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13 novembre 2018 2 13 /11 /novembre /2018 18:52

Il y a moins d’une semaine, un représentant du Qatar (avec la permission d’Israël) achemine vers Gaza une valise contenant 15 millions de $. La promesse explicite de l’organisation terroriste « du calme sur la frontière avec Israël » incluait la demande du « cash pour du calme».

Trois jours après, vendredi dernier, plus de 10.000 gazaouis ont attaqué la barrière de séparation, ont envoyé des cerfs-volants incendiaires ou explosifs qui continuent de détruire des champs cultivés ou des forêts (plus de 4.000 ha pour l’instant) et ont tenté de s’introduire en Israël (un qui a réussi a fait comme exploit l’incendie d’une serre). Une semaine après, hier, le Hamas et ses supplétifs ont tiré plus de 400 fusées sur le Sud d’Israël.

Le Qatar a payé aussi du pétrole et des processions de camion-citerne chargés en Israël ont passé, avec la permission d’Israël, par un des points de passage entre Israël et Gaza. Le Hamas a eu ce qu’il a voulu et il a repris ce qu’il faisait auparavant. Pourquoi ne continueront-ils pas de faire la même chose à l’avenir ?

Comme tant de fois auparavant, l’Europe (la France en particulier), l’ONU, la Russie ont élevé la voix pour demander « à toutes les parties en présence d’arrêter l’escalade ». Examples: « The escalation in the past 24 hrs is EXTREMELY dangerous and reckless. Rockets must STOP, restraint must be shown by all » (N. Mladenov, Envoyé ONU Proche Orient, 12.11.18) ; « Elle demande la cessation immédiate de ces actions inacceptables et injustifiables et appelle les parties à éviter un nouveau cycle de violences dont les populations civiles seraient les premières victimes. » (Déclaration du Porte-Parole Adjoint du Ministre d'Europe et Affaires Étrangères, 12.11.18). Se souvient-on encore de la condamnation du « massacre » de palestiniens par M. Macron et de la déclaration du même Quai d’Orsay en mai 2018 «La France rappelle également le droit des Palestiniens à manifester pacifiquement » Comme d’habitude, on met sur un pied d’égalité une organisation terroriste et un état légitime défendant ses populations. Mais cela n’embarrasse personne. Comme d’habitude, le sultan mafieux d’Ankara a condamné, sans nuances et sans appel, Israël. Quelle surprise !

Ce qui va suivre est écrit sur les murs : Israël détruira une partie de Gaza, elle sera accusée d’avoir utilisé « une force disproportionnée » et un cessez-le-feu organisé par l’Egypte remettra les choses selon le statu quo ante. Quant à Israël, bordé au Sud par le Hamas et ses (plus de) 20.000 fusées et au Nord par le Hezbollah, vrai patron du Liban et ses (plus de) 100.000 fusées de toutes natures, fournies par l’Iran qui poursuit sa quête du Graal atomique, elle devrait accepter le « plan du siècle » que les Etats Unis sont censés proposer. Ou, à défaut, celui que la France menace de présenter. D’évidence, aucun ne semble prendre en considération la réalité : aucune solution n’existe pour un conflit qui, loin d’être territorial, s’inscrit dans une guerre de religion qui ne veut pas dire son nom. Le but poursuivi par le Hamas, par l’Iran et par quelques pays arabes reste toujours le même : éradiquer l’Etat Juif. Et les pays de l’Europe de l’Ouest, à des degrés divers (voir Irlande vs Allemagne ou Suède vs Danemark) font du « wait and see » car cette fois-ci si l’on réussit un nouvel génocide, eh bien, il ne sera pas le fait de l’Europe.

Et l’Europe ? L’Europe où le couple franco-allemand édictait les objectifs d’une marche en avant est en train de disparaître. Sous les coups de butoir venant, d’un côté, des pays de l’Est et, d’un autre côté, de la tentative de M. Macron d’imposer à tous les pays (l’Allemagne, par la faute de la défection de Mme Merkel est « aux abonnés absents ») sa vision dite pluraliste, multi-culturaliste.

Ce qui me paraît le plus grave, le plus dangereux, c’est la posture de M. Macron, leader auto-proclamé décidant de mettre sur le frontispice de la construction européenne la nouvelle idée : les nations ne devraient plus exister, l’intégration ethnique des pays de l’Europe devrait devenir le principal objectif de l’Union Européenne. Une idée ? « En elle-même, toute idée est neutre, ou devrait l'être ; mais l'homme l'anime, y projette ses flammes et ses démences ; impure, transformée en croyance, elle s'insère dans le temps, prend figure d'événement : le passage de la logique à l'épilepsie est consommé... Ainsi naissent les idéologies, les doctrines et les farces sanglantes ». E. Cioran, Précis de décomposition, 1949.

C’est grave parce que les deux parties de l’Europe n’ont pas eu la même histoire pendant les 100 dernières années. Après la deuxième guerre mondiale l’Europe de l’Ouest a vu son union comme seule capable de résister à une éventuelle pression de la Russie Soviétique. La disparition de l’Union Soviétique a donné la possibilité aux pays de l’Est de joindre l’Union Européenne qu’ils ont considéré comme une garantie contre un éventuel retour de la vassalité russe. Car ils avaient connu le joug communiste pendant 45 ans. Mais que sait Monsieur Macron du joug communiste ? Lui, pas grand chose mais les masses européennes… En rejetant l’Europe des Nations (que les pays de l’Est pensaient trouver en accédant à l’Union), en voulant leur imposer des valeurs qui sont discutables à des pays récalcitrants (pour de raisons venant d’un atavisme historique), en vilipendant le « nationalisme » comme la raison de tous les maux actuels, en poussant l’idée de « l’égalité de tous » à des sociétés qui ont connu, voulu et maintenu une hiérarchie ethnique, M. Macron sème les germes d’une discorde qui pourrait se transformer en conflit ouvert. La question qui vient à l’esprit est d’évidence « une nouvelle guerre est-elle possible en Europe ? ». D’autres se la sont posée, regardez le résultat sur un échantillon de 51.000 français (par hypothèse échantillon statistiquement probablement valable -bien que non constitué par la méthode des quotas- vu le nombre) :

Deux tiers des français ne trouvent pas la question farfelue et cela après plus de  70 ans de paix, de coopération économique et politique et après le « plus jamais ça » relatif à la deuxième guerre mondiale. J’ai évoqué la hiérarchie ethnique : viser sa disparition en faveur de « nous sommes tous égaux » et « la diversité est une chance » en parallèle avec un mouvement migratoire d’ampleur inédite pourrait conduire à de nouvelles « nuit de Saint Barthélémy » dans des pays comme le nôtre. « Il est presque certain que les tensions et les frictions sociales augmenteront dans les pays accueillant différents groupes ethniques; et le recours sporadique à l'émeute et même aux homicides est probable ». (Poly-ethnicity and National Unity in World History. William McNeill, 1985).

Mais aussi, ayons le courage de le dire,  assister à une dispute guerrière entre l’Est et l’Ouest de l’Europe  n’est plus inimaginable. Le drame, l’ironie du sort, des pays de l’Est cherchent, en promouvant d’excellentes relations avec, sinon la protection au moins la compréhension de M. Poutine. Et le comble … l’Italie, pays fondateur de l’Union Européenne se rapproche de plus en plus des pays de l’Est, ceux dont M. Macron voue les dirigeants aux gémonies.

M. Macron et Mme Merkel peuvent fulminer autant qu’ils veulent contre le nationalisme, les peuples de l’Europe de l’Ouest -après ceux de l’Europe de l’Est- semblent les suivre de moins en moins. Le premier résultat apparaîtra aux élections européennes de mai 2019.

Ensuite ? Faudra essayer d’éviter « les farces sanglantes » …

 

 

 

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5 novembre 2018 1 05 /11 /novembre /2018 20:40

Certes, Tel Aviv n’est pas Israël. Certes, Jérusalem n’est pas Tel Aviv mais… de plus en plus de villes (grandes et moyennes) s’approchent du modèle culturel, économique et social de Tel Aviv. Modèle qui pourrait se résumer en « vivre et laisser vivre ». C’est vrai (autant que j’ai pu m’en rendre compte) pour Haiffa et Beersheba, pour Nahariyya et Rishon-le-Zion.

Qu’y a-t-il derrière cela ? Si l’on accepte le libelle universel «it’s economy, stupid » on devrait  regarder de près pour savoir si cela est vrai pour Israël.
On va faire simple, on prendra quelques chiffres des statistiques de la Banque Mondiale pour Israël :

PPA=Parité Pouvoir d’Achat

et on va essayer de voir ce que les deux éléments d’importance majeure (évolution population et évolution PIB) peuvent nous dire :

On observe :

- le taux de croissance de la population est, pratiquement, constant à +1,9% depuis, environ,  une trentaine d’années et

- l’évolution du PIB montre un taux, pratiquement, constant de 3,3% pendant la même trentaine d’années.

Il me semble, à la lecture des graphiques que :

- un développement harmonieux préside (et explique) le fait qu’Israël est considérée comme étant la 11ème nation la plus heureuse du monde (World Happiness Report – 2018),

- la quasi constance de la croissance de la population et de celle du PIB laissent envisager aux habitants un futur relativement radieux.

Effectivement, si l’on extrapole les deux paramètres pour une période de seulement 10 années (le tiers de ce que l’on a vu par le passé) on obtient pour 2028 un PIB de quelques 500 milliards de $ pour une population d’environ 10.500.000 habitants. Ce qui indiquerait une augmentation du PIB/habitant  de l’ordre de 20% le poussant de 40.200$  actuellement à env. 48.700$ en 2028.

Cette projection arithmétique peut expliquer l’attitude profondément positive de la population israélienne vis-à-vis de son futur. Certes, la société  montre des inégalités parmi les plus grandes des pays de l’OCDE. Mais « l’ascenseur social » fonctionne autant  pour les citoyens d’origine juive que pour les israéliens d’origine arabe. Pour ces derniers deux facteurs principaux ont contribués à un rapprochement remarquable : la réduction du taux de fécondation des femmes arabes actuellement, pratiquement identique à celui des femmes juives et l’intégration par des cursus professionnels -hommes et femmes- liés à la « High-tech » conduisant à l’éclosion d’une « classe moyenne » qui laisse rêveurs les voisins d’Israël.

Nouvelles routes, nouveaux quartiers (quand il ne s’agit pas de nouvelles villes), nouveaux transports  ferroviaires, nouveaux musées, salles de concert et théâtres, le touriste qui revient  en Israël six ou  douze mois après un précédent  voyage ne  peut être que surpris de tout ce qui est  nouveau. La création de valeur est impressionnante aussi parce que le pays est, économiquement et socialement, géré d’une manière qui lui apporte, presque toujours, les appréciations favorables de l’OCDE ou de la Banque Mondiale.

Cercle vertueux, les investissements en capital (surtout High-tech) voisinent ceux des grands pays (en 2017 3,9 Milliards de $ pour des starts up à comparer avec l’Allemagne 2,9 et/ou la          France 2,4…). Et on voit que les plus grandes entreprises de technologie du monde réalisent de plus plus leurs projets de recherche fondamentale en Israël ce qui a un impact significatif sur leurs activités principales. Les « TOP 10 » sociétés technologiques mondiales (Microsoft, Apple, Amazon, Google, Facebook, Alibaba, Intel, Oracle, Samsung, Baidu) aussi différentes qu’elles puissent être, ont quelque chose en commun : toutes sont présentes en Israël, toutes y réalisent leurs projets d’avant-garde. INTEL – plus de 10.000 personnes employées, le résultat : Centrino (wifi – portables), les processeurs les plus récents et  les plus avancés). Ajoutons qu’avec 140 ingénieurs pour 10.000 habitants Israël dispose de la densité la plus grande (85  aux  Etats Unis, 88 au Japon, 115 en France – CDEFI 20.07.2016).

