Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Recherche

1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 07:59


190 morts et plus de 250 blessés dans l’action terroriste islamiste à Mumbai (Bombay). Avec sa finesse habituelle quand il s’agit des islamistes, Le Figaro titre «  … dans deux hôtels de luxe ». Il faut connaître l’état des hôtels en Inde car l’Oberoï et le Taj Mahal n’ont rien de plus que nos Sofitel ou Novotel. Mais laisser croire le bas peuple qu’il s’agit du Ritz ou du Crillon à Paris, cela rend la chose « si non excusable, au moins explicable » (Hubert Védrine, premiers attentats suicide en Israël).

Trois cent quatre-vingt un cadavres ont été entreposés dans une mosquée à Jos, ville du centre du Nigeria en proie à des violences post-électorales entre chrétiens et musulmans, a déclaré aujourd'hui un correspondant local de Radio France Internationale (RFI), qui les a comptés. Il les a comptés, mais il n’a pas dit qu’ils étaient tous chrétiens. « Des violences entre chrétiens et musulmans » formule qui cache la vérité des pogroms subis par les chrétiens nigériens, œuvres des musulmans nigériens.

Conférence à Doha, en présence de M. Barroso le président de la Commission Européenne, Le fameux Ahmedinejad prophétise, au nom de l’Iran « Tout en exprimant ma sympathie pour les Palestiniens et en mettant en garde les criminels sionistes professionnels, j'annonce que le régime sioniste touche à sa fin et que davantage de crimes ne pourront le sauver", "Dans un avenir proche, les concepts d'agression et de sionisme seront rayés de la carte. » Le commentaire d’AFP : "Israël, qui accuse l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire, n'exclut pas l'option militaire pour mettre un coup d'arrêt au programme nucléaire de l'Iran. Téhéran assure que ce programme a des objectifs purement pacifiques." Ce qui met sur un pied d’égalité les soupçons des « cinq puissances membres du Conseil de Sécurité + l’Allemagne » avec les « assurances » de l’Iran que seul Israël persécute … Et notre Nicolas Sarkozy national de féliciter Barak Obama de vouloir « un dialogue sans concessions avec l’Iran » Après plus de sept ans de dialogue avec concessions (multiples, proposées par les mêmes puissances) porté par des clowns européens chapeautés par l’inutile Javier Solana.

Débat sur BBC (en arabe) entre Dr Hilbawi (ancien porte-parole des Frères Musulmans  en Occident) et Dr Yassin (analyste politique) : « Les enfants israéliens sont-ils des cibles militaires légitimes ? » Ne cherchez pas ; la réponse est positive car tout enfant israélien est un soldat en perspective. Certes, l’islam s’oppose à l’assassinat de civils mais … vous avez compris.

Les grands esprits, les savants du monde occidental, s’évertuent à démontrer que le « choc des civilisations » n’en est pas un. Pour commencer, si on avait le courage, on devrait parler du choc de la barbarie et de la civilisation. Car les quatre exemples évoqués (parmi de milliers d’autres) montrent que les barbares qui tuent, assassinent, terrorisent le monde actuellement se réclament tous de l’islam. On nous dira que l’on trouve tout dans la Coran, le bon et le mauvais. L’occident a choisi, une fois pour toutes, le bon tandis que ses ennemis qui veulent sa destruction par des moyens démographiques ou terroristes on choisi, une fois pour toutes, le mauvais.

Mais, on nous dira que si tous les terroristes aujourd’hui sont musulmans, tous les musulmans ne sont pas terroristes. Sans doute. Mais, où sont-ils les musulmans « modérés » qui protesteraient, en descendant dans la rue ou en incendiant les boutiques, comme ils l’ont fait pour les fameuses « caricatures de Mohamed » ? Avez-vous entendu une seule « autorité » musulmane s’opposant ouvertement aux assassinats perpétrés au nom d’Allah ? Non, vous n’en avez rien entendu car rien d’autre ne rend les masses musulmanes solidaires que le rêve d’un califat mondial, fondé sur l’application de la Charia qui adviendra après la destruction des juifs et des chrétiens (et de leurs valeurs judéo-chrétiennes).  Et les bonnes âmes de vous dire que ceci ne fait pas partie de nos valeurs que d’incriminer une population (elle fait 1,5 Milliards d’êtres) à cause de « quelques extrémistes musulmans ». La perversion du langage : « activistes » pour la presse française quand il s’agit des tueurs du Hamas ou du Hezbollah, « militants » pour les mêmes (ou Antenne 2, LCI ou CNN) quand il s’agit de terroristes agissant ailleurs qu’en Israël, « résistants » quand il s’agit des talibans en Afghanistan., "extremistes" partout pour les séparer des "bons" musulmans ! Pourtant… selon une enquête de Gallup dans 27 pays musulmans ils seraient 7% qui approuvent Al Qaida, ce qui fait quand même un réservoir de plus de 100 millions d’assassins potentiels.

Et que faisons-nous ? L’Europe, perdue, car incapable de comprendre que les leçons de la deuxième guerre mondiale ne devaient pas conduire à un pacifisme autant béat qu’inefficace, a cru qu’en prenant la voie de l’Eurabia (Bat Ye’or) elle allait se sauver. L’Occident, en général, pensant que jeter Israël aux chiens comme il le fait depuis plus de 40 ans, sera suffisant pour laisser aux générations futures la défense de ses valeurs judéo-chrétiennes.

Au départ il y a eu la contribution palestinienne au bonheur de l’humanité, le détournement des avions. Après, les assassins suicidaires en Israël. Le point de départ ? Rencontre de l’OLP d’Arafat avec Giap, le stratège du Viet-Cong après la publication par Maspéro de son livre « Guerre du peuple – Armée du peuple » : La délégation de l'OLP a félicité Giap pour sa grande victoire et a demandé quand pensait-il que les groupes terroristes seraient en mesure de vaincre Israël. Il a répondu avec un seul mot : jamais. Quand on lui a demandé pourquoi, il a répondu: en raison du manque de détermination. (Dr. D. Altman, Centre pour le Dialogue Stratégique). Point de départ ? Oui, avec une idéologie (l’islam), de l’argent (Arabie Saoudite et le pétrole au départ, l’Iran et le pétrole ensuite), et des armes (de partout mais surtout de l’Union Soviétique et de ses épigones, la Russie ou la Biélorussie aujourd’hui via l’Iran ou la Syrie). Mais l’Occident a cru qu’il s’agissait seulement de la destruction d’Israël « cette erreur historique regrettable » (Michel Rocard).

Mais la barbarie islamiste, moyens de communication occidentaux aidant (car leurs serviteurs sont tous acquis à « l’apaisement » et à la défense des « pauvres et humiliés » - naturellement  musulmans …) n’a pas hésité à montrer son visage. De la décapitation du journaliste américain Pearl devant une caméra (image distribuée abondamment par Al Jazeera) à la lapidation de femmes adultères en Afghanistan ou la décapitation d’apostats à Djeddah et jusqu’à une condamnation (il y a trois semaines) de destruction des yeux par de l’acide par des juges en Iran … personne ne s’en est ému. Pourquoi ? Soit parce que l’on pense que cela ne peut jamais nous arriver soit parce que le mépris pour « ces gens-là » est tel que l’on tourne la tête quand on entend parler d’eux. Et si c’est ce deuxième terme de la proposition qui est vrai, ceci explique, pour l’essentiel, l’opposition à la dernière guerre en Irak (car on a oublié depuis longtemps la première pendant laquelle l’Irak a détruit le Koweït frère) : on serait mieux avec Saddam qui ne tuait que ses sujets que maintenant avec Al Qaida et alea. Comme on était plus tranquille avec l’Afghanistan des talibans et de Ben Laden qu’avec celui d’aujourd’hui où nous envoyons des troupes pour se faire tuer par les mêmes. Qui se souvient encore (car la crise est venue tout effacer entre temps) de l’ignoble reportage de Paris Match que de non moins ignobles reporters ont fait sur la mort de dix soldats français ? Jusqu’à faire vomir en laissant comprendre que si on s’en allait de là-bas, les talibans interviewés allaient assurer la paix en France !

La barbarie islamiste. Comment peut-on parler de civilisation en s’y référant ? Mais de la même manière de laquelle l’Occident (l’Europe la première quand ce n’était pas notre pays le premier) a cru que les terrorisme musulman n’était que palestinien et allait être apaisé par, soit un accord avec (Oslo), soit la disparition d’Israël, l’Occident se réveille (espérons-le) avec une nouvelle forme de terrorisme. Ce n’est plus la femme débile mentale qui se fait sauter  sur un marché à Baghdad ou, même, l’illuminé qui veut arriver au paradis pour s’offrir les 70 vierges aux yeux noirs …

Ce dont il est question aujourd’hui c’est d’actions proprement militaires qui supposent entrainement, logistique et moyens d’actions qui ne sont disponibles qu’aux états. Lesquels ? L’Iran, le Liban, le Pakistan, la Syrie, la Libye et Gaza. Un dénominateur commun ? L’islam. Un ennemi unique ? Les juifs et les chrétiens.

Et on ne veut toujours pas voir ce qui crève les yeux. Le Hezbollah annonce qu’il dispose de plus de 40.000 fusées pointées sur Israël quand il ne disposait que de 12.000 en 2006. A Gaza, trois ans après le départ du dernier israélien, au lieu de transformer le territoire en ”Hong Kong” de la Méditérannée (Mahmoud Abbas appelant les investissueurs), on l’a transformé en ”hamasthan” équivalent à l’état taliban. Plus d’Internet dans les cafés et ... plus de cafés. Le tout, une fois le Fatah expulsé, se trouvant sous la coupe du Hamas, organisation militaire aujourd’hui disposant de fusées à moyenne portée (la bonne presse français ne les appelle plus ”artisanales” ... Mais ce n’est que le sommet de l’iceberg.

Ce qui s’est passé à Bombay le démontre clairement. Aux assassins suicidaires individuels ou faisant partie d’une « cellule » on a substitué une armée de l’ombre disposant de nouvelles branches qui sont celles d’une organisation militaire. Sauf qu’elle utilise toujours la doctrine et les moyens de la terreur. L'avantage des terroristes islamistes armés est d'abord et avant tout le fait qu'ils ne sont  soumis à aucune loi ou convention internationale. Ils ne sont pas soumis non plus aux pressions des « droithommistes » ou aux principes de « l’état de droit » et ils n’ont des comptes à rendre à personne. C’est le terrorisme constitué en unités de combat. Car il est évident que l’attaque terroriste islamiste à Bombay a nécessité un havre de paix pour l’entraînement, des moyens financiers non négligeables, des moyens de planning et de recherche d’informations hors de portée d’un groupe « d’extrémistes islamistes » (pour adopter le langage politiquement correct). Ce qui s’est passé à Bombay (rien d’autre que ce qui s’est passé à Madrid il y a quelques années) vient rappeler aux jeans foutres occidentaux ce dont il est question. Pendant qu’il discutent doctement  des moyens pour éviter « le choc des civilisations » les assassins sont à nos portes.  Et nous devrions agir contre eux, contre les états qui sont les sponsors du terrorisme, contre tout ce qui est potentiellement hostile avec la détermination qui est la leur pour les faire disparaïtre de la face de la terre. Tuer 1,5 milliards de musulmans ? Certes non. Mais peut-être qu’après avoir fait subir à quelques dizaines de milliers le même sort qu’ils nous font subir, l’enthousiasme pour aller vite au paradis se verra réduire comme une peau de chagrin. Voeux pieux ? Pourquoi ne pas essayer, juste pour voir ?

Car, au fond, la seule manière d’éradiquer cette nouvelle barbarie (avant que l’Iran ne dispose de la bombe) c’est d’empêcher l’accumulation des menaces, de les découvrir et de les éliminer, par tous les moyens. Et peut importe que les bonnes âmes diront ”si on fait cela c’est que nous serons comme eux”. Laissons-les, avec notre Ségolène nationale prêcher aux assassins islamistes « aimez-vous les uns les autres ». Et si l’on pense que cela peut marcher … les enchères sont ouvertes sur ebay.

Partager cet article

Repost0
20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 16:21
L’illusionniste
Ou l’irresponsabilité  de la politique étrangère de la France

Depuis l’invasion de la Géorgie par la Russie, arguant de sa responsabilité de président de l’Union Européenne, on a vu Nicolas Sarkozy vibrionner en s’apparentant plus à une sorte de maladie de Parkinson mâtinée d’un peu d’Alzheimer. On laisse de côté le caractère épileptique de ses agissements en France (le matin il s’occupe du meurtre d’un étudiant poignardé par un malade mental  tandis que l’après-midi il décide de « renationaliser » des chantiers navals …). Contentons-nous de regarder ce qu’il fait au plan international là où, par delà l’Europe, il s’agit de la politique étrangère de notre pays.

Trois sphères d’intérêt et d’actions sans répit pour notre président : la Russie et ses nouvelles ambitions impériales, la Syrie et son ancien vassal, le Liban et, naturellement, la sauvetage de l’économie mondiale par la réforme du «capitalisme financier»

La Russie.  Représentant en chef des tenants de la politique d’apaisement, notre président s’est fait avoir par les Russes qui, une fois qu’ils lui ont fait signer les termes d’un accord de « cessez-le-feu » en Géorgie, les ont transgressés sans vergogne. Et la France de dire « problème de traduction » … Trois fois ensuite l’ineffable Bernard Kouchner est allé sur place pour constater que les Russes ne respectaient pas  leurs engagements. Avec deux conséquences : le dépeçage de deux territoires de la Géorgie (après avoir pendant des années assuré qu’ils allaient respecter  sont intégrité territoriale) et, encore plus important, l’annonce d’une politique « impériale ». Le nouveau président russe (D. Medvedev) et à sa suite le ministre des affaires étrangères, S. Lavrov, ont érigé au rang de nouvelle politique le postulat des « sphères d’influence » édicté comme « cinquième principe de la politique étrangère russe ». En clair, la Russie s’arroge le droit d’intervenir dans des pays situés dans des zones frontalières si ses intérêts le commandent. Et, naturellement, ils sont les seules à déterminer quels sont leurs intérêts … Et quand on regarde les zones frontalières on comprend que l’Europe a quelques soucis à se faire pour l’avenir …


En rouge clair des pays conquis par la Russie au fil du temps, en rouge brique pays  contrôlés après la 2ème guerre mondiale.

Pour ce qui est de la Géorgie, sacrifiée aux intérêts des promoteurs de l’apaisement vis-à-vis de la Russie, rien à faire. Et voilà notre président, trois mois après, en allant à l’encontre de la volonté d’un grand nombre de membres de l’Union, accepter le « business as usual » avec la Russie (et le même Kouchner de dire « Oui, les russes n’ont pas fait ce qu’ils avaient promis. Et alors ? On a arrêté la guerre, non ? »). Et il invite Medvedev à Nice pour discuter du développement des relations entre la Russie et l’Europe. Comment justifier ce nouvel engouement de la France pour un pays à régime autoritaire et qui a déçu tous les espoirs formulés au moment de l’implosion de l’Union Soviétique quant à sa marche vers la démocratie ?

Dernière avancée démocratique de la Russie de Poutine et Medvedev, la durée du mandat présidentiel sera portée à 6 ans. On peut déjà parier sur le fait que Medvedev, qui n’est qu’un clone de Poutine, présentera sa démission en 2009 et que … Poutine redeviendra président. Peut-être même avec Medvedev comme premier ministre …  Ce tandem aura pleins pouvoirs, obtenus d’une manière « démocratique jusqu’en 2020 … C’est ce tandem qui, non seulement a fait abandonner à la Russie la voie démocratique initiée par Gorbatchev et développée par Eltsine, préside à la transformation de leur pays en pays sous-développé, que notre président a choisi d’appuyer comme Jacques Chirac l’a fait en son temps.

Russie qui, par exemple, n'a montré aucune amélioration de la santé publique au cours des huit dernières années. Malgré tout l'argent des coffres du Kremlin, les dépenses de santé ont été en moyenne de 6 % du PIB de 2000 à 2005, comparativement à 6,4 pour cent de 1996 à 1999. Ce qui veut dire environ 450 $/habitant à comparer avec les 6.400 $/habitant chez nous … La population russe a diminué depuis 1990 (de 157 à 143 millions), à cause de la baisse de la fécondité et de l'augmentation du taux de mortalité et cette baisse s'est aggravée depuis 1998. Les maladies non transmissibles sont devenues la principale cause de décès (maladies cardio-vasculaires représentant 52 % des décès, trois fois le chiffre des États-Unis), l'alcoolisme compte maintenant pour 18 % des décès des hommes âgés de 25 et 54 ans. À la fin des années 1990, la consommation annuelle d'alcool par adulte était de 10,7 litres (par rapport à 8,6 litres aux États-Unis et 9,7 au Royaume-Uni) tandis qu’en 2004, ce chiffre était passé à 14,5 litres. Et on estime que 1,0 pour cent de la population russe est actuellement infectée par le SIDA et que son taux d'infection est supérieur à celui de n'importe quel autre pays en dehors de l'Afrique. Ce pays qui dispose de plus de moyens nucléaires qu’il faut pour détruire 1.000 fois la planète laisse sa population disparaître car il a choisi de retrouver le rang de super-puissance qui était celui de l’Union Soviétique. Quitte, pour cela être rongée par la corruption généralisée qui la place selon les classements mondiaux entre les Philippines et le Rwanda (Transparency International) …

Mais, la vulgate dominante de nos élites (droite et gauche confondues pour le support de Nicolas Sarkozy apporté à la Russie) est très simple : la Russie ne peut être gouvernée autrement que par un système politique autoritaire. Et peu importe que la renationalisation des moyens de production (90 % de l’exploitation du pétrole et du gaz se faisait à dominante privée en 2004, ce pourcentage est descendu à 60% en 2008 selon la BERD) se fait en détruisant des actifs immenses comme ceux de Youkos (valeur boursière de 100 Milliards de $, partis en fumée par l’emprisonnement de son actionnaire qui a fait montre de velléités politiques dérangeant Poutine). Ou que la Bourse de Moscou (pas seulement à cause de la crise) a vu 80 % de sa capitalisation partie en fumée (2.700 Milliards de $ début 2008, 500 Milliards de $ actuellement).

