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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 18:45

 

 

La Corée du Nord a assumé, pendant quatre semaines, la présidence de la Conférence des Nations unies sur le désarmement, l'organisme mondial chargé de l’interdiction de la course aux armements nucléaires et de la prévention d'une guerre nucléaire.


Le régime qui viole en permanence les contrôles nucléaires de l'ONU, qui est la cible de sanctions de l'ONU, qui est le premier proliférateur de la technologie nucléaire (aides connues à l'Iran et à la Syrie) a été en charge de l'organisation responsable de la négociation des accords multilatéraux de contrôle des armes de destruction massive telles que biologiques et chimiques et/ou des matières fissiles.


Le symbolisme de la Corée du Nord ayant en charge le désarmement mondial, pour quatre semaines, est monstrueux et cela en dit long sur l'ONU, ses processus de décision et sur son Secrétaire général Ban Ki-moon.


Ban Ki-moon qui a salué la « Conférence internationale sur la lutte mondiale contre le terrorisme » organisée par l'Iran, et qui a accueilli des représentants de la Corée du Nord et de la Syrie ainsi que le président soudanais Omar el-Béchir, recherché par la Cour pénale internationale car accusé d’avoir organisé un génocide.

 

Le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré que les juifs ne seront pas autorisés à vivre dans l’Etat palestinien dont il demande la reconnaissance à l’ONU. La communauté chrétienne palestinienne arabe a diminué de façon spectaculaire dans les dix-huit dernières années depuis que l'Autorité palestinienne contrôlée par l'OLP gère une partie de la Cisjordanie (Accords d’Oslo). Aujourd'hui, Beit Jalla, une fois une banlieue chrétienne de Jérusalem, n’a plus de population chrétienne et à Bethléem, ville à majorité chrétienne depuis toujours en Terre sainte, est désormais peuplée d'une majorité musulmane. De plus, les chrétiens palestiniens ont à faire face à une campagne déterminée de conversion forcée à l'Islam par le gouvernement du Hamas à Gaza. Par ailleurs, le seul Juif autorisé à résider dans la bande de Gaza est l’otage franco-israélien, captif depuis cinq ans, Gilad Shalit. Tout cela n’empêche pas que la Norvège, d’autres pays nordiques et, naturellement, les bien pensants de notre continent stigmatisent Israël en tant qu’état coupable d’apartheid.

 

Un responsable politique égyptien, vice-président du parti libéral Wafd a remis en cause la Shoah, le livre d'Anne Frank et les attentats du 11 septembre à New York. "la Shoah est un mensonge, le livre d'Anne Frank un faux et les attentats du 11 septembre, made in USA", a déclaré Ahmed Ezz El-Arab. "Les Juifs sous occupation allemande étaient 2,4 millions, donc s'ils ont tous été exterminés, où sont les 3,6 millions restants", s'est interrogé ce politicien égyptien alors qu'il était en Hongrie pour la Conférence sur la Démocratie et les Droits de l'Homme... Le printemps arabe se prépare à un hiver de longue durée.

 

Pendant ce temps, comble d'ironie, les gauches de toute l’Europe ont décidé de « forcer » le blocus de Gaza pour aider les « pauvres palestiniens ». Non pas avec des biens mais avec leur apport moral, montrer au monde qui mérite d’être vilipendé et qui mérite d’être aidé. Du mauvais côté, Israël, du bon côté, le régime islamiste instauré par l’organisation terroriste Hamas à Gaza suite à un coup de force sanglant contre l’Autorité Palestinienne.

 

La monnaie unique européenne donne des signes qui montrent qu’elle pourrait s'effondrer. Plusieurs pays européens (les « PIIGS ») risquent, à plus ou moins long terme, la faillite. L'État-providence, modèle social européen est en ruines. Des millions d'Européens forment des armées de chômeurs. L’Europe (avec la France à sa tête) est en train de perdre la guerre commencée avec la Libye (sans savoir exactement pourquoi elle a été déclenchée).

Syrie.png

 

 

 

Eberluée par ce qui se passe en Syrie l’Europe ne sait pas à quel saint se vouer et laisse le boucher de Damas trucider son peuple comme son père l’avait fait il y a presque trente ans. L'immigration musulmane en Europe est devenue, pratiquement, incontrôlable. La loi islamique (charia) s’installe en catimini ou à visage ouvert dans de nombreuses parties du continent. L’Union des organisations islamiques françaises (UOIF), liée aux Frères Musulmans, a émis des fatwas qui encouragent les musulmans français à rejeter toute autorité (naturellement, laïque), qui ne trouve pas de justification dans la charia.

La France, qui a la plus grande population musulmane de l’Europe, vient de mettre en place une série de modifications fiscales et législatives pour stimuler le secteur de la finance islamique. Les banques françaises sont incitées, par le gouvernement français, de prendre une part du secteur bancaire islamique en France et de ne pas négliger le marché financier islamique mondial qu’il estime être d'une valeur de 120 Milliards d’euros et dont Paris voudrait prendre 10% en 2020.

 

On peut, donc, oublier un peu l’Iran qui est en train de dépasser la Chine pour le nombre d’exécutions capitales pendant qu’il prépare la bombe

 

 

Iran.png

 

 

 

Mais nonobstant tout ce qui précède, les gauches européennes (mais pas seulement elles) considèrent que la seule cause qui vaille c’est Gaza.

 

On vit une époque formidable et on n’a pas encore tout vu …

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 18:58

 

Cela devient une habitude : à peine un texte est mis en ligne sur le blog que … des lecteurs fidèles commencent à faire des commentaires et/ou poser des questions. Mon devoir, donc … c’est de répondre !

 

Pourquoi la France et l’Angleterre, les premières, ont elle considéré comme une obligation essentielle de « sauver les habitants de Benghazi du massacre préparé par le Colonel » ? Bien malin celui qui pourrait répondre d’une manière précise et exhaustive.

 

L’Angleterre de M. Cameron … peut-être pour montrer qu’elle ne se chauffe pas du même bois que celui de Tony Blair et George Brown qui ont plié devant la menace du Colonel (chantage pour la libération du condamné libyen pour l’attentat de Lockerbie contre contrats pétroliers). Je dis « peut-être » car on ne voit, vraiment pas pourquoi un pays qui se lance dans une sérieuse cure d’austérité envoie trois frégates, quinze avions et tire deux tiers de son inventaire de missiles de croisière Tomahawk (450.000 € pièce …) le tout pour une dépense qui dépasse  déjà plus de 250 Millions d’euros … avec une probabilité non nulle d’aller vers le Milliard d’euros …

 

La France de Nicolas ? Vraiment, sauf d’accepter les justificatifs « droithommistes » on ne voit vraiment pas pourquoi on s’est lancé dans cette aventure. Et qui de plus, consomme pas mal d’euros qui pourraient être mieux utilisés … Pensez-y : 13.500 € l’heure de vol d’un avion Rafale, on approche déjà les 500 heures dans le ciel de la Lybie … et si l’on compte les fusées air-sol et les bombes au laser cela met la sortie dans une fourchette allant de 150 à 650.000 euros. Quant au « cher » Charles de Gaulle (le porte-avions, pas le Général …) à 50.000 € l’heure d’intervention cela fait plus d’un million d’euros la journée rien que pour croiser en Méditerranée. D’ici à voir que l’aventure libyenne coûte ce que les armées françaises avaient comme objectif de réduction des dépenses (3,5 Milliards d’euros) vu la crise … on n’est pas loin. Mais cela ne représente que 1.000 € par chômeur en France …

 

Bon, « le cœur a des raisons que la raison ignore » dit le proverbe. La France (en délicatesse avec les agences de notation de sa dette) et l’Angleterre qui n’a plus le sou ont décidé de venir en aide aux "rebelles" de Lybie qui défendent la démocratie et le peuple libyen. Mais quand on les regarde à la loupe ces défenseurs des libertés démocratiques, on n’arrive pas à croire qu’ils représentent l’avenir d’un peuple qui, entre nous soit dit, ne demandait rien.

 

A supposer que les frappes aériennes réussissent à faire partir le Colonel, que se passera-t-il ensuite en Lybie ?

 

Deux exemples permettent d’envisager l’avenir de ce pays sans risque de se tromper : l’Irak et l’Afghanistan. En effet, dans les deux cas les coalitions qui ont participé aux guerres lancées par les Etats Unis ont dû, à leur cœur défendant, assister aux dépenses démesurées nécessaires pour faire venir les populations à un semblant de démocratie. Ce n’est pas encore le cas mais … Ainsi, le coût de la guerre de l’Irak se trouverait (P. Stieglitz, Prix Nobel Economie) entre 1.000 et 2.000 Milliards de dollars, certains auteurs allant jusqu’à 3.000 milliards de dollars. Et pour l’Afghanistan, rien que la France dépense environ 500 Millions d’euros annuellement … Alors, pour la Lybie, deux possibilités : la coalition des volontaires se retire illico après le départ (espéré) du Colonel ; dans ce cas, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que le pays soit tombera entre les mains d’islamistes plus ou moins « extrémistes » (pour utiliser un langage politiquement correct) soit sera démembré au profit des 8 ou 9 tribus qui le composent. Le cumul, d’ailleurs, n’étant pas impossible … où, alors, elle va « aider » les démocrates libyens à construire leur pays pour un coût qui (voir les deux références) sera … de 500 à 1.000 Milliards de $, compte tenu de la géographie du pays, de la densité de sa population, de ses infrastructures actuelles (en très grande partie détruites par ceux qui devront payer pour les reconstruire …). Mais tout cela ne fait pas peur à la France car … ce n’est pas son argent, c’est celui qu’elle se fait prêter tant que les agences de notation ne commencent pas à regimber. D’ici à voir notre pays, un jour, demandant un moratoire pour ses dettes ou refuser de les honorer (l’Argentine …), on peut tout imaginer.

 

Mais, comme en Serbie pour le Kossovo, les frappes aériennes, seules, n’arriveront pas à faire partir le Colonel. En attendant, le coût de la « zone d’interdiction aérienne » est une perte de substance journalière qui rendra l’enthousiasme des partis politiques occidentaux de moins en moins marqué. Dès maintenant, on dépense des milles et des cents pour interdire de voler à des avions qui ne volent pas, soit disant pour qu’ils ne « massacrent » pas le peuple libyen … Mais comme cela ne suffit pas à la victoire des rebelles qui doivent parcourir mille km d’Est en Ouest (pour conquérir Tripoli) … on bombarde à tout va. Et si, ensuite, on veut aider les démocrates à reconstruire leur pays … il faudra dépenser des sommes folles pour le faire.

 

Bref, que ce soit une branche ou l’autre de l’alternative, la Lybie va vivre en parasite de l’économie occidentale comme tant de pays « socialistes » (l’Union Soviétique la première) l’ont fait pendant le siècle du communisme triomphant. Et les chômeurs de l’Europe, que les états providence ne pourront plus faire vivre, leur sauront gré, sans doute. Accessoirement, en France, ils voteront pour la Marine …

 

Mais si on aide la Libye pour se défaire de son tyran, pourquoi deux poids, deux mesures par rapport au Bahreïn et Yémen ?

 

Pas de réponse mais un prolongement sous forme de question subsidiaire : si on avait laissé le Colonel « massacrer » son peuple, y aurait-il eu plus de morts qu’au Congo, en Côte d’Ivoire ou au Soudan ? Difficile à dire et encore plus difficile, donc, de comprendre pourquoi la France et l’Angleterre ont choisi la Lybie pour montrer leur force et volonté à défendre les peuples à un pays du tiers monde. Et pourquoi n’a-t-on pas compris que la présence d’un dictateur pourrait être préférable à celles d’islamistes modèle Al-Qaeda ou similaires ? Car c’est bien ce que l’on accepte pour le Yémen ou, encore mieux, pour l’Arabie Saoudite, n’est-ce-pas ?

 

Il se pourrait qu’un des facteurs majeurs qui ont influencé la décision (on espère rationnelle de nos gouvernants …) ait pu être le chantage permanent auquel l’Europe a eu à faire face : le Colonel a demandé (et obtenu) 5 Milliards de $ annuellement pour arrêter (ou limiter) l’immigration massive d’africains vers l’Europe. Sinon … « l’Europe deviendra noire » disait-il à Rome en 2010. Pratiquement à la même époque, on apprenait que Nicolas Sarkozy avait « renouvelé l’appui de la France aux efforts continus du dirigeant (Mouammar Kadhafi)en faveur de l’unité de l’Afrique et pour la création des Etats-Unis d’Afrique »et qu’il a soulignéson« souci particulier de renforcer les relations entre la France et la Libye dans tous les secteurs »

 

Si cela est, sauf d'nstaller en Lybie (voir plus haut) des gouvernants venant des pays de l’Europe et en premier lieu représentant la France, l’Italie, l’Espagne (le même socialiste Zapatero qui a retiré les troupes espagnoles de l’Irak n’a pas hésité une seconde pour faire participer son pays, qui traverse aujourd’hui une crise économique majeure, à l’aventure libyenne) n’échapperont pas à la menace du Colonel qu’il soit là ou parti. Et s’il n’est plus là, on ne devra pas s’étonner si on voit apparaître une Somalie sur la Méditerranée.

