Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Recherche

18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 21:01

L’(i)Monde trouve bon de publier un pamphlet titré « Non, l’antisionisme n’est pas un délit » (16.02.19). Le jour même, le Président de  la République tweet « Nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. » - E.Macron » Serait-il possible que l’(i)Monde ne sache pas que l’antisémitisme est puni pénalement en France et que l’antisionisme n’est qu’une des formes de l’antisémitisme ? Difficile à croire. Ce qui conduit l’observateur à tirer la conclusion, simple, la parution du dit pamphlet n’est ni fortuite  ni innocente.

Que l'on s’adresse à Dominique Vidal, ancien président de l’Union des Etudiants Communistes, ancien du Monde Diplomatique, camarade du non moins communiste Alain Gresh (fils naturel d’Henri Curiel, proche de Tariq Ramadan et co-auteur avec lui de moult textes…) pour justifier les aspects antisémites des dernières manifestations des Gilets Jaunes ce ne peut  pas être innocent. Ni neutre et objectif, qualités que l’(i)Monde porte en bandoulière. Pourquoi ?

Faisons court. Le sionisme est  un projet national ayant pris forme au 19-ème siècle et qui s’est réalisé à la moitié du 20-ème  dans les conditions créées par la fin de la deuxième guerre  mondiale, une fois que l’on a compté les six millions de juifs trucidés dans l’Europe héritière des traditions judéo-chrétiennes, de la Renaissance et des droits de l’homme proclamés par la Révolution Française de 1789. Ce projet national visait de donner aux juifs restant, après la destruction de la moitié d’entre-eux, par l’Europe (et/ou par son supplétif allemand qui avait inventé une « solution finale » pour mettre fin à l’existence de ce peuple). Projet national sanctionné par la communauté internationale qui lui a cédé quelque pourcents des terres ayant appartenu à l’empire ottoman démantelé  quelques dizaines d’années plutôt. A l’endroit exact d’où ses ancêtres ont été expulsés par l’empire romain, presque deux-mille ans plutôt.

Ce n’est  qu’un syllogisme (raisonnement logique) que d’inférer, dès lors, qu’être antisioniste est absolument identique à être antisémite. Certes, il y a aussi des juifs qui sont antisionistes, ils font  partie d’une catégorie particulière, celle des juifs honteux qui, pour justifier leurs choix vous parlent, tout de suite, des citoyens du monde, de la libération des peuples, des malheurs apportés par le nationalisme et de tout ce que vous voulez d’autre. Et dont la seule perspective est celle de la dé-judaïcité, bref, de la disparition des juifs à terme. Syllogisme car sioniste=juif voulant avoir un état national, antisioniste=détruire ledit état, donc, faire disparaître les juifs. Une formule simple, « Antisionisme=antisémitisme par procuration » – Jean-Christophe Rufin 07.2004.

On pourrait se demander pourquoi dans ce monde de plus de 7,5 milliards d’êtres vivant dans, presque, 200 états le seul peuple auquel est contesté le droit d’en avoir un est le peuple juif. Il n’y a, d’évidence, qu’une seule réponse, elle est  présente depuis des lustres, c’est uniquement l’antisémitisme.

Après cette longue digression (par  rapport à ce qui se passe dans notre pays ?) on doit regarder les choses de plus près. Et que voit-on dans ce beau pays de France ? « Qu'en février 2019, Alain Finkielkraut soit violemment invectivé par une poignée de manifestants aux cris de « sale sioniste de merde ! Casse-toi ! », « Sale Juif ! », « Palestine ! », « Rentre chez toi à Tel-Aviv ! », « Sale race ! Elle est à nous, la France ! Espèce de raciste ! T'es un haineux ! Tu vas mourir ! Dieu va te punir ! Le peuple va te punir ! » (M. Mayeso Le Point 17.02.19).

La meute. Au départ  tout paraissait si beau, si honnête, trois français sur quatre en étaient solidaires, on faisait des barbecues sur les rondpoints et on laissait les péages ne pas prendre leur dû. Et puis… Vraiment, une surprise ? Mais non, on sait que peu importe comment cela commence, cela se terminera toujours avec la faute aux juifs, l’antisémitisme est plus pérenne que la vie…

Remarquez la curieuse logique des gilets  jaunes, pro-palestiniens, demandant  à un juif français (ou français juif) de rentrer chez  lui, à Tel Aviv. Curieux, non ? Comme pro-palestiniens ils considèrent Israël comme illégitime, il devrait être détruit mais…  avant cela il faudrait que M. Finkelkraut (et  ses semblables, sans doute) aillent à Tel Aviv. Pour donner  raison au terroriste libanais du Hezbollah, Hassan Nasrallah qui dit « fuyez Israël avant sa destruction, le sionisme est notre seul ennemi » Et, comme dégât collatéral on passerait par le fil  de l’épée quelques millions de juifs encore. Car sionistes…

Mais la France est un pays de droit. Mais où est le droit en ce moment ? Alors ? Une longue habitude depuis la profanation du cimetière juif de Carpentras en passant  par tous les épisodes antisémites meurtriers ou pas, des enfants juifs de Toulouse ou d’Ilan Halimi, de Sarah Halimi défénestrée, des morts du Hyper Cacher, de Mireille Knoll  assassinée,  fait qu’à chaque occasion, le ban et l’arrière ban du monde politique s’époumone en protestations aussi multiples que fallacieuses. Mais ils font attention : dès qu’ils condamnent l’antisémitisme, dans le même couplet on ajoute « le racisme et l’islamophobie ». En oubliant qu’il n’y a pas eu en France un seul musulman tué par des juifs tandis que tous le juifs français (ou français juifs)  tués l'ont été par de musulmans. Certes tous les musulmans …. On connaît le refrain. Tout  cela car deux choses sont impossibles à faire  disparaître : l’antisémitisme structurel de la société française actuelle instillé par sa composante exogène (musulmane, surtout) et  la roublardise des politiciens qui se fichent totalement des juifs de France mais qui doivent faire semblant que… Vous voulez un exemple ? Après l’incident « Gilets Jaunes – M. Finkelkraut » - M. Mélenchon déclare : « Conscient de l'instrumentalisation de l'antisémitisme, je crois aussi qu'il ne faut jamais laisser passer le racisme » Faites un peu d’analyse de texte : qui instrumentalise l’antisémitisme ? et s’il est instrumentalisé vaudrait-il mieux qu’il soit clair et ouvert ? Monsieur Mélenchon est conscient  … comme de sa fidélité à Fidel Castro ou à Hugo Chavez ou à Nicolas Maduro, des coryphées des causes des peuples qu’ils ont asservis et  ruinés sans leur laisser une chance de s’en sortir. Monsieur Mélenchon pourfendeur des antisémites, défenseur des juifs. Crédible ? Allons…

Voilà, fut un temps où on pouvait dire « heureux comme un juif en France ». Fut un temps quand Barres même (antisémite notoire et antidreyfusard de première heure) saluait la contribution des juifs de France à l’effort de guerre (14-18) ainsi que la mémoire de leurs morts pour la France. Ce n’était pas un propos fallacieux.

Aujourd’hui, nonobstant  les simagrées pro-sémites et/ou les protestations réelles, venant du cœur des gens simples, réellement troublés par ce qui se passe, on doit se poser la question : pour qui sonne le glas ? « les Français juifs ont 25 fois plus de risques d’être agressés que leurs concitoyens musulmans. 10 % des citoyens juifs d’Ile-de-France - c’est-à-dire environ 50.000 personnes - ont récemment été contraints de déménager parce qu’ils n’étaient plus en sécurité dans certaines cités et parce que leurs enfants ne pouvaient plus fréquenter l’école de la République. Il s’agit d’une épuration ethnique à bas bruit au pays d’Émile Zola et de Clemenceau. » («Une épuration ethnique à bas bruit », Manifeste «contre le nouvel antisémitisme» 21.04.18.)

Il est fort probable que la France que ma génération a connu sera un curieux souvenir pour nos petits enfants. Mais la vie continue bien que la France soit, aujourd’hui, le seul pays en Europe où on a tué des juifs, car juifs.

Pendant ce temps, la Chambre des Députés des Etats  Unis, après le Sénat, vote à 424 contre zéro la résolution « C’est dans l’intérêt des Etats-Unis de lutter contre l'antisémitisme chez eux et à l'étranger. Face à la montée malheureuse de l’antisémitisme et aux tentatives de dé-légitimation d’Israël, la Chambre des Représentants des Etats-Unis souligne l’importance de la lutte contre l’antisémitisme et rejette tous les mouvements qui nient le droit d’Israël à exister. »

L’Europe de Bruxelles n’a rien à dire. Elle s’occupe a mettre  en place un système de paiement séparé du SWIFT pour donner à l’Iran les moyens financiers pour s’opposer aux sanctions américaines. Et trouver ainsi des ressources pour continuer ce qu’il veut à tout prix : détruire Israël. Joignez les points… Europe… Iran … destruction Israël. Tout est dans tout et le reste c’est négligeable…

 

Ainsi va le monde…

 

Partager cet article

Repost0
13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 11:23

Bon. Incapable d’arrêter la tragicomédie des Gilets Jaunes notre gouvernement (et M. Macron) passe son temps à parler de choses et d’autres, cela s’appelle « grand débat ». Car, chez nous, tout doit être grand : « une grande commission », « un grand projet », « un grand TGV » et tant d’autres quand, bien entendu, nous avons « une petite maison », « une petite fortune », « une petite auto ». Un mot sur la tragicomédie dont personne n’a l’air d’admettre qu’elle a assez duré. Personne n’ose dire, clairement, que la redistribution que les Gilets Jaunes réclament commence par prendre aux autres. Ce qui ne serait pas grave si la chose n’avait pas été déjà faite. S’il n’y avait pas deux catégories sociales, celle qui paye des impôts et celle qui ne paye pas, en dépit de toute raison normale pour la relation du citoyen à l’état qui assure, à celui-ci, ses prérogatives régaliennes. Personne n’ose dire aux GJ qui s’excitent sur les hauts salaires de certains, en les comparant aux leurs, que cela tient (pas seulement, mais essentiellement) aux qualités et aux efforts qui justifient la réussite individuelle. Surtout dans un pays où l’éducation de la maternelle au doctorat est gratuite (ou presque). Personne n’ose dire aux GJ que l’on ne devrait pas montrer de la compassion à l’imbécile qui ramasse une grenade (qui lui arrache les doigts) pour l’envoyer contre les policiers, qu’il aurait commis un acte criminel pénalement punissable. Et pourquoi personne n’ose-t-elle dire clairement aux GJ qu’après la satisfaction (partielle, certes) de certaines revendications économiques tout le reste se trouve dans la sphère politique citoyenne pour laquelle seules les élections comptent ? Pourquoi ? Parce que ceux qui nous gouvernent n’ont pas le courage qui a fallu à un De Gaulle pour tenir des mois (d’hiver) contre une grève des mineurs ou à une Mme Thatcher qui a tenu des mois et des mois contre une grève d’autres mineurs ou un Reagan qui a licencié, du jour au lendemain, 11 .000 contrôleurs aériens en grève. Alors… on temporise, on dit « ça va s’arrêter » « les gens en auront assez » et autres fredaines. Mais cela ne s’arrête pas, treize samedis noirs déjà, des pans de villes avec des commerces ou des équipements urbains détruits et… une image du pays à l’étranger qui se dégrade chaque jour qui passe.

