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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 07:40

Texte mis en ligne par Liberty Vox

Le Président Bush a déclaré « l'acquisition d’armes nucléaires par l'Iran est inacceptable» et pour qu’il n’y ait pas de malentendu, le Vice-Président Cheney dit « les Etats-Unis ne permettront pas à l'Iran d'acquérir des armes nucléaires ».  Juste avant son voyage en Israël le Président Sarkozy déclare au journal israélien Yedioth Aharonoth « La France fera tout afin d'empêcher l'Iran d’acquérir des armes nucléaires et … ceux qui réclament d’une manière indigne la destruction d’Israël se trouveront confrontés à la France … ». Pour ne pas rester en reste, Mme Merkel déclare à la Knesset « Pour moi en tant que chancelière allemande, la sécurité d'Israël ne sera jamais négociable »

Le temps des déclarations induit par la soixantième anniversaire de la renaissance d’Israël passera rapidement car les préoccupations, surtout, de l’Europe sont aujourd’hui uniquement liées au prix du pétrole et aux effets consécutifs sur le renchérissement des matières premières comme aux conséquences sur la croissance des économies du continent.

Les tenants de la Real Politik rappellent que l’Iran a comme principal partenaire commercial pour l'importation et l'exportation, l’Europe.
Selon les données de l’Union Européenne, en 2006, ses importations se sont montées à plus de 14,0 milliards d’euros, alors que la valeur des exportations  (avec l'Allemagne, la France et l'Italie menant la danse) s'élevait à presque 12,0 milliards d’euros. L'Iran est le quatrième plus grand fournisseur de pétrole de l'Europe. Et les mêmes soulignent qu’une détérioration des relations (sanctions contraignantes, voire une attaque militaire contre l’Iran) conduirait à une augmentation faramineuse du prix du pétrole et à la récession dans les économies occidentales.

L'Europe est donc celle qui tient à flots l’économie iranienne en considérant que cela a comme effet le maintien en état de sa propre économie. Tous les pays de l’Europe disposent d’ambassades à Téhéran, tous les aéroports d’Europe accueillent et font partir des vols vers Téhéran et … aucune voix ne s’est élevée contre la participation de l’Iran aux Jeux Olympiques. Pendant le régime d’apartheid, pendant 28 ans, on a interdit à l'Afrique du Sud de participer aux Jeux Olympiques et/ou à la coupe du monde (football). L'Iran, dictature des mollahs, régime religieux de ségrégation, pourrait être considéré come étant bien plus nocif. L’Europe ? Elle fait très peu ou rien pour isoler explicitement l'Iran. Pas plus que la Russie qui prétendant ne pas avoir des indications précises et fiables sur le programme nucléaire de l’Iran, attend que l’on trouve le « smoking gun ».

Au plan pratique attendre une « preuve irréfutable » veut dire en réalité que l’on consent à l’existence d’un Iran disposant de l'arme nucléaire. Il n’est pas difficile de comprendre, dans ce cas, qu’un prix du pétrole excessif et une croissance économique réduite ne sont pas nécessairement le mal le plus grand par rapport à un Proche Orient lancé dans une course aux armements nucléaires.

Mais si le monde (l’Europe en premier) peut attendre, deux pays ne le peuvent pas : les Etats-Unis et Israël. Autant pour des raisons liées à leurs propres relations qu’à celles de la communauté internationale. En effet, « Soixante ans daprès la reconnaissance diplomatique d’Israël par les Etats-Unis, tandis qu’Israël fait des efforts pour obtenir la paix avec la Syrie et contribuer avec l’Autorité palestinienne à la création d’un état palestinien, la perspective d’une République Islamique de l'Iran disposant d’armes nucléaires pourrait confronter les Etats-Unis et Israël au défi le plus sérieux de l'histoire de leurs rapports. (Washington Institute for Near East Policy’s Presidential Task Force on the Future of U.S.-Israel Relations – 2008).

Cela étant, embourbés, comme ils sont, en Irak, les Etats-Unis ne semblent pas être disposés à se lancer dans une nouvelle opération militaire, cette fois-ci, contre l’Iran. Et si c’est Israël qui s’en charge, le monde entier considérera que cela a été fait avec le consentement américain. D’où une certaine dégradation des relations entre les deux pays, dégradation qui a commencé à se faire jour avec la publication du fameux rapport du renseignement américain qui laisse croire que l’Iran a abandonné le programme nucléaire militaire en 2003 … Rapport que les services de renseignement israéliens ont mis en pièces jusqu’à faire E. Barak déclarer au Monde « Le rapport des services secrets américains était faux, point final, et je suis confiant : nous le démontrerons avec le temps ». 


L’Europe convient que l'Iran est une menace, et que ses efforts tranquilles vers l’énergie nucléaire civile est une feinte. Mais que faire ?  Depuis bientôt sept ans l’Europe parle gentiment à l’Iran avec l’espoir qu’il abandonnera son programme fortement soupçonné d’être militaire. Elle espère que par une sorte de miracle, l’on obtiendra un plan d'action ferme en dehors du Conseil de Sécurité de l’ONU (la Russie et la Chine bloquant toute action sérieuse). Peut-être.


Malheureusement toutes les discussions habituelles (avec ou sans l'ONU) ressemblent à  « jouer du violon tandis que Rome brûle » (Néron)  sauf que cette fois-ci Israël va brûler si quelque chose n'est pas fait. Le monde libre, les héritiers des Lumières, doivent-ils attendre pour voir si M. Ahmedinejad est sérieux quand il parle « d’éradiquer Israël de la carte » ?

Oui, dit le Prix Nobel El-Baradeï. Et il met sa démission de responsable de l’AIEA en jeu … « Ce que je vois en Iran aujourd’hui c’est un danger grave et urgent. Si une frappe militaire est effectuée contre l'Iran actuellement… elle me rendrait incapable de continuer mon travail » (déclaration à la chaîne de télévision Al-Arabiya). AIEA qui n’a rien su du programme nucléaire iranien pendant dix-huit longues années avant qu’il soit dévoilé par des dissidents iraniens. Ou du programme nucléaire libyen, découvert par la CIA et des « services » européens. Ou du marché noir crée par A.G. Khan, père du programme nucléaire militaire du Pakistan qui a fourni la Corée du Nord, l’Iran, la Libye en utilisant des sociétés européennes et des cadres suisses au-dessus de tout soupçon … 

Et comme il n’est pas à une contradiction près, il ajoute  « Une frappe militaire, à mon avis, serait plus mauvaise que n'importe quoi. …elle ferait que la République islamique soit encore plus déterminée pour devenir une puissance nucléaire.  Si une frappe militaire est lancée, elle signifiera que l’Iran, s’il ne vise pas déjà les armes nucléaires, se lancera d’une manière accélérée vers leur acquisition avec la bénédiction de tous les Iraniens, peut-être même avec celle de certains pays de l'Ouest. » Voilà l’homme qui est censé assurer la communauté internationale du respect, par tous les pays signataires, du pacte de non-prolifération … Confronté au refus des dirigeants iraniens de s'expliquer sur la militarisation présumée de leur programme, M. El-Baradei a uniquement regretté leur silence bien que des rapports des services de renseignement, venant de dix pays, accusent Téhéran de mener des études sur la mise au point d'armes nucléaires, en particulier sur le façonnage d'ogives et l'adaptation du missile Shahab-3.

Missile Shahab-3 dont l’ogive est transformé pour recevoir une tête  nucléaire (Federation of American Scientistes)

Alors ? Les Etats-Unis ne feront rien. Au moins pas pendant les huit derniers mois de la présidence Bush. Et à voir l’insistance qu’ils mettent à forcer Israël à accepter la création d’un état croupion, potentiellement terroriste aux ordres de l’Iran (comme le Liban, aujourd’hui, comme Gaza, hier déjà), on peut supposer qu’ils s’opposeraient à une action israélienne propre. La France ne fera rien. Elle n’a plus les moyens d’entretenir son armée, des cohortes de chars d’assaut sont en train de rouiller car … pas de combustible pour les faire tourner (sur quel théâtre d’opérations ? contre quel adversaire ?) et son aviation comme sa marine sont en réalité des vestiges d’une gloire ancienne. L’Allemagne ? Allons, donc.

Reste Israël. Plusieurs questions se posent si l’on envisage une action préventive israélienne. Dispose-t-elle de renseignements suffisants pour choisir le minimum de cibles qui feront un maximum de dégâts avec un minimum de dommages collatéraux (population) ? A-t-elle les moyens technologiques pour que l’action soit couronnée de succès ? Que se passera-t-il « le jour d’après » ?

Tout d’abord, on comprend qu’une action israélienne transformerait un problème mondial (le non respect par l’Iran des conditions posées par le traité de non prolifération, par lui acceptées – un programme caché pendant plus de 18 années) en un différend israélo-iranien. En laissant de côté le fait qu’Israël se trouve, en réalité, en légitime défense vue la menace potentielle iranienne et la rhétorique journalière du clown halluciné qui attendant le 12ème imam veut faire disparaître Israël. Comme de la menace permanente des supplétifs de l’Iran armés jusqu’au dents par ce pays : Hezbollah – disposant de plus de 30.000 fusées à courte portée maintenues dans un nouveau système de bunkers vis-à-vis duquel le mur de l’Atlantique n’était qu’un château de sable … et Hamas qui vient d’obtenir une « trêve » dont le but essentiel est de se refaire l’arsenal et de former une nouvelle chair à canons.

Croquis (Debka) montrant des bunkers du Hezbollah construits au nez et à la barbe de la force FINUL censée interdire la reconstitution des forces de cette organisation terroriste (Résolution 1701 du Conseil de Sécurité). 

Néanmoins, le premier résultat d’une action israélienne sera que le monde entier trouvera une nouvelle raison pour être contre Israël. Encore que … on a vu le silence assourdissant des principaux pays arabes qui a suivi trois évènements majeurs : la destruction du tiers de l’infrastructure du Liban suite à la guerre initiée par le Hezbollah, le meurtre (crédité au Mossad), en Syrie, du principal assassin de cette organisation (ayant figuré sur la liste de tous les services occidentaux, y compris de la DGSE, pendant plus de 20 ans) et la destruction d’un site nucléaire syro-nord-coréen par l’aviation israélienne. Mais les réactions de la rue arabe qui sera accompagnée de toutes les gauches du monde en train de devenir, elles aussi, islamo-fascistes seront redoutables …

Israël est, probablement, le pays qui sait le plus de ce qui se passe en Iran. Aussi parce que pour une partie de sa population la langue perse et ses multiples dialectes n’a pas beaucoup de secrets. Il est fort probable que sa liste de cibles dispose d’une fiabilité suffisante pour infliger un maximum de dégâts, pas nécessairement à tous les sites nucléaires connus, surtout pas à ceux qui sont enterrés sous des montagnes (comme Natanz où l’on fait l’essentiel de l’enrichissement de l’Uranium). Probablement, surtout, aux sites clandestins peu ou pas du tout connus du monde. Non plus à ceux qui sont en train d’être assurés d’une défense anti-aérienne et anti-missiles supposée à toute épreuve que la Russie installe à grande vitesse (systèmes Pantsir-1, S-300, j’en passe et des meilleurs). Un certain doute peut subsister quant aux renseignements détenus par Israël mais … ce pays a toujours laissé une part à l’improvisation !

La deuxième question peut recevoir une réponse positive sans aucune ambigüité. Certes, la distance à parcourir  pour une flotte aérienne est de l’ordre de 1.500 km si elle décolle des bases israéliennes. Mais beaucoup moins pour des missiles de croisière pouvant prendre leur envol à partir de sous-marins judicieusement positionnés dans le Golfe Persique ou la Mer d’Oman.


       Frappe militaire israélienne possible contre l’Iran (Tribune de Genève)


Le monde entier a été surpris par le bombardement du site nucléaire syrien en septembre 2007. Ce qui a retenu l’attention des spécialistes militaires c’est le fait que l’escadrille de F-15 qui a effectuée le raid n’a été détectée à aucun moment ni par la Syrie mais ni par la Turquie, pays de l’OTAN disposant de systèmes de détection les plus perfectionnés … La Turquie n’a appris du raid qui pourtant à survolé son territoire que le fait que des réservoirs supplémentaires y ont été largués par les avions israéliens. Ce qui rappelle le bombardement du siège de l’OLP à Tunis par la même aviation plus de 25 ans auparavant quand elle a traversé la Méditerranée d’Est en Ouest, sur toute sa longueur sans que la Grèce, l’Italie, la France ou l’Espagne aient vu quelque chose … En clair, Israël semble disposer de ce qui est nécessaire pour rendre son aviation parfaitement invisible à ceux qui ne doivent pas la voir.


On vient d’apprendre, par une « fuite d’un officiel américain » (?!) qu’Israël a effectué un exercice militaire important pendant la première semaine de juin ; aussi que les sources américaines indiquent qu’il s’agissait, apparemment, d’une une répétition pour une attaque potentielle sur les emplacements nucléaires de l'Iran. Plus de 100 avions de combat F-16 et F-15 d'IAF ont participé à l'exercice, qui a été effectué au-dessus de la Grèce méditerranéenne et la Méditerranée Orientale. L’exercice a également inclus des hélicoptères de sauvetage et des avions ravitailleurs, tous ayant fait un parcours d’environ 1.500 km. Comme par hasard,  la distance qui sépare Israël du site nucléaire de Natanz où l’on enrichit l’Uranium. Trois observations : (a) le pourquoi de la fuite américaine quand l’exercice n’était connu qu’à la Grèce (une quarantaine d’avions israéliens F-15 et F-16 se trouvaient sur la base aérienne Souda, dans  l'île de Crète pour la durée de l'exercice) ; (b) le commentaire acerbe immédiat de la Russie à travers son Ministre des Affaires Etrangères qui, n’ignorant pas l’incapacité des équipements russes à détecter les mouvements de l’aviation israélienne, clame « ni Israël ni les Etats-Unis n'ont produit la preuve que l'Iran développait des armes nucléaires et dès lors le sujet doit traité par la diplomatie et des discussions avec Téhéran » ; (c) l’évidente surprise des mollahs qui, tout en sortant les antiennes habituelles sur « l’entité sioniste » semblent commencer à comprendre que laissée seule et ne prenant pas au sérieux les paroles de MM Bush, Sarkozy ou de Mme Merkel, Israël se prépare au pire -pour eux.


Résumons : à juste titre, la communauté internationale est inquiète
des activités nucléaires de l'Iran. Bien que la République islamique insiste sur le fait qu'elle est seulement intéressée par la technologie nucléaire pour disposer de combustible pour les centrales nucléaires (qui lui font défaut pour l’instant …), l’AIEA a récemment signalé que l'Iran a bloqué ses tentatives d'étudier ce que sont les divers composants trouvés et semblant faire partie d'un programme d'armes nucléaires. Et la question qui reste posée au monde est de savoir ce qu’il faut faire.


Le monde ne sait pas quoi faire pour arrêter la marche de l’Iran vers la bombe. Israël semble le savoir et se prépare pour. Et selon un autre « officiel » américain commentant le même exercice aérien « 
Ils ont voulu que nous le sachions, ils ont voulu que les Européens le sachent et ils ont voulu que les Iraniens le sachent aussi »

 




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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 11:46
Texte publié par Liberty Vox le 09.06.08
 

Premier chef d’état étranger à se rendre au Liban après «l’élection» du Général Sleimane, notre Président a pris dans ses bagages les éminents représentants de la classe politique, de droite, du centre et de la gauche. Sauf Olivier Besancenot, Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers, c’est toute la France officielle qui s’est précipitée à Beyrouth pour frapper du sceau de l’honorable le coup d’état du Hezbollah réalisé sous les ordres de l’Iran et de la Syrie. La France pouvait choisir entre le déshonneur et la guerre, elle a choisi le déshonneur et elle a eu la guerre disait Churchill en 1939. On devrait paraphraser ce dicton et dire : La France pouvait choisir entre la majorité anti-syrienne et le déshonneur, elle a choisi le déshonneur …

Car c’est quoi moins que le déshonneur, pour le pays qui a créé le Liban, quand on accepte la mainmise du Hezbollah sur ses destinées. C’est quoi moins que le déshonneur pour le pays qui a imposé la résolution 1701 (désarmement du Hezbollah) que d’accepter un président après que les trois conditions posées par l’Hezbollah (droit de véto au gouvernement, réseau de communications hors du contrôle de l’Etat Libanais, contrôle de l’aéroport de Beyrouth) eussent été «légalisées» par un accord obtenu par le Qatar ? C’est quoi moins que le déshonneur que de ratifier la mainmise de la Syrie sur le Liban après avoir été éconduit au bout d’un chemin à Damas effectué par deux «hauts» émissaires, vu que notre ministre des affaires étrangères n’a pas réussi à y aller ?

65 morts provoqués par le Hezbollah pour obtenir ce qu’il demandait en utilisant les armes de «la résistance contre Israël». Et notre Président qui disait «je ne serrerai pas a main des ennemis d’Israël» rencontre les dirigeants de 14 partis libanais, Hezbollah y compris. Et il reste de glace quand le nouveau président libanais, en réalité, nommé par l’Iran et la Syrie, après avoir clamé dans son discours d’investiture «Le Liban n’a qu’un seul ennemi, Israël ; le peuple libanais dans son ensemble soutient le conflit armé avec l’entité sioniste», lui demande l’aide pour «récupérer son territoire occupé et assurer le retour des «réfugiés» palestiniens dans «leur pays occupé». Le territoire occupé du Liban ? Les Fermes Shebaa que le président précédent avait accepté après de longues discussions avec l’ONU de considérer comme appartenant à la Syrie (tracé de la ligne bleu). Mais qui «justifie» la «résistance» du Hezbollah. Le pays «occupé» des réfugiés palestiniens ? Israël.

Pendant que l’échelon politique dépensait l’argent de la République à Beyrouth, notre ministre des Armées reprenait une partie du message présidentiel pour dire «il s'agit désormais d'œuvrer pour que le dialogue qui a été entamé entre toutes les parties débouche sur une normalisation durable de la situation politique au Liban et dans la région". "Dans ce contexte fragile, la mission de la Finul est difficile" appelant à "redoubler d'efforts pour aider l'armée libanaise à assurer, seule, le contrôle du Liban sud, à lui faciliter le plein exercice de la souveraineté libanaise dans cette région si sensible». La Finul qui ne contrôle rien car le territoire qui lui est affecté n’est rien d’autre que celui où le Hezbollah règne en maître et où il a reconstitué, et au-delà, sa puissance de frappe.

Pourquoi ? Comment la France est-elle descendue si bas ? Comment peut-elle croire qu’elle gardera encore quelque respect du côté de ceux qui ont été sacrifiés sur l’autel de ses propres ambitions ?

