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29 août 2006 2 29 /08 /août /2006 10:34

Imposteurs ? Faux-jetons ?

La France a fait des pieds et des mains pour qu’une résolution demandant la « cessation des hostilités » au Liban soit adoptée par le Conseil de Sécurité. Non pas un « cessez-le-feu » qui, juridiquement impose des conditions strictes mais … une cessation des hostilités. Au départ, la France clamait haut et fort qu’une telle résolution devait prendre en charge des aspects « coercitifs » (J. Chirac) mais, ensuite, à la demande de ses protégés libanais elle a accepté que « le langage soit celui du chapitre VII de la charte de l’ONU (recours éventuel à la force) bien que la résolution elle-même n’y soit pas rattachée ». Pourquoi cette première volte face ? Pour convaincre les Etats-Unis d’accepter le changement, la France a laissé comprendre urbi et orbi qu’elle allait prendre le commandement de la nouvelle FINUL tout en constituant son ossature. Et puis, deuxième volte face quand pendant dix jours elle s’est refusée à fournir des troupes … En fait, non : devant le monde ébahi elle annonçait l’envoi de 200 soldats, soit quatre fois moins que des policiers mobilisés pour évacuer le squat de Cachan. Pourquoi cette deuxième volte face ?

Israël, pour des raisons que l’on connaîtra un jour, n’a pas voulu déclencher une offensive terrestre, seule capable de détruire complètement les fantastiques constructions offensives du Hezbollah (réseaux de bunkers, dépôts d’armes et munitions, postes de commande-contrôle, armement militaire lourd installé dans des maisons privées, etc.,). Après avoir prévenu que « le Liban allait se retrouver vingt ans en arrière si ses soldats n’étaient pas rendu sains et saufs » Israël a méthodiquement détruit deux tiers ou trois quarts des infrastructures libanaises en mettant l’accent sur celle liées au Hezbollah, à ses capacités de communication et d’actions offensives. C’est ainsi que la banlieue Sud de Beyrouth a été dévastée et que des villes et villages points forts du Hezbollah ont souffert le même sort. Au moment où Israël a compris que la résolution qui était en discussion allait perdre « ses dents » suite à la première volte face française, elle a décidé de lancer l’offensive terrestre. Il n’a fallu ensuite que quelques heures à la France pour faire passer la résolution en arguant de ce qu’elle allait faire. Pourquoi ? Détruire le Hezbollah ne faisait pas partie des buts de la France : elle ne pouvait l’accepter après s’être opposée pendant des années à son inscription sur la liste des organisations terroristes (selon la fiction « organisation politique » …). D’un autre côté, jouant un rôle pour le moins curieux dans le ballet du nucléaire iranien, la France ne voulait pas que l’Iran perde la face d’une manière trop marquée. Ceci explique la sortie de notre Condorcet national selon lequel « l’Iran a un rôle stabilisateur dans la région ». Le ridicule ne tue plus …

Bref, ce qui était urgent c’était d’interdire à Israël d’obtenir les principaux buts de guerre qui étaient les siens après l’agression caractérisée du Hezbollah (en réalité du Liban …), reconnue comme telle par la communauté internationale. Qui s’est empressée d’oublier les tenants de l’affaire. Faux jeton – J. Chirac qui a fait croire à des préoccupations qu’il n’avait pas. Imposteur - car il a réussi à changer le cours de la seule action qui aurait pu créer une nouvelle situation sur la frontière Nord d’Israël.

Mais il n’est pas seul … Le toujours ennemi d’Israël, Koffi Annan, s’est remis en première ligne pour vider de sens la résolution 1701. Comment ? Premièrement, en acceptant (quelle couleuvre …) de remettre sur le tapis la fameuse question des « Fermes de Sheba » Le même Koffi Annan qui, la main sur le cœur, a certifié au Conseil de Sécurité il y a six ans qu’il s’agissait d’un territoire syrien. Le même qui a obtenu la signature du président (pro-syrien) du Liban sur un document confirmant la validité et la reconnaissance de la « Ligne Bleue » établie par l’ONU et fixant la frontière internationale entre Israël et le Liban. Et le voilà au Liban visitant les quartiers détruits du Hezbollah (aucun autre quartier de Beyrouth n’a été touché par les bombardements de l’aviation israélienne …) et clamant haut et fort que la FINUL n’est pas là pour désarmer le Hezbollah ni pour interdire son approvisionnement en armes via la frontière syro-libanaise ! De plus, il plaide maintenant pour qu’une partie de la FINUL soit composée de troupes de pays musulmans qui n’ont pas reconnu Israël. Vous parlez d’un contrôle sérieux et objectif !

Mais il demande, non moins haut et non moins fort, qu’Israël lève le blocus aérien et maritime (instauré pour interdire l’acheminement d’armes et munitions que l’Iran fait parvenir à jet continu à son supplétif) et qu’elle libère les prisonniers libanais. Vous avez dit « prisonniers » ? C’était une des deux revendications du Hezbollah quand il a lancé son agression. Prisonniers ? Il y en avait trois, dont les mains étaient couvertes de sang. Trois détenus jugés pour des assassinats. Un d’entre eux a tué d’une balle dans la tête le fils d’un otage à Naharya avant de tuer de la même manière le père. Voilà les « prisonniers » en faveur desquels Koffi Annan intervient … Mais il n’est pas seul … J. Chirac demande lui aussi la libération « des prisonniers libanais » !

Et pour compléter le tout, le Secrétaire Général de l’ONU va rendre visite au pays qui s’est fixé comme but majeur « l’éradication d’Israël de la carte » Comme des années auparavant quand il rencontrait Saddam Hussien et, tout en fumant de gros cigares offerts par le dictateur, disait au monde « I can do business with this man » il va sans doute dire à Ahmadinejad qu’il le comprend … Mais qu’il doit, peut-être, arrondir les angles ! Un Etat membre de l’ONU qui demande la destruction d’un autre Etat membre … Cela n’a pas l’air d’affecter beaucoup le Secrétaire Général de l’ONU car … il ne s’agit que d’Israël ! Faux jeton –car il tient des discours contre l’antisémitisme tout en faisant ce qu’il peut pour nuire à Israël. Imposteur –car la dernière agression du Hezbollah a été rendue possible par l’incapacité de l’ONU à contrôler le Sud du Liban ce qui était, cependant, son engagement au moment où Israël a retiré ses troupes il y a six ans.

 Et pour faire bonne mesure, les deux acteurs principaux de la scène mondiale après la « cessation des hostilités » appellent maintenant les pays du monde entier à contribuer à la reconstruction du Liban. Pas du Nord d’Israël qui a été ravagé par les 4.000 Katiouchas tirées par le Hezbollah. La générosité doit se manifester mais … pas à l’égard d’Israël ! La conférence des « donateurs » aura lieu en Suède … le pays dont un ministre a demandé le boycott d’Israël, avant la guerre déclenchée par l’agression du Hezbollah.

Et la communauté internationale ? Qui se souvient encore de la condamnation formelle du G8 au moment de sa réunion à Saint Petersbourg ? Certainement pas M. Poutine dont les fusées antichar livrées à l’Iran et retrouvées dans l’armement du Hezbollah ont été responsables de la plus grande partie des pertes de soldats israéliens. M. Poutine qui cajole l’Iran, s’oppose aux sanctions qui visent l’arrêt de son programme nucléaire et qui considère aussi, le Hezbollah non pas comme l’organisation terroriste qu’elle est mais comme un parti politique … Dont la dotation comportait plus de 10.000 fusées dont l’origine est russe. Mais qui clame que le sort d’Israël ne peut pas être indifférent à la Russie dans la mesure où plus d’un million de juifs russe s’y trouvent. Un troisième faux jeton? Ou imposteur ? Arrêtons-nous là car si l’on continue la liste sera longue …

Imposteurs ? Faux jetons ? Le cumul n'est pas interdit ...

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14 août 2006 1 14 /08 /août /2006 18:59

 

 

Cessation des hostilités : pourquoi ?

 Le 27 juillet 2006, au bout d’une quinzaine de jours après l’agression caractérisée du Hezbollah contre Israël, le Président iranien déclarait : « Le régime d’occupation de la Palestine a poussé réellement le bouton de sa propre destruction en lançant un nouveau round d'invasion et d’attaque barbare sur le Liban". Le sort des armes semblait, à ce moment là, épargner à son supplétif, le Hezbollah, une sinistre défaite.

 Une semaine après, nouvelle déclaration à la réunion de l’OCI en Malaisie : « Bien que la solution principale soit l'élimination du régime sioniste, un cessez-le-feu immédiat doit être mis en application à ce stade »

 Que s’est-il passé entre temps ? Et comment est-on arrivé à une cessation des hostilités qui, d’évidence, fait perdre presque tout au Hezbollah tout en améliorant sensiblement la situation d’Israël ?

 Naturellement, on assistera tout d’abord à l’habituelle déferlante de propagande tentant à prouver que le Hezbollah est sorti victorieux de la confrontation avec Israël. Que la presse arabo-musulmane et les masses dont elles font le lavage du cerveau à jet continu s’y lancent à corps perdu dans la création d’une nouvelle vulgate (comme les victoires de 1948, de 1956, de 1967, de 1973 ou celles des deux Intifadas …) n’a rien d’anormal. Qu’une partie non négligeable de la presse occidentale  fasse de même cela paraît pour le moins suspect.

 Mais essayons de faire le bilan fondé sur les chiffres connus indiqués de part et d’autre.