 

Quo vadis ? On a beau croire que nos gouvernants (et ceux des autres pays qui se sont lancés avec joie dans l’aventure libyenne) savaient ce qu’ils faisaient. On a beau croire mais … comme on est, généralement, agnostique … on n’y croit pas ! C’est, donc, à des lendemains qui ne chanteront pas que nous serons confrontés. Nous, pas les allemands ou autres pays de l’Est qui ont eu la sagesse de s’abstenir de ce qui ne peut être qu’une aventure sans fin mais … extrêmement coûteuse. Mais qui parle d’argent quand il s’agit des droits de l’homme … et quand on ne l’a pas …

 

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 07:01

 

Donc, sous l’impulsion de notre président, avec la bénédiction du « gaulliste pur sucre » ministre des affaires étrangères, notre pays fait la guerre en Lybie. Naturellement, sous le parapluie d’une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU car nous, nous ne sommes pas comme les autres qui commencent des guerres avec des coalitions de « volontaires »…

 

Pour une fois, toutes les formations politiques (sauf le FN) et les pacifiques de tous poils, vociférant en cœur, ont apporté leur adhésion à ce qui a été appelé « une opération humanitaire destinée à sauver le peuple libyen d’un massacre concocté par le dictateur Kadhafi » Devant une telle unanimité, on est en droit de se poser de multiples questions. En voilà quelques unes, quant à leur apporter des réponses, c’est une autre paire de manches.

 

Pourquoi la Lybie ? Sur un continent où les massacres de populations se déroulent tous les jours de la semaine, pourquoi la France a-t-elle choisi de s’opposer au massacre supputé dont l’exécutant devait être le Colonel ? Pourquoi ne s’est-on pas occupé, plutôt, du Zimbabwe et de Monsieur Mugabe, du Soudan et de Monsieur Omar al Béchir, du Nigéria et de Monsieur Goodluck Jonathan? Au Soudan l’on décompte, à ce jour plus de 400.000 morts, c’est vrai, pas des musulmans, seulement des noirs animistes ou chrétiens. Au Nigéria, on compte, à ce jour des milliers de morts (200 seulement en janvier 2011), c’est vrai, tous chrétiens mais noirs. Quant au Zimbabwe … on a assassiné, par la faim, le sida ou le choléra, en détruisant un des anciens greniers de l’Afrique, des dizaines de milliers de gens, leur religion n’étant pas très importante car de toute manière, Dieu reconnaîtra les siens …

 

L’explication qui nous a été fournie pour la Lybie est simple, « un dictateur fou qui allait massacrer son peuple » et ce sur fond de « révolutions démocratiques dans le monde arabe ». Un peu court, cependant, quand on se souvient que ledit fou a été pendant des années un des meilleurs clients de la France pour ses ventes d’armement. Mirages ? Des douzaines. Rampes de lancement de fusées sol-sol, sol-air, en veux-tu en voilà. Radars de surveillance et/ou de poursuite, à profusion. Et la France n’a pas été mauvaise fille : en décembre 2007 elle a déroulé le tapis rouge pour celui qui allait, quelques années après, devenir un « dictateur fou » en le laissant planter sa tente (au propre) à deux pas du Palais de l’Elysée et être accompagné de 400 serviteurs dont 40 filles vierges, ses gardes du corps ... Certes, il venait de passer commande pour 21 Airbus, beaucoup d’armes et un réacteur nucléaire (pour la désalinisation de l’eau …), le tout pour plus de 10 Milliards d’euros. Renoncer à un tel client qui apportait un complément non négligeable de travail aux 250.000 personnes de l’industrie française de l’armement ?

 

Et pour obtenir quoi ? La Lybie n’est pas un « état-nation », il s’agit d’un pays regroupant un certain nombre de tribus qui, sans la poigne du dictateur fou qui a massacré ce qu’il fallait de membres des tribus qui n’étaient pas la sienne, aurait pu se démembrer  tout seul depuis belle-lurette. Le dictateur, s'étant fait la main sur les populations locales pendant longtemps, fou comme il était, s’est lancé dans des aventures multiples : tentatives d’unification des pays arabes, velléité de devenir le président de l’Afrique, tentatives de déstabilisation du monde occidental par de multiples actes de terrorisme ayant fait des milliers de morts, on en passe et de meilleures. Il a pris peur en 2003 quand la guerre contre l’Irak a commencé et … à la surprise générale il a renoncé au programme d’armement nucléaire qu’il développait en secret au nez et à la barbe de tous les « services » occidentaux. Ce pourquoi il a été élevé au rang de chevalier d’honneur, reçu partout dans le monde où il n’avait de cure que de donner des leçons de géopolitique et/ou de menacer le monde judéo-chrétien des foudres de l’islam. On l’a laissé faire.

 

Alors, la guerre en Lybie, pourquoi faire ? Question qui pourrait rester sans réponse. D’autant plus que l’on commence à s’interroger sur la consistance de ceux qui se sont « révoltés » contre le dictateur. Un ramassis d’islamistes de base, des suppôts d’Al-Qaida (qui avait des camps d’entraînement en Lybie …)1, plus un grand nombre d’idiots utiles dont la contribution actuelle est d’accompagner des individus braillards portant des keffiehs palestiniens et tirant en l’air avec moult Kalachnikov. Ou même paradant sur des mitrailleuses anti-aériennes sur la route de Benghazi à Tripoli. Rien qu’en les regardant on devrait se poser la question de savoir quelle mouche a piqué notre Nicolas pour les reconnaître comme « comité de transition nationale du peuple libyen » en rompant ainsi les relations de la France avec un de ses anciens clients.

 

Massacres partout en Afrique, « révolutions » dans certains pays arabes, qu’est-ce que la France  a à  faire avec tout cela ? Après avoir fermé les yeux, depuis De Gaulle et sa politique arabe, sur tout ce qui se passait dans le monde arabe, après avoir activement participé à la construction d’Eurabia (Bat Ye’or), pendant que l’Iran marche à pas cadencés vers la bombe et la Turquie laïque se détache de l’Occident pour redevenir une terre de l’islam, la France a pris la tête de la croisade (regarder le dictionnaire, comme l’a fait M. Guéant) pour libérer le peuple libyen de son dictateur. On a même envoyé notre porte-avion nucléaire croiser en Méditerranée. On croit rêver.

 

Hasardons une explication. La politique « arabe » actuelle de la France est en lambeaux et pas seulement pour des raisons d’actualité. Celles-ci ont pu être un facteur déclenchant à ce qui s’est passé. Effectivement, la France a raté le moment propice pour se solidariser avec le peuple tunisien (déboussolée qu’elle était par la conviction que « son » ami Ben Ali allait tenir et sur fond de la pantalonnade de Mme Alliot-Marie). La France a raté le coche pour crier haro sur le baudet quand le co-président de l’Union Europe-Méditerranée (projet phare de la diplomatie française), Monsieur Moubarak a été poussé vers la sortie par des émeutes populaires justifiées non pas par une soif de démocratie mais par la faim. Et par un avenir bouché pour un peuple de 80 millions d’êtres que la chape de l’islam a conduit à faire vivre de la mendicité. Alors, quand des émeutes, cette fois-ci tribales, ont commencé à se dérouler en Lybie, notre Nicolas national avec les conseils, ô combien sagaces, d’un BHL disposé et disponible pour toute ingérence à caractère humanitaire … a trouvé que c’était le bon moment pour faire accentuer sa stature d’apprenti maître du monde. Présider le G20 et courir la planète pour expliquer aux gens médusés comment il faut gérer leurs économies quand on est président d’un pays menacé de faillite … c’est dur, prendre la tête d’une croisade pour montrer au « peuples » arabes qui est leur meilleur défenseur, voilà ce qu’il fallait faire. Certes, on ne peut pas tout faire en même temps, alors, on laisse les yéménites et les bahreïnis se faire trucider par les autocrates locaux (avec l’aide de l’Arabie Saoudite – attention, premier client de la France pour un armement extrêmement cher …) mais on s’occupe du peuple libyen. En prenant le risque de voir son premier partenaire, l’Allemagne, se désolidariser d’une politique risquée et sans perspective.

 

Et c’est ce qui est le plus curieux dans ce que la France vient de faire. D’un côté, on voit que les autocrates qui n’ont pas froid aux yeux et qui font tirer à volonté sur leur peuple (regardez Bahreïn, regardez Yémen, pensez à l’Arabie Saoudite) se maintiennent. Et de se mettre mal avec l’Arabie Saoudite … même les Etats Unis ne le font pas. Et on voit que le « dictateur fou » s'accroche et que personne n’a envie d’envoyer des troupes au sol pour faire gagner « la guerre » aux « démocrates en herbe » de Benghazi ou d’ailleurs. Il semble incroyable que ceux qui ont convaincu Nicolas de se lancer dans l’aventure libyenne n’aient pas pensé « au jour d’après.

 

Décision absurde, absence de perspectives, coûts importants pour une aventure sans lendemain ni conclusion bénéfique possible pour notre pays, tout devait aller à l’encontre de ce que Nicolas a décidé de faire. Et s’il pensait qu’ainsi la France, pays des droits de l’homme (et qui les défend quand cela l’arrange …) allait se refaire une virginité du côté du monde arabe … quelle galéjade … Les paris sont ouverts, l’Arabie Saoudite qui a la dent dure n’oubliera pas ce que la France a fait et, si d’aventure, le « dictateur fou » reste en place (hypothèse parfaitement plausible à l’heure actuelle) même si on essaye de nouveau, on aura du mal à lui vendre des Rafales – le meilleur chasseur au monde … dont personne n’en veut.

 

Bravo, Monsieur le Président, la France, ce beau pays, ce grand pays, vous en sait gré pour ce que vous faites sinon pour sa grandeur au moins pour la vôtre …


 

1. Un des "commandants" des combattants pour le démocratie (al-Hasadi) vient de déclarer à IL SOLE 24 ORE "J'ai été capturé en 2002 au Peshawar au Pakistan, alors que je revenais de l'Afghanistan, où je me suis battu contre l'invasion étrangère. J'ai été remis aux Américains à Islamabad puis remis à la Libye et libéré de prison en 2008"

 



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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 20:21


 

Décidément, les derniers textes mis en ligne, semblent créer plus de questions qu’ils n’éclairent par leur logique, en apparence tout du moins, irréfutable et par les arguments qu’ils apportent à un débat qui ne peut pas nous laisser indifférents. Voilà, donc, les quatre grandes questions qui me sont posées :

  • - pourquoi ne pas soutenir les « révolutions arabes » ?

  • Israël a-t-elle raison de craindre des développements qui pourraient lui être nuisibles ?l

  • - les Etats Unis ayant encore fait preuve de solidarité avec Israël en mettant leur véto à une résolution concernant les « colonies », pourquoi Israël n’accepte pas les demandes de BHO (gel des « colonisations, etc.,) ? 

  • - Sait-on quelle ligne d'action ou de comportement va choisir l'Europe ?

Bien entendu, on a parfaitement le droit de ne pas retenir les leçons de l’histoire et de faire comme si tout nouvel évènement avait une nature et une forme unique. Mais ce que l’on nous apprend en statistiques en soulignant qu’à chaque jet une pièce a toujours 50% de chances de tomber d’un côté ou de l’autre n’a pas l’air, mais pas du tout, d’être vrai dans l’évolution historique de l’humanité. Depuis que l’on fait des révolutions ... on a pu constater (1) que ceux qui les ont faites ne sont pas ceux qui en profitent et que (2) pratiquement, toute révolution commence par « manger » les révolutionnaires.

 

Ceux qui lavent nos cerveaux veulent nous faire oublier que le support par l’Amérique de Jimmy Carter (et par la France de Giscard) de la révolution populaire iranienne a permis la prise de pouvoir des ayatollahs. Ou que « la marche vers la démocratie » (une autre forme de révolution) du Liban après l’assassinat de Hariri a conduit à une prise de pouvoir même pas déguisée du Hezbollah, suppôt de l’Iran et de la Syrie. Ou que l’angélisme des Etats Unis qui a imposé des élections aux palestiniens en 2006 a conduit à la prise de pouvoir par un coup de force (militaire) du Hamas à Gaza. Ou que, devant nos yeux hagards, la révolution laïque et démocratique lancée il y a 80 ans en Turquie a donné (donne) la possibilité à un parti islamiste de retransformer le pays en le faisant revenir à l’islam avec des conséquences géopolitiques d’une importance extrême. Comme on veut, en réalité, oublier (et faire oublier) que tout changement brutal, non évolutif (« révolution sociale ») comporte dans son sein les germes d’un totalitarisme qui seul peut permettre de maintenir « les acquis de la révolution ». A moins qu’une autre révolution arrive mais ... on, n’en connaît pas beaucoup d’exemples dans l’histoire récente.

