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20 janvier 2026 2 20 /01 /janvier /2026 10:08

Le Président Harry Truman avait déjà voulu acheter le Groenland et avait proposé 100 millions de $ en 1946. Pour les même raisons, D.J. Trump veut acquérir le territoire (défense, Arctique). Devant lui, des nains frivoles et futiles (on peut inverser les adjectifs) y envoient quelques douzaines de militaires (la France 15, l’Allemagne 13, la Belgique 1) pour montrer leur capacité de protéger le territoire. Un territoire sur lequel, pendant la « guerre froide » étaient stationnés plus de 10.000 soldats américains. L’homme qui a écrit « L’art du deal » (1987) leur annonce qu’il va augmenter les droits de douane de 10% jusqu’à l’acquisition du territoire. Autant dire, huit pays en Europe (dont le nôtre) se verraient taxés à 25% pour les produits envoyés aux States à partir du 1er février.

Le même, après avoir fait trembler les mollahs pendant la répression d’une révolte (ayant fait, selon les sources, entre 12.000 et 16.500 morts et 330.000 blessés) après avoir moult fois dit aux révoltés « tenez bon, l’aide arrive » a calé, piteusement, et nous y voilà gros Jean comme devant !

Aucune légende n’est nécessaire, non ?

L’initiative américaine est considérée, par beaucoup, comme extravagante. D’autres, insistent sur son substrat conceptuel. Quoi qu’il en soit, en absence d’un arrangement convenant à tous le risque est évident : la mort lente de l’OTAN au grand soulagement de la Russie post-soviétique qui attend cela depuis la dissolution du Pacte de Varsovie (01.07.91)

Les exportations européennes des huit pays qui s’opposent à la cession du Groenland :

sont de l’ordre de 300 milliards de $, les taxes pourraient faire 75 milliards de $. Monsieur Trump joue avec eux à « pile, je gagne, face, tu perds »

 

On le croyait imprévisible mais, depuis le 20 janvier 2025 il dit ce qu’il va faire et fait ce qu’il dit.

 

Et voilà que l’on parle de nouveau de l’impérialisme américain. En ajoutant (et soulignant) l’imprévisibilité arrogante du Président actuel. Imprévisibilité ?

 

Quatre semaines avant le début de son deuxième mandat de président, Donald Trump a brusquement lancé l’idée de reprendre le canal de Panama. Car la Chine s’y est installée en suzerain. La Cour Suprême du Panama est en train de formuler un arrangement.

 

Pendant plus de trois mois il n’a pas arrêté de dire, directement, à M. Maduro (inculpé aux Etats Unis depuis 2020) de quitter le pouvoir du pays (autres fois le plus riche d’Amérique Latine) devenu grossiste de narcotiques et base avancée de l’Iran, la Russie, le Hamas et le Hezbollah. Demandes restées sans réponse… M. Maduro a été « exfiltré » et attend son procès à Rikers (2ème plus grande prison des Etats Unis). Avec sa femme.

 

Faisons vite - il a bombardé les militants au Yémen et des installations nucléaires iraniennes, instauré un fragile cessez-le-feu à Gaza, forcé les dirigeants européens à augmenter leurs dépenses de défense, extorqué des promesses commerciales et stratégiques de la Chine, exigé le changement de statut du Canal de Panama, du Danemark qu’il retourne le Groenland*, et menacé de droits de douane presque tous les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis.

 

* En avril 1941, un accord signé avec le secrétaire d’État américain Cordell Hull autorise l’installation de bases militaires américaines sur l’île. Dans les faits, le Groenland devient un protectorat militaire des États‑Unis, intégré à la « zone de neutralité » occidentale avant même l’entrée officielle de Washington en guerre. (Cyril Jamias, 11.01.26)

 

Il va continuer, nonobstant ce qu’il a sur la table : le Proche Orient, l’Iran, la guerre Russie-Ukraine et les états nerveux de dirigeants européens (le nôtre en particulier qui s’agite comme une mouche dans un verre fermé) coincés comme ils sont dans un OTAN dont il est la première puissance et un monde « multipolaire » qui a forcé les portes de l’Europe et va l’amener à la ruine (l’accord Mercosur, le premier, en attendant d’autre ejusdem farinae avec la Malaisie, l’Inde et//ou l’Indonésie.

 

Mais il peut le faire car il a de son côté non seulement la première puissance militaire du monde mais aussi, mais surtout, la première économie du monde. L’économie américaine s’est réchauffée lors du deuxième mandat de Trump ; la Federal Reserve Bank d’Atlanta prévoit une croissance impressionnante de 5,3 % au quatrième trimestre de 2025. Pendant ce temps, le déficit commercial a chuté aux niveaux les plus bas depuis 2009, ce qui suggère que les tarifs douaniers de Trump ont rééquilibré le commerce mondial sans accélérer l’inflation ni, évidemment, ralentir la croissance du PIB américain (The American conservative, 17.01.26).