La première explication, le projet d’Union Méditerranéenne. Notre président veut qu’il constitue sa grande œuvre et pour cela il a besoin que le dictateur syrien y participe. Et avec lui tous les autres chefs d’état arabes plus ou moins démocrates (mais qui s’en soucie ?). Mais… comme lesdits chefs d’état ne veulent pas d’une participation israélienne, notre Sarkozy national est soucieux car il s’agit de lancer le projet à Paris le 13 juillet et inviter tout le monde à parader le 14…

La deuxième explication, détacher la Syrie de l’Iran en lui reconnaissant le droit d’ingérence au Liban et en lui promettant un accord d’association avec l’Europe. Accord que notre Président poussera pendant tout le temps que la France assurera la présidence de l’Europe. Le drame qui se joue cependant dépasse par ses implications la diplomatie aux petits pieds de nos diplomates.

L’Iran dont l’ambition première, par delà son objectif géopolitique de devenir la première puissance du Proche-Orient, est de détruire Israël, a appris la leçon de la dernière guerre mondiale : personne n’a levé son petit doigt pour sauver les juifs des nazis. Et l’Iran sait qu’avec suffisamment d’avantages matériels offerts au monde, l’histoire se répétera. En attendant, l’Iran a besoin de temps pour devenir puissance nucléaire. Temps qui lui a été octroyé par l’Europe (Jack Straw pour l’Angleterre, Jaques Chirac pour la France et Yoshka Fischer pour l’Allemagne). Sept années de discussions stériles pendant lesquelles l’Iran n’a rien concédé, n’a renoncé à rien et surtout pas à sa marche forcée vers la bombe. Nicolas Sarkozy, dès son élection, indique que l'Iran nucléaire est «inacceptable» et demande aux sociétés françaises de ne plus faire des affaires avec la République islamique.

Mais ces sociétés ont investi des dizaines de milliards de dollars en Iran. Total continue à espérer la réalisation d’un projet de plusieurs milliards de dollars pour développer les gisements de gaz naturel de l'Iran, deuxièmes plus grands du monde. Mme Merkel s’est engagée «à jeter un nouveau coup d'oeil» au commerce avec l'Iran. Mais pendant que Berlin a coupé quelques crédits à l'exportation, environ 1.700 compagnies allemandes maintiennent un commerce annuel de 5 milliards de dollars avec l'Iran. Gordon Brown pour la Grande-Bretagne indique que Téhéran ne devrait pas douter «du sérieux de notre but» en parlant de l’arrêt des efforts pour acquérir l’arme nucléaire. En attendant, Londres offre des crédits à l'exportation qui assurent plus de 1 milliard de dollars dans le commerce annuel de la Grande Bretagne avec l’Iran. Silvio Berlusconi, de retour au pouvoir, veut que l'Italie se joigne aux entretiens nucléaires avec Téhéran tout en protégeant son commerce annuel de 7 milliards de dollar qui fait de l’Italie le premier partenaire commercial européen de l’Iran. La Suisse signe un contrat gazier pluriannuel de 22 milliards de dollars. L’Autriche fait de même pour presqu’autant.

«La politique de l'Europe est schizophrène : juste assez de soutien aux sanctions imposées sous la pression des États-Unis, mais sans trop affecter les relations commerciales ou risquer la rupture avec l'Iran» explique Charles Powell, un ancien conseiller pour les affaires étrangères de Margaret Thatcher. «L’Europe fait semblant d’agir mais en réalité elle attend des changements politiques qui pourraient intervenir en Iran ou à Washington».
Et le toujours ineffable Javier Solana d’aller de nouveau à Téhéran pour proposer, à répétition, un paquet d’offres économiques identique à celui que l’Iran a rejeté il y a deux ans… A l’encontre du mot de Hemingway, l’Europe montre en permanence qu’elle confond le mouvement avec l’action.

Mais que se passe-t-il dans cette Europe dont la France prendra la présidence le 1er juillet ? Tout d’abord une décomposition induite par la politique d’apaisement et, finalement de collaboration avec les ennemis déclarés. Les faiblesses des démocraties occidentales aidant, leurs centres de résistance (nation, patrie, culture) sont détruits patiemment avec l’aide des dirigeants «réalistes» qui empêchent de se manifester l’instinct de conservation nationale. La France et l’Angleterre ont trahi la Tchécoslovaquie, on connaît la suite.

Les idées de liberté, coopération universelle et amour planétaire, qui sont devenues de vulgates dominantes en Europe ont toujours été exploitées par ceux qui n’ont de cesse que de les détruire. Et on ne veut pas appeler un chat un chat en s’attaquant à tous les profiteurs des situations confuses, les dirigeants des sociétés industrielles (propriétés des Etats ou privées) qui ne s’occupent pas de géopolitique mais uniquement de leurs profits immédiats ou à venir. Total, (ou les pétroliers ou gaziers italiens et autrichiens), les politiciens véreux (voir les diplomates français bénéficiaires de bons de pétrole offerts par Saddam Hussein pour services rendus, ou autres), les maîtres chanteurs déguisés en journalistes de la presse libre mais uniquement bienveillante pour ceux qui n’acceptent pas la liberté de la presse, les chaînes de télévision qui contribuent à inciter contre ceux qui ne sont pas pauvres ou humiliés ou détenteurs du progrès historique (voir Al Dura et Fr2), bref tous les profiteurs qui se soucient du pays comme d’une guigne quand il s’agit des honneurs et profits personnels. Et après eux… le déluge !

Comment comprendre autrement la descente aux enfers de la France ? Naturellement, des philosophes, politologues et autres laveurs de cerveaux, qui ont à peine plus de 18 ans mais les cheveux longs, la moustache bien taillée et un «mental» d’enfant handicapé, sans s’en rendre compte se sont transformés en «5ème colonne» de ceux qui veulent nous détruire et, finalement, les détruire. Pourtant, l’histoire n’arrête pas de nous apprendre qu’il n’y a pas en réalité de «gauche» ou de «droite» : il y a humanisme ou totalitarisme. La dernière fois que cela a été évident, cela a donné la deuxième guerre mondiale. Et quand on regarde les résultats de tout ce que les Administrations américaines, démocrates ou républicaines, ont fait avec l’Iran, on reste coi. Kennedy qui a poussé le Shah vers la démocratie avec comme résultat la création de l’opposition de l’Ayatollah Khomeini. Nixon qui, occupé par le Vietnam, pousse l’Iran à devenir une superpuissance régionale en l’armant jusqu’aux dents. Carter qui a poussé le Shah de nouveau vers la démocratie : la révolution islamique n’a pas attendu une autre occasion, elle a trouvé dans les arsenaux iraniens toutes les armes qu’elle pouvait souhaiter pour se lancer dans une guerre meurtrière contre l’Irak. Et l’Europe ? Sept années de négociations, qui ont servi à faire avancer ses projets nucléaires pour l’Iran, mais à rien pour l’Europe.

C’est à cet Iran-ci que notre président abandonne le Liban. Et à la Syrie qui vient de faire semblant de commencer des «négociations indirectes» de paix avec Israël. Hosanna, dit notre président à Beyrouth. Tandis que le ministre des armées syrien va à Téhéran pour expliquer que «l’Iran et la Syrie ne perdent rien, tandis que la Syrie peut gagner beaucoup de l’Europe et des Etats-Unis». Négociations de paix ? La stratégie de la Syrie est parfaitement claire : négocier, obtenir le Golan et attendre, même cent ans, pour finalement faire disparaître Israël. C’est à cette Syrie-là que notre président vient d’abandonner le Liban. Tout en se préparant pour aller à Jérusalem le 22 juin pour assurer ce pays de l’amitié indéfectible de la France. Tandis que le 17 juin un rapport sur les agissements des services secrets russes en France sera rendu publique et montrera, entre autres, l’étendue de la coopération Russie – Iran – Syrie – Hezbollah ! Je vois les sourcils s’élever car la liaison avec le sujet traité n’est pas évidente.

Pourtant, si. Selon des soupçons se faisant jour, des informations sensibles concernant les systèmes de communication par fibres optiques ont été volées aux États-Unis et transférées au SVR russe qui les a mises à la disposition de l’Iran, dans le cadre de la coopération militaire avec Téhéran, ce dernier s’étant engagé à ne pas transmettre les informations à un tiers. Le réseau des communications du Hezbollah installé par des techniciens iraniens en a profité, c’est la raison pour laquelle il a constitué une des conditions dans le bras de fer gagné par le Hezbollah. La France s’inquiète car elle utilise les mêmes technologies… La Russie aussi car cela pourra compliquer à l’avenir ses relations et avec l’Iran et avec les Etats-Unis et… aussi avec la France. La récente visite de Monsieur Poutine en France, semble-t-il, n’a pas été étrangère au souhait russe de trouver une solution discrète à ce qui montre, une fois de plus, le parasitisme russe qui se nourrit de l’incompréhensible irresponsabilité de nos dirigeants. «Nous ne trahirons pas les générations futures en permettant à l'Iran de se doter d'armes nucléaires. L'Iran constitue un souci particulier, car il s’agit d’un proliférateur potentiel et d’un commanditaire actif de la terreur qui n’hésitera pas à mettre son potentiel d’armes de destruction massive à la disposition de groupes de terroristes». Mais cela n’est dit que par John Mc Cain tandis que l’Europe a choisi comme candidat pour les présidentielles américaines Barak Obama…


© Martin Birnbaum pour LibertyVox

 

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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 20:40

De qui se moque-t-on ?

A peine s’est-il préparé à quitter Israël que la nouvelle de « l’accord de Doha » (capitulation sans conditions des « gouvernementaux » après le coup de force du Hezbollah à Beyrouth, capitulation saluée comme il se doit par la France) que voilà notre ministre des affaires étrangères supplier le ministre des affaires étrangères de la Syrie (?!) de le rencontrer. Mais ce dernier … avait un programme trop fourni ce qui fait qu’ils se sont rencontrés à l’ « l’élection du Président du Liban » (élection ? plutôt sacre du commandant de l’armée dont le dernier fait de gloire a été de ne pas obéir aux ordres du gouvernement légal qui l’a nommé …).

Juste avant de quitter Israël, avec la probité intellectuelle qu’on lui connaît, en regrettant qu’Israël n’allège pas les contrôles en Cisjordanie,  a déclaré à Ramallah « Israël doit et peut faire beaucoup plus sans mettre en danger sa sécurité». Il le sait, lui, qui suit les événements sur e terrain, formation de médecin sans frontières oblige.

Quelques jours plus tôt, un camion chargé de 4,5 tonnes d’explosifs a été lancé, avec son assassin suicidaire, contre le terminal de Erez, par là où passent les convois de camions apportant du combustible ou des denrées alimentaires aux pauvres palestiniens de Gaza. Israël est condamné par la communauté internationale pur ne pas faire assez pour les populations gazaouïtes. Et le sénile ancien président des Etats-Unis (« le cerveau cacahouète », Jimmy Carter) de dire au monde entier que « ce qui est fait par Israël à Gaza est un des pires crimes humanitaires actuels »

Pendant ses deux jours de présence en Israël, les Palestiniens ont utilisé des mortiers, des armes antichars et des mitrailleuses lourdes contre des forces israéliennes et des endroits civils. Mercredi dernier, rien que dans la matinée, 10 missiles Qassam ont été tirées contre Sderot et Ashkelon. Mais, vu que les deux parties de l’humanité ne sont pas égales et que la partie palestinienne est plus égale pour Bernard Kouchner, il n’a pas regretté les attaques de Gaza. Comme il n’a pas eu l’élégance (ou le courage) d’aller expliquer aux habitants de Sderot pourquoi Israël devait faire « beaucoup plus ». Mais il a noté l’invitation du Hamas d’aller à Gaza : Le gouvernement du Hamas à Gaza a appelé le samedi 24 mai le ministre des affaires étrangères français Bernard Kouchner pour venir visiter le territoire pour se renseigner sur la douleur de ses habitants. Taher Al-Nounou, un porte-parole du gouvernement a indiqué à la presse que l'invitation « a été motivée par la position morale de la France » ce qui s’est reflété dans toutes les remarques de Kouchner. Kouchner, qui visite l'Israël et la Cisjordanie depuis mardi, a critiqué l'expansion des agglomérations israéliennes en Cisjordanie et les restrictions que l'Israël impose au libre mouvement des Palestiniens » Quand une organisation terroriste apprécie les positions d’un ministre des affaires étrangères de la France, il pourrait y avoir comme quelque chose de pourri dans notre royaume de France et de Navarre …

Ce n’est pas tout. Hier, à l’occasion de la fête « Israël – 60ème anniversaire » (Trocadéro), notre président s’y rend en accompagnant Mme Livni. Naturellement, les deux choses sont passées sous silence par la presse française. Et le président de confirmer au ministre israélien que « les contacts avec le Hamas ont été une gaffe ».

De deux choses l’une : soit B. Kouchner croit (comme il l’a affirmé la semaine dernière, que « La France doit parler à tout le monde » en confirmant y avoir envoyé à Gaza un ancien ambassadeur en Irak) et dans ce cas il est en contradiction avec la vision du président ; soit il constate que la parole présidentielle lui rabat son caquet. Dans les deux cas, si sa carapace de transfuge de la gauche vers la soupe de la droite n’était pas ce qu’elle est, il devrait quitter son ministère.

Mais qu’est-ce qui fait courir B. Kouchner ? Pourquoi néglige-t-il (comme toutes les gauches) ce qui se passe en Chine, au Soudan, au Zimbabwe ou en Corée du Nord ? Pour quelles raisons est-il allé, toutes affaires cessantes, donner l’accolade à l’ineffable Chavez, bientôt porte-drapeau des révolutionnaires anti-américains du monde entier ?

 
Mais il y a plus … Toute honte bue, il va à Beyrouth et obtient une rencontre avec le ministre des affaires étrangères de la Syrie. Auquel il fait miroiter la possibilité d’une fin de l’isolement et du boycott diplomatique européen. Et de lui dire que la France veut œuvrer pour un accord d’association de la Syrie avec la Communauté Européenne et voudrait bien aller à Damas pour y parler de ces sujets. Etait-il en service commandé ? Après avoir constaté que ses émissaires (Claude Guéant et Jean-Paul Levitte) avaient été éconduits par Bachar El Assad, Nicolas Sarkozy veut-il reprendre le chemin de Damas ? Mais la Syrie (souvenez-vous du proverbe arabe « la Syrie avale l’appât et pisse sur l’hameçon ») … ne se satisfait pas des promesses françaises car elle escompte de plus grandes récompenses diplomatiques dans un avenir proche suivant l'accord au Liban et les pourparlers indirectes de paix avec l'Israël.
 

oooooooooooo

Jean-Claude Trichet, président de la Banque Centrale Européenne, déclare au Yedioth Ahronoth qu'il croit que l'économie israélienne est la plus performante au monde aujourd'hui : « Je suis stupéfié par les performances de l'économie israélienne » dit-il en ajoutant  que le marché israélien est « en meilleure position pour récolter les fruits de la globalisation que quiconque et n’est pas affecté par la crise des « subprimes ».

Et pourquoi les palestiniens ont-ils suivi la voie du suicide national depuis le plan de partage de l’Onu de 1948 ? Pourquoi n’ont-ils "jamais raté une occasion de rater une occasion" ? Pourquoi, tout en recevant des aides de plus de 1.000 milliards de $ depuis 1948, n’ont-ils fait même pas ce que le Timor Oriental a fait depuis qu’il est devenu indépendant  ?

La vérité est que le monde civilisé se fait toujours des illusions au sujet d'un état de droit dans un environnement totalement dépourvu de droits. Ce qui prime dans la région c’est l’islam : une idéologie qui présuppose et réclame la suprématie par rapport à la culture occidentale. Il ne s’agit pas d’une religion de paix, elle est impitoyable. Les actes terroristes perpétrés par ses séides ou ceux qui se réclament d’elle sont légion et  témoignage de ce qui peut être…

Pourtant des terroristes on en trouve au Pérou, en Colombie, en Somalie, en Indonésie ou en Thaïlande ou même en Tchétchénie. Mais l’attention du monde est uniquement concentrée sur ce qui se passe au Moyen-Orient, certains ayant « compris » et d’autres ayant approuvé les assassins et/ou pirates de l'air palestiniens. Pas seulement parce qu’ils sont arrivés à perturber le mode de vie occidental. Surtout parce que ce monde occidental, gavé de théories « oppresseur/oppressé » et de la quête permanente de « l’apaisement » est prêt à n’importe quel compromis pour assurer sa quiétude, fût-il sur le dos d’Israël.

Le jour du jugement dernier, à part l’explication par l’islam, les gauches du monde entier et, sans doute B. Kouchner aussi, auront à donner des comptes.

Jusque-là … regardez B. Kouchner dire le droit et avertir le monde, enfin, à ceux qui l’écoutent encore. 

                                   

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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 06:51

 

 Texte publié par Liberty Vox le 23.05.08

La France, sa politique étrangère et son ministre.

