Israël est le premier pays qui menace la paix du monde »

Et l’Europe ? Reuters, 29 .12.07 : 6.5 tonnes de nitrate de potassium cachés dans des sacs marqués « sucre » envoyés par l'Union Européenne pour les Palestiniens indigents de Gaza. La Commission Européenne s’est refusée à tout commentaire.  Le nitrate de potassium est utilisé comme matière première pour faire des explosifs … Quand Mme Ferrero-Waldner assurait le monde que l’Europe ne laisserait pas tomber les populations de Gaza même si c’est le Hamas qui y règne, on comprend que ce qu’elle voulait dire c’est que les explosifs pour les fusées Qassam ne manqueront pas …

 

Pendant ce temps on nous amuse avec l’épopée organisée par le nouveau Fidel, Hugo Chavez, qui mettant en scène « la guérilla marxiste » colombienne fait croire au monde que les méchants sont les américains ou le gouvernement colombien … Et la presse française, tout à son œuvre, nous fait couler des larmes sur l’otage qui s’est fait faire un enfant pendant sa captivité. Tout en faisant des pieds et des mains (tant mieux) pour sauver de ces barbares une franco-colombienne. Le franco-israélien, Gilad Shalit, n’a pas droit aux mêmes soins car il est juif et ses ravisseurs sont des pauvres palestiniens qu’il faut aider en permanence !

 

Ainsi va le monde ? Oui, mais jusqu’à quand ?

 

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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 12:45

Monsieur le Président de la République,

 
Vous qui, moins que tous les politiques du pays, n’employez pas la langue de bois, vous qui, à la différence des politiciens de droite et de gauche, avez réussi à rejeter le Front National à l’extrême d’où les socialistes n’auraient jamais dû les sortir, vous qui vous situez, au moins intellectuellement, presque à mi-distance entre le christianisme et le judaïsme, vous qui, tout en considérant que GWB a eu tort d’entreprendre la guerre en Irak, vous avez compris que l’opposition frontale de votre prédécesseur à l’Amérique était stérile et porteuse de dangers pour le monde, vous qui, toute en ne renonçant pas à la politique arabe de la France, vous avez renoué les fils d’une collaboration intelligente avec Israël, vous qui, n’en déplaise aux belles âmes, vous êtes en représentation permanente, vous qui, sans vous soucier de qu’en dira-t-on, vous avez pris avec vous pour voir le Pape le prêtre des loubards, bref, vous qui êtes tellement différent de tous ceux qui vous ont précédés, vous nous devez des explications au moins pour deux sujets : la conférence de Paris pour les palestiniens et vos souhaits de voir se réaliser une vieille tentative de rapprocher encore plus l’Europe et les pays arabes. On pourrait croire que cela se trouve sur la route de Tel Aviv ou de Jérusalem … mais il n’en est rien.
 
La conférence. Elle a fait suite à celle d’Annapolis pour laquelle les Etats-Unis ont tordu les poignets de tous leurs obligés arabes (mais modérés …) pour qu’ils s’assoient avec Israël et la « communauté internationale » pour soutenir la création d’un état palestinien. Ce que sous-tend cette belle intention -par delà la monnaie d’échange qu’elle représente pour payer les amis arabes pour s’opposer à l’Iran- c’est la conception que vous savez erronée selon laquelle le conflit israélo-palestinien est « la mère de tous les conflits » et qu’il suffit de le régler pour que la paix du monde ne soit plus menacée.
 
Monsieur le Président,
 
Vous êtes le seul à pouvoir dire que la paix entre Israël et les palestiniens (ou les arabes) n’est ni pour demain ni pour après-demain si toutefois elle le sera pour un temps futur. Vous êtes le seul à pouvoir dire que les arabes n’acceptant ni aujourd’hui ni demain l’existence d’un état juif au Proche-Orient, aucune paix n’est possible. Vous êtes le seul à pouvoir dévoiler la mystification appelée « initiative arabe » dans la cadre de laquelle on accepterait Israël mais à condition que ce ne soit pas le même état. Car pour cela elle devrait voir ses frontières rognées et devenues de nouveau indéfendables, elle devrait accepter 4,5 millions d’étrangers nés ailleurs (mais qui selon la Charte de l’OLP, toujours en vigueur, resteront palestiniens de père en fils et auraient droit dès lors au retour dans les foyers que leurs ancêtres ont quittés en 1948 …). Et vous êtes le seul à pouvoir dire clairement « arrêtons de nous faire des illusions, que le statu quo soit figé, que les palestiniens qui se trouvent dans des pays arabes deviennent citoyens de ces pays, que les territoires qu’Oslo a rendu à l’Autorité Palestinienne soient gérés par l’ONU (comme le Timor Occidental l’a été après sa séparation de l’Indonésie musulmane) pendant autant de générations que nécessaire pour qu’un « nouveau peuple » palestinien (éduqué, sans haine comme les pieds noirs qui ont quitté leur pays et ont effacé la douleur pour s’accorder l’espoir, capable de comprendre et accepter l’autre fût-il juif et israélien de surcroît). Vous êtes le seul mais… dans votre discours à la conférence on a entendu, malheureusement, les mêmes contrevérités professées par la diplomatie française en vertu du dogme de la politique arabe de la France, les mêmes faux semblants qui ne généreront rien d’autre que de faux espoirs. Et vous avez assisté, que dis-je, vous avez contribué à cet ignoble téléthon qui s’est conclu avec des dons records de plus de 7 milliards de $ pour les (toujours) pauvres palestiniens. Mais vous n'aimez pas parler pour ne rien dire. Dire en même temps que le futur état palestinien devra comprendre Gaza, aujourd’hui c’est prendre les gens pour des imbéciles. Car on ne voit pas pourquoi on ne croirait pas le Hamas qui dit qu’il ne reconnaîtra jamais Israël. Comme le Hezbollah ne le reconnaîtra jamais. Comme l’Iran dont les deux derniers ne sont que des supplétifs en postes avancés ne le reconnaîtra jamais. Poser comme postulat la présence de Gaza dans le futur état palestinien veut dire, ipso facto, qu’il n’y aura pas d’état palestinien. Vous le savez, pour quelle raison ne voulez-vous pas le dire à ceux qui vous ont fait confiance en vous élisant ?
 
Mais vous avez assisté, contribué, à assurer de nouveaux fonds aux palestiniens. Vous savez pourtant que ce n’est que « du bon argent qui suit le mauvais argent ». Vous savez que depuis que l’on a accepté le cancer des 700.000 « réfugiés » palestiniens en 1948 (50 millions de personnes déplacées après la deuxième guerre mondiale en Europe –tous intégrés, 800.000 juifs obligés à quitter les pays arabes –tous intégrés en Israël, en France ou aux Etats-Unis) il a métastasé et a été utilisé comme fer de lance pour la conquête de l’Europe, en premier, en attendant celle du monde. Des dizaines de milliards de $ ont été distribués aux palestiniens rien que pour qu’ils restent la lie de la terre et pour montrer, génération après génération, la soidisante inhumanité d’Israël devenu le Juif du monde. Et permettre, par là-même, que l’antisémitisme trouve de nouvelles couleurs sous l’appellation « antisionisme ». Savez-vous ce qu’ils ont fait de l’argent qui leur a été dispensé ces dernières années ? Regardez bien, Monsieur le Président, le graphique qui suit (cité par D. Pipes, « peigné » pour cette lettre) :
                         clip-image001.gif
 
Il a été dressé par un chercheur, S. Stosky, et il montre une corrélation pour le moins troublante entre l’aide fournie aux palestriniens (échelle de gauche en millions de $) et le nombre de morts (annuellement, tous confondus, du côté israélien et du côté palestinien, échelle de droite) résultants des actions d’attaque palestiniennes ou de défense israélienne. La courbe pleine enregistre l’aide, la courbe en pointillé enregistre le nombre de morts un an après l’aide. Et la conclusion semble claire et prévisible : pour chaque 1,25 Millions de $ d’aide, un an après il y aura un mort. Vous avez contribué, pour la France, avec 100 millions de $ pour chacune des trois années à venir ? Vous serez, vous êtes, à l’origine de probablement 100 morts pour 2008. Car ce que ce graphique nous apprend c’est que plus il y a de l’aide, plus il y a de morts suite aux activités terroristes des palestiniens. L’Europe ? Plus de 50 % des dons proviennent de ce continent (voir tableau suivant publié par Guysen et ne remarquons même pas que les riches frères arabes qui sont assis sur de trillions de $ versent deux fois moins que l’Europe ...).
 
 clip-image002-copie-1.jpgMonsieur le Président, pourquoi ? Vous ne pouvez pas ne pas expliquer au peuple français pourquoi vous ne voulez pas rompre avec le passé de vos prédécesseurs qui se sont rendus complices (par leur attachement à des relations contre nature avec tout ce qu’il y avait comme dictatures sanguinaires au Proche Orient) de la diabolisation d’Israël en faveur d’une mansuétude inexplicable en faveur de ce peuple dont l’essentiel de sa contribution au bonheur de l’humanité depuis quarante longues années a été le piratage aérien, la prise d’otages et les assassinats par suicide. Et l’aide fournie montre clairement que plus il y en a (pointillé) moins le PNB (courbe pleine) est important … Regardez le tableau qui suit (même source, données Banque Mondiale) pour voir comment on a transformé un peuple en assistés de la « communauté internationale ».
 
 clip-image002-copie-1.gif
 
  
Quand on y pense … si l’on arrête les dons il y aurait une chance (probabilité non nulle) pour que l’on arrête de verser le sang sur ce timbre poste -à l’échelle de la planète- qui est Israël et/ou la Palestine et pour que les palestiniens commencent à s’occuper d’eux-mêmes …
 
ooooooooooooooooo
 
Mais vous ne ménagez pas vos efforts pour donner vie à une partie de ce que des auteurs sérieux appellent « Eurabia ». Vous voulez voir se réaliser « l’Union Euro-méditerranéenne » en vous référant à Hadrien qui avait utilisé le concept de « Mare Nostrum ». Tout en sachant qu’aucun des pays arabes en cause n’y consent si Israël en fait partie. Conclusion : vous voulez faire cette union sans Israël. Ce n’est pas nouveau. Depuis la première rencontre Europe–Pays Arabes de Venise en 1977 « depuis plus de trois décennies, L’Europe planifie avec les pays de la Ligue Arabe la fusion des deux rives de la Méditerranée. Par le Dialogue euro-arabe, elle a développé une structure d’alliances et souvent d’allégeances, avec le monde arabe. Elle sacrifie son indépendance politique tout comme ses valeurs culturelles et spirituelles en échange de garanties (quelque peu illusoires) contre le terrorisme et d’avantages économiques que lui dispensent les pays arabes » (4-ème de couverture, Eurabia de Bat Ye’or). ….Les compromissions de la CE avec l’OLP dans les années 70 neutralisèrent le terrorisme sur le sol européen en échange d’une stratégie anti-israélienne (même œuvre). Mais ses sacrifices ne confèrent aucune protection à l’Europe : Madrid et Londres sont deux exemples parmi d’autres. Autant dire que continuer la même politique que celle de vos prédécesseurs, non seulement fait injure à vos promesses de rupture avec le passé mais, de plus, est d’une efficacité contestable. Certes, vous devez tenir compte des changements ethniques auxquels la France a eu à faire face pendant ces trente dernières années. Mais, que l’on sache, pendant les émeutes des cités ou pendant les manifestations pacifistes, pendant que l’on crie « mort à Israël » on entend aussi « nique la France »
 
Mais accordons le bénéfice du doute à votre projet d’union euro-méditerranéenne dans la mesure où ce qu’elle présuppose c’est que le développement économique devrait conduire à la création d’états de droit, à la démocratie et au progrès en général. Ce n’est pas parce que le concept que vous suivez s’est vérifié dans des pays ayant échappé à des dictatures (les pays de l’Est de l’Europe, le Timor Oriental, etc.,) que cela pourrait advenir dans des pays musulmans. Monsieur le Président, la démocratie en Irak ne vous suffit pas comme contre preuve ? Ce que les palestiniens ont fait (et font) de tout l’argent que l’on leur donne ne suffit pas pour comprendre ce dont il est question ?
 