Et si les dix principales sociétés technologiques se trouvent en Israël… l’on évalue à plus de 300 autres ayant une relation avec ce pays. Pourquoi, alors, les israéliens ne se considèreraient-ils pas heureux de vivre là-bas ?

Eh, oui, ils sont aussi malheureux principalement pour trois raisons qui s’appellent (1) Iran, (2) palestiniens et (3) Europe.

Commençons avec l’Europe. Surtout sous l’impulsion de la France (mais pas seulement) le continent, tout en essayant de prendre d’Israël ce qui lui serait nécessaire (commerce bilatéral, innovations, etc.,) veut l’amener à concéder à ses ennemis directs ou indirects, entre autres, une partie de sa souveraineté : renoncer aux territoires disputés » (Judée/Samarie) et/ou accepter un « règlement de paix » avec les palestiniens qui lui serait plus que défavorable. La cécité des dirigeants de l’Europe de l’Ouest commence à heurter ceux de l’Europe de l’Est et, même (qui l’eut cru ?), une partie de ceux qui dirigent des pays  arabes. Pour ce qui est de l’israélien moyen, la chose est  entendue : 55%  d’entre eux considèrent l’Europe étant « plutôt un ennemi », seulement 18% la considèrent « plutôt amie ». Quant à la dichotomie « juif –israélien » il suffit de relever l’absence de sensibilité d’un E. Macron qui après le massacre antisémite de Pittsburgh assure, dans un message  twitter « Tristesse et pensées pour celles et ceux qui sont tombés à Pittsburgh lors de la fusillade. Nous sommes avec le peuple américain, une nouvelle fois endeuillé » Sans remarquer  que le massacre avait eu lieu dans une synagogue et que les morts étaient des juifs. D’où la conclusion (trop, sans doute) simple « on occulte même les morts qui sont juifs » C’est vrai, trois jours après le même E. Macron (on a dû lui dire que…) écrit un nouveau message « I strongly condemn this horrific act of antisemitism mais en anglais… » Cela ne devrait pas surprendre que de voir Israël en train de « pivoter » orientant ses investissements dans l’avenir du côté de l’Asie… Le Vice-Président Chinois est venu voir il y a dix jours une rencontre mondiale « High-tech » en Israël, M. Macron a décommandé sa visite à cause du « massacre par l’armée d’Israël de manifestants pacifiques à Gaza » Le nom de mon blog pour les moteurs de recherche dit tout « Suivi de la relation historique "amour-haine" franco-israélienne. » Plus d’amour…

Ensuite l’Iran : dès 1979 ce pays a inscrit sur le frontispice de sa constitution l’obligation ardente « d’éradiquer Israël » Presque 40 ans depuis qu’au vu et su de tout le monde il fait des efforts énormes pour y arriver. Avec la complicité tacite des « apaiseurs en rond » qui font semblant de croire qu’il ne s’agit que de paroles verbales… Et qui ne veulent pas montrer qu’ils ont quand même bien compris que pour Israël il s’agit d’un danger existentiel. Par  delà les affaires à faire avec, les principales puissances mondiales ont acquiescé, sans honte aucune, à la volonté de ce pays d’accéder aux armes atomiques en la reportant à quelques  années à venir. Certes, cela a été sous  l’impulsion et la conduite de l’ancien président des Etats Unis mu comme il était par sa détestation d’Israël et sa proximité sentimentale des musulmans. Israël a fait montre d’une remarquable résilience face aux actes inconsidérés des iraniens qui se trouvent -au prix de quelques centaines de milliers de morts- en Syrie, presque, à sa frontière du  Nord soit à plus  de 1.600 km de la frontière iranienne de l’Est. Ne demandez pas d’où l’Iran tire les ressources consacrées  à œuvrer pour la disparition d’Israël, elles viennent surtout de l’Europe. Qui, maintenant, essaye par tous moyens de contourner les sanctions économiques que remettent en place les Etats Unis. Demandez à Mme.Mogherini qui a pris la tête des efforts européens… comment cela s’accorde avec les reproches de l’Union à l’Iran pour ce qui sont ses activités déstabilisatrices (Syrie, Liban, Yémen, Amérique Latine, etc.,) ou ses efforts de se doter de fusées balistiques intercontinentales…

Et puis les palestiniens. Cela dure depuis plus de 70 ans. Autonomie, processus de paix, Conférence de Madrid, accords d’Oslo, Camp David, paramètres Clinton… rien n’y fait. Cela a pris longtemps mais l’israélien moyen sait maintenant qu’il n’y a aucune solution. La fin des temps est loin mais on peut parier sans risque de perdre qu’ils ne voudront jamais admettre l’existence d’Israël sur un territoire qui leur a été légué par le prophète… La preuve ? Regardez Gaza et essayez d’imaginer ce que serait un « état palestinien » en Cisjordanie. Gaza ? Dernière trouvaille du Hamas : si Israël lui paye 15 millions de $ mensuellement, pendant six mois, la frontière sera calme (Hamas demands $15 million per month in exchange for calm - TOI 27.10.18). Cash pour calme … Ils ont inventé, pour le bonheur du monde, les rapts d’avions, la prise d’otages, la veste explosive, les ballons incendiaires ou explosifs, les voilà mafieux…

Alors, on  va assister à une nouvelle tentative (le plan du siècle qui sera proposé par l’Administration Trump) et si cela n’est pas fait rapidement (dit E. Macron) la France proposera son propre plan de paix. Quelle arrogante imposture…  Comment peut-on croire chez nous qu’Israël acceptera ne serait ce que « discuter » de ce sujet avec un pays qui depuis le Général s’est arrogé le droit de le critiquer en veux-tu, en voilà et en s’alignant sur les positions les plus inamicales des pays arabes.  Croit-on qu’ils ont oublié l’embargo sur les 50 Mirages en 1967 ? Qui ont été cédés à la Libye du Colonel… Croit-on qu’ils ont oublié le comportement de la France à l’ONU ou à l’UNESCO ? Bien sûr on peut être en désaccord avec les politiques et les pratiques israéliennes mais en convenant que la Terre d'Israël est l'espace historique du peuple juif. Lorsque l’UNESCO efface ce lien (et la France approuve), il n’y a aucune raison d’admettre qu’un Etat d’Israël devrait exister. Ce qui donne le droit au Hamas et au Fatah de plaider "la Palestine du fleuve à la mer" doit leur appartenir.

Les palestiniens ? On commence à en avoir assez d’eux. En premier lieu, des pays arabes qui  réalisent que devant  leur ennemi historique, l’Iran, ils seraient mieux dans une quasi-alliance  avec Israël que de continuer à supporter les palestiniens qui n’ont aucune envie d’avoir la paix. Et on vient de voir ce qui, il y  a encore une année, était impensable : des athlètes israéliens gagnant des médailles d’or à Abu Dhabi affichant leur drapeau en écoutant jouer l’hymne national Hatikva. En présence de leur ministre de la Culture et du Sport qui a été reçue ensuite à la deuxième plus grande mosquée du monde !

Si cela continue comme cela, bientôt Israël aura de meilleures relations  avec les pays arabes qu’avec les pays de l’Europe de l’Ouest!

 

 

 

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24 octobre 2018 3 24 /10 /octobre /2018 20:18

Émule de Sam Peckinpah, le ci-devant aide du Prince Mohamed ben Salman, le sieur Saud al-Qahtani a envoyé un commando de 15 personnes pour accueillir au Consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul un journaliste quelque peu dissident.

Fast forward – après quelques négations, l’Arabie Saoudite confirme la mort du dissident « dans une bagarre à poings » qui avait mal tourné. Mais, pas un mot sur le cadavre et on se demande… « Arthur où t’as mis le corps ? » (Boris Vian chanté par Serge Reggiani).

Flash back – en prévision de la bagarre qui devait avoir lieu, le commando disposait d’une scie à os et comportait, parmi ses membres, le médecin-légiste présidant le Conseil Scientifique des médecins-légistes Saoudiens. Comme il se doit, un professionnel de la découpe des corps humains.

Et le sieur al-Qahtani a demandé au commando, par Skype (par Skype !), « apportez-moi la tête de ce chien »

Non, il ne s’agit pas d’un groupe de pieds nickelés. Ce dont il s’agit c’est l’Arabie Saoudite, monarchie absolue s’il en fût. Absolue ? Le pouvoir corrompt. Le pouvoir absolu corrompt absolument » (Lord Acton).

Et, donc, notre vue de la chose doit faire appel à la « Realpolitik ». Certes, des chefs d’entreprises, des diplomates, des conseils en toutes branches, viennent de décider de boycotter le « Davos du désert » qui a lieu à Ryad en ce moment. Pour ce qui est des grandes nations démocratiques… c’est une autre paire de manches. Le Parlement espagnol (majorité socialiste) vient de rejeter une motion visant l’arrêt de la vente des armes au pays en question. L’Allemagne botte en touche et décide de « suspendre » les livraisons prévues tout en demandant aux pays européens de faire de même. La France (par la bouche de notre Président) fait savoir qu’elle n’a rien à dire. Embarras évident car il veut garder ses bonnes relations avec l’homme fort de l’Arabie Saoudite (MBS) d’autant que ce pays est le deuxième client de notre pays pour les ventes d’armes.

Au moins il ne fait que s’incliner devant le Prince, pas autant qu’Obama pour le Roi.

Plus de 12 milliards d’euros depuis 2010, des armes qui sont utilisés dans la guerre au Yémen - en décembre 2017 on comptait, déjà, plus de 10.000 morts, plus de 55.000 blessés et des dizaines de milliers de réfugiés. (Le Monde, 17.05.18).

Et comme le Président doit faire une visite là-bas à la fin de l’année…

Quant aux Etats-Unis, M. Trump - toujours parlant vrai - fait savoir que les contrats signés qui font quelques 110 milliards de $ seront respectés car autant de travail pour les usines américaines, cela ne se refuse pas. Surtout quand d’autres fournisseurs n’attendent que ça. Qui ? Selon lui, dans l’ordre, la France, la Russie, la Chine.(The Hill, 13.10.18)

Mais pourquoi ce tapage universel pour un crime dont pas mal d’états se sont rendus coupables ? L’affaire Ben Barka est bien oubliée…

Qui est l’homme assassiné par le commando saoudien ? On met en avant sa qualité de « journaliste, chroniqueur de Washington Post ». On n’insiste pas sur son cursus : compagnon de route d’Osama ben Laden pendant des années, protégé du Prince Turki Al-Faisal (chef des services de renseignement saoudien avant d’être ambassadeur à Washington) porte-parole du même et membre des Frères Musulmans. Quand Al-Sissi «dégomme » le gouvernement des Frères Musulmans en Egypte, ses écrits les plus virulents montrent de quel bois il se chauffait : contre le traité de paix Egypto-Israélien, contre Israël (dont il souhaite l’éradication), contre l’action des Etats Unis en Afghanistan (épitaphe pour Ben Laden « Tu étais magnifique et plein de bravoure aux beaux jours de l'Afghanistan, avant que tu succombes à la haine et à la passion » Le Figaro, 18.10.18). Pourtant, il est engagé par Washington Post : ne doit-on tirer la conclusion qu’à part son carnet d’adresses le journal l’a embauché car sa ligne politique était la sienne aussi ?