 Alors ... les révolutions arabes (« du jasmin », « du printemps » et autres fariboles), montées en épingle par nos laveurs de cerveaux qui n’en ont pas, attendons quelques mois (pas des années ...) pour les voir se transformer, ici, en reprise par l’armée du contrôle de la société ou, là, l’arrivée au pouvoir des exposants d’un islam victorieux. Sans doute, la rivalité entre les deux forces majeures du monde arabe, l’armée et l’islam, pourra faire que l’une prend le pas sur l’autre. Regardez l’Egypte : pendant que l’on s’extasie sur la « révolution » on occulte le fait que le régime de Monsieur Moubarak était en réalité maitrisé par l’armée et que dès lors, lui assigner la mission de conduire le pays vers la démocratie (BHO) n’est qu’une sinistre rigolade. Et quand on nous dit que les Frères Musulmans est un mouvement séculier qui a renoncé au terrorisme (lJ. Clapper, le responsable de la sécurité nationale des USA devant une commission du Sénat américain), par delà l’idiotie de l’affirmation on observe la négation de la réalité : Qaradawi, banni de l’Egypte depuis des lustres, retour au pays, fait un discours devant un million d’égyptiens place Tahrir pour dire quoi ? « Un message à nos frères en Palestine : j'ai l'espoir que Dieu Tout-Puissant, qui est heureux comme moi de la victoire en Égypte, qu'Il me comblera par la conquête de la mosquée al-Aqsa, pour me préparer le chemin pour prêcher dans la mosquée al-Aqsa.Qu'Allah nous prépare la voie pour (prêcher) dans la mosquée al-Aqsa en sécurité - pas dans la peur, sans hâte. Qu'Allah réalise cette conquête pour nous. O fils de la Palestine, je suis convaincu que vous serez victorieux»

 

Et le million d’égyptiens présents lui ont répondu, en cœur, trois fois, « Amin »


Chassez le naturel, il revient au galop ... Pourquoi ne pas soutenir les révolutions arabes ? Simplement parce qu’elles sont des révolutions et non pas l’expression de l’évolution des sociétés civiles arabes qui ... ne peuvent pas exister là où l’islam règne en maître. L’Egypte changera, sans doute, mais rien ne peut affirmer que ce sera pour le bien. Passons vite sur le pays le plus évolué (Tunisie) ou sur celui le plus barbare (la Lybie de Khadafi) pour admettre que même s'ils n'ont pas été à la pointe des mouvements de protestation, les islamistes, sans aucun doute, attendent leur heure pour bénéficier d'un espace politique nouveau à moins que l’armée .... Ne pas voir que le choix actuel dans les pays arabes se résume « au sabre ou au goupillon (ou le voile ...) » c’est prendre des vessies pour des lanternes ...

 

Oui, Israël a raison de craindre ce qui, d’évidence, arrivera dans le monde arabe et surtout dans les pays qui lui sont voisins. Quand pendant plus de 18 ans on a obligé ce pays à s’inscrire dans un processus de paix alimenté uniquement par des illusions, quand pendant ces longues années on lui a demandé d’accepter « la terre contre la paix », soi-disant en passant lui demander de « rendre » des territoires contre deux éléments immatériels (la paix et la reconnaissance, ni l'une ni l'autre n'étant pas « coulées dans le béton »), on voit bien qu’il ne peut que craindre les changements de régime. Non pas parce que, comme d’aucuns bien intentionnés le proclament, « Israël, pays démocratique, ne veut pas que la démocratie s’installe dans les pays arabes » mais simplement parce que ce qui va se passer ne pourra qu’avoir des conséquences graves sur son existence. Car si l’on dit que les révolutions sont justifiées par le sort misérable des peuples arabes, comme il est certain que même avec une baguette magique ce sort ne changera pas, les régimes en place (vieille loi vérifiée partout dans le monde) aura besoin d’un bouc émissaire extérieur et, tout porte à croire qu’Israël gagnerait la première place à tout concours ouvert pour en choisir un ... Et des aventures militaires, les pays arabes limitrophes, en ont un certain nombre à leur compte. Mais ce qui est, par delà tout, inquiétant, c’est l’irruption concomitante dans le paysage proche oriental des révolutions encensées par tous les experts et laveurs de cerveaux et de la puissance iranienne qui non contente d’agir par des supplétifs (Hezbollah, Hamas, Syrie) vient de s’installer en Méditerranée pour ... « assurer un entrainement naval et un échange de personnels avec la Syrie » à l’occasion de l’arrivée à Lattaquié de deux bâtiments de la marine iranienne. Qui ont emprunté le Canal de Suez, ce que l’Iran n’a jamais fait depuis 1979 sous le règne de Monsieur Moubarak. Rien de changé en Egypte ?

 

Effectivement, le véto des Etats Unis à une résolution s’attaquant aux « colonies » (qui selon leur propre langage sont « illégitimes » en évitant de les considérer « illégales » ce qu’elles ne sont pas) a donné naissance à un certain émoi : BHO serait-il solidaire d’Israël ? Que non ... Son véto n’est rien d’autre qu’une manœuvre politique interne qui tient compte de la composition actuelle du Congrès (majorité républicaine) et de l’adhésion de la majorité du Sénat (90 sur les 100 membres) à une politique équilibrée en faveur d’Israël. On l’a très bien compris quand son ambassadrice à l’ONU, pour s'excuser  pour son vote a prononcé la plus dure, injuste et déloyale diatribe qu’une administration a jamais prononcé contre Israël. Dire que les « colonies » en Cisjordanie violent les obligations internationales d’Israël, détruisent la confiance entre les parties et menacent les prospects de la paix à un pays qui chaque fois qu’il a quitté un territoire n’a reçu que des fusées ... c’est dépasser les bornes. D’autant plus que quelques semaines auparavant, Mme Clinton, suggérant à des pays arabes de faire de gestes en faveur d’une paix avec Israël disait « Quand Israël a quitté le Liban elle s’est trouvée ensuite face au Hezbollah et à ses 40.000 fusées et quand elle a quitté Gaza, elle s’est trouvée ensuite face au Hamas et à ses 20.000 fusées » Ce que Mme Clinton n’a pas dit c’est que Gaza est devenu un camp militaire sur ses 400km2 que le Hamas, financé par l’Iran, contrôle intégralement et lui applique un régime de transition vers un « califat » régi par la charia. « La prison à ciel ouvert » combine des camps de réfugiés (60 ans après la partition décidée par l’ONU) avec des camps militaires tous voués à la destruction d’Israël. Camps de réfugiés soutenus par UNRWA, invention unique du monde pour maintenir aux bénéfices accordés aux « réfugiés » un nombre illimité, à ce jour, de générations de palestiniens ayant quitté (ou ayant été expulsés, c’est selon ...) les endroits où ils se trouvaient en 1948.

 

S’opposant à la création de l’UNRWA en 1948, Stalin avait donné comme instruction à son représentant à l’ONU de dire « L’objectif devrait être de faire travailler les réfugiés palestiniens dans un système productif normal pour qu’ils gagnent leur vie. Nous avons besoin d’une classe ouvrière palestinienne consciente non pas d’un lumpenprolétariat palestinien parasitique. » Mais on a créé UNRWA qui depuis, avec des dizaines de milliards de dollars donnés par l'Occident (les frères arabes n'ont pas contribué, même pas avec un pour mille de leurs revenus pétroliers ...)  fait végéter des générations de palestinens qui disposent d'un revenu per capita supérieur à celui des syriens opu des égyptiens ...  Alors, pourquoi renoncer à ces pactoles ? Après le départ d’Israël de Gaza en août 2005, les palestiniens ont eu une occasion unique de montrer ce qu’ils savaient : transformer un territoire bordant la Méditerranée en Hong Kong ou Singapour et commencer à créer les fondements de l’état qu’ils n’avaient pas voulu en 48 ou en 77 ou en 2001. Faut-il faire un dessin ?

 

Rassurez-vous, avec les milliards de dolars et d’euros que la « communauté internationale » leur consacre, les « réfugiés palestiniens » n’ont besoin de rien. En jetant des sous aux palestiniens la communauté internationale se donne bonne conscience, l’Europe efface et occulte ce qu’elle a fait pendant la deuxième guerre mondiale et tout le monde, en cœur, crie haro sur le baudet. Le baudet ? Israël, bien entendu.

 

L’Europe. Le bloc le plus actif et le plus efficace pour faire que le monde entier s’éloigne d’Israël.

 

L’Europe, qui depuis huit années « discute » avec l’Iran pour qu’il arrête son programme nucléaire militaire. L’Europe qui, en même temps, contribue à ce programme par la vente d’équipements « double usage » ou par des achats de produits iraniens : plus du tiers des importations iraniennes sont d’origine européenne. Alors ... entre l’emploi dans l’industrie allemande et les intérêts existentiels d’Israël ... si c’était à choisir ... demandez à Mme Merkel et aux socialistes allemands quel serait leur choix. Ou à l’Italie qui fait d’excellentes affaires avec l’Iran et, jusqu’ici, avec la Lybie.

 

L’Europe, qui n’a aucune difficulté pour participer au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU avec des parangons de la liberté : Bangladesh, Chine, Cuba, Pakistan, Russie, Arabie Saoudite et depuis peu la Lybie. Et  qui ne s'est jamais opposée à une de la moitié de toutes les résolutions de ce conseil qui, elles, ne concernent qu'Israël. A croire qu'aucun forum, organisation non gouvernementale, le Juge Goldstone et tutti quanti ne remarquent pas ce qui se passe maintenant dans les pays arabes où on tue et on fait tuer à tire larigot … Seule excuse, elle a été rejointe par les Etats Unis de BHO ... Etats Unis qui, actuellement, caressent dans le sens du poil Cuba et/ou Venezuela mais snobent la Colombie ou le Honduras (qui a réussi à se défaire d’un président qui voulait garder son poste à vie ...). Etats Unis qui n’ont pipé mot pendant que des manifestants iraniens se faisaient trucider par les nervis d’Ahmadinejad qui avait truqué les résultats des élections. Parce que BHO voulait parler, d'égal à égal, au Guide Suprême soi-disant pour qu’il arrête le programme nucléaire militaire. En regardant bien, les « erreurs » de BHO sont devenus un facteur majeur pour la dissémination de l’islam à travers l’Iran, ses supplétifs et des myriades de « al qaida » dans les pays qui ont été séduits par l’arrivée de « l’autre ». Voulant régler des problèmes (il a reçu un Prix Nobel pour cela ...) il n’a fait que les aggraver.

 

oooooooo

 

Les révolutions dans le monde arabe ? De 1980 à 2010 les pays arabes pétroliers ont absorbé plus 30.000 Milliards de $, revenus du pétrole. Ne demandez pas ce qu’ils ont fait avec. Mais sachez, qu’aujourd’hui, la valeur des exportations (autres que le pétrole) de 21 pays arabes/musulmans est à peine égale à celle de la Finlande. L’Egypte a multiplié par deux sa population pendant la même période et ... l’analphabétisme touche un tiers de sa population. L’indice du développement humain (graphique ci-après pour trois groupes) est le cruel témoin d’une vérité que l’on ne veut pas dire : tant que des sociétés civiles n’arriveront pas à se libérer de la chape de plomb de la charia aucune révolution, fût-elle « du printemps » ou de « jasmin » ne changera rien à ce monde qui, de plus en plus, vit en « parasite » du monde occidental comme  l'Union Soviétique et les « pays socialistes » l’ont si bien fait pendant le 20ème siècle ...

 

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 18:58

 

 

Les vagues du « tzunami » Wikileaks sont en train de se former. Une infime partie de ce que les grands de ce monde se disaient, dans le silence des cabinets diplomatiques, vient d’être révélée. Mais, déjà, l’Administration Américaine de BHO commence à paniquer vu ce qu’elle a fait, fait et fera encore dans cette région considérée par elle comme essentielle pour la paix et le bonheur du monde, le Proche Orient.

 

Faisons court et passons sur les 4.000 années d’histoire du peuple juif sur la terre promise (que nient, à répétition, tous ceux qui, pourtant, disent vouloir vivre en paix avec l’Etat Juif), passons sur les 62 ans d’histoire récente d’un Israël qui renaissait de ses cendres (et de celles de 6 millions de juifs objet de la « solution finale » mise en place en Europe), passons sur les 17 années depuis la dernière tentative (absurde) d’Israël de « prendre des risques pour la paix » (Oslo et ses morts du terrorisme plus nombreux depuis que pendant les 45 années précédentes). Passons, vite, pour arriver à aujourd’hui : BHO a décrété, depuis le premier jour de son règne (premier coup de fil passé à un dirigeant étranger fût pour Mahmoud Abbas) que le conflit israélo-palestinien était le nœud gordien de la paix du monde. Et faute d’avoir été défait pendant les soixante années précédentes, il fallait le couper. Et pour cela il fallait rendre gorge à Israël considérée comme responsable de la permanence du conflit. Ses justifications (que d’aucuns pouvaient considérer légitimes pour les Etats Unis) ne pouvaient être que politiques ou idéologiques. Sachant que 78% des juifs américains (qui ont à cœur le sort d’Israël) ont voté pour lui et que des élections à mi-mandat allaient venir, les motivations politiques étaient, d’évidence, absentes. Restent les motivations idéologiques.