Ce dont il est question c’est le triptyque de l’islam : oumma, charia, dhimmi. Oumma – le monde ouvert qui tôt ou tard sera conquis par la dawa (conviction) ou par le glaive. Charia – la loi qui s’appliquera à tous et qui est resté figée à ce qu’elle a été à sa naissance dans le désert à côté des chameaux et des chameliers. Le dhimmi – juifs et chrétiens qui pourraient continuer à professer leur religion comme citoyens de deuxième classe payant tribut pour être protégés. Et puisque c’est comme cela, pourquoi accélérer les choses ? Pourquoi vouloir dissoudre ce vieux continent de l’Europe dans un magma arabo-musulman ? C’est vrai, ces questions viennent trop tard. C’est il y a trente ans qu’on aurait dû les poser. Et si on ne l’a pas fait alors peut-être que l’on devrait le faire maintenant.
 
Monsieur le Président, vous perdez votre temps. Car comme « la Nakba (création d’Israël – note MB) remplace la Shoah qui n’aurait jamais existé ; Jésus est musulman et non juif ; le christianisme descend de l’islam et non du judaïsme. La Bible est un plagiat falsifié du Coran ; non seulement elle lui est inférieure mais elle lui est postérieure » (EurabiA, l’axe euro-arabe – Bat-Ye’or).         
  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  
  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 08:14
Texte publié par Liberty Vox

En arrivant à Paris les Palestiniens espéraient récolter plus de cinq milliards de dollars d’aide des 90 pays donateurs qui se sont réunis lundi pour financer leur État, promis par la récente conférence internationale d’Annapolis, aux États-Unis. Depuis 1993 (Oslo) l’Autorité Palestinienne a reçu des donations d’un total de plus de 10 Milliards de $ de la part de la communauté internationale. Sans compter les 500 M$ annuels de l’UNRWA (soit encore 7 Milliards de $) ni les dotations de l’Iran pour l’achat d’armes et d’explosifs pour ses supplétifs du Hamas ou du Jihad Islamique qui ont le pouvoir à Gaza. Ces montants font que depuis 2001 les palestiniens constituent le peuple le plus aidé de la planète, alors que, sa situation économique n'a cessé de se dégrader.

Annonce faite par B. Kouchner à la fin du premier jour de la conférence, les donateurs se sont engagés à donner aux palestiniens 7,4 Milliards de $ pendant les trois prochaines années.

Décryptage : M. Fayyad, premier ministre et ministre des finances de l’Autorité Palestinienne,  est considéré comme un homme sérieux et compétent par la communauté internationale. Il a fait un budget, il a besoin de 6 Milliards de $ pour trois ans et indique que si Israël lève les barrières de contrôle en Cisjordanie la croissance de l’économie palestinienne dépassera 10 % l’an. Soit, mais il ne peut pas ne pas admettre que (a) seule l’existence (partielle) du mur de séparation et les centaines de points de contrôle font que le nombre d’assassinats par suicide est tombé à zéro et (b) que dans la bande de Gaza il n’y a plus de points de contrôle ni d’occupation et au lieu d’une économie florissante on a vu s’installer un « mini état taliban » qui tire des fusées tous les jours de la semaine sur une ville du Sud d’Israël. Il s’ensuit qu’Israël ne changera rien sur le terrain tant que l’Autorité Palestinienne n’aura la volonté ou la capacité d’en finir avec les terroristes (ou les activistes ou les militants …). Il vient de dire pourtant que la communauté internationale met des sous dans un tonneau de Danaïdes si Israël ne lève pas ses barrages, ce qui est vrai. Mais, si M. Abbas se réconcilie avec le Hamas la communauté internationale aura la surprise de voir que ses sous arrivent entre les mains de l’organisation qui vient encore déclarer qu’elle ne reconnaîtra jamais Israël. Pour qu’il n’y est pas de malentendu, Mme Benita Ferrero-Walder, Commissaire Européen, déclare « Le soutien budgétaire assuré par les donateurs profitera aux fonctionnaires de Gaza comme à ceux de Cisjordanie, dans les domaines de la santé comme de l'éducation". S'agissant des services de sécurité, en revanche, "seuls les fonctionnaires loyaux, c'est-à-dire ceux qui refusent de travailler sous les ordres du Hamas et qui restent chez eux, continueront à être payés » Ce qu’il y a derrière l’argent ? A Annapolis on a fait semblant de réunir les pays arabes « modérés » avec Israël pour relancer le processus de paix. Mais tout processus a besoin de combustible, de l’argent. Et, pendant que l’on donne l’argent, on donne l’impression que l’on s’occupe de la paix. Comme on l’a fait à Madrid en 1991, à Oslo en 1993, à Wye River en 1998, à Camp David en 2000, à Taba en 2001. Le temps que les palestiniens acquièrent suffisamment d’armes et explosifs et lancer la deuxième intifada. Pays modérés ? L’Arabie Saoudite, la Syrie, le Soudan ?
oooooooo
Mais, la conférence de Paris, qui veut poursuivre l’effort commencé à Annapolis doit être aussi politique. Pour l’essentiel on veut aider M. Abbas à prendre le dessus sur ses frères ennemis du Hamas qui gouvernent à Gaza. Tout en mettant l’accent sur les besoins des palestiniens qui y habitent. Le nouveau dirigeant de l’UNRWA selon un éminent journal français du soir déclare « Ce qui nous inquiète également, ce sont les cumuls des conflits à Gaza, ceux entre Palestiniens [entre le Fatah de l'Autorité palestinienne et le Hamas] et celui entre l'armée israélienne et les Palestiniens", explique M. Grandi et ce journal ajoute en instillant son poison « alors que les tirs incessants de roquettes palestiniennes sur Israël continuent d'entretenir l'hypothèse d'une intervention massive de l'armée israélienne, deux ans et demi après son retrait de l'étroite bande de terre ». Lisez bien et regarder l’ordre des mots qui renversent la réalité car on devrait, en vérité, dire « nonobstant les tirs incessants de roquettes palestiniennes depuis deux ans et demi après le retrait de l’armée israélienne, une intervention massive reste une hypothèse ». Tirer des fusées c’est une certitude, intervenir ce n’est qu’une hypothèse … mais qui ne dépend que du tir des fusées ! 

Oublions Gaza, oublions le tir de fusées, oublions les actes terroristes, oublions tout : ce que l’oubli implique c’est que les palestiniens n’ont aucune responsabilité et que seule Israël doit assurer sa part de tout éventuel accord. Dire (M. Abbas) « sans la levée des barrages imposé par Tsahal en Cisjordanie et la fin du bouclage de la bande de Gaza toute cette aide internationale promise ne pourra atteindre ses objectifs » c’est d’évidence mettre en place à titre d’alibi ce qui a servi les palestiniens depuis toujours : la faute à Israël. Ce qui est hallucinant c’est de croire (la communauté internationale) et faire croire (l’Autorité Palestinienne) qu’Israël acceptera le troc « la vie de ses citoyens pour le développement de l’économie palestinienne ». Que l’on se souvienne qu’il y a quelques années les bus, les discothèques, les marchés ouverts, les restaurants explosaient en Israël avec ou sans les assassins suicidaires. Cela a pris quelques années (et les condamnations à répétition de toutes les belles âmes de l’Occident) pour que le mur de séparation, les points de contrôle/barrages, la séparation de Gaza fassent leurs effets : il n’y plus d’attentats suicides en Israël depuis longtemps. Et l’Autorité Palestinienne n’est pour rien, comme le Hamas n’est pour rien (il voudrait bien en faire mais …), comme la communauté internationale n’est pour rien. Et on voudrait qu’Israël renonce à ses moyens de défense ? C’est une galéjade. Tant que l'Autorité Palestinienne n'aura ni la volonté ni la capacité d'arrêter le terrorisme, Israël ne cédera rien. C'est "l'oeuf et la poule" ? Voire. L'exemple de Gaza est clair : ni occupation, ni barrages mais un mini état taliban qui armé jusqu'aux dents tire des fusées sur le Sud d'Israël. Mais alors pourquoi Annapolis, pourquoi Paris, pourquoi 7,4 Milliards de $ ?