Bon, mais on se dira… le tuer ? Le pouvoir absolu… car il s’est mis à mal avec les autorités suprêmes du royaume qu’il s’est mis à critiquer. En partant des positions des Frères Musulmans qui ne sont pas en odeur de sainteté parmi les whabistes.

Dans tout cela on ne peut pas ne pas relever le comportement de parrain mafieux du sieur Erdogan qui distille les informations (réelles ou fabriquées) concernant l’affaire, de manière à faire pression sur l’adversaire qu’est l’Arabie Saoudite dans la compétition pour la domination du monde sunnite. Acrobate politique, il s’allie un jour avec la Russie, un autre avec l’Iran tout en se déclarant allié des Etats Unis et étant membre de l’OTAN. Et en espérant obtenir beaucoup d’argent de l’Arabie Saoudite, prix de sa capacité de passer le tout sous le tapis. Tout en faisant silence sur son propre record de traitement des journalistes turcs : Dans son recensement annuel des journalistes emprisonnés, le CPJ a identifié 262 journalistes incarcérés en rapport avec leur travail, un nouveau record après une hausse historique de 259 journalistes emprisonnés l'année derrière. Les trois pires geôliers ont incarcéré 134 journalistes, soit 51 pour cent du nombre total de journalistes incarcérés. Le CPJ mène une enquête annuelle sur les journalistes incarcérés depuis le début des années 90. (CPJ – Committee to Protect Journalists – 13.12.17)

Comment tout cela va finir ? Les grandes puissances se contenteront des explications alambiquées de l’Arabie Saoudite, elles reprendront les livraisons d’armes en espérant de nouveaux contrats et l’Arabie Saoudite continuera à faire partie du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU.

Et on s’occupera des affaires courantes… tandis que Washington Post embauchera, sans doute, un remplaçant disposant du même profil …

 

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17 octobre 2018 3 17 /10 /octobre /2018 18:30

Pendant les deux dernières semaines, ce qui nous a surpris, car on n’était pas habitué à cela, c’est que l’on sentait confusément (que Victor Hugo me le pardonne…) qu’il n’y avait pas de pilote dans l’avion. Deux semaines pendant lesquelles on ne pouvait pas ne pas se poser les deux questions qui taraudaient nos esprits « quid de la France en France et de la France dans le monde ? »

Comme tant d’autres, j’essaye de répondre, c’est-à-dire, j’essaye de voir la réalité qui nous entoure et, d’une manière subliminale, comprendre ce que l’on ne devrait pas faire.

La France en France – on se souvient des conditions, curieuses, dans lesquelles le pays a choisi, par défaut, comme Président, un candidat qui venait d’ailleurs. Certes, un pur produit de l’excellence française, déjà membre d’une élite à nulle autre pareille en Europe ; certes, animé d’évidence de plein de bonne volonté pour sortir le pays des ornières dans lesquelles plusieurs de ses précédents nous avaient laissés. Et promoteur d’un slogan aussi simple que complexe – nous allons construire le nouveau monde. Mais les faits - la réalité - sont (est) têtu(e)s. Un vieux pays qui, par delà les atavismes divers et multiples, a vu le délitement d’une certaine idée de la France, l’avènement de classes politiques et sociales qui n’avaient (et n’ont) que des revendications à mettre en avant, toutes ou presque, à caractère catégoriel ou communautaire et la disparition de la notion de solidarité en faveur de celle d’égalité (devenue égalitarisme). A ce pays, avec l’arrogance de celui qui sait tout (car ENA, Banque, ministère, etc.,) on a commencé à administrer une potion amère appelée reforme. De très bonnes intentions dont les supposés bénéficiaires ne voulaient (ou ne veulent) pas. Entre autres, changer la (les) loi(s) gouvernant le travail. Se heurtant à l’opposition farouche des syndicats (qui ne représentent, presque, plus personne mais qui on les doigts sur des boutons commandant des centres de pression – transport en commun personnes et marchandises, routiers, aviation, etc.,) le sponsor de la réforme a renoncé avec beaucoup de courage à l’essentiel (relations libres employés-employeurs, libération du corset appelé « prud’hommes », réduction massive des charges « sociales » et autres). Et la montagne a accouché d’une souris. Pour comprendre ce qui n’a pas été fait (et, d’évidence, ne le sera pas) il suffit de regarder ce que le WEF (World Economic Forum) indique pour la France : l’économie française se place à la 22ème place dans le monde (Israël 16ème !) et à la 56ème place (sur 137) pour l’efficacité du travail. Et ce qui est vu par ceux qui voudraient investir en France est résumé ci-après : l’importance des impôts et leur multiples régulations, les régulations restrictives du travail et le manque d’efficacité de la bureaucratie gouvernementale constituent 68,1% de ce qui est problématique pour « doing business » en France.

WEF – Global Competitiveness Report 2017-2018

Je sais, on a l’habitude de dire que « nous ne sommes qu’au début de mandat de cinq ans » L’espoir fait vivre, on le sait. Mais pour vivre, pour la plus grande partie de la population, il eut été sensé de respecter les promesses faite par le candidat venu d’ailleurs et en partie la première - réduire les impôts. Non seulement cela n’a pas été fait mais nous assistons au contraire. Pour « faire diversion » on nous explique que ce ne sont que les riches et la classe moyenne supérieure qui trinquent. Et aussi les retraités. Et aussi les propriétaires (taxe foncière). Et aussi tout le monde (énergie, transport, CSG et autres). Avec l’arrogance qui - l’évidence s’impose - caractérise l’impétrant, au bout de deux semaines pendant lesquelles on attendait le remplacement d’un ministre transformé en « remaniement » l’oracle nous a dit hier soir que rien ne changera, le cap est bon et sa détermination intacte.

Sa détermination est intacte et… les impôts augmentent. Pourquoi ? Parce que nous vivons dans ce que l’on appelle un « État providence » et parce qu’il n’y a pas moyen de les réduire quand on veut palier aux défauts structurels de l’économie - reflets d’une organisation sociale incompatible avec la réalité d’une économie de marché. L’économie ne peut plus supporter des travailleurs non ou peu qualifiés, car l’automatisation, la mondialisation et la délocalisation ont rendu pratiquement impossible une rémunération correcte pour cette catégorie. De plus, notre pays se place à la 17ème place au monde (Israël – 3ème !) pour ce qui est de l’innovation, élément essentiel d’une capacité technologique (France 21ème, Israël 7ème). C’est un processus évolutif qui a pris naissance dans les années 60/70 alors que la technologie, le commerce et les voyages bon marché ont commencé à révolutionner le monde. La France étant restée affectée par son système d’immigration, elle a vu se créer un pôle permanent de travailleurs non qualifiés et/ou mal payés qui n’ont aucune chance de s’en sortir. Pire encore, ce volant de travailleurs - en raison de sa taille même - a été à l’origine des enclaves ethniques homogènes et donc moins capable de s’intégrer par le travail. La conséquence ? Le chômage endémique, les subventions élevées au rang de revenus (comme des rentes de situation…) et un processus à caractère exponentiel pour l’ethnicité d’une partie de la population habitant le pays.

La France en France ? Telles que les choses vont il semblerait que notre Président ne s’aperçoit pas que notre avenir est derrière nous et que les « réformettes » qu’il vante ne sont qu’un emplâtre sur... Encore que… la prévision est difficile, surtout lorsqu'elle concerne l'avenir (Pierre Dac).

La France dans le monde – Faisons court : on est en train de se mettre à mal avec pratiquement tout le monde qui compte. On a ressorti de derrière les fagots l’antiaméricanisme bon à tout faire quand on a des soucis, on a réussi à éloigner de nous la moitié de l’Europe (le pays de l’Est, l’Autriche, l’Italie…) en prenant la posture des ceux qui savent et qui doivent diriger. On a pris la tête de l’opposition à toute concession qui serait faite à l’Angleterre (Brexit) en risquant de voir s’éloigner de nous les Pays Bas ou le Danemark. Et pour couronner le tout la France est la cheville ouvrière qui promeut la création d’un « système » permettant au principal sponsor du terrorisme mondial déstabilisateur du Proche Orient ou d’Amérique Latine ou de l’Asie de Sud-Est, je veux dire l’Iran, de contourner des sanctions américaines dont l’objectif est d’empêcher ce pays d’arriver à la bombe ou aux moyens de son transport (fusées balistiques). Pas mal, non ?

C’eut était suffisant mais… il ne faut jamais oublier Israël et les palestiniens. Des gestes inamicaux à l’adresse d’Israël, un baquet entier. Voyage du Premier Ministre annulé, voyage du Président, annulé, votes aux organismes de l’ONU contraires à l’histoire mais désagréables pour Israël (résolution de l’UNESCO qui effaçait plus de trois milles ans d’histoire juive à Jérusalem, en déclarant que tout appartenait au « patrimoine palestinien » ; et en appelant le Mur de Lamentations « La place de Al-Burat » d’après le nom de la jument de Mohamed). La France de M. Macron fait semblant de soutenir la formule « deux états pour deux peuples » mais ignore que le Hamas rappelle tous le jours ses trois NON : NON à la reconnaissance d’Israël, NON à renoncer de vouloir éliminer en totalité Israël, NON à la renonciation de la lutte armée contre Israël. Le Hamas… organisateur d’une « manifestation pacifique » à la frontière de Gaza qui dure depuis le mois d’avril et qui a détruit, jusqu’à maintenant, plus de 3.600 hectares de forêts (50% de toutes les forêts du Sud d’Israël, gagnées contre le désert pendant plus de 70 ans d’efforts) en créant un désastre écologique majeur. Le Président qui se veut « Le Champion de la terre », le chantre du changement climatique… tout ce qu’il a trouvé, cela a été de condamner « les actes odieux » de l’armée israélienne pour le « massacre » de manifestants pacifiques (LCI.fr 17.05.18).

Frontière Gaza-Israël, manifestations pacifiques, à caractère écologique.

Et puis les gestes autant gratuits que rabaissant la France au rang de suppôt des pires pays au championnat des droits de l’homme. Notre Président est allé présider le Sommet de la Francophonie (Erevan, 2018) : le français est parlé par 1,1% de la population du Soudan, 0,2% de l’Afrique du Sud, 1,25% du Qatar (je pourrais continuer), tous membres de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) et par 21% (!) de la population israélienne mais Israël n’a pas été admise à en faire partie car les pays arabes s’y sont opposés et la France, principal sponsor de l’organisation, l’a accepté.

Monsieur Macron a fait sienne la position historique du Quai d’Orsay qui a consisté d’accepter voir les palestiniens mener une guerre sans relâche contre Israël en promouvant, en encourageant et en menant des attaques terroristes contre ce pays. Et elle a aidé et aide, autant que faire se peut, les mêmes palestiniens à poursuivre une guerre politique contre Israël dont le but est de délégitimer son droit d'exister, disséminer et cultiver la haine d'Israël et du peuple juif.

La France de M. Macron dans le monde ? Contre les Etats Unis, contre Israël, contre une bonne partie de l’Europe, contre l’Italie, contre l’Angleterre mais… pour l’Iran, pour les Pays Arabes, pour les palestiniens…

Le bateau ivre ?

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2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 20:54

C’est certain, c’est sûr, nous sommes les meilleurs. On a un Président que le monde entier nous envie, on vient d’avoir un quart du prix Nobel pour la physique (50% au savant juif américain, 25% pour un français et 25% pour une canadienne)1 et nous donnons le « la » pour tout ce qui est important en Europe (et dans le monde. Pensez-y :

1. qui s’oppose au « nationalisme » naissant d’une dizaine de pays de l’Union Européenne ? La France.