En juillet 2007, les journaux nous apprenaient que Bernard Kouchner était à Beyrouth où il rencontrait «tous ses amis» y compris (selon les dépêches d’agence) les chefs (ou les représentants) du Hezbollah. Non content d’avoir accordé, sans aucune contrepartie, une sorte de légitimité internationale au Hezbollah en l’invitant auparavant à Paris, voilà qu’il oubliait le passé en courant, d’après cette organisation terroriste, pour l’amadouer et pour la faire entrer dans le jeu politique (Ô combien compliqué…) du Liban. La France devait parler à tout le monde, disait-il à l’époque. On connaît la suite : deux émissaires du plus haut rang possible (Claude Guéant, Secrétaire Général de l’Elysée et Jean-Paul Levitte, conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy) vont à Damas pour obtenir de Bachar El Assad qu’il laisse le Liban se doter d’un président. 18 reports de l’élection plus tard, neuf mois en tout, rien n’a été obtenu. Si, une épreuve de force imposée par le Hezbollah il y a deux semaines qui, retournant les armes « de la résistance contre Israël » vers les supporters du gouvernement Siniora, a conduit à plus d’une centaine de morts et au maintien du statu quo. La France (et avec elle l’Europe) s’accommodent de la prise du contrôle de ce pays par l’Iran et la Syrie via leur supplétif sur place, le Hezbollah. Et on ajoute l’ignominie à l’irresponsabilité en saluant « l’accord de Qatar » : le Hezbollah garde ses armes (vous vous souvenez de la résolution 1701 proposée et soutenue par la France en 2006 et qui prévoyait le contraire), il obtient le contrôle de l’aéroport et du port de Beyrouth (tout ce qui lui viendra d’Iran et d’ailleurs ne soulèvera aucune objection, de personne), et continuera  à être libre de ses mouvements jusqu’à la frontière Nord d’Israël, en dépit des 10.000 casques bleus de l’Unfil parmi lesquels 2.000 français qui, comme les autres, se la coulent douce sans rien entendre, rien dire et rien voir (comme les trois singes africains) et passent les week-ends à Naharia, en Israël. Requiem pour un pays …

Mai 2008, Le Figaro nous apprend (et Bernard Kouchner le confirme) que la France est entrée en contact avec le Hamas et qu’un ancien ambassadeur en Irak (du temps de Saddam Hussein) est allé à Gaza pour rencontrer Mahmoud Zahar, fondateur du Hamas et Ismaël Hanieh, «premier ministre» du gouvernement qui, par un coup de force, a privé l’Autorité Palestinienne de la moitié des territoires concédés par les accords d’Oslo. Après des combats faisant moult morts et qui ont démontré la fraternité du Hamas et du Fatah quand les «militants» de ce dernier étaient criblés de balles par ceux du Hamas. En confirmant la chose sur Europe 1, Bernard Kouchner dit La France doit parler à tout le monde. Et l’ambassadeur en question d’affirmer que «ses interlocuteurs l’ont assuré qu'ils étaient prêts à accepter un Etat palestinien dans les frontières de 1967, ce qui équivaut à une reconnaissance indirecte d'Israël". En oubliant de lui dire que dès qu’un tel état verra le jour, la lutte pour la destruction d’Israël continuera, sur de nouvelles bases… Car relisons la déclaration du même Mahmoud Zahar au Wall Street Journal (17.04.08) : Un «processus de paix» avec les Palestiniens ne peut s’engager, même pas par une première mesure minuscule, jusqu'à ce qu’Israël se retire d'abord aux frontières de 1967 ; démantèle tous les villages crées depuis ; retire tous ses soldats de Gaza et de Cisjordanie ; rend nulle son annexion illégale de Jérusalem ; libère tous les détenus et arrête le blocus de nos frontières internationales, de notre littoral et de notre espace aérien de manière permanente. Ceci fournirait le point de départ pour des négociations justes et constituerait la base pour le retour des millions de réfugiés ; étant donné ce que nous avons perdu, c'est le seul moyen par lequel nous pouvons commencer à récupérer le tout de nouveau». A récupérer le tout, c’est-à-dire la Palestine avant le partage par l’ONU en 1948.  C’et vrai, parmi les missions des ambassadeurs, il y a la désinformation, l’émissaire de Bernard Kouchner n’a pas failli à son devoir.

Mai 2008, Bernard Kouchner s’émeut de ce qui se passe en Birmanie où la junte militaire interdit l’aide humanitaire à plus d’un million d’êtres. Il a sans doute oublié qu’en 2003, Me Souliez-Larrivière et Me Jean Veil ont confié à BK Conseil une mission d’enquête au Myanmar (Brimanie) auprès de la société Total chargée de la construction et de l’exploitation d’un gazoduc … Il avait oublié aussi de noter dans son rapport que les deux avocats défendaient les intérêts de Total. D’ici à croire, qu’en réalité, il avait accepté une mission payée par Total pour justifier du haut de son statut de parangon «droithommiste» l’investissement de cette société en Birmanie, il y un pas qu’il ne faudrait pas franchir. Et pour faire bonne mesure, une fois qu’il avait dédouané Total («elle devrait, selon notre analyse et malgré ses traditions de neutralité, s’engager avec précaution dans cette voie, d’autant que, premier investisseur du pays, elle ne risquerait dans l’affaire qu’un très positif changement d’image» - il s’agissait de s’engager dans la voie de la collaboration avec la junte militaire …) il écrivait …«Pourquoi les militants s'acharnent-ils plus facilement contre le Myanmar que contre la Chine qui pratique à grande échelle le travail des enfants? Par facilité. Les Généraux birmans apparaissent plus dérisoires que les autres, et leur capacité de communication est inexistante. La tâche est donc plus aisée, la pression entraîne peu de risques... S'en prendre à la Chine au Tibet, par exemple, au Parti Communiste résiduel au Viêt-Nam et même à l'odieux régime de Corée du Nord comporte plus d'aléas». Nous sommes rassurés, cinq ans après Bernard Kouchner critique la junte militaire birmane mais ne s’en prend plus à la Chine. Gageons qu’il sera présent à Pékin pour les Jeux Olympiques.

Ce dont il est question quand on lit les trois paragraphes précédents ne se résume pas aux contorsions idéologiques d’un Bernard Kouchner, fut-il ministre des affaires étrangères de la France. Il s’agit de la France et de ce qu’André Dufour vient d’écrire : «A quoi bon alors commémorer le 8 mais 1945 qui scelle la défaite du plus abject des régimes totalitaires, si nous restons passifs devant la montée des nouveaux périls, si nos diplomates traitent dans les coulisses avec ceux qu’il faudrait commencer par anéantir avant qu’ils ne soient eux-mêmes en mesure de nous anéantir». http://www.libertyvox.com/article.php?id=322

La France vient de sceller le sort du Liban. Elle l’a abandonné à un des pires régimes totalitaires d’aujourd’hui, le régime des mollahs iraniens. Comme elle l’a fait pour la Pologne, abandonnée aux Allemands et aux Russes en 1939. Comme les démocraties occidentales ont abandonné la Tchécoslovaquie à Hitler. En «parlant» au Hamas elle est en train d’abandonner l’Autorité Palestinienne et d’accepter la mainmise de l’Iran par Hamas interposé à Gaza. La France qui se prépare à prendre la présidence de l’Union Européenne et qui veut, par-dessus tout, créer une «Union de la Méditerranée» est en train de préparer le terrain de la conquête d’une partie de la rive Sud par les pires ennemis des démocraties occidentales. Par delà les fortes tendances pro-arabes du Quai d’Orsay, par delà le fond antisémite qui y perdure, en dépit des intérêts stratégiques de notre pays, on est en train de paver la voie à la consolidation d’Eurabia (Bat Ye’or) de ce côté-ci de la Méditerranée. Pourquoi ?

Le Professeur Paul Eidelberg (entre autres publications, Discourse on Statesmanship, Demophrenia, etc.) a proposé comme explication la théorie de la «demophrénie». Puisqu’en démocratie on professe que tout et toussont égaux, tandis que les choses et les gens ne sont pas égaux entre eux, celui qui croit dans l'égalité de tout et de tous développe une forme de folie ou de dédoublement de l’esprit qu'Eidelberg appelle demophrénie. Les individus savent que les choses et les gens ne sont pas égaux, tout en se disant qu'ils le sont. Eidelberg observe que des taux élevés de cette forme de schizophrénie sont présents dans les pays démocratiques.

Cette forme de schizophrénie se retrouve dans les deux approches du monde musulman (mais aussi du monde des dictatures d’idéologies différentes). L’approche «américaine» : instaurer la démocratie dans les pays musulmans. L’approche «européenne» : apaiser les conflits avec le monde musulman (ou tolérer les dictatures) en escomptant son changement profond. Mais la démocratie ne peut être établie dans un pays véritablement islamique, si la «démocratie» signifie davantage que le seul acte du vote, par exemple, la présence des contre-pouvoirs et la protection des droits des minorités. Si la démocratie veut dire uniquement le vote, sans liberté de parole pour tous, le vote ne peut conduire dans ces pays qu’à promouvoir la charia, dès la mise en place d’une nouvelle direction. Exemples : le danger du FIS en Algérie (que l’on a privé de victoire pour qu’il n’arrive pas à imposer la charia) ou le Hamas à Gaza qui transforme le territoire en «état» islamique (dernier acte : une bombe qui fait sauter un café Internet il y a quelques jours). Les Etats-Unis se sont félicités quand le peuple irakien a procédé en 2005 à des élections auxquelles une majorité a participé. Trois ans après on trouve tout en Irak sauf la démocratie… Quant à l’approche «européenne», il faudrait pour qu’elle soit justifiée que l’islam soit réformable. Imaginer des pays musulmans non gouvernés par la charia, non violents, respectant les choix individuels et la liberté de parole, ce ne sont que des vœux pieux car ceci voudrait dire qu’ils ne seraient plus musulmans. Et pour enfoncer un clou qui manque, il faut se souvenir du dogme de la «fermeture des 1000 portes» datant du 11ème siècle et qu’aucun docteur de l’islam n’a le droit de transgresser (Bat Ye'or, «L'Union européenne: entre Dhimmitude et Eurabia»). Pourtant, l’approche européenne fait des émules : le candidat Barak Obama qui recommande « le Hezbollah et le Hamas, tous les deux doivent être obligés de comprendre que la violence leur fait descendre une rue aveugle qui affaiblit leurs revendications légitimes » Quèsaco ? Les deux clament, clairement comme objectif final la destruction d’Israël … est-ce cela une revendication légitime ?

Mais les deux approches ont, pour ceux qui conduisent les affaires du monde, un dénominateur commun : «ce n’est pas l’islam qui est en cause mais les extrémistes (ou les «radicaux»)». Soit. Encore que, récemment, une enquête d’opinion (Gallup) faite dans 27 pays musulmans, tout en indiquant que 93% des sondés sont plutôt modérés, trouvait que 7% approuvent le 11 septembre 2001 et sont proches des «islamistes». Ce qui fait, quand même, un réservoir d’environ 100 millions de personnes disposées à promouvoir par la force la charia en vue d’aboutir au califat qui gouvernera le monde. Ces «minoritaires» agissants ne se proposent pas de «prendre le pouvoir» mais simplement de paralyser les pays où ils agissent en empêchant tout progrès vers la démocratie. Ou là où elle existe (Europe), en la vidant de son sens, en ne laissant in fine en place que le vote. Exemples : les caricatures danoises, les assassinats aux Pays-Bas, l’intolérance islamique au Nord de la France pour ne retenir que quelques uns.

La démocratie au Proche-Orient ? Dans les pays du Golfe ? En Iran ? Un des pères fondateurs des Etats-Unis, Thomas Jefferson, écrivait «La démocratie ne peut exister quand vous prenez à ceux qui sont disposés à travailler et vous donnez à ceux qui ne le sont pas. Elle requiert un système équilibré et fiable, qui exige la liberté de la parole, de vrais contre-pouvoirs face aux gouvernants et l’égalité devant la loi». Aucun de ces ingrédients n'est présent dans les pays musulmans car incompatibles avec la charia et ce qui est désespérant c’est qu’ils commencent à s’estomper dans les «pays des Lumières».

Dès lors, aucune concession de la part de l’Occident, aucun espoir de pouvoir arriver à une «paix mondiale», aucune réfutation du «choc des civilisations» n’apporteront autre chose que des désillusions. Comme la paix de Chamberlain et de Daladier n’a apporté que la guerre en 1939. Mais au moins, à ce moment-là, volens-nolens, les peuples (surtout les Anglais et les Américains) ont compris qu’il s’agissait de la sauvegarde d’une certaine idée de l’homme et de l’humanité. Tandis que maintenant … André Dufour a raison de nous rappeler qu’il ne faut pas rester passifs devant ceux qui préparent notre destruction, ou celle d’un pays qui se trouve en première ligne du front établi par les islamistes, Israël.

Comment peut-on ne pas comprendre que quand l’Europe (et une autre grande partie de la «communauté internationale») envoie des milliards d’euros aux palestiniens de Gaza, elle renforce le pouvoir du Hamas. L’aide est en permanence détournée pour payer «les militants» et acheter des armes. Et si l’on dit que l’on paye des instituteurs… il s’agit des mêmes qui apprennent aux enfants que leur devoir suprême est de devenir «shahid» en se faisant exploser pour tuer le plus grand nombre de juifs, ou de chanter dans des manifestations «spontanées» «toute la Palestine est nôtre».

Qu’importe, Bernard Kouchner, de passage récemment à Bethlehem, a demandé à Israël de faire des concessions. Et encore ces jours-ci, naturellement à Ramallah, il réclame l’arrêt du blocus de Gaza et le démantèlement des points-barrage de contrôle en Cisjordanie. En soulignant qu’il était normal pour Israël, vu son haut niveau moral, de le faire. Quitte à aller vers son suicide… car on ne voit pas pourquoi le Hamas et tutti quanti arrêteraient leurs tirs de fusées. Sauf de croire que l’on pourrait les apaiser …  Et il n’est pas seul, c’est la demande de la “communauté internationale“ dans son ensemble, celle qui a bombardé la Serbie pour l’affaire du Kossovo, la Russie qui a détruit des   immeubles à  Grozny avec leurs habitants dedans, la France du Rwanda, les pays arabes ou la Chine qui laissent le Soudan tuer des centaines de milliers de noirs chrétiens ou animistes, etc.  

Pendant sa campagne pour les élections présidentielles, Nicolas Sarkozy s’engageait à procéder à une rupture dans la politique étrangère de la France. Il s’agissait de rompre avec les dictatures africaines de tout poil. Mais on a sacrifié rapidement Jean-Marie Bockel quand notre ami de longue date, Omar Bongo, l’a demandé, sous peine de conséquences sérieuses pour Total et Areva. Il s’agissait de ne pas «serrer le pogne» de Monsieur Poutine qui avait du sang sur ses mains. Et on l’a vu, hilare et joyeux (certains affirmant qu’il avait trop bu) à Moscou à côté de Monsieur Poutine et épouser ensuite la position russe d’opposition à l’entrée de l’Ukraine et de la Géorgie dans l’OTAN. Il s’agissait de s’opposer à l’Iran («la bombe ou le bombardement», formule reprise par notre ministre des affaires étrangères aussi mais oubliée depuis … ) et à ses velléités hégémoniques au Proche-Orient. Mais on s’est accommodé de la politique de «sanctions» qui ne touche pas les intérêts majeurs de ce pays où Total a une position forte dans l’exploitation du pétrole et, bientôt, des réserves gazifières. Et parmi nos amis actuels, il y a le Colonel Kadhafi et l’épigone de Fidel, Chavez (Interpol vient de confirmer que les documents trouvés dans un ordinateur des FARC sont non trafiqués : ils établissent, entre autre, la collusion de Chavez avec les terroristes colombiens). Chavez pour lequel Bernard Kouchner est allé à Caracas pour lui donner l’accolade …

En juin notre président effectuera une visite officielle en Israël où, la main sur le cœur, il dira que ce pays n’a jamais eu de meilleur ami que la France, comptable de la sécurité d’Israël. Et, à son tour, il demandera qu’Israël fasse des concessions pour aboutir à la création d’un état palestinien. Sans qu’il s'aperçoive qu’il y a comme une contradiction entre les deux affirmations.

La politique étrangère de la France est égale à ce qu’elle était : le rapprochement avec les dictateurs, la tolérance vers tous ceux qui s’opposent aux Etats-Unis (voir les FARC en Colombie), bref, l’opposition à tout ce qui pourrait nous faire avancer vers un monde meilleur ou sauvegarder nos acquis actuels. Sauf si l’on considère qu’il n’y a plus rien à faire et que, bientôt, nous vivrons tous sous la charia … Alléluia !

© Martin Birnbaum pour LibertyVox

 

 

 

 

 

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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 09:48

J’ai lancé un déluge qui exclut l’éventualité d’une arche…

B. Erofeev, « Mon Lénine de poche »

 

Tout se mélange. Dernière préoccupation à la mode, dernière alerte du microcosme de gôche, la famine qui s’annonce, inéluctable, car les prix des denrées alimentaires sont en train de flamber. Et les émeutes dans les pays sous-développés, pays aidés à survivre, sans contrepartie aucune, depuis toujours par les « pays riches » ne font que commencer. On a trouvé les deux grandes causes, l’utilisation de terres arables pour fabriquer des biocarburants et, naturellement, la spéculation financière.

 

Un exemple qui semblerait ne rien avoir avec : je vole vers l’Afrique du Sud, à mon premier voyage en 1972 il y avait une population totale de 23 millions d’habitants (pour l’essentiel 4 millions de blancs et 19 millions de noirs) aujourd’hui il en a plus de 48 millions dont 3 millions de blancs et 45 millions de noirs. L’espérance de vie à la naissance était dans les années soixante de 53 ans, elle était en 2000 de 47 ans. Pays dont les dirigeants (N. Mandela en particulier) sont universellement vénérés mais où la ministre de la santé prodigue aux malades du sida comme traitement de consommer des légumes, notamment de l’ail. Dans quelques années ce pays, déjà importateur de denrées alimentaires, croissance débridée de la population aidant, se trouvera dans la situation du Zimbabwe : anciennement grenier de l’Afrique subéquatoriale, en trente années d’une dictature sanguinaire, ayant fait fuir après les avoir spoliés plus de 200.000 fermiers blancs, il vit maintenant de l’aide humanitaire …[1]

 

Et personne ne veut se souvenir de Malthus qui, déjà vers la fin du 19ème siècle, annonçait ce qui allait arriver en expliquant que les ressources de la planète ne peuvent croître que selon une progression arithmétique tandis que la population, elle, croit selon une progression géométrique. Et Malthus ne soupçonnait pas les avancées scientifiques qui ont éradiqués des maladies endémiques qui toutes constituaient des facteurs de correction qui atténuaient la croissance naturelle des populations. Serait-ce inscrit dans le Grand Livre qu’il s’agirait d’une fatalité ?

 

Non, pour l’essentiel, il s’agit de la chape de plomb tirée par l’intelligentsia de gauche, libérale (dans le sens américain) et quelques états croupions -dictatures pétrolières pour la plupart- sur ce qui pourrait constituer les moteurs de la progression de l’humanité : économie de marché et avancées scientifiques. Il suffit de regarder la caricature du débat sur les OGM dans notre pays pour comprendre vers quel abîme nous sommes tirés par les moustachus « démonteurs de Mac Donald’s » et les « faucheurs volontaires d’OGM ».

 

Un autre événement, probablement la plus grande invention humaine des cent dernières années, nous donne la possibilité de voir qu’il ne s’agit pas de fatalités. Vous l’avez déjà compris, il s’agit de la renaissance d’Israël, dont la soixantième anniversaire sera l’événement marquant du mois de mai qui vient. Sauf si …

 

Carlo de Benedetti avait dit un jour « vous creusez dans les pays arabes du Proche Orient, vous trouvez du pétrole ; vous creusez en Israël vous trouvez de l’intelligence »

 

Le partage par l’ONU de l’ancien territoire de l’empire ottoman pour créer un Etat Juif et un Etat Arabe (les gauches du monde et les islamo-fascistes n’avaient pas encore créé « le peuple palestinien ») a affecté à Israël des terres soient marécageuses soit se trouvant dans un désert non cultivable. Soixante ans après, ce pays de 6,5 Millions d’habitants est entièrement auto-suffisant pour toutes les denrées alimentaires et se trouve parmi les grands exportateurs de fruits et légumes, fleurs et plantes vertes ou aliments conditionnés.