Décryptage : Tout d’abord Annapolis. Pendant la recherche désespérée d’une sortie acceptable de l’Irak, sachant que sauf d’envisager une présence ad vitam aeternam, l’Iran chiite prendra le contrôle du pays car ses coreligionnaires y sont majoritaires ce qui conduira le Nord kurde à soit devenir indépendant soit être récupéré par la Turquie, les Etats-Unis cherchent une entente avec l’Iran. Les dessous politiques qui sous-tendent le fameux nouveau rapport relatif à la capacité de l’Iran d’arriver vite à la bombe n’étant plus à démontrer, le tout arrivant au bon moment, les Etats-Unis ont réuni « les pays modérés » en croyant faire d’une pièce deux coups : créer un front anti-Iran et, en même temps, faire comprendre à ces mêmes pays qu’ils sont disposés à payer ce qu’il faut pour cela, c’est-à-dire, la création d’un état palestinien. Ils ont très bien réussi. Une semaine après Annapolis le Roi d’Arabie Saoudite entrait dans une salle de conférence main dans la main avec M. Ahmedinejad et, ensuite, il l’invitait comme hôte de marque pour faire son pèlerinage au Mont Arafat. Le tout sur le dos d’Israël qui pendant des années a été convaincue que « la bombe iranienne » était un problème mondial et que les Etats-Unis (à défaut de l’Europe qui a palabré avec l’Iran pendant cinq ans sans aucun résultat) allaient en prendre la charge. Le résultat clair d’Annapolis se résume pour Israël dans (a) elle est seule devant l’éventuelle bombe iranienne, (b) elle est mise en demeure pour renoncer aux moyens de défense de ses populations (barrages, mur de séparation, blocage de Gaza), (c) elle se retrouve seule responsable des malheurs du monde si elle ne se conformait pas aux demandes collectives visant son suicide. Paris a suivi et, en organisant une sorte de Téléthon parmi 90 pays on met du baume sur le cœur des pauvres palestiniens en leur accordant 7,4 Milliards de $. En laissant de côté la Russie, riche en conseils, avertissements et blocages de tout progrès sur le plan mondial mais pingre pour les dons (10 millions de $ … quand le Japon qui se trouve loin et qui n’a rien à faire du Proche Orient a offert 140 millions), en laissant de côté l’Europe qui dépense sans compter (et sans savoir où va l’argent depuis des années), en laissant de côté la France qui s’engage pour 300 Millions de $ (les caisses ne sont pas vides pour tout le monde, surtout quand il s’agit de palestiniens et de payer en laissant des dettes aux générations futures …) regardons ce que les frères arabes font pour les palestiniens. Jusqu’ici les pays du Golfe (représentant l’essentiel des ressources de la Ligue Arabe) accordaient 55 Millions $ /mois aux palestiniens. Aujourd’hui les pays du Golfe Persique produisent et vendent env. 20 millions barils/jour. Peu ou prou, en janvier 2007 le baril se négociait à moins de 50 $, il a pris en 12 mois presque 40 $ de surcoût. Soit, par jour, un revenu supplémentaire de 800 Millions de $ : ce que la Ligue Arabe (donc y compris tous les autres pays arabes qui exploitent du pétrole) donnait aux frères palestiniens, c’est moins de 2 minutes de surcoût du prix de cette année. Mais voilà qu’à Paris ils s’engagent à donner 550 Millions de $ soit 20 minutes de surcoût du journalier du pétrole ! Applaudissez, bonnes gens ! 
oooooooooooo 
65 % des palestiniens sont adversaires de l’existence d’un Etat Juif – Israël. 51 % de la population de l’Arabie Saoudite considèrent que les arabes doivent continuer leur lute contre Israël jusqu’à sa disparition (AP ce jour). Le principal négociateur palestinien, tout en discutant de la création de son état avec les israéliens, déclare qu’Israël ne sera jamais reconnu comme état juif. Déclaration, au fond, pas tellement différente de celles du Hamas qui ne reconnaîtra jamais Israël. L’Iran qui a mis sur le frontispice de sa constitution l’objectif de la disparition d’Israël. La Charte de l’OLP qui n’a jamais été modifiée (nonobstant les promesses faites après Oslo ou à Bill Clinton pour lequel on a organisé même une mise en scène laissant croire le contraire) et prévoit toujours la disparition d’Israël comme objectif final de la lutte de libération du peuple palestinien. L’initiative arabe qui promet la reconnaissance d’Israël à condition que ce ne soit pas le même état (frontières, territoires, populations, etc.,). Pour tout cela, depuis Oslo (1993) les palestiniens ont reçu environ 10 Milliards de $ de dons et l’UNRWA (organisation de l’ONU) a ajouté au moins encore7 Milliards de $. En 2007, seulement, l’Europe a donné aux palestiniens presque 1,5 Milliards de $. Ces chiffres donnent à rêver mais donnent à vomir aussi car ils n’ont qu’une seule explication, celle de vouloir retarder la marche du monde musulman vers la conquête du monde. Et si dans la foulée on sacrifie Israël, de toute façon c’est sa faute, c’est la faute aux juifs.

Il y a ceux qui disent que si le conflit israélo-palestinien est résolu ses conséquences assureront la stabilité de la région. Mais quelle est la liaison entre ce qui se passe au Liban (élection d’un président reportée pour la neuvième fois) et le conflit israélo-arabe ? Quel est la liaison entre ce qui se passe en Irak où les Sunnites étripent les Shiites et vice-versa et ce conflit ? Quelle est la liaison entre le Darfour ou le Tchad et ce conflit ? Qui peut croire que tous ceux qui sont entraînés dans ces conflits regardent et puisent leur force dans ce qui se passe à Gaza ?

En réalité, les 26 conflits de par le monde dans lesquels sont engagés les 56 pays musulmans constituent les prolégomènes de ce qui attend l’Europe, première terre à conquérir selon le Guide Suprême de la Libye que notre pays a reçu avec le faste dû à son passé de terroriste et sponsor du terrorisme. L’Europe qui ne veut pas admettre qu’elle participe à une guerre qui lui est imposée et qui a fait sien le mot de George Orwell « la manière la plus rapide de finir une guerre c’est de la perdre » Surtout sans combattre.
 
 
 
 
 
 
 
 
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Published by martin
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9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 20:14
Monsieur le Président,
Je vous écris une lettre,
Que vous lirez peut-être,
Si vous avez le temps …
 
Oui, le temps, car un voyage en Chine, un autre en Algérie, une rencontre avec Angela Merkel et une autre Europe-Afrique, pour ne rappeler que les principales … ne doivent pas vous laisser beaucoup de temps. Surtout quand vous devez expliquer ce que depuis trente longues années on occulte, à savoir que les caisses de la France sont vides. Ce qui n’empêche pas votre gouvernement de «sponsoriser» une réunion de donateurs pour le pauvre peuple palestinien dont l’essentiel des dons demandés (plus de 5 milliards de $), se retrouvera probablement dans les poches de ses dirigeants comme souvent par le passé … Juste pour illustrer le propos, pendant que l’on ne nous montre que des dépôts d’ordures, des masures et des rues plein de gadoue dans les camps de «réfugiés» palestiniens, on oublie de nous montrer les propriétés de certains de leurs hommes politiques : voilà celle de M. Munib-al-Masri, entrepreneur aussi, à côté de Naplouse :
                                                           Munib-el-Nasr.jpg 
 Mais auparavant vous allez recevoir un clown. Vous avez accepté qu’il monte son chapiteau juste en face du Palais de l’Elysée (il aurait pu avoir la forme d’un avion comme celui de l’UTA détruit par des membres des services de sécurité de votre invité), car il a accepté de libérer les infirmières bulgares pour lesquelles son fils Seif el Islam, à propos du traitement subi dans les geôles libyennes par ces infirmières et le médecin palestinien, a déclaré à Al Jazeera «Il y a bien eu des tortures à l’électricité et aussi des menaces de s’en prendre à leurs familles» tout en reconnaissant que les six soignants n’étaient pas responsables de la contamination par le virus du sida d’enfants libyens dont 56 ont trouvé la mort.
Et vous avez accepté de lui fournir, toujours selon son fils, 14 Rafales, des flopées d’Airbus et, semble-t-il, un réacteur nucléaire. Remarquez, les Rafales personne n’en veut, les vendre à la Libye permettra d’oublier que les armées françaises sont obligées d’en acheter plus de 300, payés avec l’argent qui fait défaut aux caisses de notre pays.
 
Mais c’est vrai, c’est un clown qui a un cursus méritoire : actes terroristes de ses services secrets, ayant financé, entre autres, Carlos qui croupit dans une prison en France, et dont le seul mérite pour qu’il «réintègre» la communauté mondiale est d’avoir mis fin à un programme nucléaire militaire dont personne (et surtout pas l’Agence pour l’Energie Atomique Internationale et son Prix Nobel de chef) n’a eu vent. Mais peut-être l’avez vous invité à Paris car c’est un visionnaire qui en avril 2006 déclarait, toujours à Al Jazeera «Il y a 50 millions de musulmans en Europe. Des signes montrent qu’Allah accordera à l’Islam la victoire en Europe, sans épées, sans fusils, sans conquêtes. Les cinquante millions de musulmans d’Europe feront qu’Allah mobilise la nation musulmane de Turquie et l’ajoute à l’Union Européenne…/… Cela fait 50 millions de musulmans en plus…/…Cela fera 100 millions de musulmans en Europe. L’Albanie, qui est un pays musulman, fait déjà partie de l'Union européenne. La Bosnie, qui est un pays musulman, fait déjà partie de l'Union européenne qui deviendra un continent musulman en l'espace de quelques décennies»…/… «L’Europe est dans de beaux draps, ainsi que l’Amérique. Ils devraient accepter de devenir islamiques avec le temps, ou alors déclarer la guerre aux musulmans».
 
Mais vous, vous savez tout cela car le livre qui fait autorité pour l’avenir musulman de l’Europe (Eurabia, Bat Ye’Or) ne vous est pas inconnu comme vous n’ignorez pas les cris désespérés d’Orlana Fallaci ou les analyses d’un savant comme Bernard Lewis. Pourtant, vous voilà mettre en chantier le projet d’union Europe - Méditerranée que vous essayez de « vendre » aux pays du Maghreb.  Il n’a qu’un seul inconvénient, d’ailleurs clairement souligné par votre prochain invité, c’est qu’il s’adresse aussi à Israël ce qu’aucun de vos interlocuteurs arabes n’en veut pas. Vous savez tout cela mais ceux qui vous ont élu avaient cru vos promesses qui, au plan des affaires étrangères, semblent antinomiques avec ce que vous faites aujourd’hui.
 
Mais, de la Libye à l’Algérie il n’y a qu’un pas et il fallait bien le franchir, sinon pour faire repentance pour les «méfaits du colonialisme», tout au moins pour obtenir des contrats… Cette obsession des présidents français à jouer les commis-voyageurs vous a rattrapé aussi. Vous avez commencé en Chine où, enfin, on a signé (pour la dixième fois ?) une commande pour des Airbus et (ce n’est pas encore certain …) une autre pour des réacteurs d’une nouvelle génération (EPR). Et vous avez continué en Algérie obtenant 4,5 milliards de commandes. Et un réacteur nucléaire ? Le tout se payant en passant l’éponge sur les vexations à répétition que l’Algérie nous inflige et, bien sûr, en facilitant l’arrivée en France de ses citoyens qui ne veulent pas prendre leur part dans l’essor économique de leur pays pour ne pas parler de celui culturel qui se fait de plus en plus en dehors du français. Mais l’Algérie s’oppose à l’adhésion d’Israël à la « francophonie » dirigée aujourd’hui par un autre grand ami de la France, Boutros Galhi.
 
Monsieur le Président, libre à vous de faire croire à notre peuple que les quelques milliards de commandes comptent réellement vis-à-vis de la dette de plus de 1.200 Milliards d’euros (sans compter les autres 800 Milliards liés aux retraites des fonctionnaires et assimilés). Libre à ceux qui le veulent de le croire. Mais, en revanche, ce que vous n’avez pas le droit d’occulter, car il s’agit là du sort des pays limitrophes de la Méditerranée, et donc de la France, c’est à qui vous vendez les matériels militaires et, surtout, les réacteurs nucléaires.