2. qui commande la sortie de l’Angleterre de l’Union (Brexit) dans les pires conditions pour les deux parties ? La France.

3. qui conduit l’opposition de trois pays européens contre les Etats Unis (applications de sanctions contre l’Iran, menace de droits de douane exorbitants, augmentation des dépenses de défense, etc.,) ? La France.

4. qui a pris la tête de la création d’un circuit financier visant explicitement à assurer les transactions avec l’Iran nonobstant les sanctions américaines ? La France.

On pourrait continuer… car il y a plein d’autres questions qui recevraient la même réponse. Mais c’est normal. Notre Président est adulé par le monde entier, il a même été élu « Champion de la Terre » à New York la semaine dernière. C’est toujours la même histoire : les étrangers portent au pinacle notre Président et les français… à 77% n’apprécient pas ce qu’il fait (enquête YouGouv – 23% des français satisfaits).

Pendant que M. Macron annonce les ambitieuses réformes qu’il propose à une Europe ébahie, Mme Merkel doit faire face à une crise politique interne créée par  l'immigration massive qu’elle a « sponsorisé » et qui l’amène à résister à ces réformes. Pendant que le gouvernement italien exige des changements significatives concernant la même immigration et menace d’arrêter de payer sa contribution l'UE. Pendant que les pays d'Europe centrale (le groupe de Visegrad et l’Autriche) s’opposent de plus en plus à la centralisation des pouvoirs à Bruxelles. Pendant que se déroule une négociation digne du Sapeur Camembert pour le Brexit, prévu pour dans six mois. Pendant que l’on négocie encore (on croit rêver) l’adhésion de la Macédoine, du Monténégro, de l’Albanie et de la Serbie, tous pays incapables d’adhérer, selon les experts européens.

Bon, Monsieur Macron doit justifier son standing de primus inter pares et, reconnaissons-le, il se dépense sans compter. En une semaine il était à New York et aux Antilles (pour le week-end…) et quelle importance que l’empreinte CO2 laissée par un des deux avions qui font le voyage dépasse l’émission de CO2 que pourraient générer 100 appartements pendant une année ! (Paris-New York-Point à Pitre-Paris= env. 1,6 tonne CO2/passager ; 150 passagers (qui accompagnent le Président)=240 tonnes ; chauffage annuel appartement 110m2= env. 2,5 tonnes ; DGAC Calculateur de CO2, www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr). Aux Antilles :

                   La diversité lui rend les honneurs… il ne voit pas le doigt !

Cela étant, du Nord au Sud (de Varsovie à Rome) et de l’Est en Ouest (de Budapest à Prague en passant par Vienne) les dirigeants élus démocratiquement s’opposent à notre Président : qui les menace. «  Les pays qui ne veulent pas davantage d’Europe, ils ne toucheront plus les fonds structurels » leur dit-il. En oubliant que l’Italie et l’Autriche, par exemple, sont des contributeurs « déficitaires » (ils reçoivent moins que ce qu’ils donnent) de l’Europe tandis que la France … est un « contributeur bénéficiaire ! L’absurdité promue étendard de la justice européenne telle que vue par notre Président.

Mais ce qui se passe en Europe se décantera pendant les élections qui auront lieu au mois de mai de l’année qui vient. Les peuples diront à Monsieur Macron s’ils veulent plus ou moins d’Europe de Bruxelles, de ses contraintes et de ses gaspillages.

Et aussi si elle doit rester solidaire de l’état terroriste qu’est l’Iran en s’opposant aux Etats Unis. Car l’Europe (sous l’impulsion de Monsieur Macron, (financier réputé comme on le sait) annonce « Concrètement, cela signifiera que les États membres de l’UE créeront une entité juridique pour faciliter les transactions financières légitimes avec l’Iran, ce qui permettra aux entreprises européennes de continuer à commercer avec l’Iran conformément au droit de l’Union européenne », (Federica Mogherini, la « diplomate » de l’Union européenne, à l’issue d’une réunion à l’Assemblée Générale de l’ONU). Schizophrénie : l’Europe demande à l’Iran d’arrêter ses actions déstabilisatrices (terroristes) au Proche Orient et le développement de fusées balistiques (pouvant menacer le monde entier) et EN MEME TEMPS… elle décide d’aider les mollahs pour avoir des ressources pour financer leurs sinistres desseins ! Et le ministre d’affaires étrangères des Etats Unis de préciser « En assurant des revenus au régime, vous consolidez le classement de l’Iran en tant que premier sponsor de la terreur, et lui permettez d’exporter violemment la révolution, alors que le peuple iranien s'en prend à ses dirigeants » (M. Pompeo, 25.09.18). Schizophrénie : la France annonce urbi et orbi qu’elle a déjoué un sérieux projet d’attentat (avec l’aide de l’Allemagne, la Belgique et Israël) : « Les services de sécurité français pensent que le gouvernement iranien était à l’origine d’un attentat à la bombe contre un groupe d’opposition à Paris en juin, a indiqué une source diplomatique à l’AFP. » (AFP – 02 .10.18 – 17h55) et tout ce qu’elle fait c’est de bloquer pour six mois des avoirs appartenant à des iraniens…

Ce qui est incompréhensible c’est la cécité de ceux qui se rendent solidaires de l’Iran. En effet, pratiquement toutes les sociétés de premier plan ont déjà (ou sont en train de) choisi leur camp : face à la force des sanctions américaines et à la perspective de ne plus pouvoir exercer leurs activités aux Etats Unis elles se retirent, en masse et rapidement, du marché iranien (total importations 70 milliards de $, marché américain importations totales 2.275 milliards de $ - wikipedia 2015). Un document instructif mérite d’être consulté : « Foreign Investment in Iran – Multinational Firms compliance with US Sanctions – 10.09.18 »

Au fait, en parlant de gaspillages, comment ne pas souligner ce que l’Europe fait avec « les pauvres palestiniens ». L’Europe, le cimetière géant des millions de juifs, résultat de  l’ancien antisémitisme, le laisse se développer (en partie à cause d’une population immigrée existentiellement antisémite) – mais cette fois-ci, en le travestissant en tant que « sentiment anti-israélien ». Gaspillages ? A raison d’environ 500 millions d’euros de subventions annuelles aux palestiniens comptez sur une dizaine d’années et demandez-vous ce que d’autre on aurait pu faire avec le total… l’Europe contribue à laisser croître d’une manière exponentielle le nombre de palestiniens (aujourd'hui des millions !) bénéficiant d’un statut inouï de « réfugié héréditaire ». Ils étaient 600/800.000 à la création d’Israël, ils se comptent comme étant maintenant plus de 6 millions… vous savez ce que c’est une progression géométrique ? Et voilà que le nouveau Sheriff, je veux dire Donald Trump, décide qu’il est grand temps d’appeler un chat, un chat : de réfugiés il n’y a pas plus de quelques dizaines de milliers, les autres sont tout ce que l’on veut mais pas de réfugiés. Et pour que l’on comprenne bien ce qu’il dit, il vient de décider d’arrêter de dépenser de l’argent pour rien : environ 300 millions de $ d’économie pour les Etats Unis cette année. Gaspillages ? L’Europe vient d’annoncer qu’elle allait augmenter sa contribution aux pauvres palestiniens ! Naturellement, notre Président a eu son mot à dire. Peut-être même en recevant le sieur Abbas, lui faire la bise et lui promettre de faire en sorte qu’Israël rende gorge…

On reste quand même interloqué quand on voit que le « champion de la terre » ne s’aperçoit pas que ceux qu’il appelait « manifestants pacifiques à Gaza » brulent des milliers d’hectares de forêts et de cultures agricoles gagnés sur le désert dans le Sud d’Israël. Que faut-il à la France pour comprendre ce qui se passe là-bas ? Que faut-il à la France pour renoncer à la vulgate « deux états » quand elle voit la dichotomie Cisjordanie/Gaza ? Quand elle voit que le Hamas déclare, depuis toujours, sur tous les tons et partout ses trois NON : non à la reconnaissance d’Israël, non à la renonciation du projet d’éradication de ce pays, non au renoncement aux armes et au terrorisme ? Que faut-il à la France pour admettre que donner de l’argent aux palestiniens depuis des dizaines d’années n’a fait changer leur position d’un iota quant à leur volonté de détruire Israël ?

Questions à caractère rhétorique… la France qui ne sait même pas que la capitale d’Israël se trouve à Jérusalem… Mais ce qu’elle sait c’est qu’elle doit, en permanence, dire pis que pendre de ce pays qui est devenu le « juif des nations » La dernière ? Protester contre « la loi fondamentale » déclarant qu’Israël est le pays du peuple juif et que sa langue est l’hébreu. La France n’a jamais protesté quand les palestiniens, en 2002, ont adopté dans leur Conseil Législatif une « loi fondamentale » disant, entre autres « L'islam est la religion officielle en Palestine. Les principes de la charia islamique seront la source principale de la législation. L'arabe sera la langue officielle. » Mais c’est la loi israélienne qui est « raciste » et qui « pave le chemin d’Israël pour devenir un régime apartheid ».

 

 

 

[1] Encore une première ! Comment a-t-on déterminé ces pourcentages, c’est un mystère.

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10 septembre 2018 1 10 /09 /septembre /2018 20:15

 

Il y a cent ans (déjà…) les accords Sykes-Picot dépeçaient les dépouilles de l’empire ottoman en les partageant entre la France et l’Angleterre. La Turquie, héritière de l’ancien empire, prenait la voie de sa laïcisation sous la garantie de son armée. L’Iran se trouvait loin et ses soucis étaient relatifs à son voisin de l’Est, la Russie et aux velléités d’indépendance de ses populations kurdes. La Russie était loin aussi, ayant à fomenter une révolution dont les séquelles pour le monde se sont révélées dévastatrices.

Aujourd’hui, la Russie, la Turquie et l’Iran sont en train d’effacer les frontières établies en 1916 dans l’indifférence de la France, de l’Angleterre et de l’Union Européenne.

https://cdni.rt.com/french/images/2018.09/article/5b9150cd09fac2d56e8b4568.jpg

La Russie -toujours en train de tenter de s’installer dans une mer chaude- suite aux décisions imbéciles, à courte vue et pour tout dire totalement irresponsables de Monsieur Obama, s’installe, durablement en Syrie. L’Iran après avoir, pratiquement, fait de l’Irak un protectorat, après avoir installé le Hezbollah au Liban pour contrôler ce pays, fait des pieds et des mains pour s’incruster en Syrie. Un temps pour, un temps contre l’Etat Islamique, Al-Qaida et autres ejusdem farinae, l’Iran transforme la Syrie aussi en protectorat. Comme bonus elle est maintenant aux premières loges pour un éventuel assaut contre Israël. Tout ce qui vient de se passer pendant les sept dernières années a, comme premières conséquences, plus de 500.000 morts et plus de 5 millions de réfugiés.

