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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 11:10

 

« La Maison-Blanche confirme l’accord israélo-palestinien pour des pourparlers indirects. Les Etats-Unis confirment qu’Israël et les Palestiniens ont donné leur accord pour l’ouverture de négociations indirectes qui se dérouleront sous la médiation de l’envoyé spécial américain, Georges Mitchell. » Après plus de 17 ans de négociations directes (Oslo), après des changements majeurs intervenus, surtout, parce qu’Israël a eu le courage (l’inconscience ?) de prendre des risques, après la création de l’Autorité Palestinienne et son contrôle (presque complet au départ) sur les territoires perdus par la Jordanie et l’Egypte et disputés depuis la guerre de 1967, après les négociations ratées de Camp David (2000) et celles de Taba (2001) quand les palestiniens ont refusé pratiquement tout ce qui était possible de leur être proposé, après les dernières offres du gouvernement Olmert, après tout cela vint l’Administration Obama.


Pendant une très longue année cette administration a fait fausse route et son seul résultat au Proche Orient est la reprise de négociations indirectes entre Israël et, non pas les palestiniens mais ... la Ligue Arabe. Car, devant l’impasse dans laquelle les Etats Unis se sont fourvoyés, le « rais » Abbas (qui, selon la « constitution » palestinienne ne représente plus personne) a rompu avec ce qui était fondamental depuis la création de l’OLP, l’autonomie de décision pour se mettre entre les mains d’une Ligue Arabe dont les membres sont aussi amis les uns des autres que le colonel Khadaffi et le roi Abdallah de l’Arabie Saoudite ou les dirigeants du Tchad et ceux du Soudan ...

Et pour ne pas perdre une occasion de se taire, notre Bernard Kouchner national vient de saluer « la décision courageuse » prise dimanche par la direction de l’OLP, de reprendre des négociations indirectes avec Israël. « Cette décision est une preuve du sens de la responsabilité du leadership palestinien. Nous espérons que cette mesure va enfin promouvoir la paix dans la région ».


Il s’agit, d’évidence d’un théâtre d’ombres ... Qui peut encore croire à l’autonomie de décision de Mahmoud Abbas ? Qui peut ignorer que tout « accord » éventuel (même obtenu par des négociations « indirectes ») sera torpillé par le Hamas qui contrôle Gaza ? Qui peut encore croire à la volonté palestinienne de mettre fin au conflit, d’une manière définitive quand les supplétifs de l’Iran (la Syrie, le Hezbollah, le Hamas) pourraient déclencher des hostilités à tout moment ? Enfin, qui peut prendre au sérieux les nouvelles tentatives américaines (passons sur les positions curieuses de l’Europe exprimées par sa nouvelle représentante pour les affaires étrangères ... on se prend a regretter le clown Solana !) qui ont produit le contraire de ce qu’elles voulaient ?


Un théâtre d’ombres. Pendant les cinq dernières semaines, tout ce que l’Amérique peut mettre en ligne pour s’assurer qu’Israël ne fera pas cavalier seul du côté de l’Iran a traversé l’Atlantique et la Méditerranée, jugez-en : deux sous-secrétaires des affaires étrangères pour une « révision de la stratégie des deux pays », la patron de la CIA (L. Panetta), le Chef d’Etat Major des trois armées américaines (l’Amiral M. Mullen), le général responsable du Conseil de Sécurité américain (J. Jones), le président de la commission pour les affaires étrangères du Sénat (J. Kerry et ... à partir d’hier, le Vice-Président Jo Biden. Car, tout en faisant semblant de vouloir continuer les « négociations » entre Israël et les palestiniens, l ‘Amérique a compris (on la lui a fait comprendre ...) qu’elle n’a rien a attendre des pays arabes « modérés », ses alliés, car ceux-ci n’ont comme souci que l’Iran. Alors ... les ombres s’agitent sur une scène qui en avait vu d’autres ...


Mais que va-t-on négocier, indirectement ? Depuis que les palestiniens ont rejetés les offres d’Ehud Barak (Camp David, 2000), les « paramètres Clinton » (Taba, 2001), les dernières offres (Olmert, Livni 2007/8) on sait que ce qu’ils veulent (en réalité, la destruction par étapes d’Israël), c’est de perpétuer le conflit. Pour faire semblant, ils demandent le retour des « réfugiés » en Israël (qu’ils comptent être entre 4 et 5 millions et donc en mesure de détruire de l’intérieur le caractère juif d’Israël) et la totalité des territoires disputés (que les Nations Unies, par la résolution du Conseil de Sécurité 242 a confié pour gérer à Israël tant qu’il n’y aura pas de négociations de paix pour arriver à des frontières sûres et reconnues). Naturellement, Israël n’a aucune envie d’obtempérer. De plus, elle demande que la fin du conflit soit sanctionnée par la reconnaissance des palestiniens de son caractère juif ce qui interdira toutes demandes ultérieures des palestiniens, ses voisins, ou des citoyens arabes d’Israël. On voit bien que les demandes des uns sont divergentes par rapport aux positions des autres. Alors ?


Tout d’abord Les organisations palestiniennes basées à Damas, notamment le bureau politique du Hamas, ont annoncé lundi qu’elles repoussaient la décision de l’OLP d’entamer des négociations indirectes avec Israël sous l’égide des Etats-Unis.


Alors, on fait semblant. Les palestiniens, car ils ne peuvent rien faire tant qu’ils sont partagés entre Gaza et la Cisjordanie, d’un côté, tant qu’ils n’auront pas fait leur « révolution culturelle » pour accepter « l’autre », fût-il juif. Autant dire ... jamais, car musulmans comme ils sont, ils considèrent que le bout de terrain dont il est question (0,2% des territoires détenus par les états arabes du Proche Orient) fait partie de la dot qu’Allah leur a léguée et qu’elle ne peut pas être cédée à des infidèles. Israël, dont le souci principal se nomme Iran, sait qu’en acceptant les quatre mois (imposés par la Ligue Arabe ...) de palabres elle pourra se consacrer à ce que les grandes puissances n’ont pas eu le courage de faire : arrêter la course de l’Iran vers la bombe. Nécessité fait loi, dit-on. Et la nécessité est évidente : arrêter les mollahs qui jouent au Dr Folamour en annonçant tous les jours de la semaine la destruction certaine d’Israël.


Alors on fait semblant. L’Amérique d’Obama sourit en permanence au dictateur syrien au petit pied en espérant le détacher de l’Iran. Mais dès que deux sous-ministres américains quittent Damas après avoir annoncé l’arrivée d’un nouvel ambassadeur... la Syrie reçoit Ahmedinejad, le chef du Hezbollah et celui du Hamas pour ... sceller une nouvelle union sacrée contre Israël. Et pour préparer, sans doute, de nouvelles provocations pouvant servir à éloigner le spectre d’actions dont on parle pour arrêter la marche de l’Iran.


Alors on fait semblant. L’Amérique d’Obama courtise la Turquie qu’elle pense pouvoir arrêter de dériver vers une alliance avec l’Iran. Et la Turquie, membre de l’OTAN, ancien allié stratégique d’Israël mais ... musulmane, donne des leçons à Israël. La Turquie, qui se voulait pays séculier depuis Atatürk, où il y a maintenant 85.000 mosquées mais uniquement 65.000 hôpitaux ou cliniques. Qui a créé 4.000 écoles coraniques d’Etat et qui dispose d’encore plus de 40.000 madrasas privées. La Turquie qui s’offusque d’un projet israélien de mise en état, à titre de patrimoine historique, des tombeaux des patriarches à Hébron en assurant le monde entier qu’il s’agit de monuments musulmans ... Car, presque, trois millénaires après sa construction, les musulmans ont inventé leur religion et fait leur le culte d’Abraham et l’appelant Ibrahim : ce n’est qu’il y a une dizaine d’années que les palestiniens ont commencé à considérer la chose comme étant la leur, encore une tentative de délégitimer Israël en s’appropriant son histoire. Et naturellement, tous les agnostiques (de gauche) du monde prennent pour argent comptant les idioties turques. Quant à l’Administration Obama elle reste sans glas et sans action aucune quand elle assiste à la création d’un pacte qui ne dit pas son nom, Iran - Syrie – Turquie ... en attendant l’Irak.


Alors on fait semblant. Le ministre des affaires étrangères de l’Arabie Saoudite, non content d’avoir rabroué Mme Clinton une première fois en refusant, sans appel, sa demande de faire des « gestes » pour pouvoir bâtir une confiance réciproque avec Israël, dans une conférence de presse commune, le voilà qu’il récidive : « les sanctions contre l’Iran ne serviront à rien, c’est des actions immédiates qui sont nécessaires ». Faire plus pour appeler une action militaire contre l’Iran ce serait trop lui demander. Mais pour ce qui est d’Israël, on croit rêver quand on l’entend dire « L’Arabie Saoudite s’ouvre à la culture et va vers une société civile ouverte tandis qu’Israël a pris la voie inverse et devient de plus en plus religieux ». Le ridicule ne tue plus et l’Administration Obama ne sait plus sur quel pied danser avec cet important, très important, allié depuis plus de 70 ans ...

ooooooooooooo

Israël se trouve, sans doute, de nouveau dans son histoire récente devant une situation lourde de périls. D’un côté, plus personne (et surtout pas la gauche israélienne de « La Paix maintenant » ou celle qui a conduit aux catastrophiques accords d’Oslo) ne croit à la volonté des palestiniens de vivre en paix avec Israël. Et à supposer le contraire pour ce qui est des palestiniens de Cisjordanie, il semble plus qu’évident à tout le monde, que l’autre moitié des palestiniens (Gaza) fera capoter, sous l’impulsion de la Syrie, donc de l’Iran, tout éventuel accord. Ce n’est pas le moment pour Israël de s’attacher à des négociations fussent-elles « indirectes » sans objet et/ou sans perspective de réussite avec des gens qui ne représentent plus personne (Mahmoud Abbas) le tout sous l’égide d’une Administration américaine qui fait montre d’une totale absence de vision stratégique. Administration qui se déconsidère elle-même en envoyant son représentant G. Mitchell pour servir de « petit postier » entre Israël et les palestiniens qui, pourtant se trouvent à dix minutes les uns des autres. Mais elle doit faire semblant.


D’un autre côté, l’Europe (et N. Sarkozy premièrement – se souvient-on qu’il a invité B. Assad à la parade du 14 juillet il y a deux ans ?) n’arrête pas de cajoler le dictateur de Damas avec l’espoir de le voir se détacher de l’Iran et, pour faire bonne mesure, n’arrête pas de taper sur Israël. Et toute en faisant semblant de ne pas s’opposer à des éventuelles sanctions contre l’Iran, n’abandonne pas son commerce important (presque 30 milliards d’euros dans les deux sens en 2008) avec ce pays.


De plus, Israël constate que toutes les tentatives « d’engagement » des pays comme la Turquie, l’Arabie Saoudite, le Brésil même de l’Administration Obama se sont terminées par des échecs. Pour ne pas parler des tentatives de séduction faites à l’adresse de la Russie et de la Chine. La raison est simple, l’Amérique ne fait plus peur à personne et elle ne peut plus rien obtenir de personne depuis qu’elle s’est mise à demander pardon à tout le monde.


Alors ? Israël ne peut pas faire semblant. Elle aura, tôt ou tard, à couper le nœud gordien de la seule manière possible : une seule cible, l’Iran. Noé, un autre de ses patriarches disait « après moi, le déluge ».

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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 20:42

 

Pas un seul jour, pas une seule semaine, pas un seul mois sans que l’on abreuve, à jet continu, le monde entier de la formule « deux états pour deux peuples » panacée pour la paix non seulement pour le conflit interminable israélo-arabe (ou palestinien) mais aussi (puisque panacée ...) pour les 28 régions du monde où des conflits comportant au moins comme une partie des musulmans. Quand il ne s’agit de deux parties musulmanes ... On a inventé, cependant, (l’Europe ...) un attribut pour ce conflit, « sa centralité » pour les affaires du monde. Il suffit, cependant, de regarder les choses d’un peu plus près pour voir (comprendre) qu’en réalité personne n’en veut de ces « deux états ».

 

Tout d’abord les palestiniens. Peu importe ce que l’on dit dans les conférences internationales ou quand on utilise les « mégaphones » internationaux (ONU, Conseil des Droits de l’Homme, les parlements de divers pays sensibles aux « souffrances des palestiniens », etc.,). Regardons quelques éléments historiques : bien avant la renaissance de l'État d'Israël, le but des arabes présents en Palestine n’a pas été la construction d’un pays qui leur soit propre. Pendant que les premiers sionistes ont commencé à labourer la terre, ce qui n’était pas un travail de tout repos, les dirigeants de la communauté arabe n’avaient de cesse que d’inciter leurs troupes à des émeutes contre les britanniques et surtout pour tuer les Juifs. Lorsque l'ONU en 1947 a procédé au partage de la terre  de Palestine (ou de ce qu’il restait après l’ignoble découpage par l’Angleterre de 78 % de sa superficie pour créer le royaume hachémite de Jordanie) entre un « état juif et un état arabe » Israël renaît de ses cendres et se met à construire. Mais les Arabes de Palestine et d’ailleurs n’ont pas voulu d’un état, ils ont tenté uniquement de détruire l’état juif. Cinq armées arabes se sont battues uniquement pour détruire Israël, non pas pour construire un état arabe, fût-il palestinien. Alors que des centaines de milliers de Palestiniens ont été déplacés par la guerre et depuis détenus dans des camps de réfugiés dans le seul but de maintenir leur haine, un nombre plus grand de Juifs furent chassés de leurs foyers ancestraux dans tous les pays musulmans où ils résidaient, mais ils ont été reçus en Israël, qui était à construire. Après la guerre de 48 il y a eu celle de 56 et ensuite celle de 67. On oublie cependant que l’OLP s’est crée en 1964 pour libérer la Palestine, c’est-à-dire pour détruire Israël. Depuis, constatant que la victoire par les armes contre Israël ne semblait pas possible, les palestiniens ont décidé de recourir au terrorisme. Cette stratégie a échoué dans les années 70 avec l’arrêt des détournements d'avions, a échoué dans les années 80 en détruisant le Liban au passage et a échoué dans les années 90 avec les homicides par suicides et a échoué au milieu de cette décennie avec les fusées à partir du Liban et  de Gaza.  Mais pendant toute la période ouverte par le partage dicté par l’ONU aucune tentative de créer un état : les chartes de l’OLP et du Hamas s’occupaient (s’occupent) de la destruction d’Israël. Aujourd’hui (et sans s’occuper des raisons de la situation actuelle) les palestiniens ne veulent pas d’un état car la déchirure entre la Fatah (un peu) séculier et le Hamas (instaurant un régime islamique à Gaza) est telle qu’il est impossible d’imaginer une synthèse des souhaits des uns et des autres. Deux preuves évidentes : (a) le choix par l’Autorité Palestinienne de renoncer aux négociations avec Israël en posant des conditions qu’elle n’a jamais posé pendant les 16 années depuis Oslo (et en donnant l’impression qu’elle veut « un état mais pas des négociations ») et (b) le rejet immédiat (laissons de côté les adjectifs imprécateurs ...) de la tentative du premier ministre Salem Fayyed de préparer les institutions pouvant assurer la création d’un état en 2012. Bref, les palestiniens n’en veulent pas, un état est la dernière chose dont ils en ont besoin car cela les amènerait à s’occuper  de voiries, santé, éducation et autres activités bien moins attrayantes que celles relatives à leur contribution à la politique mondiale et, surtout, pourrait leur faire perdre tous les subsides du monde occidental qui les fait vivre.