Le Président Bouteflika
dans un mouvement qui a consterné le Maroc voisin, a augmenté d’une manière faramineuse les budgets militaires de l'Algérie. En 2006, il a signé un contrat de 7.5 milliards de dollars avec la Russie qui modernisera l’aviation algérienne en la dotant des derniers modèles de MIG et de Soukhoï (chasseurs-bombardiers). L’Algérie est menacée ? Pourquoi des bombardiers ?

Le peuple français ne le sait pas mais vous,vous le savez : l’Algérie entretient un programme nucléaire militaire depuis de très longues années. Il a été conçu dès l’origine avec un but militaire clair et ce pays continue de s'équiper des installations nécessaires pour effectuer toutes les activités liées au cycle complet pour obtenir le plutonium de catégorie militaire, ce qui constitue un élément principal dans tout programme nucléaire militaire.
Le programme nucléaire militaire de l'Algérie, centré sur le réacteur nucléaire d'El Salam à 250km au sud d'Alger a été longtemps caché au monde. Et quand les inspecteurs de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique ont visité le site, ils ont découvert des matériaux non déclarés comme trois kilogrammes d'uranium fortement enrichi, plusieurs litres d'eau lourde et des plaquettes d’uranium. Et pour faire plaisir à la France, sans doute, l’Algérie utilise les emplacements souterrains qui lui ont servi pour faire ses expériences militaires à la fin des années 50 et au début des années 60… De plus, Monsieur Bouteflika est un défenseur vigoureux du programme nucléaire iranien.
Monsieur Bouteflika que vous acceptez de dédouaner après les propos antisémites qui vous étaient adressés par un de ses ministres et qui, nonobstant ce qu’il vous a dit en français à ce sujet, avait indiqué clairement en arabe quelques jours auparavant que les remarques du ministre engageaient le régime.  Pour faire bonne mesure, ses adjoints ont fait savoir que le chanteur Enrico Macias, un de vos amis… ne devait pas se joindre à la délégation française. Et vous ne trouvez rien de mieux à faire à Constantine que de rendre équivalents deux termes (islamophobie et antisémitisme) qui n’ont rien de commun. Mais le propos est remarqué et apprécié.
Monsieur le Président,
Si seuls les contrats (somme toute, pas exorbitants) justifient votre attitude vis-à-vis d’un clown ancien terroriste ou d’un président qui en 1983 a été convaincu d’avoir détourné environ 900.000 dollars pendant sa carrière diplomatique tout en échappant à une condamnation (grâce à une amnistie du Président Chadli Ben Jedid sous la condition d’un exile pendant six ans) alors pourquoi l’ostracisme vis-à-vis de l’Iran ? Au moins quand les mollahs passent des commandes aux Russes, c’est par centaines d’avions militaires qu’ils le font, et ils savent pourquoi.
Une étude d’un «think tank» américain (Institute for Strategic and International Studies) esquisse les effets d’une guerre entre l’Iran et Israël, quelque part entre 2010 et 2020, au moment où l’Iran disposera de, mettons, 30 ogives nucléaires d’une puissance de 100 kilotonnes de TNT. Deux hypothèses sont étudiées : les missiles iraniens n’arriveront pas en Israël (défense anti-missiles existante déjà aujourd’hui) mais la Syrie utilisera son arsenal chimique et bactériologique. Les victimes seraient 28 millions d’iraniens, 18 millions de syriens et 800.000 israéliens (même pas tous juifs …). Remarquez bien, seule la date est hypothétique nonobstant les dernières tentatives visant à minimiser le danger constitué par l’Iran. Entre autres la réunion d’Annapolis qui, selon ses initiateurs américains, a donné la possibilité de réunir les pays arabes «modérés» désireux de s’opposer aux tentations hégémoniques iraniennes qui s’appuieraient sur la possession d’une bombe atomique. Et voilà, quelques jours après, le modéré roi d’Arabie Saoudite, que vous avez aussi reçu à Paris il y a quelques semaines, arrivait souriant, en tenant par la main M. Ahmedinejad à une rencontre des pays du Golfe :
Abdallah---Ahmedinejad.jpgAlors, les 3,5 milliards de dollars rapportés d’Algérie, comparés même avec le programme d’investissements algérien de 143 Milliards pendant les quelques années à venir, cela vraiment prête à sourire. Et on parle de dollars pas d’euros !
Qu’il n’y ait pas de malentendu cependant. En votant pour vous, on pouvait dire que si vous alliez faire la moitié du tiers du quart de ce que vous annonciez, cela valait la peine car la France n’en pouvait mais. Deux espérances se faisaient jour : au plan intérieur, faire sauter les verrous qui empêchent notre pays de suivre la voie de tous ceux qui se développent, et faire retrouver à la France une place de choix sur le plan mondial qui tournerait le dos à tout ce que ce pays avait fait de compromis et de compromissions avec des dictateurs sanguinaires en Afrique, au Proche-Orient ou ailleurs.

Monsieur le Président, c’est vrai que votre mandat finira en 2012 mais… on est loin de la moitié du tiers du quart…
 
©Michel Poirier pour LibertyVox
 
 
 
 
 
 
 
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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 13:24
 
Voilà tous nos journalistes (et pas seulement eux) se jeter sur le rapport américain (NIE – National Intelligence Estimate) comme des chiens affamés sur une charogne : enfin on a la preuve que l’Amérique mentait et que l’Iran ne veut pas avoir la bombe. Pas depuis hier, depuis … 2003 !
 
Pour ceux qui peuvent lire le « rapport » en anglais il est instructif de le faire : neuf pages dont 5 détaillant la procédure de constitution du texte et une détaillant les différences entre divers contributeurs. Soit trois pages qui, selon ce clament les partisans de la paix, vont changer la face du monde car on a la preuve que l’Iran est un pays pacifique et que Bush n’était qu’un va-t-en guerre. Essayons de voir de plus près.
 
Le rapport : trois extraits donnent une idée de la fiabilité de ce qu’il véhicule. (a) – «  Nous jugeons avec une confiance élevée que l’arrêt du programme militaire a duré au moins plusieurs années mais … nous évaluons avec une confiance modérée le fait que Téhéran n’aurait pas remis en marche ce programme d’armes nucléaires » ; (b)- « Nous ne savons pas si le programme nucléaire de l’Iran  prévoit actuellement le développement d’armes nucléaires » ; (c) - Nous évaluons avec une confiance modérée que l'Iran emploierait probablement des emplacements secrets plutôt que les sites connus pour la production d’uranium fortement enrichi à but militaire. Une quantité croissante de renseignements indique que l'Iran a été engagé dans des activités secrètes d'enrichissement en uranium »
Le contexte : le programme clandestin de l’Iran a démarré en 1982 et ce n’est qu’en 2002 que la « communauté internationale » a commencé à comprendre qu’il y avait anguille sous roche (découverte du site de Natanz) ; depuis, pendant cinq années, l’Europe a essayé d’obtenir des preuves irréfutables du caractère pacifique du programme (ce qui est absurde car si tel était le cas l’Iran ne l’aurait pas caché pendant 20 ans …) ; quelque chose s’est passé récemment (destruction par Israël d’un site probablement nucléaire en Syrie, visite de M. Poutine en Iran, « démission » du négociateur iranien, et d'autres événements encore). Et l’appointement d’un nouveau négociateur qui au cours de sa dernière rencontre avec X.Solana à Londres lui aurait déclaré, selon la New York Times : « Du passé on fait table rase (?!) et tout commence avec moi. Aucune de vos propositions n’est plus de mise. Aucune de vos propositions n'a plus de substance aujourd’hui et  tout que Larijani (l’ancien négociateur pendant cinq ans) a proposé est lettre morte et nous devons repartir de zéro.» Cinq années de discussion sans résultats mais … les services français, anglais, allemand (surtout car l’industrie allemande a fourni des équipements au moins « duals » sinon directement utilisables pour le programme militaire) se seraient tous fourvoyés dans leurs évaluations ?
La conclusion : (1) les paraphrases compliquées du rapport américain laissent comprendre que des gens de Washington utilisent la pratique connue « cover your ass » pour contrecarrer la honte de l’Irak ; (2) les services américains ont été pris de court quant le Pakistan a fait exploser sa bombe en 1998 et aussi quand l’Inde a fait la même chose quelques mois après (l’Inde dont on ne connaissait que le programme civil) ce qui en dit long sur ses performances ; (3) l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (et son chef, prix Nobel) qui existe depuis 1957 n’a mis à jour aucun des programmes nucléaires de par le monde (la dernière surprise – la Libye).
 
Il suffit aussi de voir comment les représentants de l’Iran se précipitent pour crier « victoire » et dire « on vous l’a toujours dit » en oubliant qu’ils ont menti pendant plus de 20 ans … Sic transit gloria mundi …
 
 
 
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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 20:34

Texte publié par Liberty Vox

Par un hasard dont l’histoire a le secret, la conférence d’Annapolis (avant-dernière tentative de mettre fin au conflit israélo-arabe, avant-dernière car il y en aura encore une …dans quelque temps) s’est tenue exactement 60 ans après la décision de l’ONU d’approuver le partage de la Palestine sous mandat britannique, en deux états, un Arabe et l’autre Juif. 

60 ans après, certains pensent que les esprits sont mûrs et que le sang versé depuis est suffisant pour qu’enfin on mette fin à ce conflit considéré par d’aucuns comme l’alpha et l’oméga de la situation inquiétante du Proche Orient et, partant, du monde. Serait-ce vrai ? 

Tout d’abord Annapolis. Après Madrid en 1991, après Oslo en 1993 , après Wye River en 1998, après Camp David en 2000, après Taba en 2001, après la « feuille de route », après la « vision de deux états de G .Bush », après les envoyés Mitchell, Tenet, Zinni, Dayton, après la création du « quartette » après l’évacuation de Gaza par Israël sans aucune contrepartie, après … Chaque fois, la « communauté internationale » saluait les efforts des deux parties et clamait haut et fort que « cette fois-ci, c’est la bonne ». Tout en n’oubliant pas de vilipender Israël, de montrer une compassion sans bornes pour les pauvres palestiniens et leurs représentants et d'ouvrir autant que faire se pouvait les robinets des milliards de dollars ou euros en faveur de l’Autorité Palestinienne. Sans jamais regarder, de trop près, dans quelles poches  atterrissait l’argent. Cela pour les gouvernements et les institutions internationales tandis que les gauches de partout assimilaient Israël au nazisme et lses actes de contre-terrorisme à un « génocide » des palestiniens. Mais alors pourquoi Annapolis ? 