 

Une première alerte, qui aurait dû vous surprendre, le discours au Caire quand il a, sans vergogne, établit une analogie entre la Shoah et le sort du « peuple palestinien ». Mais ce n’était que le commencement : ce qui a suivi, par delà l’effet sur Israël, a montré au monde qu’il n’entendait pas se trouver lié par les engagements des précédents présidents (en particulier, la lettre de G.W.Bush à A.Sharon par laquelle l’Amérique - car la lettre a été confortée par une approbation presque unanime du Congrès – s’engageait à respecter l’esprit et la lettre des résolutions de l’ONU, les fameuses 242 et 338)*. Ensuite, et cela depuis bientôt deux années, les demandes incessantes, publiques, appuyées par des menaces voilées ou ouvertes (votes à l’ONU, traitement de « l’ambigüité nucléaire israélienne, etc.,) qui ont culminé avec une offre injurieuse de « corruption » d’un pays (Israël) visant le faire accepter un gel à répétition des constructions en Judée /Samarie et à Jérusalem. L’offre était injurieuse mais quand il s’est agit de l’écrire, noir sur blanc, BHO a refusé de le faire. Ce qui en dit long sur la manière dont il traite ses propres promesses ...

 

Mais, la vrai pomme de discorde (compte tenu de ce qui se passe de par le monde) a été constituée par l’ensemble Israël – Palestine – Iran. D’aucuns pouvaient considérer, comme il a essayé de faire croire au monde, que la solution du conflit israélo-arabe allait, ipso facto, régler la menace iranienne (y compris le renoncement de ce pays d’entrer dans le club des puissances nucléaires). Mais pas lui : ce que les fuites de Wikileaks nous apprennent c’est que depuis deux ans tous ses diplomates qui envoyaient des notes des discussions avec tous les pays arabes « modérés » disaient la même chose : l’essentiel pour ces pays n’est pas Israël (certes, ils ne l’aiment pas et verraient sa disparition sans regret) mais l’Iran. BHO et son administration prétendaient que les dirigeants arabes demandaient des progrès dans la résolution du conflit israélo-arabe pour qu’ils coopèrent avec l’Amérique dans le traitement du problème posé par l’accession de l’Iran au nucléaire militaire. N’ayons pas peur des mots, BHO et son administration ont menti effrontément car ce que les dirigeants arabes (Arabie Saoudite, les Pays du Golfe, la Jordanie, l’Egypte et tutti quanti) leurs disaient était, est, justement le contraire. Et le mensonge selon lequel Israël pousse l’Amérique à faire la guerre à l’Iran a été démasqué par Wikileaks : ce sont le pays arabes avec l’Arabie Saoudite en tête, qui ont demandé, qui demandent à BHO de « couper la tête du serpent qui se trouve à Téhéran ».

 

C’est à dire, exactement l’inverse de ce que BHO a voulu faire croire en s’attaquant, avec toute la force dont dispose un président américain, à Israël en essayant de la pousser sur la pente du suicide national. Car il ne s’agit de rien de moins que de cela quand il veut forcer la création d’un état (palestinien) sur un territoire disputé (résolutions 242 et 338) qui n’a jamais appartenu au « peuple palestinien » et dont l’avenir (s’il voit le jour) sera celui de Gaza : tête de pont de l’Iran, vivant sous le talon du Hamas mais ... béni par tous ceux qui cherchaient une nouvelle cause pour s’attaquer à Israël. Remarquez, BHO tout en récitant l’adage « solution deux états » il n’a jamais dit « pour deux peuples » et il est peu probable que cela soit du uniquement au hasard ... Soyons clairs, il refuse le droit d’Israël d’exister en tant qu’état du peuple juif. Motivation politique ? Aucune n’est envisageable. Motivation idéologique ? Naturellement, oui.

 

Mais quelle idéologie pousse BHO à suivre une approche lourde de conséquences visibles pour le monde entier ? Un Iran nucléaire ne pourra jamais être un adversaire rationnel comme l’URSS l’a été pendant la guerre froide. Il sait pertinemment qu’une capacité nucléaire aux mains des mullahs iraniens (ou de leurs suppôts à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Iran) constitue une menace existentielle pour les six millions de juifs qui vivent en Israël. Pourtant, non seulement il a fait savoir à Israël son opposition à une solution militaire du problème, mais il s’est engagé depuis plus de deux ans dans une « négociation » avec l’Iran. Négocier ? L’Iran adore cela car c’est la meilleure façon de gérer une situation conflictuelle à son avantage. Le problème est que pour une puissance « révolutionnaire » une négociation n'est rien d’autre qu’une tactique pour gagner du temps. De plus, si pour des pays normaux un traité a un poids juridique et moral, pour un pouvoir « révolutionnaire » il ne s’agit que d’une étape vers l’obtention des buts pour lesquels leurs lutte ne peut que continuer. Pensez à la façon dont la Corée du Nord a habilement et à plusieurs reprises utilisé la promesse de renoncer à sa capacité nucléaire comme un outil de négociation pour obtenir d'autres avantages comme celui de subvenir aux besoins de nourriture de son peuple ... Et BHO, dont l’admission à la présidence des Etats Unis a été saluée par une explosion nucléaire Nord Coréenne ... non seulement veut « négocier » avec l’Iran mais a voulu faire croire au monde que pour cela il faut qu’Israël se suicide an offrant aux « partenaires de la paix » que sont le Fatah et Mahmoud Abbas les territoires sous son contrôle depuis la guerre de six jours initiée et perdue par trois pays arabes limitrophes.


A supposer qu’Israël acceptât ce que BHO lui demandait, ne semble-t-il pas évident qu’en acquérant une capacité nucléaire l’Iran va changer la face du Proche Orient soit qu’il s’en servait soit qu’il menaçait de le faire ? Qui peut ignorer qu’un Iran nucléaire va bouleverser l'équilibre des forces au Moyen-Orient et accentuera le rapprochement de cette région vers l'extrémisme ? Qui peut ignorer que cela permettrait aux terroristes suppôts de l'Iran, comme le Hamas et le Hezbollah, d’interdire toute chance de paix entre Israéliens et Palestiniens ? Et comme cela portera un coup fatal au régime de non-prolifération mondiale, d'autres pays de la région se lanceront, eux aussi, dans la course vers le nucléaire militaire. BHO ne peut pas ignorer cela.


Alors ? Pourquoi les juifs américains votent-ils encore pour les Démocrates ? Le pédigrée de BHO est parfaitement connu : nourri idéologiquement par son « parrain » communiste, ayant subi pendant 20 ans l’endoctrinement du Révérend Wright, ayant partagé pendant des années les convictions tiers-mondistes et pro palestiniennes d’un Rachid Khalid, BHO ne peut rien vouloir d’autre que la disparition d’Israël en faveur d’un état palestinien. Quitte à voir celui-ci se fondre dans le magma islamo fasciste dont le Hamas et le Hezbollah tiennent les rennes.


Quelle blague ... Vouloir convaincre Israël de « faire des sacrifices pour la paix » en lui demandant, en réalité, de se « sacrifier » pour une paix conclue avec ... un Mahmoud Abbas qui ne représente pas le « peuple palestinien » car il n'a même pas de fonction politique  valide vu que les élections pour le président de l’Autorité Palestinienne n’ont pas eu lieu et que le Hamas qui contrôle plus de la moitié du peuple palestinien (et veut la destruction de l'Etat d'Israël) ne reconnaît pas son autorité ... Et on apprend par Wikileaks que l’ineffable ancien ministre des Affaires Etrangères français, Bernard Kouchner, expliquait aux américains que « Mahmoud Abbas est complètement perdu et qu’il ne contrôle rien ... » . Tout ce que Mahmoud Abbas peut faire, et il le fait, c’est de suivre les traces de son mentor, Arafat, et de continuer à saboter toutes tentative d’avoir des pourparlers de paix. Et peu importe que BHO utilise des missi dominici comme J. Kerry pour aller dire à la Syrie « Israël devra vous rendre le Golan et accepter que les palestiniens aient leur capitale à Jérusalem ». Peu importe car ... Israël a décidé de ne pas se suicider.


Naturellement, on peut aussi penser que ce que BHO fait n’est qu’une erreur de stratégie comme celle de Daladier et Chamberlain. Mais sans oublier que la France et l’Angleterre ont sacrifié leur alliée, la Tchécoslovaquie pour apaiser Hitler.

 

Ce qui est certain c’est que par delà les déficits de votre pays, par delà un système de santé qui va vous appauvrir, par delà l’extension des pouvoirs du gouvernement fédéral devenant de plus en plus intrusif dans votre vie, par delà tout cela et contre ce qui une majorité d'américains se lève, ce dont le monde se souviendra après la fin du mandat présidentiel de BHO ce sera que des mollahs apocalyptiques disposent de bombes atomiques. A moins que ... les Israéliens, ne laissent pas faire.

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* Cette lettre a été écrite à l'appui de l'évacuation de Gaza par Israël. Les deux garanties principales étaient relatives (a) à l'intégration à Israël des blocs de "colonies" disposant de populations importantes, intégration qui se ferait par un échange de territoires et (b) au fait que les 4,5 millions de "réfugiés" allaient être intégrés à l'Etat palestinien qui allait voir le jour et non pas à Israël. Dès lors, BHO en ne confirmant pas la lettre … la crédibilité d'une administration américaine devient sujette à caution et de plus montre que BHO s’aligne sur les revendications maximales des palestiniens ...

 

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 13:45

 

 

Depuis des semaines et des semaines on nous rabat les oreilles avec le feuilleton « je t’aime, moi non plus … » qui met en scène les deux protagonistes des négociations israélo-palestiniennes : un qui jure tous les jours qu’il veut la paix (et demande, donc, des négociations directes) et l’autre qui proteste de sa bonne foi tout en réclamant ce qu’il n’avait pas réclamé pendant 17 ans et faisant de cela une pré condition pour lesdites négociations dont le commencement devait se faire sans conditions préalables …

 

Deux protagonistes ? En réalité trois, le troisième tordant les poignets des deux premiers pour qu’il puisse avoir un « succès » à se mettre sous la dent juste avant les élections à mi-mandat, j’ai nommé BHO. Cela pour que l’on ne remarque pas les désastres de la politique US à l'extérieur de ses frontières (main tendue à l’Iran, qui l'ignore et s'en moque, l’Irak sans gouvernement, l’Afghanistan en roue libre, la Syrie alliée de plus en plus ferme de l’Iran, la Turquie 5ème colonne iranienne dans l’OTAN, arrêtons-nous là par souci de compassion). Car les catastrophes intérieures [reforme de la santé vomie par la majorité des américains, politique de l’immigration en lambeaux (des Etats comme l’Arizona faisant, pratiquement, sécession par rapport aux lois fédérales)], chômage sans réduction nonobstant les 1.000 milliards de $ injectés dans une économie qui devient du capitalisme d’état, crise de l’immobilier qui perdure, etc.,) occupent déjà la scène politique américaine.

 

Mais s’il y a un exemple plus parlant que tous les autres en politique étrangère c’est bien la Syrie : depuis deux ans BHO n’a pas arrêté d’envoyer des émissaires à Damas ni d’essayer de convaincre Israël de rétrocéder le Golan (acquis pendant la guerre d’agression déclenchée par la Syrie après l’Egypte en 1967). Le vieux proverbe arabe « la Syrie prend l’hameçon et lui …p…e dessus » est toujours d’actualité, tout au moins pour BHO. Car toutes les visites de tous les émissaires s’accompagnaient de promesses mirifiques d’aide économique, de relations bilatérales approfondies, d’entrée à l’OMC, en veux-tu, en voilà !

 

Le drame (ou le théâtre de l’absurde) : ne reconnaissant pas qu’ils font fausse route (négociations de paix qui ne peuvent pas apporter la paix, souhait de détacher la Syrie de l’Iran quand la Turquie y va à grande vitesse vers une même alliance …), BHO et son administration se préparent à de nouveaux désagréments qui s'ajouteront à ceux qui ont fait qu’ils sont maintenant considérés comme des amateurs dangereux par, pratiquement, tous les pays arabes auparavant ses alliés. Humiliation déjà encourue, elle ne sera que renouvelée.

 

Mais ce qu’il y a derrière l’approche « Syrie » vise, aussi, ce qui se passe au Liban dans le silence assourdissant de tous les intéressés (dont notre pays qui s’est toujours voulu « garant de l’indépendance du Liban »).

 

En effet (et faisant court), après l’assassinat de Rafic Hariri (Syrie ? Hezbollah ?) la France et les Etats Unis (en fait, Jacques Chirac et George Bush) ont réussi à obtenir que la Syrie décampe du Liban et, un an après, qu’une force de l’ONU de 15.000 hommes s’intercale entre le Hezbollah et la frontière d’Israël. Plus une résolution garantissant le désarmement du Hezbollah qui avait déclenché une guerre en 2006, déclenchement condamné par toute la « communauté internationale » et, fait remarquable, par des pays arabes aussi. Mais 5 ans après, on est revenu à la case de départ : la Syrie a repris le contrôle du Liban et laisse celui-ci vivre une sorte de sous démocratie contrôlée par l’épée de Damoclès qui s’appelle le Hezbollah.