Il n’est donc pas surprenant que le gouvernement (et M. Macron) essaye de redorer son blason en jouant les matamores « à l’international ». Deux exemples parlent plus que d’autres. Des digressions, quoi, on oublie un peu les GJ … tout en montrant combien on es fort…

La France a rappelé son ambassadeur en Italie, Deux semaines après il est toujours à Paris. Pourquoi ? Un politicien italien est venu soutenir les GJ. De plus, un de ceux que notre président abhorre car nationaliste. Vous en souvenez-vous ? Peu après la formation du dernier gouvernement italien notre président a averti l’Europe, avec une finesse absolument remarquable, contre « la lèpre nationaliste renaissante ». Pourtant il était (il est) évident que c‘est une bêtise que de croire que l’Europe allait « rendre la question nationale obsolète ou la relativiser », écrivait Etienne Balibar (!) “Chaque pays a peur d'être exploité par un voisin.” A. Alemano (HEC).

C’est vrai, le pays de Beneddeto Croce et d’Antonio Gramsci est maintenant celui de Mateo Salvini et de Di Maio.

Ce n’est pourtant pas une raison suffisante pour faire montre d’un chauvinisme de grande nation vis-à-vis d’une Italie liée à la France depuis le Moyen Age, et à qui elle a donné des personnages (politiques ou pas) qui ont participé à la construction du royaume et à son éclat (Pétrarque, Leonardo Da Vinci, Catherine de Médicis, Mazarin et tant d’autres). Il n’est pas suffisant d’être impertinent pour se permettre un dialogue diplomatique comme celui qui suit (diplomatie.gouv.fr – 11.02.19) :

Q - Concernant le rappel de l’ambassadeur Christian Masset, qui je pense devait être à Paris cette semaine de toute façon, y a-t-il une façon de raisonner quant à la durée de son maintien à Paris ?

R - Nous menons actuellement avec notre ambassadeur les consultations pour lesquelles nous l’avons rappelé.

Il retournera à Rome le moment venu.

 

Et il n’est pas suffisant de se montrer méprisant vis-à-vis d’un état de droit quand on a refusé, pendant des années, d’extrader un terroriste d’extrême gauche (César Battisti) ayant du sang sur les mains -et condamné en Italie à la prison à perpétuité- en vertu de la « doctrine Mitterrand » - « souveraineté, indépendance, stratégie active ».

En se mettant à dos l’Italie, tout ce que nous avons obtenu c’est le ricanement satisfait de la moitié des pays de l’Union Européenne. Qui ne se gêneront pas de nous le rappeler.

Le deuxième exemple, Israël. J’ai déjà mentionné l’histoire du « Tombeau des Rois ». Un très bon ami, ami de la famille Pereire, me permet de rendre la dispute franco-israélienne concernant les Tombeaux des Rois d’Israël plus intelligible :

Le Tombeau des Rois (Joseph Flavius le cataloguait parmi les 7 merveilles du monde) a été identifié par Chateaubriand en 1811 tandis que Louis-Félicien Caignart de Saulcy, dit Félix de Saulcy, archéologue, le considérait au milieu du 19ème siècle comme abritant les tombes des rois David et Salomon. Il fut acquis sous l’empire Ottoman en 1874, par Mme Bertha Bertrand Pereire, (famille de banquiers juifs d’origine portugaise) qui en a fait don au Consistoire Central. Onze ans après, Henri Pereire, héritier, en fait don à la France pour conservation, à la seule condition que celui-ci fut ouvert sans réserve aux juifs. (Voir Terre Promise « L’étonnante saga du Tombeau des Rois » 06.05.15)

Ce contrat n’a pas été respecté par la France ni de 1948 à 1967 (Jérusalem Est sous contrôle jordanien mais le territoire se voulait français !) ni après et encore moins aujourd’hui (sauf très, très partiellement). Il se pourrait même qu’il soit, juridiquement, caduc. Ce qui n’empêche pas la France de demander à Israël qu’il reconnaisse sa souveraineté sur le lieu et de renoncer à toute réclamation ultérieure. Et cela comme condition sine qua non pour ouvrir le site entièrement, intégralement, aux juifs aussi. La France dispose à Jérusalem de quatre territoires – l’Eglise Sainte Anne, le Monastère d’Abou Gosh, le Monastère d’Eléona sur le Mont des Oliviers et le Tombeau des Rois. Les trois premiers ont été confiés à des représentants des cultes catholiques mais le Tombeau des Rois (juifs) a été confié à une famille musulmane qui transmet la charge de père en fils. Cherchez l’erreur.

Pendant que notre pays est à feu et à sang (j’exagère un brin…) qu’avons-nous besoin de nous mettre à mal avec les habitants de ces deux pays qui ont tant contribué à la renommée de la France ? On dirait, vraiment, que l'on cherche les e........s comme si on n'avait rien d'autre à faire !

 

 

 

Partager cet article

Repost0
5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 20:30

« I walk on thin ice »

(E. Macron à un interlocuteur américain)

Nous vivons  une sorte d’intermezzo peuplé par les manifs de samedi après-midi (et leurs casseurs intégrés), par les débats auxquels participe le Président, par l’inexistence des partis politiques (ou de la majorité) à l’Assemblée Nationale et par la logorrhée des chaînes d’information continue qui vous font grossir une grenouille aux dimensions d’un bœuf   (La Fontaine m’excusera pour l’emprunt).

En guise de conclusion à ce qui se passe (sans savoir ce qui adviendra) je reprends un passage d’un texte de Erwan Le Noan publié  par Le Figaro le 30.12.18  qui me semble un bon résumé : « Le mouvement des «gilets jaunes» n'est ainsi pas révélateur d'une prétendue crise du libéralisme: il est le fruit de l'agonie de l'État-providence, qui se matérialise par la déliquescence des services publics et illustre l'incapacité des élites à proposer des perspectives susceptibles de donner du sens à l'exigence de changement comme de l'accompagner efficacement. »

On peut, donc, le temps de l’intermezzo, laisser un peu de côté ce qui se passe chez nous pour regarder l’autre pôle du blog : Israël et, naturellement, la relation France-Israël.

Que dire d’Israël que l’on n’ait pas déjà dit ? L’économie continue avec son rythme de croissance d’environ 3,5%/l’an depuis des lustres, le PIB/habitant est (à peu  de choses près) celui de la France, le salaire minimum (équivalent du SMIC) à dépassé le SMIC comme aussi, le salaire minimum en Allemagne ou celui d’Angleterre, deux fois plus qu’en Grèce ou Portugal, quatre  fois plus qu’en Europe de l’Est. Bon élève, le pays a un déficit budgétaire de 2% et  un endettement total de 60% du PIB (on dirait qu’il respecte les critères de Maastricht…Ce qui est aussi remarquable c’est l’investissement en start up(s) qui dépasse, annuellement, ce que l’on trouve en Allemagne, France ou Angleterre, en valeur absolue. Ajouter à cela la confiance des grands investisseurs étrangers qui n’ont cure des soi-disant risques liés à la situation géographique du pays. Un cas d’école mérite le rappel, INTEL : la semaine dernière, le Ministère des Finances israélien a annoncé qu'Intel avait décidé d'investir 11,9 milliards de dollars dans l’expansion de ses activités en Israël. 12% de tous les brevets déposés par Intel de 2015 à 2018 sont originaires d'Israël, ce pourcentage étant passé à 13,5% en 2018 ; Intel emploie 15.000 personnes en Israël et exporte annuellement plus de 4 milliards de $ de produits conçus, développés et fabriqués par ses filiales israéliennes. L’investissement total d’Intel en Israël dépasse 35 milliards de $.Tout en sachant que « it’s the economy, stupid » (J. Carville pour Bill Clinton) la liste des prouesses d’Israël est longue dans les domaines aussi différents que la vente d’armes sophistiquées (en 2015 déjà, Israël et les Etats Unis couvraient 71% du marché mondial de drones militaires ! – La Tribune), les usines de désalinisation d’eau de mer, l’irrigation « goutte à goutte », les végétaux/légumes génétiquement modifiés (les tomates cerise et variations similaires « inventées en Israël » par deux professeurs de l’Université Hébraïque de Jérusalem en 1973) ou ses contributions scientifiques (10 Prix Nobel de 1994 à 2013) ou ses autres contributions reconnues au plan mondial.  Donc, tout va bien. Oui, mais…

Difficile d’oublier que le voisin du Nord, à l’occasion d’une guerre tribale ayant fait plus de 500.000 morts, a laissé l’Iran essayer de s’implanter militairement sur sa frontière avec Israël cela avec la complicité de la superpuissance russe qui contrôle tout ce qui se passe en Syrie. Cependant, disposant de techniques inconnues aux uns et aux autres l’aviation israélienne se balade comme elle veut dans le ciel syrien (ou plus loin, on dirait que tous ses avions sont furtifs…) et détruit tout ce que les iraniens, soi-disant  abrités par la couverture anti-missiles des russes (réputée la meilleure du monde), décident d'installer. Un mot seulement : si une fusée est tirée par un équipement d’origine russe contre un avion israélien, on détecte sa trajectoire et on détermine l’endroit précis d’où la fusée est partie. Aussitôt (le tout se passe en moins d’une seconde) une fusée israélienne détruit l’équipement d’origine russe tout en renvoyant un clip vidéo pour prouver la destruction. Dernière date de l’utilisation du système le 21 janvier 2019 :

Deux résultats : les russes évitent d’activer les équipements anti-missiles car ils risquent d’être détruits et la suprématie aérienne d’Israël en Syrie est totale. Comme est (probablement) totale la collecte de toutes les informations militaires syriennes.