Nonobstant les efforts de l’Administration américaine en faveur de la création d’un état palestinien, ce n’est pas la « Palestine » qu’elle avait en vue en forçant tous ses « alliés » du monde arabe de venir à Annapolis. Ce que l’Administration souhaite c’est un « front commun » d’opposition aux desseins nucléaires de l’Iran, c’est « d’isoler » l’Iran. Et pour cela, le prix à payer (le prix qu’Israël devrait payer …) c’est la création d’un état palestinien. On connaît le leitmotiv des pays arabes et du plus important d’entre eux, l’Arabie Saoudite : on aimerait bien aider les américains (et le monde entier …) aux plans du prix du pétrole, du terrorisme, de l’isolation de l’Iran mais … tant que le conflit avec Israël n’est pas résolu, la « rue arabe » ne le permettrait pas ». Et pour montrer qu’ils sont sérieux, les mêmes pays arabes ont tous approuvés « l’initiative saoudienne d’un plan de paix » qui offrait la normalisation de ses relations avec les pays arabes si Israël acceptait ce qu’ils demandaient. Ce «plan de paix » entériné par la Ligue arabe » - n’en est pas un (car non négocié) mais un diktat qui prévoit, à l’encontre des résolutions 242 et 338, non seulement le transfert des territoires perdus par les pays arabes pendant des guerres par eux initiées mais aussi, mais surtout, le retour de tous les « réfugiés » (4,5 Millions de palestiniens nés dans plusieurs pays, descendant des 650.000 à 750.000 qui ont fui –ou ont été expulsés, c’est selon- pendant la guerre de 1948) ce qui conduirait à voir non pas deux états pour deux peuples mais deux états pour le même peuple (vu, entre autres, le différentiel démographique palestiniens vs israéliens). Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que cette revendication, en fait, concrétise le refus d’accepter Israël comme état juif ce qui en soit est une raison suffisante pour ne pas l’accepter. Tel qu’il a été proposé, tel qu’il est soutenu, ce « plan de paix » est destiné à faire la paix avec un état qui ne sera plus Israël … mais avec lequel les relations seront normales. 

Annapolis ou pas, les états arabes ne veulent d’aucune manière accepter l’existence de l’état juif dans l’ensemble proche-oriental. Des preuves ? 

A peine l’encre des textes de la conférence a-t-elle séchée que Adel al-Jubeir, ambassadeur de l’Arabie Saoudite à Washington a déclaré que « les Arabes ne reconnaîtront jamais Israël comme état juif ». Saeb Erekat, principal négociateur du côté palestinien enfonce le clou et en indiquant la même chose ajoute « il n’y a pas d’exemple d’état dans le monde qui lie l’identité nationale avec l’appartenance religieuse ». Le pauvre, il a oublié la République Islamique de l’Iran, la Jamahiriya Islamique Libyenne et, en tout, les 56 pays musulmans. Ce qui pourrait ne constituer qu’un oubli. En réalité, ce que S. Erekat veut dire c’est la reproduction du discours récurrent de tous les pays arabes, « pas de reconnaissance d’un état juif ». Et voilà M. Abbas, l’homme auquel l’Occident (Etats-Unis y compris) fait maintenant confiance ajouter, lui aussi, « Historiquement, il y a deux états - Israélien et Palestinien. Israël est composé de juifs et d'autres, et ceci nous sommes prêts à reconnaître, mais rien d’autre ». Un sous-entendu est évident, dans l’Etat Palestinien il n’y en aura pas « d’autres ». 

Puisque l’on parle d’histoire essayons voir ce que l’ONU a décidé il y a 60 ans. La résolution 181 décidait « la création de deux états, ARABE et JUIF ». Non pas Palestinien et/ou Israélien. A l’époque la fiction du « peuple palestinien » n’avait pas encore été prise en charge par toutes les gauches ou tous les adversaires d’Israël de par le monde et les palestiniens n’étaient pas encore identifiés comme tels. La résolution répète les mêmes vocables, ARABE et JUIF, une bonne douzaine de fois. 60 ans après, les pays arabes et, surtout, les palestiniens qui n’ont toujours pas d’état (car les pays arabes ne l’ont pas voulu depuis 1948) ne veulent pas reconnaître l’Etat Juif. La traduction à Annapolis a été évidente : ni les représentants de l’Arabie Saoudite ni aucun des autres pays arabes (exception faite pour la Jordanie) n’ont voulu parler à la ministre des affaires étrangères d’Israël. Traitée, selon le Ministre des Affaires Etrangères des Pays Bas, comme « la sœur cadette de Dracula ». Et pour faire bonne mesure, les Etats-Unis de Condoleeza Rice ont accepté que les délégations arabes et israélienne entrent dans la salle de réunion par des portes différentes. Mais ne pas reconnaître Israël en tant qu’Etat Juif n’est pas innocent, n’en déplaise à ceux qui considèrent la demande comme signe de racisme. Le raccourci est évident, on veut créer un état pour les arabes (palestiniens) tout en espérant qu’avec le temps Israël deviendrait, aussi, un état arabe. Bref, non pas deux états pour deux peuples mais, pour commencer un état et demi pour un peuple et un demi-état pour l’autre en attendant mieux. En attendant mieux car l’état palestinien n’a jamais existé et les mensonges même répétées à satiété ne constitueront pas des vérités (ce qui tend à contredire Goebbels …). 

Mais, les palestiniens veulent-ils vraiment un état ? Depuis soixante longues années ils auraient dû (pu) comprendre que leur demande concernant le « retour des refugiés » en Israël ne sera jamais acceptée par aucun israélien, fût-il la plus gentille colombe. Aujourd’hui, après 60 ans, un état palestinien qui ne respecterait pas les contraintes liées à la sécurité d’Israël a encore moins de chances de voir le jour et ce nonobstant les intérêts des Etats-Unis (ou de l’Europe ou des pays arabes). Il s’agit là d’un élément majeur des changements intervenus depuis l’ère Clinton, depuis le 11 septembre 2001, depuis la guerre en Irak et depuis l’avènement annoncé de l’Iran nucléaire. Un état palestinien qui reproduirait Gaza ? Allons, donc. 

Bien sûr, on peut se poser la question de savoir pourquoi les dirigeants israéliens (de Rabin et Pérès à Netanyahu, Barak et Olmert), à l’exception d’A. Sharon, se fourvoient-ils, à répétition, dans des rêves pour trouver une solution à ce qui est insoluble. Des rêves qui deviennent des cauchemars : intifada, conflits asymétriques, homicides par suicide. Sur fond de compréhension mondiale des souffrances du peuple palestinien et de condamnations à tire larigot d’Israël pour tous ses pêchés propres ou qui lui sont prêtés. 

Il semblerait que deux explications soient possibles. Une qui tient à ce que l’on pourrait appeler « l’âme juive » : prendre sur soi plus que ce qu’on attribue à l’autre, de fautes, tenir compte de l’autre plus que de soi-même. L’autocritique n’a pas été inventée par les communistes, elle préexistait dans tout ce que les juifs se sont transmis de génération en génération. Et l’attitude qui en découle est constante, tant que l’on n’a pas la preuve de l’ignominie de l’autre, on essaye de vivre avec. Un des résultats de cette Weltanschauung a été les six millions de morts, en Europe, œuvre de son bras séculier, l’Allemagne nazie. Une deuxième explication tient à l’existence même d’Israël. Forte de tous ses succès contre toutes les tentatives de destruction (guerre de 1948, guerre de 1956, guerre de 1967, guerre de 1973, première guerre du Liban, deux intifada, deuxième guerre du Liban, etc.,) Israël ne veut pas intérioriser le dessein acharné, implacable, du monde arabe : sa destruction. Et alors, on essaye, tout, en espérant qu’un jour la « communauté internationale » comprendra que par delà le sort d’Israël, ce qui se joue au Proche Orient est le sort du monde occidental et en premier lieu de l’Europe. 

Des preuves ? Voilà ce qu’une sommité musulmane, Sheik Al-Qaradhawi, déclare : « La conquête paisible a des bases dans notre religion, et donc, je compte que l'Islam conquerra l'Europe sans recourir à l'épée ou au combat. Il fera ainsi au moyen de la da'wa et de l’idéologie. L'Europe est malheureuse à cause du matérialisme, de la philosophie de la promiscuité et à cause des considérations immorales qui règnent le monde. Il est grand temps pour l'Europe de savoir qu’elle n’a pas de bouée de sauvetage autre que l'Islam. L'Islam sauvera l'Europe du matérialisme qui y fait rage et dont elle souffre. La promiscuité, qui permet à des hommes d'épouser des hommes et des femmes d’épouser des femmes, horrifie. L’Islam est seul capable de lui donner un horizon sans lui refuser ce monde. Il peut lui accorder la foi sans lui refuser la science. Il peut lui accorder la vérité, sans lui refuser la puissance. Il peut la relier aux cieux, sans la détacher de la terre. Il peut lui accorder l'esprit, sans lui refuser la matière. Le message de l'Islam est un message d'équilibre global, et donc, je crois que la prochaine conquête sera conduite par le da'wa. Mais, naturellement, les musulmans doivent commencer à agir afin de conquérir ce monde. »
 
Comment expliquer la résistance d’Israël à tout ce qui lui a été infligé ? Les homicides par suicide, cette contribution du peuple palestinien au bonheur de l’humanité ont été, pratiquement, arrêtés en Israël. Mais, comme des métastases d’un cancer que l’on ne veut pas diagnostiquer, ils se sont développés en Europe, en Iraq, aux Philippines, en Indonésie, bref, partout où les « activistes ou militants » (dire terroristes serait prendre parti contre eux …) de l’islam veulent détruire les sociétés plus ou moins libres. Et si en Irak les homicides par suicide ont tués cinquante fois plus de musulmans que de soldats américains, de quoi se plaint-on, ils iront au paradis. Le monde a-t-il compris quelque chose après les autres contributions du peuple palestinien à son bonheur ? Les détournements d’avions, les prises d’otages ? Non, le monde n’a rien compris car il ne veut rien comprendre tout en espérant qu’il ne s’agit que « de juifs et des arabes ». 

Annapolis ? A peine finie cette conférence elle sera suivie par une autre, à Paris. Les bons palestiniens demanderont aux pays « donateurs » 5,5 milliards de dollars pour commencer à préparer la création de leur état. Après les dizaines de milliards de dollars et euros qu’ils ont reçus depuis des dizaines d’années tout en gardant leur « peuple » dans des « camps de refugiés » (dont la presse occidentale ne montre que les dépôts d’ordures ou les rues non pavées occultant les villas et les avenues bordées de palmiers ou les voitures de luxe qui y circulent), ils ont toujours besoin de l’aide du monde. La veuve de Yasser Arafat après les dizaines de millions de dollars reçus comme prix de son silence à la mort de son « époux », après avoir vécu pendant des années à Paris au Bristol (seul l’Hôtel Crillon est plus cher …) dispose maintenant d’une maison à Malte offerte par le Colonel Kadhafi, prochain visiteur de marque arabe à Paris. Les souffrances du peuple palestinien ? Le Président Mao disait, avec justesse, dans son Livre Rouge, ne donnez pas du poisson à ceux qui ont faim, apprenez-leur à pêcher. Pourtant, quand l’Etat français est « à sec » l’Europe (et la France) trouve toujours les milliards nécessaires à donner aux pauvres palestiniens. 