L’irresponsabilité de l’Europe n’est plus à démontrer, c’est un postulat. Aucune action sérieuse (sauf quelques missiles -pour sanctionner l’utilisation d’armes chimiques- qui n’ont rien détruit) n’a été entreprise pour étouffer dans l’œuf la marche de l’Iran vers la Méditerranée. Ni pour empêcher l’arrivée de la Russie dans la même mer. L’Europe subventionne les visées russes de sa propre domination (par une dépendance progressive des sources d’énergie russes) et les visées iraniennes de domination du Proche Orient (et plus) par l’attachement à un accord maudit qui facilite le chemin de l’Iran vers des armes nucléaires. Et comme il ne faut pas oublier la Turquie, on lui donne la possibilité de faire du chantage car disposant d’un robinet qui laisse se déverser, plus ou moins, des 5 millions de réfugiés syriens vers l’Europe. Ce pourquoi elle paye à la Turquie, pour l’instant, 6 Milliards d’euros. Pendant ce temps, une grande marée humaine afflue de Syrie dans toutes les directions, mais surtout vers l’Europe. Un afflux de migrants non assimilés qui érode le consensus politique de l’après-guerre –essentiellement résumé dans « l’état-providence », sur le continent et catalyse la montée de factions dites « populistes » Sous les auspices de l’Allemagne, l’Europe se trouve augmentée depuis 2013 de 3 à 5 millions de migrants dont l’impossible assimilation fait qu’ils reproduisent le mode de vie et le système de valeurs qui étaient les leurs dans les pays d’où ils viennent. Il ne faut pas chercher ailleurs les raisons de la montée des mouvements de dits de droite extrême dans les pays de l’Est ou en Autriche ou en Italie ou (on l’a vu encore hier) en Suède. Tant et si bien qu’un des pays fondateurs de l’Union Européenne (l’Italie) est en train de prendre, avec la Hongrie pour les pays de l’Est, le leadership de la révolte contre Bruxelles. Certes, notre Président a annoncé, urbi et orbi, qu’il sera celui qui s’opposera au nationalisme qui porte en son sein la guerre comme la nuée porte l’orage (en paraphrasant J. Jaurès).

E. Macron et M. Salvini discutant l’avenir de l’Europe

Mais… quand il regarde derrière lui il constate que pas grand monde ne se rattache à son panache. Et que le concept qui anime la politique de notre pays « la France conduit l’Europe et l’Allemagne paye » n’a plus de cours. Et comme pour toute décision importante il faut obtenir l’unanimité des  27 membres de l’Union Européenne… Par exemple pour repartir les millions de réfugiés entre les divers pays.  Il est peu probable que notre Président se soit posé la question de savoir si ce qui se décidait dans ce sens restera pour l’avenir. Avenir ? Regarder l’évolution de la population de l’Afrique entre aujourd’hui et 2050 (après avoir triplé de 1980 à aujourd’hui) :

 

Et où croit-on que les jeunes africains vont aller ? Il y a déjà des millions de migrants potentiels dans les bidonvilles de Tripoli, de Tunis et même d'Istanbul, comme sur les routes, prêts à converger vers le premier pays qui donnera l’impression de favoriser l'accueil. C’est le résultat de ce que les dirigeants européens ont fait en 2015.

Ce rapide tour d’horizon concernant les sujets les plus ardus (immigration, Iran, droite extrême) qui détermineront l’avenir du continent ne serait pas complet si on ne jetait un coup d’œil sur ce qui constitue une tâche indélébile : le conflit israélo-arabe déguisé en israélo-palestinien. Pas besoin de tout rappeler, Balfour, Société des Nations, ONU et partage d’un territoire, cinq (ou six ou sept, cela dépend…) guerres… pour arriver, il y a 25 ans à un processus de paix qui est tout processus et pas du tout paix. J’ai dit tâche indélébile : depuis 50 ans (guerre de six jours) d’abord la France et ensuite l’Europe (hors certains pays de l’Est) se sentent obligées d’être du côté palestinien (car pauvres) et contre (d’une manière absolue même si souvent occultée) Israël (car riches et, de plus, juifs). Toutes les explications ont tenté de justifier ad absurdo l’attitude de l’Europe. Peu importe, par delà tous les actes malveillants (vote résolutions condamnant Israël à l’ONU et à ses organismes, dénégation de la relation multimillénaire du peuple juif avec la Terre Sainte, boycott de produits d’Israël ou de manifestations culturelles… il y en a légion) l’Europe n’hésite pas à accorder des milliards de $ aux palestiniens. De 1994 à 2017 l’Europe a cotisé pour plus de 12 milliards de $ (Cour des comptes Européenne, Rapport Spécial 2013 ; années 2013-2017 extrapolation MB).

A titre d’exemple, regardez les aides accordées pendant 6 ans (de 2007 à 2012), un total de 5.934.000€ soit env. 7,1  milliards de $. Et de 2012 à 2017… encore 5,5 milliards de $ (extrapolation MB).

La France, quant à elle, a accordé aux même (son premier bénéficiaire en aide humanitaire) de 2008 à 2017 plus de 500 millions d’euros (600 millions de $ -Chiffres clés Aide Internationale 2018). Et par mimétisme, les Etats Unis ont donné pendant la même période quelques 15 milliards de $ : 27 milliards de $ dont une grande partie se trouve dans les comptes de dirigeants corrompus ou investis dans l’achat d’armes, la construction de fusées ou de tunnels offensifs.

L’irresponsabilité de l’Europe – pendant ces 25 années le « processus de paix » n’a rien produit d’autre que l’augmentation exponentielle desdits réfugiés qui, seuls aux monde, disposent d’un statut à caractère héréditaire. Mais comme on ne peut pas mentir à tout le monde, tout le temps, les Etats Unis viennent de se réveiller : avec une justification « béton armé » ils viennent de réduire, à zéro presque, les sommes versés aux palestiniens (directement ou via une organisation qui se perpétue en raison de la pérennité des « réfugiés » - UNRWA). Et que fait l’Europe ? Comme pour le JCPOA en s’opposant aux Etats Unis et en se rendant solidaires de l’Iran, elle annonce qu’elle va augmenter ses contributions ! Mais ne demande rien à l’Iran qui de 1994 à 2016 a donné aux palestiniens… 20.000 $ (M. Pompeo – 08.09.18). Naturellement si l’on ne compte pas ce qu’ils ont donné au Hamas pour faire la guerre à Israël.

***

L’irresponsabilité de l’Europe est insoutenable. Jusqu’à quand, croit-on, que ses peuples continueront d’accepter de voir leurs identités diluées dans un magma de gens venus d’ailleurs, de voir leurs acquis culturels, leurs modes de vie et leurs valeurs disparaître devant d’autres, imposées par la vulgate selon laquelle « la diversité est une chance » ? Et tout cela en dépensant en pure perte -car telle est la volonté des gnomes de Bruxelles- des mille et des cent qui pourraient être mieux utilisés en faveur de ses propres pauvres… Ou pour se défendre contre une éventuelle action venue de l’Est car, pour l’instant, à part la France il n’y rien d’autre à opposer aux éventuels agresseurs. Surtout pas en Allemagne où « Les politiciens allemands peuvent parler d’autonomie stratégique et de réorientation, mais étant donné que l’armée allemande est remplie de sous-marins qui ne peuvent pas naviguer, d’avions qui ne peuvent pas voler et de chars d’assaut qui ne peuvent pas se déplacer, il est difficile de prendre ces commentaires au sérieux. » (https://www.bloomberg.com - 30.08.18).

 

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2 septembre 2018 7 02 /09 /septembre /2018 20:43

« Le déni de la réalité est le terme employé à partir de 1924 par Sigmund FREUD dans un sens spécifique : mode de défense consistant en un refus par le sujet de reconnaître la réalité d'une perception traumatisante… »

Je crois que nous vivons, à l’Ouest de l’Europe, en plein déni de réalité. Je vais prendre deux exemples qui me paraissent lourds de conséquences pour le futur immédiat.

En France le Président récemment élu semble, selon les gazettes, se trouver dans une situation de crise. Résultats absents ou contraires aux promesses faites pendant sa campagne électorale, distance trop grande par rapport au peuple ou incompréhension des motivations de multiples catégories socio-professionnelles, utilisation de méthodes de gouvernement incompatibles avec la démocratie « participative » (label présent pendant toute sa campagne électorale), j’en passe et de meilleurs. Ajoutez les épisodes Benalla et Hulot et on comprend pourquoi, tout en s’évertuant de trouver quoi et comment faire pour réussir son mandat, il cherche ailleurs ce qui pourrait redonner son blason. D’évidence, l’Europe. Et on le voit, pendant le déchirement du tissu qui constituait le « couple franco-allemand » s’ériger en « leader de l’Europe ». Et, sans réserve aucune, annoncer qu’il sera le chef des « progressistes » devant les « nationalistes » qui s’agglutinent en Europe pour constituer un pôle de résistance (Copenhague, 28.08.18). En clair, il dit, à mots couverts, qu’il s’agit de la paix contre le nationalisme guerrier, du bien contre le mal. Ce qui lui fait dire cela est la conséquence d’une lecture erronée de la situation de l’Europe. Après des dizaines d’années pendant lesquelles on a essayé de créer « une Europe unie et un peuple européen » à l’occasion d’une transhumance comportant des millions d’êtres venant d’ailleurs et apportant, comme les escargots, leur cultures et systèmes de valeurs pour les implanter dans un territoire devenu perméable, de vieilles nations se rebiffent et montrent clairement leur volonté de rester ce qu’elles étaient. Plus d’une dizaine de pays de l’Union Européenne (Pologne, Tchéquie, Slovaquie, Hongrie, Autriche, Italie, Lituanie, Lettonie, Estonie, en partie le Danemark et probablement la Suède) sont en train de créer un front commun contre la conception multiculturelle de Bruxelles, la prépondérance des lois supranationales édictées par des forums non élus et, surtout, contre une trop grande inclusion de populations exogènes qui même intégrées ne seront pas assimilées. Il ne s’agit pas de « guerre et paix » mais « d’identité ». Monsieur Macron est sujet à un déni de réalité, traumatisé par ce qui lui arrive en France, il voudrait avoir une compensation en Europe.

En Europe – L’Union Européenne (je laisse de côté l’ineffable Mme Mogherini…) ne s’occupe pas des 500.000 morts de Syrie (pour ne pas fâcher la Russie…), non plus du Yémen (pour ne pas fâcher l’Arabie Saoudite), ni de la destruction des Kurdes (pour ne pas fâcher le nouveau sultan). Elle n’a que deux sujets de préoccupation, comment sauver l’Iran de la perte du fameux JCPOA et comment faire pour rendre la vie d’Israël aussi misérable que possible.

Pour ce qui est du JCPOA elle est arrivée dans une situation pour le moins troublante, opposée frontalement aux Etats Unis et solidaire de l’Iran. Aucune des raisons pour lesquelles les Etats Unis se sont retirés du JCPOA (« sunset clause », missiles balistiques, déstabilisation du Proche Orient, sponsor du terrorisme) n’est inconnue à l’Europe, aucune ne devrait être minimisée (tout dernièrement un attentat de grande envergure a été déjoué en France, plusieurs acteurs ont été arrêtés en Belgique et en Allemagne – La Croix 03.07.18). Pourtant l’Europe se considère solidaire de l’Iran.