 

Les pays arabes. Aucun des pays arabes n’a réellement envie d’un nouvel état car il y en a déjà 22 qui, somme toute, ne s’entendent pas tellement bien entre eux. La fameuse initiative arabe (Arabie Saoudite), diktat plus qu’ouverture pour des négociations, met l’accent sur la nécessité de « rendre les terres et de recevoir les réfugiés ». Ce qui veut dire en clair que les terres doivent être rendues à leurs anciens « propriétaires » : Israël les a gagnées sur la Jordanie (Cisjordanie) et l’Egypte (Gaza) on voit ce que cela veut dire. Quant au 4,5 millions de réfugiés (650.000 au départ, en 1948 ...) imposer à Israël de les reprendre dit en clair que l’on veut la détruire en s’assurant que le caractère juif disparaîtra en moins d’une génération par le biais de l’évolution démographique. De plus, si les pays arabes avaient réellement voulu créer un état palestinien ils auraient pu le faire pendant les 19 ans qui se sont écoulés depuis 1948 jusqu’à la guerre de 67 période pendant laquelle ils disposaient et de la Cisjordanie et de Gaza. Ils n’en non pas voulu car ce qui primait c’était la destruction d’Israël non pas la construction d’un état palestinien. L’Arabie Saoudite sait cela est c'est la raison pour laquelle elle pousse cette "initiative" en avant. Mais d’état palestinien ils n’en veulent pas, ils en ont assez de Gaza contrôlé par des suppôts des iraniens. Quant à l’Egypte, pays en « paix » avec Israël il suffit de se souvenir que le blocus de Gaza est autant le leur que celui d’Israël pour comprendre que pour eux un état palestinien est à éviter car il serait le foyer de leur ennemi intérieur, les Frères Musulmans dont le Hamas est une succursale.

 

Les Etats Unis et l’Europe. Ni les uns ni les autres n’en veulent pas d’un état palestinien, quoi qu’ils en disent. En effet, la création d’un tel état conduirait (on ne voit vraiment pas quoi opposer à cet argument) à un nouveau « Gaza » ou à un nouveau « Sud Liban »., nouvelles  sources de tension. Et la tentation sera grande (pour l’Iran ou pour un autre pays révolutionnaire ou une organisation messianique attendant le 13ème imam) d’essayer de détruire Israël : entre la frontière Est d’Israël à la hauteur de Nataniya et la mer le « grand Israël » ne fait que 13 km. Et entre l’aéroport international Ben Gourion (poumon du tourisme et de l’économie israélienne, plus de 3 Millions de passagers cette année) et la première ville de Cisjordanie seulement 6 km : prendrait-on le risque de faire décoller ou atterrir des avions quand n’importe quel illuminé pourra utiliser un RPG pour les détruire ? Les Etats Unis et l’Europe n’en veulent pas, en réalité, d’un état palestinien car une telle entité, par delà les ressources qu’il faudra lui allouer (des dizaines de milliards de $ si l’on veut « compenser » les réfugiés ...) et qui se révéleront plus voraces que celles accordées actuellement (quelques milliards de $ seulement) constituera un foyer de tension : partagé entre la Cisjordanie et le Gaza, soit entre les arabes sunnites qui ont la haute main sur la Cisjordanie et les musulmans chiites (l’Iran) qui contrôlent le Gaza et le Sud Liban par Hamas et Hezbollah interposés, il ne sera pas toujours dimanche dans cette région. Mais ce qui est vrai pour les Etats Unis et l’Europe est vrai aussi pour la Russie : bien qu’elle n’ait jamais mis la main à la poche pour financer les palestiniens (autrement qu’en leur envoyant des armes de temps à autre), elle sait ce que peut devenir un « état » ou l’islam est la force principale. La Tchétchénie ou les autres « républiques autonomes » du Caucase sont là pour rappeler à la Russie l’incompatibilité entre cette religion et un état de droit (ce que la Russie, manifestement, n’est pas encore ...).

 

Alors ? Vu la profonde division entre le Fatah et le Hamas la seule chose sur laquelle ils peuvent s'entendre est la haine d’Israël et de ses habitants juifs. Les deux forces politiques se disent que les Israéliens n’ont aucune raison de négocier la création d’un état palestinien ou que s’ils le font le feront d’une position de force qui pourrait leur faire accepter ce qu’ils ne voudraient pas. Et alors ... Mahmoud Abbas ne veut plus négocier et le Hamas ... n'en parlons plus.

 

Reste Israël. Toutes les enquêtes d’opinion font montre d’une adhésion de la majorité (variable, de 57 à 67%) à l’idée de la création d’un état palestinien. Mais, une majorité identique ne croit pas à la possibilité de voir un tel état vivre en paix avec Israël. Schizophrénie ? Plus que probable car, chat échaudé craint l’eau froide, toutes les tentatives (avant et après Oslo) se sont soldées par des échecs et des milliers de morts. Mais, le monde étant ce qu’il est et le recyclage de l’antisémitisme ayant abouti à l’antisionisme, Israël est devenu le paria du monde. L’état juif est devenu le juif des états ... Quand un quart de la population de Bruxelles (un exemple ...) se réclame de l’islam, il n’est pas surprenant de voir  la Belgique prendre des positions anti-israéliennes. Quand un tiers de la population de la troisième ville de Suède (Malmö) se réclame de l’islam il n’est pas surprenant que les matchs de Coupe Davis Israël - Suède se jouent sans public ou qu’Aftonbladet laisse écrire que l’armée d’Israël tue des palestiniens pour faire commerce de leurs organes. Ni que le gouvernement suédois (la Suède préside l’Europe jusqu’à fin décembre ...) ne trouve rien à redire. Alors, Israël a-t-il besoin d’un état palestinien ? Comme de se tirer une balle dans le pied ... Regarder Gaza : ils l’ont quittée et, comme résultat, ils ont eu 12.000 projectiles divers tirés sur le Sud d’Israël avant l’opération « Plomb Fondu » ... pour laquelle Israël a été (ou va être) condamné par toute les autorités morales du monde : le Soudan, la Somalie, l’Arabie Saoudite, le Pakistan et ... même le Venezuela  tandis que les démocraties occidentales s’abstiennent, font la sourde oreille ou « demandent » au Hamas et à Israël (remarquez l’équivalence ...) de faire leur propres enquêtes sur ce qui s’est passé réellement là-bas !

 

Non, Israël n’a pas besoin d’un état palestinien tant que ce peuple n’arrivera pas à « aimer plus ses enfants qu'ils ne nous haïssent » (Golda Meïr). Tant que la volonté de construire ne prévaudra pas chez les palestiniens sur celle de détruire Israël, cette dernière n’a aucun intérêt à voir s’installer à 6 km de son principal aéroport un ennemi dont la raison d’être est sa destruction. Shimon Peres a essayé, Itzhak Rabin a essayé, Ehud Barak a essayé, même Ariel Sharon a essayé et Ehud Olmert après lui : il n’y a rien à faire, il n’y aura pas d’état palestinien pendant au moins une génération encore. Et ceux qui demandent à Israël (comme Bernard Kouchner ou autres diplomates européens) de « prendre des risques pour la paix » se voient répondre que parmi les 613 commandements de la liturgie juive il y en a un interdisant d’une manière absolue le suicide.

 

Mais pourquoi, alors, ce tohu-bohu autour d’une idée dont personne n’en veut et qui n’a aucune chance (ni raison) de se réaliser ? C’est là que le concept de « centralité du conflit israélo-arabe » prend tout son sens : pendant que le monde entier s’occupe de celui-ci, pendant que l’on déverse des tombereaux d’insanités sur Israël et son peuple, on ne s’occupe pas du reste de monde.  Silence, on assassine ... des noirs au Soudan, des chiites en Irak, des sunnites au Yémen, des pachtouns an Afghanistan ou au Pakistan et on s’est tellement habitué aux homicides par suicides (une des dernières contributions de l’islam - ou des « islamistes »  au bonheur de l’humanité)  que les dizaines de morts journaliers à Baghdâd ou dans les villes du Pakistan ne font plus la « une » des gazettes du monde occidental. On s’habitue à tout, c’est tout ...

 

Bill Clinton a essayé, George Bush a essayé, BHO essaye depuis neuf mois ... il a réussi à tordre les poignets d’Israël et faire dire à son premier ministre qu’il accepte la création d’un état palestinien. Mais comme on a peur que le diable se cache dans les détails, les quelques conditions posées, recevables par tout le monde, ont été rejetés par les palestiniens et les pays arabes. Il n’y aura pas d’état palestinien, il faudrait bien que nous nous habituions à cette perspective, car personne n’en veut. Et ceux qui disent le contraire en faisant semblant d’en vouloir, ne font qu’amuser la galerie et maintenir un point de fixation facile pour toutes les colères du monde : toujours les juifs.
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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 19:04

 

La quadrature du cercle est devenue une formule usuelle pour décrire un problème insoluble (de quelque nature que ce soit). Deux autre problèmes mathématiques sont restés, depuis l’antiquité grecque à nos jours, sans solution : la trisection de l’angle et le doublement du cube. Mais on a oublié que ce dont il s’agissait c’est de pouvoir solutionner les trois problèmes uniquement avec, deux outils, une règle et un compas. Personne n’en a trouvé de solution.

L’Iran, de nouveau à l’affiche après la découverte d’une nouvelle usine d’enrichissement de l’uranium, permet l’analogie : les trois problèmes y relatifs sont (a) la marche vers l’arsenal nucléaire, (b) la volonté de domination de l’espace arabo-musulman et (c) les métastases terroristes que ce pays sponsorise. Et ces trois problèmes sont insolubles avec les deux outils utilisés par la communauté mondiale, (i) les discussions et (ii) les sanctions les discussions = la règle, les sanctions = le compas). Pour voir plus clair, traitons pour l’instant le premier problème en commençant par la fin c’est-à-dire par les derniers événements.

Le 25 septembre Barrack Obama, accompagné de Nicolas Sarkozy et de Gordon Brown fait savoir au monde entier que l’Iran possède une deuxième usine d’enrichissement de l’Uranium. Une deuxième, car celle de Natanz est connue de la communauté internationale depuis 2002 quand des dissidents iraniens dévoilent son existence (ainsi que celle d’Arak destinée, elle, à produire du Plutonium). A ce moment-là le monde découvre avec stupeur qu’un programme nucléaire secret de presque 20 années était poursuivi par l’Iran nonobstant ses engagements pris vis-à-vis de Agence Internationale de l’Energie Atomique. Engagements qui l’obligeait de déclarer et de mettre sous le contrôle de l’Agence tout programme nucléaire. Le temps aidant, on découvre qu’en réalité l’Iran dispose de presque deux douzaines de sites nucléaires dont quelques uns seulement sont connus (et seront inspectés) de l’Agence Internationale.

 

 

 

  A l’initiative de l’Angleterre (Jack Straw) et sous la direction de Javier Solana on décide de commencer des discussions avec l’Iran en vue de la mise sous contrôle de son programme nucléaire et, entre autres, de l’interdiction d’enrichir de l’uranium (une des voie pour la préparation de la matière nécessaire pour fabriquer une bombe atomique). Les discussions, premier outil pour convaincre l’Iran de changer de route. Avec, naturellement, des tas de propositions diverses, autant de « carottes » pour, d’un côté, démontrer la disponibilité des Occidentaux d’aider l’Iran à développer un programme à finalité civile et, d’un autre côté, s’assurer que le programme secret découvert vingt ans après son démarrage n’ira pas vers le nucléaire militaire.

 

Pendant les sept dernières années, avec la maestria des joueurs d’échecs (jeu inventé par les perses …) devant laquelle on a mis la naïveté (roublardise ?) au départ de la « troïka » (Angleterre, France, Allemagne) qui ensuite est devenue « 5+1 » (cinq membres permanents du Conseil de Sécurité + l’Allemagne), l’Iran a mené tout le monde par le bout de son nez et dispose aujourd’hui de plus d’une tonne et demi d’Uranium (faiblement) enrichi. Tant et si bien que sept années après, le monde (surtout ceux qui sont en charge de la non prolifération nucléaire) constate que « les discussions » ne peuvent pas résoudre le problème de l’Iran. Ce qui ne les empêche pas de recommencer tout en menaçant l’Iran (qui n’en peut mais …) de sanctions. Dans une atmosphère de plus en plus tendue (regardez la photo ...), le Directeur Général de l’Agence Internationale (qui a favorisé pendant toutes ces dernières années la marche de l’Iran vers la bombe), discute, de nouveau, avec son ami Ahmedinejad :

 

 

 

  Ce n’est pas difficile d’imaginer ce qu’il lui dit : … « continuer, il n’y a aucune preuve que votre programme vise le nucléaire militaire ; la menace la plus importante vient de l’existence des armes nucléaires d’Israël »

 

 

 

 

 

 

 

              

 

  

 

 

 

  Site en 2005 de l’usine « révélée »                                                                                                                Le même site en 2009

 

Les entretiens d’El-Baradeï en Iran ont fait suite à la révélation par les puissances occidentales du fait que l’Iran, pendant les négociations construisait une autre usine d’enrichissement … En réalité, il s’agit non pas d’une usine mais … de deux, pratiquement sur le même site. Regardez les photos satellite prises en 2005 et 2009 : en haut le site de l’usine « révélée » par les puissances occidentales et, en bas, pratiquement sur le même site, la deuxième usine, celle-ci non révélée :

 

 

                    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                     Site  en 2005 de l'usine non révélée   

                                                                                            Le même site en 2009                            

Cela défie l’entendement : si le programme nucléaire de l’Iran est pacifique pourquoi trois usines d’enrichissement de l’Uranium dont les deux dernières, par leurs dimensions, leur protection (enterrées probablement à plus de 12m sous le sol) et leur localisation (Qom, fief des Gardiens de la Révolution, dernier rempart des mollahs) ne peuvent trouver aucune justification crédible ? Et pourquoi le secret ?

 

Le leitmotiv utilisé par l’Iran : l’enrichissement est nécessaire pour disposer de combustible pour les futures centrales nucléaires dont l’Iran aura besoin. Mais les spécialistes en énergie indiquent qu’avec une consommation comme celle actuelle augmentée de 10% l’an (consommation doublant tout les 7 ans) l’Iran dispose de réserves en gaz et pétrole, connues actuellement, pour … 500 ans !