 Israël  a subi la pluie de Katiouchas et autres Khaibar (un total de presque 4.000), a eu 150 morts (dont une centaine de militaires), a vu environ 300.000 habitants du Nord du pays se transformer en réfugiés (bien accueillis partout quand ce n’est l’Etat qui a pourvu à leurs besoins) et des destructions de biens évalués à un milliard de dollars. Le G8 d’abord et la plus grande partie de la communauté internationale ensuite, ont considéré qu’Israël a été agressé et, nonobstant la « disproportion » de sa réaction ne l’ont pas condamné comme il était de rigueur auparavant dans des cas pareils. Au moment de la cessation des hostilités Tsahal se trouve sur le Litani et il ne faut pas être grand stratège pour comprendre qu’au moment de la retraite elle remettra à la force internationale un territoire, pour l’essentiel, nettoyé de ce qui a permis au Hezbollah de tenir pendant trente jours.

 Le Liban – pris en otage par le Hezbollah qui a testé la capacité d’Israël de répliquer à une agression, le Liban a vu deux tiers (ou trois quarts, c’est selon …) des infrastructures du pays détruites, un quart de sa population (1 Million de personnes) devenant des réfugiés (et au retour ne retrouvant rien de ce qu’ils avaient eu), presque mille morts (tous des civils car … les « combattants » du Hezbollah ne portent pas d’uniforme …), son armée mise, pour l’essentiel, sous le contrôle d’une force internationale évinçant le Hezbollah (de plus devant être désarmé) d’un territoire qu’il contrôlait auparavant en totalité, des destructions de biens de plusieurs milliards de dollars ramenant le pays là où il était vingt ans auparavant.. Pour ce qui est du Hezbollah proprement dit, son arsenal (plus de 12.000 Katiouchas) a fondu comme beurre au soleil (tirées ou détruites par Israël, elles ne seraient pas plus de deux à trois mille), l’essentiel de ses postes de commande contrôle ont été détruits, ses positions fortifiées le long de la frontière libano-israélienne démantelés, obligation de quitter le Sud du Liban sans ses armes.

 Alors ? Victoire du Hezbollah ?

 Ce qui semble cependant beaucoup plus important et explique, peut-être, la volte face du Président iranien c’est la démonstration du prix qu’un agresseur doit payer s’il s’attaque à Israël. Tout angélisme mis de côté, un pays dont l’existence même est mise en question n’a rien à pardonner à ceux qui l’affrontent. Car ce dont il est question c’est bien de la destruction d’Israël. Tous ceux qui commentent, avec la totale assurance que seule leur confère l’ignorance crasse des tenants et des aboutissants de l’affaire proche orientale, tous ceux qui « grouillent, grenouillent et scribouillent » forts seulement de leur haine d’Israël n’ont rien compris de l’histoire. Et ils font semblant de croire -et d’une manière ignoble lavent les cerveaux de ceux qui les lisent, écoutent ou suivent- que les propos assassins du Président iranien, du Hamas ou du Hezbollah, ne sont que des rodomontades sans intérêt. Comme on pensait après la publication de Mein Kampf. Aucune disproportion ne peut être invoquée quand il s’agit de la vie de six millions d’israéliens qui sont les ombres de six millions de juifs détruits par d’autres barbares, en Europe. Et, tout en regrettant les morts par effet collatéral, Israël ne peut que submerger sous un déluge de fer et de feu tous les endroits d’où il est attaqué. Massacre de Cana ? Les 27 morts (non pas cinquante) doivent peser sur les consciences (s’ils en ont …) de ceux qui ont tiré de cette ville plus de 500 Katiouchas vers des localités situées à moins de 30 km en Israël (Naharya, Kyriat Shmona, Métula, etc.,). Quant à Koffi Annan qui s’est empressé à s’interroger s’il ne s’agissait de « presque un crime de guerre » qui le prend encore au sérieux ? L’homme qui a laissé son représentant au Proche Orient dire que « Jénine – on n’avait jamais vu cela depuis la deuxième guerre mondiale, des milliers de morts (qui n’étaient que cinquante, moitié israéliens, moitié palestiniens … )» qui a couvert un autre crime du Hezbollah (assassinat de soldats israéliens, occultation des preuves existantes dans les archives de l’ONU, etc.,), qui a certifié que la « Ligne Bleue » était la frontière entre le Liban et Israël et qui maintenant dit qu’il faut faire des vérifications, l’homme qui adorait les cigares offerts par Saddam Hussein (« I can do business with this man »).  Koffi Annan, suppôt de tous les dictateurs de la planète et dont des proches se sont compromis dans les affaires « pétrole contre nourriture » gérées par l’ONU dont il est, malheureusement, secrétaire général.

 La cessation des hostilités a été obtenue non pas parce que la France (cocorico !) a « convaincu » les américains d’accepter son point de vue. Elle a été, en réalité, demandée en sous-main par l’Iran qui a perdu dans l’affaire pratiquement la totalité de ses investissements de plus de six ans, à raison de plus de 300 Millions de dollars annuellement, dans les infrastructures construites pour le Hezbollah. Eviter une trop grande déroute du Hezbollah devenait urgent. C’est cela qui justifie la demande d’un cessez-le-feu (qui n’a pas été admise, seulement une « cessation des hostilités » provisoire) immédiat car, par delà le mal induit par les deux cents Katiouchas tirées quotidiennement sur le Nord d’Israël et les morts qu’elles ont provoqués, sous le prisme géopolitique l’Iran (et son bras armé, le Hezbollah) a perdu la partie.

 Si la diplomatie libanaise se targue d’avoir obtenu « un triomphe », si le Hezbollah clame sa victoire, tout cela n’est que de la poudre aux yeux pour ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas voir la vérité. Si la résolution 1701 est appliquée Israël trouve tout ce qu’elle souhaitait : une frontière libre des bandes terroristes, un territoire d’une profondeur de 40 km exempt de forces armées autre que celle libanaises et internationales et l’interdiction du réarmement du Hezbollah. Et si la résolution 1701 n’est pas appliquée (comme la 1559 que la communauté internationale n’a pas eu le courage ou la volonté de faire appliquer), Israël aura tout loisir de recommencer !

 Recommencer ? Bien sûr, car rien n’est réglé. Tant que l’on n’aura pas compris que ce qui se joue au Proche Orient est un prologue de ce qui se jouera sur la rive Nord de la Méditerranée , rien ne changera. Cessation des hostilités ? Il faudrait se souvenir des paroles de Daladier en rentrant de Munich et reçu par les pacifistes de l’époque : Oh, les cons …

 

 

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12 août 2006 6 12 /08 /août /2006 16:35

La victoire du Hezbollah

Un mois, déjà, depuis que le Hezbollah a agressé Israël. L’exégèse des raisons qui l’ont poussé à faire cela a été faite par tous les éminents politologues et spécialistes autoproclamés du Proche Orient, de l’Iran ou de la Syrie et par tous les sondeurs de l’imaginaire de la « communauté internationale ». C’est Tony Blair, cependant, qui a résumé de la manière la plus claire ce qui s’était passé : « Le but de la provocation qui a commencé le conflit était clair. Il s’agissait de créer le chaos, la division et le carnage, pour provoquer la revanche d’Israël qui conduirait à enflammer l'opinion arabe et musulmane, non pas contre ceux qui ont commencé l'agression mais contre ceux qui ont répondu. » Ce qui correspond parfaitement à la définition de von Clausewitz pour qui l’agresseur était celui qui provoquait non pas celui qui répondait à la provocation. Et pour sourire, souvenons-nous que ce jugement a été partagé de toute la presse française quand il s’est agit de juger du geste de Zidane pendant la finale de la Coupe Mondiale.

 

Cela étant, pendant ces trente derniers jours, avec l’aide d’une presse soit aux ordres du Hezbollah (intimidation, « tours organisés » et commentaires ignobles – CNN, démentis ensuite mais seulement pour les téléspectateurs américains, falsification de photos – Associated Press ou de parti pris de longue date contre Israël) un lavage de cerveau à l’échelle planétaire instille deux « vérités » : (a) le Hezbollah a gagné et (b) Israël a subi un revers (le spécialiste de l'Express titre sa copie "La défaite d'Israël" ...).  

 

(a). Le Hezbollah a gagné – ayant pris en otage un état souverain et déclaré la guerre à un autre état souverain cette organisation terroriste a réussi à (i) transformer en réfugiés le quart de la population du Liban, (b) provoquer la destruction de, pratiquement, toutes les infrastructures routières, électriques, distribution d’eau et de quartiers entiers de Beyrouth quand il ne s’est agit de moitiés de villes (Tyr), (c) se faire dénier la présence dans un territoire qui constituait son « Etat dans l’Etat » (le Sud du Liban) par une résolution de l’ONU (acceptée par tous les Etats Arabes de la région …) et (d) mettre l’armée libanaise sous le contrôle d’une force internationale en vue de contrôler des zones et des frontières (en particulier celle d’avec la Syrie ).

 En réalité, le Hezbollah (et sa puissance tutélaire, l'Iran) n'a gagné rien. A la pluie de roquettes (cette fois-ci elles ne sont plus « artisanales » comme la presse bien pensante s’escrime à qualifier celles du Hamas tirées sur le Sud d’Israël) Israël a répondu d’une manière qui  restera comme inscrite en lettre de feu dans les mémoires de Téhéran, Damas et du Hezbollah. Certes, la réponse a été considérée comme « disproportionnée » par la même presse et par des chancelleries occidentales qui n’en pouvaient, mais. Certes, les « masses arabes » ont été enflammées et du Caire à Djakarta on a pu manifester aux habituels cris « mort à Israël, mort aux juifs ». Dans le silence gêné de certains gouvernements arabes qui, au départ tout au moins, ont condamné l’irresponsabilité du Hezbollah.

