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29 septembre 2025 1 29 /09 /septembre /2025 17:34

Certains lecteurs et moi-même sommes surpris (le mot est faible) par ce que notre Président a fait, depuis quelque temps, et on se pose une question : a-t-il une bonne connaissance de l’histoire pour agir comme il le fait ? Car, bien que disposant de pouvoirs exceptionnels (« le bouton nucléaire ») et d’une ancienne bonne réputation de la France dans la diplomatie mondiale, il ne donne pas l’impression de « jouer » dans la bonne catégorie, en proposant la reconnaissance d’un État Fantôme.

 

Ne nous y trompons pas, et souvenons-nous des mots prémonitoires de Raymond Aron (1969) : Je ne vois pas la paix au Moyen-Orient. Parce qu'il s'agit dans ce cas d'un conflit à mort. Puisque l'enjeu c'est la possession d'un sol. Et d'un sol qui est sacré à la fois pour les Juifs ou les Israéliens, et pour les musulmans ou les Arabes ou les Palestiniens comme vous voudrez. Donc dans ce cas précis, je ne vois pas la paix.

 

Il est dommage que M. Macron ne les ait pas fait siens.

 

Regardons les choses de plus près tout en se rappelant que le judaïsme a émergé de cette terre, que des royaumes juifs existaient là, et qu’il y a eu une présence juive continue depuis lors. Une petite différence par rapport aux autres prétendants.

 

Emmanuel Macron croit qu’il peut augmenter son taux d’approbation, qui est de 15%, en faisant appel à la composante islamiste montante de la France dans sa campagne pour reconnaître l’indépendance palestinienne.

 

Pas en son nom, mais au nom de la France. La situation dans laquelle on se trouve ressemble de plus en plus à celle de l’Italie entre 1980 et 1990, lorsque les gouvernements notoirement éphémères du pays étaient embourbés dans leur propre crise de la dette. Les marchés financiers en ont pris note. Les investisseurs étrangers considèrent désormais que les obligations françaises sont aussi risquées que celles de l’Italie. Les rendements obligataires à 10 ans des deux pays ont clôturé exactement au même niveau de 3,49 pour cent jeudi. Le pays est en train de faire face à une faillite économique, une faillite démographique, un échec culturel résultant de la destruction du système éducatif, une impossibilité systémique à empêcher l’établissement d’un autre peuple. En résumé la France est en proie à une paralysie politique (problème de plus en plus aigu), une économie de lente croissance (moins de 1%/l’an, inférieure à la croissance démographique d’où un PIB/habitant stagnant ou déclinant) et une sérieuse baisse de la productivité.

 

La France est membre de l’Union européenne, l’UE. Les règles de l’UE stipulent que le ratio dette / PIB devrait être inférieur à 60% du PIB. De plus, le déficit budgétaire en toute année ne doit pas dépasser 3 % du PIB. Cette année, le déficit budgétaire de la France sera d’environ 5,8% (environ… on craint 6%) du PIB et sa dette est 115% du PIB. La France est en violation flagrante des règles de l’UE et vient d’être créditée de la dernière place parmi les 25 pays de l’Union pour ce qui est du respect des règles de l’Union.

 

Quand reconnaîtra-t-il la France ? “La Palestine” n’est guère plus qu’un soutien moral pour un Président dont l’emprise sur le pouvoir intérieur s’est affaiblie rapidement. Peut-être ne se rend-t-il même pas compte de la drôlerie, pénible, quand il se pose comme faiseur d’État sur la scène mondiale alors même que son propre pays se trouve de plus en plus en déliquescence. Pense-t-il que le bruit de sa reconnaissance de la Palestine détournera l’attention de ses échecs en France ? C’est sans doute son incapacité à revigorer la France pendant les huit années de ses mandats qui l’attire dans le projet fantaisiste d’un État palestinien. En se débattant à l’intérieur du pays, il cherche une gloire éphémère à l’étranger. M. Macron a choisi de faire cavalier seul, de précipiter les événements, de dicter l’ordre du jour et le statut final sans aucune négociation préalable, et de punir Israël s’il ne respecte pas la reconnaissance de l’État palestinien. En réalité, M. Macron voulait créer un fait accompli, brouiller les pistes et laisser sa marque sur les pages de l’histoire. Au lieu de quoi, il a bêtement retardé la normalisation d’Israël avec les pays arabes. Mais c’était peut-être la raison de tout ça. De plus, « il fait semblant de ne pas savoir que la direction palestinienne ne veut pas vraiment d’un État.… Le dernier refus date de l’offre de 2008 d’Olmert [ancien premier ministre israélien Ehud]. Je détestais son offre, qui aurait abandonné Jérusalem, et j’ai pensé qu’elle ne serait jamais approuvée par le cabinet ou la Knesset. Mais même cette offre a été rejetée par les Palestiniens.… Je n’ai jamais traité avec [l’ancien président de l’Autorité palestinienne Yasser] Arafat, mais j’ai pensé que les choses pourraient s’arranger beaucoup mieux quand il serait mort. Il est mort à la fin de 2004, et rien n’a changé, donc j’ai tiré des conclusions. » Eliott Abrams, Mosaic Magazine 15.09.25. Quelqu’un qui sait de quoi il parle.