Pourquoi notre président fait-il le lit des nouveaux dictateurs de la Russie ? Toujours la vieille antienne ayant dominé la politique étrangère de la France : faire bloc avec la Russie pour pouvoir s’opposer aux Etats Unis. Quelle dérision … s’allier avec un pays en voie de sous-développement pour s’opposer à une super-puissance dont toutes les valeurs devraient nous approcher. Et que va obtenir la France de tout cela ? Rien. Sauf d’être pris pour des « pas sérieux » et « dangereux » par ceux dont la mémoire est moins courte (l’Europe de l’Est, les Pays Baltes, le Pays Bas, l’Angleterre, etc.,). L’illusionniste ne peut que faire illusion …

La Syrie. De la même manière qu’il a « vendu » la Géorgie aux Russes notre président a vendu la Liban à la Syrie. Pourquoi ?

Le grand dessein, dévoilé par ceux qui lui sont proches, a été (est ?) de détacher la Syrie de l’Iran. En premier lieu, pour rendre services aux monarchies absolues sunnites des pays du Golfe dont la peur de l’Iran chiite dépasse tout ce que l’on peut imaginer.  Pour la France, qui se veut le meilleur ami des pays arabes, voilà un projet exceptionnel. Ses plus proches collaborateurs font le chemin de Damas (Claude Guéant et Jean-Paul Levitte), Bernard Kouchner aussi et puis le président lui-même. Selon des sources bien informées (voir le quotidien londonien Al-Hayat) il aurait déclaré au président syrien Bashar Al-Assad que, « même si la commission d'enquête internationale détermine que des personnalités syriennes ont été impliqués dans l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafiq Al-Hariri, cela ne signifie pas que le régime syrien peut être tenu responsable de l'assassinat ». Et fort de cette promesse la Syrie laisse élire un président accommodant au Liban et obtient, avec l’accord tacite de Nicolas Sarkozy, que le Hezbollah (ses supplétifs et ceux de l’Iran) obtiennent un droit de véto sur les décisions du gouvernement de ce pays. Avec deux conséquences, la milice qui (selon une résolution du Conseil de Sécurité dont la France a été un des deux promoteurs) aurait du être démantelé depuis 2006 non seulement garde ses armes mais accroit son arsenal (elle possèderait actuellement 40.000 fusées pointées sur Israël) et, en cas de guerre avec Israël ce dernier pourra détruire non pas une petite partie des infrastructures du Liban mais leur totalité. Car, si le Hezbollah entre en guerre de nouveau, cette fois-ci, il le fera en tant que membre du gouvernement libanais … Deux manières de vendre le Liban : laisser à la Syrie les mains libres pour y faire ce qu’elle veut et, en cas de conflit, laisser les libanais subir le poids des représailles israéliennes.

Mais la Syrie elle aussi, comme la Russie, sait obtenir ce qu’elle veut obtenir de ce président qui donne la préférence à l’immédiat, aux échos d’une action spectaculaire par rapport au moyen ou long terme ou par rapport à des actions réfléchies, au moins, au plan de leurs conséquences.

La Syrie connaît ses intérêts. Le Sud du Liban est sous l’emprise du Hezbollah dont on apprend (par l’ancien président italien Cossiga, Corriere des Sera, août 2008) qu’il dispose d’un blanc seing fourni par l’Italie : « Je peux affirmer avec une certitude absolue que l’Italie a un accord avec le Hezbollah selon laquelle les forces de la FINUL ferment les yeux sur le réarmement du Hezbollah, tant que celui-ci ne mènent pas des attaques contre ses soldats de la force". Mais le Nord, où l’influence du Hezbollah est moindre mérite qu’elle s’en occupe. Et on voit un déploiement de troupes syriennes autour du Liban tel que l’ancienne présence militaire dans ce pays n’a pas connue.

Nicloas Sarkozy préside à cette disparition en marche de toute souveraineté libanaise tout en sachant ce que la Syrie veut et prépare. Ni plus, ni moins disposer d’un arsenal nucléaire. Il a fallu plus de douze mois au Prix Nobel dirigeant l’Agence Internationale pour l’Énergie Nucléaire en charge de du contrôle du respect des engagements de non prolifération nucléaire, pour sortir un rapport ce mercredi 19 novembre qui affirme que « le complexe syrien bombardé par Israël il y a 14 mois avait des caractéristiques ressemblant à celles d'un réacteur nucléaire ; les quantités d’uranium trouvés sur place attestent de l’existence sur ce site d’un réacteur nucléaire ; comme les fonctionnalités qui incluent notamment la proximité du site en cause à une capacité de pompage d’eau pour le refroidissement nécessaire à un réacteur » Il s’agit de plus que d’un faisceau d’indices concordants : il s’agit de preuves matérielles selon lesquelles ce qu’Israël a détruit était bien un site nucléaire. Nicolas Sarkozy le savait depuis longtemps, cela ne l’a pas empêché de vendre le Liban à la Syrie ni d’inviter le président syrien à la parade du 14 juillet à Paris. Ni d’affirmer, chaque fois qu’il lui sied bien que l’Iran ne devrait pas être laissé continuer sa marche vers la bombe ou qu’il se considère comme le meilleur ami d’Israël.

 
Le 17 octobre 2008 la Syrie a fini l’encerclement de la moitié Nord du Liban.

Et tout cela pour rendre service aux monarchies du Golfe, pour tenter de séparer la Syrie de son bailleur de fonds iranien, pour pouvoir continuer « la politique arabe de la France ». Aussi pour que des mouvements terroristes à l’origine desquels on trouve toujours l’Iran, la Syrie et/ou le Hamas et le Hezbollah n’opèrent pas sur le sol français. Real Politik, quand tu nous tient …
Mais notre président, profitant de la crise financière mondiale, s’est trouvé investi d’une mission encore plus importante : réformer le système financier mondial et transformer le « capitalisme financier ». Ce qui lui a valu l’approbation et le soutient immédiat de Hugo Chavez  qui a déclaré « Encore un peu et Sarkozy sera aussi socialiste que moi ». Hugo Chavez qui a offert, comme présent, à  Ahmadinejad un Airbus A340-200 en signe d’amitié pendant que la France interdit l’export d’avions modernes à l’Iran …
La France qui est l’avant dernier pays en Europe pour la tenue de ses engagements « Maastricht » (on oublie que c’est François Mitterrand qui a imposé les deux critères majeurs, 3% maximum pour le déficit annuel et 60% du PIB pour l’endettement d’un pays) veut reformer le système financier mondial. La France qui promettait à ses partenaires depuis 2003 qu’elle allait  respecter les critères qu’elle-même a proposé, d’abord en 2006 ensuite en 2008 ensuite en 2010 ensuite en 2012 et maintenant … au Calendes Grecques, la France qui vit non seulement au-dessus de ses moyens mais a crédit, la France qui sans le parapluie de l’euro aurait eu depuis la création de ce dernier au moins deux sinon trois dévaluations, la France de Nicolas Sarkozy veut reformer le capitalisme … Système économique qui, pour paraphraser Churchill « est le plus mauvais sauf tous les autres … ».

La crise financière mondiale a bon dos quand on regarde ce que notre président a fait depuis son élection. De 1.150 milliards d’euros de dette nationale, en 18 mois nous sommes arrivés à 1.300 milliards d’euros. Et le déficit annuel continue de grimper : 60 milliards d’euros cette année pour 51 prévus. Mais ce n’est pas cela qui le ferait réaliser des reformes sérieuses ou arrêter de changer la nature de ce qui est commencé dès que les sondages d’opinion montrent que sa popularité est en train de faiblir … Et voilà des renationalisations, des primes accordées en veux-tu, en voilà, qui pour la rentré scolaire, qui pour les familles nombreuses, qui pour Noël, qui pour les lobbies de ceci ou de cela. Quelle importance, c’est la crise et les engagement pris …  on verra une autre fois dit son conseiller en chef, Henri Guiano.
Mais personne ne le prend au sérieux. Ceci ne serait pas grave sauf qu’il représente la France. C’est la France qui a essuyé un revers de politique étrangère il y a une semaine quand, à son insistance, un sommet de 20 pays s’est réuni à … Washington.  Pour décider quoi ? De se revoir en avril 2009 après avoir laissé le temps aux spécialistes de proposer les modalités d’une reforme du système financier mondial ! Mais ce système ne fait que refléter les us et coutumes du système capitaliste. Est-ce à dire que la France veut « socialiser » l’économie mondiale ? Si c’est cela, nonobstant  l’adhésion immédiate de tout ce qui est de gauche en France (et aussi un peu de droite …), vaste programme ! Mais dans un pays où 25% de ceux qui travaillent émargent au budget de la nation (fonctionnaires et/ou assimilés) et, à ce titre, ont le droit de nous faire vivre à crédit, dans un pays où les syndicats représentent toutes tendances confondues moins de 1% de ceux qui travaillent, eh bien, dans un tel pays son président ne peut (ne veut) pas grand’chose. Surtout si ce qui l’intéresse n’est pas le sort de la France dans dix, vingt ou trente ans mais sa popularité immédiate.

Et voilà le tour bouclé : de la Russie dont les ambitions impériales reviennent comme une maladie génétique, qui empêche tout ce qui pourrait se faire contre l’Iran qui veut sa bombe, de ce Moyen Orient qui n’aura la paix (selon les islamistes que la France courtise par Hezbollah et Hamas interposés) qu’au moment de la disparition des chrétiens et des juifs des territoires qu’Allah doit posséder, de ce monde capitaliste dont la contribution au progrès de l’humanité est sans concurrent depuis qu’il existe, de tout cela notre président et avec lui sa France essaye de faire son miel. Ce qui ne l’empêche pas de s’enfoncer dans le déclin économique qui ne promet pas des lendemains qui chanteront …

J’avais oublié : Barak Obama est « son ami » et il est certain qu’avec eux deux, sous leur impulsion,  le monde va changer.  Des vœux pieux ?


Partager cet article

Repost0
23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 08:12
Texte mis en ligne (avec quelques retouches ...) par libertyvox@libertyvox.com


Entrées dans une zone de turbulences, par temps fort, les grandes puissances économiques cherchent des solutions pour redonner aux marchés financiers la confiance dont ils ont besoin pour pouvoir fonctionner sans encombre. Il est remarquable que le plus grand détenteur de réserves en dollars, (trois mille milliards …) la Chine, brille par son absence de toutes les grandes rencontres dont le but est de montrer la solidarité du monde face à une crise  dont on s’efforce encore à occulter les raisons profondes. Mais ce qui est encore plus remarquable c’est que l’Europe avec notre président à sa tête, s’active à faire entrer la Russie dans le cercle de ceux qui devraient décider de ce qu’il y a à faire. La Russie de Monsieur Poutine. A-t-on raison de vouloir cela ?


De premier abord il semblerait que cette démarche soit justifiée. La Russie n’a-t-elle pas été admise au G7 qui est devenu G7+1 ? N’a-t-elle pas des réserves de plus de 500 milliards de dollars ? Certes, sa dernière aventure en Géorgie -agression qui n’est que la répétition de ce qu’elle a fait pendant les 100 dernières années, chaque fois que les pays limitrophes semblaient ne pas vouloir tenir compte de sa volonté- a rafraîchi l’enthousiasme d’une partie de l’Europe pour la considérer comme un pays « en voie de démocratisation ».  Certes, son opposition actuelle aux tentatives de solution des conflits partout dans le monde (Iran, Proche-Orient, Soudan et tout dernièrement l’Amérique latine) qui traduirait sa volonté de revenir au statut de l’Union Soviétique,  pose problème à tous ceux dont l’apaisement sert de viatique. Certes, le fait que l’Europe est prisonnière des fournitures russes de gaz et pétrole rend les choses délicates dès qu’il s’agit de fixer des « lignes rouges » à ne pas transgresser comme, par exemple, respecter l’intégrité de la Géorgie. Pourtant -et pour des raisons différentes- trois pays (la France, l’Allemagne et l’Italie) se sont faits les chantres de la collaboration avec la Russie de Monsieur Poutine.


L’Allemagne parce que premier investisseur occidental en Russie et parce que « l’Ost Politik » fait partie de ses intérêts vitaux (rien de nouveau sous le soleil, Hitler aussi avait besoin de « l’espace vital » qui se trouvait à l’Est). Aussi parce que son dernier Chancelier  (G. Schröder) avant de se vendre à Monsieur Poutine pour un salaire annuel de 1 Million d’euros a imposé au parlement allemand un accord énergétique et le trajet d’un oléoduc financé en grande partie par son pays : trajet conçu par la Russie pour éviter de passer par la Pologne …


L’Italie parce que premier investisseur dans l’industrie automobile russe et premier fournisseur de ce pays dans des produits de l’industrie alimentaire et/ou du luxe. Aussi parce que l’Italie soutient la politique de la Russie d’opposition à l’application de sanctions contre l’Iran. Pays dans lequel l’Italie vise (espère), mettre la main sur l’exploitation d’un énorme gisement gazier et pour laquelle elle est prête à financer la construction d’un nouveau gazoduc qui, selon les souhaits de la Russie et de l’Iran, ne passerait pas par des pays « non sûrs » (Géorgie, Turquie, etc.,).


La France ? Constance diplomatique oblige, notre pays ne fait que suivre sa ligne traditionnelle qui consiste à favoriser la Russie face aux Etats Unis. Constance diplomatique depuis le Général et qui a culminé par l’impensable alliance « Chirac – Schröder – Poutine » contre les Etats Unis au moment du déclenchement de la guerre en Irak. Et nonobstant les professions de foi de notre président concernant son amitié pour les Etats Unis (ce qui a fait que d’aucuns l’avaient rangé dans la catégorie des « atlantistes »), lui aussi fait le lit de la Russie sans se préoccuper de ce que ce pays et son dictateur actuel représentent. « Real Politik » ?


Mais quelle Russie veut-on faire entrer dans le cercle des décideurs pour résoudre les problèmes mondiaux et, cette fois-ci, la crise financière ?


En avril de cette année la Russie a approuvé la résolution 1808 du Conseil de sécurité des Nations Unies relative à la souveraineté de la Géorgie, son indépendance et son intégrité territoriale. Par ailleurs elle a toujours déclaré qu’aucune opération militaire d’un pays contre un autre ne pouvait se faire sans l’autorisation de l’ONU. Mais pendant des années elle a préparé l’opération « Géorgie » et dès la première réponse du gouvernement de ce pays à ses provocations elle l’a envahi en détruisant tout sur son chemin. Ensuite, elle a reconnu « l’indépendance » des deux provinces rebelles (avec Cuba, Venezuela et le Hamas …) et, en vertu d’accords militaires tout de suite négociés et mis en œuvre, elle y a installé ses fusées et son artillerie pour tenir sous leurs menaces Tbilissi, la capitale de la Géorgie. Pour ceux qui n’ont pas la mémoire courte tout cela rappelle l’invasion de la Pologne en 1939 quand l’Armée Rouge y est allé pour « protéger les minorités russes et biélorusses » de ce pays. Et la déclaration de Sergueï Lavrov le Ministre Russe des Affaires étrangères faite à la mi-septembre, semble sortie tout droit des archives de son ministère : « C’est le leadership géorgien stupide qui a plongé le pays dans cette malheureuse guerre. La Russie a réintégré la scène internationale en tant qu'Etat responsable qui peut défendre ses citoyens", a-t-il dit. "Si d'aucuns doutaient de cela, nos actions pour contraindre la Géorgie à (accepter) la paix (...) et la reconnaissance de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie devraient avoir dissipé leurs doutes", a-t-il ajouté. Remplacez la Géorgie par la Pologne et vous trouverez exactement ce que l’Union Soviétique de Staline avait déclaré en 1939 quand ses troupes ont occupé, presque, la moitié du pays.

Et qu’a fait la France de Nicolas Sarkozy ? A la tête de l’Europe elle a fait conclure un « plan de paix » qui, entre autres, prévoyait le retrait des troupes russes sur les positions d’avant l’invasion de la Géorgie. Quelques heures après que Nicolas Sarkozy ait signé de sa main les accords conclus, plusieurs de ses stipulations ont été contredites par le Kremlin, laissant l'énergique président français paraître pour un idiot. Alors … un deuxième tour à Moscou pour obtenir que les troupes russes se retirent : promis, juré ce sera fait dans les dix jours après l’envoi d’observateurs européens au plus tard le 1er octobre. Et on envoie notre Kouchner national pour constater, le 8 octobre que les russes n’ont pas respecté leur parole. Qu’à cela ne tienne, avec le culot monstre que l’on lui connaît, il répond à une journaliste qui lui fait remarquer que les accords sont violés "Les phrases, c'est quelque chose, la réalité, ça en est une autre. Vous avez une autre solution ? " Voilà pour la Géorgie. Sauf que …  Monsieur Poutine a eu à constater que les marchés financiers ont pris conscience de ce qui se passait et la bourse de Moscou a perdu plus de 500 Milliards de $ de capitalisation (Gazprom seul a vu sa capitalisation passer de 350 Milliards de dollars en mai 2008 à moins de 150 Milliards de dollars en août 2008 bien avant la crise financière …) et que plus de 45 milliards de dollars sont sortis de Russie courant août et septembre. Le tout comme conséquence de l’agression contre la Géorgie.


Mais cette saignée des finances russes venait après une autre, qui s’est passée au mois de juillet quand le dictateur actuel s’en est pris au groupe Mechel, géant du charbon et de l’acier, denrées convoitées par son entourage car représentant deux secteurs de très grande rentabilité économique. En lançant une menace, à peine voilée, de lui faire subir le même sort que celui de Youkos. Vous vous souvenez ? Premier groupe pétrolier du pays, dépecé, démembré, mis en faillite, détruit (ainsi que la valeur qu’il représentait) car son actionnaire principal a eu des velléités politiques opposés au Kremlin. La sortie de Monsieur Poutine a coûté 60 Milliards de dollars à la capitalisation de cette société mais … plus de 20 % à la bourse de Moscou. Monsieur Poutine a-t-il compris quelque chose ?

