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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 13:13

Depuis plus de 500 ans, les règles et les théories d’un vieux cheikh arabe, et les interprétations abusives de générations de « prêtres » crasseux et ignares ont fixé, en Turquie, tous les détails de la loi civile et criminelle. Elles ont réglé la forme de la constitution, les moindres faits et gestes de la vie de chaque citoyen, sa nourriture, ses heures de veille et de sommeil, la coupe de ses vêtements, ce qu’il apprend à l’école, ses coutumes, ses habitudes et jusqu’à ses pensées les plus intimes. L’Islam, cette théologie absurde d’un bédouin immoral, est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies.” -Mustapha Kemal Atatürk, 1924 (Mustapha Kémal ou la mort d’un empire, Jacques Benoist-Méchin, Albin Michel, 1954).

 Un bédouin immoral et pédophile : ayant épousé Aisha sur ses six ans il l’a « connue » (dans le sens biblique) à neuf ans. Et presque 100 ans après, les paroles d’Atatürk sont toujours d’actualité. Avec une différence, essentielle : à l’époque, le déclin de l’islam a permis la transformation de la Turquie en pays séculaire tandis qu’aujourd’hui l’islam conquérant est en train de soumettre à sa loi au moins deux continents, l’Afrique et l’Europe. Le destin de l’Afrique, nonobstant les centaines de milliards de dollars qui y ont été déversés pendant des décennies et nonobstant les autres dizaines de milliards qui viendront disparaître dans les coffres des élites locales, semble scellé au plan démographique et économique. Celui de l’Europe ?

 L’islam a ouvert contre l’Europe trois fronts, également importants. La destruction des fondements de ses sociétés civiles, la conquête de ses structures politiques et la menace des armes. Il s’agit là d’un constat, ceci n’a rien à voir avec l’existence de nombreux musulmans en Europe qui, à titre individuel, se rattachent aux valeurs des Lumières. Et il ne s’agit pas d’un « complot » dans la mesure où les velléités de l’islam (fût-il modéré ou extrémiste) sont parfaitement connues et clairement exposées, constamment, par ses propagandistes, « agents d’influence » ou autres « intellectuels engagés »

La destruction des fondements des sociétés civiles -  par de petites avancées, réparties sur des dizaines d’années, l’islam a réussi à imposer aux sociétés ouvertes qui ont acceptées l’arrivée de masses de plus en plus nombreuses, le « respect » de sa différence ; on a assisté -phénomène curieux et sans précédent dans l’histoire des migrations- à une dérive lente de la société accueillante vers les valeurs des « envahisseurs ». Le terme peut faire scandale mais il est en deçà de l’appellation donnée aux migrants du fin fond de l'Asie vers l’Europe à partir de la fin de l’empire romain (« barbares »). En effet, tous les migrants (sans exception connue dans l’histoire) ont acquis avec un « droit du sol » obtenu par la guerre les valeurs de ceux qu’ils avaient vaincu. La destruction des fondements des sociétés civiles en Europe est à l’œuvre, il suffit de regarder ce qui se passe au Royaume Uni, en Belgique, en France ou aux Pays Bas. C’est un chapitre qui a connu moult descriptions et analyses, il en connaîtra encore tant que  la collusion  « islamo-gauchisto-fasciste » aura réussi à endormir les nations européennes en utilisant leurs valeurs pour les détruire.

La conquête des structures politiques de l’Europe est en marche depuis plus de trente années  et la dénomination « Eurabia » (Bat Ye-or) ne fait plus soulever les sourcils de personne. Elle a créé des sous-produits, « Franceabia » n’est pas le moins important. Il faut inscrire la dernière trouvaille française (« Union Euro-Méditerranée ») dans ce projet et comprendre que la prise de pouvoir, au départ par la capacité d’empêcher la prise de décisions non souhaitées par les pays musulmans et ensuite la prise de décisions affectant la vie présente et future des 450 millions d’européens est la voie choisie pour parfaire la conquête de l’Europe.

Car ce de quoi il s’agit c’est la conquête de ce continent, après celle de l’Afrique, mais qui sera le tremplin idéal pour continuer la conquête du monde. Et cette conquête passe aussi, passe surtout, par la menace des armes. C’est dire que focaliser l’attention du monde sur les agissements de l’Iran (marche forcée vers le nucléaire militaire, déstabilisation du Proche et Moyen Orient, destruction voulue de l’Etat d’Israël), loin d’être à négliger, permet de cacher les vraies intentions du dernier champion du monde musulman, l’Iran.

Si l’on accepte cette vue des choses, le déroulement de ce qui va suivre semble faire partie d'un scénario prédéterminé. L'Iran et Israël se trouvent sur une trajectoire de collision, rien ne semble pouvoir l'éviter.

L’Iran – En 2002 des dissidents iraniens apprenaient au monde, ce que l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique aurait dû lui faire savoir depuis des lustres, que l’Iran poursuivait un programme secret de développement nucléaire depuis 18 années en violation du traité de non-prolifération dont ce pays était signataire. Depuis toutes les tentatives (toutes agencées autour « des bâtons et des carottes ») pour amener l’Iran au renoncement se sont révélées vaines (la dernière, après six années de palabres, lui donnant encore « deux semaines » pour obtenir une réponse « positive »…). L’Iran ne peut pas renoncer à son programme nucléaire militaire pour trois raisons majeures : la Weltanschauung  de la théocratie iranienne dont Ahmedinejad n’est qu’un des représentants est ancrée dans la conception shiite selon laquelle le retour du 12ème imam (
qui sauvera le monde en assurant la victoire de l’islam) ne sera possible que sur fond de chaos mondial ; le besoin impérieux  de l’Etat iranien de devenir la puissance dominante pour la bande de terre allant du sous- continent indien jusqu’à l’Atlantique (et contrôler ainsi les ressources énergétiques et autres s’y trouvant) ; l’impossibilité pratique (coûts, ressources technologiques, laps de temps nécessaire) de disposer de moyens militaires conventionnels pouvant être utilisés pour assurer l’éclosion des deux premières raisons. C’est dire que ce n’est pas par hasard que ce pays a concentré tous ses efforts militaires sur deux axes, deux axes seulement : armes de destructions massives et vecteurs pour les transporter. Autant dire le nucléaire militaire et les fusées porteuses. Peut-on imaginer que ceux qui « négocient » depuis plus de six ans avec l’Iran ignorent ses données fondamentales ? Peu probable. Mais à partir du moment où, en 2003 les Etats-Unis (déjà engagés en Irak) ont accepté de « sous-traiter » le problème à la « troïka » européenne (France, Angleterre, Allemagne) les cartes étaient biseautées car ces pays se trouvaient en première ligne  de la construction de l’Eurabia. Autant dire aux complices de l’islam dans la conquête de l’Europe. Peu importe les raisons apparentes de la voie choisie par les européens pour « apaiser » l’Iran (et les courants musulmans souterrains de leurs propres pays), l’essentiel est que la fin était connue d’avance : l’Iran n’allait pas accepter les requêtes de sa proie ultime, requêtes qui allaient à l’encontre des buts majeurs qu’il poursuit. Prenant son courage à deux mains, dépité par la mauvaise foi de l’Iran, incapable de vérifier quoi que ce soit, après une douzaine de résolutions sérieuses demandant à l’Iran d’être « plus transparent et plus coopératif » l’Agence Internationale de Vienne a transmis le dossier iranien au Conseil de Sécurité pour suivre sur la voie des sanctions. Chose vouée à l’échec car deux membres permanents (Russie et Chine), chacun pour des raisons différentes, ne peuvent que s’opposer à tout ce qui pourrait affecter le développement de leurs propres activités avec l’Iran. Et c’est ainsi que la paysage devient clair : l’Iran poursuivra son programme nucléaire miliaire jusqu’à son terme (sauf interruption intempestive …) et l’Occident (l’Europe en premier) se trouve devant l’alternative « accepter un Iran nucléaire ou accepter une guerre ».

Du point de vue de l’Iran, une guerre (de toute manière programmée – comme disait le Général Patton « vous ne pouvez pas annuler un match qui a été programmé ») ne fera que raccourcir le temps d’attente du Mahdi (le 12ème imam). L’Ayatollah Ahmad Jannati, qui dirige le Conseil des  Gardiens de la Révolution, un des proches conseillers du Guide Suprême Khamenei, a déclaré le 20 novembre 2005, « les êtres humains, à part les musulmans, ne sont que des animaux qui errent sur la terre engagés dans la corruption » et Bernard Lewis écrit « Ils (les musulmans) savent qui ils sont et ce qu’ils veulent ; une qualité que nous semblons avoir perdue jusqu'à un haut degré »

La marche de l’Iran vers le nucléaire militaire s’accélère pendant les palabres visant à les arrêter. Un faisceau d’indices concordant montre qu’il s’agit accélération : le réacteur nord-coréen pouvant produire du plutonium détruit par Israël en Syrie en septembre 2007, la découverte récente (pas par l’Agence de Vienne …) d’un centre secret  de fabrication nucléaire dans la région de Al-Zarkan construit à partir de 2000 (Kuwait Times, 29 juillet 2008), l’acquisition de systèmes russes de défenses des installations nucléaires (si elle ne sont pas destinées au « militaire » pourquoi des anti-missiles ?), les essais de fusées porteuses à grand rayon d’action, voilà quelques indices qui montrent que l’Iran croit que le jour s’approche quand il faudra passer des « paroles verbales » quant à la destruction d’Israël (première étape de la conquête de l’Europe) soit à sa réalisation soit à la nécessité de faire face à une action de ce pays.

 

 

 

Système anti-missiles S-300PMU1 d’origine russe livré à l’Iran (en partie directement et en partie via la Biélorussie). Deux systèmes pour plus d’un milliard de $, livraison et mise en place accélérée pour défendre des sites nucléaires pouvant être attaqués avant la fin du mandat de George Bush. L’Iran a fixé la cadre temporel pour ce qui va suivre.


 De plus, l’Iran a complété l’installation d’Ispahan qui  produit une grande quantité d’Hexafluorure d’Uranium et poursuit à grande vitesse la construction de son réacteur à eau lourde (Arak) dont le seul intérêt est la production de Plutonium, voie parallèle pour la fabrication d’armes nucléaires. Installation pour laquelle le Vice-président de l’Académie des Sciences iranienne a déclaré « l’eau lourde est une médicament pour le traitement du cancer, utilisé en Occident » …

Nonobstant ce qui est visible, nonobstant le corpus idéologique qui se trouve derrière ce que l’Iran fait, les bonnes âmes occidentales (et leur bras séculier, l’Agence de Vienne), ceux qui devraient arrêter la course de l’Iran qui conduira à la guerre font semblant d’avoir un doute : peut-être que l’Iran ne veut pas du nucléaire militaire … Le drame c’est que l’on ne pourra détecter l’existence du  nucléaire militaire que le jour du premier essais … Comme pour la Corée du Nord qui a mené en bateau les Etats-Unis, la Chine et la Russie pendant 12 longues années.

Et voilà la dernière session de négociation avec l’Iran, le 19 juillet, quand ce pays fait savoir que, dans les conditions actuelles [capacité de faire augmenter le prix du pétrole (par réduction de sa production car c’est la 4ème producteur mondial ou par blocage du détroit de Hormuz par lequel passent 40 % du pétrole mondial), position de force incontournable directement ou par ses supplétifs (Hezbollah, Hamas, autres groupes palestiniens) au Liban et/ou dans les territoires palestiniens, etc.,] il n’a aucun intérêt ni souhait de faire quelque concession que ce fût. Passons à autre chose.

Mais l’Europe (mais pas seulement elle) se dit qu’entre un baril de pétrole à 300 $ et la survie d’Israël … le choix, pour elle, est vite fait. Par delà toutes les assurances et bonnes paroles déversées ad nauseam pendant la 60ème anniversaire de la renaissance de cet état.  Quand on sait que rien que les bouchons du dernier samedi ont consommé, en France, 10.000 barils de pétrole … soit plus de 1.500.000 $ qui ont grevé notre pouvoir d’achat …

Ceux qui croient ou font croire que les menaces de l’Iran ne sont que des galéjades et/ou vœux pieux devraient se dire qu’elles pourraient, cependant, pousser Israël vers une frappe préventive tout en s’assurant les moyens d’une deuxième frappe … si nécessaire. Bref, le monde entier n’a qu’une seule alternative devant les ambitions nucléaires de l’Iran : la capitulation ou la guerre. Les Etats-Unis ? Avec deux guerres sur leur dos, les autorités politiques et militaires font savoir qu’elles ne sont pas partantes pour une troisième … L’Europe ? Toute à ses petites affaires commerciales avec l’Iran (premier partenaire commercial et pour l’export et pour l’import), prise dans le maelstrom de la constitution de l’Eurabia …elle est incapable de relever sa colonne vertébrale. La Russie ? Deuxième grand producteur mondial de pétrole et gaz, premier grand fournisseur d’armes à tous les ennemis d’Israël … elle est prête à oublier qu’il y a un million d’israéliens d’origine russe. La Chine ? Elle fait main basse sur les ressources énergétiques de l’Afrique (Soudan, Niger, Angola, etc.,) et ses populations musulmanes ne sont que 50 millions vs 1,5 milliard de chinois, alors … 

Certes, Israël regarde les choses d’une manière différente. Ce pays sait que la voie vers l’Europe de l’Iran passe par Tel Aviv. Il sait aussi qu’à la différence des États-Unis, qui ont utilisé des armes nucléaires afin d'essayer de finir la deuxième guerre mondiale, les Iraniens vont les employer pour commencer une guerre sans trop s'inquiéter des conséquences potentielles. Peut-on être surpris qu’il se demande s’il ne vaut pas mieux attaquer maintenant avant que l'Iran soit capable de réaction forte ou même de faire exploser un dispositif nucléaire ? Et Israël sait aussi que le vrai problème n’est pas la capacité nucléaire mais ce à quoi elle peut servir. S’il ne s’agissait que des armes … les Etats-Unis auraient des problèmes avec l’Angleterre ou la France …

Israël - Rituellement, annuellement, on entend un dirigeant israélien dire calmement « Israël ne peut pas se permettre le luxe de vivre avec un Iran nucléaire ». Que ce soit à l’ONU (Ariel Sharon), que ce soit dans une conférence de presse avec M. Poutine (E. Olmert) ou à l’occasion de discussions stratégiques avec les Etats-Unis (S. Mofaz) deux idées de forces sont sous-jacentes : Israël ne permettra pas un deuxième holocauste et ce que l’on a appelé la doctrine Bégin érigée en dogme après la destruction du réacteur irakien (fourni par la France) « sous aucune condition nous n’accepterons que nos ennemis possèdent d’armes de destruction massive utilisables contre notre nation ; nous défendrons les citoyens israéliens, le moment venu, avec tous les moyens à notre disposition ». Osirak a été détruit après que toutes les tentatives de convaincre le gouvernement français (Giscard et Chirac) de ne pas fournir le réacteur à Saddam Hussein aient échouées.

Israël ne peut pas vivre avec un Iran doté d’armes nucléaires car, tôt ou tard, il les utilisera contre elle. D’un autre côté ce pays a toujours fait usage de la formule « transférer la guerre sur le territoire de l’ennemi aussi tôt que possible ».

Joschka Fischer, ancien ministre des affaires étrangères de l’Allemagne écrit le 30 mai 2008 dans un journal libanais : Le programme nucléaire iranien est le facteur décisif dans cette équation, car il menace l’équilibre stratégique de la région. Que l’Iran, un pays dont le président n’est jamais fatigué d’appeler à la destruction d’Israël, et qui menace le nord et le sud de ce pays par le soutien massif qu’il apporte aux guerres menées par ses alliés du Hamas et du Hezbollah, puisse avoir un  jour des missiles avec des têtes nucléaires est le pire cauchemar pour la sécurité d’Israël. La politique ne se fonde pas seulement sur les faits, mais aussi sur les perceptions. Que cette perception israélienne soit exacte n’est pas la question, car de toute façon cette perception débouche sur des décisions. »

Deux + deux faisant quatre, parce que l’Iran devra obligatoirement attaquer Israël, la question « Israël attaquera-t-elle l’Iran préventivement » est superflue, les vraies questions sont « a-t-elle la capacité de le faire, quand le fera-t-elle et que se passera-t-il le jour d’après  ? »

On sait peu de choses sur la capacité réelle de projection à 1.500 km d’une force israélienne suffisante pour attaquer, de manière décisive, des objectifs iraniens. Pas nécessairement tous les centres nucléaires, pas nécessairement les centres connus, pas nécessairement les « centres de pression » (installations pétrolières, raffineries, centrales électriques, etc.,) mais un mix suffisant pour mettre à genoux l’économie iranienne pendant un temps suffisamment long pour qu’éventuellement, un changement de régime puisse avoir lieu.

Israël dispose de trois acteurs majeurs : l’aviation (sans égal aucun au plan des équipements, de la formation des pilotes et des technologies particulièrement adaptées aux missions qui lui sont assignées), la marine (qui dispose de plusieurs sous-marins capables de tirer des fusées de fabrication propres et des missiles de croisière) et les fusées (de petite, moyenne ou grande portée + les balistiques). Il est fort probable qu’elle mettra en ligne les trois capacités s’il s’agit d’attaquer l’Iran.

On se focalise, en général, sur le fait que l’aviation devrait disposer de rayons d’action qui ne lui sont pas disponibles et qu’elle devrait survoler des territoires (Jordanie ou l’Arabie Saoudite, route du Sud ou la Turquie et l’Irak, route du Nord). En oubliant les exploits récents -survol du territoire syrien sur plus de 500 km sans qu’aucune station de radar puisse détecter les avions qui, in fine, ont détruit ce qui semble avoir été un réacteur Nord Coréen en cours de construction. On laisse de côté, ainsi les deux autres acteurs, la marine et les fusées. Qui, pourtant, recueillent des ressources insoupçonnables même aux spécialistes militaires.

Avec l’humour qui les caractérise, on a l’habitude de dire en Israël que pendant que l’Europe dormait Israël allait des oranges vers le software, de Jaffa a Java.

Des exemples ?

 

 

 

« Rafael » vient de recevoir le prestigieux « Prix Israël » pour la réalisation de SPICE : missile de croisière transformant des bombes d’une ou deux tonnes en munition « intelligente » dotée d’un système de navigation inertiel couplé au GPS. Le résultat ? Acquisition automatique de la cible par toutes conditions météorologiques, de jour comme de nuit, insensible aux contre-mesures électroniques, erreurs de navigation ou d’impact.

 

 

En dépit du refus d'Israël de reconnaître le statut de ses armes nucléaires, son arsenal secret supputé ne fait jamais l’objet de commentaires de la part de ses décideurs politiques. Il est supposé que le programme nucléaire israélien, développé à partir des années 60 a acquis (dépassé ?) le potentiel nucléaire de la France et de  la Grande-Bretagne se situant juste après ceux des USA, de la Russie et de la Chine. Le croquis joint qui indique les principaux sites de la force nucléaire israélienne (ADM et vecteurs de livraison) est établi par des experts américains  et n’a jamais fait l’objet de commentaires israéliens …



D’après MSNBC – (traduction MB)

 

Voilà les caractéristiques de trois sites parmi ceux identifiés dans le croquis de MSNBC.

 

 

 

Dimona

Jadis appelée « usine de textile, » le centre nucléaire Dimona se trouve entre Beersheba et Sodome (sur la Mer Morte) à 40 km de la frontière jordanienne. Le réacteur construit avec l’aide de la France (en cela premier proliférateur au monde) peut produire quelques 40 kg de plutonium qualité militaire annuellement.

Sachant que moins de 10 kg de plutonium (ajout de déflecteurs de neutrons en uranium 238 autour du plutonium) sont nécessaires pour une bombe, sachant que la production a pu se faire sur 10/20 ou 30 ans … on peut calculer facilement le nombre probable d’armes nucléaires détenues par Israël.

  Base aérienne -  Palmachim

 Equivalente de la plus grande base aérienne américaine de lancement de missiles (Vandenberg) c’est ici que l’on assemble et on teste les vecteurs porteurs (fusées de portée moyenne et grande). C'est le principal site israélien de recherche et développement de l’armée israélienne.

Les Etats-Unis soupçonnaient que c’est ici que des fusées intercontinentales étaient en cours de construction. Ils ne se sont pas trompés… une fusée a été lancée au début de l’année 2008.

Les photos satellites du secteur montrent aussi un terrain d'aviation avec une longue piste pour des avions gros-porteurs et plusieurs grands hangars.

 

Herbât Zaccaria

Les fusées mobiles Jéricho-2 et Jéricho-3, fusées stratégiques, se trouvent ici et constituent la « deuxième aile » de l'Armée de l'Air d'Israël. L’endroit se trouve entre Jérusalem et la Mer Morte et est nommé d’après le Prophète Zaccaria. Les photos satellites montrent environ 100 pas de tir pour des fusées (Jéricho -2 et 3).

 

La deuxième question est  « quand » ? Il semblerait que « la fenêtre de tir » doit se fermer soit avec le changement de président aux Etats-Unis soit à la date à laquelle les équipements de protection russes seront opérationnels. Ceci laisse six à neuf mois, temps qui pourrait être encore utilisé par ceux qui veulent « apaiser » pour obtenir de l’Iran qu’il renonce à ses visées pourtant consubstantielles aux fondements mêmes du régime des mollahs. D’un autre côté, le plus tôt sera le mieux : les pays du Golfe ont fait dire « si Israël attaque l’Iran on aura des soucis pendant 18 mois, si elle ne l’attaque pas ce sera pour 18 ans … » Le 10 mars, 2008 Kuwait Times publiait une interview avec l’ancien conseiller du gouvernement, Sami al-Faraj qui n’hésitait pas à dire « la destruction des capacités nucléaires de l’Iran par Israël serait de l’intérêt des nations du Golfe et serait «moins embarrassante» que si elle était faite par les Etats-Unis. Honnêtement, ils feraient quelque chose d’une très grande valeur stratégique pour les pays du Golfe en arrêtant les tendances hégémonique de l’Iran »

Et pour ce qui est du prix du pétrole [« la survie d’Israël est plus importante que le prix du pétrole » dit S. Mofaz (ancien ministre de la défense israélien, ancien chef d’état major de l’armée israélienne, à New York cette semaine) on peut observer que maintenant il est de 135 $ le baril et que si Israël attaque l’Iran il ira peut-être à plus du double, à 300 $ le baril. A-t-on attendu trop longtemps ? Si la chose avait été faite quand le baril était à 60 $ … il serait maintenant à 135 ! Au même prix mais … sans plus de menace du côté iranien !