Et ce qui n’est pas sans importance, les États-Unis sont un exportateur net d’énergie depuis 2019 - en partie grâce à l’approche « drill baby drill » de Trump. Sans oublier qu’ils ont pris l’initiative dans la toute dernière technologie de pointe, l’intelligence artificielle. Ce qui n’est pas le cas pour les huit pays ni de l’Europe en totalité : le marché unique de l’UE n’est rien d’autre que plein de barrières réglementaires. Sa réglementation hostile en matière de technologie et d’écologie n’a pas changé le monde pour le mieux ; elle n’a réussi qu’à nuire à la compétitivité de l’Europe. En conséquence, contrairement à la Chine et à l’Amérique, l’Europe ne participera pas au boom de l’IA. L’UE, dans sa forme actuelle, est plus loin de devenir une superpuissance qu’il y a 30 ans.

 

Et voilà que pendant huit jours des millions d’iraniens se sont révoltés contre le pouvoir dictatorial des mollahs. Pourquoi ?

 

L’insurrection des Iraniens trouve son origine dans la crise économique et dans la répression qui a suivi la débâcle militaire subie lors de de la guerre de douze jours de juin 2025, face à Israël et aux États-Unis. L’économie est en voie d’effondrement sous l’effet de sa gestion désastreuse, de l’accaparement des ressources pétrolières par les Gardiens de la Révolution et des sanctions internationales. L’inflation est au plus haut, atteignant 52 % sur un an et jusqu’à 200 % pour les produits de première nécessité. Le rial est au plus bas, affichant un cours de 1,2 million pour un dollar contre 800.000 il y a un an et 300.000 il y a cinq ans. Des pénuries chroniques touchent l’eau, le gaz - comble de l’absurde ! -, l’électricité - en raison, entre autres, de la surconsommation des fermes à bitcoins clandestines destinées à contourner les sanctions - et les médicaments, tandis que Téhéran est ravagée par la pollution. Le gouvernement a depuis réprimé durement avec potentiellement des milliers d’Iraniens tués.

 

 

On devrait s’arrêter un instant en se posant la question pourquoi personne ne manifeste, dans le grand monde libre, en support aux pauvres iraniens ? Le silence de tous les bavards, des élites hollywoodiennes, des étudiants et des professeurs d’université a été assourdissant. Les mêmes personnes qui ont organisé des manifestations de masse en soulignant leur dévouement à la cause des droits de l’homme et leur aversion pour les victimes civiles lors de la guerre à Gaza, sont restées silencieuses sur ce qui se passe en Iran. En fait, les mêmes qui se déplaçaient par dizaines de milliers pour protester contre la guerre dans la bande de Gaza ou pour affirmer leur identification avec les Palestiniens ne montrent aucun intérêt pour la lutte iranienne pour la liberté ni pour les nombreuses victimes du régime islamiste. Après tout, les Palestiniens ont rejeté le compromis, la paix et une solution à deux États pour mettre fin au conflit arabo-israélien pendant près d’un siècle. Et la récente guerre à Gaza n’était pas une tentative israélienne d’étouffer les manifestations démocratiques. C’était une réponse moralement justifiée à une invasion transfrontalière par des Arabes palestiniens le 7 octobre 2023, qui a abouti à une orgie de meurtres en masse, de viols, de tortures, d’enlèvements et de destructions gratuites. Le mouvement qui s’est levé en masse pour diaboliser l’État d’Israël qui se défendait, ne s’intéresse pas au massacre des Iraniens. Peut-être parce qu’ils ne peuvent pas blâmer les Juifs.

 

On cite plus de 12.000/20.000 morts, on tire avec des balles visant la tête, on décide d’accélérer la prononciation des condamnations (à mort) et les exécutions. Le plus grand centre commercial du monde (des millions de m2) à Téhéran + des fontaines décoratives géantes dans une ville sans eau potable. Le régime a gaspillé les ressources de son pays dans sa frénésie pour construire une bombe nucléaire afin d’anéantir l’État juif. La dégradation de l’économie iranienne est à l’origine des manifestations, après avoir été entravée pendant des années par les sanctions internationales visant à freiner les activités nucléaires de Téhéran. Coupé des devises étrangères, du commerce et de l’investissement, le gouvernement iranien est incapable de contrôler l’inflation et d’arrêter la dépréciation de la monnaie, comme l’incurie et la corruption généralisée.