 

Bref, personne n’est dupe, le programme nucléaire iranien a une vocation militaire et ceux qui on pensé que par des « discussions » il serait possible de l’arrêter n’ont fait que lui donner du temps et un champ libre. Complicité évidente des occidentaux et, surtout, de la Russie (un des premiers fournisseurs de l’Iran) secondée par la Chine, l’Allemagne (premier fournisseur occidental), l’Italie, la Suisse, etc.,

 

Et comme on sait (depuis toujours, en réalité) que les discussions ne mènent à rien on menace l’Iran de « sanctions » sérieuses. Certes, des voies « autorisées » (B. Kouchner) rappellent que le sanctions font premièrement du mal au « peuple ». Certes, les sanctions doivent être imposées par le Conseil de Sécurité et on ne voit pas comment cela serait possible (car la Russie et la Chine disposent de droits de véto). Les sanctions ont cela de propre qu’on peut les doser : plus ou moins, comme les pointes d’un compas. On les utilise pour menacer … et l’Iran fait avec car il sait que rien ni personne ne pourra arrêter (retarder) sa marche vers la bombe. A moins que …

 

« Les discussions » … la règle ; « les sanctions » … le compas ! La marche de l’Iran vers l’arsenal nucléaire ne peut pas être arrêtée par les discussions ou les sanctions comme la quadrature du cercle ne peut être réalisée avec une règle et un compas. Que reste-t-il si on veut agir ? Un dessin ?

 

Mais il y a aussi le doublement du cube et la trisection de l’angle … Chaque chose en son temps !

 

 

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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 17:40
Gaza, l’écume des jours,
Les conséquences stratégiques.

Le vacarme, les vociférations, les affirmations non contredites quant à la victoire du Hamas face à Israël pendant la récente guerre à Gaza ne peuvent pas masquer la nudité du roi … Gaza a été ramenée trente ou quarante années en arrière et toutes les structures militaires du Hamas ont été détruites. Tout en sachant que ses dirigeants trouvent leur force dans le malheur de leur peuple, on ne peut pas ne pas commencer à entendre les chuchotements de ceux qui commencent à comprendre l’impasse dans laquelle se trouve Gaza. Qui, d’une manière lancinante, égrènent leurs souffrances et, surtout, leur manque de perspectives. On a déjà vu cela avec le deuxième guerre au Liban : provoquée par le Hezbollah, condamnée par toutes les puissances occidentales (avant de décréter que la réaction d’Israël était « disproportionnée ») elle a conduit le Liban au bord du précipice car plus de 25 % de ses infrastructures avaient été détruites. Ce qui n’a pas empêché les mêmes puissances de permettre au Hezbollah, sous le parapluie de la Syrie, d’obtenir un droit de véto sur les décisions du gouvernement libanais dont il détient un tiers des portefeuilles. Et de lui laisser la possibilité (à l’encontre de la résolution 1701 « sponsorisée » par la France et les Etats Unis) de se réarmer et de décider du moment où il pourra, de nouveau, attaquer Israël.

Première conséquence stratégique de la guerre à Gaza : l’évidence de l’impossibilité de continuer la réalisation de la « vision » de la communauté internationale qui s’inscrivait dans la logique des accords d’Oslo de triste mémoire, à savoir « deux états pour deux peuples ». Dans la mesure où l’objectif consubstantiel de son existence pour le Hamas est la destruction de l’Etat Juif, il est impossible de croire à la poursuite du « processus » de paix entre Israël et les palestiniens. Certes, ceux qui apaisent en rond sont prêts à rappeler que l’OLP (et le Fatah) aussi voulait la destruction d’Israël et, pourtant, ils ont changé de position. Tout d’abord, il s’agit d’un mensonge : la Charte de l’OLP n’a jamais été modifée nonobstant les promesses faites à François Mitterrand par Yasser Arafat (« la charte est caduques ») ou à Bill Clinton qui s’est prêté à une mascarade de réunion de l’OLP pour éliminer les articles prévoyant la destruction d’Israël par étapes. Ensuite, vu les 19 ans de discussions (avant et après Oslo), vu l’acceptation des plans multiples et divers on peut inférer que l’OLP accepte l’existence d’Israël. Non pas comme état juif mais comme état. Ce qui n’est, d’évidence, qu’une conséquence rationnelle de l’observation de la situation du Proche Orient. En revanche, s’agissant du Hamas, il ne peut y avoir de changement aucun car il s’agit, pour cette organisation, d’une position irrationnelle : la terre de la Palestine a été léguée par Allah aux musulmans, point de salut fors le Coran … Ceux qui grouillent, grenouillent et scribouillent pour participer à la solution du conflit israélo-palestinien s’activent pour faire croire qu’il y aurait une voie de sortie : un gouvernement d’union nationale palestinien avec la participation du Hamas constituerait une reconnaissance implicite de l’existence d’Israël.


En oubliant qu’il ne s’agit pas de cela mais de toute autre chose : l’acceptation de « l’autre » (de plus, le juif …) comme propriétaire légal de la terre sur laquelle il vit. Car, on devrait le remarquer, on ne se dispute pas sur ce qui a été accordé à la création de la Jordanie mais à ce qui a été reconnu à l’Etat Juif par l’ONU.

Tant que le Hamas ne changera pas ses objectifs, irrationnels mais consubstantiels à son existence, il n’y aura pas d’état palestinien. Et aucune contorsion dialectique de notre diplomatie (ou de son chef, poursuivi par ses activités de « conseil » pour des dictateurs africains …) ne sera de nature à pouvoir changer quoi que ce soit. Quant à la Cisjordanie, une approche pragmatique (sécurité aux mains d’Israël, prise en charge progressive par des forces palestiniennes entraînées par les Etats Unis, projets économiques qui ont permis une augmentation sensible du niveau d’emploi et de vie pendant les deux dernières années) fait que ce territoire s’est séparé, de lui-même, de Gaza. Dont le sort lui importe tellement peu que pendant que les gauches du monde entier manifestaient contre Israël, les populations de Ramallah, Naplouse, Jenin et autres vaquaient à leurs occupations.  Exit la solution « deux états pour deux peuples ». Ou alors, on pourrait envisager la création d’un califat islamique à Gaza et d’un état palestinien en Cisjordanie … Autant dire, trois états pour deux peuples …

Mais le Hamas (comme le Hezbollah au Liban) n’est qu’un supplétif de l’Iran. Et voilà la deuxième conséquence stratégique de la guerre à Gaza : l’Iran se considère comme acteur incontournable non seulement à Gaza mais à l’intérieur du monde musulman sunnite, dont les états de la région sont considérés comme modérés. L’Iran a reproduit le schéma du Hezbollah au Liban : entre l’évacuation du Liban Sud par Israël (E. Barak) en 2000 et 2006, l’Iran y a organisé un territoire de guerre, une milice et des dépôts d’armement qui ont servi au lancement (par provocation) de la deuxième guerre du Liban, en 2006. L’Iran y a obtenu avec l’aide de la Syrie -état satellite- et de la France un droit de véto sur les décisions du gouvernement libanais et, partant, il a détaché un premier pays arabe de son milieux naturel, le monde arabe musulman « sunnite et modéré ». Les pays arabes (Egypte, Arabie Saoudite, Jordanie, certains pays du Golfe) ont eu une deuxième preuve à Gaza (après celle de 2006 au Liban) quant aux visées de l’Iran sur ce qui constituait du temps de Cyrus  l’empire perse. Et quand on ajoute la marche forcée de l’Iran vers la bombe on comprend que les pays arabes cités ont commencé à prendre plus peur de l’Iran que d’Israël. L’insistance actuelle de l’Arabie Saoudite pour qu’Israël accepte « l’initiative arabe » n’a pas comme substrat le désir soudain d’accepter l’état juif mais, surtout, d’obtenir une réorganisation de la région pour pouvoir s’opposer plus sérieusement à l’envahisseur perse. Ce n’est pas par hasard que les manifestations contre Israël pendant la guerre à Gaza  ne se sont pas déroulées dans ces pays où, pourtant, « la rue » a explosé au moment des «caricatures ». La guerre à Gaza a conduit à la cristallisation des oppositions « chiites sunnites » sur fond de partage des territoires du Proche Orient. Et on a compris qu’en réalité Israël s’est attaquée à la tête de pont de l’empire perse. Une ligne de fracture s’est ainsi matérialisée, elle sera très difficile à combler : les pays arabes gouvernés par des dictatures « raisonnables » (du point de vue de l’Occident … non pas de leurs peuples) se sentent menacés de l’extérieur par l’Iran et de l’intérieur par les alliés de ce pays, pour l’essentiel, les Frères musulmans en Egypte et en Jordanie et les adeptes de Al-Qaïda en Arabie Saoudite. Une des preuves évidentes de l’apparition de cette fracture dont l’importance stratégique n’est pas à négliger a été le comportement de l’Egypte (et des autres pays arabes « modérés) face au Hamas et au déclenchement de la guerre par sa faute. Comportement autrement plus en rapport avec les choses que celui de certains pays européens comme l’Irlande ou la Norvège.
 

Gaza et les principaux protagonistes

Mais le comportement de certains pays de l’Europe traduit lui aussi une conséquence à caractère stratégique. Deux lignes de fracture se sont formées en Europe entre trois groupes de pays : l’Europe de l’Est (qui ayant souffert pendant 50 ans sous le joug soviétique et sans la compassion de      l'Ouest …) qui, avec les Pays Bas, sont « pro-israéliens », les pays « anti-israéliens (Espagne, Belgique, Irlande, Pays Scandinaves) et les pays « importants » (la France, l’Angleterre, l’Allemagne et l’Italie) qui essayent par tous les moyens de gagner sur les deux terrains (arabe et israélien) soucieux comme ils sont de ne pas gâcher leurs intérêts économiques. Sauf que, à l’encontre des souhaits des gouvernants des grands pays européens, le conflit israélo-palestinien a été importé en Europe. Comment aurait-on pu imaginer autre chose ? La France, premier pays musulman au Nord de la Méditerranée (elle a certainement oublié qu’elle avait été « la fille aînée de l’Eglise » …) a toujours voulu donner des gages, à l’extérieur -au monde arabe- et à l’intérieur -à ses populations musulmanes,  quant à sa sympathie pour la « cause palestinienne ». Aussi, pendant une période (comme l’Italie d’ailleurs) pour se prémunir contre des attentats islamistes. La Grande Bretagne, creuset de la formation de terroristes agissant sur place ou en Irak, Afghanistan et ailleurs, dotée aussi d’une double histoire d’antisémitisme et de culture de gauche (voir l’ancien maire de Londres, Ken Livingstone) a laissé faire tous ceux qui voulaient vomir leur haine sur Israël. Ce que l’Italie a fait à son tour. Et c’est ainsi que la fameuse « politique étrangère commune » n’a plus beaucoup de chair : il fallait voir le « haut représentant européen pour la politique étrangère (Javier Solana) porter son spleen doublé d’une grande dose de confusion partout où on l’envoie  ou où il va pour se trouver une occupation … L’importation du conflit israélo-palestinien dans les pays de l’Ouest de l’Europe s’est fait avec la complicité des gouvernements (de droite et de gauche) qui n’ont pas eu le courage de s’opposer à l’avance implacable de la coalition islamo gauchiste (pour ne pas dire gauche tout court). Et quoi de plus normal de la voir se transformer en vulgate antisémite en tirant profit, aussi, du temps de crise que l’on traverse. Ce qui peut paraître, quand même,  curieux c’est l’attitude des gauches européennes : elles demandent la liberté de la presse, le seul endroit où cela existe au Proche Orient c’est en Israël – regardez Gaza sous le Hamas; elles sont attachées aux droits des femmes, regardez Gaza sous le Hamas ; elles sont attachées aux droits des homosexuels, le seul pays de l’Orient où ils sont respectés c’est Israël - regardez Gaza sous le Hamas (peine de mort pour …) ; elles sont contre la peine de mort, le seul pays où elle n’existe pas c’est Israël - regardez Gaza sous le Hamas. Pourtant on a défilé à Paris, par exemple, avec des banderoles « nous sommes tous des Hamas ».

Certes, on ne voit pas encore chez nous des affichettes sur les devantures des boutiques « interdit au juifs, permis aux chiens ». Mais on voit cela en Turquie.

Turquie ? L'ère d'Atatürk semble révolue. Dès l’arrivée au pouvoir d’un parti « islamiste modéré » (prière d’excuser la contradiction) on constate que l’islamisation de la société turque, de rampante qu’elle était, est devenue conquérante. Ce pays, courtisé par le passé par le Etats Unis qui l’a fait entrer à l’OTAN et par certains pays européens qui veulent le faire entrer en Europe a montré, clairement, pendant la guerre à Gaza qu’il a choisi son camp : celui de l’Iran et de la Syrie, celui du Hamas terroriste islamique. Non seulement par les excès verbaux de son premier ministre à l’encontre d’Israël, en particulier, et des juifs en général (Allah punira les responsables du « massacre », cela conduira à la « destruction » plus rapide d’Israël, la presse mondiale contrôlée par des intérêts juifs, etc.,). Surtout par le fait qu’il s’est opposé à l’Egypte et à l’Arabie Saoudite en prenant le parti du Hamas. Ce pays qui a eu des relations de confiance avec Israël, qui s’est fait  refaire une partie de son armement par l’industrie israélienne et qui a courtisé Israël et « le lobby juif » américain pour que l’on ne condamne pas le génocide arménien, ce pays vient de renoncer à son statut d’allié de l’Occident. Pays musulman qui était donné comme exemple de la possibilité de coexistence entre l’islam et un régime politique séculier. Alors, quand les dirigeants du pays se montrent profondément antisémites et anti-israéliens, le peuple turc s’en donne à cœur joie. Enfin, un partie car une autre fait des pieds et des mains pour que les 500.000 israéliens qui viennent en touristes tous les ans à Antalya et ailleurs continuent de le faire. Peu probable, les réservations se sont réduites de plus 70%. Mais, d’évidence, il y a là une conséquence stratégique de la guerre à Gaza : la preuve du détachement de la Turquie des intérêts de l’Occident. Cela rendra encore plus facile de lui opposer un refus d’admission en Europe. La Turquie n’appartient pas à l’Ouest et pas seulement pour des considérations géographiques.

ooooooooo

Quatre conséquences stratégiques de la guerre à Gaza, il doit y avoir d’autres peut-être aussi importantes (coup d’arrêt à la pénétration iranienne au Proche Orient,  le reconnaissance par l’Occident de la nécessité de prévenir le réarmement du Hamas, etc.). Mais ce qui a constitué le viatique de la diplomatie mondiale « deux états pour deux peuples » peut être jeté aux poubelles de l’histoire. Tant qu’un régime irano-islamiste sera en charge de Gaza (autant dire pour la vie ou … pour toujours) il n’y aura pas d’état palestinien. Pour qu’il y a paix entre Israël et les palestiniens (mais qui y croit encore ?) il faudrait que la guerre soit rejetée par les deux parties ou la continuer avec d’autres moyens, politiques (pour paraphraser Von Clausewitz).