 

Deux exemples, certes, un peu exotiques mais qui illustrent le sujet. Le premier : Israël est le seul pays au monde qui est entré dans le 21ème  siècle avec un solde net positif pour son nombre d'arbres.  Fait d’autant plus remarquable que ceci a été obtenu sur des territoires principalement désertiques. Le deuxième : les palmiers dattiers existent depuis des siècles au Moyen Orient. L'arbre moyen est d’une hauteur d’environ 5 à 6 mètres et produit environ 19 kg de dates annuellement. Les dattiers israéliens, modifiés génétiquement, produisent environ 200 kg de dattes annuellement et … sont d’une hauteur minime pour que les récoltes soient faites pratiquement à hauteur d’homme.

 

Mais ce pays dont la population ne représente qu’un pour mille de celle du monde, en parallèle avec son agriculture fantastique épaulée par des avancées scientifiques (dont les OGM …) peut éblouir le monde par ses autres contributions. Trois exemples encore.

 

Le téléphone portable a été développé par la filiale israélienne de Motorola. Les processeurs Pentium 4 d’Intel et la technologie Centrino (wifi) ont été entièrement conçus et développés en Israël. Faudrait peut-être le dire à tous ceux qui utilisent des téléphones et ordinateurs portables pour vilipender ce pays... Surtout s’ils utilisent encore Windows XP dont la plus grande partie a été, elle aussi, développée en Israël.

 

Ce pays, affiche un  produit national brut qui dépasse les 100 milliards d’euros : plus que tous les pays voisins réunis. Parmi les explications, le ratio le plus grand au monde de diplômés universitaires par rapport à la population. Qui obtiennent leurs diplômes en passant par les fourches Caudines d’une sélection impitoyable. Mais peut-on envisager une économie de marché, synonyme de concurrence, sans sélection ? Si, on peut, chez nous, où il y a 2,5 Millions d’étudiants (250.000 avant la première réforme de l’université faite par Edgar Faure, « sélection » étant un mot obscène). Et où ceux qui ont contribué à mettre en place un système absurde constituent aujourd’hui un groupe (lobby …) social qui empêche toute réforme d’un enseignement qui conduit le pays à la ruine. Chez nous, où les coryphées des sciences naturelles genre José Bové et alea empêchent que des recherches scientifiques puissent se dérouler sans la peur des « faucheurs volontaires ». On continuera comme cela et on se retrouvera vite derrière Israël qui, aujourd’hui produit plus de publications scientifiques per capita que n’importe quelle autre nation au monde (en 2007, 109 publications par 10.000 personnes). Entre 1988 et 2006 son PNB/capita a cru de 9.000 à 26.000 $ (tout en absorbant un million d’immigrés) et c’est ainsi que ce pays a dépassé depuis 2006 l’Angleterre sur ce plan … Et nous ? En 1988 le PNB/capita était en France supérieur de 20 % à celui d’Angleterre, aujourd’hui il est de 20% inférieur. Mais nous avons un modèle social jalousé par le monde entier : il suffit de dépenser, avoir 59 langues possibles au bac (sans compter le surf ou autres sports très honorables), vivre sur le dos de l’euro (sans lequel on aurait eu droit a plusieurs dévaluations …), et laisser nos dettes à nos descendants jusqu’à la septième génération fussent-ils mineurs ou incapables

 

Ah, oui, sans oublier que pendant ses soixante années d’existence Israël a dû faire face à 7 guerres et, depuis plusieurs années grâce à l’aide du monde entier et des frères arabes aux pauvres palestiniens et autres libanais, à plusieurs conflits asymétriques. Dans le cadre desquels on ne peut pas utiliser des chars d’assaut ou des avions contre des assassins suicidaires qui se font exploser dans des bus tuant indifféremment des êtres dont le seul pêché est d’être juifs. Cela rappelle des souvenirs mais par une inversion perverse on va vous dire que les victimes d’hier sont devenues les bourreaux d’aujourd’hui. En oubliant qu’en Irak des sunnites se font exploser dans des processions chiites et vice-versa … Tous musulmans.

Cette invention fantastique, la renaissance d’un peuple, d’une terre, d’une langue a de quoi laisser les gens rêveurs. Selon les classements de l’ONU, Israël se positionne aujourd’hui à la 21ème place pour ce qui est du “développement humain” et à la 11ème place pour ce qui est de la santé publique. Et pour la première fois depuis la deuxième diaspora (occupation et expulsion par Rome) la majorité du peuple juif vit en Israël. Mais des puissances voisines ou éloignées affichent des intentions implacables visant la disparition de cet état et, à fortiori, de son peuple. Le tout à l’encontre de la Charte de l’ONU mais … ce n’est pas l’Europe qui s’en émeut. Elle aussi elle a essayé, sans succès, par nazis et allemands interposés, de détruire ce peuple. Aujourd’hui elle laisse faire tandis que la Russie des anciens pogromes tzaristes ou des persécutions staliniennes met de l’huile sur le feu en s’opposant à tout ce qui pourrait arrêter la marche des mollahs iraniens vers la bombe. Mais la bombe, pour quoi faire ?

Il y a trente ans, en quittant la résidence de Neauphle-le-Château que la France de Giscard d’Estaing a mise à sa disposition, l’Ayatollah Khomeiny expliquait déjà que « tout un chacun qui croyait que le but de la révolution islamique était de réduire le coût des logements ou celui des melons était fou ». Et dès la nouvelle constitution de l’Iran on a mis sur son frontispice l’ardente obligation de détruire Israël. Alors … le clown actuel qui amuse depuis des années l’Europe avec des « négociations » concernant le nucléaire et qui annonce chaque semaine la fin (souhaitée et programmée) de « l’entité sioniste » ne fait pas preuve de beaucoup d’imagination. Ce qui est en revanche de plus en plus incompréhensible c’est l’acharnement avec lequel les gauches du monde entier accompagnent, in petto, la volonté de ceux qui non seulement veulent nuire à Israël mais veulent le voir disparaître. Certes, les professions de foi de tous les grands du monde libre disent le contraire. On sait qu’il ne faut pas les croire. Il n’y a qu’à regarder Eisenhower et Boulganine en 1956, De Gaulle et Johnson en 1967, Nixon et Brejnev en 1973 et depuis … jusqu’à ceux qui, comme Bernard Kouchner non content d’inviter le Hezbollah terroriste du Nord d’Israël à Paris, prône la discussion avec le Hamas, terroriste du Sud d’Israël.

D’un côté, le monde entier fait semblant de croire que « le palestiniens » veulent la paix et que la solution consiste dans «deux états pour deux peuples vivant en paix l’un à côté de l’autre». Cela à l’encontre des preuves évidentes qu’il n’y a pas de  palestinien musulman désireux de faire la paix. Demandez ce qu’ils pensent aux 90 % des chrétiens de Bethlehem qui ont été forcés de fuir la ville du Christ. Encore et toujours, sur tous les tons il faut marteler « les palestiniens ne veulent pas la paix ; ce qu’ils veulent ils le disent clairement et sans détour, ils veulent la destruction de l’Etat Juif ; et il ne faut pas lire entre les lignes pour comprendre cela, il ne faut même pas suivre les discours en arabe d’un Mahmoud Abbas ou des chefs du Hamas, il suffit de lire leurs discours en anglais » Lisez M. Zahar, fondateur du Hamas, ancien ministre des affaires étrangères du gouvernement « d’union nationale » qui déclare au Washington Post (le 17.04.08) :  Un « processus de paix » avec les Palestiniens ne peut s’engager même pas par une première mesure minuscule jusqu'à ce que Israël ne se retire d'abord aux frontières de 1967 ; démantèle tous les villages crées depuis ; retire tous ses soldats de Gaza et de Cisjordanie ; rend nulle son annexion illégale de Jérusalem ; libère tous les détenus ; et arrête le blocus de nos frontières internationales, de notre littoral et de notre espace aérien de manière permanente. Ceci fournirait le point de départ pour des négociations justes et constituerait la base pour le retour des millions de réfugiés ; étant donné ce que nous avons perdu, c'est le seul moyen par lequel nous pouvons commencer à récupérer le tout de nouveau » Le tout ? Vous l’avez compris, l’espace «du fleuve (Jourdain) à la mer » c’est-à-dire faire disparaître Israël.

Qu’importe, de la même manière de laquelle Chamberlain et Daladier voulaient convaincre Varsovie et Prague du désir de paix d’Hitler, de la même manière on s’évertue aujourd’hui à pousser Israël à se contracter comme une peau de chagrin. Pour qu’entourée d’états talibans (Gaza, après le désengagement), dictatures républicaines monarchiques (Syrie) ou dirigés par des « despotes éclairés »  en attendant l’arrivée des Frères Musulmans (Egypte), elle puisse disparaître un jour dans le silence, naturellement, réprobateur des héritiers des Lumières. Bon, realpolitik commande, le pétrole se négocie à 115$ le baril ce qui fait que les monarchies éclairées du Golfe -pour ne pas parler des meilleurs amis de la France, le Colonel Kadhafi ou le révolutionnaire Chavez- amassent des trillions de $ et achètent des participations dans les plus beaux fleurons des économies européennes. Il faut comprendre. Mais … pourquoi les gauches du monde entier sont-elle des adversaires jurés et résolus d’Israël ?

 

Tout d’abord le syndrome identifié par Bertrand Russel dans les années trente du dernier siècle : admettre la vertu supérieure de l’opprimé. C’est simple : qui est l’opprimé ? Le palestinien, donc …. Mais alors pourquoi pas la femme musulmane ? Pourquoi aucun mouvement de gauche, féministe ou pas, n’a jamais pris position au plan mondial contre la situation des femmes au 21ème siècle dans le monde musulman ?

Un dernier livre de Nick Cohen donne quelques pistes. Tout d’abord parce que l’on considère qu’Israël et les Etats-Unis c’est du pareil au même. Ensuite parce que les gauches mondiales, après la fin de la guerre froide, après la fin sans gloire de l’utopie socialiste, n’a plus trouvé des causes à sa mesure et a été obligée pour exister se rabattre sur toutes sortes de communautarismes culturels : homosexualité, cultures séparatistes noires ou féministes, le tout ne devant pas être critiqué même s’il s’agissait de la mutilation des femmes (Afrique), de la tyrannie religieuse (Iran et Soudan) ou d’assassins suicidaires (contribution palestinienne au bonheur de l’humanité). Ou de n’importe quelle autre forme de fascisme. Bref, les gauches non communistes sont devenues fascistes elles-mêmes. Et ont choisi comme point de ralliement ce qu’il y avait de plus porteur, la haine des Etats Unis. Quand en 1991, après avoir fait sortir l’Irak du Koweït l’Amérique  n’est pas allée jusqu’à Baghdâd, elle a été accusée de collusion avec le régime totalitaire de Saddam. Quand en 2003 elle l’a fait, elle a été accusée de donner libre frein à sa tentation impériale agrémentée de la faim de pétrole. Peu importe ce qu’elle fait, l’Amérique a tort. Et Israël aussi.

Des ennemis implacables, un monde « civilisé » qui n’a de cesse que de le voir disparaître, voilà un pays qui non seulement survit mais affiche une santé époustouflante capable de rendre malade tous ceux qui ne lui veulent pas du bien. Mais que peut-elle faire pour que ses voisins immédiats (les palestiniens) se transforment ? Rien. Transformer une société qui dans ses tréfonds approuve et supporte le terrorisme, une société où les mères sont « fières » de leurs enfants qui se font exploser pour tuer des juifs, en une société se construisant autour de valeurs positives c’est une tâche qui dépasse les possibilités d’Israël. Surtout pendant que les masses en question subissent l’influence islamiste et jihadiste, aidée militairement, financièrement et politiquement par les pays arabes, l’Iran et l’Occident.

Mais que ces gauches, aujourd’hui alliées à tout ce qui est réactionnaire, dictatorial, religieux (à condition qu’il s’agisse du Coran…) ne voient pas qu’Israël est poussée vers un dénouement apocalyptique c’est pour le moins curieux. Car, ne nous trompons pas, Israël ne peut pas « se permettre le luxe de vivre avec un Iran nucléaire » (déclaration de E. Olmert, l’année dernière pendant une conférence de presse à Moscou, à côté de M. Poutine).

Et comme les Etats-Unis semblent avoir renoncé à une option militaire, comme l’Europe est incapable d’obtenir quoi que ce soit des mollahs (en réalité il ne le veut pas : il suffit de voir les flux commerciaux et financiers entre l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et l’Autriche et l’Iran pour comprendre) que reste-t-il à Israël ? Faire ce qu’il faut elle-même. Un déluge qui exclut l’éventualité d’une arche … Tout cela après être sortis de l’Egypte il y a quelques milliers d’années.

La faim au monde ? Les OGM ? L’Iran et la bombe ? Joyeuses Pâques et Bonne Anniversaire, Israël !



[1] Battu aux élections d’il y a quatre semaines, Mugabe refuse de faire publier les résultats et en attendant, obtient de la Chine un bateau que les syndicats du port de Durban ont refusé de décharger car plein de 77 tonnes d’armes et munitions pour réprimer les révoltes qui s’annoncent. Des munitions chinoises car les ouvriers de l’usine locale n’étant payés depuis des lustres ont transformé la fabrique en producteur de cercueils …

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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 17:37

Texte publié par Liberty Vox le 13.04.08

Le texte d’André Dufour relatif au sous-préfet Guigue mérite, il me semble, une suite. En effet, André Dufour s’est donné la peine de supporter la lecture du dernier pamphlet de ce triste sire. Son dégoût transpire à chaque paragraphe quand il relate l’essentiel du texte publié par le torchon électronique stipendié par ceux qui promeuvent l’islamisme dans notre pays.


Eh bien, s’agissant de quelqu’un qui signe chacun de ses ignobles «papiers» : «Diplômé de l’Ecole Normale Supérieure et de l’ENA» et qui en vertu de tels diplômes nous regarde comme des fourmis analphabètes, il devrait avoir droit à plus d’une réaction dans LibertyVox.

 
Qui est Bruno Guigue ? Comme tant d’autres anciens de Normal’Sup il s’est nourri au lait marxiste d’un des papes de l’école, Louis Althusser. Vous vous souvenez ? Celui qui a assassiné sa femme dans son appartement à l’école, celui, pour lequel l’intelligentsia de l’époque a fait bloc pour qu’il ne soit pas condamné pour son acte. «L’acte épouvantable d’Althusser a évidemment plongé le monde intellectuel français dans la stupeur. Une mobilisation s’est organisée. Les experts ont déclaré Louis Althusser non-responsable et le non-lieu a été prononcé en février 1981, à l’issue d’une procédure d’une brièveté exemplaire. Althusser n’a donc pas comparu devant une cour d’assises» disait plus tard une émission de France Culture (19.07.05). Membre du Parti Communiste depuis 1948, s’évertuant à démontrer que la pensée de Karl Marx est une science, Althusser a inoculé dans le cerveau de centaines d’élèves les germes du marxisme sans s’occuper de ce que cette doctrine a eu comme résultats dans les pays où elle s’est installée surtout à la force des baïonnettes. Dans le cerveau de Bruno Guigue aussi.


C’est ainsi qu’en 1997 Bruno Guigue publie un livre sous le titre rhétorique «Faut-il brûler Lénine ?». Naturellement il regrette, comme le fera M. Poutine plus tard, la disparition du régime des soviets. Il ne peut ne pas s’empêcher de s’élever contre l’idée que la disparition du régime soviétique rejaillit sur son origine et vaut condamnation de l’idée communiste. Et il s’efforce de démontrer que de sa victoire impromptue (?!) sur le communisme, l’Occident tire une arrogance qui efface, à ses propres yeux, jusqu’au souvenir de ses propres imperfections. Le paysage est en place, les propos de l’acteur ne sont pas innocents, fonctionnaire payé par l’état pendant ses études et après, il ne peut faire autrement que cracher dans la soupe. Mais s’occuper de la disparition de l’URSS n’est pas à la hauteur de ses ambitions géopolitiques … et les causes anciennes comme le Vietnam se sont perdues dans les poubelles de l’histoire.


Mais … «Nous sommes de ce côté du monde où les morts s’entassent dans un inextricable charnier. C’est en Europe que ça se passe. C’est là qu’on brûle des Juifs, des millions. C’est là qu’on les pleure » (Margueritte Duras). Quoi de plus normal dès lors que d’apporter sa contribution à ce qui préoccupe la planète, le conflit israélo-arabe. Car d’un côté il y a les juifs et de l’autre les damnés de la terre selon Frantz Fanon. Et le voilà qu’il commet un premier opuscule «Aux Origines du Conflit Israélo-arabe» avec le sous-titre évocateur «L’invisible remords de l’Occident».


En survolant le sujet il n’hésite pas à travestir la réalité en affirmant que chaque avancée diplomatique s’est vue régulièrement annulée par un regain d'intransigeance de la part des dirigeants israéliens. Le refus patent, maintes fois répété par les pays arabes individuellement et collectivement, d’accepter l’existence d’un état juif en Palestine n’a pas l’air de le faire douter de sa conclusion péremptoire. Et il n’hésite pas à affirmer qu’avec l’Occident, l’Etat Hébreu entretient une relation singulière, tout se passant comme si Israël bénéficiait, en permanence, de la clause de la nation la plus favorisée. Sachant ce que l’on sait depuis la renaissance de l’Etat d’Israël, sachant qu’à chaque moment important de la vie de cet état, l’Europe (et les pays qui composent le continent) n’ont eu de hâte que de s’opposer à lui, le propos de Bruno Guigue dispute l’ignoble à l’ignorance. Tout en affirmant que «dans la conscience occidentale, Israël reste Israël mais il doit désormais son existence à l’influence du lobby juif américain plus qu’à son pouvoir d’enchantement». Il n’y a pourtant pas d’autre exemple de renaissance d’un état, ex nihilo, qui aurait régénéré une terre, un peuple et une civilisation. Mais pour Bruno Guigue l’essentiel -antienne antisémite éculée- Israël existe parce que lobby juif américain ! D’une pierre deux coups, lobby juif et américain, que demander de plus pour délégitimer l’Etat d’Israël ?

Et puisque l’on parle de l’Amérique, Bruno Guigue ne peut ne pas faire montre de son admiration pour ce qui s’est passé en septembre 2001 : «Dotée de moyens dérisoires, une poignée d’hommes, si déterminés qu’ils consentirent au sacrifice suprême, a infligé à l’Amérique une humiliation sans précédent (11.09.01) » (Israël-Palestine, La géopolitique du divin, nov. 2006). Pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, il faut ajouter «Quelque soit l’identité de ses commanditaires, il est clair que l’attaque terroriste est une conséquence directe de la crise qui sévit au Moyen-Orient et qu’elle est une réplique meurtrière à la politique des Etats-Unis dans la région : la complaisance américaine à l’égard de l’occupation israélienne …».