Dans son côté Sud Israël subit l’agitation permanente de deux autres supplétifs de l’Iran, le Hamas et le Jihad Islamique. Qui, entre autres, avaient « inventé » une nouvelle forme de guerre, guerre souterraine : construction de tunnels partant de Gaza (de sous les maisons…) pour arriver en Israël. Des tunnels longs de plus  de 2.000 mètres, équipés avec électricité, construits à plus de 30 m. de profondeur (certains à plus de 50 m !). Israël a réussi (après des recherches de plus de trois ans) à concevoir un équipement qui a permis la détection de tous les tunnels creusés par le Hamas et ensuite leur destruction. Des dizaines de millions de $, aide internationale fournie par les bienfaiteurs des palestiniens sont partis en fumée au lieu d’être utilisés pour assurer un niveau de vie acceptable aux habitants de Gaza. La France a consenti de 2008 à 2017 plus de 500 millions d’euros d’aide aux palestiniens (France Diplomatie). Ne le dites pas aux Gilets Jaunes qui réclament le retour de l’ISF. Quant  à l’Europe… elle contribue au bonheur de l’Autorité Palestinienne avec env. 450 millions d’euros annuels !

Mais les spécialistes du Hamas en construction de tunnels ont fait école : ils ont appris aux terroristes du Hezbollah (Liban) à faire de même sur une partie de la frontière d’Israël. Sauf qu’il s’est agi non pas de terrains terre/sable mais de terre/granit ! Qu’à cela ne tienne… Israël a réussi à détecter les tunnels récemment (certains forés à 60 m. sous terre !) et  de les détruire. Et en demandant pourquoi l’ONU ne proteste pas ? pourquoi les 16.000 membres des troupes de l’ONU stationnés du côté du Liban à la frontière avec Israël n’ont rien vu ni rien entendu ? 40 diplomates de l’ONU ont été conviés par Israël pour voir ce dont  il s’agissait :

Bon, on sait tout cela. Que l’Iran veuille détruire Israël n’est pas un scoop. Que tous les chefs militaires iraniens l’annoncent, urbi et orbi, n’est pas un scoop non plus. Le dernier en date (DEBKA, 03.02.19) : « Un jour après avoir testé un missile de croisière volant à basse altitude capable d'atteindre Israël, l'Iran a intensifié ses menaces dimanche. Le Général de Brigade Hossein Salami, Adjoint du commandant des gardiens de la révolution, a déclaré lors d'une réunion à Mashhad que la « capacité stratégique » de Téhéran était bien conçue « pour la destruction de l’entité  illégitime d’Israël ». Il a déclaré: «Nous les avertissons que si une nouvelle guerre éclatait, elle aboutira à leur disparition », ajoutant que le déclenchement des combats sur le terrain entraînerait la défaite d'Israël « dans un délai de trois jours ». Que ce clown ose menacer de disparition un pays crédité de disposer de 150 ogives nucléaires –partie classiques, partie à hydrogène et  partie à « neutrons » et de trois capacités pour les transporter (fusées balistiques, avions et sous-marins) voilà qui est et téméraire et  imprudent. Mais qu’aucun pays majeur, les médias, ou l’ONU ne soit scandalisé par ce genre de déclarations irresponsables cela laisse rêveur. Car, enfin, un pays membre de l’ONU menace de détruire un autre pays membre. La Charte de l’ONU ne l’accepte pas, je crois…

Même pas la France ? Eh oui, la France elle a d’autres soucis. Qui n’empêchent pas son Président d’être allé le week-end dernier faire du tourisme en Egypte et d'aller au cours du mois de février au Liban et en Irak, le tout après avoir annulé un voyage  prévu de longue date pour novembre dernier en Israël. De plus, toujours dans le cadre de la relation amicale franco-israélienne la France s’est trouvé encore deux sujets de dispute avec Israël : le fait qu’au bout de 20 ans de présence d’une force internationale (dont le penchant pour la « défense » des palestiniens et le parti-pris contre les israéliens est devenu trop évident) Israël a décidé de ne plus renouveler le mandat de ladite force (dont 3 des 5 membres n'ont jamais été disposés à être gentils avec Israël : Italie, Norvège, Suède, Suisse, Turquie). Ce qui a engendré une déclaration forte du Quai d’Orsay  « La France met en garde contre l'expulsion du groupe de surveillance d'Hébron qui pourrait exacerber les tensions et appelle Israël à reconsidérer sa décision » De quoi je me mêle ?

Mais il y a mieux. Le Tombeau des Rois d’Israël à Jérusalem, cela vous dit quelque chose ? Ce petit territoire[1] a été administré par la France pendant les derniers 150 ans. Elle a décidé de demander à Israël de reconnaître sa souveraineté sur ce territoire et de s’engager, par écrit, contre toute réclamation ultérieure.

Avouez que cela vaut son pesant de cacahouètes ! La France ne reconnaît pas la souveraineté d’Israël à Jérusalem (même pas sur Jérusalem Ouest) mais lui demande de reconnaître la sienne, pays qui se trouve à 3.500 km de là  sur un bout de sa capitale. Une nouvelle forme de néocolonialisme ? Ou simplement une nouvelle poussée d’antisionisme (pour ne pas dire antisémitisme) du Quai d’Orsay ? Non, c’est une affaire d’Etat : Des sources ont informé Israël Hayom que, lorsque le président Reuven Rivlin s'était rendu en France le mois dernier, il avait été surpris lorsque son homologue français, Emmanuel Macron, avait présenté les demandes de son pays concernant le site. (Israel Hayom, 05.02.19).

On va revenir en France car, vraiment, on file du mauvais coton chez nous ...

 

 

[1] A coté de Sheikh Jarrah, datant du Deuxième Temple, lieu où on a trouvé le sarcophage de Reine Helena d’Adiabene qui a été exposé au Louvre …

Partager cet article

Repost0
30 janvier 2019 3 30 /01 /janvier /2019 17:37

Je réponds, donc, aux remarques/observations/questions engendrées par le trois derniers textes mis en ligne.

1. Va-t-on s’en sortir du feuilleton « Gilets Jaunes » ?      Il semblerait que notre gouvernement (M. Macron) a du mal à admettre que ce qui se passe nous dépasse. Après avoir jeté   en pâture plus de 10 milliards d’euros dont personne ne semble mesurer l’importance pour notre « économie qui fonctionne à crédit », après avoir fait semblant de croire que l’on mettra le  « holà » aux exactions des barbares du samedi (fussent-ils des gilets jaunes ou des voyous venant des deux extrêmes) par une attitude plus ferme des forces de l’ordre et/ou par une loi voulant limiter/punir lesdites exactions on a le sentiment que la vie s’est arrêtée. On nous raconte n’importe quoi sur la limitation à 80km/heure » qui aurait réduit de 4% le nombre de morts en décembre (en oubliant tout ce qui a influencé une réduction des déplacements en voiture pendant le même mois) et on voit la super-majorité du Président à l’Assemblée Nationale regimber, car elle a du mal à avaler la couleuvre/ la nouvelle loi. Et le Président ?

Le Président ? Fatigué sans doute par ses interventions « questions pour un champion » il est parti faire du tourisme en Egypte. Certes, en partant, on nous avait dit que « la question de la vente d’armes sera au centre des discussions » mais… au retour on ne nous a rien dit des fabuleux contrats signés. Sans doute, parce que rien n’a été signé…Alors ? Et bien, le Président a fait à l’Egypte la leçon concernant les droits de l’homme et… un peu de tourisme : à plus de 1.100 km du Caire, visiter Abou Simbel

Le week-end a été bien rempli ! Et l’empreinte CO2 pour l’aller-retour en avion à Abou Simbel… qui s’en préoccupe ?

Et alors ? On continuera à entendre les billevesées habituelles, «rendre le ISF», « prendre aux riches », « changer la République » et autres ejusdem farinae. Dans un pays ou 58% des foyers fiscaux ne payent pas l’IRPP on devrait se souvenir du mot d’Alphonse Allais : ll faut prendre l'argent là où il se trouve : chez les pauvres. Bon d'accord, ils n'ont pas beaucoup d’argent, mais il y a beaucoup de pauvres ! De plus, les élections européennes vont nous donner le droit d’entendre les idioties des uns et des autres, les uns pour, les autres contre, et il faudra ensuite trouver moyen de vivre dans un paysage  - sans doute - sérieusement modifié tant il semble possible que les ennemis de notre Président (la lèpre nationaliste…) les gagnent. Peu probable que les choses changent chez nous, l’approche « Robin des bois » continuera à être la vulgate dominante. Et ses nouveaux promoteurs, les gilets jaunes continueront à nous mettre hors de nous une fois par semaine, le samedi de préférence.

 

2. Et dans le monde, que se passe-t-il ? Presque rien…

  • au Venezuela, pays auparavant le plus riche de l’Amérique Latine (2001, www.slate.fr) le socialisme de MM Chavez et Maduro a réussi à mettre le pays quasiment en faillite. Plus de trois millions d’habitants (10% de la population) l’ont fui, la pénurie d’aliments, de médicaments et d’énergie (?!) y est endémique et le président qui a perdu les élections présidentielles ne veut pas céder la place à celui qui les a gagnées. 21 pays reconnaissent le nouveau président, l’Europe (à l’initiative de l’ Espagne) demande, sous forme d’ultimatum, de décider de nouvelles élections sous huit jours (?) – dernier carat le 2 février et 8 pays soutiennent le perdant : Russie, Chine, Vietnam, Bolivie, Cuba, Syrie, Tunisie, Turquie. Et Monsieur Mélenchon, en excellente compagnie, comme toujours. L’ardeur révolutionnaire de ce triste sire l’oblige, contre vents et marées, être du côté d’un régime honni par son peuple. Et quand on pense qu’il a été, crédité de pouvoir gagner l’élection présidentielle chez nous… Oui, on l’a échappé belle !

  • en Syrie, pays totalement détruit par l’amok musulman (chiites contre sunnites et vice-versa), à part les groupes et milices diverses, on trouve trois acteurs, non pas « le bon, la brute et le truand » mais trois truands. Un (la Russie) qui veut, enfin, s’ancrer en Méditerranée (souhait présent depuis Catherine II, accès à une mer chaude), un autre (la Turquie) qui veut exterminer une partie des kurdes syriens qui veulent avoir une région à eux au Nord de la Syrie (comme leurs frères d’Irak) ce qui pourrait donner des idées aux 20% de kurdes de la population turque, un autre (l’Iran) dont la double velléité (dominer le Proche Orient et se trouver sur la frontière Nord d’Israël qu’il veut « rayer de la carte ») est l’explication la plus simple. A part le centre de Damas, il n’y a pas une ville qui soit restée debout en Syrie. Plus de 5 millions de réfugiés (25% de la population). Les 21 millions d’habitants en 2010 (avant le début des hostilités) sont devenus un peu plus de 16 millions, le Liban et la Jordanie en ayant hérité la différence.