Et Israël ne quittera pas la Cisjordanie, la preuve ayant été faite que tout territoire quitté (Liban Sud, Gaza) devient un base d’attaque plus rapproché sous le contrôle de ses ennemis. Pas une seule fusée n’avait été tirée de Gaza contre Israël jusqu’aux accords d’Oslo et pendant sept ans après. Sur ce plan, peut-être la chose la plus importante a été qu’Israël montre que les règles des conflits « asymétriques » ne lui sont plus opposables. Nonobstant tous ceux qui, confortablement assis dans leurs fauteuils, crient à tue-tête « disproportionnée ».

Quant à notre pays, son président reçoit les parents du soldat franco-israélien détenu par des ravisseurs ignobles depuis bientôt 1.000 jours pour leur dire que leur fils est en vie. Contribuant ainsi au chantage des mêmes ravisseurs qui veulent obtenir, d’une manière disproportionnée, la libération de 1.000 détenus palestiniens pour rendre leur otage. Et la diplomatie française, avec à sa tête un ministre qui fricotait avec des dictateurs africains, s’active pour obtenir pour ces ravisseurs ignobles une reconnaissance internationale car il faut parler à tout le monde. En faisant semblant de ne pas entendre le chef des terroristes dire à Téhéran « Nous nous préparons à libérer toute la Palestine, à reprendre al-Quds (Jérusalem) et à assurer le retour des réfugiés »

                                             

Le chef du Hamas, K. Meshkaal avec son patron, l’Ayatollah Khameney









 
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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 18:27
Si les arabes laissent tomber les armes aujourd’hui,
 il n’y aura plus de violence.
Si les juifs laissent tomber les armes aujourd’hui,
 il n’y aura plus d’Israël.
B. Netanyahou

Corriere del Serra, le 22 janvier 2009 (Lorenzo Cremonesi) : " Il y a une différence énorme au Moyen-Orient entre les sociétés arabes qui n'ont pas la tradition culturelle des droits de l'homme et Israël. Sous le régime d'Arafat la presse était censurée et persécutée. Le Hamas est pire encore », dit Eyad Sarraj, un psychiatre renommé de la ville de Gaza. Et il y a un autre fait qui apparaît de plus en plus évident en visitant les cliniques, les hôpitaux et les familles des victimes de tirs israéliens. En vérité, le nombre de victimes apparaît beaucoup plus faible que les 1300 morts, et plus de 5.000 blessés, annoncés par le Hamas et répété par les officiels de l'ONU et la Croix-Rouge locale. "Il n’y a pas eu plus de 500 ou 600 morts. Principalement des garçons entre 17 et 23 ans recrutés dans les rangs du Hamas, qui les a littéralement envoyé au massacre », dit un médecin de l'hôpital Shifah. Une chose, cependant, a été confirmée par les journalistes locaux: nous avons déjà demandé au leadership du Hamas « pourquoi gonfler le nombre de victimes? Curieux, entre autres, que les organisations non gouvernementales, y compris des Occidentaux, acceptent de faire leurs  des rapports sans vérification. » En fin de compte, la vérité ne peut être cachée. C’est sans doute comme à Jénine en 2002. Au départ, on nous a parlé de 1500 décès. Puis on a constaté qu’il n’y avait que 54, dont au moins 45 guérilleros qui sont morts aux combats. »

Génocide, crimes de guerre, crimes contre l’humanité, rien n’est épargné aux israéliens parce qu’ils ont eu le culot de dire « assez c’est assez ». Et parce que d’une manière considérée disproportionnée il on ramené Gaza 40 ou 50 ans en arrière. Tout en sachant, dès le départ, que la réprobation mondiale de leur droit à se défendre constituera la principale victoire du Hamas à Gaza. Fer de lance de la culture de victimisation qui constitue la vulgate dominante de la culture arabo-musulmane, aujourd’hui, la Hamas crie cependant victoire et organise des parades avec les drapeaux verts et des enfants portant des armes et des ceintures d’explosifs factices (du moins on l’espère …).






On occulte le fait que pendant la guerre avec Israël le Hamas avait déclenché une autre guerre : avec le Fatah de Mahmoud Abbas. D’abord en dénonçant ses affidés comme « espions » d’Israël. Ensuite, comme « suppôts » de l’Egypte. Les ONG ont connu (mais se sont tues …) une pléthore de cas d’enlèvements, torture et assassinats perpétrés par le Hamas pendant les trois dernières semaines. Un des plus connus est celui de Shakhura Achmad, 47 ans, résident de Khan Yunis et de son frère Khaled, ancien bras droit de Mohammad Dahlan (ancien chef des services de sécurité de Yasser Arafat, aujourd'hui en exil à Ramallah …) qui a été enlevé et torturé sur ordre du chef la police secrète du Hamas, Abou Abdallah Al Kidra : on lui  aurait déchiré son œil gauche, puis il a été tué le 15 Janvier (Corriere des Sera).

Très bien. Et ensuite ?

Tout d’abord les deux conséquences régionales majeures de la guerre à Gaza. La Turquie s’est totalement départie de sa position « neutre » lui donnant la possibilité de parler aux uns et aux autres, en prenant position en faveur du Hamas. En utilisant deux discours : le Hamas a été démocratiquement élu par le peuple palestinien, donc, on doit lui parler car il défend son peuple et, pour Israël, coupable de « crime contre l’humanité » ou mieux «les agissements d’Israël seront punis de Dieu et ne font qu’aider à sa destruction »  (R. Erdogan au Caire) ce qui, naturellement, conduit à  « … on doit l’exclure de l’ONU. » Il est évident que ce changement, significatif, de position de la Turquie a fait l’effet d’une douche froide pour ceux des dirigeants israéliens qui lui faisaient confiance en tant qu’honnête intermédiaire dans le cadre des négociations indirectes menées avec la Syrie.

La deuxième conséquence majeure est la cristallisation de la rupture (pour combien de temps ?) entre les pays arabes qui penchent du côté de l’Iran (la Syrie, le Qatar, l’Irak) et ceux qui ont commencé à comprendre (ou à l’admettre ouvertement) que la main mise de l’Iran sur le Hezbollah au Liban et sur le Hamas à Gaza (qui n’est qu’une succursale des Frères Musulmans) risque, à terme, de mettre en danger leurs propres structures de gouvernement (l’Arabie Saoudite, l’Egypte, la Jordanie). Cette rupture fait des « métastases » jusqu’au Maghreb : que le Guide Suprême renvoie tout le monde aux gémonies en proposant la création d’un seul état « Isratine » faute de quoi les israéliens devraient être envoyés     (déportés …) sur une île dans le Pacifique, ne surprend pas. Par contre, que l’Algérie de Monsieur Bouteflika se soit affichée à Doha avec MM Assad et Ahmedinejad … cela devrait faire réfléchir rapidement les chancelleries occidentales, la notre la première.

Avant de voir vers où on va, il n’est pas inintéressant de voir d’où on vient. Nonobstant les événements ultérieurs, force est de reconnaître que d’avoir quitté Gaza en 2005 a été, de la part d’Israël, une erreur stratégique majeure. Certes, la vie des 8.000 israéliens (et des soldats qui les gardaient) n’était pas simple. Mais Gaza était plus qu’auto-suffisante au plan agricole et les plantations, serres ou champs de fleurs assuraient du travail à dix fois plus de palestiniens que d’israéliens qui y étaient installés. Erreur stratégique (identifiée comme telle par un seul homme politique israélien, B. Netanyahou) car il était évident que deux choses allaient se passer à court et long terme : une prise de pouvoir du Hamas par ou sans élections, d’un côté, et compte tenu de sa nécessité de s’appuyer sur des alliés forts, la dérive vers la soumission à l’Iran. Erreur stratégique car il s’agissait non seulement de ce que l’apparition d’un « hamasthan » allait représenter pour Israël mais de ce que l’apparition d’un supplétif de l’Iran allait représenter pour Israël, l’Egypte et/ou les principaux pays arabes (Arabie Saoudite, Egypte, etc.,).

Erreur stratégique à court terme car il était évident (Khalil Shikaki - Foreign Affairs, November/December 2004) qu’en abandonnant Gaza sans laisser les clés du territoire à une autorité palestinienne (même si, déjà à l’époque, il s’agissait d’un organisme corrompu dont le seul mérite était d’obtenir des subsides, sans aucun contrôle, de la part des donateurs internationaux, l’Europe la première) l’absence de loi allait prévaloir et le Hamas, fort de ses activités « sociales » allait prendre le dessus. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, les Etats Unis ont imposé la présence du Hamas aux élections de 2006 à l’encontre de la volonté d’Israël et/ou contre les conseils de l’Egypte. Deux ans après, après avoir essayé pendant des années de faire la paix avec les Palestiniens de la bande de Gaza (abandon de colonies, déracinement de milliers de civils qui y avaient vécu toute leur vie, structures agricoles laissées intactes pour assurer des activités lucratives aux locaux, etc.,), Israël s’est trouvée confrontée à un Hamas non lié par aucune des règles de droit international ou simplement des normes de décence humaine. Comme la Jordanie en 1970 s’est trouvée dans une situation équivalente avec les cohortes de Yasser Arafat : Septembre Noir, plus de 7.000 morts, le PLO déménageant  au Liban (et dont la suite est connue). Le bombardement sans relâche avec de roquettes et obus de mortiers par le Hamas contre des civils israéliens en violation de la souveraineté israélienne et de la loi internationale devaient culminer avec une conflagration. Elle a eu lieu, elle a été « disproportionnée ». On a beau souligner « l’inhumanité » de l’armée israélienne, on a tort de ne pas admettre que (a) la guerre, en général, vise la destruction des capacités de l’adversaire à revenir au statu quo ante et (b) l’armée israélienne a détruit (à très peu d’exceptions près) uniquement les endroits où le Hamas avait stocké des armes, munitions et explosifs. Autant dire, des mosquées, des écoles, des maisons d’habitation et/ou des bâtiments officiels. Et la seul raison pour laquelle seulement deux des cinq premiers leaders du Hamas ont été éliminés est simple : les trois autres se trouvaient au sous-sol du pavillon des enfants de l’hôpital Shifa. Et quand on dit que le Hamas n’a pas respecté la loi internationale, on doit admettre qu’il l’a fait deux fois : tirer des fusées contre des civils en Israël et s’abriter, bien que puissance militaire, derrière des populations civiles. D’où une réelle tragédie quant aux pertes civiles à Gaza.

Mais il y a plus. Le Hamas a  humilié, brutalisé et assassiné des chrétiens et des « ennemis »  du Fatah de sang-froid. Et pendant qu’Israël avertissait les gens par voie de tracts de quitter tel ou tel quartier qui allait être bombardé, exhortant les civils à trouver refuge loin de l'attaque aérienne, le Hamas les forçait à rester dans leur maison, les empêchant de trouver de la sécurité.

De quelque angle que l’on regarde le conflit, on est forcé de constater que la guerre d’Israël a été une « guerre juste ». Il s’agit d’une acception universelle de cette notion : toute guerre de défense face à une agression est une guerre juste. Et rien ni personne ne peut dire que les huit années pendant lesquelles le Hamas a tiré des fusées sur le territoire souverain d’Israël ne constituait pas une agression.

Mais la guerre avait comme but, aussi, de tenter de changer  la narrative palestinienne : ils ont essayé toutes formes d’action militaires et/ou terroristes mais ils n’ont jamais, réellement, essayé la voie de la collaboration pacifique. Chaque fois qu’Israël a fait un pas en avant les factions palestiniennes le considéraient comme un acquit obtenu par la faiblesse d’Israël et, comme un mouvement à cliquet, demandaient plus. Mais vient un moment quand « assez est assez ». Ce moment a été le 27 décembre et par delà les résultats obtenus d’Israël il y a les résultats obtenus auprès de certains pays arabes. Qui, pour la première fois depuis la renaissance d’Israël ont eu le courage de dire, en arabe et en anglais, que le responsable des malheurs des gazaouis est le Hamas. Et qu’après la défaite pleine et entière du Hamas (et de son patron, l’Iran) ils devraient peut-être tenter de vivre en paix avec Israël. Comme l’Egypte et Jordanie l’on fait des années auparavant. Que l’on se comprenne bien : ce n’est pas par amour d’Israël que ces pays prennent cette attitude. C’est pour défendre leurs propres pays contre les tentatives hégémoniques et messianiques d’un intrus dans le monde arabe, l’Iran.

Oui, le Hamas n'avait pas à gagner cette guerre. La règle est telle qu’il suffisait de survivre pour prétendre avoir gagné. Mais il sera totalement défait quand une autre formation politique prendra le dessus en Cisjordanie ou à Gaza. Difficile ? Certes, mais pas impossible. Mais pour cela soit le Fatah de Mahmoud Abbas se transforme en force réellement politique en quittant son fonds de commerce qui est la corruption et racket, soit il disparaîtra rapidement. Le Fatah ayant perdu toute autorité morale, les palestiniens qui voient comme exemple la démocratie israélienne qui n’accepte pas de confier des responsabilités sans contrôle ou sanctions ne tarderont pas à se réveiller. Surtout si la « communauté internationale » arrête de les traiter en assistés à vie incapables de subvenir par eux même à leurs besoins. Naturellement, le dilemme d'Israël devant ce que sont les palestiniens vient du fait qu’elle ne lutte pas contre un état mais contre une idéologie messianique dont le corpus idéologique se résume à une lutte sans merci contre l’Occident et contre les Juifs.



 Trois membres du Hamas dans le bureau de Mahmoud Abbas à Gaza

Il est fort probable, peut-être même certain, qu’autant les pays arabes « modérés » comme la communauté internationale pousseront, autant que faire se peut, à la création d’un gouvernement palestinien d’union nationale. Personne n’ignore, cependant, que la présence du Hamas dans un tel gouvernement ne fera que compliquer les tentatives de coexistence avec Israël vu son objectif idéologique simple : la destruction d’Israël. Mais … au Liban on assiste à un processus analogue. On a tort de croire que le Hezbollah (lui aussi supplétif de l’Iran) va contrôler le pays. Trois ans après la guerre avec Israël (dont l’action a été, aussi, considéré « disproportionnée ») on voit que nonobstant le réarmement jusqu’aux dents de cette autre organisation terroriste, le Nord d’Israël est d’un calme ennuyeux … inexplicable autrement que par le fait que le Hezbollah et le Liban dans sa totalité ont compris que le prix à payer pour s’attaquer à Israël est insupportable. Et le processus qui doit conduire, inexorablement, à la transformation du Hezbollah en parti politique ne disposant pas d’une milice armée est en cours. Le maillon faible de la chaine que l’Iran veut tirer sur la Proche Orient est d’évidence la Syrie qui, si elle se décide à sauter le pas en allant vers l’Occident, elle saura mettre au pas le Hezbollah.

Dans l’Ancien Testament on dit qu’il n’y a ni de fin du commencement ni de commencement de la fin. La vie des nations n’est qu’un court moment sur une route sans fin. La vie d’Israël dure depuis plus de 3.000 ans, ce serait insulter l’avenir que de croire qu’elle pourrait s’arrêter de notre vivant.