 

Comme si ce n’était pas suffisant de voir cette organisation terroriste, forte de milliers de « combattants » et de dizaines de milliers de fusées, entièrement entrainée, financée et dirigée par l’Iran, faire la loi ou s’y opposer quand elle ne lui convient pas, ce qui est en train de se passer c’est la transformation du Liban. L’Etat libanais, sur lequel le Hezbollah a un contrôle total, est en passe de devenir, comme le Canada Dry, un état fantôme : sa souveraineté et son indépendance sont fictives, les relations entre sunnites et chiites dans le pays (pour ne pas parler de ce qui reste des communautés chrétiennes) sont pires que jamais, et si un jour il y a une guerre entre le Hezbollah et Israël (comme en 2006) cet état risque de se retrouver à l’âge de pierre car la fiction de son indépendance ne tiendra pas plus de 4 heures (le temps indiqué par Israël pour détruire l’essentiel des infrastructures libanaises).

 

Ce qui se passe aujourd’hui au Liban a été résumé par le quotidien saoudien al-Watan : « la débauche manifestée à l'aéroport Rafic Hariri (le 18 septembre, à l'occasion du retour de Jamil Sayyed – ancien chef des renseignements militaires libanais à l’ordre de la Syrie) par les membres du Hezbollah reflète le caractère éminemment milicien de ce parti sectaire qui entend s'emparer du pouvoir au Liban et opprimer son peuple civilisé pour imposer un régime autocratique importé de Qom". "Tout le monde sait désormais que le Hezbollah ne veut pas de l'édification d'un État au Liban, ni d'un système libanais moderne, ni de la souveraineté de la loi, et qu'il se moque des résultats démocratiques (des élections législatives). Les Libanais ont aujourd'hui deux choix : ou bien abdiquer au Hezbollah ou bien défendre leur souveraineté bafouée et leur dignité dynamitée en faisant en sorte de ramener le Hezbollah et toutes les autres milices à la raison".

 

Raisonnons une seconde : a. la presse en Arabie Saoudite n’étant pas, vraiment, libre … elle reflète le point de vue des dirigeants de ce pays ; b. la France, garante de l’indépendance du Liban après avoir essayé d’amadouer la Syrie (on se souvient de Bachir Assad à la tribune officielle un 14 juillet …) … se tait comme l’Amérique (car celle-ci veut détacher la Syrie de l’Iran quitte à lui sacrifier le Liban)

 

Mais ce n’est pas tout. L’Egypte, par la voix du porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Houssam Zaki, a accuse, le 20 septembre le Hezbollah de "s'appuyer sur la force d'armes non soumises au contrôle de l'État pour défier ouvertement les autorités exécutives, législatives et judiciaires du Liban" .

 

Ce qui agite le Liban aujourd’hui –ferment de sa destruction programmée en tant qu’Etat indépendant – est le sort réservé aux relations du Liban avec le Tribunal International mis en place par l’ONU (sous l’impulsion double de la France et des Etats Unis) pour trouver, juger et condamner les auteurs de l’attentat qui a coûté la vie de Rafic Hariri. En effet, le Procureur de ce Tribunal est censé publier l’acte d’accusation et de lancer des mandats contre des acteurs présumés : il se trouve qu’une partie de ceux-ci sont des membres du Hezbollah quand il ne sont pas des hauts dirigeants syriens, le cumul n’étant pas interdit. Qu’à cela ne tienne, le Hezbollah a mis en garde le Liban (et avec lui la « communauté internationale ») qu’il ne se laissera pas faire : en clair, fort de ses armes il prendra le contrôle de l’Etat libanais. En le détruisant.

 

Curieusement, le 24 septembre, le Ministère français des Affaires Etrangères a démenti les propos « attribués par un journal libanais à son ambassadeur à Beyrouth » selon lesquels Paris serait intervenu pour retarder la publication de l’acte d’accusations relatif au meurtre en 2005 de Rafic Hariri.

 

Raisonnons encore une seconde : c. le Hezbollah menace l’Etat libanais, d. la Syrie est l’intermédiaire de l’Iran pour contrôler (approvisionner, entrainer, etc .,) le Hezbollah, e. la France laisse faire sachant qu’à la fin, la Syrie réoccupera le Liban sans qu’il ait à craindre son opposition ou celle des Etats Unis. Tout cela parce que, de tous côtés, on a décidé qu’abandonner le Liban à la Syrie serait le prix à payer pour détacher la Syrie de l’Iran.

 

Et, accessoirement, celle-ci ferait la paix avec Israël et arrêterait l’aide qu’elle apporte aux organisations palestiniennes terroristes comme le Hamas ou autre FPLP.

 

Vœux pieux … car la Syrie jouera le jeu de la paix, mais elle ne fera jamais la paix. Bachir Assad ne peut accepter ce que Israël et l'Occident veulent, savoir renoncer à ses relations avec l'Iran et/ou les autres organisations terroristes. La chose la plus importante pour Assad est la survie de son régime. Son standing dans la région est ce qu’il est (« acteur incontournable » disent les occidentaux …) en raison de ses relations avec l'Iran, le Hezbollah, le Hamas, al-Qaida et maintenant la Turquie. Sans ces relations, le roi est nu. C’est grâce à ces relations que tout le monde lui tourne autour et le laisse agir à sa guise au Liban. Qu’il signe la paix avec Israël et tous les premiers et seconds couteaux le feront disparaître, lui et sa famille. Alors … la promesse de récupérer le Golan, il n’a vraiment rien à en faire !

 

Mais, dans le silence parallèle au bruits assourdissants faits avec les « négociations de paix » et pendant le déroulement de la pièce (combien de fois jouée depuis Madrid 1991 ou Oslo 1993 ?) qui met en scène les trois protagonistes identifiés (navré pour notre pays et pour l’obstination de son président à avoir un rôle à y jouer …) on assassine le Liban. On l’étouffe, de l’extérieur, par la nouvelle main mise de la Syrie et, de l’intérieur, en laissant le Hezbollah vider de son sens l’idée même d’un état indépendant. Tout le monde voit cela sauf ... les aveugles (n'est-ce-pas Monsieur Kouchner ?).

 

Et comme Hitler venu à Paris pour voir sa conquête, voilà M. Ahmedinejad qui annonce sa visite au Liban et son intention d’aller dans le territoire contrôlé par l’Hezbollah, sur la frontière avec Israël, pour jeter des pierres sur les soldats israéliens. En attendant qu’il dispose d’une arme nucléaire.

 

Car, à part la pérennité de l’existence du Liban, ce dont il est question c’est bien la marche vers la bombe de l’Iran. Les paris sont ouverts : avant la fin du premier mandat de BHO, l’Iran annoncera disposer d’une arme nucléaire (ou de la capacité de la produire). Et l’histoire se souviendra, ensuite, de l’administration actuelle des Etats Unis non pas comme de celle qui en acceptant des déficits abyssaux aura conduit au dysfonctionnement de l'économie, ou qui aura mis en place un système de santé mort né, ou qui aura essayé de mettre en place un gouvernement démesuré et par la même oppressif pour son peuple.

 

L’histoire se souviendra, qu’en essayant d’être un nouveau Chamberlain, BHO aura permis aux mollahs de disposer d’une bombe A ou H. Alors le Liban …

 

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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 14:39


 

 

Le dîner fût cordial, les plats (presque) végétariens, cacherout et halal obligent, les convives se connaissaient tous et se sont rencontrés maintes et maintes fois à l’exception de leur hôte, le dernier locataire en date de la Maison Blanche. Tout s’est donc bien passé et pour le faire savoir, urbi et orbi, une conférence de presse a été organisée par la Dame Clinton au Département  d’Etat. Remarquez, elle aurait dû demander l’avis de son mari avant car l’expérience du Camp David de 2000 doit faire encore partie de ses souvenirs les plus marquants de sa deuxième présidence.

 

Un brin gênés, tous, par un peu de sang versé à point nommé par le Hamas mais bravant l’intermezzo qui rappelait qui détenait, réellement, la clé de leurs discussions, les protagonistes de l’avant-dernière tentative (car, soyez rassurés, il y en aura une autre …) voulant négocier la paix entre Israël et l’Autorité Palestinienne ont  tous protesté de leur bonne foi et de leur décision d’aboutir à un accord final. Bigre …

 

Mais bon sang (versé …) ne saurait mentir : en condamnant les deux ignobles attentats terroristes revendiqués par le Hamas, autant BHO que Mahmoud Abbas par leurs déclarations ont montré ce que la négociation occulte : l’impossibilité de concilier les fondements des positions israélienne et palestinienne. En effet, ils ont clairement lié le terrorisme, un à l’objectif de faire capoter les discussions et l’autre, un peu plus nuancé, à l’occupation des terres palestiniennes par les « colons » israéliens.  Rationaliser et lier le terrorisme à quoi que ce soit justifie l’action barbare de ceux qui le pratique : on n’a pas seulement tué de loin quatre israéliens dans leur voiture, on a « farci » de balles leurs cadavres (morts …). En ne condamnant pas clairement de tels actes les deux musulmans (enfin, un seulement à la naissance …) font semblant de ne pas comprendre que les assassins à la solde du jihad contre les juifs et les israéliens n’ont besoin d’aucune justification. Ils tuent, un point c’est tout. Car, soldats de la grande communauté destinée à conquérir le monde, ils sont engagés dans l’anéantissement de leurs ennemis et non pas dans le déraillement des négociations de paix … ni dans la récupération des terres souillés par la présence des juifs. Cela viendra de surcroît, s’ils gagnent : étant certains de leur réussite finale ils n’ont pas d’états d’âme. Mais BHO et Mahmoud Abbas ne savent-ils pas cela ? Oh, que si … mais il faut donner le change …

 

Négociations de paix … on croît rêver !

 

Trois raisons majeures, du côté israélien, pour lesquelles ces négociations (pas plus que les précédentes) n’aboutiront pas à un « accord final » car les palestiniens ne les accepteront pas :

* reconnaître le caractère juif de l’Etat d’Israël

* refuser tout « droit au retour » au 4,5 millions de « réfugiés » (650/800.000 selon les versions, au départ en 1948) en Israël

* mettre fin, une fois pour toutes, à toutes réclamations, d’un côté et de l’autre.

 

Certes, d’autres demandes israéliennes sont importantes (démilitarisation de l’éventuel état palestinien, « partage » des territoires autour de Jérusalem, frontières définitives, etc.,) mais depuis que l’on négocie … on sait pouvoir trouver des compromis.

 

Trois raisons majeures du côté palestinien pour lesquelles ces négociations (pas plus que les précédentes) n’aboutiront pas à un « accord final » car les israéliens ne les accepteront pas :

 

* non reconnaissance du caractère juif de l’Etat d’Israël (car cela rendrait irréalisable la revendication du droit au retour des « réfugiés » en Israël)

* retrait d’Israël sur les « frontières de 1967 » (en réalité les lignes d’armistices de 1948  après la décision de partage de la Palestine -ou de ce qu’il restait après l’ignoble charcutage anglais pour créer ex nihilo la « Royaume Hachémite de Jordanie)

*  arrivée en Israël des « réfugiés » palestiniens parqués depuis plus de       60 ans par leurs frères libanais, syriens ou égyptiens dans des camps de réfugiés.

 

Certes, d’autres demandes palestiniennes sont importantes (« partage » des territoires autour de Jérusalem, capitale, frontières définitives, etc., « futur état palestinien » doté de tous les attributs d’un état souverain – armée, contrôle de l’espace aérien, etc.,) mais depuis que l’on négocie … on sait pouvoir trouver des compromis.

 

Il ne faut être grand clerc pour comprendre que les deux jeux de conditions sine qua non sont irréconciliables. Et si vous qui lisez ce texte vous le comprenez, comment croire que tous ceux réunis, encore une fois, à Washington ne le comprend pas ?

 

A quoi bon, dès lors, de faire semblant ? Vous trouverez des tas d’explications dans la presse française et/ou mondiale et selon le degré de parti pris des uns et des autres elles seront liées au caractère « d’extrême droite » du gouvernement actuel d’Israël qui ne veut pas faire des concessions ou au besoin des palestiniens à ne pas aller à l’encontre de la volonté américaine car … ils seraient sevrés du lait des subventions (essentiellement américaines et européennes) qui coule dans leurs pots depuis plus de 60 ans.

 

L’histoire est cependant là pour nous montrer que, nonobstant la couleur politique du gouvernement israélien les palestiniens n’ont jamais voulu accepter un compromis de fond et qu’ils ont fait tout pour qu’un état palestinien ne soit pas une option réelle. Exemple ? Les offres faites par Ehud Barak à Camp David en 2000 et, ensuite, à Taba en 2001 et rejetés sans offre alternative par Yasser Arafat. Exemple ? Les offres faites par Ehud Olmert en 2008 et rejetées, sans offre alternative, par Mahmoud Abbas la même année.

 

Mais, hypothèse d’école, parce que les Etats Unis veulent peser de tout leur poids (argent pour les palestiniens, support contre l’Iran pour Israël), ils vont faire les pressions qu’ils pourront faire et, oh miracle, un accord sera conclu. Hypothèse d’école.