 Le Hezbollah a réussi, en réalité, à démontrer magistralement qu’il ne constitue pas une vraie menace pour Israël, qui a assez de force et de courage pour répondre d’une manière excessivement douloureuse à toute tentative pouvant créer une menace à caractère existentiel.. En revanche, le  Hezbollah a réussi à démontrer non moins magistralement qu’il constitue une menace existentielle pour le Liban. Ici et là, les voix s’élèvent dans ce pays pour appeler un chat, un chat : le Hezbollah est une organisation terroriste qui poursuit des buts dont le Liban n’a que faire et qui a réussi à provoquer la destruction de tout ce qui s’était construit dans la pays depuis la guerre civile (instillée, à l’époque, par la présence des organisations palestiniennes). Le Hezbollah a gagné ? Victoire à la Pyrrhus peut-être ...et encore ...

b). Israël a subi un revers – se trouvant en situation de légitime défense, Israël a suivi la stipulation de l’Article 51 de la Charte de l’ONU, « Aucune disposition de la présente Charte ne porte atteinte au droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un Membre des Nations Unies est l'objet d'une agression armée … » Israël a prévenu l’Etat libanais que si les soldats enlevés ne lui étaient pas rendus, sains et saufs, cet Etat allait se retrouver vingt ou trente ans en arrière. C’est ce qui s’est passé, au grand dam de la presse bien pensante et de tous les amis du « peuple libanais ». Amis qui étaient, au moins par le passé, des proches du chef enturbanné du Hezbollah (voir sa participation, aux côtés de
 J. Chirac, au Congrès de la Francophonie , Beyrouth, octobre 2002) et qui se sont opposés, constamment, à l’inscription de cette organisation sur la liste de celles, terroristes, constituée par l’Union Européenne.

 

 La société civile israélienne, de l’extrême gauche à l’extrême droite (assimilable au radicaux-socialistes en France …) a fait front. Nonobstant les centaines de milliers de gens qui ont quitté le Nord du pays pour se réfugier dans des zones hors d’atteinte des fusées du Hezbollah elle a soutenu les actions militaires en regrettant, seulement, qu’elles ne puissent être plus meurtrières pour l’agresseur. Une centaine de morts (moitié civils, moitiés militaires) a été le tribut payé jusqu’ici dans un silence digne et douloureux. Sans manifestation produite pour les caméras de télévision, sans montrer les enfants tués ni leurs chairs déchirés (spécialité réservée aux morts palestiniens ou libanais et montrée complaisamment par toutes les télévisions mondiales friandes de spectacles pouvant démontrer la « barbarie » israélienne).

Et avant que son armée arrête ses actions dans le Sud du Liban, Israël a obtenu satisfaction pour l’essentiel de ses demandes : le Sud du Liban vide de toute force militaire autre que l’armée de l’Etat libanais et une force militaire internationale pourvue d’un mandat robuste pour faire face aux éventualités, la remise en selle de la résolution 1559 (désarmement de toutes les milices, donc du Hezbollah qui est la seule ayant gardé ses armes …), embargo sur les armes à destination du Liban et surveillance des frontières (surtout celle de la Syrie ).

 

Et tout cela, pour une fois, avec l’assentiment ouvert ou caché de tous les acteurs du Proche Orient. Car il y avait urgence … La victoire du Hezbollah nécessitait une « cessation des hostilités » tant elle était évidente !

 

 Revers israélien ? Voire …

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 La schizophrénie du comportement de la « communauté internationale » n’étant plus à démontrer (« Hezbollah agresseur, Israël a le droit de se défendre mais … Israël n’a pas le droit de se défendre comme il l’entend … »), on va se retrouver, d’ici quelque temps, dans la même situation que celle qui a prévalu avant le 12 juillet, date de l’agression du Hezbollah. Israël s’est retiré du Liban en 2000 disposant d’une certification de l’ONU et d’un document signé par le Président de l’Etat Libanais, E. Lahoud. Pendant les six dernières années l’Iran avec l’aide de la Syrie et en utilisant comme supplétif le Hezbollah, a transformé le Sud du Liban en place forte, « bunkérisée », réceptacle de moyens technologiques modernes et d’armes de destruction pour les populations civiles. A part une tentative avortée de punir la Syrie car à l’origine de l’assassinat de R. Hariri (ami, sponsor et confident de J. Chirac qui pour cette unique raison a pris la mouche …) la communauté internationale a laissé faire.

 

 Et tout reviendra comme par le passé sauf que le Hezbollah disposera sans doute de fusées de plus longue portée à tirer des nouvelles bases qu’il se ménagera dans la Nord du Liban. Le Hezbollah qui fait partie du gouvernement libanais … Quelle dérision.

 

 Mais, les masses arabes ont deux sujets de satisfaction : une nouvelle victoire a été obtenue contre l’ennemi sioniste et un nouveau leader se présente à son adulation.

 

Pour ce qui est de la nouvelle victoire, il est superflu de souligner qu’elle est du même acabit que celles de 1948 quand cinq pays arabes ont essayé d’empêcher la création d’Israël décidée par l’ONU, de 1956 quand Israël a conquis (et rendu ensuite) la totalité du Sinaï, de 1967 quand en moins d’une semaine elle a détruit les armées de trois pays arabes et conquit la Cisjordanie et reconquit le Sinaï (qu’elle a, de nouveau, rendu), de 1973 quand ses chars se trouvaient à 100 km du Caire et son artillerie à 25 km de Damas, ou de 1982 quand elle s’est trouvée à Beyrouth pour expulser l’organisation terroriste palestinienne de Y. Arafat. Pour les masses arabes, pour ceux qui les enflamment, pour une partie de la presse mondiale, Israël ne doit que perdre, ne peut qu’être vaincu. Tout les reste étant de la littérature …

 

 Pour ce qui est du nouveau leader des masses arabes, le chef enturbanné du Hezbollah, il n’est pas différent de tous ceux qui par le passé, auréolés de leurs « victoires » contre Israël sont devenus leur héros. Nasser (en oubliant la défaite de 1967), Saddam Hussein (et sa double victoire de 1991 et de 2003), Oussama ben Laden (et sa victoire en Afghanistan), Yasser Arafat (et sa victoire permanente qui a transformé en ruines Gaza et la Cisjordanie réussissant en même temps de réduire à l’état de pauvreté structurelle une population autre fois florissante …). Ce chef enturbanné, nonobstant les mille morts libanais, nonobstant la destruction d’un pays, va devenir valeur de référence pour les masses arabes car il a vaincu Israël !

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 06:27

Contre “la cessation des hostilités

Rappelons les faits : prétextant l’impossibilité de « libérer » les détenus libanais (au nombre de trois, tous ayant les mains couvertes de sang mais, à ce titre, héros de la « résistance ») comme les « Fermes de Shéba » (territoire conquis par Israël sur la Syrie mais qui s’est soudainement retrouvé libanais, à l’encontre de la définition par l’ONU de la « ligne bleu » en deçà de la frontière internationale, chose confirmée au Conseil de Sécurité en 2000 sous la double signature de Koffi Annan et du Président du Liban E. Lahoud) le Hezbollah lance une attaque contre Isarël.

La réponse de ce pays est inattendue, massive, excessivement douloureuse pour les populations civiles du Liban et considérée, rapidement, comme disproportionnée par la Communauté Internationale. A deux reprises J. Chirac la déclare « consternante » L’exégèse des raisons qui ont conduit le Hezbollah à faire ce qu’il a fait n’est pas simple à faire mais tous les grands esprits s’accordent à en considérer parmi les principaux : alléger la situation du Hamas à Gaza et créer une diversion à tiroirs face aux soucis liés au programme nucléaire iranien. Le déclenchement de l’attaque a lieu le 12 juillet quand le G8 devait traiter de ce sujet (première diversion) signaler aux Grands la capacité de nuisance de l’Iran par Hezbollah (et Syrie) interposés.

Dès le premier moment de la riposte israélienne, le Hezbollah semble avoir compris que les règles du jeu allaient changer et reconnaît ne pas s’être attendu à une riposte de l’ampleur révélée. Pourtant, Israël avait averti : si les soldats enlevés n’étaient pas rendus le Liban allait se retrouver 20 ou 30 ans en arrière. C’est ce qui est en train de se passer.

 Et le cœur de pleureuses, Koffi Annan et Jacques Chirac en tête, s’est mis à réclamer, pour des raisons humanitaires, un cessez-le-feu immédiat faisant écho aux représentants de l’Etat Libanais sinon aux souhaits actuels du Hezbollah. Il est cependant facile de démontrer l’inanité d’une telle demande mais pour cela il est nécessaire de rappeler, sans complaisance aucune, qui a fait quoi quand.

 1. Depuis six années, auréolé par la conviction auto insufflée (comme d’autres victoires arabes sur Israël) ce mouvement terroriste, à la solde de l’Iran et de la Syrie,contrôle le Sud du Liban et y réalise un réseau de bunkers, des centres « contrôle - commande» et des dépôts de munitions (12 à 15.000 Katiouchas, des fusées de modèle et calibre divers, un armement lourd y compris de ULV bourrés d’explosifs) uniques au monde ; avec l’aide indirecte de la Russie et de la Chine (vendeurs d’armes ou pourvoyeurs de licences de fabrication), celle directe de l’Iran (pourvoyeur de fonds, de matériel et de formation) et de la Syrie pour tout ce qui est logistique et encadrement politico-militaire. Aucun conflit territorial n’existant entre la Liban et Israël, ce que le Hezbollah a fait ne peut avoir d’explication que la transposition de son dogme, l’éradication de l’Etat d’Israël. Dogme identique à celui ayant cours dans le pays des mollahs. Accepter un cessez-le-feu avant de détruire, avec impossibilité pratique de se reconstituer, la capacité militaire du Hezbollah ne serait rien d’autre qu'une invite à recommencer une autre fois avec des moyens plus riches et plus perfectionnés.