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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 20:03
Et la Turquie ?

Dans le brouhaha provoqué par la riposte israélienne à l’agression permanente du Hamas, à partir de Gaza par des tirs incessants de fusées qui duraient depuis huit longues années, on n’a pas remarqué un événement d’importance : Michel Rocard a annoncé sa décision de quitter le monde politique. Curieux départ pour celui qui a inventé la CSG dont le RDS n’est qu’une suite logique ou qui s’est attiré les foudres des bien pensants quand il a dit que « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde » Mais avant de laisser orpheline  une certaine gauche (dite moderne …) il a commis un dernier bouquin « Oui à la Turquie » (Michel Rocard et Ariane Bonzon).

Voilà plus de quarante ans que le Turquie frappe à la porte de l’Europe. Si les choses vont bien  encore quarante ans passeront avant que les nations européennes se décident à dire un non définitif à l’entrée de 70 millions de musulmans dans une Europe de moins en moins judéo-chrétienne. Pourquoi ?

Tout d’abord parce que la Turquie ne fait pas partie, à part une enclave équivalente à      5 % de sa superficie, du continent européen. Ensuite parce que depuis qu’elle existe elle a tenté, chaque fois que l’occasion s’est présentée, de détruire l’Europe par voie de conquête. Ses aventures guerrières (la Turquie du 14ème siècle a conquis la Hongrie, la Bulgarie, la Macédoine et la Roumanie) ne se sont pas arrêtées sous les murs de Vienne au 17ème siècle. Pour des centaines d'années après les Turcs ont opprimés et massacrés périodiquement leurs sujets chrétiens, les arméniens ayant été privilégiés pendant tout le 19ème siècle. Une longue histoire de massacres de chrétiens, maronites entre autres, en a suivi, jusqu’en 1922 (plus de 100.000 au Liban et en Syrie, ensuite les Nestoriens, les Chaldéens et tant d’autres avant le génocide arménien du 20ème siècle. Comme les massacres de Smyrne pendant lesquels on ne pardonnait même pas aux enfants de ne pas être musulmans.

Et les juifs ? La  Turquie est entrée en guerre contre les pays de l'Entente le 1er novembre 1914, en tant qu'alliée de l'Allemagne à laquelle elle était liée par des accords diplomatiques, commerciaux et militaires, avec comme motivation principale de récupérer les Balkans. Mais en Palestine (territoire faisant partie de son protectorat), le gouvernement des Jeunes Turcs a commencé à expulser les Juifs de Tel-Aviv, au printemps de 1917. Un communiqué de presse Reuters, mentionne ce qui concerne l'expulsion que : "Le 1er avril [1917], un ordre a été donné de déporter tous les Juifs de Tel Aviv, y compris les citoyens des puissances centrales, dans les quarante-huit heures. Une semaine avant, trois cent Juifs ont été expulsés de Jérusalem : Jamal Pacha [ainsi que l'un des membres du triumvirat Jeunes Turcs, le ministre de la Marine, et le commandant de la quatrième armée du Levant] a déclaré que leur sort serait celui des Arméniens et huit mille déportés de Tel-Aviv n’ont pas été autorisés à prendre leurs avoirs avec eux et après l'expulsion leurs maisons ont été pillées par des foules de Bédouins ; deux Juifs yéménites, qui ont tenté de s'opposer au pillage ont été accrochés pendus à l'entrée de Tel-Aviv, afin que tous puissent voir tandis que d'autres Juifs ont été trouvés morts dans les dunes autour de Tel-Aviv »

Le dépeçage de l’empire turc par la France et la Grande Bretagne a eu comme sous-produit la transformation profonde de cet état sous la coupe d’un militaire, Atatürk. Qui ayant compris le rôle néfaste de l’Islam comme système politique disait en 1924 « Depuis plus de 500 ans, les règles et les théories d’un vieux cheikh arabe, et les interprétations abusives de générations de « prêtres » crasseux et ignares ont fixé, en Turquie, tous les détails de la loi civile et criminelle. Elles ont réglé la forme de la constitution, les moindres faits et gestes de la vie de chaque citoyen, sa nourriture, ses heures de veille et de sommeil, la coupe de ses vêtements, ce qu’il apprend à l’école, ses coutumes, ses habitudes et jusqu’à ses pensées les plus intimes. L’Islam, cette théologie absurde d’un bédouin immoral, est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies.”
 
De la vieille histoire ? Voire.

Suivent presque 70 ans pendant lesquels la Turquie laisse de côté, un peu, l’Islam et s’occidentalise. Le garant de la laïcité est l’armée turque ce qui pose quelques nouveaux problèmes de conscience aux promoteurs de l’entrée de la Turquie en Europe. Qu’importe, chassez le naturel … il revient au galop ! En 1974 la Turquie envahit le Nord de Chypre et, entre autres, commence à renommer les villes de l’île pour effacer les traces grecques chrétiennes. Comme les Romains l’on fait au moment de la dispersion de juifs d’Israël quand ils ont renommé le territoire « la Palestine ». Mais les turcs sont turcs et musulmans : ils détruisent les monuments chrétiens et remplissent les trous béants avec des excréments humains. Et ce n’est pas encore l’islam qui gouverne le pays.

Fallait attendre. Des musulmans « modérés » prennent le pouvoir par des élections démocratiques. On va voir vite qu’islam et démocratie en font deux. Un binôme (comme celui en Russie des années plus tard) Erdogan/Gül devient le vrai détenteur du pouvoir et l’islamisme sous toutes ses formes (voile, tribunaux appliquant la charia, etc.,) avance subrepticement mais surement. Avant son élection, Erdogan a été reconnu coupable d'incitation à la haine religieuse en raison d'un discours qu'il a prononcé à un rassemblement politique en 1998. Mais Erdogan devient premier ministre et Gül, après quelques soubresauts des laïcs, devient président de la Turquie. Erdogan et son parti deviennent avec le temps beaucoup plus proches du Hezbollah et du Hamas que de l’Europe ou des Etats Unis qui ont fait entrer la Turquie dans l’OTAN. Aujourd’hui la Turquie est en train de réviser ses alliances et privilégie l’Iran et la Syrie. Tout en postulant l’entrée en Europe, tout en bénéficiant des structures militaires de l’OTAN et … tout en se faisant moderniser une partie de son armée par des contrats passés avec Israël ! Et elle ne tient aucun compte des appels des États-Unis pour isoler l'Iran. On comprend que la présence de la Turquie dans l'OTAN a moins à voir avec une position pro-occidentale qu’avec le désir de bénéficier de la générosité de l'aide économique et militaire des États-Unis. De même, le désir de la Turquie d’adhérer à l'Union européenne n’a d’autre explication que l'espoir qu'une telle démarche aiderait l'économie turque.

Mais la Turquie se distingue depuis plusieurs années par d’autres faits marquants : le pays reçoit le président du Soudan, mis en examen par la Cour Pénale Internationale pour le génocide du Darfour, il reçoit les chefs du Hamas et, naturellement, l’ignoble Ahmedinejad.

Mais vouloir entrer en Europe c’est une chose, affirmer sa position sur le plan proche oriental en est une autre. Erdogan s’en donne à cœur joie : il accuse Israël de « crimes contre l’humanité » et propose que ce pays soit exclu de l’ONU. Naturellement, il considère qu’Israël a commis « un génocide » à Gaza mais il oublie les plus de 700 Kurdes que son armée à tué cette année seulement. En utilisant une force disproportionnée … avions, chars d’assaut et artillerie lourde visant les « combattants » kurdes qui se cachaient parmi une population de villageois. Cela vous rappelle quelque chose ?

Comme il oublie que depuis la renaissance d’Israël plus de 12 millions d’arabes et/ou musulmans ont été massacrés dans des guerres multiples et diverses : la « contribution » d’Israël n’a été que de 60.000 (Ben Dror Yemini, janvier 2009) soit 0,5% du total pendant les 5 guerres, deux « intifada » et l’action de représailles à Gaza.

70 millions de musulmans, islamisme rampant et gouvernement se rapprochant à grand pas de la constitution d’un nouveau front « Iran – Turquie – Syrie ». Et comme rien ne va sans une once d’antisémitisme Erdogan déclare à Bruxelles dans un meeting que « c’est la presse manipulée par des intérêts juifs qui déforme les positions de la Turquie ».

Mais Erdogan utilise la situation à Gaza et condamne Israël pour masquer le chômage et l'incroyable nombre de problèmes internes à la Turquie avant des élections locales de la fin de mars. Mais de quoi va-t-il parler si une trêve longue s’installe ? Israël avait fait confiance à la Turquie, par exemple, pour mener des négociations indirectes avec la Turquie. C’est une douche froide pour Ehud Olmert que de constater qu’il avait affaire à un ennemi déguisé.

Lorsque la paix sera négociée, un jour, au Proche Orient la Turquie en sera exclue comme pendant des années la France était hors jeu car « politique arabe ». Elle se rendra compte que n’avoir dans la région que l'Iran et la Syrie comme amis ce ne sera pas autre chose qu’une grande solitude. Une preuve explicite : la Turquie (par son président Gül) a participé au sommet de Charm-el-Sheik, invitée par Monsieur Moubarak  mais n’a pas été invitée avec le cinq chefs d’état ou de gouvernement européens à Jérusalem … Qu’importe, la Turquie propose d’utiliser ses bonnes relations avec le Hamas pour obtenir une réconciliation entre cette organisation terroriste et son compère, le Fatah de Monsieur Abbas.

Mais, en réalité,  Erdogan est le miroir de ce qu’est la Turquie aujourd’hui : un pays de plus en plus islamiste, tournant le dos au modernisme de l’Occident et qui ne peut plus être montré comme un modèle pour les autres pays musulmans. Les Turcs sont revenus, car musulmans, au nationalisme islamiste et, tout naturellement, à la  haine contre les Juifs et l'Ouest. Accepter la Turquie en Europe quand la voie choisie par ce pays n’est pas compatible avec la modernité et la culture occidentale ce serait accélérer le suicide de l’Europe.

En 2004 Bat Ye’or (Eurabia) écrivait (Frontpagemagazine 16.11.04) « La terreur islamiste submerge l’Europe de l’intérieur et de l’extérieur. … Certains disent que l’Europe est morte, qu’elle n’a plus d’avenir car en train de devenir une civilisation islamo-chrétienne où les indigènes non musulmans sont, de plus en plus, privés de leurs droits fondamentaux sur fond de charia officieuse qui reconnaît des conditions de coexistence pacifiques seulement aux dhimmis qui respectent l’islam »

Admettre en Europe le Cheval de Troie turc serait signer l’arrêt de mort de l’Europe à un horizon beaucoup plus court …

L’escroc qui nous a servi de président pendant douze années a eu un mérite remarquable : il a fait modifier la constitution française de manière telle que la Turquie ne puisse, jamais, devenir membre de l’Union Européenne. Rien que pour cela il faudra lui accorder des circonstances atténuantes dans le cas où il sera, enfin, amené à justice.

Quant à Michel Rocard … il se retire sur la pointe des pieds, bon débarras.


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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 10:36
Gaza - Israël- Hamas - la France
Les faits :

-    2005 – Israël évacue les 9.000 « colons » qui étaient installés dans ce territoire depuis sa conquête sur l’Egypte en 1967 et laisse sur place les structures agricoles qui avaient fait d’une partie de Gaza un des acteurs majeurs de l’export de produits agricoles et de fleurs ; l’Autorité Palestinienne décide de tout détruire pour qu’il n’y ait plus de trace du passage d’Israël ; le territoire dispose de points de passage vers Israël (gérés par l’Autorité Palestinienne et Israël au Nord et par l’Autorité Palestinienne, l’Egypte et de observateurs européens au Sud.) Les Gazaouis sont « libérés » mais toujours alimentés en électricité, eau, combustible, etc., par Israël que d’aucuns continuent à considérer comme « puissance occupante ».

-    2006 – sous l’impulsion des Etats Unis (qui veulent imposer la démocratie même à ceux qui n’en veulent pas), le Hamas, organisation qualifié de terroriste (nonobstant ses activités au plan social et religieux) participe aux élections parlementaires et obtient à Gaza plus de deux tiers de voix exprimées ; le programme du Hamas est fondé cependant sur sa charte qui proclame haute et fort sa volonté de faire disparaître l’Etat Juif (« comme l’islam a fait disparaître d’autres … », extrait de la charte) ; pendant plus d’une année des organisations plus ou moins semblables appartenant soit au Hamas soit au Fatah (cheville ouvrière de l’Autorité Palestinienne ayant accepté de négocier la création d’un état en reconnaissant Israël – accords d’Oslo, 1993) s’entraînent à tirer des fusées « artisanales » sur le Sud d’Israël ; personne au monde n’a l’air de comprendre ce qui se passe, personne au monde ne proteste contre l’agression caractérisée de ceux qui contrôlent Gaza contre Israël ; en juin 2006, d’un côté, on kidnappe un soldat israélien à Gaza et, au Nord, le Hezbollah kidnappe deux soldats – ce qui conduira à une guerre de 34 jours pendant laquelle Israël a détruit plus du quart des infrastructures libanaises.

-    2007 – le Hamas, par un coup de force féroce (plus de 100 frères du Fatah assassinés), prend le pouvoir à Gaza ; l’Autorité Palestinienne est évincée du contrôle du point de passage vers l’Egypte (Rafah) et les observateurs européens effrayés par les menaces du Hamas quittent les lieux ce qui conduit l’Egypte à fermer un point de passage des habitants de Gaza vers leurs frères arabe égyptiens ; on commence à réaliser qu’une multitude de tunnels avaient été construits sous la frontière égyptienne et qu’ils ont permis l’accumulation d’énormes quantités d’armes et munitions ; de plus, les mêmes tunnels servaient de voies de contrebande ce qui générait un commerce de quelques   50 millions de $ mensuellement : l’Egypte fermait les yeux car, d’un côté, le commerce aidait une partie de sa population à « mettre du beurre dans les épinards » et, d’un autre côté, l’accumulation d’armes constituait une carte à jouer contre Israël ; le tir de fusées contre Israël devenait une activité principale pour le Hamas à côté de celle, non moins importante, de relations publiques qui réussissait à faire pleurer le peuple en France et en Navarre comme partout (ou presque) en Europe sur le sort de gazaouis, « prisonniers dans une prison à celle ouvert » « occupés » et « humiliés » par Israël.