Bruno Guigue ne pouvait pas confiner son talent à l’écriture d’un seul bouquin sur le conflit qui fait les premières pages de toutes les gazettes de la planète. C’est vrai et c’est curieux, un pays qui représente un pour mille de la population mondiale, un parmi les presque 200 pays inscrits à l’ONU préoccupe un monde qui n’a pas d’autres sujets plus importants que de condamner les méfaits auxquels cet état soumet les pauvres palestiniens, branche constituante des 1,5 milliards de musulmans. Peut-être ceci explique cela, Bruno Guigue ne pouvait pas passer à côté d’une telle manne. Pour pourvoir enfin s’affirmer comme défenseur de la cause de ceux qui s’opposent aux juifs en général et à Israël en particulier il n’hésite pas à mentir pour étayer ses convictions.


Ainsi il affirme «La charte du Hamas, par exemple, offre une garantie islamique indéfectible au droit des Chrétiens et des Juifs à vivre en Palestine. Ce qu’elle récuse, c’est la prétention d’un «Etat juif» à y exercer une souveraineté absolue». Bruno Guigue ment : l’article 6 de la Charte reprend d’après le Coran, "Le jour du Jugement ne viendra pas tant que les Musulmans combattent les Juifs (tuent les Juifs) et tant que le Juif se cache derrière des pierres et des arbres. Les pierres et les arbres diront : "Oh ! Musulmans, Oh ! Abdullah, il y a un Juif derrière moi. Viens et tue-le".  Tandis que son article 13 martèle «Il n'y a pas de solution à la question palestinienne si ce n'est à travers le Jihad. Les initiatives, les propositions et les conférences internationales sont toutes une perte de temps et de vaines tentatives». Le Hamas n’a pas accepté (et déclare tous les jours de la semaine qu’il n’acceptera jamais) l’existence d’un Etat Juif. Et pour Bruno Guigue que serait un «état» sans «souveraineté absolue» ? Vouloir détruire l’Etat Juif, c’est ce que le Hamas démontre depuis 2006 quand il a pris le contrôle de Gaza pour en faire une nouvelle entité «talibane» avec l’aide des amis de Bruno Guigue, l’Iran entre autres.

Il ne fait pas économie de venin quand il éructe contre des anciens condisciples «le philosophe à gages BHL (ce qui ne saurait nous surprendre) comme l’expert patenté AA (qui nous avait habitués à beaucoup mieux) s’adonnent avec gourmandise à la construction de cette nouvelle fable géopolitique selon laquelle le responsable politique de cette nouvelle guerre israélo-arabe est l’Iran» (Il s’agit, sans doute, de Bernard-Henri Lévy et Alexandre Adler taxés dans d’autres textes d’être des «intellectuels organiques». Pas besoin de sortir de Normale pour comprendre qu’il veut dire … juifs !).


Pendant la guerre au Liban en 2006, entièrement provoquée par le Hezbollah instrumentalisé par l’Iran (dont le programme nucléaire militaire était déjà à l’ordre du jour du sommet du G8 qui se réunissait à Saint-Petersbourg), il a le culot d’écrire «Le philosophe dandy joue les réalistes, il adopte la posture du sage conscient de la cruauté du monde, justifiant au passage la barbarie infanticide israélienne». Vous avez bien lu, «la barbarie infanticide israélienne». Que deux ans après (voir le texte d’André Dufour) il récidive en qualifiant «Israël, seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles» ne devrait pas surprendre. Et il s’en prend aux «admirateurs occidentaux qui doivent certainement s’extasier sur les prouesses d’une armée capable de tuer aussi aisément des enfants avec des missiles. Ils doivent aussi se confondre d’admiration devant les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer durant le shabbat. Mais que la bande de Gaza soit transformée par Israël en Oradour-sur-Méditerranée ne heurte pas le sens moral des commentateurs occidentaux». Peut-on imaginer propos plus ignobles que ceux-ci ? Que sait-il ce sinistre clown de ce qui s’est passé à Oradour-sur-Glane ? S’il n’a pas vécu dans sa chair ou celle de sa famille ce haut fait, resté dans les annales de ce qui a été le pire exploit de la Division Das Reich se retirant du Sud-Ouest de la France, peut-être aurait-il pu regarder un livre d’histoire. Mais le sous-entendu est clair : Israël et les nazis c’est du kif au pareil.


Pendant la même guerre, Bruno Guigue ment effrontément en voulant transformer les soldats du Hezbollah en «militants ou activistes» : «Le Hezbollah, lui, est un parti politique minoritaire libanais qui dispose d’une milice dépourvue d’encadrement militaire et d’armement lourd». Les 4.000 fusées tirées par ces «militants» contre des objectifs civils israéliens n’ont pas eu l’air de convaincre Bruno Guigue qu’il s’agissait de tout autre chose que d’une échauffourée de gamins turbulents … Mais sincère, il regrette que «ces pétards mouillés n’ont heureusement fait qu’une dizaine de victimes civiles en Israël». Quand le chef au turban de ce «parti politique» annonce urbi et orbi que le Hezbollah dispose de plus de 50.000 fusées dont certaines peuvent atteindre n’importe quel point d’Israël, croit-on que cela puisse le faire changer d’opinion ?


Pour taper sur le même clou, il n’hésite pas à écrire concernant le seul état de la région où la peine de mort n’existe pas «S’il avait appliqué la peine de mort aux civils palestiniens avec davantage de discernement depuis soixante ans, il n’aurait pas suscité un tel rejet de la part de ses voisins proches ou éloignés».


Sauf qu’entre temps Bruno Guigue, toujours serviteur de l’Etat, est devenu sous-préfet de Saintes … Nommé en Conseil des Ministres sur proposition du Ministre de l’Intérieur, à qui peut-on faire croire que l’on ignorait les antécédents de ce sinistre personnage qui, maintenant, se présente (et est présenté par tout le lobby arabo-musulman de notre pays) en victime car il aurait «critiqué» Israël …


Pour des raisons qui lui sont propres, exposant d’une civilisation européenne dont le bouc-émissaire est Israël, Bruno Guigue n’a pas trouvé d’autre tribune que celle offerte par Oumma.com, organe stipendié par tous ceux qui se font de la lutte contre les valeurs de l’Occident un fond de commerce. Et la proximité d’un Tarik Ramadan dans le même site ne le gêne pas car, en réalité, les deux poursuivent le même combat contre la civilisation judéo-chrétienne en général et contre Israël en particulier. Les mollahs iraniens qui savent séparer le bon grain de l’ivraie, prennent fait et cause pour Bruno Guigue : limogé pour avoir rompu son devoir de réserve en signant un article anti-israélien et antisémite sur le site Oumma.com, il vient d’être promu héros de l’IRNA, la principale agence de presse du régime des mollahs ! Un long article lui est consacré sur le site de l’IRNA qui publie de larges extraits du texte qui lui est reproché. En guise de conclusion, l’auteur de l’IRNA fait sienne la réaction du site Oumma.com à la sanction qui frappe Bruno Guigue : «l’usage d’une saine critique ne peut s’exercer équitablement en France». Réveillez-vous bonne gens, l’Iran des mollahs tance la France pour la liberté des opinions !


Depuis son limogeage, on n’arrête pas de nous dire que l’essentiel n’est pas constitué par ses positions au regard du conflit israélo-arabe mais par le fait qu’il n’a pas respecté l’obligation de réserve qui s’impose à tout serviteur de l’Etat. Bruno Guigue était déjà serviteur de l’Etat à l’Ecole Normale Supérieure, comme il l’était à l’ENA. Ce que son limogeage met en exergue en réalité, ce sont les lignes de force de l’enseignement qui est prodigué aux serviteurs de l’Etat, enseignement qui par delà le mépris de l’autre et l’intégration d’un fond antisémite permanent, conduit notre pays à être le meilleur partenaire de toutes les dictatures du monde et des arabo-musulmanes en particulier, pourvu qu’elles s’opposent aux juifs et aux américains. Des exemples ? Allons …

© Martin Birnbaum pour LibertyVox

 

 

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5 avril 2008 6 05 /04 /avril /2008 13:17

Pour des raisons difficiles à cerner, mais qui se rattachent toujours à l’angélisme américain exacerbé par le souhait de l’Administration Bush de laisser sa marque dans la pacification et la «démocratisation» du Proche-Orient, le monde entier, et surtout l’Europe, assistent au forcing visant la création d’un état palestinien. A supposer que cela soit possible, après les quelques années nécessaires pour que cet état sorte de ses limbes, les Etats-Unis se trouveront devant un Iran nucléaire et une Europe asservie. Cassandre ?

L’Administration Reagan avait averti l’Europe qu’elle allait se trouver devant un chantage permanent de la part de la Russie si elle lui accordait la place de premier fournisseur pour ses approvisionnements en gaz et pétrole. «L’Histoire nous apprend que prendre nos désirs pour des réalités et rechercher naïvement la conciliation avec nos adversaires n’est que folie. Cette attitude reviendrait à trahir notre passé et à dilapider notre liberté» disait Ronald Reagan au cours de son discours sur «L’Empire du Mal» en 1983.

25 ans après, la Russie occupe la place de premier fournisseur de gaz de l’Europe avec un total qui représente le quart de ses besoins, mais plus de la moitié de ses importations. Les crises à répétition entre l’Ukraine et la Russie ont montré la capacité de chantage de cette nouvelle démocratie avec laquelle l’Europe s’est acoquinée. Encore que, ces crises sont de très courte durée. En effet, la capacité de la Russie de stocker le gaz qu’elle ne livre ne dépasse pas l’équivalent de trois/quatre jours de livraison normale. Mais ce à quoi l’Europe se prépare, ce sont des crises de longue durée à partir du moment où les principaux gazoducs l’alimentant ne passeront plus par l’Ukraine. Le pays en pointe pour arriver à ce premier asservissement, c’est l’Allemagne, dont 45 % des besoins sont fournis par la Russie, qui construit avec elle le «gazoduc de la dépendance» sous la houlette de Gazprom, bras séculier de la Russie pour la domination des marchés de l’énergie. Le président du conseil de surveillance de Gazprom n’est autre que l’ancien chancelier Gérard Schröder, l’ami de Monsieur Poutine… Il est utile de rappeler que l’excédent commercial de la Russie avec l’Europe dépassait en 2006, avant la flambée des prix des produits énergétiques, les 50 milliards d’euros !

Données 2005, selon J. Percebois, CREDEN - Montpellier

Mais si les besoins annuels en gaz de l’Europe étaient de  220 milliards de m3, ils seront de 530 milliards de  m3  en 2020 et, probablement, de plus de 650 milliards de m3 en 2030.

La boulimie énergétique de l’Europe, dont les besoins dans 20 ou 30 ans devront être couverts à plus de 70% par des importations, nonobstant la contribution du gaz brûlé à l’augmentation de l’effet de serre, impose au continent de se trouver de nouveaux fournisseurs. La Russie ne semble pas disposer des investissements nécessaires, pour maintenir sa part de marché actuelle, évalués par la Commission Européenne à 735 Milliards de $ d’ici 2030. Ceci sera le facteur limitant la contribution de la Russie aux besoins de l’Europe à moins de 30% du total en 2030. Mais entre temps, vu sa position de fournisseur préférentiel, la Russie obtient via Gazprom une rente financière à nulle autre pareille. En effet, avec le prix actuel du gaz à 230$/1.000m3, la rente de Gazprom est d’environ 168$/1.000m3 ! L’Europe a donné à la Russie, non seulement les clés de sa dépendance énergétique, mais aussi la possibilité de créer ex nihilo la première capitalisation mondiale pour une société. Il est instructif de regarder en parallèle l’évolution de Gazprom, en moins de cinq ans, par rapport au mastodonte Microsoft qui était la première capitalisation mondiale depuis de longues années :                  

 

Et voilà l’Europe, qui n’a pas fait sienne la prophétie de Ronald Reagan,  se lancer corps et âme dans une autre aventure beaucoup plus risquée. Curieusement, le pays précurseur est la Suisse, suivie de près par l’Italie.

La Suisse produit sur son territoire (nucléaire et hydraulique) environ 35% de ses besoins brutes d’énergie (Source : Office Fédéral d’Energie Suisse). Le gaz ne représente que moins de 10% et pourtant, ce pays vient d’annoncer la conclusion d’un contrat de 20 ans de fourniture de gaz par l’Iran, via un gazoduc qui n’existe pas encore mais pour  l’Italie est déjà en lice. Pourquoi diable la Suisse s’offre-t-elle à l’Iran ? L’Iran des mollahs, l’Iran dont plus de 25% de la population est analphabète, l’Iran dont le taux de chômage (car économie contrôlée par l’état) dépassait 30 % en 2003 et qui, selon l’indicateur du développement humain (IDH), est au 101ème rang mondial…  La raison majeure du contrat est constituée par la décision des mollahs de fournir le gaz à un prix dérisoire, de l’ordre de 10% du prix payé pour le gaz russe… Ce que l’Iran cherche, par delà le besoin d’exploiter ses réserves (deuxièmes plus importantes du monde), c’est de prendre pied sur le continent européen, en suivant à peu près la politique de la Russie et de Gazprom. Pour cela ils ont besoin d’un côté de têtes de pont et, d’un autre, d’un gazoduc pour livrer le gaz en plein centre de l’Europe.

Certes, acheter du gaz à des prix dérisoires est une bonne affaire pour un pays comme la Suisse qui est un des fournisseurs principaux de l’Iran pour des machines outils à double utilisation, civile et militaire. D’ici à voir son ministre des affaires étrangères, Madame Calmy-Rey, attifée d’un voile traditionnel pour signer le contrat avec un Mahmoud Ahmedinejad rigolard, cela peut paraître en deçà de la dignité d’un pays européen. Encore que …

Encore que, la Suisse est en très bonne compagnie. Deux pays la suivent (ou la précèdent), il s’agit de la France et de l’Italie.

Tout d’abord la France. Par son «champion» pétrole-gaz (Total) notre pays est l’un des premiers opérateurs en Iran. On sait (Iran Resist – 10.10.2007) que cette société produit environ 380.000 barils par jour, soit 16% de la production totale du pays. Nonobstant les rodomontades de notre président quant à sa décision de dissuader ceux qui voudraient investir en Iran (vu sa position sur la «bombe» iranienne), Total dispose maintenant d’un accord d’actionnaires avec la NIOC (National Iranian Oil Company) pour l’exploitation de South Pars 11 d’une capacité de 8 Millions de tonnes de gaz liquide au démarrage.

Ensuite l’Italie. Le régime des mollahs vient de passer un incroyable accord avec la compagnie gazière italienne Edison, à l’issue duquel cette compagnie s’est adjugée 147 milliards de mètres cubes de gaz pour un tarif presque nul. Edison a acheté 147 milliards de mètres cubes de gaz pour environ 30 millions d’euros, soit moins de 0,5$ les 1.000m3,  à comparer avec les 230$ du prix du gaz russe. De prime abord, l’affaire paraît déraisonnable et louche, mais les mollahs ont à y gagner plus qu’on ne le croit. Quant à la Suisse, elle réalise qu’elle a payé trop cher et que les mollahs l’ont utilisée pour montrer leur sérieux…

Et le patron d’ENI (champion italien de la collaboration pétrolière avec les mollahs) de dire  «l’Iran est l’Eldorado du marché mondial du gaz !» (Paolo Scaroni). Si l’on ajoute le gaz exploité par les Italiens à celui de Total, l’Iran est en train de devenir l’un des principaux fournisseurs de gaz de l’Europe. Un des problèmes à résoudre, la construction de gazoducs.

Deux projets sont prêts, les financements assurés, l’un va de l’Iran jusqu’en Ukraine pour disposer du réseau de distribution en Europe, le deuxième traverse la Turquie (point de passage obligé pour l'évacuation du pétrole et du gaz en provenance de l'Asie Centrale, la Mer Caspienne, l'Azerbaïdjan, le Turkménistan, l'Ouzbékistan, le Kazakhstan et l’Iran) et remonte l’Italie pour aboutir au centre de l’Europe.

Les financements ? Tout le monde se presse pour en tirer bénéfice. La chose se rapproche de la formule «prête-moi ta montre, je te dirai l’heure» mais, si Gazprom a réussi, pourquoi d’autres n’auraient-ils pas la même chance ?

 

Les compagnies européennes opérant en Iran espèrent remplacer le gaz russe par le gaz iranien et ce pour deux raisons : le gaz iranien est presque gratuit et, en réduisant la part de la Russie dans le marché européen, ces compagnies vont diminuer les bénéfices du Gazprom qui réalise 60% de son chiffre d’affaires en Europe. Les compagnies européennes cherchent donc à éliminer un concurrent qui s’est montré peu commode sur le marché mondial du pétrole et du gaz, car vecteur de la volonté russe de redevenir un des maîtres du monde. On pourrait remarquer que cela ressemble au mode opératoire du sapeur Camembert : il creuse un deuxième trou pour y mettre la terre extraite du premier. Ou aller de Scylla en Charybde …

Les mollahs sont disposés à vendre leur gaz «pour rien» (sauf des commissions occultes) car, entre autres, ce qu’ils obtiennent de l’Europe, c’est une sorte d’assurance de «non agression». En même temps ils deviennent grand acteur géopolitique de la scène internationale. Et comme l’Europe, en voie d’islamisation, figure parmi les premières cibles de conquête des mollahs, le jeu vaut la chandelle, d’autant plus que dès qu’il deviendra un fournisseur important de l’Europe, celle-ci perdra tout moyen de faire pression sur lui. De plus, dans la même perspective, l’Europe ne pourra qu’accentuer sa pression sur les Etats-Unis ou sur Israël pour qu’ils n’envisagent même pas d’arrêter la marche de l’Iran vers la bombe. Quant aux pays arabes, pendant presque 50 années, leurs soucis au sujet d'un Proche-Orient nucléaire, ont porté sur Israël. Ils acceptaient mal qu'Israël soit la seule puissance de la région créditée d’une capacité nucléaire, qui plus est, avec l’assentiment tacite des Etats-Unis.  Mais ils savaient parfaitement qu’Israël, qui n’a jamais explicitement reconnu avoir des armes nucléaires, ne les utiliserait qu’en dernier recours. C'est pourquoi l'Egypte et la Syrie ont  attaqué Israël, sans grand risque, pendant la guerre de Yom Kippour  en octobre 1973. Aujourd'hui le jeu nucléaire dans la région a changé. Quand le secrétaire général de la ligue arabe, Amr Moussa, réclame «un Moyen-Orient exempt d’armes nucléaires», ce n’est pas tant Israël qui est principalement visé, mais l’Iran, car ils savent que ce dernier pourrait réellement utiliser les armes nucléaires s'il les obtient. Et, dès lors, une attaque nucléaire sur l'Israël engloutirait la région entière. De plus ils sont shiites tandis que tous les pays arabes sont peuplés majoritairement de sunnites …

Devenir un acteur géopolitique de premier plan constitue non seulement une ambition pour les mollahs, mais devient une réalité en ce moment même. La presse (sauf celle de France, toujours bien intentionnée à l’égard de ce pays et toujours «pour ce qui est contre et contre ce qui est pour») nous apprend que la tragédie affreuse du Darfour et l’aide de Khartoum aux rebelles du Tchad ont finalement convaincu les fournisseurs d'armes (la Russie, la Chine et la Libye) d’arrêter la fourniture de matériel militaire à l'armée du Soudan, forte de 120.000 hommes. Pékin, vu ce qui se passe au Tibet et la proximité des Jeux Olympiques, a besoin de se refaire une nouvelle virginité, la Russie ne fait plus confiance aux intégristes de Khartoum, islamistes de première main, et la Libye s’est vue contrer par la France pour le support qu’elle accorde aux rebelles voulant renverser le président du Tchad, Idriss Debby. Tout naturellement, entre frères de la même religion, on vient de signer le 8 mars des accords de collaboration militaire entre l’Iran et le Soudan. 