2. Le Hezbollah se trouve dans la population chiite du Sud Liban comme un poisson dans l’eau. Cette population a voté pour lui aux dernières élections et lui a donné 12 députés et deux ministres qui siègent au Gouvernement libanais. Pendant six longues années cette population s’est complue dans un rôle de supplétif du Hezbollah et y a trouvé son compte : les travaux nécessaires pour toute l’infrastructure logistique et autre ont laissé des traces dans les portefeuilles des intéressés. Ainsi, dans la grande majorité des maisons construites pendant ces six dernières années, en contrepartie de l’aide du Hezbollah, les propriétaires ont accepté d’avoir une pièce réservée à un armement spécifique, d’habitude un lanceur de Katioucha. En clair, le Hezbollah s’est préparé a tirer des fusées contre les civils israéliens en s’abritant derrière les civils (consentants ?) libanais à leur dévotion. Accepter un cessez-le-feu pour la raison que les civils libanais souffrent conduirait a rendre acceptable l’ignominie du Hezbollah.

3. Du point de vue du droit international (mais qui s’en occupe ?) le Hezbollah n’est rien d’autre qu’une bande armée utilisant le territoire d’un Etat membre de l’ONU pour attaquer un autre Etat, lui aussi membre de l’ONU. La Charte de l’ONU proscrit de tels agissements qui peuvent être une cause d’expulsion de l’Organisation. De plus, l’Etat Libanais s’est vu imposer par le Conseil de Sécurité une résolution contraignante (1559) lui demandant le désarmement des toutes les milices et la prise en charge du contrôle de son territoire. Suivant un agenda qui lui est propre, cet Etat a préféré à ne rien faire laissant à une organisation terroriste le droit de faire des actes de guerre à un Etat voisin. Accepter sa demande pour un cessez-le-feu immédiat (toujours pour des raisons humanitaires …) vaudrait absolution pour son pêché majeur et possibilité de continuer la politique d’autruche qui lui réussissait si bien : démocratie libanaise suite à l’évacuation des forces syriennes, droit à la « résistance » pour le Hezbollah (Fermes de Shéba).

 4. Le cœur des pleureuses, J. Chirac en tête, semble avoir oublié que pendant six longues années il s’est opposé à l’inscription de Hezbollah sur la liste européenne des organisations terroristes même après que le Parlement Européen se soit prononcé dans un sens favorable. Car comment qualifier une organisation qui pendant de longues années s’arme pour tuer des civils (aucune installation militaire d’Israël n’a subi d’attaque jusqu’ici) tout en se faisant protéger par d’autres civils ? Stratégie évidemment  "gagnante-gagnante" pour le Hezbollah : Israël s’abstient de frapper en vertu d’un chantage généralisé d’ordre éthique – le Hezbollah est gagnant ; Israël frappe et des décombres des immeubles (abritant les centres de contrôle-commande ou les dépôts de munitions du Hezbollah) on retire des corps d’enfants morts devant les caméras de toutes les télévisions du monde invitées à participer au festin, le Hezbollah gagne la bataille des images non seulement dans les pays arabes mais aussi dans ceux de l’Ouest civilisé. Mais sachant cela, J. Chirac se trouvait très bien en compagnie du chef enturbanné du Hezbollah au Congrès de la Francophonie de Beyrouth en octobre 2002. Accepter un cessez-le-feu avant que le Hezbollah soit désarmé ou avant que sa capacité militaire soit réduite autant que faire se peut vaudrait absolution pour l’attitude « consternante » de ceux qui semblaient ne pas voir ce qui se passait au Liban.

5. L’Iran a enclenché un engrenage qui, selon lui, devrait constituer une sorte de répétition avant une grande attaque contre Israël. L’Iran considère que le moment est venu pour utiliser ses énormes revenus tirés du pétrole, sa capacité militaire (bientôt nucléaire) et sa volonté réligieuse pour en finir avec Israël. Personne dans l’Occident ne s’est ému quand le « Guide Suprême » a annoncé clairement « une bombe nucléaire sur Israël, certes tuant aussi deux millions d’arabes mais qui deviendront des martyrs, réglerait le problème d’Israël une fois pour toutes ». Et fait savoir, en même temps, que toute action israélienne ou autre visant la destruction du potentiel militaire iranien s’accompagnerait d’une tentative de destruction d’Israël. Accepter un cessez-le-feu avant qu’une telle étape stratégique ne soit pas totalement mise à mal voudrait dire qu’elle pourrait être couronnée de succès, un jour.

6. La communauté internationale prêchant le dialogue (« il n’y a pas de solution militaire ») fait semblant de croire que les choses pourraient s’arranger si seulement les deux parties voulaient bien discuter. Ce qui tend une telle approche c’est soit l’incrédulité vis-à-vis de buts affichés par les deux bras armés de l’Iran (le Hamas au Sud et le Hezbollah au Nord) - l’éradication d’Israël soit la volonté d’apaiser (comme on a procédé avec Hitler …). « En tirant des missiles sur Haïfa, la troisième plus grande ville d’Israël, un seuil a été franchi. Dorénavant, l'issue n'est plus principalement une liée à un territoire territoire, ou à sa restitution. Au lieu de cela, l'issue principale est la menace stratégique concernant l'existence de l'Israël. Le front «du rejet » a sous-estimé la dissuasion fondée par la détermination et la capacité de l'Israël de riposter. Le conflit vient d’apporter la preuve qu’il ne peut y avoir aucun statu quo au Liban mais il explicite aussi au vu et au su de tous les aspirations hégémoniques de l'Iran.  La folie de ceci est tout à fait évidente, parce qu'elle n'exige pas de beaucoup d'imagination de voir à quoi le Moyen-Orient ressemblerait si un parapluie nucléaire iranien protégeait les radicaux. » (Joshka Fischer, 28 juillet 2006).

Que l’on ne se trompe pas : ce dont il est question c’est d'une menace à caractère existentiel pour Israël. Lui demander de la retenue ou on ne sait pas quelle proportionnalité dans sa riposte c’est une plaisanterie de mauvais goût. Lui demander d’accepter un cessez-le-feu « immédiat » c’est de lui signifier que la vie de ceux qui l’ont attaqué, de ceux qui se sont rendus complices de ce qui se préparait pendant des années en tirant des avantages matériels et autres, vaut plus que celle de ses citoyens. Eux, qui de plus ont inscrit dans leur mémoire profonde non seulement la Shoah mais aussi le comportement des pays de l’Ouest, tous ou presque, héritiers des Lumières …

Bref, il faut s’opposer à tout cessez-le-feu qui ne règlerait pas d’abord les causes qui ont conduit à la situation actuelle. La population libanaise souffre ? Elle et son Etat savaient parfaitement que cela allait arriver un jour, ils n’ont que la monnaie de leur pièce. Certes, les bombes israéliennes ont une prédilection marquée pour choisir comme victimes les femmes et les enfants. Il a fallu que le Secrétaire Adjoint de l’ONU en charge des Affaires Humanitaires rappelle que s’abriter derrière des civils, comme le Hezbollah le fait, et annoncer fièrement que les « combattants » n’ont aucune perte mais qu’il y a des centaines de morts civils n’est pas nécessairement une preuve d’éthique ou de vaillance.

Et si toutefois J. Chirac veut vraiment un cessez-le-feu, pourquoi ne s’adresse-t-il pas à son invité au Congrès de la Francophonie, le Cheik Nasrallah ?

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26 juillet 2006 3 26 /07 /juillet /2006 16:56

Décryptage

1. Dans l’article « Mensonges et désinformation » je faisais référence à un texte publié dans Libé qui évoquait « les plusieurs dizaines de milliers de prisonniers libanais et palestiniens » se trouvant dans les prisons israéliennes. Deux corrections me sont demandées, je les prends à ma charge : (a) Libé du 26.07.06 se faisant l’interprète du Hezbollah dit « En contrepartie, le parti chiite obtiendrait la libération des trois prisonniers libanais détenus par Israël… » - j’avais pensé qu’ils étaient une demi-douzaine… ; (b) pour ce qui est des palestiniens il s’agit de « détenus » (droit commun, association avec une organisation terroriste, condamnés par la justice civile ou militaire) et non pas de « prisonniers ».

 2. Dans le même article j’avais donné des exemples du Monde et du Libé. Le Figaro de ce jour ne voulant pas être en retard, avec les mensonges explicites et implicites, publie un texte (Au-delà de Gaza, au-delà de Beyrouth, les vrais objectifs d'Israël) d’une rare ignominie (sous la signature d’un chercheur « CNRS/GREMMO ». Sans prévenir ses lecteurs du cursus de l’auteur : spécialisé dans les écrits anti-israéliens, pro palestiniens (y compris pro-Hamas), vivant de la manne du CNRS (nos impôts) pour promouvoir une dialectique anti-israélienne participant du bourrage des crânes généralisé. Trois exemples :

- « L'unilatéralisme caractérise cette politique conçue par Ariel Sharon avec le soutien des travaillistes. Basée sur les seuls rapports de forces, elle vise à réaffirmer la capacité dissuasive de l'État d'Israël par la violence infligée à des populations civiles et à imposer ses propres solutions à toute la région en profitant de l'acquiescement actuel de la communauté internationale. » - qui s’en prend aux populations civiles ? Ceux qui se font sauter dans des bus ou discothèques ? Ceux qui tirent des missiles sur les centres de population en Israël ? Non, bien sûr, le vilain c’est Israël. Imposer ses solutions à toute la région … vieille antienne dont on fait encore commerce sous le vocable « Grand Israël du Nil à l’Euphrate … Acquiescement actuel de la communauté internationale : pour la première fois en 60 ans on accepte et on dit clairement que l’agresseur n’est pas Israël. C’est trop pour l’éminent chercheur et pour Le Figaro.

- « Pour mobiliser le monde autour de la défense de ses intérêts justifiés en termes de sauvegarde communautaire, le gouvernement d'Israël mise depuis longtemps déjà sur la radicalisation de ses adversaires. ». Remarquez les termes : « défense d’intérêts communautaires » - Israël n’est pas une nation, c’est une communauté … (elle pourrait aussi se contenter d’un état de dhimitude à l’intérieur du grand monde musulman, n’est-ce-pas ? Et le ridicule ne tue plus : Israël mise sur la radicalisation de ses « adversaires » C’est Israël qui est responsable de la morts de ses citoyens par le fait de ses adversaires …comme s’il s’agissait de joutes oratoires !