-    2008 – pendant les six années précédentes, plus de 7.500 fusées avaient été tirées de Gaza sur Israël ; ce pays a accepté (pourquoi ?) de jouer à la roulette russe avec sa population car la précision des fusées tirées sur les villes israéliennes du Sud était, pour le moins insuffisante pour tuer beaucoup de gens ; Israël s’est contenté de prévoir des moyens défensifs (abris, maisons aux murs renforcés, etc.,) en attendant que quelque chose se passe ; et comme rien ne se passait, une incursion israélienne à la fin du printemps 2008 faisait plus de 130 morts à Gaza et obligeait le Hamas d’accepter une trêve de six mois négociée par l’Egypte ; pendant la trêve les tirs de fusées ont continué et Israël, en représailles, fermait de temps en temps les points de passage qui autrement alimentaient le territoire (l’Egypte, de son côté, n’ayant jamais voulu faire œuvre d’aider de ses frères arabes…) ; avant la fin de la trêve le Hamas prenait la décision de ne pas la reconduire et demandait, essentiellement, l’ouverture du point de passage avec l’Egypte ; ce que ce pays ne voulait d’aucune manière ; dès la trêve rompue le Hamas augmentait le nombre de fusées tirées sur Israël, jusqu’à 87 le jour de Noël et promettait « un bain de sang » à l’armée israélienne si celle-ci osait déclencher des hostilités contre lui ; les tentatives de l’Egypte (et d’autres) de faire reconduire la trêve se sont vues opposer une fin de non recevoir de la part du Hamas ; certains pays arabes « modérés » (l’Egypte, l’Arabie Saoudite, les Pays du Golfe, etc.,) prenaient leur courage à deux mains pour accuser le Hamas d’irresponsabilité et de le considérer, enfin, ce qu’il est, un supplétif de l’Iran qui a un intérêt double à Gaza, nuire à Israël et constituer une tête de pont contre l’Egypte.

-    la guerre – ce qui devait arriver, arriva, Israël lançait premièrement son aviation et après ses forces terrestres contre une organisation terroriste qui, appuyée par une population de plus d’un million d’habitants se propose de la faire disparaître ; naturellement, les actions d’Israël étaient considérées, tout de suite, comme « disproportionnées »

-    15 jours après – toutes les structures du Hamas sur le territoire détruites, la moitié ou les deux tiers des tunnels itou, l’essentiel des moyens militaires lourds du Hamas détruits, la majorité de chefs militaires tués, l’offensive terrestre engagée et -pour l’instant avec des pertes minimes pour Tsahal (loin du bain de sang apocalyptique promis), presque 900 morts (dont trois-quarts des hommes en armes) et … tous les dirigeants du Hamas cachés dans des bunkers construits sous les hôpitaux, en particulier à Shifa sous le pavillon « enfants » ; dans l’intervalle notre président « voyageur de la paix » non content de sa victoire à la Pyrrhus en Géorgie, s’est présenté au Proche Orient pour faire taire les armes ; contre la promesse faite à Israël de ne pas laisser passer une résolution du Conseil de Sécurité, Israël a accepté « l’initiative franco-égyptienne » pour une sortie du conflit ; mais notre président a menti et a laissé Bernard Kouchner voter une résolution qui ne fait que compliquer les choses dans la mesure où elle donne l’impression de reconnaitre au Hamas la légitimité « du sol » ; le Hamas a rejeté la résolution dans l’heure suivant son adoption, Israël s’est contenté de dire qu’elle était « irréalisable » ; la presse française, en avance de la presse mondiale, via AFP, martèle depuis « Israël a rejeté la résolution » et ne fait que rarement mention au fait que le Hamas ne l’a pas acceptée.

Mais à la différence des gauches européennes toutes disposerées à vilipender Israël, les pays arabes « modérés » gardent un profile bas. Même l’Autorité Palestinienne qui constate en Cisjordanie que « la rue » est relativement tranquille. Et c’est la première fois qu’elle ne s’enflamme pas pour les mosquées bombardées par Israël ; serait-ce parce qu’ils savent que les barbus ignobles utilisent les mosquées comme dépôts de munitions et d’armement ?

ooooooooo

Place de la République, Paris, vendredi 9 janvier : la place est fermée, les croyants (musulmans) font leur prière, les femmes attendant dans une rue adjacente. Cela, en prévision d’une manifestation contre « l’agression » israélienne et en solidarité avec le peuple palestinien. Aucune mention spéciale quant à cet acte religieux dans un haut lieu de la République, à Paris.

Le Figaro, toujours à la pointe de la haine anti-israélienne titre à la une après la manif :

Marée humaine sous tension contre le «génocide» à Gaza

mais si on veut lire l’article, le titre change :

Marée humaine sous tension contre les «massacres» à Gaza.

 
Regardez bien une partie de la marée humaine …

Parler de génocide à propos de ce qui se passe à Gaza (même si on met des guillemets) ne peut être qu’irresponsable. D’un côté, rabaisser la Shoah (ou ce à quoi la France s’est rendue complice au Rwanda) et d’un autre côté, transférer la tâche indélébile de l’Europe vers sa victime : les juifs. Faire cela quand on s’appelle Le Figaro est autrement plus parlant que faire du « sang à la une » comme L’Humanité la semaine dernière. Le même journal, appartenant au même parti qui a justifié, en son temps, le comportement soviétique au moment du « complot des médecins juifs » …

Nonobstant ses mensonges, la diplomatie française, continue son œuvre pour saper la légitimité d’Israël en essayant, à nouveau, de légitimer le Hamas comme un acteur à prendre en considération. Ecouter Bernard Kouchner : « la France agit sur trois axes pour le Proche-Orient ; elle tente de promouvoir l'application du cessez-le-feu à Gaza en travaillant sur 3 points : la rencontre sur le terrain de ''tous les protagonistes'', l'enclenchement du ''volet humanitaire'' et ''la diplomatie à New York » Dans le charabia « diplomatique » ce qui est important c’est « tous les protagonistes ». Donc le Hamas, organisation terroriste, supplétif de l’Iran, responsable du déclenchement de la guerre, fer de lance d’une population qui veut détruire Israël.

Mais … à la guerre comme à la guerre. Cette guerre, le Hamas et la population de Gaza l’ont bien voulue. Le sort des populations de Gaza est cruel ? Elles n’ont que ce qu’elles méritent si on accepte que vivre dans une société civilisée implique une responsabilité collective.

Cette guerre qu’Israël mène à sa guise, ne peut pas ne pas rencontrer les protestations, l’opposition, les imprécations, les injures et les menaces de « destruction » de tous ceux qui pensent s’accommoder de l’existence des islamistes ou de ceux dont l’antisémitisme est fonds de commerce. Chez nous, de la gauche de la gauche jusqu’à la droite de la mosquée de Paris, y inclus, naturellement le clown Le Pen, toute la coalition « rouge – verte » s’est levée contre Israël. L’ignominie de ce que Le Figaro publie montre cependant que « la droite républicaine » est en train de virer sa cuti en vendant son âme aux islamo fascistes. A moins qu’il ne s’agisse du fait qu’Israël n’a jamais voulu acheter des avions à Dassault (après l'embargo français de 1967), propriétaire du Figaro …

Tsahal avance ? Le Hamas n’a aucun fait d’armes à mettre à l’actif ? L’Egypte a donné mercredi dernier un ultimatum de 24 heures au Hamas « acceptez un cessez-le-feu sans conditions ou Tsahal va accentuer son offensive ». Après les 24 heures … vendredi, les dirigeants de Gaza (toujours de leur bunker) on fait savoir qu’ils acceptaient la condition et qu’ils voulaient la présenter à l’Egypte. Qui a obtenu d’Israël ce qui est inimaginable : « trois dirigeants de la bande de Gaza (Jemal Abu Hashem, Salah Bardaweel, chef de la faction parlementaire du Hamas, et Heiman Ta'a, membre de l'aile militaire du commandement) ont été autorisés par Israël et l'Égypte à se rendre en secret au Caire pour une série de pourparlers cessez-le-feu - cette fois sans conditions ».

A peine arrivés au Caire, leur chef de Damas a annoncé que le Hamas n’accepte aucun cessez-le-feu et que la guerre continuera ! Avez-vous vu relater tout cela dans la presse française ? Où ?

Mais on se déchaine, surtout à gauche … La toute nouvelle secrétaire générale déclare à Lille (plus de 20 % de la population de la région d’origine musulmane, première ville de France disposant d’une piscine avec des heures pour femmes …) pérore "Nous en appelons à un cessez-le-feu et immédiat, nous en appelons aussi à la force internationale pour qu'elle s'interpose et qu'elle apporte enfin une réponse politique", a déclaré Martine Aubry lors de ses vœux à la presse à la communauté urbaine de Lille. "Nous devons ici dire au gouvernement d'Israël qu'il est scandaleux de ne pas suivre les résolutions de l'Onu, qu'il est scandaleux d'affamer Gaza comme il le fait aujourd'hui et que son attitude ne peut être acceptée par aucun démocrate porteur de paix dans le monde" Aucun mot du Hamas, Israël se bat contre des ombres, tous les morts sont civils et le tir des fusées un jeu innocent. Les épigones de ceux qui ont aidé Israël à se doter d’armes (nucléaires ?) dans les années 50 et 60 se placent aujourd’hui du côté des barbus islamistes. Veulent-ils réellement leur victoire ?

La vraie question, en France est « pourquoi la gauche est-elle anti-israélienne » (pour ne pas dire antisémite) ? Et pourquoi cette attitude métastase-t-elle sur l’échiquier politique ? Est-ce son incapacité de se détacher du complexe « colonisateur-colonisé » car les socialistes ont été partie prenante à la colonisation de l’Afrique du Nord ? Est-ce le complexe de celui qui ne réussit pas face à celui qui réussit ?

Nous n’avons pas encore vu l’arrivée chez nous des mouvements de Norvège ou Suède qui demandent que l’on boycotte les produits israéliens. Cela va venir et quand ce sera le cas il faudra dire à tous les utilisateurs d’ordinateurs portables de les mettre de côté car les microprocesseurs Centrino qui leurs permettent de travailler en wifi ont été conçus et développés en Israël. Et rappeler à tous ceux qui utilisent de téléphones portables que les brevets qui couvrent ces produits ont été déposés par Motorola Israël …

On pourrait continuer la liste des exemples qui démontrent la contribution, souvent essentielle, d’Israël au développement économique du monde occidental. Et le Hamas ? Le monde arabe ? Le monde musulman ? Alors, pourquoi la haine d’Israël d’un José Bové est-elle reprise par la gauche française ?

Et la même lancinante question : pourquoi être du côté des barbus islamistes ? Veut-elle, cette gauche dévoyée vraiment leur victoire ? Peut-être, car autrement ce sera une victoire d’Israël, allié des américains et fer de lance du « sionisme mondial ». Heureusement, tout montre, pour le moment que le Hamas n’est pas loin de se trouver très mal : les désertions ont commencé parmi les troupes qui, de plus, voient leurs chefs s’abritant dans des bunkers avec des civils comme boucliers humains ; les pertes du Hamas s’approchent des 800 morts car les civils ne représentent pas plus de 10/15% ; la production de fusées a été totalement stoppée et les routes d’approvisionnements (tunnels vers l’Egypte) rendues impraticables ; la population, nonobstant son adhésion au buts du Hamas commence à comprendre qu’elle est le dindon de la farce.

Et pendant ce temps, avant chaque bombardement sérieux, Tsahal averti les gazaouis de son imminence par téléphone ou par affichettes… L’aviation anglo-américaine n’a pas fait cela ni pour Dresde ni pour Hambourg quand les morts se sont comptés par dizaines de milliers. Ni l’aviation américaine pour Hiroshima, plus de 250.000 morts.  Elles auraient pu …




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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 11:41

 

 

Les fossoyeurs de l’Europe

 

Depuis trois semaines et encore avant-hier, après la rencontre des chefs d’états consacrée aux agissements de la Russie en Géorgie, notre président se gausse des succès obtenus quand il a réussi à « arrêter la guerre en Géorgie ». Erreur ? Mensonge ? Les deux ?

 

Dès que l’armada russe, préparée depuis longtemps et attendant en Ossétie du Nord (Vladikavkaz, d’où une colonne de tanks est partie vers la Géorgie trois jours avant « l’agression géorgienne…) l’arme au pied, que les provocations des supplétifs russes en Ossétie du Sud fassent agir la Géorgie, a commencé à envahir la Géorgie, son gouvernement a décrété un cessez-le-feu unilatéral et sans conditions. Ce n’est que deux jours après que nos coryphées de la paix, Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner, sont allés à Moscou pour obtenir que les russes respectent aussi ledit cessez-le-feu. Pour se trouver devant des épigones de Staline qui leur ont imposé deux paragraphes supplémentaires : un donnant entière liberté aux russes de faire ce qu’ils voulaient et un autre élargissant leur zone d’action à l’intérieur de la Géorgie. Incapable de comprendre ce qui leur était imposé ou expression d’une naïveté coupable car faisant confiance aux russes pour ce qui n’était pas écrit, ils sont partis pour Tbilissi où ils ont menacé le président de ce pays de le laisser tomber s’il n’acceptait pas le texte dicté par les russes. Ce que celui-ci a fait mais … les russes ont continué, comme si rien n’était, de faire la guerre en Géorgie (nettoyages ethniques, occupations des axes principaux de communication terrestres, occupation du principal port sur la Mer Noire, etc.,). Bref, la guerre n’a pas été arrêtée, le cessez-le-feu n’a été qu’une sinistre plaisanterie et un mois après, tout en se gargarisant avec la question à caractère rhétorique « ne fallait-il pas arrêter la guerre ? »   on constate que la Russie a fait ce qu’elle a voulu en Géorgie et que notre président est, au mieux, le dindon de la farce. Il n’est pas seul, il a avec lui les autres fossoyeurs de l’Europe, l’Allemagne, l’Italie et la Belgique (pour s’arrêter aux principaux).

 

L’Europe a été la cause et le terrain des quatre guerres du 20ème siècle qui, pour l’essentiel, se sont déroulés sur ce continent : la première, la deuxième, la « froide » et la Bosnie/Serbie. Peu importe que les deux premières aient été mondiales. Peu importe que la « froide » ait été gagnée par les Etats-Unis qui, de plus, sont venus à la rescousse des démocraties occidentales pour qu’elles ne disparaissent pas pendant les deux premières guerres. Peu importe, qu’incapable de mettre fin elle-même à la guerre en Yougoslavie elle a dû faire appel, de nouveau, aux Etats-Unis pour qu’elle s’arrête. Ce qui importe c’est que la vulgate dominante de l’Europe est devenue l’apaisement sous toutes ses formes, appuyé sur la conviction que ce n’est que par le dialogue que l’on doit mettre fin aux conflits. On voit que les promoteurs de cette vulgate ont sans doute raison rien qu’en regardant du côté du Soudan, de l’Afghanistan pour ne pas parler de l’Irak. Mais faut-il leur jeter la pierre ? Quoi de plus normal que d’admettre que le monde civilisé doit promouvoir la démocratie et la liberté partout et que pour cela il n’y a que le dialogue. Y compris avec ceux qui ne veulent pas dialoguer …

 

Sauf que pour dialoguer il faudrait trouver devant soi autre chose que des individus formatés par le KGB et dont la conception du monde est relativement simple : ce qui est à moi, c’est à moi, ce qui est à vous est négociable … Le résultat de la volonté de dialoguer, aujourd’hui, c’est le dépeçage de la Géorgie sur fond de postures fermes de l’Europe qui, à genoux (car dépendante du gaz et du pétrole russe), veux faire croire à la Russie qu’elle est capable de lui opposer « le droit international » …  Et elle ne peut pas s’empêcher de dire en sourdine que … la Géorgie, elle aussi, a une part de responsabilité. Que cette antienne soit répétée par l’ancien chancelier allemand, aujourd’hui à la solde de Monsieur Poutine, soit. Mais les autres ? Pourquoi escamoter le fait que la vraie faute de Tbilissi a été de croire à la solidarité des démocraties occidentales, les Etats-Unis à leur tête ?