 

Israël bénéficie d’un apriori favorable quand il s’agit de mettre en place un accord négocié par son gouvernement : Yamit, colonie démembrée en 1982 après accord de paix avec l’Egypte, le Sinaï en totalité rendu à l’Egypte, Gaza évacuée en 2005 et dislocation de plusieurs colonies groupant environ 8.000 personnes, trois exemples parmi d’autres. Peut-être procéderont-ils à un referendum dont l’issue ne semble pas poser d’interrogation s’il s’agit d‘une fin complète et totale du conflit.

 

En revanche, on s’apercevra, alors, que Mahmoud Abbas n’a aucun pouvoir pour appliquer ledit accord, ni à l’intérieur du territoire où il se trouve (mais qu’il ne contrôle pas en réalité …) ni surtout dans l’autre moitié de son royaume, Gaza, où le Hamas n’a aucune raison de renoncer à ce qu’il a obtenu depuis 2006 : créer et maintenir un « hamastan » réceptacle de l’aide de tous ceux qui veulent détruire Israël, perspective de plus en plus souhaitée non seulement par le monde musulman mais aussi par une (grande) partie de l’Europe. Et surtout par l’Iran. Car, ne nous trompons pas, il n’y aura jamais de paix au Proche Orient avec un Iran devenu puissance nucléaire.  Perspective d’autant plus plausible que, par delà tous les discours concernant les sanctions « sérieuses », tout le monde semble s’être résigné à voir un Iran disposant de la bombe.

 

Mais alors à quoi servent les « négociations de paix », à quoi va-t-elle servir cette nouvelle tentative de reprendre un « processus » qui ne mène nulle part ? En réalité, les rencontres de cette semaine ont eu lieu car les protagonistes étant incapables (et ils le savent) de « faire la paix » une fois pour toutes, ont besoin, désespérément, de faire semblant de vouloir trouver une solution. Surtout BHO, dont tous les « experts » s’accordent à dire que le spectre de la perte de la majorité des démocrates aux deux chambres (députés et sénateurs)  prenant l’aspect d’un plébiscite contre sa politique (ou ses politiques) l’oblige d’espérer la bienveillance du « lobby juif »*.

 

Le mythe de Sisyphe … au moins lui, condamné aux Enfers, devait pousser indéfiniment une énorme roche ronde jusqu'en haut d'une montagne. Parvenue au sommet, la roche, sous l'effet de la gravité, redescendait jusqu'au pied de la montagne, et Sisyphe devait recommencer sa harassante tâche. Les protagonistes de la rencontre de Washington seraient-ils de nouveaux Sisyphes ?

 

 

 

   

* Karel De Gucht, ancien ministre des Affaires étrangères belge (si, si, ce n’est pas une blague …) et actuellement Commissaire au Commerce de l’Union Européenne, a affiché jeudi son scepticisme sur les chances de succès des nouvelles négociations directes entre Palestiniens et Israéliens. Interrogé sur la radio de la VRT, il a affirmé que "le lobby juif au Capitole ne doit pas être sous-estimé………".  "Ne sous-estimez pas non plus l'avis du juif moyen en dehors d'Israël", chez qui il existe "la croyance d'avoir raison", "Il n'est pas facile, a ajouté M. De Gucht, même avec un juif modéré, d'avoir une conversation rationnelle". On a accusé des gens d’antisémitisme pour moins que cela …

 

 

 

 

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 09:28

 

 

Il fait chaud à Paris, samedi dernier -jour de grand départ en vacances nonobstant la crise économique que le pays traverse- on décomptait 683 km de bouchons cumulés et les hôtels et les campings affichent un taux d’occupation de plus de 80%. On prend des forces pour pouvoir, à la rentrée, s’opposer fermement à tout ce que le gouvernement a préparé, la reforme des retraites en premier lieu …

 

Pendant ce temps, pas très loin de nous, au Moyen Orient, l’Iran continue sa marche vers la bombe. Certes, les déclarations dithyrambiques n’ont pas manqué depuis des années : « la bombe ou le bombardement » disait notre Président il y a trois ans, « Il ne devrait y avoir aucun doute - les États-Unis et la communauté internationale sont déterminés à empêcher l'Iran d'acquérir des armes nucléaires" déclarait le 1erjuillet le Président américain.

 

Pendant que les uns parlent, les centrifuges de Natanz et/ou d’Ispahan continuent de tourner et l’Iran a accumulé plus de 2.500 kg d’Uranium faiblement enrichi (3,5%) et a commencé, depuis février 2010, la production d’Uranium enrichi à 20%. Aucune des raisons mises en avant par ce pays pour justifier ce qu’il fait n’a été considérée comme plausible mais on sait qu’atteindre le seuil de 20% confirme la maîtrise du processus pouvant pousser l’enrichissement au delà de 90%, ce qui est nécessaire pour une arme nucléaire. Et les centrifuges tournent …

 

Selon un rapport de International Atomic Energy Agency (IAEA) de juin 2009 le site d’enrichissement de Natanz disposait de plus de 7.000 centrifugeuses dont 5.000 tournaient à plein régime. Cela représentait une augmentation de 30% par rapport à ce que l’IAEA avait trouvé en février 2009. A ce rythme on peut supposer qu’actuellement l’Iran dispose (sur le site connu …) de plus de 8.000 centrifuges et de plus de 400 tonnes d’Hexafluorure d’Uranium qui attendent à être injectées dans lesdites centrifuges ….

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Et une fois que Natanz fonctionnera à pleine capacité - 50.000 centrifugeuses selon l’Iran - l'usine sera en mesure de produire environ cinq cents kilogrammes d'uranium de qualité militaire par an, assez pour environ trente à quarante armes nucléaires.

 

Mais l’Iran, à part sa quête d’armement nucléaire est en train de pousser ses pions dans plusieurs directions du Proche et du Moyen Orient, de l’Afrique et de l’Amérique Latine. On s’est habitué à la présence directe ou de supplétifs de l’Iran en Syrie, au Liban ou à Gaza. On a fait moins attention aux tentatives (presque toutes couronnées de succès) d’implantation en Afghanistan et Tadjikistan, en Algérie et Mauritanie, au Yémen ou en Somalie ou, plus loin en Afrique, par exemple au Zimbabwe.

 

C’est ce qui a commencé à inquiéter les états arabes car ils se voient, d’un côté, menacés d’un encerclement par le Sud et l’Ouest et, d’un autre côté, par l’éventualité d’un Iran « nucléaire ». Et ils ne voient pas d’un bon œil le fait que l’Iran encourage l’Algérie ou le Maroc, par exemple, de se doter de moyens nucléaires.

 

Ces états ne sont pas, seulement, des alliés des Etats Unis. Ils ont des relations fortes avec l’Europe, la Russie ou la Chine. Ils ne comprennent pas, pour l’instant, la dérive de la Turquie vers une alliance avec l’Iran tout en faisant partie de l’OTAN (ni les risques pris par ce pays quant aux soucis éventuels liés à la « question du génocide arménien » ou à la répression des mouvements kurdes). C’est dire que les « maux de tête » des pays arabes provoqués par un Iran nucléaire commencent à faire comprendre aux trois partenaires cités que le temps est venu pour faire quelque chose. Quoi ?

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Tous à leurs affaires avec l’Iran jusqu’ici, les Européens commencent, eux aussi, à avoir vraiment peur. Ils savaient que les états arabes sunnites ont toujours été inquiets face à l’impérialisme iranien mais ils ont sous-estimés les capacités de l’Iran à les mener, eux, par le bout du nez. La Russie est en train de jouer un jeu curieux (un jour elle est pour les sanctions, le jour d’après elle dit ne pas les respecter …), mais après la révolte massive islamiste en Tchétchénie et plus récemment les attaques terroristes à Moscou ou en Russie même, les Russes ne peuvent pas oublier qu’ils ont combattu les envahisseurs musulmans pendant plus de cinq cents ans. L'Eglise orthodoxe russe, aujourd’hui un des piliers de la Russie de Poutine, est en conflit avec l'Islam, depuis la chute de l'Empire byzantin. La Chine, bien que les plus de 50 millions de musulmans (ouïghours) lui créent des soucis sans nombre (mais leur répression sans pitié n’a jamais ému les droithommistes du monde entier) n’a en tête que la recherche de sources d’approvisionnement en énergie et l’Iran lui fournit actuellement plus de 10% de ses besoins totaux. Paysage compliqué pour les états arabes pour obtenir des attitudes claires et fermes de la part de leurs partenaires européens, russes ou chinois.

 

Sans le dire, tout le monde attend que quelqu’un se charge de faire ce que l’on doit : arrêter la course de l’Iran vers la bombe, définitivement ou la retarder d’une dizaine d’années. Bien que les choses soit totalement différentes (étendue du programme, dissémination des sites, nombre et formation des scientifiques engagés, capacités de réaction directe ou par supplétifs, etc.,) on a toujours présent à l’esprit la destruction du programme nucléaire de l’Irak de Saddam Hussein centré sur le réacteur Ossirak (fourni par la France de Giscard et de Chirac). Pour disposer de moyens de rétorsion en cas de besoin, pendant des années, l’Iran a poursuivi une stratégie simple : s’approcher autant que faire se peut de sa première cible, Israël, et disposer de moyens militaires importants pouvant menacer les armées américaines présentes en Irak ou en Afghanistan ou leurs bases dans les pays du Golfe. Le Hezbollah au Nord d’Israël, la Syrie au Nord-Est, le Hamas au Sud (Gaza) constituent autant de têtes de pont mais elles n’avaient pas l’air de fâcher les états arabes vu leur rejet de l’état juif. Ils oubliaient, cependant, que pour l’Iran Israël n’est qu’un domino (par delà la vulgate du Coran « tue le juif » et par delà la « libération d’un territoire musulman ») et que l’Iran a toujours convoité le pétrole du Golfe (Arabie Saoudite, les Emirats, etc.,soit, en 2007, peu ou prou, entre le tiers et la moitié des besoins mondiaux en, hydrocarbures - regardez le graphique qui suit) et toujours souhaité devenir le gardien des cités saintes, Mecque et Médine.

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  Alors, tant qu’Israël se faisait entourer de pays hostiles disposant de missiles balistiques et/ou de croisière, tant que des SCUD pouvant porter une demi tonne d'explosif entraient dans l’arsenal de la Syrie ou de l'Hezbollah, les pays arabes regardaient ailleurs. Mais savoir que les Iraniens pourraient disposer d’un engin nucléaire à brève échéance et que même maintenant ils peuvent lancer des armes nucléaires « sales » (qui utilisent des explosifs conventionnels combinés avec des métaux radioactifs), là ces états arabes montrent qu’ils sont courageux mais pas téméraires ... Et si l’on ajoute que l’Iran est crédité d’une capacité lui permettant d’atteindre l’Europe ou les Etats Unis dans moins de cinq ans … l’Occident aussi commence à se poser des questions. Bien que, ce qui a prédominé jusqu’ici en Europe (mais pas seulement en Europe) a été l’idée (ou l’espoir) d’un pragmatisme réel des iraniens. Mais leur volonté d’obtenir la défaite des États-Unis et la destruction d'Israël commence à être comprise pour ce qu’elle est : non pas une position de négociation ou l’expression d’une rhétorique irréalisable. Un Iran acquérant des armes nucléaires détruira l'équilibre entre l'idéologie et le pragmatisme en faveur de la première. Une preuve ? Revendiquer, par exemple, l'Etat arabe de Bahreïn en tant que 23ème province iranienne car 70% de sa population est chiite.

 

Tout cela fait que l’on a compris que ce qui a fonctionné pendant la guerre froide (MAD = Mutual Assured Destruction) n’est pas de mise aujourd’hui : les deux acteurs de la guerre froide, les Etats Unis et la Russie, étaient rationnels, les mullahs qui dirigent l’Iran ne le sont pas. De plus, l’Iran ne cache pas son idéologie de conquête du monde car les mullahs pensent que Dieu veut qu'ils contrôlent le monde (et l’Arabie Saoudite le sait bien, elle qui a contribué plus que tout autre à la dissémination conquérante du wahhâbisme dans le monde, dissémination sous-tendue par la même volonté de conquête du monde).

 

Mais à part les états arabes, une grande partie du monde a commencé à se demander comment répondre à la menace potentielle de l’Iran sur l’approvisionnement en pétrole (fermeture du Détroit de Hormuz ?), à sa capacité d’initier des guerres asymétriques (Hezbollah au Liban, Hamas à Gaza, Houti au Yémen, etc.,) ou à la prolifération nucléaire qui suivrait l’accession de l’Iran au nucléaire militaire ou l’éventuelle utilisation par ses supplétifs (la Syrie) de moyens chimiques ou biologiques.