Tout détruit et quelques 450 à 500.000 morts (comptez aussi, comme dans tous les conflits, 6/8 blessés pour un mort…). La Russie clame son souci d’assurer la sécurité d’Israël ; la Turquie (membre del’OTAN…) s’oppose aux États Unis qui veulent défendre les kurdes et menace tous les jours d’envahir le région en question de la Syrie ; l’Iran… subit, à répétition, les attaques dévastatrices israéliennes contre ses installations et ses troupes mais s’y incruste car la destruction d’Israël est inscrite, en lettres de feu,sur le frontispice de la République Islamique. *

* Brig. Gen. Hossein Salami was quoted by Iranian news outlets as saying, “Our strategy is to erase Israel from the global political map. And it seems that, considering the evil that Israel is doing, it is bringing itself closer to that.”

Et la France ? Elle aussi est présente en Syrie, et va ramener en métropole quelques centaines de djihadistes, enfants de la république et des « cités » partis, certains avec femme et enfants, pour torturer et tuer les ennemis d’Allah en Syrie.

Aux Etats Unis – économie en plein boom, chômage au plus bas (y compris pour les populations noire et latinos), pays devenu le premier exportateur de pétrole au monde (!), indices boursiers à plus de 25% supérieurs à ceux du commencement de l’Administration Trump et une bataille de tous les jours entre cette administration et l’opposition (parti démocrate en train d’opérer un glissement vers une gauche plus radicale que ce que l’on a connu là-bas). Et, en même temps, trois dossiers à caractère stratégique dont les conséquences seront plus qu’importantes pour le reste du monde :

 

- Dénucléarisation de la Corée du Nord – un espoir pour la Corée du Sud, le Japon et une bonne partie de l’Asie, un jeu savant de pressions et récompenses surtout pour la Chine (sans laquelle rien ne serait fait) ;

  •  - Équilibrer les échanges commerciaux (surtout avec la   Chine et l’Europe) – promesse de campagne de            M. Trump et qui marque un changement fondamental de la politique américaine visant le « globalisme »--

- Empêcher l’Europe de « sauver » l’Iran des sanctions     américaines qui visent trois domaines, i.e., la volonté de dominer le Proche Orient, le développement de fusées balistiques à capacité nucléaire et la suite du fameux JCPOA qui laisse l’Iran à accéder « à la bombe » dans quelques années.

 

Quand on regarde le monde ... les points de rencontre des gilets jaunes sur les routes nationales ou sur les autoroutes on a vraiment du mal à les voir !

 

 

Partager cet article

Repost0
24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 17:27

On assiste, médusé, aux émissions des chaînes de TV ou, même, aux « questions pour un champion » dans lesquelles notre Président se trouve face à des centaines de maires dont les questions, affirmations ou contre-vérités nous déboussolent. Car, quand même, que se passe-t-il dans notre pays depuis ce jour funeste de novembre 2017 quand 300.000 de nos compatriotes se sont mis sur le dos le gilet  jaune qu’ils avaient dans leur voiture ?

Je vais faire simple et essayer d’aller droit au but : on assiste à une guerre d’usure car confrontés à un problème qui n’a pas de solution.

Guerre d’usure – chaque samedi des citoyens, plus ou moins civilisés, font savoir à la communauté nationale qu’ils ne sont pas contents ni de leur sort ni de ce que les «instances légitimes» du pays ont fait, font ou feront pour satisfaire leurs revendications. Revendications économiques qui, aussi légitimes qu’elles puissent paraître, se heurtent frontalement aux pénuries budgétaires dans lesquelles le pays se meut depuis une quarantaine d’années. Il devient, de plus en plus, évident que ce que les «instances légitimes» du pays peuvent faire – à part de promettre des lendemains qui chanteront une fois que les réformes, faites à moitié ou au tiers, produiront leurs résultats – ne sont que des cataplasmes sur des jambes de bois, tout au moins considérées comme telles par ceux qui réclament  « justice ».

Non, il n’est  pas facile de vivre avec des subventions de quelques centaines d’euros par mois quand on est devenu chômeur de père en fils. Non, il n’est ni facile ni sain de « tenir les murs » quand on fait partie de la tranche de la population de 15 à 34 ans que les anglo-saxons appellent les NEET (Not in Éducation, Employment or Training) : 2,85 millions (dont 40% viennent de la « diversité») soit 18,1% d’un groupe qui comporte 15,75 millions dans notre pays (OCDE – Enquête Emploi INSEE, 2017). Comme il n’est ni sain ni facile pour le pays d’avoir à supporter, peu ou prou, 6 millions de chômeurs (France Métropolitaine).

 

Et puisque c’est comme cela, les Gilets Jaunes, avec la sympathie (ou le support) de plus de la moitié des français obligent les « instances légitimes » du pays de prendre une posture défensive qui trouve, même parmi les siens, des justifications essentiellement à caractère moral. Car, enfin, on ne peut pas dire du mal des gens pauvres qui souffrent et qui le font savoir.

Et puisqu’il n’est pas possible de dire du mal on essaye d’expliquer, convaincues comme sont « les instances légitimes » que tout est question de pédagogie.

Pédagogie ? Ce serait vrai, peut-être, s’il s’agissait d’un problème pour lequel on explique comment  le résoudre. Mais s’il n’y a pas de solution ?

La France, un problème sans solution – Rien n’est  simple, plein de  facteurs pour un problème/équation à inconnues multiples, je vais en choisir un pour tenter d’expliciter le propos. Les retraites.

Depuis quarante ans on vit dans le cadre d’un modèle social qui trouve ses origines dans la naissance de « l’état-providence » dont le catalyseur s’est trouvé être une période faste, «les trente glorieuses». Ce modèle comportait (été fondé), d’une manière consubstantielle, une croissance économique pérenne élément essentiel pour le développement d’une société apaisée dans laquelle les conflits sociaux se règlent par le dialogue entre les partenaires sociaux. La croissance pérenne avait comme corollaire une capacité -pérenne à son tour- d’assurer chaque tranche d’âge d’une fin de vie cohérente avec sa catégorie socio-professionnelle. Le tout se traduisant par « la retraite par répartition» - ceux qui travaillaient réglant les pensions de ceux qui partaient à la retraite. On arrive au premier terme du problème sans solution.

En 1981 F. Mitterrand impose une  promesse de campagne «la retraite à 60 ans». Il ne fallait pas sortir de Saint Cyr pour comprendre que la réduction du nombre d’actifs allait créer une distorsion dans l’équilibre «cotisations/pensions». Il  s’agit du premier élément du problème sans solution : «En 2000 en France, seuls 20 % des hommes âgés de 60 à 64 ans étaient actifs contre 70 % en 1960 (Laffargue 2008, p. 313)» Le deuxième élément, la croissance économique du pays n’a pas été pérenne :

Des études savantes montrent qu’en deçà d’une croissance annuelle de 1,8%  l’économie française ne peut pas créer suffisamment d’emplois pour remplacer les départs à la retraite et absorber, éventuellement, une partie du chômage.  Regardez la courbe de la Banque Mondiale et vous comprenez qu’un gouffre s’est créé, patiemment, depuis les années 70. De moins en moins de gens au travail, de plus en plus de retraités (pour de plus en plus de temps car l’espérance de vie  augmente) et de plus en plus de chômeurs le tout avec une croissance en berne (on l’appelait même, «croissance négative» quand l’économie s’amenuisait). Très bien mais… les gens à la retraite devaient recevoir leurs pensions pour lesquelles ils avaient cotisé pendant leurs années de travail. Sauf que ceux qui travaillent aujourd’hui sont de moins en moins nombreux… En 1960 on trouvait en France 4 personnes qui travaillaient pour une à la retraite. 50, 60 ans après on trouve, peu ou prou, 1,4 personnes qui travaillent pour une à la retraite (14 millions de retraités, 21 millions d’actifs). Que doit-on faire? Augmenter l’âge de départ à la retraite ou augmenter les cotisations de ceux qui travaillent ou réduire les pensions de ceux qui sont à la retraite. Cela s’appelle faire des réformes. Comme en Nouvelle Zélande ou au Canada ou en Allemagne. Pour des raisons multiples et variées la France ne les a pas faites.

Vint Monsieur Macron. En laissant de côté ce qui n’est pas essentiel  (comportement, cursus, éloignement du «peuple») il s’est mis en tête de prendre autant de décisions que nécessaires pour tenter de rendre au pays le lustre qui était le sien jadis. Sachant qu’en réussissant, la France pourrait de nouveau prétendre être «premier violon» en Europe. Savait-il, avait-il réalisé, soupçonnait-il que ce qu’affronte le pays est un problème sans solution ?

Pour faire simple on dit «les Gilets Jaunes» (ou les masses qu’ils représentent) se trouvent sur une autre planète que «les instances légitimes». Effectivement, on voit des gens (dans les émissions de TV)  qui proposent comme unique solution pour améliorer leur sort  «de changer l’impôt». Avec presque deux tiers  (58%) des foyers fiscaux qui ne payent pas l’IRPP, avec 25% des foyers qui payent 70% du total (ce qui  en dit long sur sa progressivité) l’IRPP collecte 80 milliards d’euros et représente moins de 4% du PIB du pays. Mais… la France étant la seule au monde à avoir un ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune) avec un rendement de moins de 5 milliards d’euros… M. Macron, à juste titre le supprime (en partie).  Dans le pays qui a donné au monde la révolution de 1789 et de ses épigones (la Russie en 1917, la Chine 1949…)  c’est pire qu’un crime, c’est une faute (Joseph Fouché)… Et voilà des dizaines de milliers de Gilets Jaunes qui battent le pavé tous les samedis et crient, avec force, «rendez l’ISF»

Et personne pour leur dire que l’ISF abandonné (3,4 milliards d’euros) repris et distribué aux 65 millions de français ferait 52 euros par personne et par an soit moins de 5 euros par mois ! Quelle aubaine !

Comme on ne leur dit pas sur quoi la France dépense ses sous. On a réduit le total des dépenses à 1.000 euros et voilà le détail :

Plus de la moitié du budget pour les dépenses sociales (!), 10 fois plus pour la charge de la dette que pour la justice (!), 10% pour l’éducation (qui depuis des dizaines d’années «fabrique» tous les ans 150.000 gosses qui ne savent pas bien ni lire ni écrire ni faire des calculs).