- « Ainsi l'évacuation de ses colons et de son armée en septembre 2005 n'a jamais signifié la fin de l'occupation militaire de Gaza mais a conduit à la mise en place d'une nouvelle forme de domination, beaucoup plus oppressive même si menée de l'extérieur. » Applaudie du monde entier (et de la moitié des pays arabes …) l’évacuation de Gaza au lieu de donner l’occasion au palestiniens de montrer ce qu’ils peuvent faire quand il ne sont pas occupés a conduit à quoi ? Destruction intégrale de ce qui restait des « colonies » y compris serres, labours, installations diverses pour lesquelles les « donateurs » du monde entier (et en premier lieu l’Europe) ont mis la main à la poche. Maintien des subsides UNRWA qui permettent de vivre avec plus de 50 % de chômeurs car … recevant des allocations comme réfugies. Transformation du territoire en baril de poudre auquel ne manquent ni les centaines de fusées « artisanales » Qassam, ni les tonnes d’explosifs, ni les RPG à utiliser contre les chars d’assaut. Naturellement, c’est l’oppression, maintenant extérieure, qui empêche les palestiniens de prendre leur destin en leurs mains. Si, il l’ont pris : en votant en faveur du Hamas qui n’a de but affiché que la destruction d’Israël.

3. Un accident déplorable tue quatre membres de la FINUL à la frontière israélo-libanaise. Et on annonce que parmi les quatre soldats tués il y a un Chinois. Comment ? La présence des observateurs chinois maintenant un oeil sur le combat dans le Sud du Liban n’a jamais été portée à la connaissance d’Israël. Mais sans se démonter, l’excellent Koffi Anna, avant toute enquête de l’ONU ou d’Israël annonce qu’il s’agissait d’un acte délibéré. Comme s’il avait oublié qu’il y a quelques années des terroristes du Hezbollah ont utilisé une voiture et des uniformes de la FINUL pour enlever et assassiner trois soldats israéliens. Le tout enregistré sur une cassette que le même Koffi Annan a interdit de rendre publique pendant presque deux années en utilisant tous les mensonges et processus dilatoires possibles. Hasard ? Certes, non.

4. Le même Koffi Annan, à Rome, « Je demande à Israël de cesser ses bombardements, son blocus et ses opérations terrestres. Je demande au Hezbollah de cesser de viser délibérément les centres de populations israéliens » Naturellement, les tirs du Hezbollah s’ils ne sont pas délibérés … sont permis.

oooooooooooo

Ainsi va la vie. Israël sait qu’il ne peut compter que sur soi-même ou, quand ses intérêts le commandent, sur les Etats-Unis. Tous les grands pays, à un moment ou à un autre, l’ont trahi sans aucun remords. Des exemples ? Le lecteur les trouvera lui-même depuis 1948 jusqu’à nos jours. Y a-t-il quelque chose à décrypter ? Bien sûr que non, tout est clair.

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25 juillet 2006 2 25 /07 /juillet /2006 16:49

Mensonges et désinformation

Rien n’est plus propice pour prouver la capacité de la presse française de mentir et de désinformer que ce qui se rapporte au conflit israélo-palestinien ou, maintenant, à celui d’Israël avec le bras armé de l’Iran et de la Syrie, le Hezbollah.

Trois exemples édificateurs :

a. Le Monde (Mouna Naïm) à propos du Hezbollah « Il s'est, par ailleurs, auto-attribué pour mission de libérer les 45 kilomètres carrés de territoire encore occupés dans le sud … » et plus loin « du retrait de l'armée israélienne des fameux 45 kilomètres carrés de territoire encore occupés ». Il s’agit des « Fermes de Shéba », qui se trouvent en deçà de la « ligne bleue » certifiée par l’ONU comme frontière internationale entre Israël et le Liban et qui a été reconnue comme telle par le Président du Liban, Emile Lahoud en 2000. Le Monde n’est-il pas au courant ? Sans doute que si mais justifier les actions du Hezbollah car elles sont contre Israël cela fait partie du fond de commerce de ce journal ;

b. Libé (deux éminents chercheurs en géographie …) : pour justifier, implicitement les mêmes actions du Hezbollah « Faut-il rappeler que ces morts palestiniens, libanais mais aussi israéliens paient pour trois soldats enlevés et susceptibles d'être échangés contre une petite partie des dizaines de milliers de prisonniers palestiniens et libanais qui croupissent parfois sans jugement dans les prisons israéliennes ? » ; selon le gouvernement libanais il y aurait moins d’une demi-douzaine de prisonniers libanais dans les prisons israéliennes et selon l’Autorité Palestinienne il y aurait env. 7.000 prisonniers palestiniens ; certes, « des dizaines de milliers » enflamment plus l’esprit des masses et donnent un meilleur aliment à la haine anti-israélienne ; Libé n’est-il pas au courant des chiffres réels ? Sans doute que si mais publier un article sous le titre (sous forme de question qui appelle une réponse évidente …) « L’Etat hébreu veut-il la paix ? » est plus payant en termes de propagande anti-israélienne. Et non content d’un premier mensonge on en ajoute, en rappelant qu’à cause d’Israël « bafouée, la résolution 242 de l'ONU (1967) demandant le retrait des territoires occupés par la force "; Libé, ne sait-il pas que la résolution 242 prévoit dans sa version anglaise « retrait de territoires occupés et non pas des territoires occupés »? Bien sûr que si mais … cela laisse place à la conclusion « pouvons-nous sans honte couper notre aide à l'Autorité palestinienne et mettre ainsi la population palestinienne en péril humanitaire et ne réagir que par des atermoiements alors que l'armée israélienne tue et détruit aveuglément » ;

c. toute la presse française et les chaînes de télévision - « virage à 180 ° de Condoleeza Rice et des Etats-Unis qui réclament aussi un cessez-le-feu immédiat » En réalité, se trouvant à Beyrouth, « elle a rejeté la demande des chefs pro-Syriens d'un cessez-le-feu immédiat sans établir d'abord ses composants. Washington est disposé à considérer une force multinationale, ou même une présence de l'OTAN, mais insisterait pour la pleine exécution de la résolution 1559 du Conseil de Sécurité, à savoir désarmer le Hezbollah. Ceci pourrait avoir lieu par étapes mais, tout d'abord, le Hezbollah doit renoncer à ses fusées, missiles et armes lourdes » A qui veut-on faire croire que tous les organes de presse de France et de Navarre ne disposent pas des déclarations officielles des grands de ce monde ? Que si mais … Et alors on peut entendre sur toutes les radios et voir sur toutes les chaînes de TV que : « J. Egeland sous-secrétaire de l’ONU pour les questions humanitaires parlant avec des journalistes lundi après une visite au Liban sur sa mission pour coordonner un effort international d'aide à l'aéroport de Larnaca -Chypre « il a condamné le massacre des civils et a appelé « disproportionné » et « une violation de loi humanitaire internationale » les actes d’Israël » Ce faisant, on a occulté que le même a déclaré « "En plein centre du territoire contrôlé par le Hezbollah, mon message était qu’il doit arrêter de ce mélanger lâchement parmi les femmes et les enfants, » « J'ai entendu qu'ils étaient fiers parce qu'ils ont perdu très peu de combattants et que c'était les civils soutenant le choc. Je ne pense pas que n'importe qui devrait être fier d’avoir beaucoup plus d'enfants et de femmes comme victimes que des hommes armés » Oubli ? Que non.

ooooooooooo

Mais les faits sont têtus : aucun conflit territorial n’oppose Israël au Liban et aucune formule « terre contre paix » ne peut avoir cours. Comment ne pas comprendre que, sauf à les prendre pour des imbéciles avérés, les gens du Hezbollah savaient pertinemment qu’ils allaient troquer la demi-douzaine de prisonniers libanais en Israël non pas contre les deux soldats enlevés mais contre des centaines (peut-être des milliers) de morts accompagnés de la destruction de tout ce qui peut être détruit dans le Sud du Liban ou dans le reste du pays. Et puisqu’ils savaient cela pourquoi ont-ils agressé Israël ? Trois causes semblent visibles, leur cumul leur donnant de la consistance : alléger la situation du Hamas à Gaza qui commence à plier sous les coups de l’armée d’Israël, détourner l’attention des grandes puissances du programme nucléaire iranien et/ou signaler pour le compte de l’Iran qu’il est capable de s’opposer à toute évolution pacifique du Proche Orient.

La déclaration du G8 qui, pour la première fois depuis la création d’Israël, énonçait clairement qui est l’agresseur et qui a été agressé n’a pas été faite pour les beaux yeux d’Israël : elle signifie à l’Iran et à la Syrie que s’il faut appeler un chat, un chat, cela sera fait.

Quant au fond, oui, la guerre c’est l’enfer. Les gens devraient l'éviter. Les Palestiniens et le Hezbollah ont choisi d’utiliser la violence comme outil politique légitime. Parfait, on ne voit pas en vertu de quoi Israël ne ferait pas de même. On ne peut pas utiliser la violence quand cela vous arrange et … demander un « cesser le feux  en invoquant le droit international et en appelant à la rescousse le ban et l’arrière-ban de la communauté internationale …

Et pour toutes les bonnes âmes, de Hugo Chavez (parti en Biélorussie pour s’entendre avec le démocrate Loukachenko …) à José Manuel Barroso, pour tous les pays qui mezzo voce invoquent la « disproportionnalité » des actions d’Israël, il ne devrait y avoir qu’une seule réponse : allez vous installer dans un autobus israélien pour assister, qu’à Dieu ne plaise, à un attentat suicide visant uniquement des civils. Ensuite vous proposerez à Israël, seul pays au monde dont l’existence est contestée, des ripostes proportionnelles.

Mensonges et désinformation, voilà les deux mamelles de la presse française quand il s’agit d’Israël.