On nous dira que l’économie de la Russie a été reconstruite pendant les années de présidence Poutine. Sauf que cela a été fait sur un seul pilier, l’énergie. C’est à dire sur le pétrole et le gaz. En effet, ces dernières années les prix du pétrole et du gaz ont explosé. La Russie de Monsieur Poutine n’y est pas étrangère. On  peut situer le commencement de la vertigineuse augmentation du prix du baril à l’année 2002 car jusque-là le prix du baril est resté pratiquement constant. Que s’est-il passé en 2002 ? C’est la découverte par la communauté internationale du programme nucléaire à but militaire caché. Suivie, rapidement, par la guerre en Irak et par l’envolée des prix qui se voient multiplier par cinq !
 
C’est là qu’il faut trouver les raisons de l’opposition russe à toute sanction sérieuse contre l’Iran. En maintenant un régime de sanctions trop faibles pour modifier le comportement de l’Iran, la Russie perpétue une situation qu’elle juge bénéfique pour elle. Non seulement l’augmentation des prix déstabilise les marchés internationaux du pétrole -les prix étant plus élevés qu’ils ne devraient être- mais les grandes réserves de gaz naturel de l’Iran sont hors d’atteinte pour une utilisation européenne, ce qui renforce la dépendance du continent de la Russie.  En clair, la politique actuelle sert parfaitement les intérêts de Moscou. D’une part, elle empêche toute action militaire contre l’Iran, de l’autre, elle a enrichit la Russie par le maintien d’un prix du pétrole élevé, tout en lui permettant de dicter en grande partie la politique européenne en facilitant son dépendance énergétique vis-à-vis d’elle.

Mais ce faisant, Monsieur Poutine a rendu l’économie de la Russie  presque totalement dépendante du prix du pétrole. Ce qui, par contrecoup, peut provoquer son effondrement si le prix du baril se contracte. En effet, le budget russe est constitué sur la base d’un baril à 95 $, attendons-nous à voir la Russie souffrir quand celui-ci descendra vers 65 $ (il est déjà à 70 $ et la tendance baissière est évidente car, de plus, il y aura une réduction de la demande suite à la crise financière …).


La Russie de Monsieur Poutine fait illusion quand on ne regarde que les grattes-ciel de Moscou, les constructions de luxe partout et, même, la préparation des jeux olympiques à Sotchi. Elle fait illusion car, en réalité, la société russe est encore plus faible qu’elle ne l’était pendant l’époque soviétique. « C’est parce que la Russie n’a rien, que le pétrole et le gaz. Nos magasins vendent des vêtements turcs, des appareils électroniques chinois, des chaussures de sport d’Indonésie, des téléphones portables taïwanais  et ainsi de suite. Même le ciment est maintenant moins cher à importer de l’étranger que de le produire en Russie. » (Kommersant, Moscou).


La Russie n’a rien, elle n’est pas un « grand pays » et toutes le rodomontades des « agents d’influence » (ou des « idiots utiles » …) n’y changent rien.

À la fin de la guerre froide, l’Union Soviétique avait une population totale de près de 300 millions d’habitants et un produit national brut estimé à environ 8.200 $ par habitant. À cette époque, les Etats-Unis avaient une population de près de 250 millions et un produit intérieur brut d’environ 20.800 $ par habitant. Déjà à l’époque les Etats Unis avec une population inférieure assuraient une économie égale au double de l’Union Soviétique. Vingt ans plus tard, la population russe est d’environ 140 millions d’habitants, avec un PIB d’environ 9.300 $ par habitant $, alors que la population des Etats-Unis dépasse 300 millions d’habitants, avec un PIB de 44.000 $ par habitant (chiffres 2006). Aujourd’hui, la population des Etats-Unis est le double de la Russie et l’économie américaine est dix fois plus grande.

Monsieur Poutine a présidé à cette descente aux enfers de la Russie. Comment ? Pourquoi ? Essentiellement parce qu’il a décidé que la plus grande tragédie du 20ème siècle a été la disparition de l’Union Soviétique et que, dès lors, il fallait par tous les moyens (faire revenir la Russie au standing qui était le sien il y a plus de vingt ans. Sauf que …


Sauf que la population russe est en train d’être décimée par les ravages du Sida, de l’alcoolisme et de la tuberculose ( ?!) pour ne pas parler du tabagisme, des suicides (un des plus grands taux au monde) ou … des accidents de circulation. La tuberculose ? L’Organisation Mondiale de la Santé considère qu’il s’agit d’une épidémie. Maladie totalement éradiquée dans les pays développés. Mais regardez les chiffres : 300 millions d’habitants aux Etats Unis, 650 personnes mortes de cette maladie. Russie, 140 millions d’habitants … 24.000 morts en 2007. La Russie représentait 21% des cas de tuberculose enregistrés en Europe en 1990, elle a représenté 35 % en 2006 (Statistiques OMS). Mais ce qui est plus grave c’est le Sida : en Europe occidentale, 70% des personnes infectées  sont des hommes de plus de 30 ans, en Russie, 80% des personnes infectées sont âgées de 15 à 29. Un dessin pour la suite ? Et pour conclure,  un extrait d’un rapport du Docteur Guennadi Onischenko, Directeur des Services Sanitaires de Russie : « 9% seulement des hôpitaux de Russie qui soignent la tuberculose répondent aux normes d’hygiène, 21% ne disposent pas d’eau courante, chaude ou froide et 11% n’ont pas le tout-à-l’égout » (cité par H-M. Fechbach,Woodrow Wilson International Center for Scholars). Ce qui explique, en partie, pourquoi l’espérance de vie de l’homme russe n’est que de 57 ans (et décline constamment) et que l’écart avec celle des femmes (14 ans) est le plus grand connu dans le monde développé.


Alors que Monsieur Poutine, disposant de pouvoirs sans limite,  a capitalisé sur son industrie pétrolière, la volatilité du marché mondial du pétrole signifie que le risque d’un retournement est élevé. Et que la population russe, déjà mal lotie, s’enfoncera encore dans sa misère. La bourse russe, thermomètre de son ouverture à l’économie de marché, vient de voir partir en fumée plus de deux tirs de sa capitalisation du mois de mai 2008. Combien ? Presque 1.000 milliards de $ ! Mais au lieu de s’occuper de la santé, du développement des infrastructures, de la ré-industrialisation du pays, bref, de tout ce qui conditionne l’avenir des russes, Monsieur Poutine et son entourage on veillé à l’accaparation des moyens de productions les plus rentables et au partage des profits en faveur d’une nouvelle nomenclature, pour l’essentiel, d’origine KGB. Comme Monsieur Poutine lui-même.


Trois événements apparemment sans relation, ont conduit à cette dégringolade : l’affaire Mechel, la guerre en Géorgie et la crise financière. Mais si l’on regarde de près on est forcé de voir que les deux premiers sont dus directement à la gestion du pays par Monsieur Poutine tandis que le troisième –par delà la cause déclenchante,  les « sub-primes » aux Etats-Unis- est sans doute lié à la politique des « prix forts » pour le pétrole et le gaz, ce qui fait l’essentiel de la philosophie de Monsieur Poutine.

Alors ? Est-on certain que Monsieur Poutine a conduit la renaissance économique de la Russie ? Qui est Monsieur Poutine ?

Monsieur Poutine n’est désormais qu’un tyran classique. Pour asseoir son pouvoir il a réduit au silence les médias russes (trois chaines nationales de TV et une myriade de radios du temps de M. Eltsin, entièrement libres, plus aucune aujourd’hui qui ne soit contrôlée par le Kremlin). Mais la Douma vient de promulguer une loi assurant la liberté d’expression … aux chiens : ils auront le droit d’aboyer deux heures de plus tous les jours … Ensuite il a laissé assassiner ses opposants, surtout journalistes. Il a fait procéder à la nationalisation de pans entiers des industries, pour contrôler directement ou par ses séides leurs profits. Il a fait reprendre par des moyens de coercition fiscaux, écologiques ou autres, l’essentiel des investissements énormes du monde occidental dans l’exploitation du pétrole et du gaz en Sibérie. Petites choses. Il a fait empoisonner le Président de l’Ukraine Viktor Iouchtchenko et commandité l’assassinat d’un ancien du KGB qui a tourné casaque. D’où le sobriquet de « Vlad l’Empoisonneur » (par référence à Dracula, « Vlad l’Empaleur » …).

Regardez la traduction de l’évolution de la Russie dans les classements au plan mondial : pour le taux de mortalité à 5 ans (TMM5 – UNICEF) elle se classe 125ème, pour l’indice de développement humain (PNUD – ONU) elle se classe au 67ème rang bien loin du Costa Rica, les Bahamas ou les Seychelles …
                          Derrière Panama et la Malaisie ou la Bulgarie et le Mexique …


et pour la corruption, parmi 159 pays la Russie se place au 126 rang (juste devant la Guinée Equatoriale ; elle était au 90ème rang au début des années 2000 quand Monsieur Poutine avait pris les rênes du pouvoir).

La corruption, elle ronge tout en Russie. Et comme le principal responsable se trouve être Monsieur Poutine, aucune amélioration n'est probablement à attendre tant qu'il sera là. Dans une note aux investisseurs, UBS (Suisse) rappelle diplomatiquement le vieux paradigme de l'augmentation du risque politique de retour en Russie et réduit son évaluation de marché boursier russe de 20 pour cent, soit une valeur marchande de       300 milliards de $. En réalité, en cinq mois c’est plus de 1.000 Milliards de $ qui sont partis en fumée …

La Russie de Monsieur Poutine, voilà le partenaire que notre président veut imposer à l’Europe. En oubliant tout à la faveur de la crise financière … Ce faisant il participe de la trahison des idéaux de l’Europe en lui facilitant la voie de son suicide. Non seulement l’Europe est prisonnière de la Russie, non seulement elle n’a d’alternative que l’Iran pour satisfaire ses besoins d’énergie mais on s’efforce de faire rentrer la Russie de Monsieur Poutine dans le cénacle européen. Comme si elle partageait ses valeurs. Mais qu’importe, l’Europe rencontrera la Russie le 15 octobre pour parler avenir …


Les valeurs de l’Europe ? Toutes affaires cessantes, pendant la crise financière, Nicolas Sarkozy sponsorise avec l’Emir du Qatar, le 7 octobre à Paris, un grand débat à l’Assemblée Nationale avec le thème « L’Etude de la culture et de la langue arabe en France » (Al-Raya, Qatar).




 

Partager cet article

Repost0
14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 09:52

 

Pendant le temps que vous lirez ce texte la dette publique de la France augmentera de 1.900 € à la seconde : elle était de 1.150 Milliards d’euros à fin 2006 ce qui a fait dire M. Fillon (après l’élection de N. Sarkozy) « Je suis à la tête d'un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier …On a 1.150 milliards de dette à la fin de 2006. C'est une situation qui n'est plus supportable. » Et nous étions nombreux à croire qu’une fois le constat fait on allait, enfin, conduire le pays vers l’assainissement économique dont il avait besoin. Mais les déclarations passent comme passent les roses … et la dette publique en ce moment est de 1.252 Milliards d’euros. En moins de 18 mois la France a augmenté sa dette d’encore 100 Milliards d’euros ridiculisant les propos de M. Fillon et montrant qu’en réalité, le pays ne se trouve pas sur la voie de son assainissement économique, au contraire. De plus, on laisse de côté la dette « hors bilan » (selon les normes internationales) constituée par les engagements de l’Etat au titre des retraites des fonctionnaires ce qui ajoute environ 900 Milliards d’euros, soit un total de plus de 2.150 Milliards d’euros. Les deux grandes explications pour justifier cet état de choses : l’absence de la croissance et le différé dans le temps des effets des réformes entreprises.

Pourtant, il suffit de regarder deux graphiques -évolution de la dette publique et taux de croissance- pour comprendre, qu’en France,  il n’y a aucune relation entre les deux.

 

        
             25 années de 1981 à 2006 (source OCDE)

On observe que sur les 25 dernières années (à partir de l’élection de F.Mitterrand et nonobstant la couleur de la coalition au pouvoir ensuite) la croissance moyenne du PIB de la France a été d’environ 2%. Les hauts et les bas n’ont eu aucune influence sur l’évolution de la dette qui s’est vue augmenter de 20 % du PIB en 1981 à 64 % du PIB en 2006. Les années de forte croissance (1990 ou 2000-2002) ont seulement ralenti, un peu, le rythme d’augmentation, sans plus.

 

Dans ce qui va suivre je m’efforce de démontrer que les raisons de l’endettement faramineux de le France et de son accroissement implacable sont structurelles et ne pourront disparaître qu’avec un changement du modèle économique, politique et social du pays.

 

Il me semble que ces raisons structurelles se résument à trois : obésité de l’état, coût de l’immigration (acceptée=en situation régulière et/ou naturalisés, ou subie=sans papiers), « état providence ».

 

Obésité de l’Etat -

 

L’on décompte en France aujourd’hui environ 6,2 Millions de fonctionnaires (2,5 fonction publique d’état, 1,6 fonction publique territoriale, 1 fonction publique hospitalière et 1,1 entreprises publiques à monopole + enseignement privé sous contrat – source DGAFP, INSEE). D’un autre côté, le nombre de salariés des secteurs concurrentiels s’établit à environ 16,5 millions. Ce qui permet de constater qu’en France il y a pour chaque 2,5 salariés du secteur marchand, 1 fonctionnaire. Et on voit apparaître une tendance lourde à l’augmentation du nombre de fonctionnaires car  entre 1982 et 2003, l'emploi public a augmenté de 24% quand dans le même temps, l'emploi total a augmenté de 13%. La Fonction publique territoriale (FPT) a fait montre d’une croissance de 42%, les effectifs de la fonction publique hospitalière (FPH) ont progressé de 28% et ceux de la Fonction publique d'Etat de 14%. Chiffres qui montrent (a) que la France se transforme lentement en un pays de fonctionnaires et (b) que les questions à caractère rhétorique « faut-il diminuer le nombre d’infirmières » n’ont aucun sens car toutes les fonctions de l’état sont en augmentation continue. « Faut-il rappeler que la France compte 83 enseignants dans le secondaire pour 1 000 habitants là où l’Allemagne en compte 66 et le Royaume-Uni 60 ? 2,2 agents des impôts sur 1 000 habitants là où le Royaume-Uni en compte 1,3, la Suède et le Canada 1,2 ? Faut-il rappeler que la France dispose de 1 987 fonctionnaires pour soutenir les exportations alors que l’Allemagne, qui pèse le double de la France en pourcentage du commerce mondial, en compte 1 046, presque un sur deux en moins ? » (source Le Point)

 

En 2007, la France -selon les statistiques de la Commission européenne- a été le pays qui a dépensé le plus en dépenses publiques en proportion du produit intérieur brut, non seulement au sein de la zone euro mais au sein de l'Union européenne à vingt-sept. Quand la France dépense pour l’état 100, l’Allemagne dépense 83 (comme le Royaume Uni), l'Espagne 74 et le « meilleur de la classe » - Estonie 64 (source Eurostat). Actuellement nous « battons » les Suédois, les Finlandais et les Danois qui en 2000 étaient tous devant nous, mais qui ont fait de très grands efforts pour faire maigrir leur état. Notre pays est le premier en Europe pour les dépenses de l’état, et « c’est les enfants des élèves qui payent les salaires des enseignants » (J. Attali).

 

Coût de l’immigration (acceptée ou subie) – Selon ce que l’on ne sait pas (car on n’a pas le droit de le savoir, la République étant une et indivisible …) le nombre d’immigrés réguliers et des membres de leurs familles se trouve entre 5,0 et 8,0 millions (en laissant de côté et les « statistiques » des bien pensants qui situe ce nombre autour de 3,0 millions et celles des « mal pensants » qui vont jusqu’à 10 millions). Deux rapports font autorité pour ce qui est des coûts complets de l’immigration pour la France : « Essai d’évaluation pour la France des coûts de l’immigration » (Prof. J. Bichot, Lyon III-Jean Moulin) et « Le coût réel de l’immigration en France » (J-P. Gourévitch, expert international). Ces rapports considèrent que le nombre total de la population d’origine immigrée est d’environ 6,9 millions de personnes soit 11 % de la population métropolitaine (évaluée à 64 millions pour fin 2008). Parmi lesquelles (en soustrayant les moins de 18 ans et les plus de 65 ans) on considère qu’environ 3,0 millions de personnes  ont ou cherchent activement un emploi. Mais, tandis que le taux de chômage des immigrés européens est comparable à celui de la population autochtone (7,5%), celui des immigrés des pays tiers est de 21,5 %. Cette population ne contribue qu’à hauteur de 4 % des revenus de la France car leur revenu initial individuel se limite à 5 800 euros (moyenne nationale : 14 400 euros). En revanche, ils perçoivent 22 % des prestations sociales.

 

A très peu de choses près, les deux rapports cités concluent [après analyse exhaustive des dépenses totales (y compris les investissements divers) et des recettes totales, analyse fondée sur des hypothèses parfaitement recevables quand il ne s’agit pas de données officielles] à un coût annuel de l’immigration (non européenne) de 36 milliards d’euros, soit grosso modo 2 points de PIB ! C’est le moment de se souvenir que le déficit public français pour 2008 sera de 59,6 milliards d’euros. Autant dire que ceux qui nous assènent comme vérité d’Evangile « l’immigration est une chance pour notre pays » devraient peut-être consulter les statistiques pour vérifier si ce qu’ils disent correspond à la réalité. Non, ce qu’ils disent ne correspond pas à la réalité. De plus, la croissance beaucoup plus rapide de la catégorie des moins de 18 ans dans cette population (elle compte aujourd’hui 15 % de la population métropolitaine correspondante, soit 45 % plus que leur poids dans la population totale du pays) ne fait (ne fera) qu’accentuer les écarts, ce qui aura comme conséquence une augmentation continue du coût de l’immigration d’origine non européenne. Et cela permet de dire que 3/4 du déficit chronique des finances publiques de la France provient des immigrés d’origine non européenne. Dans ce tableau, deux autres composantes : « la France est le pays qui a le plus grand taux de natalité en Europe » (sans s’attarder sur le fait que 20 % des naissances sont d’origine immigration non européenne … soit le double en pourcentage par rapport à son poids dans la population totale) et « si cette population ne contribue pas aux comptes de la nation comme les autochtones c’est parce que nous avons raté leur intégration » (en laissant de côté le fait que le rapport entre le PIB du pays d’origine et celui de la France va de 1 à 25, par exemple, entre la France et le Mali ce qui constitue un formidable attrait même si l’on gagne en France le tiers ou le quart de ce que gagne un autochtone  ou un immigré européen).