Par delà l’intérêt propre d’Israël, si l’on veut stopper les tendances hégémoniques de l’Iran (Liban, territoires palestiniens, conflits shiites/sunnites, etc.,), l’utilisation de la fenêtre de tir évoquée plus haut semble s’imposer.

Et Le jour d’après ? Il est fort probable que l’Iran répondra, massivement, de quatre manières différentes en :

  1. essayant de bloquer le détroit de Hormuz – d’un côté s’agissant d’une voie maritime internationale le ban et l’arrière-ban de la « communauté internationale » se sentira agressé et … les forces navales américaine et française présentes n’auront pas de difficulté à assurer un libre passage (la largeur du détroit est grande, sa profondeur aussi, la marine iranienne n’a pas les moyens de s’attaquer à des porte-avions, destroyers ou autres moult frégates armées jusqu’aux dents) ; à supposer qu’il y ait réduction du trafic l’Iran souffrira en premier pour ce qui est des revenus tirés de l’export du pétrole et, encore plus, pour l’arrêt de l’importation de pétrole raffiné (l’Iran n’assure en propre que 40 % des besoins d’essence et autre produits raffinés) ; certes, une flambée (spéculative) du prix du pétrole est à envisager, les pays qui en souffriront sont, tout d’abord, ceux qui n’ont pas su, pu ou voulu arrêter la course vers le nucléaire militaire de l’Iran) ;
  2.  attaquant avec des fusées moyenne portée les forces américaines en Irak et avec des fusées stratégiques le territoire d’Israël – attaquer les forces américaines pourrait avoir un prix que l’Iran (certes, extrémiste mais peut-être pas tout à fait irrationnel) ne sera pas en mesure de payer ; le territoire d’Israël semble être suffisamment bien protégé par les systèmes anti-missiles Patriot (américain) et, surtout, Arrow (israélien) ; à supposer que les fusées iraniennes soient porteuses de charges non conventionnelles (chimiques, bactériologiques), Israël sera en mesure d’y répondre d’une manière non conventionnelle, aussi ; la conflagration risquerait de dépasser le cadre des deux nations pour faire intervenir « les grands » ;
  3. activant les capacités offensives de ses supplétifs dans la région, le Hezbollah et la Syrie, d’un côté et le Hamas, d’un autre côté – faire savoir à la Syrie que si le Hezbollah (ou ses propres forces armées) bougent Damas risque de subir le sort du Liban en 2006 sera de nature à rafraîchir l’enthousiasme de ces deux acteurs (en particulier celui du Hezbollah qui ne pourra pas mettre en exergue « la résistance à l’agression » pour risquer une deuxième destruction du Liban) ; quant au Hamas, il est fort probable que cette fois-ci l’armée israélienne profitera de l’occasion pour le déloger de Gaza et arrêter la transformation du « Hamasthan » en mini état taliban ;
  4. relançant ses réseaux terroristes de par le monde – les pays agressés (toujours ceux qui n’ont rien fait pour arrêter les efforts de l’Iran pour avoir la bombe) n’auront aucun moyen pour obtenir d’Israël un changement de programme mais, peut-être, auront-ils compris qu’il ne fallait plus jouer au poker avec l’Iran ; de plus, ces pays sont mieux armés pour faire face à une menace terroriste  qu’ils n’étaient il y a quinze années ou plus (se souvenir des actions terroristes de l’Iran en France, à Buenos Aires ou à Berlin).

 Et la rue arabe ? Ce n’est pas certain qu’elle bougera plus que nécessaire pour montrer une certaine solidarité « musulmane ». Il est même probable que l’on verra se reproduire le même silence assourdissant qui a suivi la destruction d’un complexe nucléaire en Syrie en 2007.

Les grandes puissances ? On ne voit aucun De Gaulle à l’horizon pour mettre en garde (2 juin 1967) « L’Etat qui le premier emploierait les armes n’aurait ni l’approbation ni, à plus forte raison, l’appui de la France » façon voilée de mettre un terme à l’amitié franco-israélienne et d’inaugurer la « politique arabe de la France ». Peu probable que la Russie avertisse qu’en raison de son pacte d’assistance avec l’Iran (pays riverains de la Mer Caspienne) elle se considère agressée. Tout au plus elle fera du bruit au Conseil de Sécurité où la véto des Etats-Unis lui fera pièce. Peut-être même celui de la France aussi.

Ce qui sera important ce sera ce que l’on aura obtenu. Le succès de la destruction de sites clés du programme nucléaire (connus ou moins bien connus …), la destruction des points de pression (raffineries, centrales électriques, installations portuaires, etc.,), l’absence de dégâts collatéraux (victimes civiles) sera mesuré, en réalité, par le temps nécessaire (et les ressources) pour que l’Iran revienne au status quo ante bellum. Trois ans ? Cinq ans ? Plus ?

Y a-t-il quelque chose d’autre à craindre ? On se souvient qu’après avoir perdu la guerre de 1973 (que l’Egypte et la Syrie avaient initiée) les pays arabes on lancé un embargo pétrolier (et les prix ont flambés … premier choc pétrolier) contre l’Europe. C’est une des raisons, selon Bat Ye’or,  du lancement du dialogue euro-arabe en 1974 qui a donné naissance à l’Eurabia. Ce qui veut dire que, comme en 1973, par conviction ou avec rémunérations, tout ce qui grouille, grenouille et scribouille se déchaînera contre Israël et en faveur de l’Iran. Mais … Golda Meir avait dit un jour « une mauvaise presse c’est mieux qu’une bonne épitaphe ».

oooooooooooooo

Le ….. à 02h00 GMT (05h30 Téhéran) le Gouvernement Israélien fait savoir au monde entier que devant les menaces répétées de l’Iran quant à sa destruction et devant l’incapacité de la communauté internationale d’arrêter la course de ce pays vers l’acquisition d’armes de destruction massive qui lui sont nécessaires pour appliquer ses menaces, Israël se considère en état de légitime défense et procède à des actions visant la destruction des potentiels militaires de l’Iran. Il  rappelle qu’il n’a de querelle aucune avec le peuple iranien et espère qu’il ne sera affecté d’aucune manière par les actions entreprises. Il met en garde tous ceux qui, liés ou pas, aux tendances hégémoniques destructrices de l’Iran qu’il procédera de la même manière avec eux si Israël fait l’objet d’attaques de leurs part. Le Gouvernement Israélien rappelle aux principales puissances  avoir fait preuve d’une énorme patience espérant que leurs efforts visant l’arrêt de l’Iran dans la course vers les armes nucléaires seront couronnés de succès mais il est obligé de constater que tel n’est pas le cas et que certains parmi elles semblent vouloir s’accommoder de l’existence d’un Iran disposant de moyens militaires nucléaires. Quant à l’Iran, si d’aventure ce pays se permet de riposter en utilisant des moyens non conventionnels, Israël répondra de la même manière en utilisant cependant une option de nature, taille et effet qu’elle considérera adéquate.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                          

 

 

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16 juillet 2008 3 16 /07 /juillet /2008 10:16

L’illusionniste

 

Sonnez trompettes, résonnez  musettes, avissse aux populations : l’Union pour la Méditerranée, projet majeur de notre président vient d’être lancée.

 

C’est-à-dire, pas vraiment … Tout d’abord, tout en avalant de travers, notre président a dû accepter que le titre du nouveau machin soit « Le processus de Barcelone : une Union pour la Méditerranée » Le processus de Barcelone a été lancé en 1995 et s’est distingué depuis par … rien. C’est donc la raison pour laquelle Mme Merkel a imposé au petit Napoléon le changement de programme.

 

Ensuite … il faut attendre un peu car l’Article 28 de la Déclaration Commune dit « Les détails du mandat de la nouvelle structure institutionnelle, le fonctionnement de la coprésidence ainsi que la composition, le siège et le financement du secrétariat, seront arrêtés par consensus par les ministres des affaires étrangères en novembre 2008, sur la base de discussions approfondies et des propositions présentées par tous les partenaires » Faut-il que l’on soit des jobards consommés pour ne pas comprendre que le charabia qui précède traduit l’impossibilité de se mettre d’accord sur les premiers réquisits de ce machin. Pour ne pas parler  de la co-présidence qui sera assurée par le représentant de l’Europe pour les affaires étrangères (encore un job pour l’ineffable, le marathonien des discussions avec l’Iran, pour celui qui demandait conseil au Cheik Yassine -fondateur du Hamas- pour celui qui assurait que « le Hamas ne veut que la liberté pour son peuple », le nommé Javier Solana) et un représentant du Sud choisi par consensus …

 

Mais c’est quoi ce machin ? Le bon docteur Kouchner (« qui n’était pas bien à l’aise » en juin 2008 quand il a appris que Bachir el Assad allait être invité à Paris) assène «La conférence de Paris sur l’Etat palestinien fut un succès mais l’essai doit être transformé. La France entend s’y employer activement lors du sommet et en faire une des priorités de sa présidence européenne car le processus de paix est menacé. L’Union Européenne doit jouer sans complexe tout le rôle qui lui revient au Proche-Orient. Ce sommet se veut celui de la paix entre tous les Méditerranéens» Suite à quoi le ministre syrien des affaires étrangères quitte la salle quand son homologue israélien prend la parole et son patron fait de même quand le premier ministre israélien se lève pour parler. Et N. Sarkozy est pris en flagrant délit de mensonge : quand on lui demande en conférence de presse publique si cela est vrai il dit que non. Pour être contredit illico par son collègue, le co-président Moubarak, qui explique d’une manière alambiquée que, peut-être, M. Assad avait quelque chose à faire et c’est pour cela qu’il est sorti …

 

Essayons de comprendre ce que notre visionnaire de président voulait et ce qu’il a obtenu. Le processus de Barcelone ayant ingurgité plus de 5 Milliards d’euros sans rien produire, N. Sarkozy a cru qu’il pourrait créer une nouvelle structure, éventuellement, contrôlée par la France et constituant un des projets majeurs de sa présidence française et européenne. Mais cela enquiquinait prodigieusement autant l’Espagne (vu que l’argent pour Barcelone était, en grande partie, dépensé là-bas), l’Italie qui savait que son client la Libye allait rejeter le projet (vision prémonitoire car le Guide Suprême a traité le projet « d’acte d’humiliation et de soumission » de l’Afrique) ou de l’Allemagne (qui ne comprenait pas pourquoi il n’y aurait de partenaires que ceux qui touchent la Méditerranée quand l’argent venait de tous les pays de l’Europe »). Ajoutez à cela qu’entre le moment ou N. Sarkozy a lancé l’idée (2006) et aujourd’hui l’Europe se retrouve à 27 … Mais qu’à cela ne tienne, il a peu d’idées mais comme elles sont fixes … voilà 42 chefs d’état ou de gouvernement qui se retrouvent à Paris pour faire ripaille aux frais de la princesse …

 

Ce que N. Sarkozy voulait c’était créer un mécanisme d’intégration des économies du Sud et du Nord pouvant conduire, à terme, à une création du genre de la Communauté Européenne. En laissant de côté le fait que les 275 millions d’habitants du Sud de la Méditerranée sont tous musulmans. Ce qui ne peut que continuer l’œuvre de destruction des structures européennes car il s’agit de continuer la voie de l’Eurabia (Bat Ye’or). En laissant aussi de côté que ce qui prévaut pour les dictateurs au grand pied (Moubarak et consorts) ou au petit pied (Bachir el Assad et consorts) n’est pas l’avenir économique de leurs peuples mais leur maintien au pouvoir. Pour lequel le rejet d’Israël sous toutes les formes est primordial. Et pour donner des gages, voilà que l’on invite comme partenaires la Ligue Arabe, l’Organisation de la Conférence Islamique, l’Union du Maghreb Arabe, le Conseil de Coopération des Etats Arabes du Golfe et l’Alliance des Civilisations (créature de l’ONU pour promouvoir la collaboration avec le monde musulman). Ce qui a fait que la Déclaration commune n’a pas pu enregistrer une formule classique sur « deux états » car personne du côté arabe ne veut reconnaître le caractère juif de l’Etat d’Israël.

 

Et alors ? L’illusionniste a encore frappé ! Conférence, dîner, parade pour le 14 juillet, si on montre tout cela c’est que c’est vrai ! Et le bas peuple, de toute manière tout à ses soucis de pouvoir d’achat ou de bouchons sur les routes ou d’un mois de juillet pluvieux … s’en contrefiche !

 

C’est pour que le spectacle soit complet que l’on a invité celui qui a commandité l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais. Président par droit dynastique d’une république responsable de l’assassinat d’un ambassadeur français au Liban et de la mort de presque 100 soldats français. Et dont le pays, création de la France et de l’Angleterre, a toujours « mangé l’appât et pissé sur l’hameçon » comme N.Sarkozy (après d’autres, J. Chirac en particulier) le découvrira rapidement. Mais pour lui montrer de quel bois on se chauffe on lui a fait entendre debout la Déclaration des Droits de l’Homme pendant le défilé du 14 juillet ! Le tout pour faire la nique à son prédécesseur qui quittant l’Elysée occupe maintenant un appartement de la famille du même ancien premier ministre.

 

A tout seigneur, tout honneur : l’irremplaçable Bernard Kouchner chante des louanges pour l’événement et rappelle, parmi d’autres éléments positifs qui permettraient (selon lui) de voir l’avenir en rose « Il faudrait aussi citer la trêve à Gaza sous l’égide de l’Egypte, les pourparlers israélo-syriens grâce à la médiation turque, ou les échanges humanitaires entre Israël et le Hezbollah. » Le macabre (que peut-être ne lui était pas connu) le dispute à l’ignoble (qui ne pouvait pas lui être inconnu).Echanges très humanitaires, il s’agit d’échanger les deux cadavres des soldats israéliens kidnappés en juillet 2006 contre, du côté d'Israël, en sus de 200 cadavres de « combattants libanais », la libération d'un assassin qui purgeait une peine de « trois fois la vie + 47 ans) » pour avoir assassiné deux policiers et un civile en commençant par tuer une fille de quatre ans sous les yeux de son père … et qui arrivera en héros au Liban. Le Liban, ce pays que la France soutient toujours et qui déclare le retour d’un assassin « fête nationale ». Bernard Kouchner n’a pas perdu seulement ses repères en migrant de la gauche vers la droite, il a perdu aussi son âme.

 

En ce 14 juillet on pourrait quand même se poser la question « c’est quoi la France ?  République bananière ? C’est quoi exactement une république bananière ?

 

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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 07:40

Texte mis en ligne par Liberty Vox

Le Président Bush a déclaré « l'acquisition d’armes nucléaires par l'Iran est inacceptable» et pour qu’il n’y ait pas de malentendu, le Vice-Président Cheney dit « les Etats-Unis ne permettront pas à l'Iran d'acquérir des armes nucléaires ».  Juste avant son voyage en Israël le Président Sarkozy déclare au journal israélien Yedioth Aharonoth « La France fera tout afin d'empêcher l'Iran d’acquérir des armes nucléaires et … ceux qui réclament d’une manière indigne la destruction d’Israël se trouveront confrontés à la France … ». Pour ne pas rester en reste, Mme Merkel déclare à la Knesset « Pour moi en tant que chancelière allemande, la sécurité d'Israël ne sera jamais négociable »

Le temps des déclarations induit par la soixantième anniversaire de la renaissance d’Israël passera rapidement car les préoccupations, surtout, de l’Europe sont aujourd’hui uniquement liées au prix du pétrole et aux effets consécutifs sur le renchérissement des matières premières comme aux conséquences sur la croissance des économies du continent.

Les tenants de la Real Politik rappellent que l’Iran a comme principal partenaire commercial pour l'importation et l'exportation, l’Europe.
Selon les données de l’Union Européenne, en 2006, ses importations se sont montées à plus de 14,0 milliards d’euros, alors que la valeur des exportations  (avec l'Allemagne, la France et l'Italie menant la danse) s'élevait à presque 12,0 milliards d’euros. L'Iran est le quatrième plus grand fournisseur de pétrole de l'Europe. Et les mêmes soulignent qu’une détérioration des relations (sanctions contraignantes, voire une attaque militaire contre l’Iran) conduirait à une augmentation faramineuse du prix du pétrole et à la récession dans les économies occidentales.

L'Europe est donc celle qui tient à flots l’économie iranienne en considérant que cela a comme effet le maintien en état de sa propre économie. Tous les pays de l’Europe disposent d’ambassades à Téhéran, tous les aéroports d’Europe accueillent et font partir des vols vers Téhéran et … aucune voix ne s’est élevée contre la participation de l’Iran aux Jeux Olympiques. Pendant le régime d’apartheid, pendant 28 ans, on a interdit à l'Afrique du Sud de participer aux Jeux Olympiques et/ou à la coupe du monde (football). L'Iran, dictature des mollahs, régime religieux de ségrégation, pourrait être considéré come étant bien plus nocif. L’Europe ? Elle fait très peu ou rien pour isoler explicitement l'Iran. Pas plus que la Russie qui prétendant ne pas avoir des indications précises et fiables sur le programme nucléaire de l’Iran, attend que l’on trouve le « smoking gun ».

Au plan pratique attendre une « preuve irréfutable » veut dire en réalité que l’on consent à l’existence d’un Iran disposant de l'arme nucléaire. Il n’est pas difficile de comprendre, dans ce cas, qu’un prix du pétrole excessif et une croissance économique réduite ne sont pas nécessairement le mal le plus grand par rapport à un Proche Orient lancé dans une course aux armements nucléaires.

Mais si le monde (l’Europe en premier) peut attendre, deux pays ne le peuvent pas : les Etats-Unis et Israël. Autant pour des raisons liées à leurs propres relations qu’à celles de la communauté internationale. En effet, « Soixante ans daprès la reconnaissance diplomatique d’Israël par les Etats-Unis, tandis qu’Israël fait des efforts pour obtenir la paix avec la Syrie et contribuer avec l’Autorité palestinienne à la création d’un état palestinien, la perspective d’une République Islamique de l'Iran disposant d’armes nucléaires pourrait confronter les Etats-Unis et Israël au défi le plus sérieux de l'histoire de leurs rapports. (Washington Institute for Near East Policy’s Presidential Task Force on the Future of U.S.-Israel Relations – 2008).

Cela étant, embourbés, comme ils sont, en Irak, les Etats-Unis ne semblent pas être disposés à se lancer dans une nouvelle opération militaire, cette fois-ci, contre l’Iran. Et si c’est Israël qui s’en charge, le monde entier considérera que cela a été fait avec le consentement américain. D’où une certaine dégradation des relations entre les deux pays, dégradation qui a commencé à se faire jour avec la publication du fameux rapport du renseignement américain qui laisse croire que l’Iran a abandonné le programme nucléaire militaire en 2003 … Rapport que les services de renseignement israéliens ont mis en pièces jusqu’à faire E. Barak déclarer au Monde « Le rapport des services secrets américains était faux, point final, et je suis confiant : nous le démontrerons avec le temps ». 


L’Europe convient que l'Iran est une menace, et que ses efforts tranquilles vers l’énergie nucléaire civile est une feinte. Mais que faire ?  Depuis bientôt sept ans l’Europe parle gentiment à l’Iran avec l’espoir qu’il abandonnera son programme fortement soupçonné d’être militaire. Elle espère que par une sorte de miracle, l’on obtiendra un plan d'action ferme en dehors du Conseil de Sécurité de l’ONU (la Russie et la Chine bloquant toute action sérieuse). Peut-être.


Malheureusement toutes les discussions habituelles (avec ou sans l'ONU) ressemblent à  « jouer du violon tandis que Rome brûle » (Néron)  sauf que cette fois-ci Israël va brûler si quelque chose n'est pas fait. Le monde libre, les héritiers des Lumières, doivent-ils attendre pour voir si M. Ahmedinejad est sérieux quand il parle « d’éradiquer Israël de la carte » ?

Oui, dit le Prix Nobel El-Baradeï. Et il met sa démission de responsable de l’AIEA en jeu … « Ce que je vois en Iran aujourd’hui c’est un danger grave et urgent. Si une frappe militaire est effectuée contre l'Iran actuellement… elle me rendrait incapable de continuer mon travail » (déclaration à la chaîne de télévision Al-Arabiya). AIEA qui n’a rien su du programme nucléaire iranien pendant dix-huit longues années avant qu’il soit dévoilé par des dissidents iraniens. Ou du programme nucléaire libyen, découvert par la CIA et des « services » européens. Ou du marché noir crée par A.G. Khan, père du programme nucléaire militaire du Pakistan qui a fourni la Corée du Nord, l’Iran, la Libye en utilisant des sociétés européennes et des cadres suisses au-dessus de tout soupçon … 

Et comme il n’est pas à une contradiction près, il ajoute  « Une frappe militaire, à mon avis, serait plus mauvaise que n'importe quoi. …elle ferait que la République islamique soit encore plus déterminée pour devenir une puissance nucléaire.  Si une frappe militaire est lancée, elle signifiera que l’Iran, s’il ne vise pas déjà les armes nucléaires, se lancera d’une manière accélérée vers leur acquisition avec la bénédiction de tous les Iraniens, peut-être même avec celle de certains pays de l'Ouest. » Voilà l’homme qui est censé assurer la communauté internationale du respect, par tous les pays signataires, du pacte de non-prolifération … Confronté au refus des dirigeants iraniens de s'expliquer sur la militarisation présumée de leur programme, M. El-Baradei a uniquement regretté leur silence bien que des rapports des services de renseignement, venant de dix pays, accusent Téhéran de mener des études sur la mise au point d'armes nucléaires, en particulier sur le façonnage d'ogives et l'adaptation du missile Shahab-3.

Missile Shahab-3 dont l’ogive est transformé pour recevoir une tête  nucléaire (Federation of American Scientistes)

Alors ? Les Etats-Unis ne feront rien. Au moins pas pendant les huit derniers mois de la présidence Bush. Et à voir l’insistance qu’ils mettent à forcer Israël à accepter la création d’un état croupion, potentiellement terroriste aux ordres de l’Iran (comme le Liban, aujourd’hui, comme Gaza, hier déjà), on peut supposer qu’ils s’opposeraient à une action israélienne propre. La France ne fera rien. Elle n’a plus les moyens d’entretenir son armée, des cohortes de chars d’assaut sont en train de rouiller car … pas de combustible pour les faire tourner (sur quel théâtre d’opérations ? contre quel adversaire ?) et son aviation comme sa marine sont en réalité des vestiges d’une gloire ancienne. L’Allemagne ? Allons, donc.

Reste Israël. Plusieurs questions se posent si l’on envisage une action préventive israélienne. Dispose-t-elle de renseignements suffisants pour choisir le minimum de cibles qui feront un maximum de dégâts avec un minimum de dommages collatéraux (population) ? A-t-elle les moyens technologiques pour que l’action soit couronnée de succès ? Que se passera-t-il « le jour d’après » ?