 

Certes, on peut dire qu’il n’y a pas que les fossoyeurs. Il y a aussi les pays libérés du communisme et de la Russie. Forts de leur expérience historique, forts du souvenir (Pologne, Tchécoslovaquie) de la trahison de la France et de l’Angleterre, ces pays essayent par tous les moyens de redresser l’échine de la vieille Europe. Et naturellement, ils se tournent vers les Etats-Unis, seuls garants réellement de leur indépendance. Car ce que la Russie a fait en Géorgie elle peut le faire à répétition en Ukraine, aux Pays Baltes, en Moldavie, partout où la paranoïa de l’encerclement (vieille lune datant du tsarisme et reprise par Staline) peut la pousser à l’invasion. Paranoïa qui s’est traduite (voir les 45 années de domination absolue des pays de l’Europe de l’Est) par l’exploitation des ressources de plus de 100 millions d’européens beaucoup plus développés que les masses russes soumises à la dictature du communisme depuis 1917 (et qui venait prolonger le régime obscurantiste du tsarisme).

 

L’Europe de l’Ouest dispose en réalité de tout ce qu’il faut pour s’opposer à la dictature russe, aujourd’hui à visée géopolitique. Principal partenaire commercial de la Russie elle pourrait mettre sur l’autre plateau de la balance les investissements qu’elle fait en Russie, les apports de haute technologie sans lesquels il n’y aurait même pas de quoi téléphoner là-bas ou, eh oui, pourquoi pas, l’arrêt programmé d’achats de gaz et de pétrole. Il faudrait, quand même, se souvenir que l’Europe regroupe 450 millions d’êtres (moins de 150 millions en Russie, en décroissance constante et rapide) et dispose d’un produit « national » brut de plus de 10.000 milliards de $ (675 milliards de $, pour la Russie, données de 2005) : un GNP 15 fois supérieur à celui de la Russie dans lequel les matières premières représentent moins de 5% pour l’Europe mais … 90 % pour la Russie ! Ce n’est que pour les dépenses de la défense que les choses sont inversées : moins de 2,5% du GNP pour l’Europe, plus de 20 % pour la Russie (si les chiffres des gazettes sont corrects vu l’opacité de « l’état de droit » russe …). Ce qu’il manque à l’Europe ce ne sont pas les moyens de faire pression sur la Russie, c’est la volonté … Disons-le clairement, l’échec européen de devenir et se comporter comme une puissance responsable qui serait prête à défendre ses habitants de l’Est du continent, c’est la trahison de se propres idéaux, la démission devant les dictateurs, aujourd’hui devant le dictateur de la Russie. Ce faisant, l’Europe détruit aussi l’héritage des Lumières en ne s’opposant pas aux visées hégémoniques (permanentes) de la Russie. Certes, l’anti-américanisme présent partout en Europe a son rôle. Mais comment ne pas voir ce que recherche la Russie ce n’est rien de moins que d’asservir l’Europe ? Monsieur Poutine, lui, il a dans sa tête la même chose que les strates successives des pouvoirs russe, soviétique et russe de nouveau. Auparavant on disait la volonté d’arriver à une mer chaude… Maintenant, c’est plus simple, regardez la carte :

 

Ce n’est pas par hasard que Monsieur Poutine a choisi la Géorgie. Il a voulu faire d’une pierre deux coups : contrôler la Géorgie (et les pipe-lines qui la traversent) donnerait à la Russie pratiquement (vu ses relations avec l’Arménie) une frontière commune avec l’Iran ; et le coup de force réussi doit faire peur sur les marches de l’empire, du Nord Baltique jusqu’à l’Ukraine et la Mer Noire.

 

Mais pour arriver à l’invasion de la Géorgie Monsieur Poutine a dû faire du chemin. Il a commencé par faire expulser (ou faire fuir) ses opposants locaux (quand il ne les a pas fait emprisonner), et il a continué par assassiner les journalistes  qui ne lui étaient pas favorables, en mettant au pas la presse, la radio et la télévision. Et il n’hésite pas de d’empoisonner M. Youchtchenko qui devient président de l’Ukraine, contre la volonté de la Russie. Ou un ancien membre du KGB à Londres. Et l’Europe ? A aucun moment elle ne réagit. Proie hypnotisée par un serpent qui l’anesthésie à coup de gaz et de pétrole … 30 % du gaz consommé par l’Europe vient de la Russie et pour ce qui est de l’Allemagne (merci Monsieur Schröder, êtes-vous satisfait du salaire de 1 million d’euros que le Gazprom de votre ami Poutine vous sert ?) il s’agit de 40 % des besoins ! Et c’est ainsi que les fossoyeurs de l’Europe agissent : d’un côté, en développant l’Eurabia (Bat Ye’or) qui conduit à l’asservissement du continent à l’islam, de l’autre en ne s’opposant pas à la nouvelle dictature russe (comme elle ne s’est pas opposée à l’ancienne, celle de Staline et de ses successeurs). L’Europe est toute à ses affaires avec l’Iran, à assurer une honorabilité au sinistre Bachir el Assad ou à un Hugo Chavez, à tous ceux qui s’opposent aux Etats-Unis. Pour entendre, sans protester, le nouveau président de la Russie qualifier celui de la Géorgie de « cadavre politique » et faire tout pour le faire disparaître.

 

Pourtant, l’existence de la « nouvelle Europe » rend les choses plus difficiles pour ceux qui veulent détruire « l’idée Europe ». Deux exemples : la négociation des Etats-Unis avec la Pologne pour installer sur son sol un bouclier anti-missiles traînait depuis deux ans. Trois jours après l’invasion russe en Géorgie elle était bouclée. La Finlande qui (vu l’histoire de l’agression russe contre elle en 1939) se tenait à l’écart de la défense européenne vient de faire savoir qu’elle regarde la possibilité de rejoindre l’OTAN.

 

Certes  l’Allemagne et la France avec notre président en tête sont toujours adeptes de l’apaisement (mot répété ad nauseam ) par Bernard Kouchner dès qu’il s’agit de s’opposer aux visées russes. Ce n’est pas comme cela que la France (ou l’Angleterre) fera oublier qu’elle a vendu la Tchécoslovaquie et trahi la Pologne en 1939 en faisant confiance à Hitler.

 

Si l’Europe veut arrêter sa course vers sa tombe elle devrait asphyxier la Russie avec son gaz et son pétrole. Elle devrait, à marche forcée, promouvoir le nucléaire nonobstant l’opposition obscurantiste des moult Josés écolos et leurs semblables. Et arriver à comprendre que l’ancien bouclier qui l’a défendu contre la Russie (l’OTAN) n’est plus rien qu’un vieux dinosaure : les Etats-Unis en ont assez de supporter depuis soixante années l’incurie démagogique pacifiste (et de surcroît socialiste …) de l’Europe. Et comprendre aussi qu’il faudra des générations à la Russie pour devenir autre chose que ce qu’elle est : un état paranoïaque (encerclement) dirigé par des héritiers de la plus sinistre police politique (KGB), pour le bien d’une mafia qui veut disposer d’un doigt dans chaque pays, et que chaque pays soit le sien (en paraphrasant Jacques Brel …). 

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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 20:29

Texte mis en ligne par Liberty Vox
Les cris de vierges effarouchées poussés par les grands de ce monde depuis deux semaines ont de quoi surprendre. Si l’on comprend bien, ce n’est pas seulement ce que les Russes font en Géorgie qui est en cause mais ce que cela révèle. En réalité, c’est la surprise des démocraties occidentales qui doit surprendre !

Car, enfin, qu’attendait-on du dictateur russe actuel (je sais, on dira qu’il a respecté la constitution et après deux mandats totalisant 8 années il a quitté le pouvoir suprême… mais pour devenir premier ministre, probablement pour les deux mandats de son acolyte devenu président par sa grâce…) ? L’homme avait annoncé couleur en lançant sa formule «la plus grande tragédie du 20ème siècle a été la disparition de l’Union Soviétique». Pas les deux guerres mondiales totalisant 60 millions de morts, pas la destruction des juifs en Europe, pas la révolution culturelle en Chine et ses 70 millions de morts, non, la disparition de la structure qui a opprimé, détruit et asservi non seulement le peuple russe mais aussi la moitié de l’Europe qui a eu la malchance de se voir abandonner par les Etats-Unis et l’Angleterre à la fin de la deuxième guerre mondiale. Dès lors, quoi de plus normal que de vouloir faire renaître de ses cendres ce cadavre auquel on voudrait donner l’éclat d’un Phoenix. Et pour cela, une seule solution, brutale, certes, mais efficace face aux démocraties occidentales qui n’ont jamais eu le courage de s’opposer aux dictateurs : envahir les pays qui lui étaient auparavant soumis et pour commencer, puisque l’occasion s’y présente,
la Géorgie.

Mais il n’y a rien de nouveau dans la dernière aventure militaire russe. Depuis 1948 (coup de Prague, mainmise par des communistes du pouvoir politique) tous les dix ans, ou presque, la Russie a envahi un pays : Hongrie en 1956, Tchécoslovaquie en 1968, Afghanistan en 1979. Chaque fois la raison était différente mais l’intention la même : soumettre une population, un pays, à la volonté du Kremlin. Une pause est intervenue ensuite car il y a eu l’implosion de l’Union Soviétique, trouvant son origine dans la course aux armements imposée par Ronald Reagan d’un côté, et dans l’incapacité du système d’économie planifiée de faire face aux besoins de la population du pays mis en évidence de plus en plus par l’intrusion massive des nouveaux moyens de communication, Internet entre autres.

Ce ne devrait pas être une découverte que de voir un pays évoluant rapidement vers des structures dictatoriales anciennes se lancer dans ce qu’il sait faire de mieux : envahir et opprimer. Surtout après avoir vu M. Poutine et son armée à l’œuvre en Tchétchénie, dont les soldats, dépenaillés, réputés pour la consommation de vodka et dont le taux de suicides est le plus élevé de toutes les armées qui tiennent des statistiques, semblent plutôt sortis d’asiles de pauvres. Qui n’a pas vu Grozny après la «pacification» russe de 2002 ne peut comprendre la vraie nature du pouvoir russe. Et il s’agit bien du pouvoir russe car Grozny (c’est de là que vient son nom) avait déjà été détruite au temps des tsars et pour les mêmes motifs : s’assurer le contrôle du Caucase et faire comprendre aux autres «confettis» s’y trouvant ce qui pourrait leur arriver. Il y a permanence de la méthode russe, elle a été améliorée (!?) pendant la période soviétique et Poutine, bien formaté pendant ses années d’espion du KGB, n’est que l’héritier de l’histoire de l’oppression de la Russie. Du temps de Staline on avait déporté les habitants de la Tchétchénie car pendant la guerre, de 1942 à 1944, les troupes allemandes qui s’y trouvaient n’eurent pas de mal à faire collaborer une population opprimée depuis la création de sa «république» en 1922. Ensuite, pour faire bonne mesure, une fois les habitants déportés, on supprima «la république Tchétchéno-ingouche» pour la recréer en 1957 cinq années après la mort du dictateur. Avant la « pacification » de Poutine, en 1998, cette république comptait 400.000 habitants. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 200.000.

L’exemple de la Tchétchénie est là pour nous faire comprendre ce qui pourrait se passer avec la Géorgie. Certes, les Russes n’aiment pas les Caucasiens en général (les Mongoles ou les Chinois que l’on appelle «chiens jaunes» non plus). Il suffit de vivre quelque temps dans une grande ville (Moscou par exemple) pour comprendre le mépris et la haine exprimés par «les autochtones» à l’adresse des Caucasiens. Curieux, les 70 années de communisme et de fraternité des peuples de l’Union Soviétique n’ont pas eu beaucoup d’influence pour changer les choses.

Alors, pourquoi la surprise ? De Bush à Chirac, de Mme Merkel à Tony Blair, tous les dirigeants des démocraties occidentales étaient convaincus d’assister après l’implosion de l’Union Soviétique à la création d’une Russie dont la marche vers la démocratie était inéluctable. Bon, il y avait aussi Schröder mais ce dernier s’est prostitué politiquement en devenant l’employé du gouvernement russe (Président du Conseil de Surveillance de Gazprom …). Il y a aussi notre Jacques Chirac qui fait des voyages (tous frais payés, c’est normal) en Russie à l’invitation de son ami Poutine pour «étudier les problèmes énergétiques des années à venir» quand il ne va pas fêter l’anniversaire de celui-ci (deux visites en moins de trois semaines en 2007…). On peut, sans grande difficulté partager les dirigeants occidentaux en deux catégories : les profiteurs (à titre personnel) et les «apaiseurs» qui vous démontrent qu’il ne faut pas fâcher le Russie, qu’il faut l’accompagner dans son chemin vers la démocratie.

Ce que la Russie vient de faire en Géorgie (tout en se moquant comme d’une guigne des réactions «fermes» de l’Occident) illustre parfaitement le renoncement mondial, mais surtout américain, à ce qu’a été la Doctrine Truman : «C’est la politique des Etats-Unis d’aider les peuples qui veulent être libres et qui résistent aux tentatives de minorités armées ou aux pressions externes de les subjuguer».

Devant l’énormité de la réaction disproportionnée russe aux incursions géorgiennes, elles mêmes justifiées par les provocations des protégés de Moscou (Ossétie du Sud), il y a d’un côté ceux qui défendent la Russie : Agents d’influence (Schröder), «intellectuels» émargeant à des budgets russes (Marek Halter qui préside deux universités russes et qui est le patron d’un mensuel franco-russe et qui se demande «Que veut l’Amérique en Europe»), géopoliticiens autoproclamés ou gloires anciennes de la «kremlinologie» (Hélène Carrière d’Encausse), les voilà tous qui vous démontrent que l’agresseur est la Géorgie et que la Russie ne pouvait pas se laisser marcher sur les pieds comme l’Occident s’est trop habitué à le faire. Et de vous expliquer que l’on a ouvert une boîte de Pandore en acceptant l’indépendance du Kossovo car cela donne la possibilité, par exemple à l’Ossétie du Sud ou à l’Abkhazie de se réclamer de la même «jurisprudence» en demandant la séparation d’avec la Géorgie. Nuance… ces deux «républiques dissidentes» veulent se rattacher à la Russie. Depuis des lustres la Russie accorde des passeports à ces populations pour pouvoir dire ensuite qu’elles sont ethniquement russes, créant un précédent qui pourrait être utilisé du côté des trois républiques baltes qui ont échappé à sa mainmise, mais dont une partie de la population est d’origine russe car leur territoire a été colonisé par la Russie à la faveur de leur occupation à la fin de la deuxième guerre mondiale. Quant à l’indépendance de Kossovo, à partir du moment où l’Europe a pris parti (merci Monsieur Kouchner) en faveur des Albanais musulmans contre les Serbes orthodoxes… les jeux étaient faits !