 

Ce qui précède est illustré graphiquement ci-après :

 


Naturellement, la France est un cas particulier … Avant-dernier pays en Europe pour son déficit par rapport au PIB elle vient de prendre la présidence de l’Europe et … va donner des conseils à tout monde. Y compris au leader socialiste de l’Espagne : son pays flirte avec l’équilibre budgétaire et il n’hésite pas à tenir la promesse d'augmenter de 6 % le minimum retraite car "la sécurité sociale fait preuve d'une santé magnifique", (le ministre du travail, Celestino Corbacho, évoquant un fonds de réserve équivalent à 5 % du PIB). Mais le chômage restant préoccupant ajoute le chef du gouvernement socialiste, "il est logique que le flux de l'immigration se réduise"."Cela n'a pas de sens de faire venir des maçons du Maroc si ceux d'ici sont au chômage".

         Déficit annuel en % du PIB, Europe

 

 

Etat providence


Résultat de la transformation de la social-démocratie allemande, de sa rupture avec Marx et de son adhésion à l’économie de marché (Bad-Godesberg, 1959) l’état-providence s’installe, pratiquement, dans tous les pays de l’Union Européenne. Et peu importe la couleur des coalitions au pouvoir (exception : l’Angleterre). Partout, comme une sorte de reflet de la vulgate dominante apparue après 1945 « plus jamais de guerres » on a traduit la chose sur le plan économique et social : plus de « guerre de classe », apaisement du conflit fondamental du capitalisme tel qu’évoqué par Marx, « caractère collectif de la force de travail, possession ou appropriation individuelle des moyens de production ». Systèmes de retraite par répartition, réduction de la durée du travail (annuelle et totale avant la retraite), assurances maladie obligatoires à double financement, éducation gratuite, indemnisation (généreuse) du chômage, développement de l’état et de ses fonctions, etc., ont tous été mis en place pendant les « trente glorieuses » (pour certains années 50-80 pour d’autres 60-90, après 1900, naturellement …).

 

La France (qui n’a pas vraiment admis l’économie de marché) a vécu, sans soucis, pendant les trente dernières années comme si ses dépenses inconsidérées allaient pouvoir se maintenir pendant l’éternité. Elle a accueilli des masses d’immigrés sans ressources et sans capacités prouvées de pouvoir trouver un travail (voir plus haut, coût de l’immigration). Elle a créé, essentiellement pour cette catégorie, la CMU (couverture maladie universelle) ce qui a constitué un nouvel attrait pour ceux qui veulent vivre en France. Pour les autochtones, elle a réduit la durée du travail (35 heures) au-delà de tout ce que l’on pouvait imaginer (sauf par ceux qui n’ont jamais travaillé dans une activité marchande pour se rendre compte que l’on ne partage pas le travail …). Elle a mis en place de modalités de départ à la retraite qui font que certains pouvaient le faire à partir de 50 ans (et certains, encore aujourd’hui, peuvent le faire à partir de 55 ans …).  Elle a inventé de nouveaux mécanismes pour financer ses dépenses y relatives : CSG, RDS et dernièrement la taxe pour le financement du RSA. Bref, pendant que ses partenaires européens commençaient à se serrer la ceinture, à rogner sur les largesses de l’état providence et à trouver des moyens pour relancer leur croissance économique et la réduction de leurs dettes, la France, insoucieuse, continuait sur sa lancée. Pour comprendre l’absurdité, actuelle, du système de retraite par répartition il suffit de donner deux exemples : au début des années 60 il y avait quatre personnes au travail pour une à la retraite, aujourd’hui il y en a 1,8 personnes pour un retraité. Qui peut croire que les « mesures » prises (rallongement partiel du nombre d’années de travail ou les changements à la SNCF) sont autre chose que des cataplasmes sur une jambe de bois ? Un deuxième exemple : l’âge moyen du départ à la retraite en France est de 57,5 ans tandis que l’âge moyen pour le premier emploi salarié est de 24 ans. Autant dire que la durée moyenne de travail (avant la retraite) est de 33 ans. Mais, soit, regardons le cas d’un salarié non cadre qui dès son premier emploi et jusqu’au départ à la retraite disposerait du salaire brut moyen actuel (2.440 €). Sa cotisation « vieillesse » + complémentaire retraite lui coûte 547 €/mois soit une contribution au système de 269.000 € au bout de 41 ans (durée légale actuelle). Mais il aura 65 ans quand il partira à la retraite et, progrès médicaux aidant, il vivra (qu’il veuille bien m’excuser …) jusqu’à 85 ans (espérance mathématique de vie à la naissance pour les hommes, en France = 82 ans). Pendant ses 20 dernières années la pension qu’il recevra de la Sécu sera d’environ 333.000 € (maximum actuel 1.386 €/mois) mais il coûtera à la société, aussi, quelques 66.000 € en dépenses médicales (moyenne annuelle actuelle 3.318 €/habitant). Un système qui reçoit 270.000 € et qui doit rendre 400.000 € n’a pas beaucoup de chances de pourvoir exister longtemps autrement que par une fuite en avant : une des raisons de la progression de la dette de la France réside dans les comptes déficitaires de la Sécurité Sociale. Les graphiques qui suivent montrent clairement :

            Source : commission des comptes de la Sécurité sociale, avril 2008

 

a. la moyenne des déficits annuels sur les 14 dernières années a été d’environ 5,8 Milliards € avec un total de 81 Milliards d’euros (qui se retrouvent dans la dette de la France …) mais la moyenne annuelle du déficit des 6 dernières années a été de 9,8 Milliards d’euros !
 

b. le régime vieillesse (CNAV, salariés) qui a été excédentaire jusqu’en 2004 affiche une dérive croissante : le déficit double entre 2006 et 2008 (estimation) et, si l’on prolonge le graphique (en tenant compte de l’absence de tout correctif)  il va doubler encore en 2010 ; ensuite …

 

Voilà les effets de l’état providence en France, une partie en réalité. Une partie, car ses largesses (comme son impuissance à les arrêter) ne s’arrêtent pas là. On a cru un moment, avec les promesses du candidat N. Sarkozy que les choses allaient changer. Ce n’est pas le cas et le coût de ce qui a été entrepris comme réformes ne fait qu’augmenter la dette pour, au moins, les cinq/dix années à venir (universités, régime spécial, etc., uniquement celles dont on se gausse pour montrer que la France se réforme).

 

oooooooooooooo

 

Mais … la vie ne se plie pas toujours aux désirs de ceux qui gouvernent l’Europe. A partir du premier choc pétrolier (1973) et ensuite, à répétition, les « crises de croissance », d’un côté, et la prise de conscience de la nécessité d’une action commune à l’échelon de l’Europe (Maastricht, introduction de l’euro), d’un autre côté, ont conduit les gouvernants à revoir les fondements de l’état providence. Ainsi fût fait dans les pays nordiques, en Espagne en Belgique, en Allemagne. Avec, naturellement, l’exception française. Pendant 25 ans, d’alternance socialiste en pouvoir de droite, avec une constance permise uniquement par l’incapacité de ses partenaires européens de lui faire entendre raison, la France n’a en rien modifié les fondements de son état qui, individualisme exacerbé oblige, a démissionné devant les oppositions catégorielles aussi multiples que ses propres incapacités. Mais, comme la France est la France, c’est elle qui avait imposé (Maastricht) les deux critères principaux pour maintenir l’euro : un déficit annuel inférieur à 3%  du PIB et une dette totale inférieure à 60 % du PIB. Les années ont passé et les promesses de la France de respecter les critères mentionnés, aussi. On a promis aux partenaires européens de tout faire pour 2006 et ensuite pour 2008 et ensuite pour 2010 et ensuite, croix de bois croix de fer … pour 2012. Le ministre des finances parle maintenant de voir la France respecter intégralement ses engagements à  « l’horizon de 2012 fonction aussi de la croissance de l’économie ». On sait, cependant que croissance et dette n’ont rien en commun pour la France.

 

La même ministre des finances vient de mettre à l’ordre du jour de la rencontre des 27 ministres des finances de l’Europe un point majeur : « il est impératif de mettre en place des systèmes de contrôle financier des agences de notation ». Cela peut paraître curieux mais ce ne l’est pas. L’année dernière, la prestigieuse Standard&Poor, principale agence mondiale de notation de la dette des états (ou autres collectivités, grandes entreprises, etc.,) avait annoncé que si rien ne se passe jusqu’en 2010 les obligations d’état de la France seront décotées prenant la voie de « junk bonds » tandis que la notation de la dette ne sera plus AAA et elle sortira du groupe de 19 pays européens disposant de cette évaluation. Il s’agit, donc, d’un thermomètre qui, pour la France ne montre pas une température convenable. Que fait la France ? Elle va casser le thermomètre en voulant contrôler les sociétés de notation …

 

Réformes ? Peut-être … espoir d’obtenir des résultats ? Aucun … Comment faire ? Tant que le système économique-politique-social français ne changera pas, aucun espoir de réduire la dette ou le déficit. Alors … dormez-braves gens, ceux qui nous gouvernent pensent (surtout à eux) à tout !

 

Gentil lecteur, vous avez mis 10 minutes pour lire ce texte ? La dette de la France a augmenté de 1.140.000 € !

 

Partager cet article

Repost0
3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 11:41

 

 

Les fossoyeurs de l’Europe

 

Depuis trois semaines et encore avant-hier, après la rencontre des chefs d’états consacrée aux agissements de la Russie en Géorgie, notre président se gausse des succès obtenus quand il a réussi à « arrêter la guerre en Géorgie ». Erreur ? Mensonge ? Les deux ?

 

Dès que l’armada russe, préparée depuis longtemps et attendant en Ossétie du Nord (Vladikavkaz, d’où une colonne de tanks est partie vers la Géorgie trois jours avant « l’agression géorgienne…) l’arme au pied, que les provocations des supplétifs russes en Ossétie du Sud fassent agir la Géorgie, a commencé à envahir la Géorgie, son gouvernement a décrété un cessez-le-feu unilatéral et sans conditions. Ce n’est que deux jours après que nos coryphées de la paix, Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner, sont allés à Moscou pour obtenir que les russes respectent aussi ledit cessez-le-feu. Pour se trouver devant des épigones de Staline qui leur ont imposé deux paragraphes supplémentaires : un donnant entière liberté aux russes de faire ce qu’ils voulaient et un autre élargissant leur zone d’action à l’intérieur de la Géorgie. Incapable de comprendre ce qui leur était imposé ou expression d’une naïveté coupable car faisant confiance aux russes pour ce qui n’était pas écrit, ils sont partis pour Tbilissi où ils ont menacé le président de ce pays de le laisser tomber s’il n’acceptait pas le texte dicté par les russes. Ce que celui-ci a fait mais … les russes ont continué, comme si rien n’était, de faire la guerre en Géorgie (nettoyages ethniques, occupations des axes principaux de communication terrestres, occupation du principal port sur la Mer Noire, etc.,). Bref, la guerre n’a pas été arrêtée, le cessez-le-feu n’a été qu’une sinistre plaisanterie et un mois après, tout en se gargarisant avec la question à caractère rhétorique « ne fallait-il pas arrêter la guerre ? »   on constate que la Russie a fait ce qu’elle a voulu en Géorgie et que notre président est, au mieux, le dindon de la farce. Il n’est pas seul, il a avec lui les autres fossoyeurs de l’Europe, l’Allemagne, l’Italie et la Belgique (pour s’arrêter aux principaux).

 

L’Europe a été la cause et le terrain des quatre guerres du 20ème siècle qui, pour l’essentiel, se sont déroulés sur ce continent : la première, la deuxième, la « froide » et la Bosnie/Serbie. Peu importe que les deux premières aient été mondiales. Peu importe que la « froide » ait été gagnée par les Etats-Unis qui, de plus, sont venus à la rescousse des démocraties occidentales pour qu’elles ne disparaissent pas pendant les deux premières guerres. Peu importe, qu’incapable de mettre fin elle-même à la guerre en Yougoslavie elle a dû faire appel, de nouveau, aux Etats-Unis pour qu’elle s’arrête. Ce qui importe c’est que la vulgate dominante de l’Europe est devenue l’apaisement sous toutes ses formes, appuyé sur la conviction que ce n’est que par le dialogue que l’on doit mettre fin aux conflits. On voit que les promoteurs de cette vulgate ont sans doute raison rien qu’en regardant du côté du Soudan, de l’Afghanistan pour ne pas parler de l’Irak. Mais faut-il leur jeter la pierre ? Quoi de plus normal que d’admettre que le monde civilisé doit promouvoir la démocratie et la liberté partout et que pour cela il n’y a que le dialogue. Y compris avec ceux qui ne veulent pas dialoguer …

 

Sauf que pour dialoguer il faudrait trouver devant soi autre chose que des individus formatés par le KGB et dont la conception du monde est relativement simple : ce qui est à moi, c’est à moi, ce qui est à vous est négociable … Le résultat de la volonté de dialoguer, aujourd’hui, c’est le dépeçage de la Géorgie sur fond de postures fermes de l’Europe qui, à genoux (car dépendante du gaz et du pétrole russe), veux faire croire à la Russie qu’elle est capable de lui opposer « le droit international » …  Et elle ne peut pas s’empêcher de dire en sourdine que … la Géorgie, elle aussi, a une part de responsabilité. Que cette antienne soit répétée par l’ancien chancelier allemand, aujourd’hui à la solde de Monsieur Poutine, soit. Mais les autres ? Pourquoi escamoter le fait que la vraie faute de Tbilissi a été de croire à la solidarité des démocraties occidentales, les Etats-Unis à leur tête ?

 

Certes, on peut dire qu’il n’y a pas que les fossoyeurs. Il y a aussi les pays libérés du communisme et de la Russie. Forts de leur expérience historique, forts du souvenir (Pologne, Tchécoslovaquie) de la trahison de la France et de l’Angleterre, ces pays essayent par tous les moyens de redresser l’échine de la vieille Europe. Et naturellement, ils se tournent vers les Etats-Unis, seuls garants réellement de leur indépendance. Car ce que la Russie a fait en Géorgie elle peut le faire à répétition en Ukraine, aux Pays Baltes, en Moldavie, partout où la paranoïa de l’encerclement (vieille lune datant du tsarisme et reprise par Staline) peut la pousser à l’invasion. Paranoïa qui s’est traduite (voir les 45 années de domination absolue des pays de l’Europe de l’Est) par l’exploitation des ressources de plus de 100 millions d’européens beaucoup plus développés que les masses russes soumises à la dictature du communisme depuis 1917 (et qui venait prolonger le régime obscurantiste du tsarisme).

 

L’Europe de l’Ouest dispose en réalité de tout ce qu’il faut pour s’opposer à la dictature russe, aujourd’hui à visée géopolitique. Principal partenaire commercial de la Russie elle pourrait mettre sur l’autre plateau de la balance les investissements qu’elle fait en Russie, les apports de haute technologie sans lesquels il n’y aurait même pas de quoi téléphoner là-bas ou, eh oui, pourquoi pas, l’arrêt programmé d’achats de gaz et de pétrole. Il faudrait, quand même, se souvenir que l’Europe regroupe 450 millions d’êtres (moins de 150 millions en Russie, en décroissance constante et rapide) et dispose d’un produit « national » brut de plus de 10.000 milliards de $ (675 milliards de $, pour la Russie, données de 2005) : un GNP 15 fois supérieur à celui de la Russie dans lequel les matières premières représentent moins de 5% pour l’Europe mais … 90 % pour la Russie ! Ce n’est que pour les dépenses de la défense que les choses sont inversées : moins de 2,5% du GNP pour l’Europe, plus de 20 % pour la Russie (si les chiffres des gazettes sont corrects vu l’opacité de « l’état de droit » russe …). Ce qu’il manque à l’Europe ce ne sont pas les moyens de faire pression sur la Russie, c’est la volonté … Disons-le clairement, l’échec européen de devenir et se comporter comme une puissance responsable qui serait prête à défendre ses habitants de l’Est du continent, c’est la trahison de se propres idéaux, la démission devant les dictateurs, aujourd’hui devant le dictateur de la Russie. Ce faisant, l’Europe détruit aussi l’héritage des Lumières en ne s’opposant pas aux visées hégémoniques (permanentes) de la Russie. Certes, l’anti-américanisme présent partout en Europe a son rôle. Mais comment ne pas voir ce que recherche la Russie ce n’est rien de moins que d’asservir l’Europe ? Monsieur Poutine, lui, il a dans sa tête la même chose que les strates successives des pouvoirs russe, soviétique et russe de nouveau. Auparavant on disait la volonté d’arriver à une mer chaude… Maintenant, c’est plus simple, regardez la carte :

 

Ce n’est pas par hasard que Monsieur Poutine a choisi la Géorgie. Il a voulu faire d’une pierre deux coups : contrôler la Géorgie (et les pipe-lines qui la traversent) donnerait à la Russie pratiquement (vu ses relations avec l’Arménie) une frontière commune avec l’Iran ; et le coup de force réussi doit faire peur sur les marches de l’empire, du Nord Baltique jusqu’à l’Ukraine et la Mer Noire.

 

Mais pour arriver à l’invasion de la Géorgie Monsieur Poutine a dû faire du chemin. Il a commencé par faire expulser (ou faire fuir) ses opposants locaux (quand il ne les a pas fait emprisonner), et il a continué par assassiner les journalistes  qui ne lui étaient pas favorables, en mettant au pas la presse, la radio et la télévision. Et il n’hésite pas de d’empoisonner M. Youchtchenko qui devient président de l’Ukraine, contre la volonté de la Russie. Ou un ancien membre du KGB à Londres. Et l’Europe ? A aucun moment elle ne réagit. Proie hypnotisée par un serpent qui l’anesthésie à coup de gaz et de pétrole … 30 % du gaz consommé par l’Europe vient de la Russie et pour ce qui est de l’Allemagne (merci Monsieur Schröder, êtes-vous satisfait du salaire de 1 million d’euros que le Gazprom de votre ami Poutine vous sert ?) il s’agit de 40 % des besoins ! Et c’est ainsi que les fossoyeurs de l’Europe agissent : d’un côté, en développant l’Eurabia (Bat Ye’or) qui conduit à l’asservissement du continent à l’islam, de l’autre en ne s’opposant pas à la nouvelle dictature russe (comme elle ne s’est pas opposée à l’ancienne, celle de Staline et de ses successeurs). L’Europe est toute à ses affaires avec l’Iran, à assurer une honorabilité au sinistre Bachir el Assad ou à un Hugo Chavez, à tous ceux qui s’opposent aux Etats-Unis. Pour entendre, sans protester, le nouveau président de la Russie qualifier celui de la Géorgie de « cadavre politique » et faire tout pour le faire disparaître.