Pour ce qui est d’Israël, l’Europe a décidé, contre vents et marées, d’être l’allié indéfectible des « palestiniens ». Même récemment quand les soi disant « manifestants pacifiques » (E. Macron, 15.05.18) ont détruit, par le feu, 3.000 hectares de forets et cultures crées, avec effort, dans le désert pendant des dizaines d’années et ont brulés 10.000 pneus sur la frontière Israël/Gaza tout en y envoyant plus de 750 cerfs-volants incendiaires et/ou explosifs. En faisant semblant de ne pas voir que le schisme « Hamas/Gaza – Autorité Palestinienne/Cisjordanie) qui dure depuis une douzaine d’années n’a aucune chance de se résorber tant que l’Iran aura son rôle déstabilisateur. En faisant semblant de croire que les demandes sine qua non des palestiniens (capitale, droit de retour, etc.,) sont négociables, en faisant semblant d’appuyer le droit d’Israël à l’existence dans des frontières sures et reconnues (à condition qu’elles soient ni sures ni reconnues…) en supportant un processus de paix moribond (depuis 25 ans) et en finançant, à fonds perdus, la « cause palestinienne ». A raison d’environ 400 millions d’euros annuellement (Autorité Palestinienne, UNRWA, etc.,) elle aura versé aux dits palestiniens, peu ou prou, plus de 10 Milliards d’euros depuis "Oslo" (Toute l’Europe, 20.04.18). La raison majeure pour cette « aide » est l’existence des « réfugiés ». Deux moments dans l’histoire récente méritent d’être notés :

La Suisse - “Les réfugiés rêvent de retourner en Palestine. Entre-temps, il n’y a plus 700.000 réfugiés palestiniens dans le monde [comme en 1948], mais 5 millions. Il n’est pas réaliste que ce rêve devienne réalité pour tout le monde. Cependant, l’UNRWA maintient cet espoir. Pour moi, la question se pose: l’UNRWA fait-elle partie de la solution ou du problème?”, s’est interrogé le chef de la diplomatie suisse dans un entretien accordé à plusieurs journaux suisses du groupe NZZ."

“Tant que les Palestiniens vivent dans des camps de réfugiés, ils veulent retourner dans leur patrie. En soutenant l’UNRWA, nous maintenons le conflit en vie. C’est une logique perverse, parce qu’en fait, tout le monde veut mettre fin au conflit”, a-t-il poursuivi.

 

Le ministre suisse des Affaires étrangères Ignazio Cassis a qualifié jeudi “d’obstacle à la paix” l’Agence onusienne pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). (Le Temps 17.05.2018)

Tant que les Arabes ne seront pas prêts à accorder à Israël le droit d’exister, […] Israël se défendra.

Etats Unis – L’arrivée aux commandes d’un Président atypique car, entre autres, disposé à regarder les faits et prendre des décisions en conséquence, sans être sujet au poids d’un passé dont les décisions n’ont pas fait progresser le pays (ou le monde) vers ce qui était espéré, a changé la donne aux Etats Unis mais aussi dans la monde. Et au Proche Orient. Deux décisions majeures, les deux faisant le constat de la réalité : admettre que la capitale d’Israël se trouve à Jérusalem et, dernièrement, arrêter le transfert de fonds à UNRWA. Les deux décisions ont été condamnées par l’Europe. Pour ce qui est de la première le ridicule est tellement évident qu’il ne faut pas perdre du temps à s’en occuper. La deuxième fait le même constat que la Ministre des Affaires Etrangères de la Suisse. Et les États Unis la justifient : « L’Administration a soigneusement examiné la question et décidé que les États-Unis ne verseront pas de contributions supplémentaires à l’UNRWA. Lorsque nous avons versé une contribution de 60 millions de dollars en janvier, nous avons clairement indiqué que les États-Unis n’étaient plus disposés à assumer la part très disproportionnée (NB. environ 30%) du coût des dépenses de l’Agence pendant les prochaines années. Plusieurs pays, dont la Jordanie, l’Égypte, la Suède, le Qatar et les Émirats arabes unis, ont fait preuve de leadership pour résoudre ce problème, mais la réponse internationale globale n’a pas été suffisante.

Outre le déficit budgétaire lui-même et l'incapacité de réaliser un partage des charges adéquat et approprié, le modèle économique fondamental et les pratiques fiscales qui ont marqué l'UNRWA pendant des années - liés à la communauté de bénéficiaires habilités de l'UNRWA augmentant sans fin d’une manière exponentielle - ne sont tout simplement plus viables pour les années à venir. –Département d’Etat, 31 .08.18 – traduction MB» Les Etats Unis ont versé (via UNRWA ou directement à l’Autorité Palestinienne) eux aussi plus de 10 milliards    de $ depuis les accords d’Oslo (1993).

Condamnant la décision américaine, l’Europe est sujette à un déni de réalité. Comme M. Le Drian à la conférence des ambassadeurs « Ce que nous chercherons à obtenir, c’est la position historique de la France, un règlement juste et durable du conflit, à savoir l’établissement de deux États… Un acte manqué ? Probablement, car si l’on comprend bien, pour M. Le Drian l’Etat d’Israël n’a pas été encore établi…

Qui ne comprend pas que vu l’impossibilité réelle de trouver une solution au conflit israélo-arabe (et a son corolaire israélo-palestinien) le nombre de réfugiés, 70 ans après leur départ (ou expulsion) d’Israël ne peut qu’augmenter sans fin d’une manière exponentielle en vertu de la définition du caractère de « réfugié héréditaire » consenti par l’ONU aux palestiniens et à eux seuls? Ce que l’Europe cache c’est sa perception traumatisante pour ce qui a été son passé. Et le fait qu’elle opère le transfert de sa responsabilité passée sur les juifs qu’elle a essayé de faire disparaître.

***

La France traverse une crise dont seulement l’aspect économique conduit, pour l’instant, des catégories socio-professionnelles différentes à être contre tout ce qui est pour et vice-versa. On en a vu d’autres, la France est un pays riche. Ce qui est beaucoup plus grave c’est qu’en parallèle couve sous les cendres une crise identitaire et culturelle dont les conséquences, à long terme, sont autrement importantes. L’Europe, loin de se partager entre « progressistes » et « nationalistes » donne des signes d’essoufflement pour ce qui est d’une intégration, i.e. d’un « melting pot » dans lequel on aurait dissous les nations. Et dans lequel un policier allemand pourra exercer ses fonctions à Marseille. La France, l’Europe se trouvent être en déni de réalité.

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29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 08:27

Notre pays traverse une de ces crises dont il a le secret depuis que plusieurs présidents se sont donné le mot pour raconter n’importe quoi pendant leurs campagnes électorales, juste pour se rendre compte douze ou quinze mois après que les promesses… Et on se fait avoir chaque fois car la sincérité et l’approche factuelle de chacun nous convainc de voter pour eux. Aussi, parce qu’à la différence des doux rêveurs (révolutionnaires ou pas) leurs promesses font sens.

Ainsi le dernier. Réduction de la dette (mais qui a augmenté d’environ 140 Milliards d’euros[1] depuis son arrivée aux commandes), réduction du déficit budgétaire (mais qui augmente de 2,3% l’année dernière à, probablement, plus de 2,6% cette année), réduction des impôts (mais huit taxes nouvelles – CONTREPOINTS 24.08.18), progression du pouvoir d’achat (mais des ponctions dont le total dépasse 5 Milliards d’euros[2]), services publics ouvrant le samedi et en soirée (?), 10.000 postes de policiers et gendarmes (2018 effectifs constants - senat.fr/rap/l17-108-328-1/l17-108-328-11.html), 12.000 postes d’enseignants sur la durée du mandant (plus de 20.000 recrutés rien qu’en 2018 !), réduction de 120.000 fonctionnaires sur la durée du mandat (augmentation de 20.400 pour 2018 seulement…), développer l’emploi (chômage constant à plus de 9,5%, soit un point  de plus que la moyenne de l’Europe mais 4 points de plus que     l’Allemagne…)… on pourrait continuer comme cela sur des pages et des pages. Mais regardez la comparaison pour le nombre de fonctionnaires rapporté au PIB/habitant :

Notre pays est à la limite de ceux à orientation « socialiste » (Canada, Israël, Finlande, Suède, Norvège) et avec un PIB/habitant inférieur à celui de l’Allemagne ou des Pays Bas il emploie presque 50% de plus de fonctionnaires pour 1000 habitants… Ne pourrait-on pas se poser la question de savoir si cela n’influence pas l’économie du pays ?

Mais, attendons, le Président est en voyage d’études au Danemark -que nous avons dépassé comme champion des prélèvements obligatoires- pour voir quels impôts et taxes il pourrait encore faire appliquer en France. Tout en nous disant que si les choses ne vont pas comme il était écrit dans son plan de marche c’est parce que Godot –je veux dire la « croissance » n’est pas arrivée. L’idée que la croissance ait été étouffée par des prélèvements qui dépassent l’entendement ne semble germer dans aucun des cerveaux d’acier qui l’accompagnent. Le sien y compris.

Et que dire du « projet européen » de notre Président ?  Gouvernance solidaire, un ministre pour les finances de l’Union, harmoniser les taux d’impôt, un prix unique pour le carbone pour pénaliser certaines industries, office européen de l’asile et police européenne aux frontières… j’en oublie car il est fort pour les propositions/promesses qui nous engagent nous, qui les recevons. Naturellement, rien de tout cela n’est fait ni ne sera fait. Mais il se fait champion d’une Europe qui devrait ne plus compter sur la contribution des Etats Unis à sa défense mais qui devrait s’opposer aux décisions des Etats Unis, par exemple, à la mise à mort du fameux JCPOA. Notre président a donné son accord pour que l’on aide le pauvre Iran qui souffre, déjà, des sanctions remises en œuvre par les États Unis. L’Europe… le ridicule ne tue plus : « L’Union européenne a accordé jeudi 18 millions d’euros d’aide à l’Iran, y compris pour le secteur privé, pour aider à compenser l’impact des sanctions américaines et à sauver l’accord de 2015 qui a vu Téhéran limiter ses ambitions nucléaires. » (I24 – 23.08.18). L’Iran exporte, pour le moment, plus de 2 millions de barils de pétrole tous les jours (Connaissance des Energies, 16.04.18) : à 70$ le baril ses recettes sont, peu ou prou, de 1 Milliard de $ par semaine ! Soit, chaque semaine, 50 fois plus que ce que l’Europe vient de leur donner. C’est vrai, un sou est un sou et quand on a des dépenses pour 80.000 supplétifs en Syrie ou (on ne sait pas combien) pour aider le Houthis du Yémen à s’opposer à l’Arabie Saoudite il n’y a pas de raison de ne pas prendre l’argent de cette Europe qui ne sait pas dans quel monde elle vit…

Allez, pendant que le pays ne sait pas à quel saint se vouer car sa situation n’est pas meilleure 16 mois après la prise de fonctions du nouveau président, on s’occupe de choses beaucoup plus importantes. La démission de M. Hulot, ministre populaire de l’écologie qui, au bout d’un an et demi a compris, lui aussi, que les promesses faites (nucléaire, pesticides, Notre Dame des Landes….) n’ont pas beaucoup de chances de se réaliser. Surtout parce qu’elles ne correspondaient pas à la réalité ni quand elles ont été faites ni aujourd’hui. Mais voir la place que la media sphère accorde à cet événement… cela laisse songeur. Car qui est M. Hulot ? Coryphée de l’écologie, promoteur d’un nouvel obscurantisme qui tire ses racines d’une gauche qui n’a trouvé rien d’autre à mettre sur son étendard pour faire croire aux gens que l’ère du « productivisme » est finie. Et que celle des trente-cinq heures par delà le bonheur de ne rien faire représente l’avenir.

Bon, il n’y a pas si longtemps, on a assisté au vaudeville « Benalla » qui a choqué deux tiers de français. Mais que l’on est en train d’oublier…

Alors ? Vers quoi sommes nous en train d’aller ?