Sauf à me démontrer le contraire, le problème auquel est confronté notre pays est insoluble (sans solution). Avec 6 millions de chômeurs, 6 millions de fonctionnaires, 14 millions de retraités et SEULEMENT 21 millions d’actifs dans l’économie privée, avec une dette de plus de 3.000 milliards d’euros (y compris celle pour la retraite des fonctionnaires) M. Macron n’a pas l’ombre d’une chance de pouvoir faire ce qu’ils souhaitait faire. Et la guerre d’usure que les Gilets Jaunes mènent contre la France (perte de croissance probable d’au moins 1%, déjà) ne fait qu’aggraver, de jour en jour, une situation qui, aussi désespérée qu’elle nous paraît aujourd’hui, le deviendra encore plus pour nos enfants et nos petits-enfants. Sauf si…

 

 

Partager cet article

Repost0
16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 09:20

 

Depuis neuf samedis de suite (en attendant le dixième) de 300.000 à 30.000 Gilets Jaunes ont martyrisé le pays soit par leur actions directes soit par le rôle de catalyseur pour les groupes barbares d’extrême droite, d’extrême gauche et d’ailleurs. Des commerces ruinés, des déprédations pas toujours compensées par les assurances, des destructions frisant la souillure de monuments historiques. Et un gouvernement - sous l’autorité non partagée - du Président de la République qui se voulait « Jupiter, maître des horloges » Certes, nous sommes en Cinquième République, considérée comme un exemple de monarchie démocratique. Mais avec le dernier Président élu… le régime est en train de devenir « autoritaire ». Pas encore comme en Russie mais…

Et tout Jupiter qu’il se veut, notre Président a présidé un gouvernement constamment en retard d’une réponse aux actions des factieux qui, après avoir encaissé les « miettes » distribuées pour les faire taire (quand même quelques 12 milliards d’euros…) sont arrivés à contester l’ordre établi du pays : «Macron démission»  référendum d’initiative citoyenne, faire payer les riches, la panoplie entière des derniers trotskistes, M. Mélenchon annonçant la révolution).

Et Jupiter a tranché : pour arrêter la révolte (expression de colères accumulées depuis des lustres) il vient de proposer au peuple un débat large et national. Remarquez, c’est original. Ce n’est pas du niveau de Marie-Antoinette mais c’est tout comme. Vous n’arrivez pas à joindre les deux bouts ? Venez débattre pour (je cite) « transformer les colères en solutions ». Une lettre aux français résume quelques dizaines de questions proposées au « libre débat ». Il y  aurait  quoi dire de chacune d’entre elles. Pour ne pas ennuyer le lecteur j’en ai choisi trois.

1. Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ?  Suivez-moi. Le débat est organisé par la CNDP (Conseil National du Débat Public) dont vous ignoriez, sans doute l’existence. Et bien, sachez que notre République dispose de 26 Agences, Commissions, Conseils et Hautes Autorités qui doivent faire tout ce que les plus de 5 millions de fonctionnaires ne peuvent pas faire.

Et, naturellement, chaque structure évoquée dispose d’un Président dont le salaire  annuel peut aller jusqu’à 240.000 €.

Lesdites structures vont coûter en 2019 à la Nation 427 millions d’euros, soit 15 % de plus qu’en 2018 (370 millions). Puisqu’il faut faire des économies …

Ancien Ministre (à Bercy) notre Jupiter a-t-il besoin, vraiment, de l’avis des Gilets Jaunes (et du reste de la population) pour décider la liquidation de ces Agences, Conseils, Commissions… toutes gérées par des Enarques distingués, certains sortis de la même promotion que la sienne ?

2. Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ? Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ? Suivez-moi. Quand 58% des foyers  fiscaux ne payent pas d’impôt (IRPP)  et quand 1% des foyers payent 25% du total collecté et 10% des foyers payent 70% du total collecté… rendre l’impôt plus juste veut dire faire payer un impôt aux 58% des foyers ! Provocation ? Non, ce n’est pas une provocation. Une des raisons de l’apparition des Gilets Jaunes et de leurs revendications économiques  se trouve dans l’irresponsabilité de deux citoyens sur trois vis-à-vis de l’Etat, bien commun, pour lequel ils ne payent rien. Ne rien payer en impôt sur le revenu veut dire qu’il y a solution de continuité entre le citoyen et la communauté. Alors, les entendre vouloir plus de ceci et plus de cela tout en réduisant les impôts (qu’ils ne payent pas) veut dire en clair confisquer un peu plus des revenus des riches ou de ce qu’ils appellent maintenant « les plus aisés ». Et d’après les mesures prises récemment les plus aisés commencent à 2000-2500 €/mois.

Ancien Ministre (à Bercy) notre Jupiter a-t-il besoin, vraiment, de l’avis des Gilets Jaunes (et du reste de la population) pour dire au pays que la seule manière possible pour réduire les impôts est la réduction du nombre de fonctionnaires employés par l’État et les collectivités locales ?

 

3.Y a-t-il trop d’échelons administratifs ou de niveaux de collectivités locales ? Faut-il renforcer la décentralisation et donner plus de pouvoir de décision et d’action au plus près des citoyens ? Suivez-moi. Depuis le premier mandat de M. Mitterrand on vante les mérites de la décentralisation. Et depuis 40 ans tous les gouvernements, de droite et de gauche ont « décentralisé ». En réalité, on a créé des structures intermédiaires (communauté de communes, intercommunales, attributions pléthoriques et superposées département-région, communautés de régions) qui au lieu de décentraliser ont centralisé les pouvoirs chaque fois à l’échelon supérieur. Tant et si bien que le nombre de fonctionnaires de l’Etat Central n’a pas diminué mais… la fonction territoriale compte aujourd’hui pas loin de 2 millions de fonctionnaires. Tout cela a culminé avec la fusion de certaines régions (pendant le mandat de F. Hollande, quand M. Macron était à Bercy…) ce qui a conduit à des dysfonctionnements coûteux  qui n’ont aucune chance d’être résorbés.

Ancien Ministre (à Bercy) notre Jupiter a-t-il besoin, vraiment, de l’avis des Gilets Jaunes (et du reste de la population) pour dire au pays que la seule façon possible de réduire les impôts est la réduction du nombre de fonctionnaires employés par l’État et les collectivités locales ?

Résumons. Le pays (M. Macron) se trouve devant trois types de revendications *: (a) de gauche, (augmenter le SMIG, réduire  l’âge de départ à la retraite plus toute une liste de demandes « légitimes »), (b) de droite, (diminuer les impôts et les taxes pour les petites entreprises,  réduire/arrêter l’immigration illégale, utiliser les moyens légaux pour assurer l’autorité de l’Etat), (c) déraisonnables – payer  le tout  par endettement .

Endettement ? De l’élection de M. Macron (T2-2017) à aujourd’hui (T4-18) l'endettement de la France a augmenté, peu ou prou, de 90 milliards d’euros à environ 2.350 milliards d’euros. Soit, peu ou prou  100% du PIB français, sans compter la dette pour la retraite de fonctionnaires (8-900 milliards d’euros). Vous avez dit  augmenter l’endettement ?

 

Et Jupiter nous dit que ce qu’il veut faire c’est de redonner à la France  son lustre ancien et sa position dans le monde. Et qu’a-t-il pour le faire ? Un chômage endémique qui se trouve toujours entre 9 et 10% et qui ponctionne sérieusement les comptes de la nation, une dette pharamineuse et des citoyens qui ne croient plus un mot de ce que les gouvernants leur disent. La France, après avoir perdu une position il y a trois ans déjà, est aujourd’hui la 6ème économie du monde. Standard Chartered (UK) vient de publier ses projections pour 2030 : nous ne serons plus parmi  les 10 premières économies …

ooooo

Mais  le blog… géopolitique… Pendant qu’il  ne sait  pas comment s’en sortir en France, Jupiter fait feu de tout  bois pour sauver, avec Mme Merkel  (qui veut sauver le business allemand) et Mme Mogherini (pièce maîtresse de l’anti-américanisme en Europe) ce qui reste de l’accord JCPOA (Iran) que les États Unis ont abandonné.  Cela tombe bien, on vient d’avoir l’Étude d’éminents spécialistes (entre  autres, David Albright, premier interrogateur des scientifiques nucléaires iraniens et Olli Heinonen – qui avait identifié  A. Q. Khan, le « proliférateur » - Libye, Iran, Syrie, Corée du Nord. Que nous disent-ils (The Amad Puzzle - The Shahid Boroujerdi Project for Production of Uranium Metal & Nuclear Weapons Components 11.01.19) ? « Les informations sur une installation du Projet 110 inconnue à ce jour mettent en lumière l’immense valeur des archives nucléaires saisies par Israël pour combler les pièces manquantes du puzzle que constitue le programme d’armes nucléaires de l’Iran.... La construction de ce site signifie que le programme d'armement nucléaire de l'Iran a effectivement progressé plus loin que l'évaluation de l'AIEA à la fin de 2015, juste avant la mise en œuvre du Plan d'action global commun (JCPOA), lorsqu'elle affirmait qu'une série d'activités pertinentes pour le développement d’un engin explosif nucléaire « n’a pas dépassé les études de faisabilité et scientifiques, ni l’acquisition de certaines compétences et capacités techniques pertinentes ». L’existence et les projets de ce site sont en contradiction flagrante avec cette évaluation. Un morceau manquant du puzzle AMAD (nom de code du programme nucléaire iranien) est identifié. Autant dire que des hypothèses essentielles sur lesquelles reposait le JCPOA et que  M. Obama a bien voulu prendre en charge (et certifier aux autres Etats comme valides) reposaient, en fait, sur un manque d’information …

Pas mal… Si un jour les iraniens ont « la bombe » ils devront remercier l’Europe  et… M. Macron. Car M. Obama avait déjà reçu son Prix Nobel  quand il a commencé son mandat. Vamos con Dios

*(PE.Gobry,https://www.commentarymagazine.com/articles/yellow-rise-paris/ 12.18)

 

 

 

Partager cet article

Repost0
6 janvier 2019 7 06 /01 /janvier /2019 19:04

 

Tout d’abord, un mot : pourquoi écrire ? Depuis une douzaine d’années depuis que le blog existe, j’ai pris l’habitude (la décision) de ne pas répondre aux observations, remarques, quolibets ou injures qui m’étaient adressées par certains lecteurs, tout en essayant de faire une synthèse des observations/remarques/interrogations qui me paraissaient légitimes pour apporter un élément supplémentaire de réflexion.. Et aussi, en laissant un peu de temps s’écouler entre un écrit et mon retour. Aujourd’hui le temps se comprime, on ne sait plus ce qui s’est passé il y a une semaine car on a la tête pleine de ce que les chaînes d’information continue y ont déversé hier ou, tout au plus, avant-hier. En clair : les observations/remarques/interrogations engendrées par mes deux derniers textes me conduisent à en mettre en ligne un troisième.

Oui, nous assistons au développement d’une double imposture.