Pendant des années, Téhéran avait bâti des coopérations militaires avec Khartoum car son intérêt géopolitique est remarquable : une longue côte sur la Mer Rouge, une petite distance jusqu’au golfe Persique, un pays musulman disposant de frontières avec 8 pays d’Afrique (dont l’Egypte …), juste en face de l'Arabie Saoudite. Et si l’on ajoute les ressources pétrolières du Soudan et le Nil blanc, source d'eau essentielle pour l’Egypte, on voit qu’il s’agit d’un joyau stratégique qui vient tomber finalement dans l’escarcelle fondamentaliste de l'Iran. Dont les mollahs regardent avec confiance l’avenir car, ils auront la bombe, ils contrôleront une partie (en attendant mieux) des approvisionnements énergétiques de l’Europe et disposeront des têtes de ponts nécessaires et en Afrique et en Europe où l’islamisation continue en marche forcée.

Voilà que l’on prépare l’asservissement de l’Europe et que rien ne semble pouvoir s’y opposer : pour des raisons incompréhensibles l’Europe ne veut pas suivre la voie française (années 70) du nucléaire. Les intérêts particuliers des États membres et les affinités personnelles de leurs dirigeants, particulièrement Gerhard Schröder et Romano Prodi, avec Vladimir Poutine ont eu raison d’une hypothétique politique européenne de l’énergie. Le continent a préféré mettre sa tête, en alternance, soit sur le billot russe soit sur l’iranien. Et ce qui est curieux, c’est qu’il se lance avec enthousiasme vers le deuxième, sans vouloir observer, au moins, que la différence fondamentale entre l’un et l’autre, est la différence entre des individus dotés de rationalité et d’autres dont l’appartenance à une religion fossilisée ne les pourvoit que très modestement.

Et pendant ce temps, un spectre hante le monde – le Pape et George Bush, Tony Blair et Nicolas Sarkozy, l’Europe entière et trois quarts de la planète veulent, coûte que coûte, créer l’état palestinien. Pour que l’Iran ait une frontière, via Gaza, et avec l’Egypte et avec Israël. C’est le cadeau que le monde libre, héritier des Lumières, veut faire au juif des Etats, Israël, pour son soixantième anniversaire.

 

© Michel Poirier pour LibertyVox

 

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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 17:49

 

Vers l'Orient compliqué, je volais avec des idées simples

Charles de Gaulle (Mémoires de Guerre, 1940-42)

 

De Gaulle volait vers le Liban. Ce pays, dont la Syrie tient les clés, se trouve sans président depuis bientôt six mois, car les maîtres de Damas, par Hezbollah interposé, veulent disposer d’un droit de veto sur les décisions du gouvernement.


Créé sous domination française, dès 1920 le “Grand Liban” est constitué par un territoire originel et par l’annexion de zones peuplées majoritairement de musulmans sunnites (Beyrouth, par exemple). Le grand recensement de 1932 établit que 52% de la population est chrétienne, 39% musulmane, et 9% druze. En 1943, année de l’indépendance du pays, les dirigeants de chaque ethnie se rassemblent et décrètent que le Président de l’Etat sera chrétien, le Premier Ministre musulman sunnite, le chef du Parlement musulman chiite et le Ministre de la Défense druze. Et c’est ainsi que le pays va cahin-caha jusqu’à la guerre civile provoquée par les palestiniens d’Arafat et l’intervention de la Syrie consacrée par les accords de Taëf (1989).
Jusqu’en 2006 quand les 30.000 soldats syriens sont obligés de quitter le Liban ce qui, d’ailleurs, ne change en rien la mainmise de la Syrie sur ce pays dont elle n’a jamais reconnu l’indépendance.  Et pour se rappeler aux souvenirs des uns et des autres, l’on trucide de temps en temps un député ou un premier ministre ou un militaire de haut rang rapport à la nécessité de faire savoir qui commande. Tout en faisant semblant de coopérer avec l’Occident, en recevant des émissaires français qui ont rompu son isolement diplomatique, mais sans rien faire pour libérer le Liban : selon un vieux dicton  Damas aura encore une fois « mangé l’appât et pissé sur l’hameçon ».


A côté, Israël veut fêter ses soixante ans d’existence. Les grands de ce monde vont faire le pèlerinage de Jérusalem surtout pour montrer à l’Iran que le monde libre est solidaire de ce pays que tout et tous menacent. Le ballet a commencé avec Mme Merkel qui, larmes aux yeux presque, déclare à la Knesset. « Cette responsabilité historique vis-à-vis d’Israël fait partie de la politique fondamentale de mon pays. Cela signifie que pour moi, en tant que chancelier allemand, la sécurité de l'Israël n’est pas négociable » Sur ce, l’Allemagne continuera à être le premier fournisseur de l’Iran (souvent avec des produits à double usage, militaire et civil) et s’opposera sotto voce aux sanctions que d’autres « amis » d’Israël voudraient, avec l’avant dernière des énergies, lui appliquer. Enfin, certains, pas l’Italie, l’Espagne ou l’Autriche pour ne pas parler de la Russie et de la Chine. Le ministre des affaires étrangères de la Suisse, Micheline de Calmy-Rey, portant un foulard islamique traditionnel, a assisté à la cérémonie de signature à Téhéran d’un contrat de 20 Milliards d’euros « nécessaire pour diversifier les sources d'énergie de la Suisse et réduire sa dépendance à l'égard du gaz russe »
Suisse-Iran.jpg
Pendant ce temps, l’Iran avance à grands pas vers la bombe : L'Iran devrait avoir des armes nucléaires d'ici 2010, dit
le chef des renseignements militaires d’Israël. Cette évaluation a été faite devant la Commission des  affaires étrangères de la Knesset par le Général Amos Yadlin  le 26 février. Amos Yadlin, un des huit pilotes des F-16 qui ont détruit le réacteur Osirak en 1981.

Pour ne pas se faire oublier, après avoir engrangé des promesses pour 7,5 Milliards de $, M. Abbas va à Dakar pour parler à l’Organisation Islamique du « nettoyage ethnique pratiqué par Israël à Jérusalem ». Organisation qui choisit dans son Bureau, comme Vice-Président, « l’Etat de Palestine ». Etat de Palestine ? La communauté internationale n’avait pas remarqué qu’il existait déjà, elle qui s’évertue  à en créer un avant la fin de l’Administration Bush … Administration qui dispose maintenant de trois généraux sur place pour former les forces de sécurité la l’Autorité Palestinienne, entre autres. Les mêmes forces qui ont été « formées » à Gaza et qui se sont distinguées par leurs capacités au moment de la prise de pouvoir par les barbus du Hamas. Prise de pouvoir accompagnée de la récupération de tous les équipements et armements que les généraux américains ont mis à la disposition de
l’Autorité Palestinienne là-bas. Et qui maintenant servent les troupes du Hamas pour « résister » à l’agression israélienne … M. Abbas – écoutons-le dans ses discours : « NOUS CONTINUERONS DANS LE CHEMIN  DU DÉFUNT PRÉSIDENT  JUSQU'À CE QUE NOUS ACCOMPLISSIONS TOUS SES RÊVES » (AFP-11.11.05) dont celui de détruire Israël  … ; « dans une perspective historique il y a deux états : Israël et la Palestine. En Israël vivent des juifs et d’autres. Ceci nous sommes prêts à le reconnaître, rien d’autree », en voilà pour le caractère juif de l’Etat d’Israël … ; « nous devons unir le sang du hamas et celui du Fatah dans la lutte contre Israël comme nous l’avons fait au début de l’Intifada. Nous voulons une association politique
avec le Hamas » en voilà pour l’acceptation du but du Hamas, la destruction d’Israël  ; « ce qu’israël a fait à gaza dépasse le holocauste » en voilà pour le partenaire raisonnable pour les négociations de paix

 

L’Orient ? C’est compliqué …

 

Pas seulement compliqué. Dangereux. Un récent sondage Gallup fait parmi les musulmans du monde indique que 93% d’entre eux sont « modérés » et que seulement 7 % approuvent le11 septembre 2001 ou d’autres actions terroristes. Arithmétiquement, 7 % des 1,5 Milliard de musulmans fait quand même 100.000.000 d’êtres disponibles pour les armées du jihad de Al-Qaida, Hamas, Hezbollah et tutti quanti. Cela donne vraiment la chair de poule ! D’autant plus qu’il s’agit d’une sorte «illuminés intouchables » : les succès les rend sans peur. Le désespoir d’une vie misérable leur sert de combustible pour leur jihad équipés comme ils sont de carapaces constituées par leur foi fanatique. Convaincus qu’ils survivront aux autres (si ce n’est pas ici bas ce sera là haut …) et qu’un jour le monde sera musulman en totalité. Insensibles à tout argument rationnel (comment le seraient-ils ?) rien ne les arrête, armés comme ils sont d’une religion dont une des lois fondamentales est l’interdiction de tout changement. A partir du postulat de la Porte Fermée il est interdit aux docteurs de la Loi de modifier la jurisprudence datant du IVe siècle de l'Hégire, c'est à dire à peu près depuis mille ans. Depuis, la pensée religieuse et politique de l'Islam s'est fossilisée et l’incapacité de reconnaître la réalité comme le rejet des valeurs démocratiques des Lumières font que la seule sortie de l’impasse dans lequel ils se trouvent est la violence. Car seule la violence peut changer cette réalité qu'ils exècrent et la rendre conforme à l'idéal islamiste qui n’est autre que celui de soumettre l’humanité entière à la loi de la Charia.

 

Le drame des communautés chrétiennes du Proche et du Moyen Orient illustre mieux que toute autre chose ce dont il est question.

 

Populations-chr-tiennes.jpg

La comparaison des pourcentages des populations chrétiennes dans les pays du Proche Orient à des dates différentes n’a pas besoin de commentaires. En revanche, le cas de Bethlehem, ville chrétienne s’il en fût, mérite d’être mis en exergue : 85 % de sa population était chrétienne en 1993 juste avant que l’Autorité Palestinienne prenne la charge de la ville suite aux accords d’Oslo. Moins de 10 % aujourd’hui car l’islam n’est pas partageur. Heureusement, le bon docteur Kouchner en visite là-bas il y a deux semaines a lancé un appel aux touristes du monde entier pour venir dans la ville du Christ. Sans remarquer que ceux qui se réclamaient du Christ n’étaient plus là …

 

Ils n’étaient plus là car, par delà le différentiel des taux de croissance des populations musulmanes et chrétiennes, c’est l’exode de ces dernières qui contribue le plus à l’extinction du christianisme dans cette région du monde : 1,5 millions de libanais (sur une population totale du pays de 4,7 Millions)  ont quitté, de gré ou de force, leur pays. Exode qui est parallèle à celui des juifs des pays arabes, 1,0 million de personnes ayant quitté (ou fui …) les pays du Maghreb et du Machrek  pour s’installer en Israël, en Europe ou aux Etats-Unis.

 

L’extinction du christianisme au Proche Orient devrait être mise en parallèle avec l’accroissement des populations musulmanes en Europe. Malheureusement, il s’agit d’un tabou car dès que l’on envisage de traiter le sujet, les accusations « d’islamophobie » fusent et font taire ceux qui voudraient, au moins, savoir de quoi on parle. Politiquement incorrecte, donc on n’en parle plus.

 

Comme on ne parle pas du fait que dans le dernier pays musulman créé par la communauté internationale (le Kossovo) et qui est placé sous la double tutelle de l’OTAN et de l’ONU, plus de 150 églises et couvents ont été détruits depuis 1999. À Pristina, la capitale du nouvel état, l’église du Christ-Sauveur a été transformée en toilettes publiques. Exactement ce qui se faisait dans la vieille ville de Jérusalem pendant les 19 années de présence jordanienne.


En réalité, partout où il dispose du pouvoir, l’islam impose une pensée formatée, à la fois philosophique et théologique, qui promeut la soumission ou l’élimination de fait, puis de droit, du christianisme. Le processus est toujours le même et se fonde sur l’instauration d’un sentiment d’insécurité permanente qui, in fine, fait partir les chrétiens (d’après http://pointdebasculecanada.ca/spip.php

En 1922, la population juive représentait 11 % des habitants de la Palestine; en 1936, son nombre avait plus que doublé (28 %). Le peuplement juif prend de l'ampleur après 1945. En 1947, environ 700'000 juifs sont installés en Palestine. Même si certains ont procédé à des achats de terres, trois quarts d'entre eux sont citadins.

Depuis la Déclaration Balfour -on oublie qu’elle a précédé le découpage de l’empire ottoman par les deux puissances coloniales, la France et la Grande-Bretagne et qui par les accords Sykes-Picot on fait apparaître de nouveaux états, l’Irak, la Jordanie, le Liban et la Syrie- la nécessité du partage de la « Palestine » (gardée sous mandat britannique accordé par la Ligue des Nations) est devenue évidente. Des plans de partage ont commencé à se faire jour à partir de 1932 mais ils se sont tous heurté à l’opposition des nouveaux états arabes. Ce qui devait arriver, est arrivé, l’ONU a imposé un partage de la Palestine historique, partage qui donnait 56 % du territoire à un « Etat Juif » à créer et 44 % du territoire à un « Etat Arabe » à créer.  Soixante années après, l’Etat Arabe n’est toujours pas là (car les pays arabes ne l’ont jamais voulu) et soixante années après les mêmes pays refusent le caractère « juif » d’Israël quand ils ne proposent pas son éradication de la carte de la terre.

L’empire ottoman et son dépeçage

La Palestine en 1926 

Les armées de cinq pays arabes ont tenté d’envahir l’Etat d’Israël qui venait d’être créé, on connaît la suite : Israël obtenant des gains territoriaux (77 % du territoire) les pays arabes ont accepté les armistices imposés par l’ONU de peur de perdre tout … Et jusqu’à la guerre de six jours (1967) la Cisjordanie était annexée par la Jordanie tandis que l’Egypte occupait Gaza. Sans qu’aucun pays arabe crie à « l’occupation » ni propose la création de l’Etat Arabe (on ne connaissait pas, à l’époque, la dénomination « palestiniens » qui est devenue avec l’aide des gauches du  monde entier l’étendard d’un nouvel antisémitisme, politiquement correcte).

La création de l'Etat d'Israël et la conquête de nouveaux territoires est à l'origine du problème des « réfugiés palestiniens », qui ont fui (ou ont été expulsés) en grand nombre la domination israélienne pour trouver asile dans les pays voisins. En 1949, environ 700.000 Palestiniens ont quitté leur pays: 350.000 se sont installés en Transjordanie, 200.000 dans la bande de Gaza, entre 80 et 90.000 en Syrie et 70.000 au Liban. Ils sont aujourd’hui 4,5 millions, toujours dans les mêmes camps de réfugiés créés pour eux et toujours à la charge de la communauté internationale (UNRWA et autres organismes). Fer de lance du refus arabe d’accepter l’existence d’un état juif sur l’étendue de l’oumma au Proche Orient, utilisés par tous les adversaires d’Israël (et par certains de ses amis …) pour justifier le caractère « raciste » d’Israël car elle ne veut pas leur retour sur son territoire.                                                                                                                                                                    

Les lignes d’armistice de 1949 sont devenues -ce qu’elles n’étaient pas censées devenir- les frontières « définitives » de l’Etat d’Israël. Soit, mais quand on regarde les cartes on se rend compte que ceux qui prêchent (ou veulent imposer) la création d’un « Etat Palestinien disposant d’un territoire assuré de continuité » prêchent (ou veulent imposer) en réalité le démembrement d’Israël …

Alors … soixante années après Israël se trouve toujours en butte aux revendications de l’islam et de ses guerriers (Hamas, Hezbollah, Syrie, Iran, etc.,) mais qui, aujourd’hui disposent de fusées (au début « artisanales » mais ensuite de très perfectionnées puisées dans les arsenaux de la Russie et de la Chine) et, si le loisir leur est laissé, vont disposer (l’Iran) d’une arme nucléaire. Qui leur servira, peut-être au début contre Israël en attendant à être utilisée (réellement ou en tant qu’élément de chantage militaire) contre leurs voisins immédiats et contre … l’Europe.

Soixante années après sa création Israël verra défiler avant et pendant les cérémonies la fine fleur des dirigeants du monde libre. Tous, les mains sur le cœur pour promettre, comme Mme Merkel, comme N. Sarkozy, comme le frère américain, on en passe et des meilleurs, qu’ils seront toujours soucieux de la sécurité d’Israël. Mais de là jusqu’à arrêter le commerce avec l’Iran (1% du commerce de l’Union Européenne …) il y a un pas qu’il est difficile de franchir.

Le 22 mai 1799 Napoléon publie une proclamation par laquelle « il invite tous les juifs de l’Asie et de l’Afrique à se ranger sous sa bannière en vue de rétablir l’ancienne Jérusalem » et le 16 août 1800 il enfonce le clou pour dire « Si je gouvernais une nation juive, je rétablirais le temple de Salomon". Trente cinq ans plus tard, Lamartine écrivait « "Cette terre, réorganisée par une nouvelle nation juive, mise en valeur par des mains intelligentes, serait à nouveau la Terre promise de jadis, si la Providence la rendait à son peuple, et si le courant des événements mondiaux lui apportait la paix et la liberté."