 

Pourtant, l’existence de la « nouvelle Europe » rend les choses plus difficiles pour ceux qui veulent détruire « l’idée Europe ». Deux exemples : la négociation des Etats-Unis avec la Pologne pour installer sur son sol un bouclier anti-missiles traînait depuis deux ans. Trois jours après l’invasion russe en Géorgie elle était bouclée. La Finlande qui (vu l’histoire de l’agression russe contre elle en 1939) se tenait à l’écart de la défense européenne vient de faire savoir qu’elle regarde la possibilité de rejoindre l’OTAN.

 

Certes  l’Allemagne et la France avec notre président en tête sont toujours adeptes de l’apaisement (mot répété ad nauseam ) par Bernard Kouchner dès qu’il s’agit de s’opposer aux visées russes. Ce n’est pas comme cela que la France (ou l’Angleterre) fera oublier qu’elle a vendu la Tchécoslovaquie et trahi la Pologne en 1939 en faisant confiance à Hitler.

 

Si l’Europe veut arrêter sa course vers sa tombe elle devrait asphyxier la Russie avec son gaz et son pétrole. Elle devrait, à marche forcée, promouvoir le nucléaire nonobstant l’opposition obscurantiste des moult Josés écolos et leurs semblables. Et arriver à comprendre que l’ancien bouclier qui l’a défendu contre la Russie (l’OTAN) n’est plus rien qu’un vieux dinosaure : les Etats-Unis en ont assez de supporter depuis soixante années l’incurie démagogique pacifiste (et de surcroît socialiste …) de l’Europe. Et comprendre aussi qu’il faudra des générations à la Russie pour devenir autre chose que ce qu’elle est : un état paranoïaque (encerclement) dirigé par des héritiers de la plus sinistre police politique (KGB), pour le bien d’une mafia qui veut disposer d’un doigt dans chaque pays, et que chaque pays soit le sien (en paraphrasant Jacques Brel …). 

Partager cet article

Repost0
20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 20:29

Texte mis en ligne par Liberty Vox
Les cris de vierges effarouchées poussés par les grands de ce monde depuis deux semaines ont de quoi surprendre. Si l’on comprend bien, ce n’est pas seulement ce que les Russes font en Géorgie qui est en cause mais ce que cela révèle. En réalité, c’est la surprise des démocraties occidentales qui doit surprendre !

Car, enfin, qu’attendait-on du dictateur russe actuel (je sais, on dira qu’il a respecté la constitution et après deux mandats totalisant 8 années il a quitté le pouvoir suprême… mais pour devenir premier ministre, probablement pour les deux mandats de son acolyte devenu président par sa grâce…) ? L’homme avait annoncé couleur en lançant sa formule «la plus grande tragédie du 20ème siècle a été la disparition de l’Union Soviétique». Pas les deux guerres mondiales totalisant 60 millions de morts, pas la destruction des juifs en Europe, pas la révolution culturelle en Chine et ses 70 millions de morts, non, la disparition de la structure qui a opprimé, détruit et asservi non seulement le peuple russe mais aussi la moitié de l’Europe qui a eu la malchance de se voir abandonner par les Etats-Unis et l’Angleterre à la fin de la deuxième guerre mondiale. Dès lors, quoi de plus normal que de vouloir faire renaître de ses cendres ce cadavre auquel on voudrait donner l’éclat d’un Phoenix. Et pour cela, une seule solution, brutale, certes, mais efficace face aux démocraties occidentales qui n’ont jamais eu le courage de s’opposer aux dictateurs : envahir les pays qui lui étaient auparavant soumis et pour commencer, puisque l’occasion s’y présente,
la Géorgie.

Mais il n’y a rien de nouveau dans la dernière aventure militaire russe. Depuis 1948 (coup de Prague, mainmise par des communistes du pouvoir politique) tous les dix ans, ou presque, la Russie a envahi un pays : Hongrie en 1956, Tchécoslovaquie en 1968, Afghanistan en 1979. Chaque fois la raison était différente mais l’intention la même : soumettre une population, un pays, à la volonté du Kremlin. Une pause est intervenue ensuite car il y a eu l’implosion de l’Union Soviétique, trouvant son origine dans la course aux armements imposée par Ronald Reagan d’un côté, et dans l’incapacité du système d’économie planifiée de faire face aux besoins de la population du pays mis en évidence de plus en plus par l’intrusion massive des nouveaux moyens de communication, Internet entre autres.

Ce ne devrait pas être une découverte que de voir un pays évoluant rapidement vers des structures dictatoriales anciennes se lancer dans ce qu’il sait faire de mieux : envahir et opprimer. Surtout après avoir vu M. Poutine et son armée à l’œuvre en Tchétchénie, dont les soldats, dépenaillés, réputés pour la consommation de vodka et dont le taux de suicides est le plus élevé de toutes les armées qui tiennent des statistiques, semblent plutôt sortis d’asiles de pauvres. Qui n’a pas vu Grozny après la «pacification» russe de 2002 ne peut comprendre la vraie nature du pouvoir russe. Et il s’agit bien du pouvoir russe car Grozny (c’est de là que vient son nom) avait déjà été détruite au temps des tsars et pour les mêmes motifs : s’assurer le contrôle du Caucase et faire comprendre aux autres «confettis» s’y trouvant ce qui pourrait leur arriver. Il y a permanence de la méthode russe, elle a été améliorée (!?) pendant la période soviétique et Poutine, bien formaté pendant ses années d’espion du KGB, n’est que l’héritier de l’histoire de l’oppression de la Russie. Du temps de Staline on avait déporté les habitants de la Tchétchénie car pendant la guerre, de 1942 à 1944, les troupes allemandes qui s’y trouvaient n’eurent pas de mal à faire collaborer une population opprimée depuis la création de sa «république» en 1922. Ensuite, pour faire bonne mesure, une fois les habitants déportés, on supprima «la république Tchétchéno-ingouche» pour la recréer en 1957 cinq années après la mort du dictateur. Avant la « pacification » de Poutine, en 1998, cette république comptait 400.000 habitants. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 200.000.

L’exemple de la Tchétchénie est là pour nous faire comprendre ce qui pourrait se passer avec la Géorgie. Certes, les Russes n’aiment pas les Caucasiens en général (les Mongoles ou les Chinois que l’on appelle «chiens jaunes» non plus). Il suffit de vivre quelque temps dans une grande ville (Moscou par exemple) pour comprendre le mépris et la haine exprimés par «les autochtones» à l’adresse des Caucasiens. Curieux, les 70 années de communisme et de fraternité des peuples de l’Union Soviétique n’ont pas eu beaucoup d’influence pour changer les choses.

Alors, pourquoi la surprise ? De Bush à Chirac, de Mme Merkel à Tony Blair, tous les dirigeants des démocraties occidentales étaient convaincus d’assister après l’implosion de l’Union Soviétique à la création d’une Russie dont la marche vers la démocratie était inéluctable. Bon, il y avait aussi Schröder mais ce dernier s’est prostitué politiquement en devenant l’employé du gouvernement russe (Président du Conseil de Surveillance de Gazprom …). Il y a aussi notre Jacques Chirac qui fait des voyages (tous frais payés, c’est normal) en Russie à l’invitation de son ami Poutine pour «étudier les problèmes énergétiques des années à venir» quand il ne va pas fêter l’anniversaire de celui-ci (deux visites en moins de trois semaines en 2007…). On peut, sans grande difficulté partager les dirigeants occidentaux en deux catégories : les profiteurs (à titre personnel) et les «apaiseurs» qui vous démontrent qu’il ne faut pas fâcher le Russie, qu’il faut l’accompagner dans son chemin vers la démocratie.

Ce que la Russie vient de faire en Géorgie (tout en se moquant comme d’une guigne des réactions «fermes» de l’Occident) illustre parfaitement le renoncement mondial, mais surtout américain, à ce qu’a été la Doctrine Truman : «C’est la politique des Etats-Unis d’aider les peuples qui veulent être libres et qui résistent aux tentatives de minorités armées ou aux pressions externes de les subjuguer».

Devant l’énormité de la réaction disproportionnée russe aux incursions géorgiennes, elles mêmes justifiées par les provocations des protégés de Moscou (Ossétie du Sud), il y a d’un côté ceux qui défendent la Russie : Agents d’influence (Schröder), «intellectuels» émargeant à des budgets russes (Marek Halter qui préside deux universités russes et qui est le patron d’un mensuel franco-russe et qui se demande «Que veut l’Amérique en Europe»), géopoliticiens autoproclamés ou gloires anciennes de la «kremlinologie» (Hélène Carrière d’Encausse), les voilà tous qui vous démontrent que l’agresseur est la Géorgie et que la Russie ne pouvait pas se laisser marcher sur les pieds comme l’Occident s’est trop habitué à le faire. Et de vous expliquer que l’on a ouvert une boîte de Pandore en acceptant l’indépendance du Kossovo car cela donne la possibilité, par exemple à l’Ossétie du Sud ou à l’Abkhazie de se réclamer de la même «jurisprudence» en demandant la séparation d’avec la Géorgie. Nuance… ces deux «républiques dissidentes» veulent se rattacher à la Russie. Depuis des lustres la Russie accorde des passeports à ces populations pour pouvoir dire ensuite qu’elles sont ethniquement russes, créant un précédent qui pourrait être utilisé du côté des trois républiques baltes qui ont échappé à sa mainmise, mais dont une partie de la population est d’origine russe car leur territoire a été colonisé par la Russie à la faveur de leur occupation à la fin de la deuxième guerre mondiale. Quant à l’indépendance de Kossovo, à partir du moment où l’Europe a pris parti (merci Monsieur Kouchner) en faveur des Albanais musulmans contre les Serbes orthodoxes… les jeux étaient faits !

Il y a ensuite les «apaiseurs». Ils commencent par ne pas s’apercevoir que les colonnes de tanks russes avaient quitté leurs bases en se mettant en route vers la Géorgie trois jours avant la réaction géorgienne qui a mis le feu aux poudres. Ensuite ils font semblant de ne pas entendre les discours fulminants, qui reprennent mot pour mot les archives de la diplomatie soviétique, et parlent des «monstres criminels comme Saakachvili» ou des «Géorgiens que l’odeur du sang fait marcher». Et, quand les Russes les mènent en bateau au sujet de leur éventuelle retraite de Géorgie, ils vous expliquent que l’essentiel était d’obtenir un cessez-le-feu (Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner). Ils vont à Tbilissi proclamer le droit de la Géorgie à entrer dans l’OTAN en oubliant qu’au dernier sommet de cette organisation ils s’y sont opposés (Angela Merkel). Mais dès qu’il s’agit de faire quelque chose de sérieux, les mêmes disent qu’il ne faut pas couper les contacts avec la Russie. Tout cela découle de l’espoir (méthode Coué) que le pire n’arrivera pas. Comme si on pouvait faire confiance aux paroles des tyrans qui signent des traités et qui les transgressent sans vergogne. Ceux qui savent qu’il ne faut pas faire confiance aux Russes sont ceux qui ont vécu sous le talon de cette hydre qui refait ses tentacules dès qu’elle en perd une (les trois pays baltes, la Pologne, l’Ukraine, etc.).

Mais ce qui est incompréhensible, c’est l’incapacité des démocraties de réaliser que la Russie, une fois requinquée par ses exportations de pétrole, gaz et autres métaux, une fois débarrassée, avec l’argent américain, d’une partie de ses cimetières de sous-marins nucléaires et de moult missiles qui rouillaient sans entretien, fait ce qu’elle veut et ne fera rien de ce que l’Occident attend. Sur tous les fronts d’aujourd’hui : Afghanistan, Irak, Liban, Hezbollah, Gaza, Hamas, Soudan, Somalie, la Russie se trouve toujours du côté adverse à l’Occident : en fournissant des armes, en s’opposant aux sanctions contre l’Iran pour arrêter son programme nucléaire militaire, bref, en s’opposant à tout ce qui pourrait atténuer ou faire disparaître les menaces «extrémistes» (pour ne pas dire islamistes, pour ne fâcher personne…). De plus, l’Occident ne réalise pas que le peuple russe est intoxiqué, empoisonné, anesthésié par le discours belliqueux de ses dirigeants tant il veut croire à la renaissance d’une Russie forte. Forte de quoi ? Une économie sans industrie autre que celle des matières premières, une population en perdition dont le nombre pourrait se voir réduit de moitié dans les quarante ans à venir (75 millions au lieu des 150 actuellement, une espérance de vie à la naissance pour les hommes de moins de 60 ans -moins que le Mexique- en raison de causes multiples parmi lesquelles la violence, l’alcoolisme, un système de soins déplorable, etc.). Mais une industrie de l’armement qui fait feu de tout bois et qui vend, sans discernement aucun, tout ce que l’on veut à qui le veut : l’Iran et la Syrie (qui transfèrent les armes au Hezbollah et au Hamas), le Venezuela du clone castriste (qui vient d’apporter son appui à l’invasion russe en Géorgie), des pays d’Afrique qui n’assurent plus la subsistance de leurs populations mais qui s’arment. On en passe et des meilleurs. Mais ce pays où les milliardaires sont légion (à condition de ne pas s’opposer à M. Poutine) n’arrive pas à électrifier des milliers de villages où à assurer à ses habitants une vie normale. Parler de tout cela peut paraître futile. Et on trouve tout de suite des gens d’origine russe pour vous expliquer que vous n’avez rien compris de ce qu’est ce grand pays, européen de surcroît…

Que va-t-il se passer ? L’intégrité territoriale de la Géorgie sera sacrifiée sur l’autel de la realpolitik car l’Europe dépend pour ses besoins énergétiques de la Russie (n’ayant pas voulu suivre le conseil de Ronald Reagan qui, en son temps, avait esquissé ce qui allait se passer). Mais, vous dira-t-on, si on veut réduire la dépendance à la Russie, il n’y pas d’autre possibilité que de s’adresser à l’Iran. C’est déjà fait (Suisse, Italie et même l’Allemagne qui attend son tour). Alors, les sanctions contre l'Iran ? D’un côté les Russes s’y opposent et de l’autre, individuellement, les pays européens n’y trouvent pas leur intérêt. Et voilà l’Europe qui se prépare à changer «un bigle pour un bosco» comme on dit à la Royale : rien d’anormal car l’islamofascisme vert remplace le totalitarisme rouge…

Et vogue la galère… Et comme le disait si bien le Sapeur Camember, «quand les bornes sont franchies, il n'y a plus de limites».

Partager cet article

Repost0
13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 08:57

Requiem pour la Géorgie

 Pendant que 4 Milliards de téléspectateurs regardaient l’époustouflante cérémonie d’ouverture  des Jeux Olympiques de Pékin, une colonne de blindés russes pénètre dans le territoire géorgien et, après 30 km arrive à la capitale de l’Ossétie du Sud, Tskhinvali qu’elle « libère » après avoir bombardé et tiré sur tout ce qui bougeait aux alentours.

La cérémonie de Pékin, par son faste et son formidable déroulement devrait nous donner froid dans le dos : rappeler les Jeux de 1936 quand les nazis ont inauguré le style ou rappeler les manifestations à la gloire du Guide Nord Coréen (d’abord le père et ensuite le fils, comme dans toute république populaire et … dynastique). Mais puisqu’elle a eu lieu, puisqu’elle a été préparée par le prochain maître du monde, la Chine, ne boudons pas notre plaisir même si notre Président a été éconduit par leur No1 et reçu, seulement, par le chef du gouvernement chinois. Auquel il a parlé, sérieusement, des droits de l’homme …

Depuis trois jours les radios et les télévisions du monde entier nous font savoir que la Russie est en train d’écraser le Géorgie. Et les journaleux bien pensants du Figaro ou de Marianne s’évertuent à démontrer, l’un plus que l’autre, que la Géorgie a agressé l’Ossétie du Sud. Quand l’idiotie se double de l’ignorance … nous n’avons qu’accepter de voir nos cerveaux bien lavés. Car, enfin, c’est bien l’Ossétie du Sud qui a fait sécession voulant se détacher de la Géorgie, non ? Bien sûr, George Bush lève la voix pour dire que les relations USA-Russie vont en souffrir, bien sûr notre Kouchner national prend l’avion pour prêcher la bonne parole aux « deux parties ». Impossible de lui faire dire que l’agresseur est russe, impossible de lui faire dire que la Géorgie est agressée et cela depuis des lustres …

Oui, depuis des lustres. En 1922, le petit père des peuples, Staline, redessine les frontières de la poussière de petits pays du Caucase et intègre l’Ossétie à la Russie. Mais … originaire de Géorgie, il crée une « Ossétie du Sud » qui reste en Géorgie. 100.000 habitants à l’origine se partageant entre géorgiens (un tiers) et ossètes, 4.000 km² de superficie, voilà un pays de cocagne où il fait bon vivre et où les gens vivent en paix. Et dont la capitale s’appelle de 1934 à 1961 « Stalinri ». En 1989, à la faveur de l’écroulement de l’empire soviétique, une partie des Ossètes préfèrent se rattacher à la Russie, la « république » fait sécession et après trois années de guerre, sous l’influence de l’Europe, des Etats-Unis et de l’OSCE, on fige la situation et on confie à la Russie la mission « d’observateurs » pour maintenir la paix. On assigne au loup la tâche de garder les moutons … La Géorgie est amputée d’une partie de son territoire, exode massif des géorgiens vivant en Ossétie du Sud (surtout ne pas prononcer les mots « nettoyage ethnique ») et le territoire est administré depuis par un « gouvernement ossète » qui n’est reconnu de personne au monde sauf de la Russie …

Et comme on connaît la pugnacité de l’Europe quand il s’agit de respecter la légalité internationale …les choses sont restées sans solution depuis plus de quinze années avec l’espoir que la Géorgie avalera la couleuvre. Comme elle devait avaler une deuxième couleuvre, l’Abkhazie – une autre république qui, avec l’aide généreuse de la Russie a fait sécession aussi. Ce qui, dit en passant, donne à la Russie un morceau de rive de la Mer Noire.