 

Tant que l’Iran n’affichait que sa détermination de « rayer Israël de la carte du monde » … on pouvait vivre avec. Vivre avec un Iran nucléaire dont la volonté de domination (mondiale) s’affirme (et se réalise … voir les « diagonales du fou ») c’est une autre paire de manches. Et les états arabes, premièrement, n’en ont d’envie aucune de cela : cela fait plus de mille ans depuis que les perses en veulent aux arabes d’avoir « cassé » leur empire et autant depuis que les chiites veulent dominer les sunnites …

 

Alors ? Eh oui … on regarde du côté d’Israël. Une des raisons majeures pour lesquelles les états arabes font semblant d’accepter l’existence d’Israël en demandant, à corps et à cris (d’une manière totalement fallacieuse) la création d’un état palestinien, est parfaitement visible : laisser Israël attaquer, détruire ou retarder le programme nucléaire iranien. De leur point de vue, si Israël réussit, c’est gagné. Si Israël ne réussit pas, c’est gagné aussi car le monde entier verra qu’Israël est un fauteur de guerre qui ne mérite pas d’exister …

 

Du point de vue d’Israël les choses ne sont pas très différentes : elle ne peut pas vivre (ou admettre) sous la menace permanente d’un Iran nucléaire et qui a inscrit sur le frontispice de sa constitution l’obligation ardente de la détruire. Si Israël détruit, préventivement, les capacités nucléaires (ou autres) de l’Iran elle sera condamné par la communauté internationale avec un enthousiasme non dissimulé. Mais qui ne dissimulera, non plus, sa satisfaction de voir le problème iranien résolu comme le nœud gordien … Si Israël ne fait rien elle devra vivre avec un Iran nucléaire autant dire avec une épée de Damoclès permanente. Si Israël réussit à détruire (ou retarder) le programme nucléaire iranien elle sera encore plus « le juif des états » et condamnée par tous mais … l’Iran n’aura pas la bombe …

 

Disposant de trois systèmes d’armes sans équivalent en Iran (fusées balistiques intercontinentales, sous-marins pouvant effectuer des tirs de missiles de croisière –charges conventionnelles ou nucléaires tactiques- et d’une aviation sans égale au Moyen Orient, Israël va se trouver très rapidement en obligation de décider de son avenir. A ce moment-là, l’Occident (mais pas seulement) aura à se décider aussi : si l’Iran riposte contre les troupes américaines ou contre les pays du Golfe, personne ne pourra rester inactif. Et toute menace sérieuse de l’Iran se verra opposer la réponse simple, donnée par Hillary Clinton pendant la campagne électorale de 2008 à la question « si l’Iran attaque, vous ferez quoi ? » - ce pays sera vitrifié. Certes, celui qui a été élu président, à la même question, à répondu, lui : « je vais y penser ». Peu probable, cependant qu’il ne fasse rien car par delà le nucléaire « les diagonales du fou » montrent une volonté impérialiste que personne aujourd’hui (sauf les états faillis comme le Zimbabwe ou en attente de l’être comme le Venezuela ou la Bolivie) ne peut accepter.

 

Au fait, le fou c’est qui ?

 

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 17:28

 


Une fois que tous les gouvernements concernés auront prononcé leurs condamnations et mises en garde, après que le Conseil de Sécurité de l'ONU eut siégé et délivré une injonction et que les instances internationales se mobilisèrent pour une (prévisible) mise en accusation espérée par les ennemis d'Israël, la question qui pourra se poser est : pourquoi y a-t-il eu une flottille « pacifique » sanglant vers une zone militaire, connue comme telle (et autorisée par le droit international en cas de guerre) et quel était le but ultime de l'opération?


Et comment se fait-il que la France, plus prudente dans d’autres occasions, a trouvé bon de (a) « exiger l’ouverture d’une enquête internationale, indépendante et impartiale » tout en prenant position (b) « c’est un acte qui n’est pas justifié, c’est un acte contraire au droit international … » Curieux, non ?


Soyons clairs : le monde a assisté à un crime de guerre commis par la « flottille » et ses organisateurs/sponsors turcs, à bon escient. Car il s’agit d’un crime de guerre que de transporter de civils dans une zone de conflit pour provoquer des actions dans lesquels ils seront nécessairement lésés. Qui a été à l’origine de ce crime de guerre ? Et qui a rendu la chose possible car ayant intérêt à obtenir un certain résultat ?

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La ligne rouge correspond au trajet d’un bateau irlandais venant de Lybie …


L’organisateur de la flottille est l’Organisation Non Gouvernementale Turque IHH, bien connue des services occidentaux : cette organisation a acheté trois des bateaux constituant la flottille et a commandé le déplacement d’un gros bateau turc (Mavi Marmaris) chargé de 500 passagers (dont un enfant de 18 mois …) pour aller d’Istanbul à Antalya d’où il devait s’acheminer vers Chypre (qui lui a interdit d’accoster …). En organisant la flottille, le président d’IHH déclarait dans une conférence de presse le 7 avril : « la flottille sera un «test» pour Israël ». « Si Israël s'oppose à la flottille, cela sera considéré comme une «déclaration de guerre" aux pays dont les militants se trouvaient à bord des navires (site IHH, le 7 avril 2010) ». Et lors du lancement de la Marmaris Mavi le 23 mai, il a dit à Israël, " Si vous empêchez la flottille d'atteindre la bande de Gaza, vous resterez isolé dans le monde » En clair, la flottille n’avait pas comme but d’apporter des vivres aux habitants de Gaza (les quantités cumulés des six bateaux représentaient moins d’un quart de ce qui entre tous les jours à Gaza à travers les terminaux israéliens …) mais ouvrir une voie d’accès à ce territoire dont le blocus date de la prise de pouvoir sanglante par le Hamas. Et cela avec la complicité active de la Turquie et de son premier ministre, devenu (ou il était déjà ...) le deuxième pourfendeur d'Israël après  Ahmedinejad. Car le Hamas (et son fournisseur, l’Iran) a un besoin impérieux d’une frontière libre pour les livraisons d'armes. En effet, a l'heure actuelle il ne peut se fournir qu’à travers des tunnels creusés sous la frontière avec l'Egypte : qui laissent faire mais, de temps en temps les détruisent. Il s’ensuit qu’Israël doit bloquer la frontière maritime de Gaza puisque les armes souhaitées par le Hamas n’ont pas d’autre utilisation que de détruire les Juifs vivant près de leur frontière commune, dans des villes comme Sderot, Ashkelon et Ashdod. D’un autre côté, si le blocus est suspendu, le Hamas deviendrait encore plus puissant ce qui conduira à l’élimination (plus rapide …) de Mahmoud Abbas qui passe aux yeux des américains pour un homme de paix avec lequel Israël devrait faire la paix. Dont les « sujets » sont ceux qui dansaient dans les rues de Ramallah le 11 septembre 2001 …


Et quand il s’agit d’armer le Hamas, l’IHH (qui ne cache pas son obédience vis-à-vis des Frères Musulmans) est bien de la partie. Cette organisation « humanitaire » a été identifié par la CIA dès 1996 comme une entité terroriste ayant des liens avec l'Iran tandis que le juge Jean-Louis Bruguière a témoigné qu’elle a joué un rôle "important" dans le « complot du millénaire » organisé par Al-Qaïda aux États-Unis à la fin 1999. Selon un rapport de renseignement français, Bulent Yildirim, le président de IHH, a recruté des "guerriers du djihad» et transféré de l'argent, des armes à feu et des explosifs à Al-Qaïda et à d'autres terroristes islamiques dans différents pays.


Alors, cela confine à l’absurde quand on voit les dirigeants européens qui ont encouragé la création de la flottille demandant à Israël, de leurs fauteuils confortables, sur un ton paternel (ou agressif …) de lever le blocus de Gaza ! Qui se souvient encore des soldats européens qui gardaient les points de passage entre Gaza et l’Egypte et qui ont décampé à la première menace du Hamas après que celui-ci a pris le pouvoir à Gaza ? Ils sont allés faire se faire bronzer sur une plage israélienne où ils sont peut-être encore …


Donc, la flottille n’avait pas comme but d’alléger les « souffrances » des palestiniens de Gaza mais, tout simplement, d’ouvrir une brèche dans le blocus du territoire pour, qu’ensuite, d’autres bateaux s’y engouffrent avec des armes et autres joyeusetés. Mais, en condamnant Israël, les pays vertueux (pas seulement la Suède, la Norvège ou l’Irlande mais aussi … le Venezuela, la Chine, la Russie et tout ceux pour lesquels le respect des droits de l’homme est sacrosaint …) ne disent pas ce qu’Israël aurait dû faire. Faire sombrer les bateaux comme la Corée du Nord vient de le faire ? Ne rien faire et laisser le Hamas s’armer, mieux, pour pouvoir, mieux s’attaquer à Israël ?


On dira que j’enfonce des portes ouvertes et que tout le monde sait cela … Certes, mais tout le monde fait semblant de ne pas le savoir et tous les hypocrites du monde se sont donnés la main pour … taper sur Israël. En utilisant la Turquie, pays presque démocratique et occidental (?!) mais qui s’est rapproché à pas rapides de l’Iran pour en faire un front non seulement anti-israélien mais anti-américain ou, si l’on veut, antioccidental (tout en étant membre de l’OTAN …).


Et Israël a décidé d’arrêter la flottille, quitte à risquer la vie de ses soldats car, même si mal informé, ce pays savait qu’il y avait des "militants professionnels " sur les bateaux qui allaient opposer une certaine résistance. Le résultat : huit morts parmi les « militants de la paix » et six soldats blessés par les mêmes pacifistes avec des armes diverses et variées. Mais … huitsmorts pour la cause de la Palestine valent beaucoup plus que les centaines de milliers de morts du Darfour ou les dizaines de milliers de morts du Sri Lanka ou ceux de l’Irak ou l’Afghanistan qui n'ont jamais provoqué des manifestations, des réunions du Conseil de Sécurité ou des demandes d'enquêtes transparentes et impartiales" ...


Mais des dizaines de milliers ou des centaines de miliers de morts ... c'est beaucoup, on ne ressent pas la même chose que quand il s'agit de beaucoup moins. Alors, regardons un décompte macabre en suivant les statistiques (civils morts suite à des actions des pays identifiés) pour l’Aghanistan :

 

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Plus près de nous, rien qu’au mois de mai, des avions américains ont bombardé des maisons civiles dans la province de Farah tuant plus de 100 personnes …


Quant à l’Irak, juste quelques données grappillées uniquement sur le dernier mois :


Baghdad, le 25 mai – 15 morts, Khalis, le 23 mai – 35 morts, Tal Afar, le 14 mai – 25 morts, Baghdad, Falluja et Hilla – le 10 mai – 138 morts.


C’est vrai, en Irak, des civils musulmans tués par d’autres musulmans … cela n’à aucun intérêt ni pour les gouvernements qui protestent contre la « barbarie » israélienne coupable d’un « massacre » … ni pour le Conseil de Sécurité ni pour les gauches du monde entier. La seule chose qui compte c’est de mettre au pilori l’Etat d’Israël coupable de vouloir se défendre.


Et quand on regarde ce qui s’est passé depuis quarante années on trouve quoi ? Jimmy Carter (recyclé depuis, lui aussi, en pourfendeur d’Israël) a activement permis à l'islamo fascisme de Khomeiny le renversement du shah d’Iran déstabilisant une des grandes puissances impériales traditionnelles du Moyen-Orient. La Turquie, une autre grande puissance pendant cinq siècles sous les Ottomans, a reculé d'un siècle de la tolérance politique instaurée par Kemal Atatürk vers l'islam radical et est maintenant l’alliée de l'Iran contre Israël. Irak, un autre centre impérial dont l’histoire est riche de six mille ans depuis Sumer, se déchire entre sunnites et chiites, ce qui signifie (en simplifiant) l'Iran contre les Arabes. Les Saoudiens qui ont financé, pour l’essentiel, la construction d’armes nucléaires et de missiles au Pakistan peuvent les importer à n’importe quel moment. Qui ne voit que la guerre entre l’Arabie Saoudite, berceau de l'islam, et l'Iran se déroule par palestiniens interposés et que la disparition d’Israël n’est qu’un épiphénomène qui réunit tous les protagonistes de ce qui se passera au Proche Orient ?


Mais on se distrait avec la volonté de mettre une fin au conflit israélo-arabe … Toutes les chancelleries comprennent qu’il n’y a pas de solution possible pour un règlement final (sauf une solution finale …) des problèmes soulevés par le statut de Jérusalem ou les « réfugiés » palestiniens de 1948 car les deux parties ne peuvent être d’accord sur rien d’essentiel. Mais … l’Oncle Sam, je veux dire l’Oncle Obama) s’est mis dans la tête de régler ce conflit. Quitte à imposer une (sa) solution. Les arabes n’aspirent qu’à cela en espérant qu’ensuite l’ONU pourra, en vertu du VIème chapitre de sa charte expulser Israël de l’Organisation si elle n’accepte pas le règlement imposé.