Pourquoi faire ? Les pays arabes et leurs frères palestiniens ne reconnaîtront jamais l’Etat Juif. L’Iran se prépare à acquérir les moyens pour pouvoir l’éradiquer. La Syrie (que la France recommence à cajoler pour obtenir une attitude moins inamicale au Liban) qui depuis plus de 25 ans se trouve dans l’orbite de l’Iran se prépare, elle aussi, à l’hallali. On a cru que ce qu’Israël avait détruit à Deir ez Zour c’était un réacteur nucléaire en construction. Les dernières informations dignes de foi montrent qu’il s’agissait d’un site d’assemblage de têtes nucléaires : du plutonium fourni par la Corée du Nord à charger dans de missiles dont la trajectoire (vue la distance) serait beaucoup plus précise que celles d’éventuels tirs à partir de l’Iran contre Israël. 

Dormez tranquilles, bonnes gens, l’histoire est en marche, Annapolis, Paris, Moscou, vous verrez tout s’arrangera. Sauf si un jour il y aura un feu d’artifices, souvenez-vous de Samson et de Massada.

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8 novembre 2007 4 08 /11 /novembre /2007 09:42

Occupée qu’elle est à souligner, à l’occasion des six mois de présidence, combien elle vomi N. Sarkozy, préoccupée par la relation des faits d’armes des centrales syndicales arcboutées sur les privilèges d’une catégorie de semi-fonctionnaires, faisant ses choux gras de l’histoire lamentable de l’Arche de Zoé, la presse française (papier, radio, TV) ne donne que peu d’importance à ce qui se passe ailleurs. Essayer, un soir, de suivre ceux qui « refont le monde » avec un journaliste de Marianne, une autre de Charlie Hébdo, la caricature qui représente l’Huma et un ancien trotskiste qui après avoir connu les ors du « monde » n’arrive pas à comprendre que la France vit dans une économie de marché non soumise aux lois des ses anciens maîtres à penser. 

Pourtant, depuis la visite de M. Poutine à Téhéran, la tournée de M. Olmert à Moscou, Paris et Londres, la « démission » du négociateur iranien pour le programme nucléaire « civil » interlocuteur de l’Europe qui a obtenu que le dit programme -pour l’essentiel l’enrichissement de l’uranium- se poursuive pendant cinq ans, les déclarations de MM. Bush, Cheney et d’autres, il y a des questions qui restent sans réponses. On dirait que le prolongement de la durée de cotisations de 37,5 ans à 40 ans pour des semi-fonctionnaires est un sujet autrement plus important que ce qui nous attend et pour lequel le bruit de bottes devrait servir comme avertisseur. 

Essayons de résumer ce qui s’est passé depuis le 6 septembre quand une formation d’avions israéliens a détruit, un « ancien centre militaire désaffecté transformé en institut de recherche pour l’agriculture » selon les déclarations (multiples mais contradictoires des officiels syriens, y compris du président de la république monarchique de Syrie). Les faits se sont fait connaître avec de plus en plus de précision : la Syrie était en train de finir la construction d’un réacteur à eau lourde destiné à produire du plutonium. Les photos satellite ont montré qu’il s’agissait d’un site à l’identique de celui que la Corée du Nord a utilisé pour obtenir le plutonium pour à son armement nucléaire pendant qu’elle menait en bateau (premiers accords avec l’Amérique de Clinton en 1993 …) le monde entier prétextant que son programme nucléaire était civil. Et accessoirement en s’assurant que la famine endémique de ses populations attirait suffisamment la « communauté internationale » pour que celle-ci subvienne à leurs besoins. Le réacteur syro-coréen était en construction depuis cinq ans. Il a été détruit avant de devenir « critique ». La Syrie, prise la main dans le sac, a réussi l’exploit de « nettoyer » le site en moins de trois semaines. Regardons les photos satellite d’avant l’intervention israélienne et après le « nettoyage ». A gauche – le site le 10 août et à droite – le site le 24 octobre.                                                   Site-r--acteur-syro-cor--en.jpgPhotos publiées par « GeoStrategy »

Pendant de très longues années les grands spécialistes européens ont considéré que la Syrie n’avait aucune ambition militaire visant le nucléaire. Depuis 2004 le rapport FOI-R-1290 édité par la Swedish Defence Research Agency et repris par tous les organismes militaires ou civils s’occupant de la prolifération nucléaire, affirmait d’une manière péremptoire « Pour ce qui concerne ses capacités nucléaires, toutes les informations disponibles indiquent que la Syrie focalise aujourd'hui ses ambitions nucléaires dans le secteur civil. La Syrie n'a aucune ambition pour un programme nucléaire militaire et le manque de ressources économiques et techniques requises pour un tel programme sont des arguments essentiels pour appuyer cette conclusion. » On sait cependant que le manque de ressources n’est pas un facteur limitant pour des dictatures décidées, quitte à affamer leurs peuples, de se doter d’armements de destruction massive. Du point focal constitué par la destruction du réacteur syro-coréen il n’a pas été trop difficile de tirer plusieurs types de conclusions :

a.  la Corée du Nord tout en acceptant de démanteler son programme nucléaire militaire a réussi sa dissémination ; en effet, il est maintenant patent que non seulement la Syrie avait acquis un réacteur pour fabriquer du plutonium mais …. l’Iran aussi ;

b. l’Iran -et c’est ce que M. Olmert est allé dire à M. Poutine et aux dirigeants européens- dispose d’un réacteur pour fabriquer du plutonium quelque part enfoui dans une montagne (plusieurs sites nucléaires existant en Iran, voir la carte publiée par Global Security) ; c’est pour cela que le site d’Arak a été construit, pour produire l’eau lourde nécessaire au réacteur ; les hypothèses circulant concernant la distance (en années) de l’Iran vers la bombe étaient toutes relatives à l’enrichissement de l’uranium mais pendant que ce pays menait, lui aussi, en bateau le monde entier, il préparait le matériau fissile nécessaire pour la bombe par une autre technologie ;

                           Iran--sites-nucl--aires.gif

c.  les contrôles de l’Agence Atomique Internationale dirigée par un Prix Nobel n’ont servi à rien, ni en Syrie ni en Iran ; ledit Prix Nobel a le culot de condamner Israël pour la destruction du site de Deir ez Zour car, dit-il, si Israël avait la preuve d’une activité syrienne illicite elle aurait dû la lui transmettre … ; pour faire bonne mesure, non content d’avoir fait de sorte que l’Iran continue ses activités (elles aussi illicites), il déclare, après des années de mensonges qui lui ont été servies par les iraniens « Je ne peux pas juger de leurs intentions, mais à supposer que l'Iran prévoit acquérir une bombe nucléaire, il aurait besoin encore de trois à huit ans pour réussir. Tous les services de renseignement conviennent de cela » (M. ElBaradeï, Le Monde) ; celui qui est en charge du contrôle des stipulations du Traité de Non Prolifération Nucléaire implique qu’il n’est plus question de « si » mais uniquement de « quand » ; pas vraiment « tous les services » car, voilà le chef du renseignement militaire israélien déclarer devant la commission des Affaires Etrangères de la Knesset que l’Iran pourrait disposer d’une arme nucléaire en 2009.

Il se pourrait qu’entre M. ElBaradeï et ceux qui ont mis à jour ce qui se tramait en Syrie, les grands de ce monde commencent à croire les deuxièmes. D’autant plus que leurs propres services de renseignement ne leur disent pas le contraire. Quant à M. Olmert, tout de go, il dit ce qu’il pense « M. ElBaradeï au lieu de nous assurer que l’Iran n’aura pas de bombe avant trois ans il aurait mieux fait (il ferait mieux) de s’assurer qu’ils n’auraient jamais eu la possibilité d’avoir une bombe ».

Les preuves apportées par M. Olmert aux Russes et aux Européens ont semblé suffisamment convaincantes pour que, par un virage dont ils sont coutumiers, surtout les Russes, on décide que le moment est venu pour des sanctions sérieuses contre l’Iran. Le front des « anti-sanctions » européens commence à se fissurer, l’Allemagne a presque viré de bord laissant l’Italie (et un peu l’Espagne) seule à s’opposer (la présence massive d’ENI dans l’exploitation des gisements de gaz iraniens n’est certainement pour rien dans cette opposition).

Sentant que l’atmosphère se réchauffait, l’Iran a remplacé, du jour au lendemain, le négociateur M. Larijani (trop accommodant …) et a fait déclarer au nouveau commandant des troupes de missiles que son pays, "à la minute à laquelle il serait attaqué, il lancerait 11.000 missiles contre des cibles prédéterminées américaines et israéliennes". Les bruits de bottes, version 2007, se font entendre. Mais que fait l’Amérique ?

Engluée en Irak, ne sachant pas comment faire avec l’Iran, voulant toujours assurer la survie des régimes sunnites dictatoriaux (Arabie Saoudite, mais pas seulement), se retrouvant avec un Pakistan en pleine crise de « démocratie » mais disposant d’un armement nucléaire [bravo la Russie, bravo la Chine, bravo la France (se souvient-on des techniciens militaires français assassinés au Pakistan il y a quelques années ?), bravo l’Amérique] elle cherche une solution, une formule magique, pour redorer son blason. Où ? Comment ?

Annapolis. Le conflit qui dure depuis la Déclaration Balfour (1918) serait en train de trouver une solution dans la cadre d’une conférence à laquelle participeraient, la mort dans l’âme, tous ceux qui ont besoin de l’Amérique face à l’Iran. L’Amérique est en train d’instrumentaliser le conflit israélo-arabe en sa faveur tout en jurant, la main sur le cœur qu’elle ne fera rien contre la sécurité d’Israël.

Pour commencer, comme d’habitude, on demande à Israël de faire des « concessions ». Car ce dont il est question, c’est de rétablir les « droits » du peuple palestinien. Tout en sachant que ce dernier (et ses dirigeants) ne peuvent ni accepter ni mettre en pratique les compromis dont tout le monde s’accorde pour considérer comme justifiés. La comédie dramatique à laquelle on se livre ne veut pas tenir compte de ce qu’il y a d’inscrit dans les tréfonds de la psychologie des interlocuteurs arabes d’Israël : « L'islam est contraire à l'esprit scientifique, hostile au progrès ; il a fait des pays qu'il a conquis un champ fermé à la culture rationnelle de l'esprit.» (Ernest Renan, conférence à la Sorbonne, 1883). Et, à répétition, on décrète qu’il y a « une fenêtre d’opportunité ; que le Fatah de M. Abbas (à la différence du Hamas qui gouverne le Hamastan de Gaza) est l’interlocuteur dont Israël avait besoin ; que les pays arabes « modérés » [l’Egypte qui permet la contrebande d’armes de toutes natures nécessaires au Hamas pour qu’il fasse saigner Israël en permanence, l’Arabie Saoudite qui a financé et finance tout ce bouge dans l’univers dans les mouvances wahhabites - terreau du terrorisme, la Lybie qui annonce tranquillement que l’Europe « où vivent déjà 50 millions de musulmans fera partie à la fin du siècle de l’oumma » (la Colonel Kadhafi, bientôt hôte de la France) et d’autres] sont prêts à faire la paix avec Israël.