Pour commencer, celle des « Gilets Jaunes ». Je ne vais pas répéter tout ce que les caisses de résonnance bien ou mal pensantes (« les médias ») nous serinent depuis six semaines. C’est toujours la même antienne, « si cela est c’est qu’il y a une explication sociale ». C’est la société qui est responsable car, si…. Je ne vais pas, non plus, écarter d’un revers de main l’intégralité des revendications économiques mises en avant par des représentants auto-proclamés du peuple. Je vais essayer de raison garder en regardant de plus près ce dont il est question. Et ce dont il est question c’est le sort une partie des français, ceux qui - pour des raisons diverses mais en (très) grande partie individuelles - n’ont pas bénéficié, comme la majorité, des retombées du développement économique du pays et/ou de la « mondialisation. En clair les pauvres.

J’avais écrit « La France est aujourd'hui un des pays les plus riches du monde avec, probablement, le plus généreux système de protection sociale. La semaine de travail est la plus courte au monde, les vacances annuelles sont les plus longues, l’éducation (y compris supérieure) est gratuite. Nos concitoyens sont mieux nourris, mieux logés, mieux vêtus et mieux divertis que jamais. Ils sont également en meilleure santé : l’espérance de vie est supérieure de 20 ans à ce qu’elle était en 1958 (INSEE). » Personne, parmi les lecteurs du blog n’a trouvé quelque chose à y redire.

Mais les tenants du discours « faut prendre aux riches pour donner aux pauvres » soit autant les représentants auto-proclamés du peuple que ceux patentés (La France Insoumise, Le Rassemblement National et d’autres) qui mettent en avant, avec raison, leur qualité d’élus du peuple, n’ont pas justifié autrement que par des invectives et des propos insensés pourquoi il faut « donner aux pauvres ». Il y a là une imposture.

« 17,3 % des Européens, soit 87 millions de personnes, vivaient sous le seuil de pauvreté en 2015 selon Eurostat [1], si on prend en compte le seuil à 60 % du revenu médian de chaque pays. La Finlande (11,6 %), le Danemark (11,9 %), la Norvège (12,2 %) et les Pays-Bas (12,7 %) font partie des pays où le taux de pauvreté est le plus faible. Avec un taux à 13,6 %, le niveau de la pauvreté en France se situe également parmi les plus bas d’Europe. Il est même le plus faible des pays les plus peuplés.

À l’opposé, la Roumanie (25,3 %), l’Espagne (22,3 %) et la Grèce (21,2 %) ont les taux de pauvreté les plus élevés. L’Italie et le Portugal ne sont pas loin avec respectivement 20,6 % et 19,0 %. Ces pays sont fortement touchés par la crise économique et ont un taux de chômage très élevé, notamment chez les jeunes.

En prenant en compte les seuils à 40… 6,4 % de personnes sont touchées en Europe. En Roumanie (13,5 %), en Espagne (10,7 %) et en Grèce (10,2 %), plus d’une personne sur dix vit dans la grande pauvreté. Le Royaume-Uni (5,6 %), la Suède (5,1 %) et l’Allemagne (4,8 %) sont proches de la moyenne européenne. En France, la part de la population très pauvre est parmi les plus faibles (3,1 % selon Eurostat). Seule la Finlande contient encore mieux la grande pauvreté (2,2 %). » (Observatoire des inégalités – 17.06.18). Et voilà le graphique qui indique le pourcentage de la population du pays qui vit sous le seuil de pauvreté pris à 40, 50 et 60% du revenu médian de la population :

Ce que l’on apprend c’est que les pauvres en France sont parmi les pauvres les plus riches (en valeur relative et absolue) de l’Europe : Finlande, Pays-Bas, France – le trio de tête. Qu’est-ce à dire ?

Premièrement, que l’on doit regarder « la pauvreté » avec circonspection. Non pas que je récuse le terme mais que l’on doit savoir de ce que l’on parle. On met en avant le cas de la mère célibataire qui élève un enfant. Ses besoins sont de deux natures : indispensables (nourriture, logement, vêtements, transport), d’un côté, et non indispensables (communication, moyens électroniques, distractions, voyages, vacances, spectacles). Il me semble qu’autant les dépenses indispensables doivent être assurées même pour ceux qui se trouvent sous le seuil de la pauvreté, les autres peuvent faire l’objet d’arbitrage. Pour fixer les idées, les plus pauvres de nos concitoyens (seuil à 40% du revenu médian -3,1%) disposent mensuellement de 736€ (Eurostat 14.12.18) – plus les subventions diverses (Aides et Allocations CAF, RSA et Impôts – de 170 à plusieurs centaines d’euros). Acheter (un ou plusieurs Smartphones) peut écorner le revenu du citoyen de 35 à 40% pour un mois soit de quelques 5/7% pour l’année. Car le prix moyen d’un Smartphone est de 330€ ! Sans compter le coût de l’abonnement de 200 à 750€ l’an pour une utilisation « triple play » (téléphone, internet, TV).

Regardez :

41 millions d’utilisateurs de Smartphones en France, 28,5 millions de ménages soit 1,45 Smartphone par famille. Le prix moyen d’un Smartphone étant de 330 € (Les Echos, 24.01.18). Naturellement, on pourrait répéter la démonstration pour les baskets de grande marque, les T-shirts marqués ou les tickets pour le dernier concert de Michel Sardou.Tout ce qui précède pour dire, autant de fois qu’il est nécessaire, que la pauvreté en France doit être regardée de plus près avant d’en faire l’étendard d’une nouvelle révolution ou révolte. Ajoutons, quand même, un autre élément : « la diversité » (première et deuxième génération) est « mesurée » (mal) en France à 6/8 % de la population. Il ne serait pas surprenant de trouver que les 3,1% d’extra pauvres en France se recrutent parmi cette composante de la population qui, en très grande partie ne dispose que des subventions (multiples et variées). Si l’on est sérieux, quelle conclusion tirer ?

Bref, une première imposture, elle nous « bouffe » le cerveau, tant on a eu (et on a encore à 55%) de la sympathie, voire de la solidarité, pour ceux qui occupent les péages, les camemberts des routes et, à l’occasion, détruisent (ou laissent détruire) le mobilier public et les devantures des magasins privés à Paris ou Bordeaux ou Toulouse ou Marseille.

Mais il y a une deuxième imposture. Celle de l’État-Providence « Confronté à une mutation de son environnement, il a conservé les mêmes règles de fonctionnement. Pour faire accepter des transformations qu'il ne maîtrisait plus - parce qu'il ne les comprenait pas -, il a accru en vain les dépenses publiques et les impôts afin de les compenser. Espérant rendre la situation plus acceptable, il n'a contenu les inégalités qu'au prix d'une stagnation sociale qui obstrue les perspectives d'avenir: en France, les pauvres ne le sont pas trop, mais ils le restent » (Erwan Le Noan, Le Figaro Magazine 31.12.18). Faisant semblant d’assurer « la justice » en faveur des pauvres on a pris (non pas au riches) mais aux moins pauvres (classe moyenne supérieure et celle d’après) pour donner aux pauvres. Déshabiller Paul pour habiller Pierre c’est tout ce que le sieur Macron, à la suite de F. Hollande et de N. Sarkozy, a décidé de faire. Derniers exemples ? Une grande partie des 14 millions de retraités qui subissent l’augmentation de la CSG (taux maximum 8,3% dont 2,4% soumis à l’impôt…) et qui sont aussi ceux pour lesquels la taxe d’habitation ne sera pas annulée (20% de la population). Mais… tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse »… La stagnation sociale en France, depuis deux ou trois dizaines d’années est tellement évidente que l’on ne s’en préoccupe plus. Cela ajoute à l’impossibilité de ce qui fût « l’ascenseur social » de faire œuvre de promotion pour ceux d’en bas qui font des efforts pour le mériter… En continuant de donner « tout à tout le monde, tout de suite » sous prétexte de construire un pays qui « protège et qui est juste » M. Macron s’inscrivant dans la lignée malheureuse de ses prédécesseurs a utilisé, utilise, le tonneau sans fin de l’endettement. Fût un temps quand on dévaluait le franc… 3 dévaluations pendant les deux premières années du premier quinquennat de M. Mitterrand ! Économiquement ce que M. Macron fait (et encore il y a un mois en dispensant larga manu plus de 10 milliards d’euros au peuple qui en voulait plus…) ce n’est qu’une imposture. Et elle s’accompagne d’un comportement de l’Etat qui l’amplifie : absence de courage pour rester droit dans ses bottes et arrêter la pantalonnade des Gilets Jaunes. Il a commencé par céder à la rue, il n’a pas le courage de s’y opposer par tous les moyens légaux qui existent. Assister, sans réagir sérieusement, au lynchage de policiers ou gendarmes (clips vidéo qui passent en boucle sur les stations de TV) ad nauseam ce n’est pas ce qu’un Etat digne de son nom devrait faire. Il le fait cependant, le comportement de l’Etat actuellement est, selon moi, une deuxième imposture. Nonobstant les excuses « état de droit, droits de l’homme, proportionnalité des réactions et autres fadaises qui ne justifient que l’inaction. Quousque tandem… ?

 

Partager cet article

Repost0
3 janvier 2019 4 03 /01 /janvier /2019 09:22

Je vais essayer, donc, de répondre implicitement et explicitement aux interrogations multiples engendrées par mon dernier texte.

On me reproche, majoritairement, d’afficher un manque de solidarité (et de compréhension ?) avec le phénomène « Gilets Jaunes » surtout en se référant aux enquêtes d’opinion qui montrent que plus de 60% des français, eux, sont solidaires du mouvement. Soit.

Je laisse de côté les revendications à caractère économique qui, en grande partie, disposent d’une légitimité, car des partis divers et presque tous les syndicats les avaient mis en exergue depuis un certain temps. Je vais aborder (avec prudence, vu le sujet et les circonstances…) celles liées à l’organisation de la société. La plus téméraire est celle qui demande la démission de M. Macron.

Supposons (par absurde) que notre Président démissionne. Tant que nous n’abrogeons pas la Constitution (par consensus du Sénat et de l’Assemblée Nationale ou par révolution – la France en a connu d’autres… - ou par un coup d’état – aussi connu par le passé) on se trouvera devant deux questions : (a) qui pourra prendre sa place et (b) que va-t-il changer en France ? Pour certains… n’importe qui (du peuple) fera mieux mais (b) quant à l’économie qui pourrait s’avérer irréformable… on ne voit pas comment « le peuple » pourrait avoir un meilleur avenir. Ce qui me fait tirer une conclusion : quiconque occupera l’Élysée ne pourra pas faire mieux, et peut-être même fera pire que son occupant actuel.