La « solution deux états vivant en paix, l’un à côté de l’autre » … quelle rigolade ! L’Oncle Sam (je veux dire l’Oncle Obama) une fois qu’il a décidé de créer un état palestinien, commence à avoir mal à la tête en essayant de trouver une place pour Israël au Proche Orient …

 

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 20:00

 

 

     Confrontée à une guerre d’usure qu’elle pensait avoir gagné, la Russie ne s’en sort pas de ses malheurs caucasiens. Certes, il y a dix ans, Monsieur Poutine promettait de « poursuivre les terroristes tchéchènes jusque dans les chiottes » Et dix ans après, suite à un autre attentat, il utilise le même langage fleuri « C'est maintenant une question d'honneur pour les services de répression de racler les fonds des égouts pour les envoyer au royaume de leur Dieu ». Allusion transparente à la religion des fauteurs de trouble que le paradis d’Allah attend avec 72 vierges pour chacun d’eux. Ou 72 burkas, vu que les deux assassins suicidaires étaient des femmes ... La Russie se trouve dans une phase historique pour le moins difficile. Ayant raté le passage d’une dictature politique fondée sur un système économique absurde vers une organisation démocratique incluant l’économie de marché, d’un côté, subissant le contrecoup des 70 années d’absence d’initiatives des masses, vivant sur la rente pétrolière et gazière (80% de ses exportations, une grande partie du reste étant les armes), d’un autre côté, elle est en train de se dépeupler (154 millions d’habitants au moment de la disparition de l’Union Soviétique, 144 millions aujourd’hui) et voit, d’une manière inexorable augmenter le pourcentage des populations musulmanes par rapport à celles chrétiennes. Consciente des risques induits par ce fait elle pense le compenser par un rapport d’amitié avec les pays musulmans qui ont le vent en poupe, l’Iran le premier. C’est de la géopolitique simple, « si on ne peut pas les vaincre, faisons alliance ». Accessoirement, pour montrer sa bonne volonté aux musulmans (en espérant une attitude non belligérante de leur part) on fait le coup de poing en Géorgie en démembrant une partie de ce pays, on érige au niveau de concept stratégique sa volonté de considérer les pays qui l’entourent à l’Ouest comme faisant partie de sa sphère d’influence et on s’oppose à toutes initiatives de défense préventive contre, mettons, l’Iran (bouclier anti-missile en Europe de l’Est). Par delà les « affaires », par delà l’opposition têtue aux intérêts américains, par delà les aspects « être pour tout ce qui est contre et contre pour tout ce qui et pour », la stratégie géopolitique de la Russie n’a qu’une seule ambition, éviter le choc frontal avec le monde musulman en attendant d’être le dernier bastion auquel celui-ci s’attaquera dans sa conquête du monde. Et le maillon le plus fort du monde musulman est l’Iran. D’où la politique d’apaisement de la Russie vis-à-vis de la marche de ce pays vers l’armement nucléaire.

 

M   Mais la politique d’apaisement de la Russie vis-à-vis de l’Iran a des conséquences géopolitiques immédiates et cela pas très loin de ses frontières (ou de ses anciennes républiques d’Asie Centrale, toutes à dominance musulmane). En tout premier lieu, les pays du Golfe. Séparés de l’Iran chiite par une obédience musulmane différente (sunnite), ils sont forts d’une expérience historique qui les a fait comprendre que ce pays s’attaquera plus facilement, tout d’abord à eux, plus qu’aux ennemis désignés de longue date (Etats Unis et Israël). Tout en tenant à leur merci grâce à leurs fusées balistiques l’Europe (si celle-ci avait de velléités d’intervention nonobstant les excellentes affaires industrielles et commerciales qui représentent des bouées de sauvetage pour les économies allemande, italienne, française, espagnole, suédoise, etc.,). Les pays du Golfe, graduellement, ont compris que leur ennemi principal n’est pas Israël mais l’Iran. Ce qui a fait dire au ministre des affaires étrangères de l’Arabie Saoudite « la menace posée par les ambitions nucléaires de l'Iran exige une solution plus immédiate que les sanctions ». Il a décrit les sanctions comme une solution à long terme en soulignant que la menace est plus pressante. » Géopolitique simple : la Russie apaise l’Iran mais provoque, par contrecoup, une réaction majeure d’autres pays musulmans qui se sentent, tout d’un coup, menacés par un ennemi religieux avec lequel aucun compromis n’est possible car ... nous sommes dans le monde musulman ! Guerre de religion ? Feutrée, se déroulant pour l’instant aux abords des « points de pression maximum » (Yémen, par exemple) mais s’étendant insidieusement du Golfe Persique jusqu’en Egypte en route vers le Maghreb. Guerre froide de religions ? Cela pourrait paraître curieux mais il n’est pas exclu qu’elle devienne chaude ...

 

Et voilà qu’arrive l'administration Obama, entrainée par la logorrhée ivre du Président qui, avec son éloquence flamboyante se convainc tout seul que ceux qui l’attendaient sont hypnotisés par ce qu'il leur dit. Un discours au Caire, la main tendue pendant 14 mois à un Iran qui n’en rien à en faire, des demandes restées sans suite à des états arabes qui considèrent que le dossier « israélo-palestinien » n’est qu’une diversion par les temps qui courent, des tentatives toutes échouées pour « détacher » la Syrie de l’Iran, cette Administration a totalement raté son arrivée au Proche Orient et ce pour des raisons géopolitiques simples et claires. Le Proche Orient ne souffre pas de l’inexistence d’un 24ème état arabe ni de l’absence dans le patrimoine musulman légué par Allah de 0,05% des terres sur lesquelles s’est installé un Etat Juif. Le Proche Orient souffre des luttes intestines entre chiites et sunnites (l’Iran dispose maintenant de têtes de pont en Syrie, au Liban, à Gaza, au Soudan en attendant la pénétration d’une partie de l’Afrique noire dont l’accession à l’islam se fait à grands pas). En 2007, les États-Unis ont offert 20 milliards de dollars en aide militaire à l'Arabie saoudite et aux cinq autres membres du Conseil de coopération du Golfe, 30 milliards de dollars d’aide à Israël sur dix ans et 13 milliards de dollars à l'Egypte pour la même durée. Les trois bénéficiaires ont compris, parfaitement, la raison des largesses américaines : faire front à l'ennemi commun contre lequel une stratégie était en train de se forger.
Et il n’y a eu aucune réaction arabe contre Israël quand il a bombardé une installation nucléaire syrienne construite en collaboration avec la Corée du Nord et l'Iran en Septembre 2007. En 2008, l'Egypte n'a rien fait pour interférer avec le blocus de Gaza par Israël ou avec les assassinats ciblés d'activistes du Hamas et d'autres militants palestiniens soutenus par l'Iran. Et lors de l'offensive dans la bande de Gaza à la fin de l'année, aucun Etat arabe n’a levé le plus petit doigt contre Israël. Et en juin 2009, le Hezbollah a perdu les élections au Liban face aux candidats pro-occidentaux soutenus par un partenariat américano saoudien construit par l'administration Bush et qui incluait aussi la France, la Jordanie et l'Egypte. Dommage que l’administration Obama a laissé aller à vau-l’eau les acquits libanais pour se lancer dans une tentative  absurde, irresponsable et vouée à l’échec visant à détacher la Syrie de l’Iran en lui laissant les mains libres au Liban ... Faudra attendre aussi longtemps que pour les pays de l’Est européen que les libanais croient encore au soutien des Etats Unis ...

 

Mais les contraintes géopolitiques des Etats Unis ne sont pas, elles, simples. Ne sachant pas encore comment ils quitteront l’Irak (sans qu’une mainmise rapide de l’Iran sur ce pays n’intervienne), l’administration Obama a fait le pari curieux d’envoyer des troupes supplémentaires en Afghanistan tout en annonçant leur retrait dans douze mois ... Ayant du mal à continuer d’être le gardien de la sécurité des pays de l’Europe de l’Est ou de ceux de l’Asie du Sud Est, devant faire face à une crise économique créée pour l’essentiel, à l’origine, non pas par les banques mais par la politique immobilière des deux administrations Clinton (« donner tout, tout de suite à tout le monde » via Fanny May et Freddy Mac), les Etats Unis se sont lancés dans des aventures non moins curieuses dont l’issue ne semble, loin de là, leur être favorable. Ils ont commencé avec la Russie en renonçant au bouclier anti-missiles promis à la Pologne et à la Tchéquie et dont le but était la protection du flanc Est de l’Europe mais aussi l’interception possible d’éventuels vecteurs tirés par l’Iran vers le Nord Est américain. Et la Russie ne leur a rien donné en échange. Ils se sont lancés ensuite dans le changement profond de leur stratégie nucléaire : en renonçant et à une première frappe contre des puissances disposant d’armes nucléaires mais qui attaqueraient, directement ou indirectement, les Etats Unis avec des moyens conventionnels ou de destruction massive (chimiques et biologiques) et à l’utilisation d’armes nucléaires contre tout pays qui les attaquerait ils viennent de donner un signal simple, les Etats Unis ne sont plus le gardien de la paix mondiale. Conséquences géopolitiques immédiates : l’Iran qui n’a plus rien à craindre en cas d’agression sur un autre pays et la Corée du Nord qui continue à augmenter sensiblement son arsenal nucléaire disposant ainsi d’une capacité d’agression sans égale vis-à-vis de la Corée du Sud ou des pays anciennement frères comme le Vietnam, le Cambodge ou le Laos. Là, l’idéologie tiers-mondiste, anticapitaliste et antioccidentale du président américain a pris le pas sur les contraintes géopolitiques qui, d’évidence, auraient dû conduire à des agissements diamétralement opposés. Mais ce faisant les Etats Unis se sont trouvés devant une situation difficilement envisageable il y a encore dix ans : l’émergence de la Chine.

 

Devenue l’usine du monde et tout d’abord celle des Etats Unis, la Chine, par un phénomène d’osmose inversée, est devenue son fournisseur et son bailleur de fonds : elle dispose aujourd’hui de plus de trois mille milliards de $ en bons du Trésor Américain. Mais obligée a respecter « je te tiens, tu me tiens, par la barbichette ... » elle ne s’occupe que de ses intérêts. Comme cet Empire du Milieu le fait depuis des millénaires en laissant « les barbares incultes » (fussent-ils chrétiens ou musulmans) s’étriper entre eux tandis qu’elle s’assure des sources d’énergie qui lui sont nécessaires pour faire venir à une vie développée le milliard de chinois qui survivent dans un état moyenâgeux dans des campagnes éloignées des lumières de Shanghai ou de Beijing. Conséquence géopolitique simple – elle s’en fiche comme d’une guigne d’un éventuel armement nucléaire de l’Iran, de l’éventuelle mainmise de ce pays sur les richesses des pays du Golfe ou de la présence des Etats Unis sur des territoires qui ne lui ont jamais appartenu (l’Afghanistan, par exemple). Il ne s’agit pas d’apaiser, comme c’est le cas de la Russie. Il s’agit de faire comprendre et admettre que le milliard et demi de chinois en train de devenir la troisième économie du monde disposant de tous les attributs militaires qui vont bien avec (satellites, armes nucléaires, armement conventionnel, bientôt des porte-avions nucléaires, etc.,) n’ont rien à craindre ni d’un Iran nucléaire ni d’éventuels terroristes auxquels ce dernier pays confierait des armes de destruction massive.

 

Et l’Europe ? On ne tire pas sur une ambulance, a-t-on l’habitude de dire. Après avoir choisi deux personnages falots et insipides comme président de l’Union et comme responsable de sa politique étrangère, voulue commune, ce continent se trouve à l’orée de grandes difficultés économiques dont la Grèce n’est qu’un hors-d’œuvre. Ayant à admettre que « l’état providence » a vécu son temps, que la création de valeurs et de richesses à distribuer fait défaut à cause même de la poursuite ad nauseam des acquis de l’état providence, elle s’enlise dans une crise sans fin, les victimes immédiatement visibles étant les « PIIGS » (le Portugal, l’Irlande, l’Italie, et l’Espagne). Quant à notre beau pays de France, avec une dette extérieure dépassant 2.400 milliards d’euros (dette de l’Etat + provision pour les retraites des fonctionnaires) il n’aucun moyen sérieux pour la diminuer (faites les comptes, la piste « ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite » soit 50.000 personnes ferait une économie annuelle de, mettons, 0,5 milliards d’euros ... à comparer avec la dette 5.000 fois supérieure ...). En guise de géopolitique il se lance dans des envolées planétaires sans lendemain (gouvernance financière, réchauffement de la planète et autres ejusdem farinae ...) et pour maintenir le tonus des populations on lance en pâture des rumeurs d’alcôve d’un président de plus en plus contesté et de sa dame, exemple de moralité de gauche pour un peuple qui n’en peut mais ...

 

Voilà, rien de plus simple que la géopolitique ! Sauf quand le leader du monde, les Etats Unis, prennent partie au Honduras contre la légalité existante en penchant du côté du Venezuela de Chavez. Ou quand ils ont abandonné le bouclier anti-missiles à installer en Pologne et en Tchéquie. Ou quand ils se préparent à sacrifier Israël sur l’autel de la nouvelle alliance avec le monde musulman. En lui demandant de rendre les territoires qu’elle a gagné dans une guerre initiée par des pays arabes ce qui est de la même nature qu’une éventuelle demande des mexicains de leur rendre les territoires que les Etats Unis ont conquis dans leurs guerres. Tout en lui interdisant de se défendre contre l’Iran qui a mis sur le frontispice de sa constitution l’ardente obligation de faire disparaître Israël. Et les Etats Unis de prétexter que l’existence de millions d’arabes en et autour d’Israël sera la meilleure dissuasion contre une bombe musulmane (iranienne). Bernard Lewis (What went wrong ? ») a dit à plusieurs reprises, que « ce type d'immunité est imaginaire, car les musulmans sont convaincus qu’Allah saura faire la différence entre juifs et musulmans ».

 

La géopolitique ? Mais c’est très simple ...

 

 

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