 

La nation juive a reconstruit son état. Les arabes de Palestine n’en ont toujours pas le leur. Les occasions n’ont pas manqué mais ils se sont rattachés au mot de Samuel Beckett « échouez, échouez, échouez encore mieux ». Pourtant, ce sont les gens les plus évolués des 350 millions de musulmans qui occupent l’espace allant de l’Atlantique jusqu’aux confins du sous-continent indien. Que leur a-t-il manqué pour être comme Israël est ? Israël, dont la population représente un pour mille de la population mondiale mais qui est une puissance mondialement reconnue pour son agriculture, sa haute technologie, son économie libre car marchande et pour le haut niveau de ses activités intellectuelles et artistiques. Et militaires, même si les conflits que l’on lui impose sont, depuis quelque temps, asymétriques : quand des gens se réclamant d’une religion totalitaire se font exploser dans des autobus ou dans des restaurants, il est difficile de les combattre avec des chars d’assaut. Une seule chose a manqué aux palestiniens et manque encore à leurs « frères » musulmans : échapper à l’emprise de l’islam. Modéré, extrémiste, « de France » ou ripoliné et reconditionné pour être vendu comme « la religion des pauvres et des humiliés » tant qu’il ne renoncera pas à sa volonté de conquérir le monde, d’appliquer la Charia et de soumettre l’infidèle, rien ne changera. Autant dire … jamais. Annapolis ? M. Abbas ? Mme Rice ? Les visiteurs de Ramallah ? Ballet d’ombres qui s’agitent non pas pour faire quelque chose mais pour montrer un mouvement … Le processus de paix doit se poursuivre …

 

Le comble. Crédité d’une capacité nucléaire, Israël commence à entendre des voix qui demandent, en sourdine, qu’elle fasse obstacle aux velléités nucléaires iraniennes. « La destruction des capacités nucléaires de l'Iran serait dans l'intérêt des nations arabes du Golfe et elle serait « moins embarrassante » si elle était faite par Israël plutôt que les USA » déclare l’ancien conseiller du gouvernement du Koweït, Sami al-Faraj (Kuwait Times, 10 mars 2008). Est-il pensable ? Quand tous ceux qui font mine d’avoir à cœur la sécurité d’Israël (comme ils ont eu celle des juifs en Europe de 1933 à 1945 …) se révèleront aussi peu fiables qu’avant la guerre de 1967 (retrait des troupes de l’ONU, demande française de ne pas « tirer », refus poli des Etats-Unis d’assurer la libre circulation dans le détroit du Tiran, etc.,) Israël se retrouvera devant le vieux dilemme : Massada ou Samson. Gageons que cette fois-ci elle ne choisira pas Massada …

 

 

 



 










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9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 20:06
Liberty Vox vient de publier cette suite au texte "L’Iran, la bombe et … les jean-foutre"

 

Le texte de Martin Birnbaum (L’Iran, la bombe et … les jean-foutre) a conduit pas mal de lecteurs à poser une question simple : « pourquoi des jean-foutre ? »

 

Pour l’expliquer, il n’y a pas moyen de faire autrement que de prendre des exemples précis et, tant qu’à faire, de les prendre dans le paysage géopolitique à l’intérieur duquel notre pays veut être un des principaux acteurs.

 

Amérique Latine – théâtre d’opération principal des épigones du Leader Maximo, le Fidel qui a écrasé sous son talon (avec l’aide de feu l’Union Soviétique et des gauches du monde entier) toutes libertés à Cuba, territoire d’expansion pour un « nouveau socialisme » sous la bannière d’un ancien condamné pour un coup d’état, Hugo Chavez. Sur le territoire de la Colombie une organisation terroriste « narco-marxiste » depuis plus de 40 ans, avec moult argent procuré par la drogue qu’ils fabriquent et commercialisent, s’est spécialisée dans la prise d’otages. Notre président s’est sérieusement décrédibilisé en s’adressant directement au  terroriste en chef pour lui demander de libérer un otage, une franco-colombienne. Et voilà que l’on apprend -après la destruction d’une implantation terroriste dans l’Equateur voisin (dont le président est un clone de Chavez- que (a) il a reçu de l’argent pendant qu’il était en prison condamné pour sa participation à un coup d’état et (b) il a transféré à l’organisation terroriste plusieurs centaines de millions de $ depuis qu’il est  président de Venezuela qui gorge de pétrole. Un pays (l’Equateur) qui laisse opérer sur son sol des bandes armées qui s’attaquent à un pays voisin le tout sous le chapeau d’un troisième pays qui se veut le porte-drapeau du socialisme en marche, anti-impérialiste et, naturellement, anti-américain. Le Président colombien Alvaro Uribe annonce que son gouvernement demandera à la Cour Criminelle Internationale d’inculper Hugo Chavez comme  commanditaire et financier d’une organisation considérée comme terroriste par l’Europe et les Etats-Unis. Tranquillement, notre ministre des affaires étrangères confirme que la France était en relation avec le No2 terroriste « en vue de la libération de l’otage franco-bolivienne ».

 

Mais comme il faut voir la main d’Israël partout, Chavez déclare « la Colombie est devenue l’Israël de l’Amérique Latine » Et comme Israël est un des fournisseurs de l’armée colombienne … Il y a des années la France de Mitterrand a reçu en grande pompe Fidel Castro. Le même Chavez qui s’acoquine avec l’Iran, la Syrie et la Corée du Nord a été reçu par la France de Nicolas Sarkozy. Et qui,  pour faire bonne mesure, était disposé (selon les déclarations des terroristes) à rencontrer leur numéro deux pour libérer l’otage franco-colombienne. Tout cela sous les applaudissements des représentants de la gauche … les jean-foutre !

 

L’Afrique et les pays arabes – 250.000 morts au Darfour, le Soudan qui s’est opposé pendant plusieurs années à toute intervention étrangère à caractère humanitaire. Pour sauver d’une mort certaine des noirs animistes ou chrétiens poursuivis et « nettoyés ethniquement » par des milices arabes organisées par le gouvernement dudit Soudan. Enfin, la France (sous couvert européen) se prépare à mettre en place une force de défense des populations traquées. En réalité pour que ce qui se passe au Darfour ne déverse pas trop sur le Tchad, notre allié … A peine la mise en place commence qu’un soldat français est mort. En Centre-Afrique et au Congo 2.000.000 de morts pendant les dernières dix années, au Nigéria du nettoyage ethnique des populations du Nord, chrétiennes, par les musulmans qui tiennent le pays. En Somalie les seigneurs de la guerre, musulmans proches de Al-Qaida, détruisent le pays et s’en prennent à l’Ethiopie voisine qui a l’inconvénient de ne pas être musulmane. Qu’importe, on apprend que le No.2  de l’Egypte (le Général Omar Souleymane) vient de rencontrer les délégués des « Comités des Cours de Justice Islamiste » pour coordonner les actions contre l’Ethiopie. Pendant les 40 dernières années l’Occident a versé dans les tonneaux sans fond de l’Afrique plus de 1.000 Milliards de $ ! La transformation de ce continent, sous l’influence et sous l’emprise arabo-musulmane, en dépotoir de l’humanité est en marche : des dizaines de millions d’êtres malades du Sida qui sans l’obole occidentale disparaîtraient en moins d’une génération. Et le Zimbabwe où un dictateur sanguinaire vieillissant a réussi le miracle de transformer un grenier de l’Afrique en pays mendiant sa subsistance à l’Occident. Avec la complicité des pays noirs  « solidaires » qui n’ont pas condamné la spoliation des fermiers blancs ou leur expulsion quand il ne s’agissait pas de leur destruction physique. Le tout avec l’aide fraternelle de la Libye qui contrôle tout et tient le pays sous sa coupe.  La Ligue Arabe, réunie au Caire vient de déclarer « la politique d’Israël vis-à-vis des palestiniens est une politique de nettoyage ethnique et à ce titre doit être condamnée comme crime contre l’humanité ». La France et le Tchad, le Soudan et la Somalie, le Congo et maintenant le Cameroun, la France et l’Afrique du Sud, tout ce beau monde se retrouvant au Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour garder « une minute de silence pour les martyrs de la barbarie israélienne à Gaza » Les pays occidentaux ? Certains se sont abstenus tandis que d’autres … les jean-foutre !

L’Iran – Le Conseil de Sécurité de l’ONU vient de « sanctionner » encore une fois l’Iran mais … lui donne « trois mois » pour arrêter l’enrichissement de l’uranium. Les cinq membres permanents du Conseil plus l’Allemagne se congratulent pour l’unanimité (moins une voix) qui a permis de sanctionner l’Iran. La première fois quand on a donné « trois mois » à l’Iran ce pays avait 164 centrifugeuses en marche. Aujourd’hui l’Iran en aligne 3.000 et va à grande vitesse vers la bombe. Et il s’enfiche comme d’une guigne des résolutions du Conseil de Sécurité. Son Guide Suprême déclare le 26 février « Un exemple de succès du régime islamique a été l'issue nucléaire, dans laquelle la nation iranienne honnêtement et sérieusement a gagné une grande victoire. Les gens qui avaient l'habitude de dire que l'activité nucléaire de l'Iran doit être démantelée disent maintenant qu’ils sont prêts à accepter nos progrès à condition que l’on s’arrête pendant un temps » Quèsaco ? Selon des sources habituellement bien informées … l’Allemagne et d’autres pays (l’Autriche ? l’Italie ?) auraient essayé d’infléchir la position de l’Iran en lui promettant de fermer les yeux sur vingt années de mensonges et dissimulations couvrant un programme nucléaire à but militaire. Le commerce florissant de l’Allemagne, l’Autriche et de l’Italie avec l’Iran risquerait-il d’être compromis ? Le Royaume Uni, en apparence poussant à des sanctions fortes contre l’Iran, avec l’approbation du Foreign Office a admis 60 Iraniens en 2007 pour des études avancées de physique nucléaire dans des universités britanniques. Et pour ne pas perdre la clientèle de l’Iran, Londres lui avait également vendu des composants à utilisation double (civile et militaire) qui pourraient être employés par l’Iran  pour son programme nucléaire et de construction de missiles. La France ? Des paroles verbales … « l’Iran a le choix entre la bombe et le bombardement » Le secrétaire Général de l’ONU ? « Les paroles de M. Ahmedinejad quant à l’éradication d’Israël sont inadmissibles » Ah bon ? Mais alors pourquoi ne se réfère-t-on pas à une des stipulations de la Charte des Nations Unies qui prévoit la chose, pour procéder à l’expulsion de l’Iran ? Les jean-foutre !

Israël – au bout de presque 8.000 fusées « artisanales » Israël décide une incursion de trois jours à Gaza. Après que le Hamas ait fait exploser la frontière avec l’Egypte et réalisé l’entrée avec la complicité de ce pays, de moult terroristes formés en Iran et des « combattants » du Hezbollah. Plus de fusées Grad, cette fois-ci pas artisanales. Des fusées de conception (ou de fabrication) russe et fournies à tous les adversaires d’Israël. 20 km de distance de tir, un calibre de 122 mm, un poids total de 66 kg avec une tête explosive ou incendiaire. Tirées sur une ville biblique d’Israël (qui a donné au monde « l’ail d’Ascalon » soit … l’échalote) habitée de 120.000 personnes et se trouvant à 64 km au Sud de Tel Aviv. Fusées puisées dans les arsenaux de l’Iran ou de la Syrie car présentes dans la dotation des pays de l’ex bloc de l’Est, la plupart des pays arabes et de la Chine et la Corée du Nord.  Fusées ayant une trajectoire fiable et une haute probabilité d’explosion à l’impact.

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Fusées Grad préparées pour le lancement. A côté d’une maison ... si on détruit le lanceur … dommages collatéraux pour les occupants de la maison et Israël est condamné …

Une centaine de palestiniens tués, 90 % les armes à la main. Et un bébé d’un mois tué par une balle perdue tirée par on ne sait qui, nouvelle qui a fait les délices de la presse bien pensante de France et de Navarre.  Le partenaire avec lequel Israël négocie « la paix » et la création d’un état palestinien décide d’arrêter les négociations en qualifiant ce qui s’est passé à Gaza de « massacres dépassant l’Holocauste ». Spécialiste de la question, M. Abbas a présenté une thèse de doctorat à Moscou dans les années soixante dans laquelle il démontrait que l’Holocauste n’a jamais eu lieu…

Et de nouveau le bon docteur ministre français de affaires étrangères, désabusé, déplore «l’acharnement israélien sur Gaza » en réclamant la levée du siège et, d’une manière implicite, une négociation avec le Hamas. Tandis que l’ancien communiste, Massimo D’Alena ministre italien des affaires étrangères, le demande, aussi, mais ouvertement. Les conditions posées par le Quartette pour accepter le Hamas (reconnaissance d’Israël, et des accords signés auparavant par l’Autorité Palestinienne avec Israël, renonciation au terrorisme) … jetées à la rivière.

gaza_carrtoons8.jpg Présentation de l’action d’Israël à Gaza dans la presse arabe. Pour inciter à la paix

Mais le Hamas est, pratiquement, en situation de guerre civile avec l’Autorité Palestinienne (maîtrisée par le Fatah). Alors, avec qui Israël devrait-elle négocier ? Jusqu'à ce que le Hamas apprenne que le lancement des fusées pour tuer sans distinction des civils Israéliens n'est pas la bonne manière pour faire la paix (ce dont il n’a aucune envie …), l'état juif n'aura d’autre choix que de défendre ses citoyens des actions des terroristes et des assassins. Comment ne pas voir que l'effort désespéré d'une nation souveraine de vivre dans sa patrie et qui cherche la paix avec ses voisins ne trouve devant lui que la volonté de ceux qui cherchent sa destruction. On les appelle « militants » ou « activistes » tous se réclamant de l'Islam : quelle est la cause pour laquelle ils « militent » ou ils « s’activent » ? La destruction d’Israël et, en attendant, l’assassinat des Israéliens partout où ils sont vulnérables, même dans une école religieuse …

Si la défense des citoyens israéliens doit comporter une invasion grandeur réelle de Gaza pour détruire la puissance du Hamas, tout en ayant des victimes collatérales … ainsi soit-il. De toute manière, l’ONU et l’Europe, l’Egypte et tous les pays arabes considèrent qu’Israël utilise « une force disproportionnée et pratique la punition collective ». Force disproportionnée ? 8.000 fusées « artisanales » c’est proportionnel à quoi ? Des fusées perfectionnées tirées sur une ville habitée uniquement par des civils, c’est proportionnel à quoi ?

gaza_carrtoons16.jpg

Tous les poncifs se retrouvent dans ce dessin, y compris le « nez crochu » du juif. Toujours pour préparer la paix …


Quant à la punition collective, regardons de plus près :

-         des actes de guerre sont perpétués quotidiennement contre Israël à partir de Gaza ;  des fusées sont lancées contre des villes israéliennes  avec la complicité enthousiaste des autorités locales -le Hamas, qui nie le droit d'exister à Israël ; Israël a le droit de se défendre selon toute la pratique et la jurisprudence internationale ;

-         interdire le transport de marchandises ou réduire la fourniture d’électricité, pétrole ou autres fluides ne peut pas être considéré comme punition collective – imaginons que l’on tire des fusées de Vintimille sur Nice, la France continuerait-elle à alimenter en électricité l’Italie ? les mesures appliquées par Israël sont des actes de guerre non violents en vue de se défendre ;

-         détruire une centrale électrique ou réduire la fourniture d’électricité à Gaza sont des actes parfaitement en ligne avec la Convention de Genève ; l'article 52 de l'amendement de 1977 approuve explicitement des attaques sur des objectifs militaires légitimes, qui sont « les objets qui par leur nature, endroit, but ou utilisation apportent une contribution efficace à l'action militaire et dont la destruction, la capture ou la neutralisation totale ou partielle offre un avantage militaire défini. » ; nonobstant la mise en scène du Hamas (coupure d’électricité dans tout Gaza, hôpitaux sans courant, etc.,) mise en scène à l’intention de tous ceux qui cherchent noise à Israël, ce que l’on a constaté c’est que les « usines » de fabrication de fusées tournaient à plein régime …

Ce qui fait dire à M.I. Krauss- Professeur de Droit à l’Université George Mason aux Etats Unis « L’accusation de punition collective est soulevée contre une partie au conflit Israélo-palestinien ; mais cette partie n'est pas Israël » Punition collective ? Oui, les attaques permanents des palestiniens contre des civils israéliens.

Le dernier en date, ignoble par sa cible (étudiants dans une école religieuse) et incompréhensible par l’exécutant : un livreur de ladite école qui tue ceux qui le font vivre. Son village (arabe, israélien …) le considère comme un héro, à Gaza et en Iran ( ?!) on fête l’exploit en distribuant des douceurs et M. Abbas « condamne tous les actes qui visent des civils, israéliens ou palestiniens ». En rappelant, cependant que les palestiniens ne reconnaîtront jamais la caractère juif d’Israël. Et notre presse, s’empresse de souligner (à tout hasard …) que ladite école est liée au courant des colons … Israël réagira, durement sans doute. Et on criera de nouveau à la « punition collective ».

L ’Europe et la France, l’ONU et les pays arabes, tous ceux qui crient à la punition collective, à la force démesurée, aux actes inhumains d’Israël, c’est quoi ce vacarme ? Rien que des jean-foutre !

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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 15:29
Texte publié par Liberty Vox le 29.02.08 - la suite suit ...

 

 

« L’Iran est dirigé par un groupe des musulmans fanatiques qui croient que le temps du Messie est arrivé » dit Bernard  Lewis « C'est tout à fait dangereux. La Russie et les États-Unis ont des armes nucléaires, mais il a été toujours clair qu'elles ne les emploieraient jamais en raison du MAD  (Mutual Assured Destruction). Chaque côté savait qu'il serait détruit s'il attaquait l'autre. » « Mais avec ces gens en Iran, la destruction mutuellement assurée n'est pas un facteur dissuasif, mais plutôt une incitation » indique le savant. « Ces gens estiment qu'ils peuvent accélérer la venue du Messie. C'est une situation extrêmement dangereuse dont il est important de se rendre compte. »

 

Le 23 février 2008 le Prix Nobel M. El Baradeï, Directeur Général de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique a présenté son dernier rapport sur la satisfaction par l’Iran des conditions posées par le Conseil de Sécurité de l’ONU pour lui éviter des sanctions. Le dernier rapport ? Probablement pas, il y en aura d’autres … Y en aura d’autres car le rapport dit, inter alea, «Notre tâche en Iran est de s'assurer que le programme nucléaire iranien est exclusivement dirigé vers des buts pacifiques.  Nous sommes là depuis cinq années. Pendant les quatre derniers mois nous avons accompli un bon progrès en clarifiant les issues en suspens, cependant, ce n'est pas suffisant à mon sens, car l'Iran n’a pas transmis  jusqu'ici des rapports au sujet des liens possibles entre l'enrichissement de l'uranium, le travail de conception d'ogives de missiles et les essais d’explosifs puissants ».