Ouvertement ou « confusément » ce que les plus évolués des « Gilets Jaunes » mettent en avant c’est la dilution évidente du pouvoir des citoyens à influencer leur propre destin. Je vais m’aventurer, dans le monde des concepts socio-politiques qui - on s’en doute - m’est assez étranger. Mais, courage… « vers l’Orient compliqué volons avec des idées simples » disait le Général.

Si l’on trouve que le citoyen n’a pas voix au chapitre dans son pays d’organisation démocratique, qu’est-ce à dire ?

C’est ainsi, car il y a une divergence profonde, partie intégrante du paradoxe « nationalisme et supra nationalisme » D’un côté, la logique de l’organisation des sociétés humaines commande la réunion des états-nation en groupements pouvant aborder les grands problèmes qui sont devant l’humanité : faire vivre 8 ou 10 milliards d’êtres sur la planète, le réchauffement climatique (dans ce qu’il a de réel, laissant de côté les exagérations et les objectifs impossibles d’atteindre), le remplacement des sources d’énergie actuelles par de nouvelles d’une structure totalement différente ou les mouvements migratoires du monde. Ce qui précède est un postulat (il ne nécessite pas de démonstration car il n’y en a pas…). D’un autre côté, toutes les sociétés humaines - pour des raisons qui restent à déterminer - s’orientent vers des formes démocratiques, ouvertes (selon Henri Bergson & Karl Popper – « les dirigeants peuvent être changés sans bain de sang » …), dans lesquelles doivent se réaliser les aspirations de ses membres d’avoir « voix au chapitre ». Voilà un deuxième postulat.

Là où les choses se compliquent c’est qu’il y a divergence de fond, irréductible, entre les deux postulats. Elle est parfaitement visible et constitue, probablement, la cause majeure du rejet des masses (cultes ou moins cultes, instruites ou moins instruites) autant de leurs propres élites de plus en plus distantes par rapport à elles ou, surtout, des structures supra nationales généralement nommées, non élues. En clair, les citoyens d’un pays qui ont déjà du mal, de plus en plus, d’accepter de n’être consultés qu’une fois tous les quatre ou cinq ans se révulsent quand ils comprennent que le jeu « démocratique » est faussé dès qu’une autorité supra nationale se met en place. Car, ce faisant, les pays qui acceptent une autorité supra nationale augmentent la distance entre le citoyen et la prise de décision. Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de discuter de la justesse d’une décision prise par une autorité supra nationale qui s’impose aux pays « vassaux » mais du fait que le citoyen 𝝺 constate se trouver dépossédé de l’actif principal de la société ouverte, sa capacité d’influencer son propre destin par un vote aussi direct que possible.

Il me semble qu’il n’y a pas d’autre raison pour expliquer le rejet de « Bruxelles » par de plus en plus des sociétés de ses nations-membres. Il me semble, dès lors, que l’éclosion des nationalismes en Europe est inexorable, quelles que puissent être les rodomontades d’un Macron ou d’une Merkel. Les « Gilets Jaunes » en France sont, selon moi, avec une clarté éblouissante, la démonstration de la divergence des deux postulats évoqués. Il suffit d’écouter un de ses dirigeants (auto promus) pour comprendre que ce que M. Macron a pu leur dire, le 10 décembre ou pendant les vœux de fin d’année, ne passe pas le seuil de leur entendement, ce qui les fait décider de « ne rien lâcher » et continuer à faire barrage sur la route de Berck-les-Vaches.

Il me semble, aussi, qu’en Europe on reviendra à accepter les souverainetés nationales et arrêter le processus de leurs effacements en faveur de « Bruxelles ».

Mais… si l’on descend sur terre que trouve-t-on chez nous dans ce début de nouvelle année ? Un discours bâti, probablement, avec la méthode Coué qui s’emploie à nous convaincre que la retenue de l’impôt à la source se passe sans problème (les standards téléphoniques explosent ; les portails où on doit trouver des explications sont sursaturés ; et les perceptions et autres centres gardent les gens dans des queues à l’extérieur de leurs locaux), qu’il n’y a pas de bugs ni dans les procédures établies ni dans leur mise en application [personne ne sait la différence entre revenu imposable et le revenu fiscal de référence, on ne connaît pas la date du versement du crédit d’impôt (ni de son quotient) relatif aux charges de l’année 2018]. Mais, patience, on en a vu d’autres et, dit M. Darmanin, dans un mois cela sera comme pour le téléphone portable quand on se demande « comment faisait-on avant ? »

Mais sur terre on trouve autre chose aussi. Le mouvement des « Gilets Jaunes » glisse, imperceptiblement vers le FN et ses slogans. Ce que Mme Le Pen et ses lieutenants n’hésitent pas à mettre en avant sur les plateaux de TV et aux micros des stations de radio. Avec une touche antisémite, comment cela pourrait-il être différent ? Et cela glisse…

Au Train Bleu, restaurant classé monument historique (Gare de Lyon) les officiants se sont exprimés, comme il se doit, solidaires avec Mbala Mbala Dieudonné et sa quenelle :

Le « Gilets Jaunes » ? Pourvu qu’ils disparaissent rapidement, la France va suffisamment mal sans eux. Pourvu que le Pouvoir arrête de louvoyer quant aux mesures à prendre pour y parvenir. Je sais, c’est prévoir l’imprévisible…

Partager cet article

Repost0
28 décembre 2018 5 28 /12 /décembre /2018 14:54

Une fois de plus j'ai du mal à prendre la défense de notre Président. Ne serait-ce qu'à cause de ce que j’écrivais (8 mai 2017)  en commentant la victoire de M. Macron : « L’alternative est dès lors inscrite sur le murs : « soit il a une majorité absolue, son programme ne sortira pas la France du déclin où elle se trouve soit il n’a pas de majorité absolue et il ne pourra rien faire de ce qu’il a promis »….. Autant dire que l’on perdra encore cinq années pour un nouveau quinquennat qui ne sera pas différent de celui qui s’est terminé et dont J-L.M a pu dire :  « Ce soir s’achève la présidence la plus lamentable de la Ve République qui aura détruit pratiquement toute confiance autour d’elle »…..  C’est le deuxième résultat important du 2ème tour, en fait, de l’incapacité de réunir dans le pays une majorité décidée à le sortir des ornières du surendettement, du chômage de masse, de l’explosion du coût de l’Etat et/ou d’un modèle social incompatible avec une économie de marché. Vous avez remarqué, je ne dis rien du communautarisme et/ou du coût absurde d’une immigration mal (ou pas du tout) maîtrisée et incapable d’intégration (quant à l’assimilation, n’en parlons pas).

Et pourtant … on s’est  fait encore une fois avoir par les promesses de campagne de M. Macron. Qui se sont révélées être « des inscriptions inexistantes écrites à l'encre invisible sur une page vierge » (Simon Leys, The New York Review of Books, 11.10.90). Pas besoin de faire la comparaison entre tout ce qu’il a promis de faire et ce qu’il a accompli pendant les 18 premiers mois de son mandat. Mais, quand même, rappelons-en trois : (a) la réforme du code du travail, (b) la réduction du nombre de fonctionnaires et (c) la réduction des impôts. Pour (a) la montagne a accouché d’une souris et, à part des dispositions de séparation plus faciles rien de nouveau. Pour (b) sur la base des résultats de 2017 on sait que le nombre de fonctionnaires aura augmenté de 30/35.000 à fin 2018 ce qui laisse croire que le réduire de 120.000 sur le quinquennat est une gageure. Et pour    (c) … à mi-juin 2018 on comptait 50 nouvelles taxes et impôts nouveaux et à fin 2017 la France était championne (du monde !) des prélèvements de l’état du PNB (https://www.lopinion.fr-05.12.18). Certes, tout en sachant cela, il faut se souvenir que notre pays a traversé près de quatre siècles de guerres intermittentes (dont chacune a vu l’introduction d’un nouvel impôt en commençant par  la gabelle, celui sur le sel et celui sur les fenêtres …), dont deux guerres mondiales et une demi-douzaine de guerres coloniales, est en paix depuis presque de soixante-dix ans. La France est aujourd'hui un des pays les plus riches du monde avec, probablement, le plus généreux système de protection sociale. La semaine de travail est la plus courte au monde, les vacances annuelles sont les plus longues,  l’éducation (y compris supérieure) est gratuite. Nos concitoyens  sont mieux nourris, mieux logés, mieux vêtus et mieux divertis que jamais. Ils sont également en meilleure santé : l’espérance de vie est supérieure de 20 ans à ce qu’elle était en 1958 (INSEE).

Ce qui nous est difficile d’admettre c’est les inégalités existantes mais qui sont consubstantielles à toute économie de marché. Mais pourquoi rappeler tout cela en prenant la défense de notre Président ? Parce qu’il se trouve devant  le vrai dilemme français qui perdure depuis 40 ans : la classe moyenne et les travailleurs les moins bien lotis souhaitent une vie meilleure pour eux-mêmes et, surtout, pour leurs enfants. Mais en même temps (sic), la société française résiste à des changements significatifs. Les réformes économiques tentées par tous les présidents français (sauf De Gaulle) se sont terminées en eau de boudin.

Et M. Macron ? Moi, je lui accorde des circonstances atténuantes. Il en a voulu bien faire, il a fait savoir ce qu’il allait faire mais … on ne peut pas effacer l’atavisme français qui tire son origine historique des jacqueries … Nous voilà, donc, avec les « Gilets Jaunes » - ectoplasme protéiforme qui se découvre, de surcroit, un peu antisémite et l’annonce par une quenelle de Dieudonné. Tout en laissant agir, sans s’opposer d’aucune manière, catalyseur évident, les barbares d’extrême droite ou d’extrême gauche venant d’on ne sait où mais pour une partie des « cités » détruire tout ce qu’ils peuvent et  tenter, même de lyncher des membres des forces de l’ordre.

Et que peut faire M. Macron ? Il a voulu être Jupiter, il  a été transformé en « punching bag ». Et pour s’en sortir il fait ce que ses prédécesseurs ont toujours fait, il commence à distribuer de l’argent. Dont il ne dispose pas. En s’endettant.