Tout d’abord, on comprend qu’une action israélienne transformerait un problème mondial (le non respect par l’Iran des conditions posées par le traité de non prolifération, par lui acceptées – un programme caché pendant plus de 18 années) en un différend israélo-iranien. En laissant de côté le fait qu’Israël se trouve, en réalité, en légitime défense vue la menace potentielle iranienne et la rhétorique journalière du clown halluciné qui attendant le 12ème imam veut faire disparaître Israël. Comme de la menace permanente des supplétifs de l’Iran armés jusqu’au dents par ce pays : Hezbollah – disposant de plus de 30.000 fusées à courte portée maintenues dans un nouveau système de bunkers vis-à-vis duquel le mur de l’Atlantique n’était qu’un château de sable … et Hamas qui vient d’obtenir une « trêve » dont le but essentiel est de se refaire l’arsenal et de former une nouvelle chair à canons.

Croquis (Debka) montrant des bunkers du Hezbollah construits au nez et à la barbe de la force FINUL censée interdire la reconstitution des forces de cette organisation terroriste (Résolution 1701 du Conseil de Sécurité). 

Néanmoins, le premier résultat d’une action israélienne sera que le monde entier trouvera une nouvelle raison pour être contre Israël. Encore que … on a vu le silence assourdissant des principaux pays arabes qui a suivi trois évènements majeurs : la destruction du tiers de l’infrastructure du Liban suite à la guerre initiée par le Hezbollah, le meurtre (crédité au Mossad), en Syrie, du principal assassin de cette organisation (ayant figuré sur la liste de tous les services occidentaux, y compris de la DGSE, pendant plus de 20 ans) et la destruction d’un site nucléaire syro-nord-coréen par l’aviation israélienne. Mais les réactions de la rue arabe qui sera accompagnée de toutes les gauches du monde en train de devenir, elles aussi, islamo-fascistes seront redoutables …

Israël est, probablement, le pays qui sait le plus de ce qui se passe en Iran. Aussi parce que pour une partie de sa population la langue perse et ses multiples dialectes n’a pas beaucoup de secrets. Il est fort probable que sa liste de cibles dispose d’une fiabilité suffisante pour infliger un maximum de dégâts, pas nécessairement à tous les sites nucléaires connus, surtout pas à ceux qui sont enterrés sous des montagnes (comme Natanz où l’on fait l’essentiel de l’enrichissement de l’Uranium). Probablement, surtout, aux sites clandestins peu ou pas du tout connus du monde. Non plus à ceux qui sont en train d’être assurés d’une défense anti-aérienne et anti-missiles supposée à toute épreuve que la Russie installe à grande vitesse (systèmes Pantsir-1, S-300, j’en passe et des meilleurs). Un certain doute peut subsister quant aux renseignements détenus par Israël mais … ce pays a toujours laissé une part à l’improvisation !

La deuxième question peut recevoir une réponse positive sans aucune ambigüité. Certes, la distance à parcourir  pour une flotte aérienne est de l’ordre de 1.500 km si elle décolle des bases israéliennes. Mais beaucoup moins pour des missiles de croisière pouvant prendre leur envol à partir de sous-marins judicieusement positionnés dans le Golfe Persique ou la Mer d’Oman.


       Frappe militaire israélienne possible contre l’Iran (Tribune de Genève)


Le monde entier a été surpris par le bombardement du site nucléaire syrien en septembre 2007. Ce qui a retenu l’attention des spécialistes militaires c’est le fait que l’escadrille de F-15 qui a effectuée le raid n’a été détectée à aucun moment ni par la Syrie mais ni par la Turquie, pays de l’OTAN disposant de systèmes de détection les plus perfectionnés … La Turquie n’a appris du raid qui pourtant à survolé son territoire que le fait que des réservoirs supplémentaires y ont été largués par les avions israéliens. Ce qui rappelle le bombardement du siège de l’OLP à Tunis par la même aviation plus de 25 ans auparavant quand elle a traversé la Méditerranée d’Est en Ouest, sur toute sa longueur sans que la Grèce, l’Italie, la France ou l’Espagne aient vu quelque chose … En clair, Israël semble disposer de ce qui est nécessaire pour rendre son aviation parfaitement invisible à ceux qui ne doivent pas la voir.


On vient d’apprendre, par une « fuite d’un officiel américain » (?!) qu’Israël a effectué un exercice militaire important pendant la première semaine de juin ; aussi que les sources américaines indiquent qu’il s’agissait, apparemment, d’une une répétition pour une attaque potentielle sur les emplacements nucléaires de l'Iran. Plus de 100 avions de combat F-16 et F-15 d'IAF ont participé à l'exercice, qui a été effectué au-dessus de la Grèce méditerranéenne et la Méditerranée Orientale. L’exercice a également inclus des hélicoptères de sauvetage et des avions ravitailleurs, tous ayant fait un parcours d’environ 1.500 km. Comme par hasard,  la distance qui sépare Israël du site nucléaire de Natanz où l’on enrichit l’Uranium. Trois observations : (a) le pourquoi de la fuite américaine quand l’exercice n’était connu qu’à la Grèce (une quarantaine d’avions israéliens F-15 et F-16 se trouvaient sur la base aérienne Souda, dans  l'île de Crète pour la durée de l'exercice) ; (b) le commentaire acerbe immédiat de la Russie à travers son Ministre des Affaires Etrangères qui, n’ignorant pas l’incapacité des équipements russes à détecter les mouvements de l’aviation israélienne, clame « ni Israël ni les Etats-Unis n'ont produit la preuve que l'Iran développait des armes nucléaires et dès lors le sujet doit traité par la diplomatie et des discussions avec Téhéran » ; (c) l’évidente surprise des mollahs qui, tout en sortant les antiennes habituelles sur « l’entité sioniste » semblent commencer à comprendre que laissée seule et ne prenant pas au sérieux les paroles de MM Bush, Sarkozy ou de Mme Merkel, Israël se prépare au pire -pour eux.


Résumons : à juste titre, la communauté internationale est inquiète
des activités nucléaires de l'Iran. Bien que la République islamique insiste sur le fait qu'elle est seulement intéressée par la technologie nucléaire pour disposer de combustible pour les centrales nucléaires (qui lui font défaut pour l’instant …), l’AIEA a récemment signalé que l'Iran a bloqué ses tentatives d'étudier ce que sont les divers composants trouvés et semblant faire partie d'un programme d'armes nucléaires. Et la question qui reste posée au monde est de savoir ce qu’il faut faire.


Le monde ne sait pas quoi faire pour arrêter la marche de l’Iran vers la bombe. Israël semble le savoir et se prépare pour. Et selon un autre « officiel » américain commentant le même exercice aérien « 
Ils ont voulu que nous le sachions, ils ont voulu que les Européens le sachent et ils ont voulu que les Iraniens le sachent aussi »

 




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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 11:46
Texte publié par Liberty Vox le 09.06.08

 

Premier chef d’état étranger à se rendre au Liban après «l’élection» du Général Sleimane, notre Président a pris dans ses bagages les éminents représentants de la classe politique, de droite, du centre et de la gauche. Sauf Olivier Besancenot, Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers, c’est toute la France officielle qui s’est précipitée à Beyrouth pour frapper du sceau de l’honorable le coup d’état du Hezbollah réalisé sous les ordres de l’Iran et de la Syrie. La France pouvait choisir entre le déshonneur et la guerre, elle a choisi le déshonneur et elle a eu la guerre disait Churchill en 1939. On devrait paraphraser ce dicton et dire : La France pouvait choisir entre la majorité anti-syrienne et le déshonneur, elle a choisi le déshonneur …

Car c’est quoi moins que le déshonneur, pour le pays qui a créé le Liban, quand on accepte la mainmise du Hezbollah sur ses destinées. C’est quoi moins que le déshonneur pour le pays qui a imposé la résolution 1701 (désarmement du Hezbollah) que d’accepter un président après que les trois conditions posées par l’Hezbollah (droit de véto au gouvernement, réseau de communications hors du contrôle de l’Etat Libanais, contrôle de l’aéroport de Beyrouth) eussent été «légalisées» par un accord obtenu par le Qatar ? C’est quoi moins que le déshonneur que de ratifier la mainmise de la Syrie sur le Liban après avoir été éconduit au bout d’un chemin à Damas effectué par deux «hauts» émissaires, vu que notre ministre des affaires étrangères n’a pas réussi à y aller ?

65 morts provoqués par le Hezbollah pour obtenir ce qu’il demandait en utilisant les armes de «la résistance contre Israël». Et notre Président qui disait «je ne serrerai pas a main des ennemis d’Israël» rencontre les dirigeants de 14 partis libanais, Hezbollah y compris. Et il reste de glace quand le nouveau président libanais, en réalité, nommé par l’Iran et la Syrie, après avoir clamé dans son discours d’investiture «Le Liban n’a qu’un seul ennemi, Israël ; le peuple libanais dans son ensemble soutient le conflit armé avec l’entité sioniste», lui demande l’aide pour «récupérer son territoire occupé et assurer le retour des «réfugiés» palestiniens dans «leur pays occupé». Le territoire occupé du Liban ? Les Fermes Shebaa que le président précédent avait accepté après de longues discussions avec l’ONU de considérer comme appartenant à la Syrie (tracé de la ligne bleu). Mais qui «justifie» la «résistance» du Hezbollah. Le pays «occupé» des réfugiés palestiniens ? Israël.

Pendant que l’échelon politique dépensait l’argent de la République à Beyrouth, notre ministre des Armées reprenait une partie du message présidentiel pour dire «il s'agit désormais d'œuvrer pour que le dialogue qui a été entamé entre toutes les parties débouche sur une normalisation durable de la situation politique au Liban et dans la région". "Dans ce contexte fragile, la mission de la Finul est difficile" appelant à "redoubler d'efforts pour aider l'armée libanaise à assurer, seule, le contrôle du Liban sud, à lui faciliter le plein exercice de la souveraineté libanaise dans cette région si sensible». La Finul qui ne contrôle rien car le territoire qui lui est affecté n’est rien d’autre que celui où le Hezbollah règne en maître et où il a reconstitué, et au-delà, sa puissance de frappe.

Pourquoi ? Comment la France est-elle descendue si bas ? Comment peut-elle croire qu’elle gardera encore quelque respect du côté de ceux qui ont été sacrifiés sur l’autel de ses propres ambitions ?

La première explication, le projet d’Union Méditerranéenne. Notre président veut qu’il constitue sa grande œuvre et pour cela il a besoin que le dictateur syrien y participe. Et avec lui tous les autres chefs d’état arabes plus ou moins démocrates (mais qui s’en soucie ?). Mais… comme lesdits chefs d’état ne veulent pas d’une participation israélienne, notre Sarkozy national est soucieux car il s’agit de lancer le projet à Paris le 13 juillet et inviter tout le monde à parader le 14…

La deuxième explication, détacher la Syrie de l’Iran en lui reconnaissant le droit d’ingérence au Liban et en lui promettant un accord d’association avec l’Europe. Accord que notre Président poussera pendant tout le temps que la France assurera la présidence de l’Europe. Le drame qui se joue cependant dépasse par ses implications la diplomatie aux petits pieds de nos diplomates.

L’Iran dont l’ambition première, par delà son objectif géopolitique de devenir la première puissance du Proche-Orient, est de détruire Israël, a appris la leçon de la dernière guerre mondiale : personne n’a levé son petit doigt pour sauver les juifs des nazis. Et l’Iran sait qu’avec suffisamment d’avantages matériels offerts au monde, l’histoire se répétera. En attendant, l’Iran a besoin de temps pour devenir puissance nucléaire. Temps qui lui a été octroyé par l’Europe (Jack Straw pour l’Angleterre, Jaques Chirac pour la France et Yoshka Fischer pour l’Allemagne). Sept années de discussions stériles pendant lesquelles l’Iran n’a rien concédé, n’a renoncé à rien et surtout pas à sa marche forcée vers la bombe. Nicolas Sarkozy, dès son élection, indique que l'Iran nucléaire est «inacceptable» et demande aux sociétés françaises de ne plus faire des affaires avec la République islamique.

Mais ces sociétés ont investi des dizaines de milliards de dollars en Iran. Total continue à espérer la réalisation d’un projet de plusieurs milliards de dollars pour développer les gisements de gaz naturel de l'Iran, deuxièmes plus grands du monde. Mme Merkel s’est engagée «à jeter un nouveau coup d'oeil» au commerce avec l'Iran. Mais pendant que Berlin a coupé quelques crédits à l'exportation, environ 1.700 compagnies allemandes maintiennent un commerce annuel de 5 milliards de dollars avec l'Iran. Gordon Brown pour la Grande-Bretagne indique que Téhéran ne devrait pas douter «du sérieux de notre but» en parlant de l’arrêt des efforts pour acquérir l’arme nucléaire. En attendant, Londres offre des crédits à l'exportation qui assurent plus de 1 milliard de dollars dans le commerce annuel de la Grande Bretagne avec l’Iran. Silvio Berlusconi, de retour au pouvoir, veut que l'Italie se joigne aux entretiens nucléaires avec Téhéran tout en protégeant son commerce annuel de 7 milliards de dollar qui fait de l’Italie le premier partenaire commercial européen de l’Iran. La Suisse signe un contrat gazier pluriannuel de 22 milliards de dollars. L’Autriche fait de même pour presqu’autant.

«La politique de l'Europe est schizophrène : juste assez de soutien aux sanctions imposées sous la pression des États-Unis, mais sans trop affecter les relations commerciales ou risquer la rupture avec l'Iran» explique Charles Powell, un ancien conseiller pour les affaires étrangères de Margaret Thatcher. «L’Europe fait semblant d’agir mais en réalité elle attend des changements politiques qui pourraient intervenir en Iran ou à Washington».
Et le toujours ineffable Javier Solana d’aller de nouveau à Téhéran pour proposer, à répétition, un paquet d’offres économiques identique à celui que l’Iran a rejeté il y a deux ans… A l’encontre du mot de Hemingway, l’Europe montre en permanence qu’elle confond le mouvement avec l’action.

Mais que se passe-t-il dans cette Europe dont la France prendra la présidence le 1er juillet ? Tout d’abord une décomposition induite par la politique d’apaisement et, finalement de collaboration avec les ennemis déclarés. Les faiblesses des démocraties occidentales aidant, leurs centres de résistance (nation, patrie, culture) sont détruits patiemment avec l’aide des dirigeants «réalistes» qui empêchent de se manifester l’instinct de conservation nationale. La France et l’Angleterre ont trahi la Tchécoslovaquie, on connaît la suite.

Les idées de liberté, coopération universelle et amour planétaire, qui sont devenues de vulgates dominantes en Europe ont toujours été exploitées par ceux qui n’ont de cesse que de les détruire. Et on ne veut pas appeler un chat un chat en s’attaquant à tous les profiteurs des situations confuses, les dirigeants des sociétés industrielles (propriétés des Etats ou privées) qui ne s’occupent pas de géopolitique mais uniquement de leurs profits immédiats ou à venir. Total, (ou les pétroliers ou gaziers italiens et autrichiens), les politiciens véreux (voir les diplomates français bénéficiaires de bons de pétrole offerts par Saddam Hussein pour services rendus, ou autres), les maîtres chanteurs déguisés en journalistes de la presse libre mais uniquement bienveillante pour ceux qui n’acceptent pas la liberté de la presse, les chaînes de télévision qui contribuent à inciter contre ceux qui ne sont pas pauvres ou humiliés ou détenteurs du progrès historique (voir Al Dura et Fr2), bref tous les profiteurs qui se soucient du pays comme d’une guigne quand il s’agit des honneurs et profits personnels. Et après eux… le déluge !

Comment comprendre autrement la descente aux enfers de la France ? Naturellement, des philosophes, politologues et autres laveurs de cerveaux, qui ont à peine plus de 18 ans mais les cheveux longs, la moustache bien taillée et un «mental» d’enfant handicapé, sans s’en rendre compte se sont transformés en «5ème colonne» de ceux qui veulent nous détruire et, finalement, les détruire. Pourtant, l’histoire n’arrête pas de nous apprendre qu’il n’y a pas en réalité de «gauche» ou de «droite» : il y a humanisme ou totalitarisme. La dernière fois que cela a été évident, cela a donné la deuxième guerre mondiale. Et quand on regarde les résultats de tout ce que les Administrations américaines, démocrates ou républicaines, ont fait avec l’Iran, on reste coi. Kennedy qui a poussé le Shah vers la démocratie avec comme résultat la création de l’opposition de l’Ayatollah Khomeini. Nixon qui, occupé par le Vietnam, pousse l’Iran à devenir une superpuissance régionale en l’armant jusqu’aux dents. Carter qui a poussé le Shah de nouveau vers la démocratie : la révolution islamique n’a pas attendu une autre occasion, elle a trouvé dans les arsenaux iraniens toutes les armes qu’elle pouvait souhaiter pour se lancer dans une guerre meurtrière contre l’Irak. Et l’Europe ? Sept années de négociations, qui ont servi à faire avancer ses projets nucléaires pour l’Iran, mais à rien pour l’Europe.

C’est à cet Iran-ci que notre président abandonne le Liban. Et à la Syrie qui vient de faire semblant de commencer des «négociations indirectes» de paix avec Israël. Hosanna, dit notre président à Beyrouth. Tandis que le ministre des armées syrien va à Téhéran pour expliquer que «l’Iran et la Syrie ne perdent rien, tandis que la Syrie peut gagner beaucoup de l’Europe et des Etats-Unis». Négociations de paix ? La stratégie de la Syrie est parfaitement claire : négocier, obtenir le Golan et attendre, même cent ans, pour finalement faire disparaître Israël. C’est à cette Syrie-là que notre président vient d’abandonner le Liban. Tout en se préparant pour aller à Jérusalem le 22 juin pour assurer ce pays de l’amitié indéfectible de la France. Tandis que le 17 juin un rapport sur les agissements des services secrets russes en France sera rendu publique et montrera, entre autres, l’étendue de la coopération Russie – Iran – Syrie – Hezbollah ! Je vois les sourcils s’élever car la liaison avec le sujet traité n’est pas évidente.

Pourtant, si. Selon des soupçons se faisant jour, des informations sensibles concernant les systèmes de communication par fibres optiques ont été volées aux États-Unis et transférées au SVR russe qui les a mises à la disposition de l’Iran, dans le cadre de la coopération militaire avec Téhéran, ce dernier s’étant engagé à ne pas transmettre les informations à un tiers. Le réseau des communications du Hezbollah installé par des techniciens iraniens en a profité, c’est la raison pour laquelle il a constitué une des conditions dans le bras de fer gagné par le Hezbollah. La France s’inquiète car elle utilise les mêmes technologies… La Russie aussi car cela pourra compliquer à l’avenir ses relations et avec l’Iran et avec les Etats-Unis et… aussi avec la France. La récente visite de Monsieur Poutine en France, semble-t-il, n’a pas été étrangère au souhait russe de trouver une solution discrète à ce qui montre, une fois de plus, le parasitisme russe qui se nourrit de l’incompréhensible irresponsabilité de nos dirigeants. «Nous ne trahirons pas les générations futures en permettant à l'Iran de se doter d'armes nucléaires. L'Iran constitue un souci particulier, car il s’agit d’un proliférateur potentiel et d’un commanditaire actif de la terreur qui n’hésitera pas à mettre son potentiel d’armes de destruction massive à la disposition de groupes de terroristes». Mais cela n’est dit que par John Mc Cain tandis que l’Europe a choisi comme candidat pour les présidentielles américaines Barak Obama…


© Martin Birnbaum pour LibertyVox

 

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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 09:48

J’ai lancé un déluge qui exclut l’éventualité d’une arche…

B. Erofeev, « Mon Lénine de poche »

 

Tout se mélange. Dernière préoccupation à la mode, dernière alerte du microcosme de gôche, la famine qui s’annonce, inéluctable, car les prix des denrées alimentaires sont en train de flamber. Et les émeutes dans les pays sous-développés, pays aidés à survivre, sans contrepartie aucune, depuis toujours par les « pays riches » ne font que commencer. On a trouvé les deux grandes causes, l’utilisation de terres arables pour fabriquer des biocarburants et, naturellement, la spéculation financière.

 

Un exemple qui semblerait ne rien avoir avec : je vole vers l’Afrique du Sud, à mon premier voyage en 1972 il y avait une population totale de 23 millions d’habitants (pour l’essentiel 4 millions de blancs et 19 millions de noirs) aujourd’hui il en a plus de 48 millions dont 3 millions de blancs et 45 millions de noirs. L’espérance de vie à la naissance était dans les années soixante de 53 ans, elle était en 2000 de 47 ans. Pays dont les dirigeants (N. Mandela en particulier) sont universellement vénérés mais où la ministre de la santé prodigue aux malades du sida comme traitement de consommer des légumes, notamment de l’ail. Dans quelques années ce pays, déjà importateur de denrées alimentaires, croissance débridée de la population aidant, se trouvera dans la situation du Zimbabwe : anciennement grenier de l’Afrique subéquatoriale, en trente années d’une dictature sanguinaire, ayant fait fuir après les avoir spoliés plus de 200.000 fermiers blancs, il vit maintenant de l’aide humanitaire …[1]

 

Et personne ne veut se souvenir de Malthus qui, déjà vers la fin du 19ème siècle, annonçait ce qui allait arriver en expliquant que les ressources de la planète ne peuvent croître que selon une progression arithmétique tandis que la population, elle, croit selon une progression géométrique. Et Malthus ne soupçonnait pas les avancées scientifiques qui ont éradiqués des maladies endémiques qui toutes constituaient des facteurs de correction qui atténuaient la croissance naturelle des populations. Serait-ce inscrit dans le Grand Livre qu’il s’agirait d’une fatalité ?

 

Non, pour l’essentiel, il s’agit de la chape de plomb tirée par l’intelligentsia de gauche, libérale (dans le sens américain) et quelques états croupions -dictatures pétrolières pour la plupart- sur ce qui pourrait constituer les moteurs de la progression de l’humanité : économie de marché et avancées scientifiques. Il suffit de regarder la caricature du débat sur les OGM dans notre pays pour comprendre vers quel abîme nous sommes tirés par les moustachus « démonteurs de Mac Donald’s » et les « faucheurs volontaires d’OGM ».