La folie, disait Einstein, c'est se comporter de la même manière et s'attendre à un résultat différent. Ce que l’on veut en « rétablissant les droits du peuple palestinien » c’est de partager le timbre poste qu’est la Palestine entre deux peuples : un qui veut vivre sur sa terre et dont les actes de propriété trouvent leur origine plus de quelques millénaires auparavant et un autre qui veut non seulement vivre la où ses ancêtres récents vivaient mais aussi, mais surtout, sur la terre de ses éventuels futurs voisins. Il n’est pas superflu de le rappeler (il faut le faire chaque fois que l’occasion se présente) que  c'étaient les Arabes, pas les Juifs, qui ont rejeté le règlement proposé par la Commission Peele en 1937, qui donnait aux juifs seulement 17% de la « rive occidentale du Jourdain ». En 1947 c'étaient les Arabes qui ont rejeté le partage décidé par la communauté internationale via  l'ONU. En 1967 c'étaient les Arabes qui ont édicté les trois NON de la résolution de Khartoum (Non à la paix, Non à la reconnaissance, Non à toute négociation avec Israël). En 2000 c'est Arafat qui a rejeté les propositions de Clinton pour un règlement. Et on veut faire croire que, cette fois-ci, c’est la bonne, à Annapolis vous allez voir ce que vous allez voir. Sauf que, pour l’instant, les palestiniens ne sont pas encore disposés à reconnaître l’existence d’un Etat Juif et ils demandent toujours que les 4,5 Millions nés à l’étranger (héritiers des 650.000 à 750.000 qui ont fui ou que l’on a fait fuir à la création de l’Etat d’Israël quand cinq armées arabes ont essayé de rendre inopérante la décision de partage de l’ONU) reviennent « dans leurs foyers ». En demandant à Israël de faire des « concessions » l’Amérique la pousse vers le suicide. Rien n’a marché jusqu’ici et la dernière tentative (Oslo) s’est terminée en farce macabre (plus de morts par attentats en Israël pendant les quatorze années depuis Oslo que pendant les 40 années précédentes). Bruno Bettelheim écrivait : « tous ceux, juifs ou gentils, qui n’osent pas se défendre quand ils savent qu'ils sont dans leur droit, qui acceptent leur sort non pas en raison de ce qu'ils ont fait mais en raison de ce qu’ils sont, sont déjà morts par leur propre décision ; et s’ils survivent cela est uniquement une question de chance. Si les circonstances ne sont pas favorables, ils finissent dans les chambres à gaz » (La Vienne de Freud et alea).

Mais que compte Israël devant les besoins de la superpuissance américaine ? Le silence international qui a salué l'action d’Israël en Syrie (surtout de la part de pays arabes …) pourrait être interprété comme un encouragement général, donc américain, à une action israélienne décisive contre l’Iran. Car personne ne doute que le jour où l’Iran aura réussi à enrichir de l’uranium pour une arme nucléaire (plus de 93 % d’Uranium 235) Israël bombardera les sites essentiels à la production de ce matériau. Mais pour que cette action ne soit pas liée à l’Amérique, pour qu’elle puisse la condamner comme elle l’a fait pour la destruction du réacteur français de Saddam Hussein (imaginons  ce dernier disposant d’armes nucléaires pendant la première guerre du Golfe …) il faut qu’auparavant l’Amérique donne des gages aux pays arabes « modérés » … L’Arabie Saoudite, ….. Quitte à demander à Israël, une fois qu’elle a quitté Gaza et vu ce territoire se transformer en nouveau état taliban (mieux armé cependant) qu’elle quitte aussi toute ou partie de la Rive Ouest du Jourdain. Et de laisser à Israël une profondeur de 12 km de la mer à la frontière d’un nouveau état arabe (en attendant qu’il devienne aussi démocratique que Gaza). Gaza ? Le conflit qui oppose le Hamas islamiste et le Fatah a fait 350 morts dans la bande de Gaza au premier semestre 2007 selon Amnesty International dans un rapport publié il y a quinze jours. Une bavure israélienne (suite à des tirs de Qassam sur Israël) avait fait 19 morts : le Conseil de Sécurité de l’ONU s’est réuni et a pris une résolution …

Mais c’est ainsi que l’Amérique espère pouvoir atténuer un peu le désamour des populations arabes. Quant à l’Iran, des sources militaires américaines ont inféré que si, comme largement rapporté, la Syrie était en cours de construire un réacteur capable de produire du plutonium sur le modèle nord-coréen, l'Iran doit avoir certainement avoir acquis un tel réacteur avant la Syrie et serait alors à une étape plus avancée de production du plutonium à un endroit souterrain et secret.


Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire.
Einstein

 

 

 

 

 

 

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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 07:00

Texte publié par Libertyvox.com

A peine de retour d’une visite à Téhéran, V. Poutine vient de déclarer qu’il ne « dispose pas de preuves objectives selon lesquelles l’Iran serait en train de construire un armement nucléaire » Monsieur Poutine ne dispose non plus de preuves objectives quant à l’existence de Dieu mais cela n’empêche pas ce « pravoslavnik » de porter une croix à son cou, d’avoir baptisé ses deux filles et d’aller à la Cathédrale « Christ le Sauveur » à Moscou chaque fois qu’un événement important y prends place.
 
Pratiquement en même temps G. Bush, rappelle que l’année dernière il avait déjà indiqué qu’il « ne sera pas permis à l’Iran de disposer d’armes nucléaires ». Il enfonce le clou et fait savoir à ceux qui s’opposent à imposer des sanctions à ce pays qu’ils devraient changer de position s’ils sont « intéressés à éviter une troisième guerre mondiale ».
 
Enfin, toutes affaires cessantes, E. Olmert va voir V. Poutine à Moscou : tout en serrant la main qui la veille avait serré celle du pourfendeur d’Israël (et qui proclame, ouvertement, la nécessité d’éradiquer ce pays de la carte de la terre). Il lui rappelle que l’année dernière, dans une conférence de presse commune, il avait tranquillement affirmé « Israël ne peut pas se permettre le luxe de laisser se créer une situation où un pays commel'Irandispose d’armes non conventionnelles… Pour nous, quand le chef d'un pays dit qu’ il veut nous détruire, cela ne ressemble pas à d'une déclaration vide, mais à quelque chose que nous nous devons d’empêcher par toutes les manières possibles » Ce à quoi M. Poutine lui répond qu’il « comprend les craintes d’Israël et que la politique de la Russie tient toujours compte de sa sécurité »
 
Tout ce qui précède a déjà été écrit, fait l’objet de communiqués divers et a été gravé dans le marbre des promesses non tenues. « J’ai promis, disait un ancien premier ministre d’Israël, je n’ai pas promis que j’allais tenir ma promesse ». Futilités ?
 
Pendant presque cinq ans de négociations (après avoir caché pendant 18 ans son programme nucléaire) l’Iran a passé outre 12 ultimatums différents -pour arrêter son programme d'enrichissement d’uranium- et aux résolutions du Conseil de sécurité 1696, 1737 et 1747.  L’Iran a également rejeté un paquet très généreux d’incitations offertes par l’Ouest et la Russie, qui entre autres, lui promettait de l’aide pour développer un programme nucléaire civil, la fourniture d’un réacteur à eau lourde et une assurance multiple pour la fourniture de carburant nucléaire. Plus la promesse de joindre l'organisation de commerce mondial et finalement une série de garanties de sécurité. 
 
L’Iran a rejeté toutes les tentatives occidentales visant soit à obtenir la preuve que son programme nucléaire n’avait de but que civil ou d’arrêter l’enrichissement de l’uranium. Et a fait savoir qu’il n’arrêtera pas sa marche vers « l’indépendance nucléaire ».
Il ne faut pas être grand spécialiste du nucléaire pour comprendre que (a) enrichir de l’uranium naturel au-delà de 3,5 % d’uranium 235 (pourcentage suffisant en tant que combustible nucléaire pour les réacteurs) n’a de sens que si l’on vise, à terme, un matériau utilisable pour les armes nucléaires et (b) qu’il n’y a aucune raison d’enfouir ses installations nucléaires sous de dizaines de mètres de terre et béton dans des sites montagneux (voir la photo satellite du site de Natanz). Il suffit pour s’en convaincre de se souvenir que les sites nucléaires sensibles comme Cadarache (en France) ou Los Alamos (Etats-Unis) ou même Doubna (Russie) ne sont pas enterrés. On peut se souvenir aussi que les sites liés à l’armement nucléaire, en Russie par exemple, se trouvaient (se trouvent ?) dans des villes souterraines abritées au-dessus par des villes fermées (Perm, pour en citer une). Comme ce site de Natanz (inconnu jusqu’en 2002) 100.000 m² de superficie, enterré à moins 20m dans une montagne). Selon certaines estimations, il pourrait abriter jusqu’à 50.000 centrifugeuses, produisant assez d'uranium à utilisation militaire pour plus de 20 bombes et ensuite une douzaine par an à partir de la fin de la décennie. D'autres évaluations indiquent que le site abrite, déjà, 5.000 centrifugeuses depuis fin 2005 ou 2006. Si cela est, l'Iran est capable de produire assez d'uranium enrichi pour plusieurs armes nucléaires tous les ans. Bref, n’en déplaise à V. Poutine, il existe un faisceau d’indices concordants constituant autant de « preuves objectives » quant à la volonté de l’Iran de se doter d’armes nucléaires.
 
Usine-enrichissement---Natanz.jpg 
 
        Photo publiée par www.globalsecurity.org et www.geostrategy.com
 
Mais la communauté internationale n’avance qu’avec l’avant dernière des énergies vers l’application de sanctions fortes et efficaces à l’Iran. Dès lors, l’alternative devant laquelle on se trouve est simple : une intervention militaire -ce n’est pas une bonne option-  et ne rien faire -ce qui conduira inexorablement vers un Iran nucléaire.
Ce deuxième terme de l’alternative semble, pour l’instant, devenir prépondérant dans pas mal de pays qui devraient avoir leur mot à dire. On se souvient de l’ancien Président français qui disait « L’Iran, avec une bombe ou deux, il fera quoi avec ? » Le temps que son entourage le pousse à dire le lendemain qu’il ne voulait pas dire ce qu’il avait dit mais … en ajoutant des propos encore plus lourds de conséquences. Et voilà l’ancien commandant des forces américaines en Irak, John Abizaid, déclarant tranquillement «On devrait faire tous les efforts possibles pour empêcher l’Iran de se doter d’armes nucléaires mais si ces efforts ne réussissent pas le monde pourrait vivre avec un Iran nucléaire » Et d’ajouter « Les Etats-Unis pourront décourager l’Iran d’employer son armement nucléaire et dès lors je doute qu’ils voudront nous attaquer avec cet armement » Comment ? D’évidence par une action militaire. Mais alors, pourquoi attendre ?
Le premier terme de l’alternative, l’intervention militaire, peut être évité (on le pense) à condition d’imposer d’urgence les sanctions les plus dures et les plus efficaces à l’Iran. Si seulement l’Europe le voulait …
 
L’Europe se rend, pour le moment, complice du terrorisme en général et des intentions de l’Iran en particulier. Non seulement pour des raisons qui tiennent à la vulgate dominante de gauche, ennemie irréductible d’Israël et de son existence, mais surtout parce qu’elle subventionne en réalité la marche vers la bombe de l’Iran.
 