Il y a ensuite les «apaiseurs». Ils commencent par ne pas s’apercevoir que les colonnes de tanks russes avaient quitté leurs bases en se mettant en route vers la Géorgie trois jours avant la réaction géorgienne qui a mis le feu aux poudres. Ensuite ils font semblant de ne pas entendre les discours fulminants, qui reprennent mot pour mot les archives de la diplomatie soviétique, et parlent des «monstres criminels comme Saakachvili» ou des «Géorgiens que l’odeur du sang fait marcher». Et, quand les Russes les mènent en bateau au sujet de leur éventuelle retraite de Géorgie, ils vous expliquent que l’essentiel était d’obtenir un cessez-le-feu (Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner). Ils vont à Tbilissi proclamer le droit de la Géorgie à entrer dans l’OTAN en oubliant qu’au dernier sommet de cette organisation ils s’y sont opposés (Angela Merkel). Mais dès qu’il s’agit de faire quelque chose de sérieux, les mêmes disent qu’il ne faut pas couper les contacts avec la Russie. Tout cela découle de l’espoir (méthode Coué) que le pire n’arrivera pas. Comme si on pouvait faire confiance aux paroles des tyrans qui signent des traités et qui les transgressent sans vergogne. Ceux qui savent qu’il ne faut pas faire confiance aux Russes sont ceux qui ont vécu sous le talon de cette hydre qui refait ses tentacules dès qu’elle en perd une (les trois pays baltes, la Pologne, l’Ukraine, etc.).

Mais ce qui est incompréhensible, c’est l’incapacité des démocraties de réaliser que la Russie, une fois requinquée par ses exportations de pétrole, gaz et autres métaux, une fois débarrassée, avec l’argent américain, d’une partie de ses cimetières de sous-marins nucléaires et de moult missiles qui rouillaient sans entretien, fait ce qu’elle veut et ne fera rien de ce que l’Occident attend. Sur tous les fronts d’aujourd’hui : Afghanistan, Irak, Liban, Hezbollah, Gaza, Hamas, Soudan, Somalie, la Russie se trouve toujours du côté adverse à l’Occident : en fournissant des armes, en s’opposant aux sanctions contre l’Iran pour arrêter son programme nucléaire militaire, bref, en s’opposant à tout ce qui pourrait atténuer ou faire disparaître les menaces «extrémistes» (pour ne pas dire islamistes, pour ne fâcher personne…). De plus, l’Occident ne réalise pas que le peuple russe est intoxiqué, empoisonné, anesthésié par le discours belliqueux de ses dirigeants tant il veut croire à la renaissance d’une Russie forte. Forte de quoi ? Une économie sans industrie autre que celle des matières premières, une population en perdition dont le nombre pourrait se voir réduit de moitié dans les quarante ans à venir (75 millions au lieu des 150 actuellement, une espérance de vie à la naissance pour les hommes de moins de 60 ans -moins que le Mexique- en raison de causes multiples parmi lesquelles la violence, l’alcoolisme, un système de soins déplorable, etc.). Mais une industrie de l’armement qui fait feu de tout bois et qui vend, sans discernement aucun, tout ce que l’on veut à qui le veut : l’Iran et la Syrie (qui transfèrent les armes au Hezbollah et au Hamas), le Venezuela du clone castriste (qui vient d’apporter son appui à l’invasion russe en Géorgie), des pays d’Afrique qui n’assurent plus la subsistance de leurs populations mais qui s’arment. On en passe et des meilleurs. Mais ce pays où les milliardaires sont légion (à condition de ne pas s’opposer à M. Poutine) n’arrive pas à électrifier des milliers de villages où à assurer à ses habitants une vie normale. Parler de tout cela peut paraître futile. Et on trouve tout de suite des gens d’origine russe pour vous expliquer que vous n’avez rien compris de ce qu’est ce grand pays, européen de surcroît…

Que va-t-il se passer ? L’intégrité territoriale de la Géorgie sera sacrifiée sur l’autel de la realpolitik car l’Europe dépend pour ses besoins énergétiques de la Russie (n’ayant pas voulu suivre le conseil de Ronald Reagan qui, en son temps, avait esquissé ce qui allait se passer). Mais, vous dira-t-on, si on veut réduire la dépendance à la Russie, il n’y pas d’autre possibilité que de s’adresser à l’Iran. C’est déjà fait (Suisse, Italie et même l’Allemagne qui attend son tour). Alors, les sanctions contre l'Iran ? D’un côté les Russes s’y opposent et de l’autre, individuellement, les pays européens n’y trouvent pas leur intérêt. Et voilà l’Europe qui se prépare à changer «un bigle pour un bosco» comme on dit à la Royale : rien d’anormal car l’islamofascisme vert remplace le totalitarisme rouge…

Et vogue la galère… Et comme le disait si bien le Sapeur Camember, «quand les bornes sont franchies, il n'y a plus de limites».

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13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 08:57

Requiem pour la Géorgie

 Pendant que 4 Milliards de téléspectateurs regardaient l’époustouflante cérémonie d’ouverture  des Jeux Olympiques de Pékin, une colonne de blindés russes pénètre dans le territoire géorgien et, après 30 km arrive à la capitale de l’Ossétie du Sud, Tskhinvali qu’elle « libère » après avoir bombardé et tiré sur tout ce qui bougeait aux alentours.

La cérémonie de Pékin, par son faste et son formidable déroulement devrait nous donner froid dans le dos : rappeler les Jeux de 1936 quand les nazis ont inauguré le style ou rappeler les manifestations à la gloire du Guide Nord Coréen (d’abord le père et ensuite le fils, comme dans toute république populaire et … dynastique). Mais puisqu’elle a eu lieu, puisqu’elle a été préparée par le prochain maître du monde, la Chine, ne boudons pas notre plaisir même si notre Président a été éconduit par leur No1 et reçu, seulement, par le chef du gouvernement chinois. Auquel il a parlé, sérieusement, des droits de l’homme …

Depuis trois jours les radios et les télévisions du monde entier nous font savoir que la Russie est en train d’écraser le Géorgie. Et les journaleux bien pensants du Figaro ou de Marianne s’évertuent à démontrer, l’un plus que l’autre, que la Géorgie a agressé l’Ossétie du Sud. Quand l’idiotie se double de l’ignorance … nous n’avons qu’accepter de voir nos cerveaux bien lavés. Car, enfin, c’est bien l’Ossétie du Sud qui a fait sécession voulant se détacher de la Géorgie, non ? Bien sûr, George Bush lève la voix pour dire que les relations USA-Russie vont en souffrir, bien sûr notre Kouchner national prend l’avion pour prêcher la bonne parole aux « deux parties ». Impossible de lui faire dire que l’agresseur est russe, impossible de lui faire dire que la Géorgie est agressée et cela depuis des lustres …

Oui, depuis des lustres. En 1922, le petit père des peuples, Staline, redessine les frontières de la poussière de petits pays du Caucase et intègre l’Ossétie à la Russie. Mais … originaire de Géorgie, il crée une « Ossétie du Sud » qui reste en Géorgie. 100.000 habitants à l’origine se partageant entre géorgiens (un tiers) et ossètes, 4.000 km² de superficie, voilà un pays de cocagne où il fait bon vivre et où les gens vivent en paix. Et dont la capitale s’appelle de 1934 à 1961 « Stalinri ». En 1989, à la faveur de l’écroulement de l’empire soviétique, une partie des Ossètes préfèrent se rattacher à la Russie, la « république » fait sécession et après trois années de guerre, sous l’influence de l’Europe, des Etats-Unis et de l’OSCE, on fige la situation et on confie à la Russie la mission « d’observateurs » pour maintenir la paix. On assigne au loup la tâche de garder les moutons … La Géorgie est amputée d’une partie de son territoire, exode massif des géorgiens vivant en Ossétie du Sud (surtout ne pas prononcer les mots « nettoyage ethnique ») et le territoire est administré depuis par un « gouvernement ossète » qui n’est reconnu de personne au monde sauf de la Russie …

Et comme on connaît la pugnacité de l’Europe quand il s’agit de respecter la légalité internationale …les choses sont restées sans solution depuis plus de quinze années avec l’espoir que la Géorgie avalera la couleuvre. Comme elle devait avaler une deuxième couleuvre, l’Abkhazie – une autre république qui, avec l’aide généreuse de la Russie a fait sécession aussi. Ce qui, dit en passant, donne à la Russie un morceau de rive de la Mer Noire.

 Malheureusement (pour la Géorgie …) un oléoduc a été conçu et construit pour acheminer le pétrole de la Mer Caspienne (Bakou) jusqu’au port turque sur la Méditerranée, Ceyhan. Et cet oléoduc évite de passer par la Russie ce qui fait que son propre oléoduc (« le Nord ») se retrouve sans but lucratif (ou sérieusement réduit). En fait, cela revient à mettre une croix sur le transport de pétrole azerbaïdjanais vers Novorossisk par l’oléoduc russe … Ce qui fait dire à un expert «Pour éviter ce genre de revirement à l’avenir, la Russie doit en premier lieu augmenter son influence dans les pays de la CEI, dans les anciens pays socialistes et en Turquie » Nous y voilà, la Russie fait donner ses armées, écrase la Géorgie et « libère » la capitale d’Ossétie du Sud dans le silence assourdissant de l’Europe qui … accepterait, in fine, que la Russie s’assure la main mise sur cette voie d’approvisionnement. L’Europe qui depuis la fin des années 70 s’est livrée, pieds et poings liés, à la Russie pour satisfaire ses besoins en gaz et pétrole. Certes, on a bien essayé de trouver un modus vivendi avec les russes au moment de la conception de l’oléoduc. Mais tout accord devenait hypothétique au fur et à mesure que s’affirmait la tendance du gouvernement russe présidé par Vladimir Poutine de rétablir une autorité étatique ferme, entre autres, sur les productions des hydrocarbures et surtout de ne pas tolérer d’intrusion politique étrangère dans les affaires économiques russes.

Quant au tracé de l’oléoduc, on rappelle que lors de l’inauguration du canal de Suez, en 1869, parmi les félicitations dont on abreuvait Ferdinand de Lesseps, Bismarck lui fit remarquer qu’il avait fixé géographiquement le lieu des futures batailles. Bismarck n’avait pas tort, l’analogie est parfaite pour l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan.

Ce qui a surpris les occidentaux a été la rapidité et la réaction russe disproportionnée à la soidisant « agression » géorgienne. En fait, tout était préparé et depuis longtemps : plus de 60.000 hommes de troupe attendant l’arme au pied du côté de l’Ossétie du Nord (en Russie), plus de 300 chars d’assaut, une armada de chasseurs bombardiers et de avions gros porteurs transportant des moyens de locomotion et des pièces d’artillerie, bref, « la réaction » était préparée, elle n’attendait que « l’action », le prétexte.

Mais … chasser le naturel, il revient au galop ! La diplomatie russe commence à afficher des comportements qui ne peuvent que rappeler celle qui l’a précédée, la diplomatie soviétique. Non seulement c’est la Géorgie qui est l’agresseur mais … au Conseil de Sécurité on entend, ébahi, le représentant russe M. Churkine dire « ce n’est pas à ceux qui ont bombardé Belgrade ou qui tuent des civiles en Irak et en Afghanistan de protester contre nos bombardements de l’agresseur géorgien qui n’avait qu’à ne pas commencer » et en oubliant où il se trouvait, dire « l’agression géorgienne a donné un coup fatal à l’intégrité territoriale de ce pays ». Et son patron, le Ministre des Affaires Etrangères russe -Sergueï Lavrov- téléphone à Condoleeza Rice pour lui dire que le président élu de la Géorgie … doit partir !

Et pour ajouter l’ignominie à l’exagération, le nouveau président russe Medvedev parle de « nettoyage ethnique des russes d’Ossétie » tandis que le nouveau premier ministre, M. Poutine,  de « génocide » car il y aurait 2.000 morts parmi les habitants de l’Ossétie du Sud.

  L’hydre russe a deux têtes : qui écoute et qui parle ?

Un pays va se faire écraser, aux portes de l’Europe. Que ce soit « un, prêté, pour, un, rendu » (Kosovo), que ce soit pour de bonnes raisons pétrolières, une chose est certaine. La Russie actuelle que tout le monde pensait sur la voie de la démocratie n’est en réalité que la digne héritière de l’Union Soviétique. Certes, on ne tue plus les dirigeants qui « dévient » de la ligne du Parti. Car il n’y a plus de parti, il n’y a qu’une mafia d’origine KGB-iste qui a trusté les postes de pouvoir et/ou de profits économiques. La France en sait quelque chose, elle dont la Côte d’Azur est la destination préférentielle des « hommes d’affaires » russes qui achètent de propriétés en payant cash des dizaines de millions d’euros. Mais cela nécessite que l’on tue et l’on emprisonne tous ceux dont la tête dépasse. Anna Politovskaya, Mikhail Khodorkovsky, deux exemples parmi d’autres, cela ne vous rappelle rien ?

La Russie se veut de nouveau puissance impériale. Elle n’admet pas que des anciens « confettis » de l’empire soviétique s’émancipent  et aillent voir du côté de l’Ouest. Elle veut montrer que la force est de son côté et que rien, ni personne ne peut arrêter son retour au premier plan du monde. Son action militaire en Géorgie mettant en œuvre l’infanterie, l’aviation, sa marine et ses fusées est la plus imposante à l’extérieur de ses frontières depuis l’implosion de l’Union Soviétique (et seule depuis l’Afghanistan). Mais disposant d’un droit de véto à l’ONU, étant le deuxième producteur mondial de gaz et pétrole et ayant plus d’armes nucléaires que ce qu’il faut pour anéantir la planète 100 fois, elle fait ce qu’elle veut et ne se donne même plus la peine de masquer ses intentions. Et montre l’exemple à l’Iran après avoir laissé la Corée du Nord se doter du nucléaire militaire.

Et que trouve-t-elle pour lui faire pièce ? Bernard Kouchner qui va à Tbilissi pour «raisonner» la Géorgie avant d’aller à Moscou pour prêcher la bonne parole. Pour apaiser, dit-il… Notre président, lui aussi, est allé à Moscou pour faire connaître à celui qui annonçait que la Russie «allait poursuivre les Tchétchènes jusque dans les chiottes» son plan pour une sortie de la crise… Et en conférence de presse avec « le président » russe il reste de glace quand celui-ci éructe « ces gens-là sont des déments, des dégénérés, qui dès qu’ils reniflent l’odeur du sang ne peuvent plus s’arrêter» Pendant ce temps, la Géorgie sera écrasée et la Russie ira cracher sur sa tombe.

 

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