 

Un autre événement, probablement la plus grande invention humaine des cent dernières années, nous donne la possibilité de voir qu’il ne s’agit pas de fatalités. Vous l’avez déjà compris, il s’agit de la renaissance d’Israël, dont la soixantième anniversaire sera l’événement marquant du mois de mai qui vient. Sauf si …

 

Carlo de Benedetti avait dit un jour « vous creusez dans les pays arabes du Proche Orient, vous trouvez du pétrole ; vous creusez en Israël vous trouvez de l’intelligence »

 

Le partage par l’ONU de l’ancien territoire de l’empire ottoman pour créer un Etat Juif et un Etat Arabe (les gauches du monde et les islamo-fascistes n’avaient pas encore créé « le peuple palestinien ») a affecté à Israël des terres soient marécageuses soit se trouvant dans un désert non cultivable. Soixante ans après, ce pays de 6,5 Millions d’habitants est entièrement auto-suffisant pour toutes les denrées alimentaires et se trouve parmi les grands exportateurs de fruits et légumes, fleurs et plantes vertes ou aliments conditionnés.

 

Deux exemples, certes, un peu exotiques mais qui illustrent le sujet. Le premier : Israël est le seul pays au monde qui est entré dans le 21ème  siècle avec un solde net positif pour son nombre d'arbres.  Fait d’autant plus remarquable que ceci a été obtenu sur des territoires principalement désertiques. Le deuxième : les palmiers dattiers existent depuis des siècles au Moyen Orient. L'arbre moyen est d’une hauteur d’environ 5 à 6 mètres et produit environ 19 kg de dates annuellement. Les dattiers israéliens, modifiés génétiquement, produisent environ 200 kg de dattes annuellement et … sont d’une hauteur minime pour que les récoltes soient faites pratiquement à hauteur d’homme.

 

Mais ce pays dont la population ne représente qu’un pour mille de celle du monde, en parallèle avec son agriculture fantastique épaulée par des avancées scientifiques (dont les OGM …) peut éblouir le monde par ses autres contributions. Trois exemples encore.

 

Le téléphone portable a été développé par la filiale israélienne de Motorola. Les processeurs Pentium 4 d’Intel et la technologie Centrino (wifi) ont été entièrement conçus et développés en Israël. Faudrait peut-être le dire à tous ceux qui utilisent des téléphones et ordinateurs portables pour vilipender ce pays... Surtout s’ils utilisent encore Windows XP dont la plus grande partie a été, elle aussi, développée en Israël.

 

Ce pays, affiche un  produit national brut qui dépasse les 100 milliards d’euros : plus que tous les pays voisins réunis. Parmi les explications, le ratio le plus grand au monde de diplômés universitaires par rapport à la population. Qui obtiennent leurs diplômes en passant par les fourches Caudines d’une sélection impitoyable. Mais peut-on envisager une économie de marché, synonyme de concurrence, sans sélection ? Si, on peut, chez nous, où il y a 2,5 Millions d’étudiants (250.000 avant la première réforme de l’université faite par Edgar Faure, « sélection » étant un mot obscène). Et où ceux qui ont contribué à mettre en place un système absurde constituent aujourd’hui un groupe (lobby …) social qui empêche toute réforme d’un enseignement qui conduit le pays à la ruine. Chez nous, où les coryphées des sciences naturelles genre José Bové et alea empêchent que des recherches scientifiques puissent se dérouler sans la peur des « faucheurs volontaires ». On continuera comme cela et on se retrouvera vite derrière Israël qui, aujourd’hui produit plus de publications scientifiques per capita que n’importe quelle autre nation au monde (en 2007, 109 publications par 10.000 personnes). Entre 1988 et 2006 son PNB/capita a cru de 9.000 à 26.000 $ (tout en absorbant un million d’immigrés) et c’est ainsi que ce pays a dépassé depuis 2006 l’Angleterre sur ce plan … Et nous ? En 1988 le PNB/capita était en France supérieur de 20 % à celui d’Angleterre, aujourd’hui il est de 20% inférieur. Mais nous avons un modèle social jalousé par le monde entier : il suffit de dépenser, avoir 59 langues possibles au bac (sans compter le surf ou autres sports très honorables), vivre sur le dos de l’euro (sans lequel on aurait eu droit a plusieurs dévaluations …), et laisser nos dettes à nos descendants jusqu’à la septième génération fussent-ils mineurs ou incapables

 

Ah, oui, sans oublier que pendant ses soixante années d’existence Israël a dû faire face à 7 guerres et, depuis plusieurs années grâce à l’aide du monde entier et des frères arabes aux pauvres palestiniens et autres libanais, à plusieurs conflits asymétriques. Dans le cadre desquels on ne peut pas utiliser des chars d’assaut ou des avions contre des assassins suicidaires qui se font exploser dans des bus tuant indifféremment des êtres dont le seul pêché est d’être juifs. Cela rappelle des souvenirs mais par une inversion perverse on va vous dire que les victimes d’hier sont devenues les bourreaux d’aujourd’hui. En oubliant qu’en Irak des sunnites se font exploser dans des processions chiites et vice-versa … Tous musulmans.

Cette invention fantastique, la renaissance d’un peuple, d’une terre, d’une langue a de quoi laisser les gens rêveurs. Selon les classements de l’ONU, Israël se positionne aujourd’hui à la 21ème place pour ce qui est du “développement humain” et à la 11ème place pour ce qui est de la santé publique. Et pour la première fois depuis la deuxième diaspora (occupation et expulsion par Rome) la majorité du peuple juif vit en Israël. Mais des puissances voisines ou éloignées affichent des intentions implacables visant la disparition de cet état et, à fortiori, de son peuple. Le tout à l’encontre de la Charte de l’ONU mais … ce n’est pas l’Europe qui s’en émeut. Elle aussi elle a essayé, sans succès, par nazis et allemands interposés, de détruire ce peuple. Aujourd’hui elle laisse faire tandis que la Russie des anciens pogromes tzaristes ou des persécutions staliniennes met de l’huile sur le feu en s’opposant à tout ce qui pourrait arrêter la marche des mollahs iraniens vers la bombe. Mais la bombe, pour quoi faire ?

Il y a trente ans, en quittant la résidence de Neauphle-le-Château que la France de Giscard d’Estaing a mise à sa disposition, l’Ayatollah Khomeiny expliquait déjà que « tout un chacun qui croyait que le but de la révolution islamique était de réduire le coût des logements ou celui des melons était fou ». Et dès la nouvelle constitution de l’Iran on a mis sur son frontispice l’ardente obligation de détruire Israël. Alors … le clown actuel qui amuse depuis des années l’Europe avec des « négociations » concernant le nucléaire et qui annonce chaque semaine la fin (souhaitée et programmée) de « l’entité sioniste » ne fait pas preuve de beaucoup d’imagination. Ce qui est en revanche de plus en plus incompréhensible c’est l’acharnement avec lequel les gauches du monde entier accompagnent, in petto, la volonté de ceux qui non seulement veulent nuire à Israël mais veulent le voir disparaître. Certes, les professions de foi de tous les grands du monde libre disent le contraire. On sait qu’il ne faut pas les croire. Il n’y a qu’à regarder Eisenhower et Boulganine en 1956, De Gaulle et Johnson en 1967, Nixon et Brejnev en 1973 et depuis … jusqu’à ceux qui, comme Bernard Kouchner non content d’inviter le Hezbollah terroriste du Nord d’Israël à Paris, prône la discussion avec le Hamas, terroriste du Sud d’Israël.

D’un côté, le monde entier fait semblant de croire que « le palestiniens » veulent la paix et que la solution consiste dans «deux états pour deux peuples vivant en paix l’un à côté de l’autre». Cela à l’encontre des preuves évidentes qu’il n’y a pas de  palestinien musulman désireux de faire la paix. Demandez ce qu’ils pensent aux 90 % des chrétiens de Bethlehem qui ont été forcés de fuir la ville du Christ. Encore et toujours, sur tous les tons il faut marteler « les palestiniens ne veulent pas la paix ; ce qu’ils veulent ils le disent clairement et sans détour, ils veulent la destruction de l’Etat Juif ; et il ne faut pas lire entre les lignes pour comprendre cela, il ne faut même pas suivre les discours en arabe d’un Mahmoud Abbas ou des chefs du Hamas, il suffit de lire leurs discours en anglais » Lisez M. Zahar, fondateur du Hamas, ancien ministre des affaires étrangères du gouvernement « d’union nationale » qui déclare au Washington Post (le 17.04.08) :  Un « processus de paix » avec les Palestiniens ne peut s’engager même pas par une première mesure minuscule jusqu'à ce que Israël ne se retire d'abord aux frontières de 1967 ; démantèle tous les villages crées depuis ; retire tous ses soldats de Gaza et de Cisjordanie ; rend nulle son annexion illégale de Jérusalem ; libère tous les détenus ; et arrête le blocus de nos frontières internationales, de notre littoral et de notre espace aérien de manière permanente. Ceci fournirait le point de départ pour des négociations justes et constituerait la base pour le retour des millions de réfugiés ; étant donné ce que nous avons perdu, c'est le seul moyen par lequel nous pouvons commencer à récupérer le tout de nouveau » Le tout ? Vous l’avez compris, l’espace «du fleuve (Jourdain) à la mer » c’est-à-dire faire disparaître Israël.

Qu’importe, de la même manière de laquelle Chamberlain et Daladier voulaient convaincre Varsovie et Prague du désir de paix d’Hitler, de la même manière on s’évertue aujourd’hui à pousser Israël à se contracter comme une peau de chagrin. Pour qu’entourée d’états talibans (Gaza, après le désengagement), dictatures républicaines monarchiques (Syrie) ou dirigés par des « despotes éclairés »  en attendant l’arrivée des Frères Musulmans (Egypte), elle puisse disparaître un jour dans le silence, naturellement, réprobateur des héritiers des Lumières. Bon, realpolitik commande, le pétrole se négocie à 115$ le baril ce qui fait que les monarchies éclairées du Golfe -pour ne pas parler des meilleurs amis de la France, le Colonel Kadhafi ou le révolutionnaire Chavez- amassent des trillions de $ et achètent des participations dans les plus beaux fleurons des économies européennes. Il faut comprendre. Mais … pourquoi les gauches du monde entier sont-elle des adversaires jurés et résolus d’Israël ?

 

Tout d’abord le syndrome identifié par Bertrand Russel dans les années trente du dernier siècle : admettre la vertu supérieure de l’opprimé. C’est simple : qui est l’opprimé ? Le palestinien, donc …. Mais alors pourquoi pas la femme musulmane ? Pourquoi aucun mouvement de gauche, féministe ou pas, n’a jamais pris position au plan mondial contre la situation des femmes au 21ème siècle dans le monde musulman ?

Un dernier livre de Nick Cohen donne quelques pistes. Tout d’abord parce que l’on considère qu’Israël et les Etats-Unis c’est du pareil au même. Ensuite parce que les gauches mondiales, après la fin de la guerre froide, après la fin sans gloire de l’utopie socialiste, n’a plus trouvé des causes à sa mesure et a été obligée pour exister se rabattre sur toutes sortes de communautarismes culturels : homosexualité, cultures séparatistes noires ou féministes, le tout ne devant pas être critiqué même s’il s’agissait de la mutilation des femmes (Afrique), de la tyrannie religieuse (Iran et Soudan) ou d’assassins suicidaires (contribution palestinienne au bonheur de l’humanité). Ou de n’importe quelle autre forme de fascisme. Bref, les gauches non communistes sont devenues fascistes elles-mêmes. Et ont choisi comme point de ralliement ce qu’il y avait de plus porteur, la haine des Etats Unis. Quand en 1991, après avoir fait sortir l’Irak du Koweït l’Amérique  n’est pas allée jusqu’à Baghdâd, elle a été accusée de collusion avec le régime totalitaire de Saddam. Quand en 2003 elle l’a fait, elle a été accusée de donner libre frein à sa tentation impériale agrémentée de la faim de pétrole. Peu importe ce qu’elle fait, l’Amérique a tort. Et Israël aussi.

Des ennemis implacables, un monde « civilisé » qui n’a de cesse que de le voir disparaître, voilà un pays qui non seulement survit mais affiche une santé époustouflante capable de rendre malade tous ceux qui ne lui veulent pas du bien. Mais que peut-elle faire pour que ses voisins immédiats (les palestiniens) se transforment ? Rien. Transformer une société qui dans ses tréfonds approuve et supporte le terrorisme, une société où les mères sont « fières » de leurs enfants qui se font exploser pour tuer des juifs, en une société se construisant autour de valeurs positives c’est une tâche qui dépasse les possibilités d’Israël. Surtout pendant que les masses en question subissent l’influence islamiste et jihadiste, aidée militairement, financièrement et politiquement par les pays arabes, l’Iran et l’Occident.

Mais que ces gauches, aujourd’hui alliées à tout ce qui est réactionnaire, dictatorial, religieux (à condition qu’il s’agisse du Coran…) ne voient pas qu’Israël est poussée vers un dénouement apocalyptique c’est pour le moins curieux. Car, ne nous trompons pas, Israël ne peut pas « se permettre le luxe de vivre avec un Iran nucléaire » (déclaration de E. Olmert, l’année dernière pendant une conférence de presse à Moscou, à côté de M. Poutine).

Et comme les Etats-Unis semblent avoir renoncé à une option militaire, comme l’Europe est incapable d’obtenir quoi que ce soit des mollahs (en réalité il ne le veut pas : il suffit de voir les flux commerciaux et financiers entre l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et l’Autriche et l’Iran pour comprendre) que reste-t-il à Israël ? Faire ce qu’il faut elle-même. Un déluge qui exclut l’éventualité d’une arche … Tout cela après être sortis de l’Egypte il y a quelques milliers d’années.

La faim au monde ? Les OGM ? L’Iran et la bombe ? Joyeuses Pâques et Bonne Anniversaire, Israël !



[1] Battu aux élections d’il y a quatre semaines, Mugabe refuse de faire publier les résultats et en attendant, obtient de la Chine un bateau que les syndicats du port de Durban ont refusé de décharger car plein de 77 tonnes d’armes et munitions pour réprimer les révoltes qui s’annoncent. Des munitions chinoises car les ouvriers de l’usine locale n’étant payés depuis des lustres ont transformé la fabrique en producteur de cercueils …

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5 avril 2008 6 05 /04 /avril /2008 13:17

Pour des raisons difficiles à cerner, mais qui se rattachent toujours à l’angélisme américain exacerbé par le souhait de l’Administration Bush de laisser sa marque dans la pacification et la «démocratisation» du Proche-Orient, le monde entier, et surtout l’Europe, assistent au forcing visant la création d’un état palestinien. A supposer que cela soit possible, après les quelques années nécessaires pour que cet état sorte de ses limbes, les Etats-Unis se trouveront devant un Iran nucléaire et une Europe asservie. Cassandre ?

L’Administration Reagan avait averti l’Europe qu’elle allait se trouver devant un chantage permanent de la part de la Russie si elle lui accordait la place de premier fournisseur pour ses approvisionnements en gaz et pétrole. «L’Histoire nous apprend que prendre nos désirs pour des réalités et rechercher naïvement la conciliation avec nos adversaires n’est que folie. Cette attitude reviendrait à trahir notre passé et à dilapider notre liberté» disait Ronald Reagan au cours de son discours sur «L’Empire du Mal» en 1983.

25 ans après, la Russie occupe la place de premier fournisseur de gaz de l’Europe avec un total qui représente le quart de ses besoins, mais plus de la moitié de ses importations. Les crises à répétition entre l’Ukraine et la Russie ont montré la capacité de chantage de cette nouvelle démocratie avec laquelle l’Europe s’est acoquinée. Encore que, ces crises sont de très courte durée. En effet, la capacité de la Russie de stocker le gaz qu’elle ne livre ne dépasse pas l’équivalent de trois/quatre jours de livraison normale. Mais ce à quoi l’Europe se prépare, ce sont des crises de longue durée à partir du moment où les principaux gazoducs l’alimentant ne passeront plus par l’Ukraine. Le pays en pointe pour arriver à ce premier asservissement, c’est l’Allemagne, dont 45 % des besoins sont fournis par la Russie, qui construit avec elle le «gazoduc de la dépendance» sous la houlette de Gazprom, bras séculier de la Russie pour la domination des marchés de l’énergie. Le président du conseil de surveillance de Gazprom n’est autre que l’ancien chancelier Gérard Schröder, l’ami de Monsieur Poutine… Il est utile de rappeler que l’excédent commercial de la Russie avec l’Europe dépassait en 2006, avant la flambée des prix des produits énergétiques, les 50 milliards d’euros !

Données 2005, selon J. Percebois, CREDEN - Montpellier

Mais si les besoins annuels en gaz de l’Europe étaient de  220 milliards de m3, ils seront de 530 milliards de  m3  en 2020 et, probablement, de plus de 650 milliards de m3 en 2030.

La boulimie énergétique de l’Europe, dont les besoins dans 20 ou 30 ans devront être couverts à plus de 70% par des importations, nonobstant la contribution du gaz brûlé à l’augmentation de l’effet de serre, impose au continent de se trouver de nouveaux fournisseurs. La Russie ne semble pas disposer des investissements nécessaires, pour maintenir sa part de marché actuelle, évalués par la Commission Européenne à 735 Milliards de $ d’ici 2030. Ceci sera le facteur limitant la contribution de la Russie aux besoins de l’Europe à moins de 30% du total en 2030. Mais entre temps, vu sa position de fournisseur préférentiel, la Russie obtient via Gazprom une rente financière à nulle autre pareille. En effet, avec le prix actuel du gaz à 230$/1.000m3, la rente de Gazprom est d’environ 168$/1.000m3 ! L’Europe a donné à la Russie, non seulement les clés de sa dépendance énergétique, mais aussi la possibilité de créer ex nihilo la première capitalisation mondiale pour une société. Il est instructif de regarder en parallèle l’évolution de Gazprom, en moins de cinq ans, par rapport au mastodonte Microsoft qui était la première capitalisation mondiale depuis de longues années :                  

 

Et voilà l’Europe, qui n’a pas fait sienne la prophétie de Ronald Reagan,  se lancer corps et âme dans une autre aventure beaucoup plus risquée. Curieusement, le pays précurseur est la Suisse, suivie de près par l’Italie.

La Suisse produit sur son territoire (nucléaire et hydraulique) environ 35% de ses besoins brutes d’énergie (Source : Office Fédéral d’Energie Suisse). Le gaz ne représente que moins de 10% et pourtant, ce pays vient d’annoncer la conclusion d’un contrat de 20 ans de fourniture de gaz par l’Iran, via un gazoduc qui n’existe pas encore mais pour  l’Italie est déjà en lice. Pourquoi diable la Suisse s’offre-t-elle à l’Iran ? L’Iran des mollahs, l’Iran dont plus de 25% de la population est analphabète, l’Iran dont le taux de chômage (car économie contrôlée par l’état) dépassait 30 % en 2003 et qui, selon l’indicateur du développement humain (IDH), est au 101ème rang mondial…  La raison majeure du contrat est constituée par la décision des mollahs de fournir le gaz à un prix dérisoire, de l’ordre de 10% du prix payé pour le gaz russe… Ce que l’Iran cherche, par delà le besoin d’exploiter ses réserves (deuxièmes plus importantes du monde), c’est de prendre pied sur le continent européen, en suivant à peu près la politique de la Russie et de Gazprom. Pour cela ils ont besoin d’un côté de têtes de pont et, d’un autre, d’un gazoduc pour livrer le gaz en plein centre de l’Europe.

Certes, acheter du gaz à des prix dérisoires est une bonne affaire pour un pays comme la Suisse qui est un des fournisseurs principaux de l’Iran pour des machines outils à double utilisation, civile et militaire. D’ici à voir son ministre des affaires étrangères, Madame Calmy-Rey, attifée d’un voile traditionnel pour signer le contrat avec un Mahmoud Ahmedinejad rigolard, cela peut paraître en deçà de la dignité d’un pays européen. Encore que …

Encore que, la Suisse est en très bonne compagnie. Deux pays la suivent (ou la précèdent), il s’agit de la France et de l’Italie.

Tout d’abord la France. Par son «champion» pétrole-gaz (Total) notre pays est l’un des premiers opérateurs en Iran. On sait (Iran Resist – 10.10.2007) que cette société produit environ 380.000 barils par jour, soit 16% de la production totale du pays. Nonobstant les rodomontades de notre président quant à sa décision de dissuader ceux qui voudraient investir en Iran (vu sa position sur la «bombe» iranienne), Total dispose maintenant d’un accord d’actionnaires avec la NIOC (National Iranian Oil Company) pour l’exploitation de South Pars 11 d’une capacité de 8 Millions de tonnes de gaz liquide au démarrage.

Ensuite l’Italie. Le régime des mollahs vient de passer un incroyable accord avec la compagnie gazière italienne Edison, à l’issue duquel cette compagnie s’est adjugée 147 milliards de mètres cubes de gaz pour un tarif presque nul. Edison a acheté 147 milliards de mètres cubes de gaz pour environ 30 millions d’euros, soit moins de 0,5$ les 1.000m3,  à comparer avec les 230$ du prix du gaz russe. De prime abord, l’affaire paraît déraisonnable et louche, mais les mollahs ont à y gagner plus qu’on ne le croit. Quant à la Suisse, elle réalise qu’elle a payé trop cher et que les mollahs l’ont utilisée pour montrer leur sérieux…

Et le patron d’ENI (champion italien de la collaboration pétrolière avec les mollahs) de dire  «l’Iran est l’Eldorado du marché mondial du gaz !» (Paolo Scaroni). Si l’on ajoute le gaz exploité par les Italiens à celui de Total, l’Iran est en train de devenir l’un des principaux fournisseurs de gaz de l’Europe. Un des problèmes à résoudre, la construction de gazoducs.

Deux projets sont prêts, les financements assurés, l’un va de l’Iran jusqu’en Ukraine pour disposer du réseau de distribution en Europe, le deuxième traverse la Turquie (point de passage obligé pour l'évacuation du pétrole et du gaz en provenance de l'Asie Centrale, la Mer Caspienne, l'Azerbaïdjan, le Turkménistan, l'Ouzbékistan, le Kazakhstan et l’Iran) et remonte l’Italie pour aboutir au centre de l’Europe.

Les financements ? Tout le monde se presse pour en tirer bénéfice. La chose se rapproche de la formule «prête-moi ta montre, je te dirai l’heure» mais, si Gazprom a réussi, pourquoi d’autres n’auraient-ils pas la même chance ?