Qu’à cela ne tienne. Et quant aux slogans imbéciles et irresponsables du genre « Macron démission » les cerveaux d’acier qui les portent devraient se demander « pour le remplacer avec qui ? » Certes il y en a un, dans les starting blocs, prêt à se sacrifier : François Hollande qui a tellement bien réussi son mandat. Mais comme sa vie actuelle (en oubliant la jeune actrice) est une vie de « riche » pourquoi il n’essayerait pas de nouveau ? Regardez :

Mais tout en essayant de le sauver il faudrait, quand même, qu’il laisse un peu de côté ses rêves de « leader des progressistes européens » et arrête de s’occuper des « nationalistes et des populistes » (dix pays en Europe avec l’Italie, la Pologne, l’Autriche …) pour faire un peu obstacle au dictateur islamique de Turquie. Qui s’oppose à la France pour ce qui se passe en Syrie, qui veut passer par le fil de l’épée (so to speak) le peuple kurde en sa totalité [quand même, environ 25% de la population turque, qui espère un jour disposer d’un état (ou d’une région autonome)]. Et faire comprendre à l’Europe que son voisin de l’Est est son ennemi principal, non pas la Russie. Car la Russie n’envisage pas de conquérir l’Europe tandis que le nouveau sultan oeuvre autant que faire se peut à la conquête de l’Allemagne par les turcs qui s’y sont installés  ou celle de la Belgique ou de la France par ses Frères Musulmans. Turquie qui se classe 157ème sur 180 pays pour la liberté de la presse (Reporters sans Frontières). Le sultan fait en sorte qu’il y ait en Turquie :

Turquie, qui de plus, s’évertue à faire payer aux Saoudiens l’assassinat d’un journaliste (lié aux Frères Musulmans) à Istanbul. Tout en reprochant à la France le fait qu’elle continue de vendre des armes à l’Arabie Saoudite chose que l’Allemagne, la Belgique et d’autres ont arrêté de faire après le dit assassinat. Mais … notre Président n’en a cure car ses relations avec le commanditaire supposé de l’assassinat (l’homme fort, le Prince Mohamed ben Salman) sont excellentes …

Et puisque le blog s’appelle « France-Israël » … disons un mot de la relation amour-haine de ces deux pays. Qui a connu et pire et mieux qu’avec M. Macron.  Mais il avait promis de changer les choses. Pourtant, la France continue d’approuver toutes les résolutions de l’ONU (le 7 décembre les dernières) qui dénient à Israël toute liaison historique avec le Mur de Lamentations en particulier et Jérusalem en général. Au cours de l’année 2018 l’Assemblée Générale de l’ONU a passé 27 résolutions de condamnation (H. Neuer – UN Watch, 26.12.18) : 21 pour Israël, une pour l’Iran, une pour la Corée du Nord … La France les a toutes approuvées.

On a l’habitude de justifier cela par l’antisémitisme historiquement constant du Quai d’Orsay (Un siècle de trahison: La diplomatie française et les Juifs, 1894-2007 - David Pryce-Jones, 2008). Et la France ne dit rien à son ami M. Abbas quand le bras droit de celui-ci, M. Erekat, déclare « Tout le territoire de Jérusalem reste un sujet pour les négociations de son statut définitif, alors que Jérusalem-Est, en vertu du droit international, fait partie intégrante du territoire palestinien occupé », La France avait pris la tête de l’Europe pour condamner la décision des Etats Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. Même la Russie a reconnu Jérusalem-Ouest comme l’endroit où se trouve la capitale d’Israël. Mais pas la France. Car elle admet, semble-t-il, ce que les palestiniens veulent : Jérusalem-Est d’abord, ensuite le reste.

Mais M. Macron a promis que … Le premier ministre israélien lui demandait chaque fois que la France vote contre ou s’abstienne … Le résultat, semble-t-il, c’est qu’ils ne se parlent plus. Notre Président a tort : M. Netanyahou semble avoir toutes les chances d’être de nouveau élu car son parti, le Likoud, paraît  gagner les élections du mois d’avril.

Et pourtant … il faut sauver le soldat Macron. Car il s’agit du sort de la Cinquième République, rien de moins ! Quant à savoir comment …

Partager cet article

Repost0
12 décembre 2018 3 12 /12 /décembre /2018 20:50

        Vous avez eu à choisir entre la  guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur, vous aurez la guerre.

W. Churchill -1938.

Il semblerait que cela nous poursuit… J’avais écrit « Le gouvernement se trouve, en ce moment, devant une alternative dont les deux branches sont également néfastes pour le sort du pays. Soit il reste « droit dans ses bottes » et il est presque certain que, les échauffourées qui prennent un air de guerre civile se superposeront sur les actions des gilets jaunes, soit il plie face aux demandes (multiples et variées) de la rue érigée au rang d’interlocuteur qualifié et il abandonne, ainsi, une part de la souveraineté de l’État aux « séditieux » (qualificatif utilisé par le Ministre de l’Intérieur) »

Jupiter - j’ai de la peine à l’appeler ainsi vu que depuis quelque temps il a perdu toute emprise sur le monde - a parlé et, je l’avais dit déjà, a choisi les deux branches de l’alternative. Et ce qui se passe c’est qu’il a choisi d’accepter (une grande partie) les revendications de la rue et il n’a pas réussi d’arrêter la déferlante de la violence avec presque 100.000 policiers, gendarmes et autres forces d’ordres.

Raison garder ? Les « miettes », qualificatif que le Gilets Jaunes ont utilisé pour ce que le Président a promis, sont chiffrées à quelques 12/14 milliards d’euros. Peu ou prou, 5% du budget annuel de la France en ajoutant (toutes choses égales par ailleurs) 15% au déficit prévu pour cette année (86,7 milliards d’euros). Et comme on ne sait pas réduire la dépense publique… on ajoutera autant à l’endettement de la France.

Dépense publique ? Au lieu de commencer par réduire la dépense publique -ce qui était un engagement phare de la campagne présidentielle- un an et demi après on se remet à distribuer comme le prédécesseur de M. Macron l’a fait, larga manu, des milliards d’euros.

Dépense publique ? Il était question de réduire de 120.000 le nombre de fonctionnaires sur la durée du mandat. Au bout de la première année le nombre de fonctionnaires avait augmenté de 20.400 (La Tribune, 18.12.17) et ce qui se passe maintenant ne permet pas croire que pendant les trois années qui restent au mandat de M. Macron on tiendra l’engagement. La France employait à fin 2017 quelques 5.600.000 fonctionnaires (idem) ce qui fait, peu ou prou, 20% du nombre total de ses actifs. La moyenne de l’OCDE n’est que de 15% (Le Figaro, 17.05.18). L’Allemagne dispose de 44,3 millions d’actifs et le nombre de fonctionnaires serait un million de moins qu’en France.

Il aurait dû commencer par réduire les dépenses publiques : moins élevées, elles auraient permis de réduire les impôts quelque temps après, créant ainsi ce que les économistes appellent un cercle vertueux. Au lieu de penser au pays il s’est lancé dans deux projets aussi faramineux qu’inutiles (réellement) pour la France, devenir le leader de l’Europe « progressiste, inclusive, antinationaliste » et le champion de la lutte contre le réchauffement de la planète.

12-14 milliards d’euros prévus pour satisfaire les demandes (extorsion, vu les manifs et ses conséquences ?), milliards que nous n’avons pas. Et nous sommes criblés de dettes : presque 3.500 milliards d’euros (y compris les retraites des fonctionnaires…).

12-14 milliards d’euros de « miettes » disent ceux qu’il voulait aider, qui n’auront pas servi à grande chose car… les manifs (et sans doute la violence, les destructions, les pertes induites, etc.,) continueront, disent les citoyens éclairés qui font partie des Gilets Jaunes. Ne suis-je pas sensible à leur sort ? Je le suis, mais nous vivons dans une société libre, et en économie de marché dont les inégalités sont consubstantielles. Tout en n’oubliant pas que l’Etat distributif français est loin d’être celui qui distribue le moins. On oublie que 58% des foyers fiscaux ne payent pas l’IRPP, qu’il y a une sécurité sociale gratuite, une éducation gratuite. Et un énorme secteur de subventions (plus ou moins justifiées) pour arrondir les angles pour les moins fortunés. Mais… l’atavisme historique (certains diraient « l’ADN ») du pays veut que, périodiquement, on décide qu’il faut s’en prendre aux riches… En oubliant que les plus riches (10% de la population) payent 70% du total de l’impôt sur le revenu (Boursier.com, 03.08.18).

Et voilà notre Président, certes élu par défaut (car l’autre » c’était Marine Le Pen…) qui tout en voulant faire croire qu’il « garde le cap » est en train de dérouler la bobine du film pour nous faire revenir là d’où on n’arrive pas à sortir.

Dois-je dire que le Président aurait dû rester droit dans ses bottes ? OUI, je le dis. Le Général l’a fait en 1963, Madame Thatcher aussi en 1979. Certes, cela aurait demandé que l’ordre soit respecté par tous les Gilets Jaunes et les casseurs qui viennent prendre part aux festivités… C’est pour cela que le pays dispose de 250.000 policiers et gendarmes (145.000 policiers, 95.000 gendarmes et autres forces – chiffres 2016 – Alternatives Économiques). Qui sont bien armés et capables de maîtriser des foules qui ne respectent pas « l’ordre républicain ». Et pourtant… Paris a été victime d'incendies criminels dans ses rues et avenues principales, de vitrines explosées, de pillages, de vols, de barricades, de voitures incendiées, d’immondes graffitis sur des bâtiments publics, de la destruction du Musée de l'Arc de Triomphe et de la destruction de grilles des Tuileries.

C’est le manque de volonté pour confronter, avec la force de l’Etat, l’ectoplasme jaune des gilets qui a conduit notre Président à jeter aux orties les engagements fermes sur lesquels il a été élu. Il devrait se souvenir qu’il dispose d’une majorité à l’Assemblée Nationale, ignorer « la chienlit » et imposer à la vitesse grande V les reformes de fond que la France doit subir comme l’Allemagne a su le faire (avec un premier ministre socialiste…).

Manque de courage. Regardez Strasbourg. On s’époumone de nouveau « faut expulser » les « Allah Akbar » qui tuent. Mais celui de Strasbourg y est né. Nourri, logé, éduqué par la République et condamné 27 fois (il n’a que 29 ans…) pour des faits divers. Faisant partie de la diversité qui est une chance pour la France. Et on attend la libération (oui) de plusieurs centaines de djihadistes de retour du Proche Orient.

Et pour mélanger les pommes et les oranges, voilà notre France qui signe « Le Pacte de Marrakech », nouveau moyen induit par le « Machin » (comme disait le Général) pour faire admettre -je fais simple- que tout le monde a droit à tout le monde et… les migrants aux destinations qu’ils choisissent. Des plus de 150 pays au monde (dont deux tiers sont à l’origine des mouvements de migration) seuls les Etats Unis, l’Australie, l’Autriche, la Bulgarie, la Croatie, la République Tchèque, le Danemark, la République Dominicaine, l’Estonie, la Hongrie, Israël, l’Italie, le Japon, la Pologne, la Slovaquie et la Suisse ont refusé de le signer. Neuf pays des 27 de l'Europe que notre Président veut conduire vers des lendemains qui chantent.

Que Dieu prenne soin de nous…

 

Partager cet article

Repost0

Articles Récents

Liens