Trois pays, en particulier, empêchent l’application de sanctions dures : l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie. En laissant de côté les responsabilités historiques des deux premiers dans la destruction de 6 millions de juifs en Europe, leurs raisons sont premièrement d’ordre économique. En effet, l’Europe assure la moitié de toutes les importations iraniennes.
 
Allemagne : l’Iran est son plus grand marché au Proche Orient, ses exportations ont représentés plus de 5 Milliards d’euros en 2006 : 50 sociétés allemandes sont installés en Iran et ce sont plus de 12.000 sociétés qui y disposent de représentants. Si d’aventure ce pays était soumis à un embargo, HERMES (l’équivalent de la COFACE, assureur des exportateurs), devrait débourser encore 5 Milliards pour compenser les exportateurs allemands[1]. L’Allemagne représente presque 50 % des importations totales de machines et équipements industriels de l’Iran. Dont la quasi-totalité peut être utilisée, aussi, pour le programme nucléaire … car plus de deux tiers du secteur industriel iranien dépendent de la technologie allemande (M.Tockuss, Président de la Chambre de Commerce germano-iranienne). Et pour mesurer, en partie, ce dont il est question, il suffit de rappeler que si l’Iran venait à subir un embargo de la part du Conseil de Sécurité de l’ONU, c’est 10,000 emplois qui seraient directement perdus en Allemagne dans les jours qui suivraient. Dans ces conditions, les jérémiades de Mme Merkel concernant la responsabilité indéfectible de l’Allemagne vis-à-vis d’Israël confinent à l’humour noir de second degré.
Autriche Les exportations autrichiennes vers l'Iran sont protégées par des garanties gouvernementales. Selon l'Österreichische Kontrollbank, l'Iran était en 2005 le cinquième pays à bénéficier de telles garanties. En 2007, l'entreprise viennoise OMV a signé une lettre d'intention confirmant son engagement dans un projet gazier gigantesque en Iran, en justifiant la chose (Martin Bartenstein, ministre de l'Économie), par la nécessité de disposer d’une source d'énergie significative pour l'Europe et en insistant sur l'importance d'assurer la sécurité énergétique de l'Union. Sans doute, par rapport à la dépendance actuelle de l’Europe (30 % de ses besoins) d’un autre pays démocratique, la Russie. Selon le même ministre, l’Iran est devenu le partenaire commercial le plus important de l’Autriche en Asie depuis 2003.
Italie Grand pays exportateur, après avoir pendant des années fait de la Libye un marché captif en lui fournissant des équipements « duals » (utilisables pour des applications civiles et militaires) l’Italie est devenu le troisième fournisseur de l’Iran. Forte de ses exportations de machines et d’équipements industriels divers (représentant le tiers des produits manufacturés exportés), l’Italie a dépassé en 2006 les exportations françaises vers l’Iran. R. Prodi qui n’a pas peu contribué au développement des relations commerciales entre l’Europe et l’Iran, ne peut qu’être satisfait de la situation du commerce italo-iranien. Quant à savoir la destination exacte des équipements exportés ou des produits (semi-militaires) de Finmeccanica …mieux vaut regarder ailleurs. Tout en conseillant à Israël d’entamer des négociations avec les supplétifs de l’Iran, le Hezbollah ou e Hamas, par exemple.
Enfin, pour couronner le tout, le Prix Nobel en charge du contrôle de la prolifération nucléaire, Mohamed Baradeï, déclare « D'ailleurs, puisque les puissances principales du monde ont accepté que la Corée du Nord dispose d’armes nucléaires, elles devraient faire la même chose avecl'Iran »
Cela étant, si vu des rives du Potomac, du Danube ou de la Spree l’hypothèse d’un Iran nucléaire n’empêche pas de dormir les gens, les choses sont relativement différentes pour Israël. Et les réminiscences historiques présentes. Car on ne peut pas s’empêcher, entre autres, de rappeler les 6 millions de juifs exterminés en Europe et les 6 millions d’israéliens (tous juifs) qui habitent Israël. Oui, il y a aussi plus d’un million d’arabes en Israël mais les mollahs ne vont pas s’arrêter à ce genre de détails. Alors, la possibilité qu’un jour un mollah plus mollah qu’un autre décide d’appuyer sur le bouton qui commande le lancement de fusées Shihab 3 (portée plus de 2.000 km) portant des charges nucléaires vers Israël, cette possibilité-là empêche de dormir pas mal d’israéliens.
Naturellement, une autre difficulté pour Israël vient de l’irrationalité de l’agresseur présumé. En effet, les plus hauts dirigeants de l’Iran ne cachent pas leur volonté de sacrifier jusqu’à la moitié de leur population pour pouvoir détruire, une fois pour toutes, Israël. A partir du moment où une approche suicidaire est possible, toute approche rationnelle devient impossible. Et aucune dissuasion n’est plus de mise.
Et de la même manière de laquelle la France, l’Allemagne et la Russie s’étant opposés aux moyens pacifiques pour détruire la dictature de Saddam Hussein, ont provoqué une intervention militaire, de la même manière le monde entier, par ses atermoiements,  pousse tranquillement mais inexorablement Israël vers l’option militaire.
Tout d’abord, rappelons-nous ce qu’un autre Prix Nobel (économie) prône à ses concitoyens israéliens :   Nous devons arrêter d’utiliser des slogans vides de sens tels que « la paix se fait avec ses ennemis » Afin d’avoir la paix nous devons en premier lieu être disposés à faire la guerre. Nous devons changer notre état d'esprit. C'était non seulement les Romains qui disaient que ceux qui cherchent la paix devraient se préparer à la guerre. Même la théorie des jeux, pour laquelle j'ai reçu le prix Nobel, indique cela. Nous devons être préparés émotionnellement, disposés à accepter et à infliger la mort et de ne pas crier « la  paix, la paix, » toute au long de la journée. Seulement si nous sommes disposés à tuer et à être tués nous ne serons pas tués. C'est le paradoxe de la guerre.(Professeur I. Aumann).
 
Reste donc l’option militaire. Est-elle possible ?
 
L’Iran a fait savoir (ou on a su par d’autres moyens) qu’il dispose de plus de 70 centres nucléaires bien enterrés et que des bombardements n’affecteront en rien sa marche vers « l’indépendance nucléaire ». Des armes conventionnelles américaines permettent de pénétrer plus de 9 mètres de blindage ou d'atteindre des profondeurs de plus de 30 mètres dans la terre, mais les installations iraniennes sont paraît-il enterrées à des profondeurs comprises entre 30 et 60 mètres. En outre, l'Iran a entreposé ses bunkers sous des couches composées en alternance de terre et de ciment. Ce dispositif peut absorber l'impact de bombes à pénétration. Que protègent-ils dans ces sites ? Pour l’instant, surtout les centrifugeuses qui enrichissent l’uranium. Ces équipements sont très vulnérables aux secousses telluriques elles risquent de se déforment et de fonctionner correctement. Le site de Natanz a ses équipements enfouis sous des couches de composées de terre et de béton, à plus de 20 mètres de profondeur. Ce qui les protège contre les effets des armes conventionnelles les plus puissantes. Reste le nucléaire mais … personne n’imagine une frappe d’Israël avec une (ou des) bombe(s) atomique(s) pour répéter Hiroshima. En revanche, Israël a conçu (et par conséquent en dispose) une arme nucléaire propre, la bombe à neutrons. Seule capable de venir à bout des sites iraniens ou d’assurer des mouvements telluriques tels que les centrifugeuses seraient rendues inutiles. Au moins pour quelques années … Pour ce qui est de l’acheminement de ce type d’arme, Israël dispose de vecteurs (missiles de croisière, par exemple) possibles à lancer à partir de plateformes terrestres, navales ou aériennes. Cependant, Israël tout en espérant une opération américaine se prépare pour le cas où, à Washington, ils n'auront finalement pas le courage d’en décider une. Comme ils n’ont pas eu (la volonté ?) le courage de détruire eux-mêmes le site nucléaire syrien en cours de construction en s’opposant même à ce qu’Israël le fasse.
Israël a déclaré de toutes les manières  possibles qu'il considérera une arme nucléaire entre les mains de l'Irancomme le franchissement d’une ligne rouge.L'Iranle sait pertinemment et jusqu'ici n’a changé ni ses objectifs ni les plans pour les atteindre. On vient même d’apprendre que celui qui mène en bateau la « troïka » européenne depuis trois ans (ancien commandant des Gardiens de la Révolution) vient d’être démissionné (trop « arrangeant » …) ce qui laisse les mains encore plus libre au pyromane iranien dont le contrôle est assuré par le « Guide Suprême ». Dès lors, une confrontation entre les deux pays semble inévitable.
Cassandre ? Pourquoi Israël ne ferait pas siennes les paroles de J. Chirac, de janvier 2006, quand il refondait la doctrine de l’utilisation du nucléaire par la France ?  « Tout de suite après les attaques du 11 septembre 2001 j’ai souligné que la dissuasion nucléaire n’a pas été prévue pour décourager des terroristes fanatiques. Cependant, les chefs d’états qui emploieraient des moyens terroristes contre nous comme ceux qui envisageraient l’utilisation d’armes de destruction massive, doivent savoir qu’ils devront s’attendre à une réponse adaptée de notre part. Cette réponse pourra être conventionnelle. Elle pourra être également d’une nature différente. »
 
Les discours de G. Bush ? La compassion montrée par V. Poutine à E. Olmert ? Les déclarations des leaders européens protestant de leur volonté de ne pas mettre en danger la sécurité d’Israël ? La France dont le silence, pour l’instant, est assourdissant ? La rencontre ce jour deN. Sarkozy avec E. Olmert pour lui dire que « c’est le moment de faire la paix » ?  
 
Perte de temps complète que de discuter de la paix avec des gens qui ne veulent rien d’autre que de voirIsraëldisparaître. Il est aussi absurde de penser pouvoir changer les objectifs de l’Iran que d’empêcher un « kamikaze » musulman d’appuyer sur le bouton qui le fera exploser.
Des futilités en géopolitique.

La tragédie est annoncée, les acteurs sont en place, l’action va commencer. 

Il ne restera plus qu’à pleurer …
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


[1] Les éléments concernant les relations économiques entre les pays de l’Europe et l’Iran qui suivent sont repris d’après www.realite-eu.org, statistiques OCDE et nationales.
 
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Published by martin
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