 

Les compagnies européennes opérant en Iran espèrent remplacer le gaz russe par le gaz iranien et ce pour deux raisons : le gaz iranien est presque gratuit et, en réduisant la part de la Russie dans le marché européen, ces compagnies vont diminuer les bénéfices du Gazprom qui réalise 60% de son chiffre d’affaires en Europe. Les compagnies européennes cherchent donc à éliminer un concurrent qui s’est montré peu commode sur le marché mondial du pétrole et du gaz, car vecteur de la volonté russe de redevenir un des maîtres du monde. On pourrait remarquer que cela ressemble au mode opératoire du sapeur Camembert : il creuse un deuxième trou pour y mettre la terre extraite du premier. Ou aller de Scylla en Charybde …

Les mollahs sont disposés à vendre leur gaz «pour rien» (sauf des commissions occultes) car, entre autres, ce qu’ils obtiennent de l’Europe, c’est une sorte d’assurance de «non agression». En même temps ils deviennent grand acteur géopolitique de la scène internationale. Et comme l’Europe, en voie d’islamisation, figure parmi les premières cibles de conquête des mollahs, le jeu vaut la chandelle, d’autant plus que dès qu’il deviendra un fournisseur important de l’Europe, celle-ci perdra tout moyen de faire pression sur lui. De plus, dans la même perspective, l’Europe ne pourra qu’accentuer sa pression sur les Etats-Unis ou sur Israël pour qu’ils n’envisagent même pas d’arrêter la marche de l’Iran vers la bombe. Quant aux pays arabes, pendant presque 50 années, leurs soucis au sujet d'un Proche-Orient nucléaire, ont porté sur Israël. Ils acceptaient mal qu'Israël soit la seule puissance de la région créditée d’une capacité nucléaire, qui plus est, avec l’assentiment tacite des Etats-Unis.  Mais ils savaient parfaitement qu’Israël, qui n’a jamais explicitement reconnu avoir des armes nucléaires, ne les utiliserait qu’en dernier recours. C'est pourquoi l'Egypte et la Syrie ont  attaqué Israël, sans grand risque, pendant la guerre de Yom Kippour  en octobre 1973. Aujourd'hui le jeu nucléaire dans la région a changé. Quand le secrétaire général de la ligue arabe, Amr Moussa, réclame «un Moyen-Orient exempt d’armes nucléaires», ce n’est pas tant Israël qui est principalement visé, mais l’Iran, car ils savent que ce dernier pourrait réellement utiliser les armes nucléaires s'il les obtient. Et, dès lors, une attaque nucléaire sur l'Israël engloutirait la région entière. De plus ils sont shiites tandis que tous les pays arabes sont peuplés majoritairement de sunnites …

Devenir un acteur géopolitique de premier plan constitue non seulement une ambition pour les mollahs, mais devient une réalité en ce moment même. La presse (sauf celle de France, toujours bien intentionnée à l’égard de ce pays et toujours «pour ce qui est contre et contre ce qui est pour») nous apprend que la tragédie affreuse du Darfour et l’aide de Khartoum aux rebelles du Tchad ont finalement convaincu les fournisseurs d'armes (la Russie, la Chine et la Libye) d’arrêter la fourniture de matériel militaire à l'armée du Soudan, forte de 120.000 hommes. Pékin, vu ce qui se passe au Tibet et la proximité des Jeux Olympiques, a besoin de se refaire une nouvelle virginité, la Russie ne fait plus confiance aux intégristes de Khartoum, islamistes de première main, et la Libye s’est vue contrer par la France pour le support qu’elle accorde aux rebelles voulant renverser le président du Tchad, Idriss Debby. Tout naturellement, entre frères de la même religion, on vient de signer le 8 mars des accords de collaboration militaire entre l’Iran et le Soudan. 

Pendant des années, Téhéran avait bâti des coopérations militaires avec Khartoum car son intérêt géopolitique est remarquable : une longue côte sur la Mer Rouge, une petite distance jusqu’au golfe Persique, un pays musulman disposant de frontières avec 8 pays d’Afrique (dont l’Egypte …), juste en face de l'Arabie Saoudite. Et si l’on ajoute les ressources pétrolières du Soudan et le Nil blanc, source d'eau essentielle pour l’Egypte, on voit qu’il s’agit d’un joyau stratégique qui vient tomber finalement dans l’escarcelle fondamentaliste de l'Iran. Dont les mollahs regardent avec confiance l’avenir car, ils auront la bombe, ils contrôleront une partie (en attendant mieux) des approvisionnements énergétiques de l’Europe et disposeront des têtes de ponts nécessaires et en Afrique et en Europe où l’islamisation continue en marche forcée.

Voilà que l’on prépare l’asservissement de l’Europe et que rien ne semble pouvoir s’y opposer : pour des raisons incompréhensibles l’Europe ne veut pas suivre la voie française (années 70) du nucléaire. Les intérêts particuliers des États membres et les affinités personnelles de leurs dirigeants, particulièrement Gerhard Schröder et Romano Prodi, avec Vladimir Poutine ont eu raison d’une hypothétique politique européenne de l’énergie. Le continent a préféré mettre sa tête, en alternance, soit sur le billot russe soit sur l’iranien. Et ce qui est curieux, c’est qu’il se lance avec enthousiasme vers le deuxième, sans vouloir observer, au moins, que la différence fondamentale entre l’un et l’autre, est la différence entre des individus dotés de rationalité et d’autres dont l’appartenance à une religion fossilisée ne les pourvoit que très modestement.

Et pendant ce temps, un spectre hante le monde – le Pape et George Bush, Tony Blair et Nicolas Sarkozy, l’Europe entière et trois quarts de la planète veulent, coûte que coûte, créer l’état palestinien. Pour que l’Iran ait une frontière, via Gaza, et avec l’Egypte et avec Israël. C’est le cadeau que le monde libre, héritier des Lumières, veut faire au juif des Etats, Israël, pour son soixantième anniversaire.

 

© Michel Poirier pour LibertyVox

 

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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 17:49

 

Vers l'Orient compliqué, je volais avec des idées simples

Charles de Gaulle (Mémoires de Guerre, 1940-42)

 

De Gaulle volait vers le Liban. Ce pays, dont la Syrie tient les clés, se trouve sans président depuis bientôt six mois, car les maîtres de Damas, par Hezbollah interposé, veulent disposer d’un droit de veto sur les décisions du gouvernement.


Créé sous domination française, dès 1920 le “Grand Liban” est constitué par un territoire originel et par l’annexion de zones peuplées majoritairement de musulmans sunnites (Beyrouth, par exemple). Le grand recensement de 1932 établit que 52% de la population est chrétienne, 39% musulmane, et 9% druze. En 1943, année de l’indépendance du pays, les dirigeants de chaque ethnie se rassemblent et décrètent que le Président de l’Etat sera chrétien, le Premier Ministre musulman sunnite, le chef du Parlement musulman chiite et le Ministre de la Défense druze. Et c’est ainsi que le pays va cahin-caha jusqu’à la guerre civile provoquée par les palestiniens d’Arafat et l’intervention de la Syrie consacrée par les accords de Taëf (1989).
Jusqu’en 2006 quand les 30.000 soldats syriens sont obligés de quitter le Liban ce qui, d’ailleurs, ne change en rien la mainmise de la Syrie sur ce pays dont elle n’a jamais reconnu l’indépendance.  Et pour se rappeler aux souvenirs des uns et des autres, l’on trucide de temps en temps un député ou un premier ministre ou un militaire de haut rang rapport à la nécessité de faire savoir qui commande. Tout en faisant semblant de coopérer avec l’Occident, en recevant des émissaires français qui ont rompu son isolement diplomatique, mais sans rien faire pour libérer le Liban : selon un vieux dicton  Damas aura encore une fois « mangé l’appât et pissé sur l’hameçon ».


A côté, Israël veut fêter ses soixante ans d’existence. Les grands de ce monde vont faire le pèlerinage de Jérusalem surtout pour montrer à l’Iran que le monde libre est solidaire de ce pays que tout et tous menacent. Le ballet a commencé avec Mme Merkel qui, larmes aux yeux presque, déclare à la Knesset. « Cette responsabilité historique vis-à-vis d’Israël fait partie de la politique fondamentale de mon pays. Cela signifie que pour moi, en tant que chancelier allemand, la sécurité de l'Israël n’est pas négociable » Sur ce, l’Allemagne continuera à être le premier fournisseur de l’Iran (souvent avec des produits à double usage, militaire et civil) et s’opposera sotto voce aux sanctions que d’autres « amis » d’Israël voudraient, avec l’avant dernière des énergies, lui appliquer. Enfin, certains, pas l’Italie, l’Espagne ou l’Autriche pour ne pas parler de la Russie et de la Chine. Le ministre des affaires étrangères de la Suisse, Micheline de Calmy-Rey, portant un foulard islamique traditionnel, a assisté à la cérémonie de signature à Téhéran d’un contrat de 20 Milliards d’euros « nécessaire pour diversifier les sources d'énergie de la Suisse et réduire sa dépendance à l'égard du gaz russe »
Suisse-Iran.jpg
Pendant ce temps, l’Iran avance à grands pas vers la bombe : L'Iran devrait avoir des armes nucléaires d'ici 2010, dit
le chef des renseignements militaires d’Israël. Cette évaluation a été faite devant la Commission des  affaires étrangères de la Knesset par le Général Amos Yadlin  le 26 février. Amos Yadlin, un des huit pilotes des F-16 qui ont détruit le réacteur Osirak en 1981.

Pour ne pas se faire oublier, après avoir engrangé des promesses pour 7,5 Milliards de $, M. Abbas va à Dakar pour parler à l’Organisation Islamique du « nettoyage ethnique pratiqué par Israël à Jérusalem ». Organisation qui choisit dans son Bureau, comme Vice-Président, « l’Etat de Palestine ». Etat de Palestine ? La communauté internationale n’avait pas remarqué qu’il existait déjà, elle qui s’évertue  à en créer un avant la fin de l’Administration Bush … Administration qui dispose maintenant de trois généraux sur place pour former les forces de sécurité la l’Autorité Palestinienne, entre autres. Les mêmes forces qui ont été « formées » à Gaza et qui se sont distinguées par leurs capacités au moment de la prise de pouvoir par les barbus du Hamas. Prise de pouvoir accompagnée de la récupération de tous les équipements et armements que les généraux américains ont mis à la disposition de
l’Autorité Palestinienne là-bas. Et qui maintenant servent les troupes du Hamas pour « résister » à l’agression israélienne … M. Abbas – écoutons-le dans ses discours : « NOUS CONTINUERONS DANS LE CHEMIN  DU DÉFUNT PRÉSIDENT  JUSQU'À CE QUE NOUS ACCOMPLISSIONS TOUS SES RÊVES » (AFP-11.11.05) dont celui de détruire Israël  … ; « dans une perspective historique il y a deux états : Israël et la Palestine. En Israël vivent des juifs et d’autres. Ceci nous sommes prêts à le reconnaître, rien d’autree », en voilà pour le caractère juif de l’Etat d’Israël … ; « nous devons unir le sang du hamas et celui du Fatah dans la lutte contre Israël comme nous l’avons fait au début de l’Intifada. Nous voulons une association politique
avec le Hamas » en voilà pour l’acceptation du but du Hamas, la destruction d’Israël  ; « ce qu’israël a fait à gaza dépasse le holocauste » en voilà pour le partenaire raisonnable pour les négociations de paix

 

L’Orient ? C’est compliqué …

 

Pas seulement compliqué. Dangereux. Un récent sondage Gallup fait parmi les musulmans du monde indique que 93% d’entre eux sont « modérés » et que seulement 7 % approuvent le11 septembre 2001 ou d’autres actions terroristes. Arithmétiquement, 7 % des 1,5 Milliard de musulmans fait quand même 100.000.000 d’êtres disponibles pour les armées du jihad de Al-Qaida, Hamas, Hezbollah et tutti quanti. Cela donne vraiment la chair de poule ! D’autant plus qu’il s’agit d’une sorte «illuminés intouchables » : les succès les rend sans peur. Le désespoir d’une vie misérable leur sert de combustible pour leur jihad équipés comme ils sont de carapaces constituées par leur foi fanatique. Convaincus qu’ils survivront aux autres (si ce n’est pas ici bas ce sera là haut …) et qu’un jour le monde sera musulman en totalité. Insensibles à tout argument rationnel (comment le seraient-ils ?) rien ne les arrête, armés comme ils sont d’une religion dont une des lois fondamentales est l’interdiction de tout changement. A partir du postulat de la Porte Fermée il est interdit aux docteurs de la Loi de modifier la jurisprudence datant du IVe siècle de l'Hégire, c'est à dire à peu près depuis mille ans. Depuis, la pensée religieuse et politique de l'Islam s'est fossilisée et l’incapacité de reconnaître la réalité comme le rejet des valeurs démocratiques des Lumières font que la seule sortie de l’impasse dans lequel ils se trouvent est la violence. Car seule la violence peut changer cette réalité qu'ils exècrent et la rendre conforme à l'idéal islamiste qui n’est autre que celui de soumettre l’humanité entière à la loi de la Charia.

 

Le drame des communautés chrétiennes du Proche et du Moyen Orient illustre mieux que toute autre chose ce dont il est question.

 

Populations-chr-tiennes.jpg

La comparaison des pourcentages des populations chrétiennes dans les pays du Proche Orient à des dates différentes n’a pas besoin de commentaires. En revanche, le cas de Bethlehem, ville chrétienne s’il en fût, mérite d’être mis en exergue : 85 % de sa population était chrétienne en 1993 juste avant que l’Autorité Palestinienne prenne la charge de la ville suite aux accords d’Oslo. Moins de 10 % aujourd’hui car l’islam n’est pas partageur. Heureusement, le bon docteur Kouchner en visite là-bas il y a deux semaines a lancé un appel aux touristes du monde entier pour venir dans la ville du Christ. Sans remarquer que ceux qui se réclamaient du Christ n’étaient plus là …

 

Ils n’étaient plus là car, par delà le différentiel des taux de croissance des populations musulmanes et chrétiennes, c’est l’exode de ces dernières qui contribue le plus à l’extinction du christianisme dans cette région du monde : 1,5 millions de libanais (sur une population totale du pays de 4,7 Millions)  ont quitté, de gré ou de force, leur pays. Exode qui est parallèle à celui des juifs des pays arabes, 1,0 million de personnes ayant quitté (ou fui …) les pays du Maghreb et du Machrek  pour s’installer en Israël, en Europe ou aux Etats-Unis.

 

L’extinction du christianisme au Proche Orient devrait être mise en parallèle avec l’accroissement des populations musulmanes en Europe. Malheureusement, il s’agit d’un tabou car dès que l’on envisage de traiter le sujet, les accusations « d’islamophobie » fusent et font taire ceux qui voudraient, au moins, savoir de quoi on parle. Politiquement incorrecte, donc on n’en parle plus.

 

Comme on ne parle pas du fait que dans le dernier pays musulman créé par la communauté internationale (le Kossovo) et qui est placé sous la double tutelle de l’OTAN et de l’ONU, plus de 150 églises et couvents ont été détruits depuis 1999. À Pristina, la capitale du nouvel état, l’église du Christ-Sauveur a été transformée en toilettes publiques. Exactement ce qui se faisait dans la vieille ville de Jérusalem pendant les 19 années de présence jordanienne.


En réalité, partout où il dispose du pouvoir, l’islam impose une pensée formatée, à la fois philosophique et théologique, qui promeut la soumission ou l’élimination de fait, puis de droit, du christianisme. Le processus est toujours le même et se fonde sur l’instauration d’un sentiment d’insécurité permanente qui, in fine, fait partir les chrétiens (d’après http://pointdebasculecanada.ca/spip.php

En 1922, la population juive représentait 11 % des habitants de la Palestine; en 1936, son nombre avait plus que doublé (28 %). Le peuplement juif prend de l'ampleur après 1945. En 1947, environ 700'000 juifs sont installés en Palestine. Même si certains ont procédé à des achats de terres, trois quarts d'entre eux sont citadins.

Depuis la Déclaration Balfour -on oublie qu’elle a précédé le découpage de l’empire ottoman par les deux puissances coloniales, la France et la Grande-Bretagne et qui par les accords Sykes-Picot on fait apparaître de nouveaux états, l’Irak, la Jordanie, le Liban et la Syrie- la nécessité du partage de la « Palestine » (gardée sous mandat britannique accordé par la Ligue des Nations) est devenue évidente. Des plans de partage ont commencé à se faire jour à partir de 1932 mais ils se sont tous heurté à l’opposition des nouveaux états arabes. Ce qui devait arriver, est arrivé, l’ONU a imposé un partage de la Palestine historique, partage qui donnait 56 % du territoire à un « Etat Juif » à créer et 44 % du territoire à un « Etat Arabe » à créer.  Soixante années après, l’Etat Arabe n’est toujours pas là (car les pays arabes ne l’ont jamais voulu) et soixante années après les mêmes pays refusent le caractère « juif » d’Israël quand ils ne proposent pas son éradication de la carte de la terre.

L’empire ottoman et son dépeçage

La Palestine en 1926 

Les armées de cinq pays arabes ont tenté d’envahir l’Etat d’Israël qui venait d’être créé, on connaît la suite : Israël obtenant des gains territoriaux (77 % du territoire) les pays arabes ont accepté les armistices imposés par l’ONU de peur de perdre tout … Et jusqu’à la guerre de six jours (1967) la Cisjordanie était annexée par la Jordanie tandis que l’Egypte occupait Gaza. Sans qu’aucun pays arabe crie à « l’occupation » ni propose la création de l’Etat Arabe (on ne connaissait pas, à l’époque, la dénomination « palestiniens » qui est devenue avec l’aide des gauches du  monde entier l’étendard d’un nouvel antisémitisme, politiquement correcte).

La création de l'Etat d'Israël et la conquête de nouveaux territoires est à l'origine du problème des « réfugiés palestiniens », qui ont fui (ou ont été expulsés) en grand nombre la domination israélienne pour trouver asile dans les pays voisins. En 1949, environ 700.000 Palestiniens ont quitté leur pays: 350.000 se sont installés en Transjordanie, 200.000 dans la bande de Gaza, entre 80 et 90.000 en Syrie et 70.000 au Liban. Ils sont aujourd’hui 4,5 millions, toujours dans les mêmes camps de réfugiés créés pour eux et toujours à la charge de la communauté internationale (UNRWA et autres organismes). Fer de lance du refus arabe d’accepter l’existence d’un état juif sur l’étendue de l’oumma au Proche Orient, utilisés par tous les adversaires d’Israël (et par certains de ses amis …) pour justifier le caractère « raciste » d’Israël car elle ne veut pas leur retour sur son territoire.                                                                                                                                                                    

Les lignes d’armistice de 1949 sont devenues -ce qu’elles n’étaient pas censées devenir- les frontières « définitives » de l’Etat d’Israël. Soit, mais quand on regarde les cartes on se rend compte que ceux qui prêchent (ou veulent imposer) la création d’un « Etat Palestinien disposant d’un territoire assuré de continuité » prêchent (ou veulent imposer) en réalité le démembrement d’Israël …

Alors … soixante années après Israël se trouve toujours en butte aux revendications de l’islam et de ses guerriers (Hamas, Hezbollah, Syrie, Iran, etc.,) mais qui, aujourd’hui disposent de fusées (au début « artisanales » mais ensuite de très perfectionnées puisées dans les arsenaux de la Russie et de la Chine) et, si le loisir leur est laissé, vont disposer (l’Iran) d’une arme nucléaire. Qui leur servira, peut-être au début contre Israël en attendant à être utilisée (réellement ou en tant qu’élément de chantage militaire) contre leurs voisins immédiats et contre … l’Europe.

Soixante années après sa création Israël verra défiler avant et pendant les cérémonies la fine fleur des dirigeants du monde libre. Tous, les mains sur le cœur pour promettre, comme Mme Merkel, comme N. Sarkozy, comme le frère américain, on en passe et des meilleurs, qu’ils seront toujours soucieux de la sécurité d’Israël. Mais de là jusqu’à arrêter le commerce avec l’Iran (1% du commerce de l’Union Européenne …) il y a un pas qu’il est difficile de franchir.

Le 22 mai 1799 Napoléon publie une proclamation par laquelle « il invite tous les juifs de l’Asie et de l’Afrique à se ranger sous sa bannière en vue de rétablir l’ancienne Jérusalem » et le 16 août 1800 il enfonce le clou pour dire « Si je gouvernais une nation juive, je rétablirais le temple de Salomon". Trente cinq ans plus tard, Lamartine écrivait « "Cette terre, réorganisée par une nouvelle nation juive, mise en valeur par des mains intelligentes, serait à nouveau la Terre promise de jadis, si la Providence la rendait à son peuple, et si le courant des événements mondiaux lui apportait la paix et la liberté."

 

La nation juive a reconstruit son état. Les arabes de Palestine n’en ont toujours pas le leur. Les occasions n’ont pas manqué mais ils se sont rattachés au mot de Samuel Beckett « échouez, échouez, échouez encore mieux ». Pourtant, ce sont les gens les plus évolués des 350 millions de musulmans qui occupent l’espace allant de l’Atlantique jusqu’aux confins du sous-continent indien. Que leur a-t-il manqué pour être comme Israël est ? Israël, dont la population représente un pour mille de la population mondiale mais qui est une puissance mondialement reconnue pour son agriculture, sa haute technologie, son économie libre car marchande et pour le haut niveau de ses activités intellectuelles et artistiques. Et militaires, même si les conflits que l’on lui impose sont, depuis quelque temps, asymétriques : quand des gens se réclamant d’une religion totalitaire se font exploser dans des autobus ou dans des restaurants, il est difficile de les combattre avec des chars d’assaut. Une seule chose a manqué aux palestiniens et manque encore à leurs « frères » musulmans : échapper à l’emprise de l’islam. Modéré, extrémiste, « de France » ou ripoliné et reconditionné pour être vendu comme « la religion des pauvres et des humiliés » tant qu’il ne renoncera pas à sa volonté de conquérir le monde, d’appliquer la Charia et de soumettre l’infidèle, rien ne changera. Autant dire … jamais. Annapolis ? M. Abbas ? Mme Rice ? Les visiteurs de Ramallah ? Ballet d’ombres qui s’agitent non pas pour faire quelque chose mais pour montrer un mouvement … Le processus de paix doit se poursuivre …

 

Le comble. Crédité d’une capacité nucléaire, Israël commence à entendre des voix qui demandent, en sourdine, qu’elle fasse obstacle aux velléités nucléaires iraniennes. « La destruction des capacités nucléaires de l'Iran serait dans l'intérêt des nations arabes du Golfe et elle serait « moins embarrassante » si elle était faite par Israël plutôt que les USA » déclare l’ancien conseiller du gouvernement du Koweït, Sami al-Faraj (Kuwait Times, 10 mars 2008). Est-il pensable ? Quand tous ceux qui font mine d’avoir à cœur la sécurité d’Israël (comme ils ont eu celle des juifs en Europe de 1933 à 1945 …) se révèleront aussi peu fiables qu’avant la guerre de 1967 (retrait des troupes de l’ONU, demande française de ne pas « tirer », refus poli des Etats-Unis d’assurer la libre circulation dans le détroit du Tiran, etc.,) Israël se retrouvera devant le vieux dilemme : Massada ou Samson. Gageons que cette fois-ci elle ne choisira pas Massada …

 

 

 



 










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9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 20:06
Liberty Vox vient de publier cette suite au texte "L’Iran, la bombe et … les jean-foutre"

 

Le texte de Martin Birnbaum (L’Iran, la bombe et … les jean-foutre) a conduit pas mal de lecteurs à poser une question simple : « pourquoi des jean-foutre ? »

 

Pour l’expliquer, il n’y a pas moyen de faire autrement que de prendre des exemples précis et, tant qu’à faire, de les prendre dans le paysage géopolitique à l’intérieur duquel notre pays veut être un des principaux acteurs.