 

Téhéran, ville capitale, souffre d’une crise de l’eau si grave que le président iranien Masoud Pezeshkian a déclaré en novembre qu’elle pourrait devoir être évacuée. L’une des nations les plus riches en pétrole sur terre, l’Iran n’est plus capable de garder les lumières allumées pour ses citoyens 24 heures sur 24. Dans l’après-midi, l’électricité s’arrête soudainement, même sur les artères des villes les plus animées. PIB/habitant Iran, 5.190$, Israël - 60.009$. (Allemagne 59.925 et France 48.982). Pays se voulant « puissance mondiale » avec des « proxies » entourant Israël pour la détruire. Un chômage qui touche 30% de la population (3,2% en Israël). La guerre de 12 jours en juin 2025 a mis à nu la fragilité du système que le régime des Mollahs a construit. Les 12 jours et nuits de frappes aériennes israéliennes, sans résistance, du 13 au 25 juin 2025 ont détruit des sites nucléaires et des bases militaires, ainsi que la réputation militaire du régime. Même avant que les bombardiers B-2 de Donald Trump n’aient livré leurs 12 bombes lourdes sur des installations nucléaires de plusieurs milliards de dollars comme coup final, les Gardiens de la Révolution toujours vantards avaient été démasqués comme des bouffons incompétents qui ne pouvaient même pas protéger leurs principaux généraux et ingénieurs nucléaires contre un assassinat chez eux.

Israël a attaqué les villes et les installations militaires iraniennes, ouvrant la voie aux États-Unis pour larguer les bombes anti-bunker sur les principaux sites nucléaires iraniens. La guerre a révélé l’énorme fossé entre le fanfaronnade idéologique de Téhéran et les capacités limitées d’un régime qui a perdu une grande partie de son pouvoir régional exercé par ses « mandataires ».

 

C’est pourquoi M. Trump a décidé qu’il faudrait « changement de régime si nécessaire, mais pas nécessairement changement de régime ». Le but de cette tactique hybride n’est ni un changement de régime secret, ni une déstabilisation pour la déstabilisation. C’est priver le régime de sa zone de confort stratégique et dégrader son sentiment d’impunité. Ses efforts devraient convaincre les dirigeants iraniens que leurs lignes de communication sont toujours compromises, que leurs réseaux logistiques sont exposés et que leurs activités illicites seront découvertes ou perturbées. La priorité de Washington est la convergence plutôt que le consensus. Les alliés européens, les partenaires régionaux et les principaux États asiatiques sont pressés de s’aligner autour de lignes rouges partagées sur le risque nucléaire, la guerre par procuration et l’escalade régionale. Le but est de priver l’Iran de la capacité d’échanger des restrictions dans une capitale contre l’indulgence dans une autre. Cette posture reflète le Venezuela, où les États-Unis ont appliqué une pression soutenue sans s’engager à remplacer ou reconstruire le régime. Le régime semble en train de s’adapter ce qu’on lui demande et à absorber les coûts là où il a choisi de ne pas le faire.

 

Et la France dans tout cela ? C’est la raison pour laquelle la France a condamné avec force, par la voix du Président de la République, les violences d’État qui se sont abattues sur des manifestants pacifiques. (J-L. Barrot) – et c’est tout. Pas de sanctions, pas d’arrêt d’échange de biens, pas de reconnaissance de la république libre kurde (ou azéri ou baloutche). Mais après la frénésie relative à la reconnaissance d’un état palestinien (quelle galéjade…) elle semble en train de comprendre qu’il y a des raisons de croire que le gouvernement israélien comprend que le plan de paix de Trump ne mènera pas à une Gaza sans Hamas. Et puisque le Hamas sait qu’il est engagé dans une guerre multigénérationnelle pour détruire Israël, cela signifie que le conflit recommencera tôt ou tard. Mais, comme les attentes concernant la chute du régime islamiste à Téhéran qui ont été soulevées ces dernières semaines par des manifestations nationales ne sont pas satisfaites, Israël n’a de choix que de se préparer pour la prochaine guerre. La même chose est vraie pour les promesses faites par D. Trump (et ses envoyés spéciaux, MM. Witkoff et Kushner) concernant un véritable changement à Gaza.

Et, après avoir fait trembler les mollahs pendant la répression de la révolte (ayant fait, selon les sources, entre 12.000 et 16.500 morts et 330.000 blessés) après avoir moult fois dit aux révoltés « tenez bon, l’aide arrive » M. Trump a calé, piteusement, et nous voilà gros Jean comme devant ! C’est pourquoi la décision de M. Trump « changement de régime si nécessaire, mais pas nécessairement changement de régime ». Il se souvient des problèmes de M. Bush qui voulait apporter la démocratie aux Irakiens...

 

Quant à Israël, que dire ? Toujours à se défendre de ses ennemis et (cas exceptionnel) de ses amis fussent-ils européens ou, même, américains. Car autant les ennemis (Qatar, Turquie plus quelques dizaines de pays arabes/musulmans, l'Espagne et l'Irlande) le font ouvertement, autant les amis qui veulent lui faire du bien contre sa volonté lui compliquent la vie. Après deux années pendant lesquelles le résumé pour Israël a été :

 

 

Mais comme l’absence de guerre ouverte tient depuis des mois, d’un côté, ses contradictions internes (système juridique, politique intérieure, etc.,) la freine, d’un autre côté, ses activités qui l’on poussé au front des nations (R&D, productions technologiques, armement) lui assurent non seulement le présent et,  surtout, l’avenir.

 

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