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23 juillet 2006 7 23 /07 /juillet /2006 17:52

La perversité de l’inversion

''Les Sionistes ont pris la pire décision de leur vie en attaquant le Liban.

Ils ont enclenché la procédure de leur extermination »

(Mahmoud Ahmadinejad)

Pour la première fois depuis la création de l’Etat d’Israël la communauté internationale, retenant son courage à deux mains, oublie de condamner Israël et fait savoir (Déclaration du Sommet G8) que « La crise actuelle résulte des efforts déployés par des forces extrémistes pour déstabiliser la région et ruiner les aspirations des peuples palestinien, israélien et libanais à la démocratie et à la paix. À Gaza, des éléments du Hamas ont tiré des roquettes sur le territoire israélien et enlevé un soldat israélien. Au Liban, le Hezbollah a, en violation de la ligne bleue, attaqué le territoire israélien depuis le territoire libanais et tué et capturé des soldats israéliens, inversant les tendances positives qui s'étaient amorcées avec le retrait syrien en 2005 et portant atteinte au Gouvernement démocratiquement élu du Premier Ministre Fouad Siniora. » La messe est dite ? Que non …

Tout en considérant qu’Israël se trouve en état de légitime défense, la même communauté – in petto, comme certains ou à haute voix comme la France- demande aux belligérants un « cessez-le-feu immédiat » (demande rejetée par le Hezbolah) et à Israël de « faire preuve de retenue. On remarquera qu’un des belligérants est absous de l’injonction concernant la retenue. Comment est-on arrivé là ?

En 2000 l’ineffable Koffi Annan (l’homme qui assurait pouvoir négocier avec Saddam Hussein, un gros cigare à la main…) certifiait au Conseil de Sécurité de l’ONU qu’Israël avait quitté la totalité du territoire libanais et que le Président de cet Etat avait accepté la « Ligne Bleue » (délimitant la frontière internationale entre les deux Etats. Certes, il restait le problème des Fermes de Shéba (territoire minuscule appartenant à la Syrie, selon l’ONU) transformé ensuite en cause nationale de libération par le Hezbollah qui en faisait son fond de commerce pour le compte de la Syrie (et ensuite ou simultanément) pour celui de l’Iran).

Le Hezbollah s’est constitué, pendant six longues années, un stock d’armes modernes inimaginable entre les mains d’une milice dans un Etat de droit en menaçant Israël -comme l’Iran et le Hamas à Gaza- d’une destruction prochaine. Toutes les tentatives de ceux qui, à juste titre, considéraient le Hezbollah comme une organisation terroriste, souhaitaient la voir stigmatisée en tant que telle ont échouées devant l’opposition, d’abord, de la France. En octobre 2002, au Congrès de la Francophonie tenu à Beyrouth en présence de J. Chirac le chef de cette organisation terroriste, Nasrallah, y était invité.

Après l’assassinat par les Syriens de l’ami (sponsor, homme de lige, intermédiaire avec les monarchies pétrolières et en premier lieu avec l’Arabie Saoudite) du même J. Chirac la France -avec les Etats-Unis- a fait adopter la résolution 1559 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Elle a conduit, avec la mobilisation de deux tiers du Liban (le troisième tiers étant d’obédience syrienne et maîtrisé par le Hezbollah) au départ des troupes syriennes du Liban mais pas au désarmement du Hezbollah. Ce qui devait arriver, arriva.

Soit pour ouvrir un deuxième front au Nord pour alléger la situation du Hamas à Gaza, soit pour détourner l’attention du G8 du problème du nucléaire iranien, soit pour que l’Iran puisse envoyer un signal au monde entier pour montrer sa capacité de nuisance soit pour les trois raisons ensemble, le Hezbollah a attaqué Israël. Il ne faut pas faire preuve d’une extrême sagacité pour comprendre qu’une telle chose -vu les capacités militaires d’Israël- ne pouvait pas être une décision autonome de cette organisation, certes, criminelle car terroriste, mais disposant d’une intelligence au moins égale à la moyenne des acteurs proche-orientaux. Il est permis de croire, dès lors, que si le G8 a appelé un chat, un chat ceci n’avait pas grande chose à voir avec Israël, il s’agissait en réalité de sa réponse à l’Iran, à son satellite, la Syrie et à son exécuteur de basses œuvres, le Hezbollah.

Agressé, Israël à fait savoir urbi et orbi que si l’on ne rendait pas les deux soldats enlevés, le Liban risquait de revenir 20 à 30 ans en arrière : ce qui s’est passé dans les douze derniers jours est, malheureusement, la preuve qu’Israël respecte sa parole. De l’autre côté, un état est pris en otage par une organisation terroriste. Mais qui participe à son gouvernement car y ayant des représentants démocratiquement élus (… on se souvient du Hamas) et qui, tout en déclarant haut et fort « une guerre totale » à Israël, fait savoir que l’acte commis est justifié par l’impossibilité de faire libérer autrement « le prisonniers » libanais qui croupissent dans les geôles israéliennes. Selon les informations officielles libanaises, il y en aurait moins d’une demi-douzaine (ayant du sang sur leurs mains, selon Israël).

 Et puisqu’un mensonge d’autant il est gros d’autant il devient crédible, on risque pour cela une guerre qui aurait fait, jusqu’ici, quelque 400 morts du côté libanais. Naturellement, seulement des femmes et des enfants, Israël se battant -selon la formule de Libé- contre "une armée d’ombres" qui, comme Lucky Luke, tire tellement vite que les israéliens n’en touchent aucune.

Résumons. Un état membre de l’ONU permet à des bandes organisées (sous prétexte de résistance à une occupation que l’ONU ne reconnaît pas) d’attaquer un autre état membre de l’organisation. Selon la Charte de l’ONU il y a là sujet à expulsion de l’organisation dudit état. Que non, dit Koffi Annan, ce qu’il faut c’est « un cessez le feu immédiat et qu’Israël fasse preuve de retenue ». Et puis, comme d’habitude, les professionnels de la haine anti-Israël , font défiler autant de crédules que possible, de Paris à Berlin et de Madrid à Stockholm sans oublier les masses arabo-musulmanes ni leur meilleur représentant, M. Ahmadinejad qui non content de prôner la destruction d’Israël toutes les semaines, annonce sa fin rapide car « elle a agressé le Liban ».

Pour attaquer Israël le Hezbollah s’est armé avec l’aide de l’Iran et la Syrie pendant six longues années. Seulement la Syrie et l’Iran ? Pourquoi oublie-t-on la Russie ? Les 2.000 Katiouchas tirées sur Israël (et les 10.000 qui restent encore …) ont été soient vendues par la Russie à l’Iran (ou fabriquées sous licence par ce dernier). Pourquoi oublie-t-on la Chine ? Qui a transféré et vendu à la Syrie (et à l’Iran des technologies modernes permettant la construction de fusées de portées différentes. Et qui, comme la Russie l’année dernière (pour des ventes à la Syrie), a prétendu qu’il s’agissait de fusées défensives … La Russie qui des kalachnikovs aux programmes nucléaires fait semblant de croire que l’Iran est un pays pacifique. Et qui a réussi a transformer les tentatives de l’Ouest pour arrêter le programme nucléaire iranien en une pantalonnade qui devrait amuser le monde entier sauf si on réflechit aux conséquences. 

Et c’est la qu’intervient la perversité de l’inversion du langage. L’agresseur n’est pas le Hezbollah (ou l’Iran). L’agresseur est Israël et, en tant que tel, elle doit faire preuve de retenue. Et doit accepter un cessez-le-feu immédiat : la France le demande. Et un autre représentant de l'ONU parle de "crimes de guerre" et menace les dirigeants israéliens. On se soubient d'un autre qui à Jenin, il a des années de cela, condamnait définitivement Israël pour avoir fait pire que tout ce que l'on avait vu depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

Il faut se souvenir, cependant, que chaque fois dans le passé quand Israël était sur le point de gagner une bataille décisive, on lui demandait un cessez-le-feu immédiat. En 1956 la Russie menaçait d’une guerre nucléaire la coalition franco-anglo-israélienne ; en 1967 (heureusement la guerre n’a duré que six jours …) la France plaçait Israël sous embargo pour lui ôter la possibilité de se défendre devant une agression caractérisée (fermeture du détroit de Tiran) ; en 1973, la Russie de nouveau, menaçait Israël d’intervenir (à moins d’un cessez-le-feu pour sauver son satellite de l’époque, l’Egypte). Si Israël ne se conforme pas aux désidératas de ceux qui lui commandent un certain comportement elle est vouée aux gémonies par toute la presse bien pensante, de droite ou de gauche. De contorsions dialectiques à l’utilisation d’arguments sans valeur (Les Fermes de Shéba), rien ne manque pour vilipender Israël et justifier de la qualifier d’agresseur.

La suite ? Il faut espérer qu’Israël ne se laissera pas impressionner par l’inconséquence de l’Europe (ou de la France) et qu’elle fera la « sale boulot » pour mettre en application la fameuse résolution 1559 : la France devrait lui savoir gré, elle qui a pris l’initiative de la résolution.

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10 juillet 2006 1 10 /07 /juillet /2006 16:47

Le conflit sans fin entre Israël et les palestiniens semble entrer dans une nouvelle phase dont la logique n’est pas évidente. Plusieurs questions se posent à ceux qui tentent encore de raison garder sans être obnubilés par la vocifération habituelle des médias arabes ou européens dont le parti pris est difficile à ignorer. Par delà les événements actuels -le rapt d’un soldat, celui d’un gosse de18 ans tout de suite assassiné, les 600 fusées « artisanales » tirées de Gaza contre le territoire israélien- la première question qui sollicite la logique est relativement simple : un gouvernement palestinien que tire son autorité d'un accord avec l'Israël (Oslo,1993) peut-il réellement être un interlocuteur internationalement reconnu quand il est l’expression d’une organisation dont le but affiché est la destruction d'Israël, la création d’un état dont la charia sera la loi et dont la destruction des juifs fait partie de sa charte ?