 

Amérique Latine – théâtre d’opération principal des épigones du Leader Maximo, le Fidel qui a écrasé sous son talon (avec l’aide de feu l’Union Soviétique et des gauches du monde entier) toutes libertés à Cuba, territoire d’expansion pour un « nouveau socialisme » sous la bannière d’un ancien condamné pour un coup d’état, Hugo Chavez. Sur le territoire de la Colombie une organisation terroriste « narco-marxiste » depuis plus de 40 ans, avec moult argent procuré par la drogue qu’ils fabriquent et commercialisent, s’est spécialisée dans la prise d’otages. Notre président s’est sérieusement décrédibilisé en s’adressant directement au  terroriste en chef pour lui demander de libérer un otage, une franco-colombienne. Et voilà que l’on apprend -après la destruction d’une implantation terroriste dans l’Equateur voisin (dont le président est un clone de Chavez- que (a) il a reçu de l’argent pendant qu’il était en prison condamné pour sa participation à un coup d’état et (b) il a transféré à l’organisation terroriste plusieurs centaines de millions de $ depuis qu’il est  président de Venezuela qui gorge de pétrole. Un pays (l’Equateur) qui laisse opérer sur son sol des bandes armées qui s’attaquent à un pays voisin le tout sous le chapeau d’un troisième pays qui se veut le porte-drapeau du socialisme en marche, anti-impérialiste et, naturellement, anti-américain. Le Président colombien Alvaro Uribe annonce que son gouvernement demandera à la Cour Criminelle Internationale d’inculper Hugo Chavez comme  commanditaire et financier d’une organisation considérée comme terroriste par l’Europe et les Etats-Unis. Tranquillement, notre ministre des affaires étrangères confirme que la France était en relation avec le No2 terroriste « en vue de la libération de l’otage franco-bolivienne ».

 

Mais comme il faut voir la main d’Israël partout, Chavez déclare « la Colombie est devenue l’Israël de l’Amérique Latine » Et comme Israël est un des fournisseurs de l’armée colombienne … Il y a des années la France de Mitterrand a reçu en grande pompe Fidel Castro. Le même Chavez qui s’acoquine avec l’Iran, la Syrie et la Corée du Nord a été reçu par la France de Nicolas Sarkozy. Et qui,  pour faire bonne mesure, était disposé (selon les déclarations des terroristes) à rencontrer leur numéro deux pour libérer l’otage franco-colombienne. Tout cela sous les applaudissements des représentants de la gauche … les jean-foutre !

 

L’Afrique et les pays arabes – 250.000 morts au Darfour, le Soudan qui s’est opposé pendant plusieurs années à toute intervention étrangère à caractère humanitaire. Pour sauver d’une mort certaine des noirs animistes ou chrétiens poursuivis et « nettoyés ethniquement » par des milices arabes organisées par le gouvernement dudit Soudan. Enfin, la France (sous couvert européen) se prépare à mettre en place une force de défense des populations traquées. En réalité pour que ce qui se passe au Darfour ne déverse pas trop sur le Tchad, notre allié … A peine la mise en place commence qu’un soldat français est mort. En Centre-Afrique et au Congo 2.000.000 de morts pendant les dernières dix années, au Nigéria du nettoyage ethnique des populations du Nord, chrétiennes, par les musulmans qui tiennent le pays. En Somalie les seigneurs de la guerre, musulmans proches de Al-Qaida, détruisent le pays et s’en prennent à l’Ethiopie voisine qui a l’inconvénient de ne pas être musulmane. Qu’importe, on apprend que le No.2  de l’Egypte (le Général Omar Souleymane) vient de rencontrer les délégués des « Comités des Cours de Justice Islamiste » pour coordonner les actions contre l’Ethiopie. Pendant les 40 dernières années l’Occident a versé dans les tonneaux sans fond de l’Afrique plus de 1.000 Milliards de $ ! La transformation de ce continent, sous l’influence et sous l’emprise arabo-musulmane, en dépotoir de l’humanité est en marche : des dizaines de millions d’êtres malades du Sida qui sans l’obole occidentale disparaîtraient en moins d’une génération. Et le Zimbabwe où un dictateur sanguinaire vieillissant a réussi le miracle de transformer un grenier de l’Afrique en pays mendiant sa subsistance à l’Occident. Avec la complicité des pays noirs  « solidaires » qui n’ont pas condamné la spoliation des fermiers blancs ou leur expulsion quand il ne s’agissait pas de leur destruction physique. Le tout avec l’aide fraternelle de la Libye qui contrôle tout et tient le pays sous sa coupe.  La Ligue Arabe, réunie au Caire vient de déclarer « la politique d’Israël vis-à-vis des palestiniens est une politique de nettoyage ethnique et à ce titre doit être condamnée comme crime contre l’humanité ». La France et le Tchad, le Soudan et la Somalie, le Congo et maintenant le Cameroun, la France et l’Afrique du Sud, tout ce beau monde se retrouvant au Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour garder « une minute de silence pour les martyrs de la barbarie israélienne à Gaza » Les pays occidentaux ? Certains se sont abstenus tandis que d’autres … les jean-foutre !

L’Iran – Le Conseil de Sécurité de l’ONU vient de « sanctionner » encore une fois l’Iran mais … lui donne « trois mois » pour arrêter l’enrichissement de l’uranium. Les cinq membres permanents du Conseil plus l’Allemagne se congratulent pour l’unanimité (moins une voix) qui a permis de sanctionner l’Iran. La première fois quand on a donné « trois mois » à l’Iran ce pays avait 164 centrifugeuses en marche. Aujourd’hui l’Iran en aligne 3.000 et va à grande vitesse vers la bombe. Et il s’enfiche comme d’une guigne des résolutions du Conseil de Sécurité. Son Guide Suprême déclare le 26 février « Un exemple de succès du régime islamique a été l'issue nucléaire, dans laquelle la nation iranienne honnêtement et sérieusement a gagné une grande victoire. Les gens qui avaient l'habitude de dire que l'activité nucléaire de l'Iran doit être démantelée disent maintenant qu’ils sont prêts à accepter nos progrès à condition que l’on s’arrête pendant un temps » Quèsaco ? Selon des sources habituellement bien informées … l’Allemagne et d’autres pays (l’Autriche ? l’Italie ?) auraient essayé d’infléchir la position de l’Iran en lui promettant de fermer les yeux sur vingt années de mensonges et dissimulations couvrant un programme nucléaire à but militaire. Le commerce florissant de l’Allemagne, l’Autriche et de l’Italie avec l’Iran risquerait-il d’être compromis ? Le Royaume Uni, en apparence poussant à des sanctions fortes contre l’Iran, avec l’approbation du Foreign Office a admis 60 Iraniens en 2007 pour des études avancées de physique nucléaire dans des universités britanniques. Et pour ne pas perdre la clientèle de l’Iran, Londres lui avait également vendu des composants à utilisation double (civile et militaire) qui pourraient être employés par l’Iran  pour son programme nucléaire et de construction de missiles. La France ? Des paroles verbales … « l’Iran a le choix entre la bombe et le bombardement » Le secrétaire Général de l’ONU ? « Les paroles de M. Ahmedinejad quant à l’éradication d’Israël sont inadmissibles » Ah bon ? Mais alors pourquoi ne se réfère-t-on pas à une des stipulations de la Charte des Nations Unies qui prévoit la chose, pour procéder à l’expulsion de l’Iran ? Les jean-foutre !

Israël – au bout de presque 8.000 fusées « artisanales » Israël décide une incursion de trois jours à Gaza. Après que le Hamas ait fait exploser la frontière avec l’Egypte et réalisé l’entrée avec la complicité de ce pays, de moult terroristes formés en Iran et des « combattants » du Hezbollah. Plus de fusées Grad, cette fois-ci pas artisanales. Des fusées de conception (ou de fabrication) russe et fournies à tous les adversaires d’Israël. 20 km de distance de tir, un calibre de 122 mm, un poids total de 66 kg avec une tête explosive ou incendiaire. Tirées sur une ville biblique d’Israël (qui a donné au monde « l’ail d’Ascalon » soit … l’échalote) habitée de 120.000 personnes et se trouvant à 64 km au Sud de Tel Aviv. Fusées puisées dans les arsenaux de l’Iran ou de la Syrie car présentes dans la dotation des pays de l’ex bloc de l’Est, la plupart des pays arabes et de la Chine et la Corée du Nord.  Fusées ayant une trajectoire fiable et une haute probabilité d’explosion à l’impact.

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Fusées Grad préparées pour le lancement. A côté d’une maison ... si on détruit le lanceur … dommages collatéraux pour les occupants de la maison et Israël est condamné …

Une centaine de palestiniens tués, 90 % les armes à la main. Et un bébé d’un mois tué par une balle perdue tirée par on ne sait qui, nouvelle qui a fait les délices de la presse bien pensante de France et de Navarre.  Le partenaire avec lequel Israël négocie « la paix » et la création d’un état palestinien décide d’arrêter les négociations en qualifiant ce qui s’est passé à Gaza de « massacres dépassant l’Holocauste ». Spécialiste de la question, M. Abbas a présenté une thèse de doctorat à Moscou dans les années soixante dans laquelle il démontrait que l’Holocauste n’a jamais eu lieu…

Et de nouveau le bon docteur ministre français de affaires étrangères, désabusé, déplore «l’acharnement israélien sur Gaza » en réclamant la levée du siège et, d’une manière implicite, une négociation avec le Hamas. Tandis que l’ancien communiste, Massimo D’Alena ministre italien des affaires étrangères, le demande, aussi, mais ouvertement. Les conditions posées par le Quartette pour accepter le Hamas (reconnaissance d’Israël, et des accords signés auparavant par l’Autorité Palestinienne avec Israël, renonciation au terrorisme) … jetées à la rivière.

gaza_carrtoons8.jpg Présentation de l’action d’Israël à Gaza dans la presse arabe. Pour inciter à la paix

Mais le Hamas est, pratiquement, en situation de guerre civile avec l’Autorité Palestinienne (maîtrisée par le Fatah). Alors, avec qui Israël devrait-elle négocier ? Jusqu'à ce que le Hamas apprenne que le lancement des fusées pour tuer sans distinction des civils Israéliens n'est pas la bonne manière pour faire la paix (ce dont il n’a aucune envie …), l'état juif n'aura d’autre choix que de défendre ses citoyens des actions des terroristes et des assassins. Comment ne pas voir que l'effort désespéré d'une nation souveraine de vivre dans sa patrie et qui cherche la paix avec ses voisins ne trouve devant lui que la volonté de ceux qui cherchent sa destruction. On les appelle « militants » ou « activistes » tous se réclamant de l'Islam : quelle est la cause pour laquelle ils « militent » ou ils « s’activent » ? La destruction d’Israël et, en attendant, l’assassinat des Israéliens partout où ils sont vulnérables, même dans une école religieuse …

Si la défense des citoyens israéliens doit comporter une invasion grandeur réelle de Gaza pour détruire la puissance du Hamas, tout en ayant des victimes collatérales … ainsi soit-il. De toute manière, l’ONU et l’Europe, l’Egypte et tous les pays arabes considèrent qu’Israël utilise « une force disproportionnée et pratique la punition collective ». Force disproportionnée ? 8.000 fusées « artisanales » c’est proportionnel à quoi ? Des fusées perfectionnées tirées sur une ville habitée uniquement par des civils, c’est proportionnel à quoi ?

gaza_carrtoons16.jpg

Tous les poncifs se retrouvent dans ce dessin, y compris le « nez crochu » du juif. Toujours pour préparer la paix …


Quant à la punition collective, regardons de plus près :

-         des actes de guerre sont perpétués quotidiennement contre Israël à partir de Gaza ;  des fusées sont lancées contre des villes israéliennes  avec la complicité enthousiaste des autorités locales -le Hamas, qui nie le droit d'exister à Israël ; Israël a le droit de se défendre selon toute la pratique et la jurisprudence internationale ;

-         interdire le transport de marchandises ou réduire la fourniture d’électricité, pétrole ou autres fluides ne peut pas être considéré comme punition collective – imaginons que l’on tire des fusées de Vintimille sur Nice, la France continuerait-elle à alimenter en électricité l’Italie ? les mesures appliquées par Israël sont des actes de guerre non violents en vue de se défendre ;

-         détruire une centrale électrique ou réduire la fourniture d’électricité à Gaza sont des actes parfaitement en ligne avec la Convention de Genève ; l'article 52 de l'amendement de 1977 approuve explicitement des attaques sur des objectifs militaires légitimes, qui sont « les objets qui par leur nature, endroit, but ou utilisation apportent une contribution efficace à l'action militaire et dont la destruction, la capture ou la neutralisation totale ou partielle offre un avantage militaire défini. » ; nonobstant la mise en scène du Hamas (coupure d’électricité dans tout Gaza, hôpitaux sans courant, etc.,) mise en scène à l’intention de tous ceux qui cherchent noise à Israël, ce que l’on a constaté c’est que les « usines » de fabrication de fusées tournaient à plein régime …

Ce qui fait dire à M.I. Krauss- Professeur de Droit à l’Université George Mason aux Etats Unis « L’accusation de punition collective est soulevée contre une partie au conflit Israélo-palestinien ; mais cette partie n'est pas Israël » Punition collective ? Oui, les attaques permanents des palestiniens contre des civils israéliens.

Le dernier en date, ignoble par sa cible (étudiants dans une école religieuse) et incompréhensible par l’exécutant : un livreur de ladite école qui tue ceux qui le font vivre. Son village (arabe, israélien …) le considère comme un héro, à Gaza et en Iran ( ?!) on fête l’exploit en distribuant des douceurs et M. Abbas « condamne tous les actes qui visent des civils, israéliens ou palestiniens ». En rappelant, cependant que les palestiniens ne reconnaîtront jamais la caractère juif d’Israël. Et notre presse, s’empresse de souligner (à tout hasard …) que ladite école est liée au courant des colons … Israël réagira, durement sans doute. Et on criera de nouveau à la « punition collective ».

L ’Europe et la France, l’ONU et les pays arabes, tous ceux qui crient à la punition collective, à la force démesurée, aux actes inhumains d’Israël, c’est quoi ce vacarme ? Rien que des jean-foutre !

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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 15:29
Texte publié par Liberty Vox le 29.02.08 - la suite suit ...

 

 

« L’Iran est dirigé par un groupe des musulmans fanatiques qui croient que le temps du Messie est arrivé » dit Bernard  Lewis « C'est tout à fait dangereux. La Russie et les États-Unis ont des armes nucléaires, mais il a été toujours clair qu'elles ne les emploieraient jamais en raison du MAD  (Mutual Assured Destruction). Chaque côté savait qu'il serait détruit s'il attaquait l'autre. » « Mais avec ces gens en Iran, la destruction mutuellement assurée n'est pas un facteur dissuasif, mais plutôt une incitation » indique le savant. « Ces gens estiment qu'ils peuvent accélérer la venue du Messie. C'est une situation extrêmement dangereuse dont il est important de se rendre compte. »

 

Le 23 février 2008 le Prix Nobel M. El Baradeï, Directeur Général de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique a présenté son dernier rapport sur la satisfaction par l’Iran des conditions posées par le Conseil de Sécurité de l’ONU pour lui éviter des sanctions. Le dernier rapport ? Probablement pas, il y en aura d’autres … Y en aura d’autres car le rapport dit, inter alea, «Notre tâche en Iran est de s'assurer que le programme nucléaire iranien est exclusivement dirigé vers des buts pacifiques.  Nous sommes là depuis cinq années. Pendant les quatre derniers mois nous avons accompli un bon progrès en clarifiant les issues en suspens, cependant, ce n'est pas suffisant à mon sens, car l'Iran n’a pas transmis  jusqu'ici des rapports au sujet des liens possibles entre l'enrichissement de l'uranium, le travail de conception d'ogives de missiles et les essais d’explosifs puissants ».

 

Un Prix Nobel qui ne tire pas les conclusions de ce qu’il dit lui-même cela pourrait paraître curieux et créer quelques doutes quant à ses capacités intellectuelles. Car « enrichissement d’uranium – conception d’ogives de missiles – explosifs puissants » on ne voit pas ce qui pourrait manquer pour tirer la conclusion que l’Iran cherche à disposer d’une bombe atomique ou a acquérir la capacité ou les connaissances nécessaires pour la construire. L’ambition de l’Iran de disposer d’une option militaire nucléaire a une double raison : géopolitique - être LA puissance qui gouverne le Proche et le Moyen Orient et messianique – accélérer la venue du Messie, quête du Graal pour la secte shiite dont il se réclame. Sur son chemin l’Iran considère que l’obstacle le plus important est Israël. Sans s’arrêter à la logorrhée hebdomadaire de ses dirigeants annonçant le déclenchement du compte à rebours pour la destruction d’Israël on doit se souvenir de la déclaration du « modéré » Rafsandjani pour lequel « l’éventuelle disparition de la moitie de la population iranienne serait un prix acceptable pour l’éradication définitive d’Israël ». Il ne s’agit pas de jouer au poker menteur quand on met sur la table la vie ou la mort de 35 millions d’êtres fussent-ils iraniens et musulmans. Bernard Lewis a raison, les mollahs de Téhéran sont dangereux et non seulement pour Israël ou le reste du monde mais premièrement pour leur propre peuple. On remarquera que le langage de l’Iran ne correspond pas au MAD mais qu’il est génocidaire.

 

Quand l’Union Soviétique a acquis la parité nucléaire avec les Etats-Unis le monde est entré dans une phase plus dangereuse de la guerre froide. Car chaque camp pouvait détruire l’autre un certain nombre de fois mais « celui qui tirait en premier allait disparaître en second ». C’est à ce moment-là que le concept MAD s’est imposé, ensuite le concept « équilibre de Nash » et la théorie de « la deuxième frappe » de Mc Namara.

 

Un autre Prix Nobel, Robert Autmann, spécialiste de la théorie des jeux et de ses applications en économie est arrivé à trois conclusions. (A) La guerre n’est pas un acte irrationnel et il doit être étudié scientifiquement pour le comprendre et pour, éventuellement, la gagner ; (B) une étude répétée permet d’estomper l’importance du « maintenant » en faveur du « après » ; (C) les approches simplistes pour obtenir ou faire la paix (« apaisement ») peuvent conduire à la

guerre tandis que des menaces crédibles et la destruction mutuelle assurée peuvent éviter la guerre d’une manière fiable.

 

Mais de théorie en concept et de déclaration belliqueuse irresponsable en acte de terrorisme destiné à habituer le monde aux catastrophes qui vont venir, on voit bien que ce qui est en cause c’est l’irrationalité d’un protagoniste qui se prend pour le Dr Folamour. Sauf qu’il dispose de ressources pratiquement illimitées (pétrole et gaz), de leviers économiques rendant toutes tentative d’isolation ou de sanctions inopérantes et, par-dessus tout, d’une totale soumission à un système de pensée irrationnel car religieux.

 

Le monde entier a un problème, il s’appelle l’Iran. Trois affirmations fortes ont eu cours ces dernières années : « Une guerre contre l’Iran ce serait la pire des choses sauf un Iran avec la bombe », « si vous êtes intéressé à éviter la troisième guerre mondiale, vous devez être intéressé à empêcher les Iraniens d’avoir les connaissance nécessaires pour disposer d’une arme nucléaire "» et « la bombe ou le bombardement, voilà le choix pour la communauté internationale face à l’Iran ». Dans l’ordre, R. Cheney, G.W.Bush et N. Sarkozy.

 

Quand, enfin, en 2000 on a appris que l’Iran poursuivait un programme nucléaire secret depuis 18 années, quand des dissidents iraniens on fait connaître l’ampleur de ce programme quand le monde a compris que le programme n’avait de sens que militaire, les Etats-Unis ont « mis sur la table » une option militaire. Pendant deux années l’Europe s’est opposé à une approche « musclée » et est arrivée à convaincre les Etats-Unis d’accorder une chance à la négociation. L’absence d’armes de destruction massives en Irak, cause principale du déclenchement de la deuxième guerre du Golfe, a été une des raisons pour lesquelles l’Amérique a accepté de laisser faire l’Europe. Mais la guerre a eu aussi comme résultat de retarder pour un temps le projet iranien, sans doute par peur que le pays allait être le troisième sur la liste (après l’Afghanistan et l’Irak). Pour un temps, car il a été repris depuis « vapeur toute » en faisant des progrès remarquables sur la voie de l’enrichissement de  l’uranium, enrichissement nécessaire pour disposer de matière fissile en quantité suffisante pour confectionner une bombe.

 

Malheureusement, conduites par un clown (Haut Représentant aux Affaires Etrangères de l’Europe), des négociations pendant cinq ans n’ont rien donné. Aussi parce que depuis mars 2005 le chef négociateur avait assuré que « pour ce qui concerne l’Iran aucune action militaire n’est prise en considération ». Déclaration reprise par le ministre des affaires étrangères britannique de l’époque, le socialiste Jack Straw sous la forme « toute action militaire contre l’Iran serait une ineptie ». Et on voit que la troisième conclusion de R. Autmann n’étant pas respectée il n’y avait (il n’y a) aucune raison pour l’Iran de ne pas avancer sur son chemin, au bout duquel attend (nous attend) la guerre.