 Malheureusement (pour la Géorgie …) un oléoduc a été conçu et construit pour acheminer le pétrole de la Mer Caspienne (Bakou) jusqu’au port turque sur la Méditerranée, Ceyhan. Et cet oléoduc évite de passer par la Russie ce qui fait que son propre oléoduc (« le Nord ») se retrouve sans but lucratif (ou sérieusement réduit). En fait, cela revient à mettre une croix sur le transport de pétrole azerbaïdjanais vers Novorossisk par l’oléoduc russe … Ce qui fait dire à un expert «Pour éviter ce genre de revirement à l’avenir, la Russie doit en premier lieu augmenter son influence dans les pays de la CEI, dans les anciens pays socialistes et en Turquie » Nous y voilà, la Russie fait donner ses armées, écrase la Géorgie et « libère » la capitale d’Ossétie du Sud dans le silence assourdissant de l’Europe qui … accepterait, in fine, que la Russie s’assure la main mise sur cette voie d’approvisionnement. L’Europe qui depuis la fin des années 70 s’est livrée, pieds et poings liés, à la Russie pour satisfaire ses besoins en gaz et pétrole. Certes, on a bien essayé de trouver un modus vivendi avec les russes au moment de la conception de l’oléoduc. Mais tout accord devenait hypothétique au fur et à mesure que s’affirmait la tendance du gouvernement russe présidé par Vladimir Poutine de rétablir une autorité étatique ferme, entre autres, sur les productions des hydrocarbures et surtout de ne pas tolérer d’intrusion politique étrangère dans les affaires économiques russes.

Quant au tracé de l’oléoduc, on rappelle que lors de l’inauguration du canal de Suez, en 1869, parmi les félicitations dont on abreuvait Ferdinand de Lesseps, Bismarck lui fit remarquer qu’il avait fixé géographiquement le lieu des futures batailles. Bismarck n’avait pas tort, l’analogie est parfaite pour l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan.

Ce qui a surpris les occidentaux a été la rapidité et la réaction russe disproportionnée à la soidisant « agression » géorgienne. En fait, tout était préparé et depuis longtemps : plus de 60.000 hommes de troupe attendant l’arme au pied du côté de l’Ossétie du Nord (en Russie), plus de 300 chars d’assaut, une armada de chasseurs bombardiers et de avions gros porteurs transportant des moyens de locomotion et des pièces d’artillerie, bref, « la réaction » était préparée, elle n’attendait que « l’action », le prétexte.

Mais … chasser le naturel, il revient au galop ! La diplomatie russe commence à afficher des comportements qui ne peuvent que rappeler celle qui l’a précédée, la diplomatie soviétique. Non seulement c’est la Géorgie qui est l’agresseur mais … au Conseil de Sécurité on entend, ébahi, le représentant russe M. Churkine dire « ce n’est pas à ceux qui ont bombardé Belgrade ou qui tuent des civiles en Irak et en Afghanistan de protester contre nos bombardements de l’agresseur géorgien qui n’avait qu’à ne pas commencer » et en oubliant où il se trouvait, dire « l’agression géorgienne a donné un coup fatal à l’intégrité territoriale de ce pays ». Et son patron, le Ministre des Affaires Etrangères russe -Sergueï Lavrov- téléphone à Condoleeza Rice pour lui dire que le président élu de la Géorgie … doit partir !

Et pour ajouter l’ignominie à l’exagération, le nouveau président russe Medvedev parle de « nettoyage ethnique des russes d’Ossétie » tandis que le nouveau premier ministre, M. Poutine,  de « génocide » car il y aurait 2.000 morts parmi les habitants de l’Ossétie du Sud.

  L’hydre russe a deux têtes : qui écoute et qui parle ?

Un pays va se faire écraser, aux portes de l’Europe. Que ce soit « un, prêté, pour, un, rendu » (Kosovo), que ce soit pour de bonnes raisons pétrolières, une chose est certaine. La Russie actuelle que tout le monde pensait sur la voie de la démocratie n’est en réalité que la digne héritière de l’Union Soviétique. Certes, on ne tue plus les dirigeants qui « dévient » de la ligne du Parti. Car il n’y a plus de parti, il n’y a qu’une mafia d’origine KGB-iste qui a trusté les postes de pouvoir et/ou de profits économiques. La France en sait quelque chose, elle dont la Côte d’Azur est la destination préférentielle des « hommes d’affaires » russes qui achètent de propriétés en payant cash des dizaines de millions d’euros. Mais cela nécessite que l’on tue et l’on emprisonne tous ceux dont la tête dépasse. Anna Politovskaya, Mikhail Khodorkovsky, deux exemples parmi d’autres, cela ne vous rappelle rien ?

La Russie se veut de nouveau puissance impériale. Elle n’admet pas que des anciens « confettis » de l’empire soviétique s’émancipent  et aillent voir du côté de l’Ouest. Elle veut montrer que la force est de son côté et que rien, ni personne ne peut arrêter son retour au premier plan du monde. Son action militaire en Géorgie mettant en œuvre l’infanterie, l’aviation, sa marine et ses fusées est la plus imposante à l’extérieur de ses frontières depuis l’implosion de l’Union Soviétique (et seule depuis l’Afghanistan). Mais disposant d’un droit de véto à l’ONU, étant le deuxième producteur mondial de gaz et pétrole et ayant plus d’armes nucléaires que ce qu’il faut pour anéantir la planète 100 fois, elle fait ce qu’elle veut et ne se donne même plus la peine de masquer ses intentions. Et montre l’exemple à l’Iran après avoir laissé la Corée du Nord se doter du nucléaire militaire.

Et que trouve-t-elle pour lui faire pièce ? Bernard Kouchner qui va à Tbilissi pour «raisonner» la Géorgie avant d’aller à Moscou pour prêcher la bonne parole. Pour apaiser, dit-il… Notre président, lui aussi, est allé à Moscou pour faire connaître à celui qui annonçait que la Russie «allait poursuivre les Tchétchènes jusque dans les chiottes» son plan pour une sortie de la crise… Et en conférence de presse avec « le président » russe il reste de glace quand celui-ci éructe « ces gens-là sont des déments, des dégénérés, qui dès qu’ils reniflent l’odeur du sang ne peuvent plus s’arrêter» Pendant ce temps, la Géorgie sera écrasée et la Russie ira cracher sur sa tombe.

 

Partager cet article

Repost0
4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 13:13

Depuis plus de 500 ans, les règles et les théories d’un vieux cheikh arabe, et les interprétations abusives de générations de « prêtres » crasseux et ignares ont fixé, en Turquie, tous les détails de la loi civile et criminelle. Elles ont réglé la forme de la constitution, les moindres faits et gestes de la vie de chaque citoyen, sa nourriture, ses heures de veille et de sommeil, la coupe de ses vêtements, ce qu’il apprend à l’école, ses coutumes, ses habitudes et jusqu’à ses pensées les plus intimes. L’Islam, cette théologie absurde d’un bédouin immoral, est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies.” -Mustapha Kemal Atatürk, 1924 (Mustapha Kémal ou la mort d’un empire, Jacques Benoist-Méchin, Albin Michel, 1954).

 Un bédouin immoral et pédophile : ayant épousé Aisha sur ses six ans il l’a « connue » (dans le sens biblique) à neuf ans. Et presque 100 ans après, les paroles d’Atatürk sont toujours d’actualité. Avec une différence, essentielle : à l’époque, le déclin de l’islam a permis la transformation de la Turquie en pays séculaire tandis qu’aujourd’hui l’islam conquérant est en train de soumettre à sa loi au moins deux continents, l’Afrique et l’Europe. Le destin de l’Afrique, nonobstant les centaines de milliards de dollars qui y ont été déversés pendant des décennies et nonobstant les autres dizaines de milliards qui viendront disparaître dans les coffres des élites locales, semble scellé au plan démographique et économique. Celui de l’Europe ?

 L’islam a ouvert contre l’Europe trois fronts, également importants. La destruction des fondements de ses sociétés civiles, la conquête de ses structures politiques et la menace des armes. Il s’agit là d’un constat, ceci n’a rien à voir avec l’existence de nombreux musulmans en Europe qui, à titre individuel, se rattachent aux valeurs des Lumières. Et il ne s’agit pas d’un « complot » dans la mesure où les velléités de l’islam (fût-il modéré ou extrémiste) sont parfaitement connues et clairement exposées, constamment, par ses propagandistes, « agents d’influence » ou autres « intellectuels engagés »

La destruction des fondements des sociétés civiles -  par de petites avancées, réparties sur des dizaines d’années, l’islam a réussi à imposer aux sociétés ouvertes qui ont acceptées l’arrivée de masses de plus en plus nombreuses, le « respect » de sa différence ; on a assisté -phénomène curieux et sans précédent dans l’histoire des migrations- à une dérive lente de la société accueillante vers les valeurs des « envahisseurs ». Le terme peut faire scandale mais il est en deçà de l’appellation donnée aux migrants du fin fond de l'Asie vers l’Europe à partir de la fin de l’empire romain (« barbares »). En effet, tous les migrants (sans exception connue dans l’histoire) ont acquis avec un « droit du sol » obtenu par la guerre les valeurs de ceux qu’ils avaient vaincu. La destruction des fondements des sociétés civiles en Europe est à l’œuvre, il suffit de regarder ce qui se passe au Royaume Uni, en Belgique, en France ou aux Pays Bas. C’est un chapitre qui a connu moult descriptions et analyses, il en connaîtra encore tant que  la collusion  « islamo-gauchisto-fasciste » aura réussi à endormir les nations européennes en utilisant leurs valeurs pour les détruire.

La conquête des structures politiques de l’Europe est en marche depuis plus de trente années  et la dénomination « Eurabia » (Bat Ye-or) ne fait plus soulever les sourcils de personne. Elle a créé des sous-produits, « Franceabia » n’est pas le moins important. Il faut inscrire la dernière trouvaille française (« Union Euro-Méditerranée ») dans ce projet et comprendre que la prise de pouvoir, au départ par la capacité d’empêcher la prise de décisions non souhaitées par les pays musulmans et ensuite la prise de décisions affectant la vie présente et future des 450 millions d’européens est la voie choisie pour parfaire la conquête de l’Europe.

Car ce de quoi il s’agit c’est la conquête de ce continent, après celle de l’Afrique, mais qui sera le tremplin idéal pour continuer la conquête du monde. Et cette conquête passe aussi, passe surtout, par la menace des armes. C’est dire que focaliser l’attention du monde sur les agissements de l’Iran (marche forcée vers le nucléaire militaire, déstabilisation du Proche et Moyen Orient, destruction voulue de l’Etat d’Israël), loin d’être à négliger, permet de cacher les vraies intentions du dernier champion du monde musulman, l’Iran.

Si l’on accepte cette vue des choses, le déroulement de ce qui va suivre semble faire partie d'un scénario prédéterminé. L'Iran et Israël se trouvent sur une trajectoire de collision, rien ne semble pouvoir l'éviter.

L’Iran – En 2002 des dissidents iraniens apprenaient au monde, ce que l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique aurait dû lui faire savoir depuis des lustres, que l’Iran poursuivait un programme secret de développement nucléaire depuis 18 années en violation du traité de non-prolifération dont ce pays était signataire. Depuis toutes les tentatives (toutes agencées autour « des bâtons et des carottes ») pour amener l’Iran au renoncement se sont révélées vaines (la dernière, après six années de palabres, lui donnant encore « deux semaines » pour obtenir une réponse « positive »…). L’Iran ne peut pas renoncer à son programme nucléaire militaire pour trois raisons majeures : la Weltanschauung  de la théocratie iranienne dont Ahmedinejad n’est qu’un des représentants est ancrée dans la conception shiite selon laquelle le retour du 12ème imam (
qui sauvera le monde en assurant la victoire de l’islam) ne sera possible que sur fond de chaos mondial ; le besoin impérieux  de l’Etat iranien de devenir la puissance dominante pour la bande de terre allant du sous- continent indien jusqu’à l’Atlantique (et contrôler ainsi les ressources énergétiques et autres s’y trouvant) ; l’impossibilité pratique (coûts, ressources technologiques, laps de temps nécessaire) de disposer de moyens militaires conventionnels pouvant être utilisés pour assurer l’éclosion des deux premières raisons. C’est dire que ce n’est pas par hasard que ce pays a concentré tous ses efforts militaires sur deux axes, deux axes seulement : armes de destructions massives et vecteurs pour les transporter. Autant dire le nucléaire militaire et les fusées porteuses. Peut-on imaginer que ceux qui « négocient » depuis plus de six ans avec l’Iran ignorent ses données fondamentales ? Peu probable. Mais à partir du moment où, en 2003 les Etats-Unis (déjà engagés en Irak) ont accepté de « sous-traiter » le problème à la « troïka » européenne (France, Angleterre, Allemagne) les cartes étaient biseautées car ces pays se trouvaient en première ligne  de la construction de l’Eurabia. Autant dire aux complices de l’islam dans la conquête de l’Europe. Peu importe les raisons apparentes de la voie choisie par les européens pour « apaiser » l’Iran (et les courants musulmans souterrains de leurs propres pays), l’essentiel est que la fin était connue d’avance : l’Iran n’allait pas accepter les requêtes de sa proie ultime, requêtes qui allaient à l’encontre des buts majeurs qu’il poursuit. Prenant son courage à deux mains, dépité par la mauvaise foi de l’Iran, incapable de vérifier quoi que ce soit, après une douzaine de résolutions sérieuses demandant à l’Iran d’être « plus transparent et plus coopératif » l’Agence Internationale de Vienne a transmis le dossier iranien au Conseil de Sécurité pour suivre sur la voie des sanctions. Chose vouée à l’échec car deux membres permanents (Russie et Chine), chacun pour des raisons différentes, ne peuvent que s’opposer à tout ce qui pourrait affecter le développement de leurs propres activités avec l’Iran. Et c’est ainsi que la paysage devient clair : l’Iran poursuivra son programme nucléaire miliaire jusqu’à son terme (sauf interruption intempestive …) et l’Occident (l’Europe en premier) se trouve devant l’alternative « accepter un Iran nucléaire ou accepter une guerre ».

Du point de vue de l’Iran, une guerre (de toute manière programmée – comme disait le Général Patton « vous ne pouvez pas annuler un match qui a été programmé ») ne fera que raccourcir le temps d’attente du Mahdi (le 12ème imam). L’Ayatollah Ahmad Jannati, qui dirige le Conseil des  Gardiens de la Révolution, un des proches conseillers du Guide Suprême Khamenei, a déclaré le 20 novembre 2005, « les êtres humains, à part les musulmans, ne sont que des animaux qui errent sur la terre engagés dans la corruption » et Bernard Lewis écrit « Ils (les musulmans) savent qui ils sont et ce qu’ils veulent ; une qualité que nous semblons avoir perdue jusqu'à un haut degré »

La marche de l’Iran vers le nucléaire militaire s’accélère pendant les palabres visant à les arrêter. Un faisceau d’indices concordant montre qu’il s’agit accélération : le réacteur nord-coréen pouvant produire du plutonium détruit par Israël en Syrie en septembre 2007, la découverte récente (pas par l’Agence de Vienne …) d’un centre secret  de fabrication nucléaire dans la région de Al-Zarkan construit à partir de 2000 (Kuwait Times, 29 juillet 2008), l’acquisition de systèmes russes de défenses des installations nucléaires (si elle ne sont pas destinées au « militaire » pourquoi des anti-missiles ?), les essais de fusées porteuses à grand rayon d’action, voilà quelques indices qui montrent que l’Iran croit que le jour s’approche quand il faudra passer des « paroles verbales » quant à la destruction d’Israël (première étape de la conquête de l’Europe) soit à sa réalisation soit à la nécessité de faire face à une action de ce pays.

 

 

 

Système anti-missiles S-300PMU1 d’origine russe livré à l’Iran (en partie directement et en partie via la Biélorussie). Deux systèmes pour plus d’un milliard de $, livraison et mise en place accélérée pour défendre des sites nucléaires pouvant être attaqués avant la fin du mandat de George Bush. L’Iran a fixé la cadre temporel pour ce qui va suivre.


 De plus, l’Iran a complété l’installation d’Ispahan qui  produit une grande quantité d’Hexafluorure d’Uranium et poursuit à grande vitesse la construction de son réacteur à eau lourde (Arak) dont le seul intérêt est la production de Plutonium, voie parallèle pour la fabrication d’armes nucléaires. Installation pour laquelle le Vice-président de l’Académie des Sciences iranienne a déclaré « l’eau lourde est une médicament pour le traitement du cancer, utilisé en Occident » …

Nonobstant ce qui est visible, nonobstant le corpus idéologique qui se trouve derrière ce que l’Iran fait, les bonnes âmes occidentales (et leur bras séculier, l’Agence de Vienne), ceux qui devraient arrêter la course de l’Iran qui conduira à la guerre font semblant d’avoir un doute : peut-être que l’Iran ne veut pas du nucléaire militaire … Le drame c’est que l’on ne pourra détecter l’existence du  nucléaire militaire que le jour du premier essais … Comme pour la Corée du Nord qui a mené en bateau les Etats-Unis, la Chine et la Russie pendant 12 longues années.

Et voilà la dernière session de négociation avec l’Iran, le 19 juillet, quand ce pays fait savoir que, dans les conditions actuelles [capacité de faire augmenter le prix du pétrole (par réduction de sa production car c’est la 4ème producteur mondial ou par blocage du détroit de Hormuz par lequel passent 40 % du pétrole mondial), position de force incontournable directement ou par ses supplétifs (Hezbollah, Hamas, autres groupes palestiniens) au Liban et/ou dans les territoires palestiniens, etc.,] il n’a aucun intérêt ni souhait de faire quelque concession que ce fût. Passons à autre chose.