 La communauté internationale, dont le quartet est l’expression (Etats-Unis, l'Union Européenne, les Nations Unies et la Russie), a posé trois conditions au gouvernement constitué par le Hamas : reconnaître le droit d’Israël à l’existence, arrêter toutes ses activités terroristes et respecter tous les accords internationaux précédents signés par l'Autorité Palestinienne. Celles-ci semblent être des conditions raisonnables pour n'importe quel observateur extérieur. Elles sont cependant inacceptables pour le Hamas car les accepter signifierait le renoncement à sa raison d’être. La communauté internationale l’a compris, elle a essayé de trouver des moyens détournés pour aider les populations palestiniennes qui croulent, à Gaza en particulier, sous le poids de la pauvreté, du sous-développement et de l’absence d’espoir pour son avenir.

Et on est obligé d’expliciter la deuxième question qui sollicite la logique. Le Hamas est arrivé au pouvoir par la décision d’une majorité de palestiniens ; nonobstant les contorsions dialectiques de ceux qui expliquent leur vote uniquement comme une réaction à la corruption des gouvernants précédents auxquels la communauté internationale dispensait forte subventions (1,0 Mrds de $ annuellement) la vérité est différente. Un dernier sondage, relève clairement que 78 % des palestiniens approuvent le rapt du soldat israélien et sont opposés à sa libération sans contrepartie tandis que 68 % considèrent que l’on doit continuer d’utiliser la méthode.

Et la communauté internationale qui est tenue à juger les choses selon une approche logique ne peut ignorer qu’une élection « démocratique » n’accorde pas un permis pour effectuer des actes terroristes contre un état voisin. Elle ne peut ignorer la chose d’autant moins qu’il y a juste une année Israël a quitté Gaza sans aucune contrepartie. Le monde entier a applaudi et ce d’autant plus que l’on imaginait que la suite sera la remise au palestiniens de 97 % de la Cisjordanie. Soixante ans après que les pays arabes aient rejeté l’idée de la création d’un Etat palestinien, après plusieurs occasions réparties sur la période, après le départ d’Israël de Gaza, ceux pour lesquels le monde entier a mis les bouchées doubles pour les aider signifient clairement urbi et orbi leur rejet de toute acceptation de « l’autre ».

Et voilà la troisième question qui sollicite la logique : il s’agit là d’une stratégie suicidaire dont le seul résultat (prouvé pendant six décennies) est d’aller de mal en pis et d’avoir, à chaque étape pouvant constituer une croisée de chemins, à espérer moins que la fois précédente. Quel peut être le ressort d’une telle stratégie dont aucun autre exemple n’est proche ? La communauté internationale pense que les palestiniens sont animés par le souhait de créer un état et de voir finir l’occupation israélienne. Mais cela ne présente aucun intérêt pour les palestiniens. Si tel n’était pas le cas on aurait assisté depuis le départ d’Israël de Gaza à un bourgeonnement économique induisant des avancées sociales, culturelles, etc. Qu’a-t-on vu en réalité ?

 La transformation du territoire en petit Afghanistan. Mais puisque l’on déclare haut et fort que le soldat Shalit est prisonnier de guerre c’est qu’il y a une guerre. Et depuis que les guerres sont guerres les belligérants utilisent la force maximum pour infliger à l’adversaire des pertes telles que les gains que celui-ci espère soient entièrement hors de sa portée. Dès lors, que veut dire « proportionnalité » dans l’emploi de la force ? Cette fois-ci la logique se retourne contre la communauté internationale. Les 600 fusées kassam ont été décrétées « artisanales » : une riposte proportionnée d’Israël voudrait qu’elle utilise la même technologie ? Faudrait-il revenir au combat à mains nues ? L’idée de proportionnalité dans l’emploi de la force quand on est en guerre est proprement une stupidité. De plus, elle heurte toute logique aussi élémentaire qu’elle puisse être.

 Et pour les attentats suicides voudrait-on qu’Israël constitue des brigades de martyrs qui iraient se faire exploser, avec la bénédiction de leurs mères, dans les autobus palestiniens ?

 Enfin, il est dit que la « punition collective » (destruction par Israël des infrastructures de Gaza, la fermeture des frontières avec l’Egypte ou Israël, le refus d’accepter des travailleurs palestiniens en Israël, etc.,) est inadmissible. Mais puisque l’élection a été démocratique, ceux qui portent la guerre contre Israël sont les représentants de la collectivité palestinienne. En faire abstraction comme la communauté internationale tente de le faire en privilégiant M. Abbas contre le gouvernement issu d’élections constitue l’avant dernière absurdité logique. Continuer de le faire revient à démontrer que le résultat d’une élection est à considérer seulement s’il convient à ceux qui le juge.

Enfin, depuis quelques semaines on fait grand cas d’un document qui serait signé par le Hamas et le Fatah et qui constituerait une avancée indéniable car il reviendrait à reconnaître « implicitement » l’existence d’Israël. En réalité, ce document n’est qu’un engagement des deux factions pour légitimer la poursuite des attaques contre les israéliens dans la Cisjordanie en attendant la libération de la Palestine historique, c’est-à-dire, la disparition de l’Etat d’Israël. On peut remarquer que l’Iran aussi professe le même discours ce qui n’a pas l’air d’émouvoir outre mesure la communauté internationale : un état membre de l’ONU qui demande clairement la destruction d’un autre Etat membre de l’ONU. Logique ?

 Punition collective ? N’a-t-on admis qu’il y avait responsabilité collective des allemands pour leur triste histoire du nazisme ? Et la destruction de Dresde ou la bombe sur Hiroshima étaient proportionnées à quoi ?

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30 juin 2006 5 30 /06 /juin /2006 08:41

176 fusées («artisanales ») Kassam tombées sur Sderot, ville israélienne limitrophe de Gaza, deux rapts dont un d’un enfant de 18 ans (mais « colon ») assassiné tout de suite d’une balle dans la tête, l’attaque d’un poste d'observation militaire situé en Israël, le tout dans moins d’une semaine. Etre surpris ? Pourquoi ?

 Démocratiquement élus, les représentants d’une organisation considérée comme terroriste par l’Union Européenne (après moult palabres et en dépit de l’opposition constante de la France) approuvent les rapts et considèrent les attaques comme marques de la détermination du peuple palestinien de libérer ses terres de l’occupation israélienne. Et, tout en réitérant leur décision de ne jamais reconnaître Israël font semblant de le faire … « implicitement » pour le bonheur de tout les jobards de la presse mondiale qui ne se donnent même pas la peine de lire le texte « paraphé » par le Fatah et le Hamas. Qui, en réalité, ne fait que reprendre l’objectif de la Charte de l’OLP depuis 1974, « créer un état sur toute partie du territoire libéré » en attendant mieux … La Charte qui ne reconnaît pas l’existence d’Israël, annoncée comme « caduque » par l’ineffable Y . Arafat à F. Mitterand et qui aurait dû être modifié, en présence de Bill Clinton à Gaza mais …. qui n’a jamais été modifiée.

Annonçant clairement sa ligne politique fondée sur la destruction d’Israël, le Hamas est arrivé à gouverner le peuple palestinien qui a élu ses représentants. Confusion dérangeante pour la communauté internationale qui lui demande d’admettre trois principes, la reconnaissance d’Israël, le respect de tous les accords conclus avec Israël et de renoncer à la violence. La réponse du Hamas est un triple non (comme les trois non des pays arabes à Khartoum, après la guerre de 1967) ce qui est parfaitement consubstantiel à sa raison d’être.

Le Hamas est aujourd’hui une organisation terroriste (l’Europe et les Etats-Unis ne mettent plus le terme entre guillemets) qui gouverne un territoire libre de toute occupation, Gaza et un autre – la Cisjordanie, où les arrangements d’Oslo tiennent encore. Le Hamas est en guerre ouverte avec Israël mais, vu la disymétrie des forces en présence, utilise les mêmes méthodes que celle appliquées par toutes les filiales de Al Qaida, le rapt, l’assassinat ou le chantage en attendant la décapitation filmée et transmise par des chaînes comme Al Jazeera.

Israël, dont la vocation suicidaire est loin d’être prouvée, dont l’absence de sens de l’humour pour se moquer des palinodies de la communauté internationale est patente, dont la patience quand on s’en prend à ces citoyens fussent-ils militaires, « colons » ou de parfaits quidams est très réduite sinon nulle, Israël n’en peut mais.

 Ne disposant pas de fusées « artisanales » l’armée israélienne fait usage de tout ce dont elle dispose comme armement et applique la seule théorie qui est enseignée dans les écoles militaires : frapper l’ennemi avec une force qui vise son anéantissement aussi rapide que possible.

Mais la communauté internationale ne l’entend pas de cette oreille. Puisqu’il faut protéger les citoyens palestiniens bien qu’ils aient choisi des terroristes pour les gouverner, il faut demander à Israël « la plus grande retenue ». Qui demande cette retenue ?

M. Poutine qui, après l’assassinat en Irak de quatre diplomates russes « donne instruction aux services de trouver et détruire ceux qui sont responsables ». La Russie qui a détruit entièrement la ville de Grozny bénéficiant du silence complice de l’Europe et/ou des Etats-Unis. Les Etats-Unis qui, en Irak, n’hésitent pas à lancer des bombes de 500 kg sur des maisons où on pense que l’on trouverait des terroristes. Souvent, oui, parfois non. Koffi Annan qui, jusqu’ici, n’a pas réussi à imposer la retenue au Soudan où plus de 250.000 morts se décomptent depuis que le gouvernement islamique s’est attaqué aux populations noires chrétiennes ou animistes. Mme Ferrero-Walder dont les accointances avec le néo-nazi autrichien Jörg Haider l’ont amenée siéger au gouvernement autrichien avant d’arriver à Bruxelles. La France qui a assisté (pour le moins …) au génocide rwandais sans prêcher la modération au gouvernement en place qu’elle soutenait.