 

Pourtant, un faisceau d’indices concordants est là pour mettre en doute les déclarations de l’Iran quant aux fins pacifiques de leur programme. Laissons de côté les fariboles du genre « l’eau lourde (installation de production à Arak, produit nécessaire pour fabriquer du plutonium dans un réacteur) sera utilisée pour guérir le cancer, comme en Occident (Président de l’Académie des Sciences de l’Iran) ou les essais d’explosifs puissants faits pour fabriquer des airbags. On devrait comprendre que 1 + 1 = 2. Car si l’uranium enrichi est nécessaire à l’Iran comme combustible pour ses futures centrales nucléaires on ne voit pas pourquoi ce pays n’a accepté ni l’offre russe ni celle saoudienne proposant la prise en charge de la fabrication dudit combustible. Ni pourquoi il serait nécessaire d’enrichir l’uranium au-delà des 5% nécessaires pour les réacteurs sans aller vers les 90/95 % nécessaires pour la bombe. Ni pourquoi on travaillerait d’arrache-pied à créer de fusées balistiques capables de porter des ogives nucléaires à plus de 2.000 km (comme par hasard, la distance qui sépare l’Iran d’Israël …). Ni pourquoi les pays limitrophes, ceux du Golfe, seraient effrayés : « Bien qu’ils n’aient pas la bombe pour l’instant, ils sont en train d’avancer vers sa construction ce qui risque de pousser la région entière vers un conflit. Nous devons comprendre que cela va s’aggraver et que ce n’est pas raisonnable » (Salman Bin Hamad Al Khalifa, Prince héritier  de Bahreïn). Et on entend les « réalistes » de la région dire « Iran bombardé, on aura des difficultés pendant 18 mois, Iran avec la bombe on en aura pour 18 ans ». Bref, Iran aura la bombe, Iran disposera de vecteurs pour la faire exploser là où il voudra, de préférence en Israël. Quand ? Nonobstant les conclusions lénifiantes du dernier rapport des agences de renseignement américaines ou de celles de l’AIEA, les renseignements militaires israéliens viennent de laisser comprendre (Général A. Yadlin) que la fenêtre la plus probable va de 2008 à 2010.

 

Que faire ?

 

Pendant des années les dirigeants d’Israël ont considéré que le « problème de l’Iran » était celui de la communauté internationale. Pourtant, en septembre 2004 Ariel Sharon déclarait « la communauté internationale n'a pas fait assez pour arrêter l'Iran de se doter d'armes nucléaires en avertissant qu’Israël prendra ses propres mesures pour se défendre ». et en 2007, en visite à Moscou, pendant le conférence de presse se tenant à côté de M. Poutine, E. Olmert martelait « Israël ne peut pas se permettre le luxe de la création d'une situation où un pays comme l'Iran dispose d’un potentiel non conventionnel. L'Israël n’acceptera jamais ce type de situation. Pour nous, quand le chef d'un pays dit il veut nous détruire, cela ne ressemble pas à une déclaration vide, mais à quelque chose que nous nous devons  d’empêcher de toutes les manières acceptables et possibles »  La situation n’a pas changé depuis, au contraire. Les Etats-Unis ne commenceront pas une guerre dix mois avant qu’un nouveau président arrive aux affaires et l’Europe, toute à ses petites affaires commerciales et/ou d’investissement avec l’Iran, ne fera rien d’autre que traîner ses pieds pour qu’aucune sanction réellement forte ne soit prise. Sans parler de l’attitude immonde de la Russie ou de la nonchalance irresponsable de la Chine Si, elle fera quand-même quelque chose : prôner la négociation sans se soucier des résultats qui n’ont pas été obtenus depuis plus de cinq ans. L’essentiel étant le processus de négociation non pas les résultats.

 

Reste Israël pour laquelle un Iran doté de l’arme nucléaire c’est la disparition garantie car, vu l’exiguïté de son territoire, si l’Iran « tire le premier » Israël disparaîtra. Pas de possibilité de « deuxième frappe » (même si des sous-marins pourraient palier l’absence de territoire mais à quoi bon ?), le concept MAD n’est donc pas applicable. D’évidence, Israël n’a de possibilité de survie que d’attaquer le premier. Ce pays s’est déjà trouvé dans une situation similaire à la veille de la guerre de six jours, on connaît son déroulement et ses résultats.

Mais en même temps que le concept MAD, Henry Kissinger et Herman Kahn avaient proposé une approche en quatre points pour faire face à un adversaire doté (ou sur le point de se doter) d’armes nucléaires. D’abord une escalade de gestes de sorte que la nation la plus faible s’abstienne de continuer  avant qu'un échange nucléaire se produise ; en second lieu, en assenant une première frappe massive qui interdira toute réponse efficace ; troisièmement, lançant une frappe chirurgicale qui détruira la direction ennemie ; et quatrièmement une avancée  technologique massive par rapport à l’adversaire et pour permettre une défense stratégique efficace. Force est de constater que si Israël  est obligée de se lancer dans une guerre contre l’Iran elle devra utiliser les quatre approches indiquées. Cela étant, l’escalade de gestes n’a pas l’air d’impressionner Iran [bombardement du site nucléaire présumé en Syrie à la frontière de l’Irak, liquidation de l’assassin recherché pendant 25 ans par tous les services occidentaux pour sa participation aux tueries de Beyrouth (243 marine américains et 58 soldats français ou à des attentats un peu partout sur la planète)]. D’un autre côté, l’avancée technologique d’Israël sur l’Iran est indiscutable. Restent donc les deux points, première frappe massive et frappe chirurgicale visant la direction de l’Iran.

Si l’on suppose que la arche inexorable de l’Iran vers la bombe ne puisse trouver d’autre obstacle qu’Israël, que peut-on espérer ? Deux choses de très grande importance doivent être présentes à l’esprit : ayant appris la leçon de la destruction de l’Osirak [1] l’Iran a parsemé son territoire de sites nucléaires. On en compte 16 connus et on crédite ce pays de l’existence d’encore six bien enfouis dans ses montagnes ou au milieu de déserts vides de toute vie. Quant aux Etats-Unis, ils ont répertorié plus de 1.000 cibles possibles … 

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On comprend vite qu’il s’agirait d’un exploit de toute autre dimension que celui de la destruction du réacteur de Saddam Hussien. Qui de plus était parfaitement localisé et dont les équipements accessoires se trouvaient visibles tout autour. La deuxième chose difficile est liée au fait que l’essentiel des activités nucléaires militaires se trouvent enterrés à des profondeurs (inconnues avec précision) allant de 20 à 300 m. sous des sols soit résistants eux-mêmes soit renforcés par construction.

Il y a deux types d’installations enterrées : « un trou couvert » et des constructions assimilables aux mines. Pour ce qui est de la première catégorie (les « trous » faisant moins de 50 m de profondeur) les munitions connues (et dont Israël dispose sans doute) sont suffisantes.

 

Il s’agit cependant de bien localiser les cibles et d’assurer leur livraison jusqu’à ces cibles. On peut faire confiance aux capacités de renseignement d’Israël pour la première partie.

Quant à la deuxième … l’on doit envisager certainement des vecteurs genre missiles de croisière tirées à partir des sous-marins dont dispose Israël. En effet, pour ce qui est de l’aviation, les distances d’un côté et la nécessité d’assurer des vagues de bombardement incessantes pourraient constituer des obstacles difficilement surmontables pour ce dont Israël dispose. Si l’on regarde une carte on voit que les avions devraient opérer à 1.500/2.000 km de leurs bases. La flotte aérienne dont Israël dispose n’est qu’en partie, capable de ce type de missions qui de plus supposent des ravitaillements en vol.

 

    Pour ce qui est de la deuxième catégorie, en sus de ce qui est nécessaire pour la première, (localisation des cibles  et livraison des munitions) deux autres facteurs interviennent. D’abord le fait qu’il puisse s’agir de facilités se trouvant à plusieurs centaines de mètres en dessous de sols montagneux et peut-être renforcés. Le deuxième facteur tient à ce que les superficies utilisées en profondeur pourraient être de l’ordre de centaines de km² : facilités diverses séparées par des tunnels-couloirs de centaines de km. On sait depuis pas mal de temps que la Libye avait construit un réseau d’au moins 2.000 km de tunnels d’un diamètre de 15m. autour d’une usine de fabrications d’armes chimiques en camouflant entièrement les travaux et leurs résultats.

 
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Comment s’attaquer à ce genre de constructions ? On sait peu de choses sur les capacités des munitions qu’Israël conçoit et fabrique. On se souvient, cependant, de la surprise des bombes pénétrantes pour détruire les pistes d’aviation utilisées pendant la guerre de six jours. On sait

aussi que l’industrie de l’armement israélienne est le troisième (ou quatrième) exportateur mondial. Mais … ce que les Etats-Unis envisagent pour ce genre de bombardements sont les MOP’s (Massive Ordnance Penetrator) d’un poids de l’ordre de 8.000 kg et capables de pénétrer des sols renforcés jusqu’à des dizaines de m de profondeur.


Ou alors des bombes classiques de 15.000 kg … mais qui nécessiteraient l’utilisation de bombardiers B-2 partant de Diego Garcia.

 

L’on ne sait pas Israël disposant de ce type de munitions ni de ce genre de vecteurs. Ce que l’on sait en revanche c’est que des achats de 2.000 BLU-109 (bombes pénétrantes pour la destruction des bunkers), ont été faits depuis 2004 et qu’elles pourraient être utilisées pour détruire les installations nucléaires iraniennes. Pour ce qui des vecteurs ayant un rayon d’action supérieur à 2.000 km et capables de les transporter on sait qu’Israël dispose de F-15  parfaitement utilisables. Mais imaginer des vols à 2.000 km de distance sans que les  systèmes d’alerte russes, au sol ou dans l’espace, ne les détecte … cela pourrait dépasser même la maestria des israéliens. Encore que … Bien avant Oslo (donc il  y a plus de 15 ans) des avions israéliens ont détruit le Quartier Général de l’OLP à Tunis, à 2.000 km des côtes israéliennes en traversant la Méditerranée de l’Est en Ouest sans qu’aucun pays riverain détecte quoi que ce soit. A l’aller comme au retour.

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Deux autres possibilités sont connues : des munitions nucléaires à effet limité (« bombes à neutrons », par exemple) d’une puissance de 1,5 ktonnes explosant à quelques 30 m en dessous du sol. Le résultat serait un chamboulement de 700.000 tonnes de roche et terre suffisant pour rendre inutilisables les installations enterrées et de plus gardant la radioactivité prisonnière dans la cavité produite par l’explosion. C’est vrai, ceci pourrait créer quelques difficultés supplémentaires à Israël avec la communauté internationale, la « rue arabe » (les 1,5 milliards de musulmans …) ou avec tous ceux qui par nonchalance, intérêts économiques ou volonté délibérée voudraient assister à la disparition d’Israël fût-elle l’œuvres des mollahs iraniens. Mais à partir du moment où l’hypothèse consiste dans une frappe nucléaire massive de toute manière …

La deuxième possibilité consiste dans l’utilisation de ce que l’on appelle HPM (High Power Microwaves) qui se limite à la destruction de tous les composants, appareils et systèmes électroniques qui gèrent les installations nucléaires.

 

Et on revient à ce qui constitue l’alfa et l’oméga d’une telle action, localisation des cibles et livraison des munitions. Mais … il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer … et Israël se trouve devant une menace existentielle.

 

Apocalypse maintenant ? Ou plus tard ?

 

De Vienne à Londres, de Rome à Berlin, de Madrid à Bruxelles, dans le silence des pays « moraux » de l’Europe (les scandinaves, les Pays Bas, etc.,) on se prépare -comme dans les tragédies antiques- à assister à ce qui paraît inéluctable. Avec une pincée d’inquiétude car … les affaires risquent d’être plus difficiles. Pourquoi inéluctable ? Parce que les jean-foutres qui nous gouvernent s’occupent de ce qui conditionnera leur élection demain non pas de ce qui fera notre vie après. Parce que chez nous on est occupé à déverser des tombereaux de saletés sur un président élu par une majorité confortable il y a moins d’un an et dont la vie sentimentale ou le vocabulaire paraissent les sujets les plus importants pour la radio, la télé et la presse papier. Parce qu’au lieu de préparer notre pays pour survivre dans une monde de plus en plus compliqué demain et après-demain, on s’évertue à le tirer encore vers le bas en empêchant, pratiquement, toute réforme de se faire.

 

Dormez tranquilles, bonnes gens. Un jour nous nous réveillerons et on apprendra que pendant la nuit les installations industrielles, pétrolières et nucléaires iraniennes ont été, en très grande partie, détruites. Par qui ? Allez …

 

Et nous verrons les attentats en Europe et ailleurs reprendre, le pétrole à 100 $ le baril (il y est déjà ? Tiens, donc …) et le monde arabo-musulman se coalisant (tout au moins en apparence) pour accuser Israël. Le Conseil de Sécurité se réunira en urgence pour la condamner et pour demander la retenue à tous les acteurs. On oubliera du coup les guerres asymétriques imposées à Israël (Hezbollah et Hamas) comme les menaces multiples et variées du boucher de Téhéran et de son guide suprême.

 

Fiction ? On vit une époque formidable … et on n’a pas encore tout vu !



[1] (« O-Chirak » … réacteur fourni par la France au « frère » de son premier ministre en 1975, Jacques Chirac et détruit par l’aviation israélienne)

 

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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 19:51

 

 

 

La lutte contre les juifs a toujours été la marque des nations basses. (Nietzsche)

 

C’est devenu un lieu commun que de souligner la nature existentielle du conflit israélo-arabe en la reliant aux fondements même de l’islam. Il est moins commun d’affirmer (en paraphrasant la généalogie du totalitarisme communiste) «Israël est dans l’Europe qui est dans l’islam». Autant dire que si l’on veut dépasser les aspects événementiels du conflit israélo-arabe, on devrait commencer par regarder, même d’une manière superficielle, mais au moins de près, les racines du désordre mondial auquel on assiste. Tout en remarquant que la totalité des conflits de la planète (à quelques exceptions près, comme les maoïstes au Népal ou la guérilla «narco-marxiste» des Farcs colombiennes) implique l’islam directement ou par ses séides. Regardons donc les choses de plus près.

 

L’islam Aucune évolution depuis qu’il a commencé à être imposé par le glaive au 7ème siècle (pas d’aggiornamentos de siècle en siècle comme l’Eglise catholique ou de remise en question permanente comme le Talmud pour le judaïsme). Il reste confiné depuis aux trois piliers d’origine : l’oumma (communauté ouverte), la charia (corpus religieux, politique et social) et la dhimitude (en réalité supériorité du musulman par rapport à l’infidèle, fût-il juif ou chrétien). La déclinaison de ces trois concepts ne peut conduire qu’à l’emploi de la force : conquérir le monde, soumettre l’autre, faire respecter la charia ne peut se faire -sauf consentement individuel- que par la force.

 

Cela étant, tout en préférant le glaive, le monde musulman essaye de parfaire sa conquête du monde par la dawa : en simplifiant, une conquête pacifique des «cœurs et des cerveaux». Le déplacement de masses énormes d’individus musulmans du Sud vers le Nord, procède non seulement de causes économiques mais aussi, et surtout, de leur tendance atavique à l’extension de leur « espace vital ». Partout où l’islam a pénétré, il a produit une transformation implacable du mode de vie et de la culture de ceux conquis ou convertis. Il s’agit de constater le caractère impérialiste de l’islam, seul capable d’expliquer l’islamisation de continents entiers. Des exemples ? Au loin, la destruction de tout ce qui était hindou par l’invasion moghole. Au près, les horaires homme-femme pour les piscines dans le Nord de la France, les menus «halal» dans les cantines des écoles républicaines, les interdits divers à Bruxelles ou Amsterdam, sont là pour nous mettre les idées à l’endroit. Le caractère impérialiste attaché  à cette religion suppose en même temps l’observation sans exception des concepts établis il y a 1400 ans. Il ne peut, d’évidence, que s’appuyer sur un fanatisme inculqué aux masses et qui se reproduit par l’éducation (ou l’absence d’éducation) de dizaines et dizaines de générations. Il serait, dès lors, utile d’arrêter de propager des affirmations fausses comme «l’islam est une religion de paix» et accepter que le fanatisme est un de ses principes de base. Car si l’on n’accepte pas cette vérité, on ne peut pas expliquer, par exemple, pourquoi l’apostasie (renoncement à la religion islamique) est punie de mort, ni le fait qu’en plein 21ème siècle la femme musulmane n’est pas l’égale de l’homme.

 

Conquête du monde et prosélytisme : comment pourrait-on accomplir ces desseins sans la force ? Cette religion s’est imposée du sous-continent indien jusqu’aux rives de l’Atlantique, avant de descendre l’Afrique du Nord au Sud et, à partir de la période des vastes mouvements d’émigration, a traversé le Pacifique pour s’installer en Malaisie et Indonésie (ces deux pays, à substrat fort de civilisation asiatique, constituant des cas réellement particuliers). Le résultat sur les territoires conquis : transformation en désert de contrées auparavant fleurissantes, car créer, bâtir, pérenniser, est incompatible avec la conquête. Il suffit de regarder l’état des pays musulmans qui n’ont pas (ou peu) de pétrole. Et si l’on donne l’exemple de l’Espagne du califat, il faut méditer l’exemple égyptien : le pays qui a tout inventé (au moins pour la civilisation de l’Occident), architecture, médecine, culture, arts, est devenu stérile depuis que l’islam s’y est installé. Le peuple égyptien ? Aujourd’hui, il est l’exposant d’une économie d’assistés dont le PNB atteint à peine celui d’Israël (77 millions d’habitants d’un côté, 6,5 de l’autre …). Force est de reconnaître que l’islam a tiré une chape de plomb sur tous mouvements culturels, artistiques ou scientifiques où il s’est installé. Le sous-développement est consubstantiel, structurel, à cette religion depuis, mettons, mille ansundefined

 

C’est pour cela que l’on occulte l’état de régression mentale et d’oppression qui prédominent en Arabie Saoudite (lapider la femme adultère, couper la main droite du voleur, interdire le vote des femmes …), ce valeureux allié de l’Occident.  Et que l’on ménage l’Iran -devant lequel le monde occidental se comporte comme une proie hypnotisée par un serpent. Pays où tous les acquis de la dictature (éclairée ?) du Shah, qui voulait troquer le pétrole contre le développement, et pour cela se distinguer du monde arabe environnant  se sont évanouis pendant les trente années de dictature théocratique de mollahs incultes.

 

Naturellement, les héritiers des Lumières, forts de leur croyance (!?) dans la «raison» et la capacité des humains à distinguer le bien du mal, l’individuel du collectif, car pour eux l’homme (et l’humanité) est perfectible, cherchent les moyens pour rendre compatible l’islam avec le monde moderne. C’est ainsi, entre autres, que l’on a vu fleurir les distinctions «modérés» et «extrémistes», et, sans beaucoup d’acrobaties intellectuelles, décider que le mal vient non pas des «modérés» mais des «extrémistes». La pente glissante est mise en place par ceux-là mêmes que l’islam veut conquérir. On s’occupe des «extrémistes» et on ne veut pas voir ce que les «modérés» représentent. Eh bien, non ! Il faut prendre la réalité telle qu’elle est. Il faut admettre que la «minorité agissante», représentée aujourd’hui par les terroristes islamiques, n’est que le sommet de l’iceberg qui menace le vaisseau mondial. Il faut croire cette minorité quand elle dit qu’il s’agit d’une guerre de religion, comme on aurait dû croire et prendre au sérieux Mein Kampf.

 

Ne pas le faire, c’est absoudre les masses musulmanes de leur responsabilité collective pour ce que font les «extrémistes». Certes, parler de responsabilité collective suscite immédiatement la réprobation. Mais que l’on regarde du côté de la première religion monothéiste : Moïse et le veau d’or. En attendant Moïse, le peuple construit le veau d’or : il ne peut assumer sa liberté. Entre Dieu et Israël existe un rapport contractuel : la fidélité du peuple conditionne son élection. Mais face à l'idolâtrie, Moïse utilise son sens des responsabilités et réussit à dépasser la crise. Ensuite, l’édification du Tabernacle ainsi que la confection des objets du culte, renvoient nécessairement à la responsabilité collective du peuple juif (porteur du projet divin), alors que la célébration de ce culte, qui doit être volontaire et consciente, renvoie à des responsabilités individuelles. Et c'est aussi une des raisons pour lesquelles suit une pérégrination de 40 années dans le désert, imposée à tout un peuple, car il avait fauté collectivement. Pendant la 2ème guerre mondiale le bombardement de Dresde a fait 200.000 morts : décision prise par Winston Churchill, inexplicable autrement que par le constat de la responsabilité collective. Et, de la même manière, Hiroshima.

 

C’est dire que, collectivement, car adeptes des mêmes concepts qui conduisent inexorablement aux mêmes agissements, les musulmans du monde entier sont responsables du 11 septembre 2001, des massacres d’Irak (avant et après Saddam), des attentats d’Indonésie, de Madrid, de Londres et d’ailleurs. Il suffit de se souvenir de «l’explosion des masses musulmanes» au moment de la publication des caricatures de Mahomet ou, du fait patent, qu’à aucun moment, nulle part dans le monde, aucune manifestation des musulmans «modérés» n’a eu lieu contre les exactions des islamo fascistes (les «extrémistes»).

 

Conquête pacifique (dawa), conquête par le glaive, conquête par «les ventres des femmes musulmanes en Europe», force est de reconnaître que sauf la distance et une politique délibérément opposée à toute immigration des descendants du Prophète (Australie, par exemple) rien de solide ne s’y oppose. La marche de l’islam vers la domination mondiale est entamée depuis des siècles et tous ceux qui ont pensé pouvoir s’en accommoder ont disparu dans les poubelles de l’histoire. Par delà le choc des civilisations décrit par Samuel Huntington, par delà la question lancinante de Bernard Lewis «What went wrong», seule la description de Bat Ye’or (Eurabia) de la conquête de l’Europe par l’islam peut faire comprendre ce qui est inscrit dans l’évolution historique, en laissant de côté l’éventualité des guerres nucléaires.

 

L’Europe – trois pays musulmans (la Turquie, l’Albanie et, depuis peu, la Bosnie) sont déjà sur le continent. Ces trois pays cumulent quelque 100 millions d’êtres. On pourrait se demander quelle folie a pris l’Europe pour qu’elle entame il y a quinze ans le processus qui d’une manière inéluctable conduisait à la création d’un mini-état musulman (la Bosnie, qui pour l’instant se déclare « multiethnique »). Et si l’on ajoute (selon des estimations qui vont du simple au triple) encore 25 millions se trouvant en France, en Angleterre, en Belgique, Allemagne, Espagne et les Pays Scandinaves, on voit tout de suite que la voie est tracée et que démographie aidant, de 20 % de la population totale aujourd’hui on passera à plus du tiers en 2020 et, sans doute, à une majorité avant la fin de ce siècle.

 

Si ce n’était pas son caractère intrinsèquement impérialiste, on pourrait peut-être s’en accommoder. L’Europe croit, comme dans les tréfonds de son histoire, que tous les «barbares» qui l’ont envahi ont pris le mode de vie et la culture des contrées conquises, et ne réalise pas que pour la première fois dans son histoire, proie de ses démons (apaisement, fin des conflits, justice sociale, etc.), c’est son mode de vie et sa culture qui vont être phagocytés par les populations qu’elle a accepté d’une manière incompréhensible.