 

Un Prix Nobel qui ne tire pas les conclusions de ce qu’il dit lui-même cela pourrait paraître curieux et créer quelques doutes quant à ses capacités intellectuelles. Car « enrichissement d’uranium – conception d’ogives de missiles – explosifs puissants » on ne voit pas ce qui pourrait manquer pour tirer la conclusion que l’Iran cherche à disposer d’une bombe atomique ou a acquérir la capacité ou les connaissances nécessaires pour la construire. L’ambition de l’Iran de disposer d’une option militaire nucléaire a une double raison : géopolitique - être LA puissance qui gouverne le Proche et le Moyen Orient et messianique – accélérer la venue du Messie, quête du Graal pour la secte shiite dont il se réclame. Sur son chemin l’Iran considère que l’obstacle le plus important est Israël. Sans s’arrêter à la logorrhée hebdomadaire de ses dirigeants annonçant le déclenchement du compte à rebours pour la destruction d’Israël on doit se souvenir de la déclaration du « modéré » Rafsandjani pour lequel « l’éventuelle disparition de la moitie de la population iranienne serait un prix acceptable pour l’éradication définitive d’Israël ». Il ne s’agit pas de jouer au poker menteur quand on met sur la table la vie ou la mort de 35 millions d’êtres fussent-ils iraniens et musulmans. Bernard Lewis a raison, les mollahs de Téhéran sont dangereux et non seulement pour Israël ou le reste du monde mais premièrement pour leur propre peuple. On remarquera que le langage de l’Iran ne correspond pas au MAD mais qu’il est génocidaire.

 

Quand l’Union Soviétique a acquis la parité nucléaire avec les Etats-Unis le monde est entré dans une phase plus dangereuse de la guerre froide. Car chaque camp pouvait détruire l’autre un certain nombre de fois mais « celui qui tirait en premier allait disparaître en second ». C’est à ce moment-là que le concept MAD s’est imposé, ensuite le concept « équilibre de Nash » et la théorie de « la deuxième frappe » de Mc Namara.

 

Un autre Prix Nobel, Robert Autmann, spécialiste de la théorie des jeux et de ses applications en économie est arrivé à trois conclusions. (A) La guerre n’est pas un acte irrationnel et il doit être étudié scientifiquement pour le comprendre et pour, éventuellement, la gagner ; (B) une étude répétée permet d’estomper l’importance du « maintenant » en faveur du « après » ; (C) les approches simplistes pour obtenir ou faire la paix (« apaisement ») peuvent conduire à la

guerre tandis que des menaces crédibles et la destruction mutuelle assurée peuvent éviter la guerre d’une manière fiable.

 

Mais de théorie en concept et de déclaration belliqueuse irresponsable en acte de terrorisme destiné à habituer le monde aux catastrophes qui vont venir, on voit bien que ce qui est en cause c’est l’irrationalité d’un protagoniste qui se prend pour le Dr Folamour. Sauf qu’il dispose de ressources pratiquement illimitées (pétrole et gaz), de leviers économiques rendant toutes tentative d’isolation ou de sanctions inopérantes et, par-dessus tout, d’une totale soumission à un système de pensée irrationnel car religieux.

 

Le monde entier a un problème, il s’appelle l’Iran. Trois affirmations fortes ont eu cours ces dernières années : « Une guerre contre l’Iran ce serait la pire des choses sauf un Iran avec la bombe », « si vous êtes intéressé à éviter la troisième guerre mondiale, vous devez être intéressé à empêcher les Iraniens d’avoir les connaissance nécessaires pour disposer d’une arme nucléaire "» et « la bombe ou le bombardement, voilà le choix pour la communauté internationale face à l’Iran ». Dans l’ordre, R. Cheney, G.W.Bush et N. Sarkozy.

 

Quand, enfin, en 2000 on a appris que l’Iran poursuivait un programme nucléaire secret depuis 18 années, quand des dissidents iraniens on fait connaître l’ampleur de ce programme quand le monde a compris que le programme n’avait de sens que militaire, les Etats-Unis ont « mis sur la table » une option militaire. Pendant deux années l’Europe s’est opposé à une approche « musclée » et est arrivée à convaincre les Etats-Unis d’accorder une chance à la négociation. L’absence d’armes de destruction massives en Irak, cause principale du déclenchement de la deuxième guerre du Golfe, a été une des raisons pour lesquelles l’Amérique a accepté de laisser faire l’Europe. Mais la guerre a eu aussi comme résultat de retarder pour un temps le projet iranien, sans doute par peur que le pays allait être le troisième sur la liste (après l’Afghanistan et l’Irak). Pour un temps, car il a été repris depuis « vapeur toute » en faisant des progrès remarquables sur la voie de l’enrichissement de  l’uranium, enrichissement nécessaire pour disposer de matière fissile en quantité suffisante pour confectionner une bombe.

 

Malheureusement, conduites par un clown (Haut Représentant aux Affaires Etrangères de l’Europe), des négociations pendant cinq ans n’ont rien donné. Aussi parce que depuis mars 2005 le chef négociateur avait assuré que « pour ce qui concerne l’Iran aucune action militaire n’est prise en considération ». Déclaration reprise par le ministre des affaires étrangères britannique de l’époque, le socialiste Jack Straw sous la forme « toute action militaire contre l’Iran serait une ineptie ». Et on voit que la troisième conclusion de R. Autmann n’étant pas respectée il n’y avait (il n’y a) aucune raison pour l’Iran de ne pas avancer sur son chemin, au bout duquel attend (nous attend) la guerre.

 

Pourtant, un faisceau d’indices concordants est là pour mettre en doute les déclarations de l’Iran quant aux fins pacifiques de leur programme. Laissons de côté les fariboles du genre « l’eau lourde (installation de production à Arak, produit nécessaire pour fabriquer du plutonium dans un réacteur) sera utilisée pour guérir le cancer, comme en Occident (Président de l’Académie des Sciences de l’Iran) ou les essais d’explosifs puissants faits pour fabriquer des airbags. On devrait comprendre que 1 + 1 = 2. Car si l’uranium enrichi est nécessaire à l’Iran comme combustible pour ses futures centrales nucléaires on ne voit pas pourquoi ce pays n’a accepté ni l’offre russe ni celle saoudienne proposant la prise en charge de la fabrication dudit combustible. Ni pourquoi il serait nécessaire d’enrichir l’uranium au-delà des 5% nécessaires pour les réacteurs sans aller vers les 90/95 % nécessaires pour la bombe. Ni pourquoi on travaillerait d’arrache-pied à créer de fusées balistiques capables de porter des ogives nucléaires à plus de 2.000 km (comme par hasard, la distance qui sépare l’Iran d’Israël …). Ni pourquoi les pays limitrophes, ceux du Golfe, seraient effrayés : « Bien qu’ils n’aient pas la bombe pour l’instant, ils sont en train d’avancer vers sa construction ce qui risque de pousser la région entière vers un conflit. Nous devons comprendre que cela va s’aggraver et que ce n’est pas raisonnable » (Salman Bin Hamad Al Khalifa, Prince héritier  de Bahreïn). Et on entend les « réalistes » de la région dire « Iran bombardé, on aura des difficultés pendant 18 mois, Iran avec la bombe on en aura pour 18 ans ». Bref, Iran aura la bombe, Iran disposera de vecteurs pour la faire exploser là où il voudra, de préférence en Israël. Quand ? Nonobstant les conclusions lénifiantes du dernier rapport des agences de renseignement américaines ou de celles de l’AIEA, les renseignements militaires israéliens viennent de laisser comprendre (Général A. Yadlin) que la fenêtre la plus probable va de 2008 à 2010.

 

Que faire ?

 

Pendant des années les dirigeants d’Israël ont considéré que le « problème de l’Iran » était celui de la communauté internationale. Pourtant, en septembre 2004 Ariel Sharon déclarait « la communauté internationale n'a pas fait assez pour arrêter l'Iran de se doter d'armes nucléaires en avertissant qu’Israël prendra ses propres mesures pour se défendre ». et en 2007, en visite à Moscou, pendant le conférence de presse se tenant à côté de M. Poutine, E. Olmert martelait « Israël ne peut pas se permettre le luxe de la création d'une situation où un pays comme l'Iran dispose d’un potentiel non conventionnel. L'Israël n’acceptera jamais ce type de situation. Pour nous, quand le chef d'un pays dit il veut nous détruire, cela ne ressemble pas à une déclaration vide, mais à quelque chose que nous nous devons  d’empêcher de toutes les manières acceptables et possibles »  La situation n’a pas changé depuis, au contraire. Les Etats-Unis ne commenceront pas une guerre dix mois avant qu’un nouveau président arrive aux affaires et l’Europe, toute à ses petites affaires commerciales et/ou d’investissement avec l’Iran, ne fera rien d’autre que traîner ses pieds pour qu’aucune sanction réellement forte ne soit prise. Sans parler de l’attitude immonde de la Russie ou de la nonchalance irresponsable de la Chine Si, elle fera quand-même quelque chose : prôner la négociation sans se soucier des résultats qui n’ont pas été obtenus depuis plus de cinq ans. L’essentiel étant le processus de négociation non pas les résultats.

 

Reste Israël pour laquelle un Iran doté de l’arme nucléaire c’est la disparition garantie car, vu l’exiguïté de son territoire, si l’Iran « tire le premier » Israël disparaîtra. Pas de possibilité de « deuxième frappe » (même si des sous-marins pourraient palier l’absence de territoire mais à quoi bon ?), le concept MAD n’est donc pas applicable. D’évidence, Israël n’a de possibilité de survie que d’attaquer le premier. Ce pays s’est déjà trouvé dans une situation similaire à la veille de la guerre de six jours, on connaît son déroulement et ses résultats.

Mais en même temps que le concept MAD, Henry Kissinger et Herman Kahn avaient proposé une approche en quatre points pour faire face à un adversaire doté (ou sur le point de se doter) d’armes nucléaires. D’abord une escalade de gestes de sorte que la nation la plus faible s’abstienne de continuer  avant qu'un échange nucléaire se produise ; en second lieu, en assenant une première frappe massive qui interdira toute réponse efficace ; troisièmement, lançant une frappe chirurgicale qui détruira la direction ennemie ; et quatrièmement une avancée  technologique massive par rapport à l’adversaire et pour permettre une défense stratégique efficace. Force est de constater que si Israël  est obligée de se lancer dans une guerre contre l’Iran elle devra utiliser les quatre approches indiquées. Cela étant, l’escalade de gestes n’a pas l’air d’impressionner Iran [bombardement du site nucléaire présumé en Syrie à la frontière de l’Irak, liquidation de l’assassin recherché pendant 25 ans par tous les services occidentaux pour sa participation aux tueries de Beyrouth (243 marine américains et 58 soldats français ou à des attentats un peu partout sur la planète)]. D’un autre côté, l’avancée technologique d’Israël sur l’Iran est indiscutable. Restent donc les deux points, première frappe massive et frappe chirurgicale visant la direction de l’Iran.

Si l’on suppose que la arche inexorable de l’Iran vers la bombe ne puisse trouver d’autre obstacle qu’Israël, que peut-on espérer ? Deux choses de très grande importance doivent être présentes à l’esprit : ayant appris la leçon de la destruction de l’Osirak [1] l’Iran a parsemé son territoire de sites nucléaires. On en compte 16 connus et on crédite ce pays de l’existence d’encore six bien enfouis dans ses montagnes ou au milieu de déserts vides de toute vie. Quant aux Etats-Unis, ils ont répertorié plus de 1.000 cibles possibles … 

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On comprend vite qu’il s’agirait d’un exploit de toute autre dimension que celui de la destruction du réacteur de Saddam Hussien. Qui de plus était parfaitement localisé et dont les équipements accessoires se trouvaient visibles tout autour. La deuxième chose difficile est liée au fait que l’essentiel des activités nucléaires militaires se trouvent enterrés à des profondeurs (inconnues avec précision) allant de 20 à 300 m. sous des sols soit résistants eux-mêmes soit renforcés par construction.

Il y a deux types d’installations enterrées : « un trou couvert » et des constructions assimilables aux mines. Pour ce qui est de la première catégorie (les « trous » faisant moins de 50 m de profondeur) les munitions connues (et dont Israël dispose sans doute) sont suffisantes.

 

Il s’agit cependant de bien localiser les cibles et d’assurer leur livraison jusqu’à ces cibles. On peut faire confiance aux capacités de renseignement d’Israël pour la première partie.

Quant à la deuxième … l’on doit envisager certainement des vecteurs genre missiles de croisière tirées à partir des sous-marins dont dispose Israël. En effet, pour ce qui est de l’aviation, les distances d’un côté et la nécessité d’assurer des vagues de bombardement incessantes pourraient constituer des obstacles difficilement surmontables pour ce dont Israël dispose. Si l’on regarde une carte on voit que les avions devraient opérer à 1.500/2.000 km de leurs bases. La flotte aérienne dont Israël dispose n’est qu’en partie, capable de ce type de missions qui de plus supposent des ravitaillements en vol.

 

    Pour ce qui est de la deuxième catégorie, en sus de ce qui est nécessaire pour la première, (localisation des cibles  et livraison des munitions) deux autres facteurs interviennent. D’abord le fait qu’il puisse s’agir de facilités se trouvant à plusieurs centaines de mètres en dessous de sols montagneux et peut-être renforcés. Le deuxième facteur tient à ce que les superficies utilisées en profondeur pourraient être de l’ordre de centaines de km² : facilités diverses séparées par des tunnels-couloirs de centaines de km. On sait depuis pas mal de temps que la Libye avait construit un réseau d’au moins 2.000 km de tunnels d’un diamètre de 15m. autour d’une usine de fabrications d’armes chimiques en camouflant entièrement les travaux et leurs résultats.

 
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Comment s’attaquer à ce genre de constructions ? On sait peu de choses sur les capacités des munitions qu’Israël conçoit et fabrique. On se souvient, cependant, de la surprise des bombes pénétrantes pour détruire les pistes d’aviation utilisées pendant la guerre de six jours. On sait

aussi que l’industrie de l’armement israélienne est le troisième (ou quatrième) exportateur mondial. Mais … ce que les Etats-Unis envisagent pour ce genre de bombardements sont les MOP’s (Massive Ordnance Penetrator) d’un poids de l’ordre de 8.000 kg et capables de pénétrer des sols renforcés jusqu’à des dizaines de m de profondeur.


Ou alors des bombes classiques de 15.000 kg … mais qui nécessiteraient l’utilisation de bombardiers B-2 partant de Diego Garcia.

 

L’on ne sait pas Israël disposant de ce type de munitions ni de ce genre de vecteurs. Ce que l’on sait en revanche c’est que des achats de 2.000 BLU-109 (bombes pénétrantes pour la destruction des bunkers), ont été faits depuis 2004 et qu’elles pourraient être utilisées pour détruire les installations nucléaires iraniennes. Pour ce qui des vecteurs ayant un rayon d’action supérieur à 2.000 km et capables de les transporter on sait qu’Israël dispose de F-15  parfaitement utilisables. Mais imaginer des vols à 2.000 km de distance sans que les  systèmes d’alerte russes, au sol ou dans l’espace, ne les détecte … cela pourrait dépasser même la maestria des israéliens. Encore que … Bien avant Oslo (donc il  y a plus de 15 ans) des avions israéliens ont détruit le Quartier Général de l’OLP à Tunis, à 2.000 km des côtes israéliennes en traversant la Méditerranée de l’Est en Ouest sans qu’aucun pays riverain détecte quoi que ce soit. A l’aller comme au retour.

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Deux autres possibilités sont connues : des munitions nucléaires à effet limité (« bombes à neutrons », par exemple) d’une puissance de 1,5 ktonnes explosant à quelques 30 m en dessous du sol. Le résultat serait un chamboulement de 700.000 tonnes de roche et terre suffisant pour rendre inutilisables les installations enterrées et de plus gardant la radioactivité prisonnière dans la cavité produite par l’explosion. C’est vrai, ceci pourrait créer quelques difficultés supplémentaires à Israël avec la communauté internationale, la « rue arabe » (les 1,5 milliards de musulmans …) ou avec tous ceux qui par nonchalance, intérêts économiques ou volonté délibérée voudraient assister à la disparition d’Israël fût-elle l’œuvres des mollahs iraniens. Mais à partir du moment où l’hypothèse consiste dans une frappe nucléaire massive de toute manière …

La deuxième possibilité consiste dans l’utilisation de ce que l’on appelle HPM (High Power Microwaves) qui se limite à la destruction de tous les composants, appareils et systèmes électroniques qui gèrent les installations nucléaires.

 

Et on revient à ce qui constitue l’alfa et l’oméga d’une telle action, localisation des cibles et livraison des munitions. Mais … il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer … et Israël se trouve devant une menace existentielle.

 

Apocalypse maintenant ? Ou plus tard ?

 

De Vienne à Londres, de Rome à Berlin, de Madrid à Bruxelles, dans le silence des pays « moraux » de l’Europe (les scandinaves, les Pays Bas, etc.,) on se prépare -comme dans les tragédies antiques- à assister à ce qui paraît inéluctable. Avec une pincée d’inquiétude car … les affaires risquent d’être plus difficiles. Pourquoi inéluctable ? Parce que les jean-foutres qui nous gouvernent s’occupent de ce qui conditionnera leur élection demain non pas de ce qui fera notre vie après. Parce que chez nous on est occupé à déverser des tombereaux de saletés sur un président élu par une majorité confortable il y a moins d’un an et dont la vie sentimentale ou le vocabulaire paraissent les sujets les plus importants pour la radio, la télé et la presse papier. Parce qu’au lieu de préparer notre pays pour survivre dans une monde de plus en plus compliqué demain et après-demain, on s’évertue à le tirer encore vers le bas en empêchant, pratiquement, toute réforme de se faire.

 

Dormez tranquilles, bonnes gens. Un jour nous nous réveillerons et on apprendra que pendant la nuit les installations industrielles, pétrolières et nucléaires iraniennes ont été, en très grande partie, détruites. Par qui ? Allez …

 

Et nous verrons les attentats en Europe et ailleurs reprendre, le pétrole à 100 $ le baril (il y est déjà ? Tiens, donc …) et le monde arabo-musulman se coalisant (tout au moins en apparence) pour accuser Israël. Le Conseil de Sécurité se réunira en urgence pour la condamner et pour demander la retenue à tous les acteurs. On oubliera du coup les guerres asymétriques imposées à Israël (Hezbollah et Hamas) comme les menaces multiples et variées du boucher de Téhéran et de son guide suprême.

 

Fiction ? On vit une époque formidable … et on n’a pas encore tout vu !



[1] (« O-Chirak » … réacteur fourni par la France au « frère » de son premier ministre en 1975, Jacques Chirac et détruit par l’aviation israélienne)

 

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