Mais l’Europe (mais pas seulement elle) se dit qu’entre un baril de pétrole à 300 $ et la survie d’Israël … le choix, pour elle, est vite fait. Par delà toutes les assurances et bonnes paroles déversées ad nauseam pendant la 60ème anniversaire de la renaissance de cet état.  Quand on sait que rien que les bouchons du dernier samedi ont consommé, en France, 10.000 barils de pétrole … soit plus de 1.500.000 $ qui ont grevé notre pouvoir d’achat …

Ceux qui croient ou font croire que les menaces de l’Iran ne sont que des galéjades et/ou vœux pieux devraient se dire qu’elles pourraient, cependant, pousser Israël vers une frappe préventive tout en s’assurant les moyens d’une deuxième frappe … si nécessaire. Bref, le monde entier n’a qu’une seule alternative devant les ambitions nucléaires de l’Iran : la capitulation ou la guerre. Les Etats-Unis ? Avec deux guerres sur leur dos, les autorités politiques et militaires font savoir qu’elles ne sont pas partantes pour une troisième … L’Europe ? Toute à ses petites affaires commerciales avec l’Iran (premier partenaire commercial et pour l’export et pour l’import), prise dans le maelstrom de la constitution de l’Eurabia …elle est incapable de relever sa colonne vertébrale. La Russie ? Deuxième grand producteur mondial de pétrole et gaz, premier grand fournisseur d’armes à tous les ennemis d’Israël … elle est prête à oublier qu’il y a un million d’israéliens d’origine russe. La Chine ? Elle fait main basse sur les ressources énergétiques de l’Afrique (Soudan, Niger, Angola, etc.,) et ses populations musulmanes ne sont que 50 millions vs 1,5 milliard de chinois, alors … 

Certes, Israël regarde les choses d’une manière différente. Ce pays sait que la voie vers l’Europe de l’Iran passe par Tel Aviv. Il sait aussi qu’à la différence des États-Unis, qui ont utilisé des armes nucléaires afin d'essayer de finir la deuxième guerre mondiale, les Iraniens vont les employer pour commencer une guerre sans trop s'inquiéter des conséquences potentielles. Peut-on être surpris qu’il se demande s’il ne vaut pas mieux attaquer maintenant avant que l'Iran soit capable de réaction forte ou même de faire exploser un dispositif nucléaire ? Et Israël sait aussi que le vrai problème n’est pas la capacité nucléaire mais ce à quoi elle peut servir. S’il ne s’agissait que des armes … les Etats-Unis auraient des problèmes avec l’Angleterre ou la France …

Israël - Rituellement, annuellement, on entend un dirigeant israélien dire calmement « Israël ne peut pas se permettre le luxe de vivre avec un Iran nucléaire ». Que ce soit à l’ONU (Ariel Sharon), que ce soit dans une conférence de presse avec M. Poutine (E. Olmert) ou à l’occasion de discussions stratégiques avec les Etats-Unis (S. Mofaz) deux idées de forces sont sous-jacentes : Israël ne permettra pas un deuxième holocauste et ce que l’on a appelé la doctrine Bégin érigée en dogme après la destruction du réacteur irakien (fourni par la France) « sous aucune condition nous n’accepterons que nos ennemis possèdent d’armes de destruction massive utilisables contre notre nation ; nous défendrons les citoyens israéliens, le moment venu, avec tous les moyens à notre disposition ». Osirak a été détruit après que toutes les tentatives de convaincre le gouvernement français (Giscard et Chirac) de ne pas fournir le réacteur à Saddam Hussein aient échouées.

Israël ne peut pas vivre avec un Iran doté d’armes nucléaires car, tôt ou tard, il les utilisera contre elle. D’un autre côté ce pays a toujours fait usage de la formule « transférer la guerre sur le territoire de l’ennemi aussi tôt que possible ».

Joschka Fischer, ancien ministre des affaires étrangères de l’Allemagne écrit le 30 mai 2008 dans un journal libanais : Le programme nucléaire iranien est le facteur décisif dans cette équation, car il menace l’équilibre stratégique de la région. Que l’Iran, un pays dont le président n’est jamais fatigué d’appeler à la destruction d’Israël, et qui menace le nord et le sud de ce pays par le soutien massif qu’il apporte aux guerres menées par ses alliés du Hamas et du Hezbollah, puisse avoir un  jour des missiles avec des têtes nucléaires est le pire cauchemar pour la sécurité d’Israël. La politique ne se fonde pas seulement sur les faits, mais aussi sur les perceptions. Que cette perception israélienne soit exacte n’est pas la question, car de toute façon cette perception débouche sur des décisions. »

Deux + deux faisant quatre, parce que l’Iran devra obligatoirement attaquer Israël, la question « Israël attaquera-t-elle l’Iran préventivement » est superflue, les vraies questions sont « a-t-elle la capacité de le faire, quand le fera-t-elle et que se passera-t-il le jour d’après  ? »

On sait peu de choses sur la capacité réelle de projection à 1.500 km d’une force israélienne suffisante pour attaquer, de manière décisive, des objectifs iraniens. Pas nécessairement tous les centres nucléaires, pas nécessairement les centres connus, pas nécessairement les « centres de pression » (installations pétrolières, raffineries, centrales électriques, etc.,) mais un mix suffisant pour mettre à genoux l’économie iranienne pendant un temps suffisamment long pour qu’éventuellement, un changement de régime puisse avoir lieu.

Israël dispose de trois acteurs majeurs : l’aviation (sans égal aucun au plan des équipements, de la formation des pilotes et des technologies particulièrement adaptées aux missions qui lui sont assignées), la marine (qui dispose de plusieurs sous-marins capables de tirer des fusées de fabrication propres et des missiles de croisière) et les fusées (de petite, moyenne ou grande portée + les balistiques). Il est fort probable qu’elle mettra en ligne les trois capacités s’il s’agit d’attaquer l’Iran.

On se focalise, en général, sur le fait que l’aviation devrait disposer de rayons d’action qui ne lui sont pas disponibles et qu’elle devrait survoler des territoires (Jordanie ou l’Arabie Saoudite, route du Sud ou la Turquie et l’Irak, route du Nord). En oubliant les exploits récents -survol du territoire syrien sur plus de 500 km sans qu’aucune station de radar puisse détecter les avions qui, in fine, ont détruit ce qui semble avoir été un réacteur Nord Coréen en cours de construction. On laisse de côté, ainsi les deux autres acteurs, la marine et les fusées. Qui, pourtant, recueillent des ressources insoupçonnables même aux spécialistes militaires.

Avec l’humour qui les caractérise, on a l’habitude de dire en Israël que pendant que l’Europe dormait Israël allait des oranges vers le software, de Jaffa a Java.

Des exemples ?

 

 

 

« Rafael » vient de recevoir le prestigieux « Prix Israël » pour la réalisation de SPICE : missile de croisière transformant des bombes d’une ou deux tonnes en munition « intelligente » dotée d’un système de navigation inertiel couplé au GPS. Le résultat ? Acquisition automatique de la cible par toutes conditions météorologiques, de jour comme de nuit, insensible aux contre-mesures électroniques, erreurs de navigation ou d’impact.

 

 

En dépit du refus d'Israël de reconnaître le statut de ses armes nucléaires, son arsenal secret supputé ne fait jamais l’objet de commentaires de la part de ses décideurs politiques. Il est supposé que le programme nucléaire israélien, développé à partir des années 60 a acquis (dépassé ?) le potentiel nucléaire de la France et de  la Grande-Bretagne se situant juste après ceux des USA, de la Russie et de la Chine. Le croquis joint qui indique les principaux sites de la force nucléaire israélienne (ADM et vecteurs de livraison) est établi par des experts américains  et n’a jamais fait l’objet de commentaires israéliens …



D’après MSNBC – (traduction MB)

 

Voilà les caractéristiques de trois sites parmi ceux identifiés dans le croquis de MSNBC.

 

 

 

Dimona

Jadis appelée « usine de textile, » le centre nucléaire Dimona se trouve entre Beersheba et Sodome (sur la Mer Morte) à 40 km de la frontière jordanienne. Le réacteur construit avec l’aide de la France (en cela premier proliférateur au monde) peut produire quelques 40 kg de plutonium qualité militaire annuellement.

Sachant que moins de 10 kg de plutonium (ajout de déflecteurs de neutrons en uranium 238 autour du plutonium) sont nécessaires pour une bombe, sachant que la production a pu se faire sur 10/20 ou 30 ans … on peut calculer facilement le nombre probable d’armes nucléaires détenues par Israël.

  Base aérienne -  Palmachim

 Equivalente de la plus grande base aérienne américaine de lancement de missiles (Vandenberg) c’est ici que l’on assemble et on teste les vecteurs porteurs (fusées de portée moyenne et grande). C'est le principal site israélien de recherche et développement de l’armée israélienne.

Les Etats-Unis soupçonnaient que c’est ici que des fusées intercontinentales étaient en cours de construction. Ils ne se sont pas trompés… une fusée a été lancée au début de l’année 2008.

Les photos satellites du secteur montrent aussi un terrain d'aviation avec une longue piste pour des avions gros-porteurs et plusieurs grands hangars.

 

Herbât Zaccaria

Les fusées mobiles Jéricho-2 et Jéricho-3, fusées stratégiques, se trouvent ici et constituent la « deuxième aile » de l'Armée de l'Air d'Israël. L’endroit se trouve entre Jérusalem et la Mer Morte et est nommé d’après le Prophète Zaccaria. Les photos satellites montrent environ 100 pas de tir pour des fusées (Jéricho -2 et 3).

 

La deuxième question est  « quand » ? Il semblerait que « la fenêtre de tir » doit se fermer soit avec le changement de président aux Etats-Unis soit à la date à laquelle les équipements de protection russes seront opérationnels. Ceci laisse six à neuf mois, temps qui pourrait être encore utilisé par ceux qui veulent « apaiser » pour obtenir de l’Iran qu’il renonce à ses visées pourtant consubstantielles aux fondements mêmes du régime des mollahs. D’un autre côté, le plus tôt sera le mieux : les pays du Golfe ont fait dire « si Israël attaque l’Iran on aura des soucis pendant 18 mois, si elle ne l’attaque pas ce sera pour 18 ans … » Le 10 mars, 2008 Kuwait Times publiait une interview avec l’ancien conseiller du gouvernement, Sami al-Faraj qui n’hésitait pas à dire « la destruction des capacités nucléaires de l’Iran par Israël serait de l’intérêt des nations du Golfe et serait «moins embarrassante» que si elle était faite par les Etats-Unis. Honnêtement, ils feraient quelque chose d’une très grande valeur stratégique pour les pays du Golfe en arrêtant les tendances hégémonique de l’Iran »

Et pour ce qui est du prix du pétrole [« la survie d’Israël est plus importante que le prix du pétrole » dit S. Mofaz (ancien ministre de la défense israélien, ancien chef d’état major de l’armée israélienne, à New York cette semaine) on peut observer que maintenant il est de 135 $ le baril et que si Israël attaque l’Iran il ira peut-être à plus du double, à 300 $ le baril. A-t-on attendu trop longtemps ? Si la chose avait été faite quand le baril était à 60 $ … il serait maintenant à 135 ! Au même prix mais … sans plus de menace du côté iranien !

Par delà l’intérêt propre d’Israël, si l’on veut stopper les tendances hégémoniques de l’Iran (Liban, territoires palestiniens, conflits shiites/sunnites, etc.,), l’utilisation de la fenêtre de tir évoquée plus haut semble s’imposer.

Et Le jour d’après ? Il est fort probable que l’Iran répondra, massivement, de quatre manières différentes en :

  1. essayant de bloquer le détroit de Hormuz – d’un côté s’agissant d’une voie maritime internationale le ban et l’arrière-ban de la « communauté internationale » se sentira agressé et … les forces navales américaine et française présentes n’auront pas de difficulté à assurer un libre passage (la largeur du détroit est grande, sa profondeur aussi, la marine iranienne n’a pas les moyens de s’attaquer à des porte-avions, destroyers ou autres moult frégates armées jusqu’aux dents) ; à supposer qu’il y ait réduction du trafic l’Iran souffrira en premier pour ce qui est des revenus tirés de l’export du pétrole et, encore plus, pour l’arrêt de l’importation de pétrole raffiné (l’Iran n’assure en propre que 40 % des besoins d’essence et autre produits raffinés) ; certes, une flambée (spéculative) du prix du pétrole est à envisager, les pays qui en souffriront sont, tout d’abord, ceux qui n’ont pas su, pu ou voulu arrêter la course vers le nucléaire militaire de l’Iran) ;
  2.  attaquant avec des fusées moyenne portée les forces américaines en Irak et avec des fusées stratégiques le territoire d’Israël – attaquer les forces américaines pourrait avoir un prix que l’Iran (certes, extrémiste mais peut-être pas tout à fait irrationnel) ne sera pas en mesure de payer ; le territoire d’Israël semble être suffisamment bien protégé par les systèmes anti-missiles Patriot (américain) et, surtout, Arrow (israélien) ; à supposer que les fusées iraniennes soient porteuses de charges non conventionnelles (chimiques, bactériologiques), Israël sera en mesure d’y répondre d’une manière non conventionnelle, aussi ; la conflagration risquerait de dépasser le cadre des deux nations pour faire intervenir « les grands » ;
  3. activant les capacités offensives de ses supplétifs dans la région, le Hezbollah et la Syrie, d’un côté et le Hamas, d’un autre côté – faire savoir à la Syrie que si le Hezbollah (ou ses propres forces armées) bougent Damas risque de subir le sort du Liban en 2006 sera de nature à rafraîchir l’enthousiasme de ces deux acteurs (en particulier celui du Hezbollah qui ne pourra pas mettre en exergue « la résistance à l’agression » pour risquer une deuxième destruction du Liban) ; quant au Hamas, il est fort probable que cette fois-ci l’armée israélienne profitera de l’occasion pour le déloger de Gaza et arrêter la transformation du « Hamasthan » en mini état taliban ;
  4. relançant ses réseaux terroristes de par le monde – les pays agressés (toujours ceux qui n’ont rien fait pour arrêter les efforts de l’Iran pour avoir la bombe) n’auront aucun moyen pour obtenir d’Israël un changement de programme mais, peut-être, auront-ils compris qu’il ne fallait plus jouer au poker avec l’Iran ; de plus, ces pays sont mieux armés pour faire face à une menace terroriste  qu’ils n’étaient il y a quinze années ou plus (se souvenir des actions terroristes de l’Iran en France, à Buenos Aires ou à Berlin).

 Et la rue arabe ? Ce n’est pas certain qu’elle bougera plus que nécessaire pour montrer une certaine solidarité « musulmane ». Il est même probable que l’on verra se reproduire le même silence assourdissant qui a suivi la destruction d’un complexe nucléaire en Syrie en 2007.

Les grandes puissances ? On ne voit aucun De Gaulle à l’horizon pour mettre en garde (2 juin 1967) « L’Etat qui le premier emploierait les armes n’aurait ni l’approbation ni, à plus forte raison, l’appui de la France » façon voilée de mettre un terme à l’amitié franco-israélienne et d’inaugurer la « politique arabe de la France ». Peu probable que la Russie avertisse qu’en raison de son pacte d’assistance avec l’Iran (pays riverains de la Mer Caspienne) elle se considère agressée. Tout au plus elle fera du bruit au Conseil de Sécurité où la véto des Etats-Unis lui fera pièce. Peut-être même celui de la France aussi.

Ce qui sera important ce sera ce que l’on aura obtenu. Le succès de la destruction de sites clés du programme nucléaire (connus ou moins bien connus …), la destruction des points de pression (raffineries, centrales électriques, installations portuaires, etc.,), l’absence de dégâts collatéraux (victimes civiles) sera mesuré, en réalité, par le temps nécessaire (et les ressources) pour que l’Iran revienne au status quo ante bellum. Trois ans ? Cinq ans ? Plus ?

Y a-t-il quelque chose d’autre à craindre ? On se souvient qu’après avoir perdu la guerre de 1973 (que l’Egypte et la Syrie avaient initiée) les pays arabes on lancé un embargo pétrolier (et les prix ont flambés … premier choc pétrolier) contre l’Europe. C’est une des raisons, selon Bat Ye’or,  du lancement du dialogue euro-arabe en 1974 qui a donné naissance à l’Eurabia. Ce qui veut dire que, comme en 1973, par conviction ou avec rémunérations, tout ce qui grouille, grenouille et scribouille se déchaînera contre Israël et en faveur de l’Iran. Mais … Golda Meir avait dit un jour « une mauvaise presse c’est mieux qu’une bonne épitaphe ».

oooooooooooooo

Le ….. à 02h00 GMT (05h30 Téhéran) le Gouvernement Israélien fait savoir au monde entier que devant les menaces répétées de l’Iran quant à sa destruction et devant l’incapacité de la communauté internationale d’arrêter la course de ce pays vers l’acquisition d’armes de destruction massive qui lui sont nécessaires pour appliquer ses menaces, Israël se considère en état de légitime défense et procède à des actions visant la destruction des potentiels militaires de l’Iran. Il  rappelle qu’il n’a de querelle aucune avec le peuple iranien et espère qu’il ne sera affecté d’aucune manière par les actions entreprises. Il met en garde tous ceux qui, liés ou pas, aux tendances hégémoniques destructrices de l’Iran qu’il procédera de la même manière avec eux si Israël fait l’objet d’attaques de leurs part. Le Gouvernement Israélien rappelle aux principales puissances  avoir fait preuve d’une énorme patience espérant que leurs efforts visant l’arrêt de l’Iran dans la course vers les armes nucléaires seront couronnés de succès mais il est obligé de constater que tel n’est pas le cas et que certains parmi elles semblent vouloir s’accommoder de l’existence d’un Iran disposant de moyens militaires nucléaires. Quant à l’Iran, si d’aventure ce pays se permet de riposter en utilisant des moyens non conventionnels, Israël répondra de la même manière en utilisant cependant une option de nature, taille et effet qu’elle considérera adéquate.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                          

 

 

.