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De plus, l’Europe essaye par tous les moyens de montrer une forme de solidarité avec le monde arabo-musulman. Par delà les raisons « morales », par delà les intérêts économiques il n’est pas difficile de comprendre que cette attitude comporte deux ressorts essentiels : l’antisémitisme et l’anti-américanisme.  De fraîche date (seulement  200 ans à tout prendre …) l’anti-américanisme a d’autres causes que le vieil antisémitisme.

 

 L’Angleterre a toujours montré la voie à l’Europe : sa première expulsion des Juifs a eu lieu en 1290, soit deux cents ans avant Isabelle la Catholique ; la France ensuite, l’Espagne, l’inquisition, les Princes Allemands, les pogroms russes et pour couronner le tout, la Shoah. L’Angleterre (après avoir édicté la Déclaration Balfour) s’est opposée par tous les moyens à la renaissance d’Israël, entre autres en s’abstenant au moment du vote du plan de partage. Le courant majoritaire européen anti-Israël actuel n’est, semble-t-il, que l’expression permise d’un antisémitisme, pas uniquement musulman (comme d’aucuns le prétendent en rappelant que «Mohamed» est devenu le prénom le plus usuel pour les nouveaux nés…), mais venant des tréfonds de l’histoire de ces pays. Mais aujourd’hui «l’antisémitisme européen vise non pas le comportement des juifs, mais leur existence» (Wisse, Mc Gill University, Harvard – 1992 … déjà). D’autres considèrent que diaboliser Israël et épouser la cause arabe permet aux pays anciennement colonisateurs (France, Angleterre, Belgique) d’atténuer leur double fardeau historique : antisémitisme et colonialisme. En participant à la transformation des Juifs en Nazis, on relativise l’holocauste, tandis qu’en se faisant le meilleur allié des arabes, on montre avoir surpassé son histoire de colonisateur. Bat Ye’Or a souligné l’existence d’un syndrome autodestructeur de l’Europe. «Cela tient de la nature du lien entre christianisme et judaïsme. Le christianisme ne saurait détruire le judaïsme sans se détruire lui-même puisqu’il possède en lui le judaïsme. Le rejet du père qui s’exprime par le retour au paganisme (aryanisation de l’Eglise), ou l’aspiration à se fondre dans l’islam, implique nécessairement la destruction du christianisme. Cette dernière hypothèse se justifie particulièrement avec l’islam dont la mission est précisément la destruction du christianisme. S’allier avec celui dont la mission théologique est votre destruction, est suicidaire».  Pour conclure, «Le plan européen de destruction d’Israël, reflète en effet son propre désir de destruction et de mort. Et c’est son auto-anéantissement, parfois inconsciemment, que l’Europe a préparé en planifiant la fin d’Israël, car les deux processus sont corrélés. L’Europe veut détruire l’ancien monde pour renaître dans une nouvelle métamorphose, l’islamo-christianisme et l’utopie planétaire de la paix». (correspondance privée).

 

Pour comprendre l’aujourd’hui, on devrait se souvenir du passé. En 1922, Hitler assène "si un jour j'ai réellement le pouvoir, la destruction des juifs sera ma première et ma plus importante tâche". On n'a pas voulu le croire, on sait ce qui a suivi. On a l'habitude de considérer que seuls les nazis étaient responsables, mais l'on doit parler de responsabilité collective quand tout un peuple, l'Allemagne dans sa totalité, s’est rendu complice dans la Shoah. Et il faut aller plus loin : c'est l'Europe, en totalité, qui a été complice. Sauf l'Angleterre et, en partie, la Bulgarie, aucun pays de l'Europe continentale ne peut se soustraire à une responsabilité écrasante. L'Europe chrétienne nourrie pendant deux millénaires par la haine du juif, juif nécessaire pour affirmer l'église comme le pôle du bien, tout en montrant en permanence le pôle négatif : le juif. Et elle semble avoir trouvé aujourd’hui pour «finir le travail» entamé par les nazis un relais dans l’islam ce qui explique son acceptation enthousiaste ou résignée de sa conquête par ce dernier. La rupture -définitive- entre la l’Europe et les Juifs est une tragédie pour les deux parties. Une Europe haïe par le peuple juif ne pourra jamais effacer de son histoire sa faute impardonnable. Et un Israël persécuté par l’Europe va toujours se sentir menacé d’un nouveau ghetto  Ce qui est incompréhensible c’est que la majorité des européens  ne comprend pas encore  que les ambitions islamistes ne s’arrêteront pas avec Israël dont on demande l’éradication et on annonce le compte à rebours pour sa disparition tous les jours de la semaine. Sans qu’aucune autorité morale en Europe n’ait le courage de regimber. Tout en laissant la Chef de l’Eglise Anglicane prêcher tranquillement l’adoption de la charia en Angleterre pour les musulmans. Les principes de l’Europe ?

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Il y a soixante-dix ans on n’a pas voulu mourir pour Danzig. On est mort ensuite à Coventry et à Oradour sur Glane. Staline a signé un pacte de non-agression avec Hitler, 21 millions de russes en sont morts (Marc NOUSCHI, Bilan de la Seconde Guerre mondiale, Le Seuil, 1996). L’Europe pactise aujourd’hui avec ses conquérants de demain, il ne faut pas être grand clerc pour prévoir ce qui va advenir. Elle fait semblant de croire que son monde à elle est différent de celui d’Israël. C’est ainsi qu’elle a obligé ce dernier à accepter les formules creuses «la paix contre les territoires» ou «deux états pour deux peuples» en se convaincant de «la centralité» du conflit israélo-arabe. Avec la conviction que la région deviendrait un havre de paix si seulement les Palestiniens obtenaient ce qu’ils demandent.

 

Israël - De la conquête de Canaan au 12ème siècle av. J-C et jusqu’à sa deuxième expulsion par les Romains en 135, la Palestine fut le territoire du peuple juif.  Province de l’empire Omeyyade dès sa conquête par Omar en 636 et jusqu’à la première croisade en 1099, elle accueille des populations arabes qui se considèreront comme ses seuls propriétaires. Arabes, non pas «Palestiniens», la nuance est de taille et facilite la compréhension des racines du conflit.

 

Les données démographiques d’avant le 19ème siècle sont imprécises. L’évolution des populations montre que la progression des Arabes y a été nulle ou légèrement négative de 1845 à 1922, année du mandat de la Société des Nations à la Grande Bretagne après la Déclaration Balfour. (Etablissement d’un Foyer National Juif en Palestine), tandis que celle des juifs est multipliée par sept pour représenter 14 % de la population totale. De 1922 à 1947 elle a été presque parallèle pour s’établir à 1.100.000 arabes et 600.000 juifs. Les  Juifs ont été majoritaires pendant treize siècles, les Arabes pendant les treize siècles suivants. Cette évolution, avec la Shoah en toile de fond, fait que l’ONU décide en novembre 1947 un partage considéré comme équitable. Les deux parties en présence se voient accorder des territoires disposant d’une légitimité internationale.

 

Israël accepte la décision du partage  en renonçant à la Cisjordanie, de son point de vue, partie de son héritage. Les pays arabes, arguant de la propriété des territoires, la rejettent. Les acteurs sont mis en garde contre un recours à la guerre : « Le Conseil de Sécurité considère comme une menace contre la paix ou rupture de la paix ou comme acte d’agression selon l’Article 39 de la Charte des Nations Unies, toute tentative de changer par la force le règlement tel que décidé par la présente résolution» ; cinq pays déclenchent une guerre contre Israël, ils la perdent et une partie de la communauté arabe de Palestine (600.000 à 700.000 personnes, selon les sources et les narratives de chaque partie) entame une diaspora sans fin. L’ONU préside aux accords de Rhodes de 1949 qui figent des lignes d’armistice, devenues frontières pendant 18 ans, mais ne prend aucune mesure contre les pays qui ont essayé de détruire Israël. Il s’agit là de sa première forfaiture, d’autres suivront pendant 60 années. Les accords de Rhodes précisent dans le 5ème article «les lignes du cessez-le-feu ne doivent pas être considérées comme des frontières territoriales ou politiques et leur établissement ne préjuge en rien des droits, demandes ou positions des parties au cessez-le-feu quant à la résolution finale de la question de la Palestine. L’ONU fait, ensuite, preuve d’amnésie, première forfaiture de cette honorable organisation.

 

De 1949 à 1967, aucun pays arabe, ni l’ONU, ne mettent en cause la nouvelle réalité, personne, nulle part, ne parle «d’occupation». La décision de créer un Etat Arabe en Palestine est superbement ignorée. Deuxième forfaiture majeure qui explique le déroulement futur des relations entre Israël et l’ONU.

 

Depuis  le partage, la Cisjordanie (5.900 km²), annexée initialement par la Jordanie, voit sa population arabe doubler, passant d’environ 1.100.000 (1948) à 2.100.000 en 2001 tandis que celle de Gaza, occupée par l’Egypte au même moment, passe de 236.000 en 1967 à 1.200.000 en 2001 ! Le développement induit par le voisin israélien et l’entretien des «réfugiés» par les Nations Unies sont les causes majeures de cette évolution. Depuis 1948 les palestiniens ont suivi deux trajectoires dissemblables. Ceux qui sont restés en Israël, avec des hauts et des bas, ont vu leur identité reconnue et leur développement culturel et économique évoluer en parallèle avec celui de la composante (majoritaire) juive. Des profs, universitaires, des médecins dans les principaux hôpitaux, des juges, des députés (à la proportionnelle), un ministre, tous arabes il y en a pléthore en Israël. Au ratio des deux composantes de la population ? Certes pas, mais pas très loin. Quant au niveau de vie, l’écart entre les deux populations est -semble-t-il-  essentiellement lié au taux de femmes qui travaillent et, fait marquant, cela est presque identique pour la composante (très) religieuse juive.  Les palestiniens partis (ou expulsés, c’est selon) n’ont trouvé dans aucun des pays où ils se sont installés autre chose que des privations, des camps de réfugiés, l’interdiction d’obtenir une citoyenneté, l’interdiction de posséder des propriétés ou d’exercer des métiers réservés aux autochtones, j’en passe et des meilleures. Il y a là, sans doute, une des raisons majeures pour leur insistance au «droit de retour» … certains comme ils sont de ne pas pouvoir trouver mieux que la société ouverte israélienne pour, éventuellement, se refaire une deuxième vie. 
 

En 1967 une nouvelle guerre initiée et perdue par trois pays arabes voit Israël conquérir la Cisjordanie et Gaza. La résolution 242 du Conseil de Sécurité demande «… la reconnaissance de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de chaque Etat de la région et de son droit de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues». Israël propose de créer des territoires autonomes gérés par les populations habitant ces territoires, les PalestiniensLes trois NON du sommet des pays arabes de Khartoum en 1967 -Non à la négociation, Non à la reconnaissance, Non à la paix- engagent les pays arabes  jusqu’en 1977, quand Sadate va à Jérusalem. L’Organisation de Libération de la Palestine (!) est créée en 1964 quand il n’y avait aucun «territoire occupé» (il s’agissait donc de faire disparaître Israël). Sa Charte qui programme la destruction d’Israël n’a jamais été modifiée, nonobstant moult déclarations et engagements. L’OLP est reconnue à Khartoum et ensuite par la « communauté internationale » comme « représentant unique du peuple palestinien ».

 

Il a fallu qu’un des hommes de l’ombre les plus haut placés dans la hiérarchie transnationale du KGB (I.M. Pacepa – Les horizons rouges) » fasse défection pour apprendre que les actions «d’éclat» de l’OLP étaient financées par le KGB.  Il a rappelé  ce que son patron de la fin des années 60 (un autre général, russe, toujours du KGB) lui disait «dans le monde d’aujourd’hui quand les armes nucléaires ont rendu obsolète la force militaire, le terrorisme doit être notre arme principale ».  Les succursales allemande, cubaine, roumaine ou tchèque fournissaient aux troupes d’Arafat des munitions par avions entiers et du Semtex par milliers de tonnes (Vaclav Havel en parlant de ce que la Tchéquie avait fait pour Y. Arafat.) Tandis que Youri Andropov (chef du KGB dans les années 70) lui disait  «le monde islamique est une boîte de Pétri dans laquelle nous pourrions cultiver comme une bactérie virulente «la haine de l’Amérique», en partant de la pensée marxiste-léniniste. L'antisémitisme islamique va fonctionner à profusion. Les musulmans ont un goût prononcé pour le nationalisme, le chauvinisme, et la victimologie. L’illettrisme des foules opprimées pourra être fouetté jusqu'à une poussée de fièvre».

 

Pendant toutes ces années, l’ONU ne condamne personne (sauf Israël pour des raisons multiples et variées) et n’intervient d’aucune manière pour faire respecter ses décisions : Israël voit qu’elle ne peut rien attendre d’une organisation dominée par les pays arabo-musulmans, alliés pendant des décennies aux pays de l’Est. Pour lui donner raison, l’ONU adopte une résolution assimilant le sionisme (projet national de création d’un Etat Juif) au racisme. Il suffit de remarquer que depuis 40 ans une moyenne de 145 Etats participent à l’ONU et que plus de 200 conflits sont enregistrés. Le tout à   fait produire aux diverses commissions ou aux sessions des assemblées, environ 5.000 résolutions (seules celles du Conseil de Sécurité ont force de loi, surtout quand elles sont prises dans le cadre de l’article 7 de la Charte prévoyant l’emploi de la force).  : Plus de 1.500 résolutions, soit plus du tiers, sont relatives à Israël. Pour en arriver là, que s’est-il passé depuis la résolution 181 du 29 novembre 1947 créant en Palestine deux Etats, un devenu Israël et l’autre qui n’a jamais vu le jour ? Rien, sauf que les pays arabes ne voulaient pas d’un état «arabe» en Palestine car cela aurait légitimé l’état juif …

 

Au premier «Camp David» en 1978, Israël et l’Egypte proposent l’autonomie en Cisjordanie, que la Jordanie va «désannexer», et à Gaza que l’Egypte a «quitté» en 1967. Les pays arabes rejettent l’offre, elle aurait reconnu implicitement l’existence d’Israël. 

 

En 1993 les accords d’Oslo prônent la réconciliation définitive : reconnaissance mutuelle, engagement palestinien de renoncer à l’option militaire, transfert de zones administrées par Israël à l’Autorité Palestinienne. Pour Oslo, la Cisjordanie et Gaza sont des «territoires administrés». Le vocable «occupation» n’y figure nulle part. 

 

Oslo laissait à plus tard les sujets à caractère existentiel : réfugiés de 1948 et leurs descendants, ou messianique : souveraineté à Jérusalem. Sept années suivent, la société civile palestinienne progresse et tire avantage des avancées économiques d’Israël.  Mais les offres israéliennes de Camp David (II) et les «paramètres Clinton» en 2000, sont rejetés sans contre offre, ce qui suggère que l’objectif n’est pas la création d’un Etat. Et réclamer, sine qua non, le droit «imprescriptible» des réfugiés de 1948 et de leurs descendants de s’installer en Israël même, révélait l’ambition de disposer, à terme, de deux Etats : un, palestinien et un deuxième -Israël- dont la majorité deviendrait rapidement arabe. En septembre 2000 l’option militaire est reprise : deuxième Intifada et depuis on ne parle que d’occupation : les «modérés» entendent la Cisjordanie et Gaza, d’autres, le territoire «du Jourdain à la mer», c’est-à-dire Israël y compris.

 

La notion d’occupation, à forte connotation politique, n’a pas de substrat légal ou juridique. Des territoires affectés par l’ONU à la création d’un Etat, annexés, objets d’une annulation d’annexion, conquis dans une guerre, ne peuvent pas, sauf perversion du langage, être considérés comme «occupés». Leur possession totale ou partielle est disputéepar Israël et les populations y habitant.

 

Mais puisqu’il faut finir avec ce conflit (avec l’espoir que l’on retardera les suivants…) on invente la formule «deux états vivant en paix, l’un à côté de l’autre  et en sécurité».

 

Depuis Oslo, Israël a fait, en gros, ce qui était sa part : restitution des territoires (même Gaza), reconnaissance de l’OLP, don d’armes à une force de police, assurance d’un haut degré d’autonomie aux populations des zones sous contrôle palestinien. De leur coté, depuis quinze long années, les palestiniens n’ont respecté aucune de leurs promesses. L’enseignement de la haine a continué (dans aucun manuel de géographie, pourtant financés par l’Europe, on ne trouve trace d’un pays qui s’appelle Israël) et 75 % d’entre eux (sondage récent) dénient le droit à l’existence à Israël. 77% considèrent que le rapt et la détention d’un soldat sont justifiés et 68% sont partisans du tir de roquettes (artisanales … comme la presse bien pensante n’oublie jamais de les qualifier). Et ni la charte du Fatah (prônant la destruction d’Israël par étapes) ni celle du Hamas (refusant ad vitam aeternam l’existence d’Israël) n’ont été ni abrogées ni modifiées.

 

N’ayons pas peur des mots : la stratégie des palestiniens est une stratégie suicidaire. Tout ce qu’elle réussit, c’est de souder la population israélienne, de détruire toute velléité du «camp de la paix» de les aider et, sommet de leur déchéance, de laisser maintenant leur sort entre les mains des pays arabes frères ! Voir l’initiative de l’Arabie Saoudite.

 

Ce qui est manifestement impossible de faire comprendre, surtout aux bonnes âmes qui prêchent la paix (tout en sachant que d’aucuns se préparent à la guerre …), c’est qu’un Etat, c’est la dernière chose dont les palestiniens ont envie. Pour cela on doit comprendre ce qu’est l’idéologie des deux mouvements principaux palestiniens, le Fatah (nationalisme laïc) et le Hamas (nationalisme religieux) qui par des voies différentes veulent obtenir la même chose : la destruction d’Israël. La difficulté vient du fait que ce qui semble normal à des gens normaux, œuvrant pour leur indépendance, n’est pas normal pour les palestiniens. En effet, ce que l’on recherche d’habitude, c’est de tendre vers une situation stable dans laquelle le peuple dont on a la charge trouvera les meilleures conditions possibles pour son développement. Tel n’est pas le cas pour les palestiniens dont les dirigeants n’ont jamais eu d’équivalent parmi tous ceux qui ont fait du mal à leur peuple (sauf peut-être un Mugabe …). Comment faire admettre au monde entier que tout ce qui est fait pour ce peuple  tombe dans une sorte de tonneau des Danaïdes ? Comment faire comprendre que «la lutte armée» continuera non pas parce que Israël agresse les palestiniens mais parce qu’elle est le seul programme de ce peuple dont la contribution au progrès de l’humanité se résume jusqu’ici aux détournements d’avions et aux attentats suicides. Il est vain de chercher ce qu’il fait pour améliorer son standard de vie, pour l’éducation de ses enfants (sauf de les préparer à devenir des «martyrs») ou pour les droits de la femme. Gaza en est l’illustration : sur les ruines des habitations des israéliens qui se sont retirés, ils installent des lanceurs de fusées. Les serres et jardins qui exportaient leurs produits en Europe et même dans des pays arabes sont aujourd’hui détruits. Les bars et les cinémas sont fermés et les rues sont tenues par des armées procédant d’une des treize forces dont ils se sont dotés. Et c’est pourquoi leur parler de paix, de niveau de vie ou de démocratie n’a aucun sens, cela n’entre pas dans leurs vues. Sauf quand leurs dirigeants utilisent le double langage pour faire entendre aux «idiots utiles» ce qu’ils veulent entendre.
Pour l’instant il s’agit d’une impossible acceptation Pour que le conflit trouve une solution, par delà ses aspects territoriaux (qui ont été mis en avant à tort) il faudrait que l'on constate un aggiornamento fondamental du Coran : tant que les musulmans se considèrent nation ouverte sur un territoire sans fin et dont l'obligation sacrée est de combattre l'infidèle ("tuer le juif où qu'il se cache"), on peut toujours vivre avec l'illusion d'un changement, il n'arrivera pas. Conséquence logique : on ne peut pas accepter l'infidèle autrement qu'en "dhimmi" soumis au droit premier du musulman. Israël, territoire se voulant indépendant sur une terre «arabe» constitue non seulement une aberration logique (par rapport à la Weltanschauung  musulmane) mais un miroir déformant permanent montrant la hideur de ce que le Coran impose à plus d’un milliard d'hommes et de femmes de par le monde. En décembre 2001, quelques mois après le lancement de la nouvelle Intifada armée, 81,8% des palestiniens sondés soutenaient les attaques armées contre Israël, 92,3% celles contre l’armée israélienne et …  69,4% indiquaient ne pas considérer comme un acte terroriste l’emploi éventuel d’armes chimiques ou biologiques contre Israël. Ce qui ressort clairement d’un tel sondage c’est que le conflit est relatif au droit à l’existence d’Israël et non pas relatif aux territoires, aux «colonies» ou autres faux-semblants.

Encore soixante années (ou cent soixante ou deux cent soixante)  et les palestiniens (et les arabes en général), s’ils font le choix du développement par rapport au système politico-religieux qui les enfonce dans le sous-développement, tout en les faisant rêver à la conquête du monde pour soumettre l’infidèle à la loi d’Allah, changeront peut-être. Peut-être à ce moment-là, la paix en Terre Sainte sera possible. A condition que jusque-là, la communauté internationale se mêle de ce qui la regarde, laissant à Israël le droit de s’occuper de la vie de ses citoyens comme bon lui semble. 

 

Mais elle ne peut pas le faire … Agitateur des Affaires Etrangères, le bon docteur Kouchner vient de passer deux jours en Israël et en «Palestine» : il demande à Israël de «prendre des risques pour alléger le fardeau des palestiniens» (sous-entendu en acceptant que ses citoyens risquent la mort …) et d’ouvrir les passages vers Gaza pour éviter une «catastrophe humanitaire». Mais le Hamas avait lui-même ouvert la frontière de Gaza avec l’Egypte, pays frère parfaitement capable d’assurer aux habitants de Gaza tout ce dont ils ont besoin. Et qu’a fait l’Egypte une semaine après ? Elle a fermé hermétiquement ladite frontière. Pourquoi le bon docteur et la communauté internationale, ONU en tête, ne demandent-ils pas à l’Egypte d’ouvrir sa frontière ? Mystère …

 

 Fort d’avoir prêché le juste, Monsieur Kouchner va à Bethlehem … et exprime le vœu que les touristes reviennent dans la ville du  Christ …  Ville qui comptait 70% de chrétiens avant l’arrivée de l’Autorité Palestinienne (Oslo) et qui n’en compte plus que 9%. Il n’a pas semblé s’apercevoir que l’islam n’est pas partageur…

 

Après la guerre de 1967, le philosophe allemand Fackenheim a ajouté un 614ème commandement à la liturgie juive : «Il est interdit aux Juifs d’accorder à Hitler une victoire posthume». Ce serait bien que l’islam et l’Europe s’en souviennent…

 

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