Pour ce qui est de l’Europe rien de bon ne se passera. Elle s’agite comme un hamster dans une roue car elle n’a pas encore trouvé le moyen de réussir son opposition aux Etats Unis. Le combat d’arrière-garde qu’elle mène aujourd’hui (« Blocage Status » pénalités pour le sociétés qui arrêtent de travailler avec l’Iran) ne fait qu’affaiblir sa situation vis-à-vis des Etats Unis. De plus elle n’a plus son mot à dire quand elle assiste, impuissante, au partage de la Syrie entre la Russie et l’Iran ou devant le chantage du sultan turc « des sous ou on ouvre le robinet des migrants » D’un autre côté, dix pays sur les 27 commencent à s’opposer ouvertement aux gnomes de Bruxelles et au binôme Allemagne-France. Binôme qui laisse la place au « leader » de l’Europe, je veux dire notre Président. Deux groupes de pays qui ont eu l’expérience des « grand frères » (les pays baltes et le groupe de Visegrad) supportent de moins en moins bien l’arrogance de notre Président et le font savoir. Ces mêmes dix pays, chacun pour des raisons différentes, s’opposent, entre autres, au traitement d’Israël par Bruxelles. Bruxelles qui fait semblant de vouloir encore croire aux vieilles lunes (processus de paix, Autorité Palestinienne, etc.,) et qui n’arrête pas d’inciter contre Israël en subventionnant des associations dont le seul but est la délégitimation de ce pays. Bruxelles, qui continue à verser à « L’autorité Palestinienne » bon an, mal an, quelques 400 millions d’euros. Bruxelles, qui fait semblant de croire que l’UNRWA (agence onusienne pour les « réfugiés » palestiniens et leurs descendants de quatre générations) mérite de recevoir plus de 100 millions    d’euros annuellement (l’Arabie Saoudite en donne 8 millions (https://www.unrwa.org/sites/default/files/top_20_donors_overall_pledges.pdf). Et dans tous ces dons… la part de la France dépasse 22%, quelques 100 millions d’euros tous les ans. Mais on augmente la CSG des retraités…

Mais où va-t-on ? Dans le mur, disent certains…

 

[1] Fin 2016=2152 Milliards € - fin 2017=2218 – août 2018 = 2317 +un peu d’arithmétique …

[2] entre autres CSG augmentée pour (7 millions ?) retraités (au moins 2.000€/an, CSG et différentiel inflation pour un tiers d’entre eux).

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21 août 2018 2 21 /08 /août /2018 19:29

Le 1er mars 2005, suite aux des efforts acharnés de Jacques Chirac, la Constitution de la France s’enrichissait d’un article 88-5 qui prévoyait qu’un éventuel élargissement de l’UE devait être soumis à un référendum du peuple Français (ou à l’accord de 3/5èmes des deux chambres réunies). Personne n’était dupe, il s’agissait de prévenir l’admission de la Turquie. La Constitution avait été modifiée ensuite (sept fois depuis 1958… comme s’il s’agissait d’une loi quelconque) en 2008 en supprimant la clause Chiraquienne d’origine. La Turquie en a voulu à ce dernier, elle en a remercié N. Sarkozy.

Que se passe-t-il aujourd’hui ?

Oublions pour l’instant que depuis 2003 ce pays vit en régime de parti unique et même que depuis la dernière élection présidentielle elle a perdu l’essentiel des caractéristiques d’une démocratie - la séparation des trois pouvoirs, la liberté d’expression et aussi l’indépendance de sa banque centrale. Oublions, donc, qu’il s’agit maintenant d’un régime autocratique dont un homme seul est le dépositaire de tous les pouvoirs. Oublions.

Mais tout en oubliant tout, on est forcé de se souvenir qu’à la suite d’un (faux ?) coup d’état, un pays limitrophe de l’Europe a enregistré l’arrestation d’environ 160.000 personnes, le renvoi de 152.000 fonctionnaires parmi lesquels 12.000 policiers, 16.000 enseignants et 13.000 militaires et aussi la fermeture de 45 journaux et 17 chaînes de TV (LCI O4.10.2016). Ce n’est pas tout… 5.822 profs universitaires, 4.560 juges et procureurs ont été demis de leurs fonctions comme 319 journalistes (X index 25.04.18). Pour ce qui est des journalistes ce pays est considéré comme « la plus grande prison du monde » et se classe, pour la liberté de la presse à la 155ème position (sur 180 enregistrées, Le Figaro 04.08.2018). La Turquie.

Oublions aussi le rôle néfaste de ce pays dans ce qui se passe en Syrie où, pour l’essentiel, il tue des Kurdes y vivant car frères des 20% de sa population qui a subi, elle aussi, 40.000 morts depuis que le nouvel Sultan tient le haut du pavé.

Si je continue, on va se demander pourquoi j’évoque cette nouvelle dictature quand il n’en manque pas d’autres de par le monde. Si je le fais c’est parce que la France vient de l’adouber. Vous ne croyez pas ?

Le Sultan croit dur comme fer que l’inspirateur du (faux ?) coup d’État est son ancien principal associé qui se trouve aux Etats Unis. États Unis qui, État de droit oblige, pour l’extrader, demande des preuves de l’implication du bonhomme. Et ce que la Turquie présente… ne passe pas le seuil minimum de la justice américaine. Alors… le Sultan a fait arrêter et juger un Pasteur américain qui exerçait son ministère à Izmir depuis plus de 25 ans. Et qui est maintenant menacé de 35 ans de prison. Bazar turc oblige… il a demandé au Président américain d’intervenir pour libérer une turque, supplétive du Hamas, en cours de jugement en Israël. Ce que M. Trump a fait et la dame s’est retrouvée à Ankara. Se fondant sur la mentalité de bazar du Sultan le président américain avait compris que c’était un quid pro quo pour libérer le Pasteur. Qui, oui, a été sorti de prison mais… en résidence surveillée en attendant le jugement du procès. Et le Sultan a poursuivi… en demandant maintenant que la justice américaine (sur laquelle la Président n’a aucun pouvoir, comme on le sait) annule les pénalités (des milliards de $ et une condamnation de prison) auxquelles la principale banque turque (HALKBANK) a été condamnée car ayant contourné les sanctions précédant le JCPOA pour assurer des liquidités à l’Iran (vente de pétrole, gaz, or et autres métaux, selon les estimations, plus de 100 milliards de $ ! The Atlantic 04.01.2018) pendant des années. Monsieur Trump apprendra qu’avec le Sultan il n’y a pas de « gentlemen agreement » (cela nécessite deux gentlemen…). Alors ?

Les Etats Unis on appliqué des sanctions commerciales à la Turquie tant que le Pasteur, non coupable selon eux, n’est pas libéré. Et les gazettes nous apprennent que la France s’allie au Sultan pour déjouer les sanctions américaines.

Qu’est-ce-qui nous prend ? De la folie furieuse…

Dans un cas, clair comme eau de roche, ou le droit, la morale et tout le reste est du côté des Etats Unis, la France prend le parti d’une dictature dont les procédés inadmissibles révoltent une grande partie du monde.

Pas seulement la France. L’Allemagne (plus de 3 millions de turcs y sont présents) accorde une sorte de neutralité bienveillante à la Turquie, client important, surtout pour l’armement.

 

En fait, l’Europe qui s’est compromise tant et plus avec le Sultan dictateur se trouve devant une charade : comment se comporter avec un dictateur qui pourrait tomber ? Et comment faire pour que les 150 milliards d’euros de créances de ses banques ne partent pas en fumée ? Rien que la BNP en possède plus de  90 milliards d’euros… Créances qui pourraient s’ajouter aux 260 milliards de créances douteuses des banques européennes à fin 2017 (Atlantico, 16.08.2018). Et qui pourraient être à l’origine d’une « contagion » dont l’Italie en premier, la France ensuite pourraient être les victimes. Car par delà ses dettes,  la Turquie ira de mal en pire : avec une inflation de 16% et des taux d’intérêt qui frisent les 18% car la lire a perdu plus de 60% de sa valeur depuis le début de l’année on ne voit pas, à part une intervention du Fonds Monétaire International (que les Etats Unis ne laisseront pas faire) ce qui pourrait sauver ce pays. Le Sultan peut enfermer les journalistes et les dissidents et fermer les journaux. Mais il ne peut pas fermer les marchés qui n'achètent plus ce qu'il vend.

Comment se comporter avec un ancien vendeur de bazar qui ne s’embarrasse d’aucun principe quand il veut faire du chantage ? Ce qui semble se profiler à l’horizon c’est une menace de défaut de la Turquie face aux échéances imminentes d’une partie de sa dette (peu ou prou, son total est de quelques 500 milliards de $ - actualité-news.com, Economie, 29.06.2018).

Alors ? La France (avec sa dette totale de plus de 2.800 milliards de $ - 97,8% du PIB) s’allie avec la Turquie CONTRE les Etats Unis ? Et M. Macron va demander à M. Trump quelques arrangements pour la France une fois que les iraniens sortiront du JCPOA ? Car ils sortiront.

L’Europe se trouvera dans une drôle de situation : le Guide Suprême a posé comme conditions pour que l’Iran reste dans le JCPOA « indemniser Téhéran pour les recettes pétrolières perdues en raison des sanctions américaines, garantir que les banques européennes continueront à financer le commerce bilatéral avec l’Iran, et ne pas soulever la question des missiles balistiques iraniens ou des interventions régionales. Il a même stipulé que les Européens devaient voter pour une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies condamnant Washington pour son retrait du JCPOA » - (The National Interest, 16.08.2018). Pas difficile de comprendre que l’Europe, nonobstant les simagrées et les rodomontades de Mme Mogherini, ne pourra pas satisfaire les demandes iraniennes. Si elles restent telles quelles, l’Iran sortira de l’accord et… l’Europe, sauf se déjuger de tout, sera obligée de réinstaller ses propres sanctions contre l’Iran.

Les jours passent et l’Europe fasse semblant de croire que les mesures mises en place (« Blocage Status » et loi spéciale) pour obliger les sociétés européennes à continuer de travailler avec l’Iran seront efficaces. En  réalité elles sont vaines car « les entreprises individuelles sont plus susceptibles d'éviter de faire des affaires avec l'Iran que d'invoquer les mesures de protection. Les sanctions américaines les forceront à choisir entre faire des affaires avec les États-Unis, le plus grand marché du monde ou avec le marché iranien beaucoup plus petit. Total, Maersk, Siemens, Mercedes, Deutsche Bahn, Deutsche Telekom et d’autres grandes entreprises européennes ont déjà annoncé qu’ils se retireraient d’Iran » (The National Interest, 16.08.2018).

Ne nous trompons pas, les tentatives de l’Europe pour protéger l’Iran contre les sanctions américaines sont vouées à l’échec.

Et pour la Turquie… depuis une dizaine d’années elle se disait allié de l’Ouest mais dérivait vers l’objectif de celui qui espérait devenir Sultan. Ramener le pays laïcisé par Kemal Atatürk il y a cent ans à ce qu’il était avant, pays de l’islam dont le seul Dieu est Allah. Allahu Akbar !

 

 

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16 août 2018 4 16 /08 /août /2018 07:53

Certes, pour nous montrer qu’il travaille même quand il est en vacances à Brégançon notre Président y a reçu Mme May qui a de plus en plus de mal à faire sortir l’Angleterre de l’Europe sans que cela conduise à un changement de régime : Jeremy Corbyn, le patron du Labour, antisémite notoire et « frère et ami » du Hezbollah, du Hamas et d’autres, est en embuscade. Et comme, marginalement, dans plein d’endroits en Angleterre, le vote musulman peut faire la différence… On a vu le film, on a lu Soumission (Michel Houellebecq). Mais recevoir Mme May c’est une chose, lui faire la leçon c’en est une autre. Fort de son attachement à l’Europe il lui a, clairement, dit ce que dans son temps De Gaulle avait dit pour l’entrée de l’Angleterre dans l’Union Européenne « L’Angleterre je la veux nue »! En clair, si Brexit il y a, l’Angleterre se trouvera nue. En lui soulignant le fait que « l’Europe qui protège est forte ».