Mais, dès qu’il s’agit d’Israël et des palestiniens, là, tout le monde est d’accord, il faut prêcher la modération « aux deux camps ». Ignoble formule qui occulte la responsabilité première : le rapt, l’assassinat, les attentats suicides autant de faits d’armes de ceux qui sont dirigés par le Hamas.

Puisqu’il ne faut pas tuer les « militants, les activistes, les combattants » palestiniens, puisqu’il faut les amener à la justice, Israël vient de décider un coup de filet et met la main sur cinq douzaines de responsables du Hamas, qui ministre, qui député, qui maire mais tous membres d’une organisation terroriste (selon l’Union Européenne). En attendant leur présentation aux autorités judiciaires (civiles ou militaires car … il y a état de guerre avec le Hamas, non ?) la communauté internationale, dans une volte face qui mérite d’être psychanalysée, se dit préoccupée par « l’arrestation de personnels politique démocratiquement élus ». Et le Condorcet du Quai d’Orsay demande qu’ils soient libérés et qu’Israël fasse preuve de retenue. Et le Pape de demander la libération de « toutes les personnes retenues en Terre Sainte » : le soldat Shalit et le personnel politique terroriste se trouvant entre les mains d’Israël. Le ridicule ne tue plus …

Depuis quarante ans Israël a essayé par tous les moyens d’obtenir de ses voisins le droit de vivre en paix à l’intérieur de « frontières sures et reconnues » (ONU, résolution 242 – 1967). Aujourd’hui, la presse mondiale s’évertue à présenter le dernier document d’union nationale Fatah-Hamas comme fondateur d’une avancée importante car prévoyant (selon elle) la reconnaissance implicite d’Israël. Encore quarante (ou cent quarante ou deux cent quarante) années et les palestiniens (et les arabes en général) s’ils font le choix du développement par rapport au système politico-religieux qui les enfonce dans le sous-développement s’apercevront qu’Israël existe sans avoir bénéficié de leur reconnaissance diplomatique. Peut-être à ce moment-là la paix en Terre Sainte sera possible. A condition que jusque-là la communauté internationale se mêle de ce qui la regarde laissant à Israël le droit de s’occuper de la vie de ses citoyens comme bon lui semble.

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27 juin 2006 2 27 /06 /juin /2006 16:28

Nouveau concept trouvant sa place dans toutes les chancelleries, du State Department au Quai d’Orsay, de Bruxelles à Moscou, suggéré avec doigté mais avec force à Israël : ne rien décider d’une manière unilatérale, négociez ! Naturellement, l’absence d’interlocuteur pour négocier n’a pas l’air d’impressionner grand’monde. Méthode Coué aidant, on veut se convaincre et convaincre Israël que Mahmoud Abbas est la bonne porte à laquelle il faut frapper. On appelle ce détachement de la réalité du surréalisme.

Unilatéralisme ? Toutes les décisions touchant à la survie d’Israël, depuis sa création, ont été unilatérales. La Déclaration d’Indépendance de Ben Gurion a été faite à l’encontre de la demande du State Department qui souhaitait qu’elle fût reportée. La guerre de 56 (bien qu’en association avec la France et l’Angleterre) a été une décision unilatérale. La guerre de 67, nonobstant l’avertissement du Général de Gaulle, a été une décision unilatérale. Et celle conduisant à l’occupation du Sud du Liban aussi. Et la négociation d’Oslo (avec ses conséquences plus que négatives) aussi. Et la marginalisation d’un assassin corrompu (Y. Arafat) aussi, à l’encontre de la volonté de la France qui lui a assuré des funérailles de chef d’état. Et le départ de Gaza aussi.

C’est vrai, chaque fois, Israël a dû payer un prix fort pour ne pas avoir suivi les conseils de ses amis ou qui se déclaraient tels. En 48 elle a dû accepter l’aide du bloc soviétique pour s’armer car l’Angleterre était du côté arabe et l’Amérique avait conseillé le report de la Déclaration d’Indépendance. En 56, suite à l’ignoble lâchage par la France et l’Angleterre, elle a dû arrêter la guerre devant la menace nucléaire de la Russie et celle, non moins sérieuse, de l’Amérique. En 1967, la France a mis Israël sous embargo pour tous les armements et ce n’est que 35 ans après (quand l’industrie française de l’armement comprenait la richesse israélienne en la matière et entendait y trouver une nouvelle source pour des produits exceptionnels – exemple – les drones) que le cours des choses a changé.

Et cela recommence. De quoi parle-t-on réellement ? La guerre d’Indépendance s’est terminée par des Accords d’Armistice : les fameuses frontières (qui ne l’étaient pas) datent d’avant la guerre de 67. Mais ces frontières n’étaient pas reconnues en tant que telles car les Pays arabes n’ont voulu les reconnaître que comme des lignes d’armistice. Et la guerre de 67 s’est terminée, elle, par le triple NON de Khartoum (non à la reconnaissance d’Israël, non aux négociations, non à la paix). Pourtant, la fameuse résolution de l’ONU 242 demandait l’établissement, par la négociation, de « frontières sures et reconnues » tout en réclamant le retrait d’Israël d’une partie des territoires occupés (selon la version anglaise). Depuis 1967 Israël a tenté par tous les moyens de négocier.

La position traditionnelle des Arabes sur les territoires occupés en 1967 était, cependant, qu'il n'y avait aucun besoin de négociations, de dialogue ou de reconnaissance diplomatique. Ils demandaient que Israël se retire du Sinaï, les hauteurs du Golan, de la Cisjordanie et du Gaza, mettant en application la résolution 242 du Conseil de sécurité de l'ONU (sans pour cela « négocier »). Pendant ce temps, Israël acceptant les vertus de la négociation prônée par la Communauté Internationale demandait des négociations. C'est comment cela que l’on est arrivé à la formule « la terre contre la paix ».

Elle a réussi avec l’Egypte (à laquelle elle a rendu, pour une deuxième fois, le Sinaï) et avec la Jordanie. Anouar Sadat est venu à Jérusalem et a obtenu le Sinaï. La Syrie a refusé les discussions de paix et a perdu le Golan. Jusqu’à leur dernière initiative (Arabie Saoudite – Beyrouth 2002) demandant comme condition de la reconnaissance d’Israël le retrait sur les frontières d’avant 67. Non pas une négociation mais une demande impérative valant création de frontières pour le futur éventuel Etat palestinien (dont les pays arabes n’en ont pas voulu depuis la décision de partage de l’ONU en 1947).

Résumons : Israël ne doit pas se retirer de la Cisjordanie d’une manière unilatérale, elle doit négocier cela avec des partenaires palestiniens.

Mais on se retrouve ainsi devant deux incompatibilités : (a) comment et quoi négocier avec soit une autorité (Mahmoud Abbas) qui n’a aucun pouvoir soit (b) avec une autre, qui dispose d’un pouvoir établi par les urnes mais dont l’objectif clair, affiché, maintes fois répété et celui de la destruction totale d’Israël pour établir un Etat palestinien de « la rive à la mer » (du Jourdain à la Méditerranée) ?

Devant cette double incompatibilité Israël a choisi de se séparer, d’une manière unilatérale, des palestiniens. Et on entend maintenant des rives du Potomac jusqu’aux bords de la Seine, qu’il faut négocier. Et les pays arabes, oubliant le passé et leur volonté d’imposer, d’une manière unilatérale, des frontières à Israël se joignent au cœur des tricheurs de tout acabit pour réclamer la négociation … La communauté internationale les soutient comme elle a toujours soutenu les demandes arabes contre Israël.

Trop tard. Les décisions actuelles d’Israël sont dictées par sa conviction selon laquelle, qu’il s’agisse du Fatah ou du Hamas, aucun des deux représentants du peuple palestinien n’ont en vue pour l’avenir prévisible le souhait d’établir un état à côté d’Israël. La démonstration est d’une simplicité biblique ( !?) : s’ils l’avaient voulu, depuis 48, depuis 73 (accords égypto-israéliens) depuis 93 (Oslo), depuis 2000 (Camp David) les occasions ont été multiples, on ne peut pas mettre sur le compte du hasard ou de la mauvaise tactique le fait de ne pas en avoir saisi aucune. Ce qui est clair c’est qu’ils veulent un état, un seulement, incluant Israël actuel.

Dès lors il est illusoire de penser qu’un accord global pourra intervenir l’espace d’une ou deux générations supplémentaires. Et comme, du point de vue stratégique Gaza et la Cisjordanie ne représentent plus un grand atout devant une très improbable guerre lancée par un pays arabe « du front » la décision de séparation unilatérale prise par Ariel Sharon pour Gaza et reconduite par Ehud Olmert pour la Cisjordanie découle d’une logique impeccable. Pour la contester il faudrait soit n’avoir rien compris à ce qui se passe au Proche Orient, soit être de la plus parfaite mauvaise foi, le cumul n’étant pas interdit.

Et voilà que maintenant Israël est en train de se plier à ce que les arabes demandent depuis 67 : quitter les (ou des) territoires occupés sans rien demander ou obtenir en échange. Naturellement, les arabes demandent dès lors une négociation (sur quoi ? avec qui ? pourquoi faire ?) et la communauté internationale qui n’est pas à une inconséquence près, les soutient !

Résumons : Israël veut se retirer de certains territoires occupés en 67, les arabes, les palestiniens et la communauté internationale lui demandent de ne pas le faire. Vous avez dit absurde ? Surréaliste ?

La seule conclusion qui s’impose est que « la terre contre la paix » est une formule vide de sens. Et que rien ne se passera jusqu’au moment ou des générations futures de palestiniens auront compris qu’entre la misère et la terreur qui est leur lot depuis 6à ans et la possibilité de s’émanciper à côté d’un état développé, le choix devrait être évident. Vaste programme …

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