 

 

 

Partager cet article

Repost0
16 juillet 2008 3 16 /07 /juillet /2008 10:16

L’illusionniste

 

Sonnez trompettes, résonnez  musettes, avissse aux populations : l’Union pour la Méditerranée, projet majeur de notre président vient d’être lancée.

 

C’est-à-dire, pas vraiment … Tout d’abord, tout en avalant de travers, notre président a dû accepter que le titre du nouveau machin soit « Le processus de Barcelone : une Union pour la Méditerranée » Le processus de Barcelone a été lancé en 1995 et s’est distingué depuis par … rien. C’est donc la raison pour laquelle Mme Merkel a imposé au petit Napoléon le changement de programme.

 

Ensuite … il faut attendre un peu car l’Article 28 de la Déclaration Commune dit « Les détails du mandat de la nouvelle structure institutionnelle, le fonctionnement de la coprésidence ainsi que la composition, le siège et le financement du secrétariat, seront arrêtés par consensus par les ministres des affaires étrangères en novembre 2008, sur la base de discussions approfondies et des propositions présentées par tous les partenaires » Faut-il que l’on soit des jobards consommés pour ne pas comprendre que le charabia qui précède traduit l’impossibilité de se mettre d’accord sur les premiers réquisits de ce machin. Pour ne pas parler  de la co-présidence qui sera assurée par le représentant de l’Europe pour les affaires étrangères (encore un job pour l’ineffable, le marathonien des discussions avec l’Iran, pour celui qui demandait conseil au Cheik Yassine -fondateur du Hamas- pour celui qui assurait que « le Hamas ne veut que la liberté pour son peuple », le nommé Javier Solana) et un représentant du Sud choisi par consensus …

 

Mais c’est quoi ce machin ? Le bon docteur Kouchner (« qui n’était pas bien à l’aise » en juin 2008 quand il a appris que Bachir el Assad allait être invité à Paris) assène «La conférence de Paris sur l’Etat palestinien fut un succès mais l’essai doit être transformé. La France entend s’y employer activement lors du sommet et en faire une des priorités de sa présidence européenne car le processus de paix est menacé. L’Union Européenne doit jouer sans complexe tout le rôle qui lui revient au Proche-Orient. Ce sommet se veut celui de la paix entre tous les Méditerranéens» Suite à quoi le ministre syrien des affaires étrangères quitte la salle quand son homologue israélien prend la parole et son patron fait de même quand le premier ministre israélien se lève pour parler. Et N. Sarkozy est pris en flagrant délit de mensonge : quand on lui demande en conférence de presse publique si cela est vrai il dit que non. Pour être contredit illico par son collègue, le co-président Moubarak, qui explique d’une manière alambiquée que, peut-être, M. Assad avait quelque chose à faire et c’est pour cela qu’il est sorti …

 

Essayons de comprendre ce que notre visionnaire de président voulait et ce qu’il a obtenu. Le processus de Barcelone ayant ingurgité plus de 5 Milliards d’euros sans rien produire, N. Sarkozy a cru qu’il pourrait créer une nouvelle structure, éventuellement, contrôlée par la France et constituant un des projets majeurs de sa présidence française et européenne. Mais cela enquiquinait prodigieusement autant l’Espagne (vu que l’argent pour Barcelone était, en grande partie, dépensé là-bas), l’Italie qui savait que son client la Libye allait rejeter le projet (vision prémonitoire car le Guide Suprême a traité le projet « d’acte d’humiliation et de soumission » de l’Afrique) ou de l’Allemagne (qui ne comprenait pas pourquoi il n’y aurait de partenaires que ceux qui touchent la Méditerranée quand l’argent venait de tous les pays de l’Europe »). Ajoutez à cela qu’entre le moment ou N. Sarkozy a lancé l’idée (2006) et aujourd’hui l’Europe se retrouve à 27 … Mais qu’à cela ne tienne, il a peu d’idées mais comme elles sont fixes … voilà 42 chefs d’état ou de gouvernement qui se retrouvent à Paris pour faire ripaille aux frais de la princesse …

 

Ce que N. Sarkozy voulait c’était créer un mécanisme d’intégration des économies du Sud et du Nord pouvant conduire, à terme, à une création du genre de la Communauté Européenne. En laissant de côté le fait que les 275 millions d’habitants du Sud de la Méditerranée sont tous musulmans. Ce qui ne peut que continuer l’œuvre de destruction des structures européennes car il s’agit de continuer la voie de l’Eurabia (Bat Ye’or). En laissant aussi de côté que ce qui prévaut pour les dictateurs au grand pied (Moubarak et consorts) ou au petit pied (Bachir el Assad et consorts) n’est pas l’avenir économique de leurs peuples mais leur maintien au pouvoir. Pour lequel le rejet d’Israël sous toutes les formes est primordial. Et pour donner des gages, voilà que l’on invite comme partenaires la Ligue Arabe, l’Organisation de la Conférence Islamique, l’Union du Maghreb Arabe, le Conseil de Coopération des Etats Arabes du Golfe et l’Alliance des Civilisations (créature de l’ONU pour promouvoir la collaboration avec le monde musulman). Ce qui a fait que la Déclaration commune n’a pas pu enregistrer une formule classique sur « deux états » car personne du côté arabe ne veut reconnaître le caractère juif de l’Etat d’Israël.

 

Et alors ? L’illusionniste a encore frappé ! Conférence, dîner, parade pour le 14 juillet, si on montre tout cela c’est que c’est vrai ! Et le bas peuple, de toute manière tout à ses soucis de pouvoir d’achat ou de bouchons sur les routes ou d’un mois de juillet pluvieux … s’en contrefiche !

 

C’est pour que le spectacle soit complet que l’on a invité celui qui a commandité l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais. Président par droit dynastique d’une république responsable de l’assassinat d’un ambassadeur français au Liban et de la mort de presque 100 soldats français. Et dont le pays, création de la France et de l’Angleterre, a toujours « mangé l’appât et pissé sur l’hameçon » comme N.Sarkozy (après d’autres, J. Chirac en particulier) le découvrira rapidement. Mais pour lui montrer de quel bois on se chauffe on lui a fait entendre debout la Déclaration des Droits de l’Homme pendant le défilé du 14 juillet ! Le tout pour faire la nique à son prédécesseur qui quittant l’Elysée occupe maintenant un appartement de la famille du même ancien premier ministre.

 

A tout seigneur, tout honneur : l’irremplaçable Bernard Kouchner chante des louanges pour l’événement et rappelle, parmi d’autres éléments positifs qui permettraient (selon lui) de voir l’avenir en rose « Il faudrait aussi citer la trêve à Gaza sous l’égide de l’Egypte, les pourparlers israélo-syriens grâce à la médiation turque, ou les échanges humanitaires entre Israël et le Hezbollah. » Le macabre (que peut-être ne lui était pas connu) le dispute à l’ignoble (qui ne pouvait pas lui être inconnu).Echanges très humanitaires, il s’agit d’échanger les deux cadavres des soldats israéliens kidnappés en juillet 2006 contre, du côté d'Israël, en sus de 200 cadavres de « combattants libanais », la libération d'un assassin qui purgeait une peine de « trois fois la vie + 47 ans) » pour avoir assassiné deux policiers et un civile en commençant par tuer une fille de quatre ans sous les yeux de son père … et qui arrivera en héros au Liban. Le Liban, ce pays que la France soutient toujours et qui déclare le retour d’un assassin « fête nationale ». Bernard Kouchner n’a pas perdu seulement ses repères en migrant de la gauche vers la droite, il a perdu aussi son âme.

 

En ce 14 juillet on pourrait quand même se poser la question « c’est quoi la France ?  République bananière ? C’est quoi exactement une république bananière ?

 

Partager cet article

Repost0
4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 17:12

Texte mis en ligne par Liberty Vox
Les bons, les brutes et les truands

 

 

 

A en croire le battage partisan auquel se livrent la famille, le gouvernement français et la presse française, comme d’habitude, on est porté à croire que la libération des 15 otages des FARC en Colombie a été le résultat de leur « lutte pour la liberté ». Et si les premiers mots de la franco-colombienne Ingrid Betancourt ont été pour remercier l’armée colombienne, en revanche, les rejetons français n’ont pas daigné prononcer le nom du président de la Colombie comme s’ils avaient peur que cela leur brûlerait la langue …

 

Certes, la libération de cette femme politique colombienne -française par un mariage suivi d’un divorce- a eu une grande importance pour ses enfants et sa mère. Sachant cependant qu’elle avait quitté la France après son divorce d’avec son mari, diplomate français, pour se lancer dans la bataille politique en Colombie, devenir sénateur, solidement ancrée dans la gauche locale, elle qui descend d’une famille de la grande bourgeoisie colombienne, on pourrait se poser la question  « que fait la France dans cette affaire » ?

 

Certes, dans le discours d’inauguration de la présidence Sarkozy la libération d’Ingrid Betancourt était annoncée comme un objectif prioritaire. Pas exactement comme l’augmentation du pouvoir d’achat des masses laborieuses mais … en bonne place. Comme, d’ailleurs, la libération des infirmières bulgares des geôles du Colonel Kadhafi. Mais, déjà depuis 2002, date du kidnapping de Mme Betancourt, la France était le pays le plus en pointe pour œuvrer en faveur de sa libération. Les élites, de droite et de gauche -comme Monsieur de Villepin ou des leaders socialistes- ne pouvaient pas laisser tomber une ancienne (petite ?) amie et/ou condisciple d’études, tous s'étant trouvés en même temps sur les bancs de Sciences Po. Si ce n’était que cela …

 

Mais ce n’était pas que cela. La France, adepte de l’apaisement et de la discussion avec des terroristes de partout, avec un zèle digne de causes plus nobles, a pris pratiquement le parti des kidnappeurs contre le pouvoir démocratique de la Colombie. Par delà les épisodes burlesques (avion militaire de transport envoyé à Manaus, au Brésil, sans prévenir les autorités brésiliennes …) ou le déroulement des tapis rouges pour le clone vénézuélien de Fidel  hissé au rang de « négociateur » avec les terroristes, la France demandait à l’Etat Colombien d’accepter les revendications d’une bande de narcotrafiquants, à l’origine « guérilla marxiste ». La France demandait, plus ou moins ouvertement, à la Colombie de démembrer son territoire pour accorder un sanctuaire d’environ un tiers de la superficie du pays aux preneurs d’otages mais qui gardaient leur logo de « révolutionnaires marxistes ». Et aussi de céder aux revendications diverses et multiples de ces bandits abrités par la jungle depuis 40 années. Mais qui avaient, d’un côté, le support matériel des autres « socialistes » d’Amérique Latine (Venezuela, Equateur, Bolivie en particulier), et de l’autre, celui des gauches mondiales car le président de la Colombie est un homme de droite …

 

Pendant de très longues années la diplomatie française s’est complu dans une danse du ventre devant les FARC et devant Hugo Chavez jusqu’à y compris proposer comme monnaie d’échange pour la libération d’Ingrid Betancourt, l’accueil en France de quelques 500 « guérilleros » condamnés par la justice colombienne et se trouvant dans les prisons du pays.

 

Objectif prioritaire de Nicolas Sarkozy, terrain de prédilection pour le spécialiste humanitaire de la gauche recyclé à la droite (Bernard Kouchner, pour préciser) il était tout naturel que cette affaire devienne une grande cause française. Et à ce titre, disposer d’un énorme panneau sur le parvis de l’Hôtel de Ville à Paris grâce aux bons soins de M. Delanoë (qui préfère les grandes causes et son militantisme socialiste au nettoyage de Paris, devenu une des villes les plus sales de l’Europe). Et pour remuer les bons sentiments du bas peuple, on a diffusé une photo de l’intéressée en très piteux état et l’on a fait savoir que si elle n’était pas libérée elle risquait la mort à brève échéance. En disant aussi, à mots couverts, que dans ce cas-là le responsable serait le président colombien qui ne voulait pas abdiquer de ses principes lui interdisant de négocier avec des terroristes visant la destruction de son état. Pendant ce temps, la famille française (les deux enfants, mais aussi « l’ex ») se répandaient dans toutes les radios et télévisions de France et de Navarre pour dire pis que pendre du président colombien. Par delà l’amour filial, par delà l’absolue normalité de la défense d’un être opprimé, ceux qui réclamaient la libération d’Ingrid Betancourt occultaient la responsabilité des FARC et l’ignominie de leurs actions et arrivaient à faire un transfert (voir le Père Freud …) qui n’était pas moins ignoble. Avec l’assentiment des élites françaises et du gouvernement du pays.

 

Il y a encore trois semaines Bernard Kouchner, devenu voyageur habituel (en première classe …) du trajet Paris – Caracas, allait voir Hugo Chavez pour « faire avancer » le projet de libération d’Ingrid Betancourt. Remarquez, on s’occupe à titre humanitaire uniquement d’Ingrid Betancourt mais on va voir celui qui a alimenté en armes et des centaines de millions de dollars les bandits kidnappeurs. Mais toute action, toute politique se juge aux résultats.

 

Le résultat ? Une action des forces spéciales de l’armée colombienne libère, sans tirer un seul coup de feu, 15 otages des FARC dont Ingrid Betancourt. Et on voit dans les premières images de cette dernière filmées par la télévision colombienne qu’elle pleure et sourit quand elle raconte l’épisode de sa libération, comme si c’était le script d’un film d’action … Et, nonobstant ses positions politiques, elle a l’élégance de remercier non seulement Dieu mais l’armée colombienne et le Président de la Colombie, se considérant elle aussi comme un soldat de son pays.

 

La presse mondiale (pas encore la française qui, elle, est à tresser des lauriers à l’action de la France, des associations de supporters et de tous les signataires de pétitions diverses) commence à jeter un peu de lumière sur cette action d’éclat de l’armée colombienne. Et, comme on sait, on ne prête qu’aux riches, à ceux qui les ont aidés. Etats-Unis et Israël.


Etats-Unis. Il y avait trois otages américains mais ils ne valaient pas la peine de s’y intéresser pour les combattants de la liberté français car ce n’étaient que des « mercenaires » utilisés pour la lutte anti-drogue en Colombie. Sans bruit, sans pétitions, sans portraits sur l’hôtel de ville de San Antonio au Texas, les Etats-Unis ont aidé la Colombie en formant leurs forces spéciales et en leur fournissant les équipements nécessaires. Jeudi, le colonel William Costello, porte-parole du commandement SUD des Etats Unis, a indiqué qu’ils « ont cherché leurs otages pendant les cinq dernières années, tous les jours, en effectuant 3.600 vols de surveillance et de reconnaissance au-dessus de la jungle et qu’ils ont dépensé plus de 250 millions de $ pour cela ».

 

Israël. Tout en soulignant que le mérite de l’opération appartient à la Colombie, des sources israéliennes nous apprennent que des dizaines d’experts israéliens y ont participés et que les actions ont été coordonnées par un ancien chef d’état major « opérations » du Tsahal (Israel Ziv) qui est rentré de Bogota à Tel Aviv … hier. Remarquez, déjà en mars 2008 quand la Colombie a détruit, en territoire équatorien, une base des FARC où se trouvait leur Numéro 2 (mort dans l’action) Hugo Chavez y voyait la main d’Israël … Comme quoi il n’a pas toujours tort … Pourquoi Israël ?

 

La participation israélienne a commencé il y a dix-huit mois, quand la Colombie a demandé à Israël de l'aide dans sa lutte contre les FARC, spécialisées, comme on le sait, dans le commerce de narcotiques et le kidnapping pour obtenir des rançons. Auparavant, Israël avait déjà vendu à la Colombie des avions avec et sans pilotes (drones), des armes et, surtout des systèmes perfectionnés utilisés pour la collecte de renseignement. Par exemple, ce qui a permis de se substituer au téléphone satellitaire du nouveau commandant suprême des FARC pour donner l’ordre au geôlier en chef de rassembler trois groupes d’otages au même endroit …  Des anciens membres du Mossad ou du Shin Beth sont allés sur place pour contribuer à la formation des forces spéciales colombiennes.

 

Pendant ce temps, les structures politiques colombiennes, en commençant par le président du pays, tenaient bon face aux imprécations de tous les biens pensants qui leurs demandaient de céder aux FARC. Et assumaient leur volonté de ne pas se soumettre, ni aux vendeurs d’air fussent-ils des français de droite ou de gauche ni à ceux qui voulaient la destruction du pays pour en constituer un nouveau paradis communiste.

 

Juste avant que Nicolas Sarkozy -hommage du vice à la vertu- remercie Alvaro Uribe et l’armée colombienne pour la libération des otages, on avait l’impression qu’Ingrid Betancourt avait été libérée grâce aux actions des médias, de la famille et du gouvernement français. Mais on a pu observer, qu’une fois le discours du président passé, la vulgate dominante est restée la même … Et pour souligner l’implication de la France, les enfants français du soldat colombien, accompagnés du toujours disponible Bernard Kouchner, partent dans un Airbus spécialement loué vers Bogota pour embrasser leur mère. Qui reviendra avec eux aujourd’hui en France. Quand on  aime on ne compte pas mais, sans être pingre, on devrait se dire que par les temps qui courent cela doit faire beaucoup l’embrassade …

 

Ingrid Betancourt « rentre » en France. Pourtant elle a quitté ce pays, qui n’était qu’un intermezzo dans sa vie, pour se lancer dans la vie politique de son vrai pays, la Colombie. Elle voulait devenir sa présidente nonobstant le 1% des voix dont elle était créditée par les sondages quand, à ce titre (et non pas comme une vulgaire touriste) elle a été kidnappée par des bandes d’assassins pires que la lie de la terre. Mais qu’auparavant elle est allée voir pour les convaincre de participer à la création d’une nouvelle Colombie …

 

Il est humain de se réjouir de la libération d’un être des mains des assassins. Il ne peut pas être indifférent de voir à quel degré d’absurdité la diplomatie française (et ses patrons) est arrivée.

 

Si, au départ, on savait qui étaient les bons et qui étaient les brutes (rôles inter-changés dès la libération des otages) il n’était pas clair qui étaient les truands. Depuis hier on le sait. Au fait, qu’et-il devenu, Monsieur Chavez ? Allons, le colonel Kadhafi nous avait déjà fait comprendre que nos gouvernants ne sont que des sinistres plaisantins …

 

 

Partager cet article

Repost0

Articles Récents

Liens