Hein ?

Protège ? Et les plus de 3 millions de « réfugiés » arrivés depuis 2015, tout va bien ? Et se débattre d’une manière convulsive dans la cadre des sanctions américaines faisant suite à la mise à mort du fameux JCPOA ? Et, patatras, la crise turque avec son potentiel de conséquences à nul autre égal !

Pour ce qui est des réfugiés… tout ce que l’on a voulu faire (centres de tri, acceptation provisoire avant de…, quotas par pays, etc.,) s’est perdu dans les arcanes de la bureaucratie de Bruxelles en se voyant rejetés par au moins une dizaine de pays. Mais, la nouvelle Espagne socialiste (depuis quelques mois…) a montré qu’elle voulait bien prendre tous ceux qui sont transportés en Méditerranée d’un port à un autre. Mme Merkel qui voulait garder ouvertes les portes de l’Allemagne (et celles de l’Europe) a été sur le point de perdre le pouvoir, il  a été bien écorné… On y reviendra, souvenons-nous qu’il y a 3,9 millions de réfugiés syriens en Turquie (Commission Européenne, Protection Civile et Opérations d’Aide Humanitaire Européennes, 20.07.18).  M. Erdogan, si on ne lui donne pas les milliards d’euros que Mme Merkel a négocié avec lui, va ouvrir un peu plus le robinet (car il laisse déjà des islamistes de bonne souche aller vers l’Europe : lui, il le sait pourquoi, c’est seulement l’Europe qui fait semblant de ne pas comprendre). Bon, on vient de lui libérer une deuxième tranche de 3 milliards d’euros, cela en fait 6 pour le moment.

 

Pour ce qui est des sanctions américaines, quelque soit le point de vue du lecteur sur leur justesse, force est de reconnaître qu’il s’agit d’une bagarre « pot de fer contre pot de terre ». Oui, l’Europe a mis en vigueur une loi datant de 1996 qui se propose d’annuler l’effet des premières sanctions américaines appliquées à des entreprises européennes. D’un autre côté, elle vient d’annoncer une mesure spectaculaire : les entreprises européennes qui travaillent en Iran devront, sous peine de pénalités, demander la permission pour un désengagement.  Ces deux mesures considérées comme une panacée pour faire face au vilain américain, malheureusement, n’ont jusqu’ici, fait peur à personne. Une longue litanie d’entreprises de premier plan et des banques viennent annoncer (sans la permission de Bruxelles, na !) qu’elles se désengagent de l’Iran. Parmi elles PSA, TOTAL, MERCEDES, AIRBUS et des banques et non des moindres. Mais en novembre (c’est demain) un nouveau  train de sanctions verra le jour, regardez (Actualités – Suisse- 09.08.18) :

  1. « Sanctions sur les opérateurs des ports iraniens, et des secteurs du transport et de la construction navale… ;
  2. sanctions sur des transactions relatives au pétrole y compris l’achat de pétrole, de produits pétroliers ou de produits pétrochimiques originaires d’Iran;
  3. sanctions sur des transactions par des institutions financières étrangères avec la Banque centrale d’Iran… ;
  4. sanctions sur la fourniture de services de messagerie financière…;
  5. sanctions sur la fourniture de services de souscription, d’assurance ou de réassurance; et
  6. sanctions sur le secteur énergétique iranien..

Bon courage à Mme Mogherini qui clame partout que « l’Europe se défendra » quand on sait que toutes (ou presque) les transactions internationales, financières, d’assurance, et de transport se font en $… Croire que Maersk, MSC ou CMA CGM (français, troisième au monde) ou les autres grands transporteurs maritimes ou des assureurs comme Lloyd risqueraient l’arrêt de leur accès aux ports américaines… c'est prendre des vessies pour des lanternes !

L’Europe, pour justifier sa position -contraire à celle des Etats Unis- se cache derrière le paravent du « JCPOA – l’Iran respecte ses engagements » et fait semblant de ne pas être au courant de l’action déstabilisatrice de l’Iran au Proche Orient (Syrie), au Yémen, ou en Amérique Latine. Come elle fait semblant de croire que les menaces de destruction que ce pays adresse, jour après jour, à Israël ne sont que des paroles verbales…  Pauvre Europe…

La crise turque nous est présentée depuis une dizaine de jours comme ayant été engendrée par les sanctions que M. Trump (encore lui…) a décidé d’appliquer à des produits turcs. Pourquoi ? Depuis 18 mois le ci-devant Sultan a décidé de faire un procès à un pasteur évangéliste, installé à Izmir depuis plus d’une vingtaine d’années. En réalité, avec la mentalité du vendeur de bazar, qu’il a été avant de devenir homme politique, il a voulu obliger les Etats Unis à un troc : il veut obtenir l’extradition d’un ancien associé qui s’est exilé aux Etats Unis en justifiant la demande par la soi disant participation de celui-ci au (faux ?) « coup d’état » de juillet 2016 contre celle du pasteur qui est menacé de 35 ans de prison. Les Etats Unis étant un pays de droit, les « preuves » apportées par la justice turque ont reçu une fin de non recevoir.

Si l’on cherche les raisons de la crise, il est impossible de ne pas prendre en compte son déroulement : crise économique au départ, institutionnelle ensuite, financière aujourd’hui et qui devient diplomatique avec son principal allié, les Etats Unis. M. Erdogan s’est fait promoteur de la croissance à tout va pour assurer à la Turquie une expansion économique. Ce faisant, par des élections et référendums, ses compatriotes lui ont concédé un pouvoir de plus en plus grandissant. Tant et si bien qu’aujourd’hui il a tous les pouvoirs qu’aucun régime démocratique ne confie à un seul homme : chef du parti majoritaire, de l’armée, de la justice, de la police, de tous les ministères, de la Banque Centrale (j’en oublie certains, surement). En clair,  il a amené son pays sur la voie de l’islamisme et de la tyrannie, et a rompu irrémédiablement ses liens avec l’Occident. Le fait est que la Turquie est maintenant l’ennemi de l’Occident démocratique. Faut-il que la veulerie de l’Europe soit à son zénith pour qu’elle ne s’aperçoive pas de cela.

Mais allons voir l’évolution de la lire turque depuis deux ans :

On peut distinguer trois périodes : la première depuis le début de 2016 (référendum 16.04.17) quand M. Erdogan a annoncé des élections pour un mandat « présidentiel » qui ont eu lieu le 24.06.18. Ensuite depuis le référendum qui annonçait la marche vers plein de pouvoirs pour le nouveau Sultan et jusqu’aux élections quand la lire turque s’est dépréciée d’environ 60% : peur des indigènes, peur des investisseurs étrangers, peur des acteurs commerciaux locaux et étrangers. Surtout parce que la Banque Centrale allait perdre son indépendance. Et la troisième, du 24 juin au 10 août quand la lire perdait encore 10%. Viennent les sanctions de M. Trump qui provoquent un saut d’environ 30%. C’est beaucoup mais elles ont bon dos quant à la dépréciations de la lire pendant les deux dernières années : il en fallait 3,30 pour un euro, il   en faut (aujourd’hui) presque 8 (deux fois et demi plus…). Les rodomontades du Sultan + la nomination de son gendre comme ministre des finances et la perte, évidente, de l’indépendance de la Banque Centrale expliquent le tout. « Aujourd’hui, la Turquie est une économie de marché émergente avec une dette extérieure de 466 milliards de dollars (environ 78% en dollars américains et environ 18% en euros)… Les paiements imminents prévus pour la dette sont l’une des principales raisons de la fragilité (crise), car une lire plus faible rend cette dette plus coûteuse à rembourser. Ajoutez que l’endettement en livres turques s’envole, au point d’approcher, aux dernières nouvelles, les 220% du PIB ! [Avec une inflation de 16% car le Sultan (voir l’islam- prêts avec intérêts) ne veut pas laisser la Banque Centrale augmenter les taux]. Cette situation a conduit la Banque Centrale Européenne à sonner l'alarme, avertissant que les problèmes de change de la Turquie pourraient infecter les banques européennes... (L’économie turque dégringole. Et après? Stratfor, 10.08.18)» Banques européennes ? Trois d’entre elles (BBVA-Espagne, UniCredit-Italie, BNP-France) ont des créances de 133 milliards d’euros ! Il est probable qu’elles ont commencé à inscrire des provisions dans leurs bilans car elles ne récupéreront pas ce qu’elles ont prêté…

Turquie ? ça pend au nez de l’Europe… A peu de choses près, l’Europe exporte vers la Turquie annuellement pour env. 90 milliards d’euros et importe quelques 70 milliards d’euros (Perspectives Monde, OCDE, données 2015 a actualiser avec env. 15%). Et l’Allemagne se taille la part du lion pour les produits envoyés en Turquie : presque 25% du total exporté par l’Europe, disons 1 euro sur 4. Sans compter les ventes d’armes : « Un des plus gros clients de l’Allemagne est la Turquie, qui est passée de la 25ème place à la 8ème place dans la liste des acheteurs. Au total, Berlin a vendu à Ankara (depuis 2003 ?) 76,4 milliards d’euros d’armes, dont des composants aéronautiques, des drones et des équipements de soutien au sol » (EURACTIV 26.10.16) On comprend, dès lors, pourquoi Mme Merkel est le premier dirigeant européen a se prononcer contre les sanctions de M. Trump qui s’appliquent à la Turquie…

Turquie ? On le voit tous les jours, l'Europe devient de plus en plus laïque tandis que la Turquie se déplace vers l’islam. Tout en se voulant démocratique. Mais souvenons-nous du mot du Sultan « La démocratie c'est comme un tramway, une fois arrivé au terminus on en descend » (1996). L’Union européenne s’est montrée réticente à admettre la Turquie en tant que membre pour des raisons culturelles, politiques et liées à l’immigration, mais s’est montrée totalement disposée à intégrer la Turquie économiquement et financièrement. Et, pas seulement à Bruxelles, on est en train de se demander si le « tramway n’est pas arrivé au terminus » Mais… le drame nous attend : j’avais dit vouloir revenir sur les réfugiés.

 L’Europe commence à se poser des questions car elle dépend de la Turquie pour limiter le flux de migrants issus des conflits au Moyen-Orient. Et a payé pour cela 6 milliards de € jusqu’ici. A voir le chantage qu’il essaye d’exercer sur les Etats Unis pour obtenir l’extradition d’un ancien associé… il est judicieux de se demander ce qui se passera quand la Turquie sera, économiquement, dans la situation du Venezuela et si à ce moment-là M. Erdogan ne fera pas du chantage.  D’évidence, toute reprise du flux de migrants en provenance de Turquie deviendrait un problème politique majeur en Europe où l’opposition à l’immigration a provoqué la montée des partis de droite. Mme Merkel doit s’en souvenir…

Ceux qui regardent de près la situation actuelle de la Turquie n’ont pas de difficulté de conclure « Les problèmes économiques de la Turquie, selon les analystes, sont en grande partie dus aux décisions de M. Erdogan. Ils ont moins à voir avec son différend avec les États-Unis et la perspective de sanctions plus lourdes qu'avec l’aggravation de l’ingérence économique de M. Erdogan alors qu’il tente de plier la logique de la politique monétaire et des marchés financiers mondiaux à ses objectifs politiques. » New York Times -14.08.18

Qu’à cela ne tienne, dit-il, le 12.08.18 « Eux ils ont les dollars, nous avons Allah » Ce n’est pas du mauvais esprit que de dire, vu la dégringolade de la lire turque, qu’Allah mise sur le dollar !

 

 

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