 

Notre Président… la force des paroles, pense-t-il. Parce que les paroles ne payent pas de droits de douane…

 

En décidant de reconnaître « la Palestine » M. Macron est trop optimiste, sinon pathétiquement naïf, quant aux perspectives de démocratie dans un futur état palestinien. Depuis sa création il y a 30 ans, l’Autorité Palestinienne - sous M. Abbas et son prédécesseur Yasser Arafat - réprime les opposants politiques ou quiconque ose s’exprimer contre les dirigeants palestiniens. D’innombrables journalistes, militants des droits de l’homme et militants politiques ont été intimidés, arrêtés, battus ou tués par les forces de sécurité de l’Autorité Palestinienne. Pourtant, il a justifié ses décisions car Mahmoud Abbas (dit-il) a pris des engagements précis. Curieux qu’il ne sache pas que les sondages du « Palestinian Center for Policy and Survey Research » montrent qu’en mai 2025, 81% des Palestiniens réclamaient sa démission. De plus, le think tank américain Freedom House classe les territoires palestiniens parmi les régimes les plus restrictifs en matière de droits et de libertés. La corruption est endémique et l’Autorité Palestinienne peine à contrôler ses propres villes, où des milices islamistes liées à l’Iran imposent leur loi. 

 

Mais il nous dit que M. Abbas a condamné (en anglais) ce que le Hamas à fait le 7 octobre 2023. Ne sait-il pas qu’au cours des deux dernières années, il ne l’a jamais réellement fait en arabe ? Comment pourrait-il le faire alors que l’Autorité Palestinienne verse toujours des pensions et des salaires à des terroristes - comme ceux qui ont pris part à l’orgie de meurtres, de viols, de tortures, d’enlèvements et de destructions gratuites le 7 octobre ? Allez, Monsieur Macron pantomime se veut un bâtisseur d’État pour les Palestiniens - il espère que le bruit de sa reconnaissance de la Palestine détournera l’attention de ses propres échecs.

 

Pendant des décennies, les dirigeants occidentaux du premier cercle ont maintenu une position claire : il ne peut y avoir de reconnaissance d’un État « palestinien » en dehors de négociations directes avec Israël, d’une démilitarisation complète, et de l’acceptation sans réserve du droit d’Israël à exister dans des frontières sûres en tant qu’État distinctement juif. Mais des pays de l’Europe et d’autres, comme il y a 90 ans, sont encore une fois du mauvais côté de l’histoire. Ils avaient apaisé l’agresseur nazi. Aujourd’hui, ils flattent l’islam militant qui les menace de l’intérieur, et sur le chemin sacrifient les Juifs. La seule différence cette fois, c’est que les Juifs ont un État, relativement puissant « Israël ne sera pas la Tchécoslovaquie », a dit Ariel Sharon. (Le Monde 05.10.2001). M. Macron et d’autres dirigeants occidentaux, s’ils croient que l’Autorité Palestinienne changera pour le mieux, au moins dans un avenir prévisible, vivent dans un monde imaginaire... Même si un État palestinien est créé, il sera dirigé soit par la faction corrompue du Fatah de M. Abbas, soit par le Hamas.

 

Et si on relit les mots de Raymond Aron on voit bien que le sujet dépasse l’incroyable naïveté (ou l’outrecuidance) d’un impétrant qui fait preuve d’une totale méconnaissance des tenants et des aboutissants. On me dira qu’il n’est pas seul. Ce faisant, lui et les autres n’ont pas simplement trahi l’héritage civilisationnel occidental plus large auquel ils prétendent. Ils ont récompensé le terrorisme, renforcé les ambitions génocidaires du jihad mondial et envoyé un message véritablement glaçant : la voie vers la légitimité internationale ne passe pas par le travail difficile de construire un État-nation et d’engager une diplomatie ultérieure, mais par le meurtre de masse, la militarisation des institutions transnationales et l’effacement de la vérité historique.

 

De nombreuses élites crédules (et M. Macron le premier) prétendent que les djihadistes radicaux du Hamas ne représentent pas la population arabo-palestinienne mais c’est un mensonge. Les sondages montrent constamment - et des vidéos anecdotiques de grandes foules de rue le démontrent constamment - que le Hamas et les groupes djihadistes aux vues similaires, disposent d’une popularité écrasante à Gaza et en Judée-Samarie. Car il s’agit d’une population radicalisée depuis des dizaines d’années et qui mériterait la honte, le mépris et la réprimande mondiale, non pas une sympathie servile doublée d’un tapis rouge aux Nations Unies. Bien que, comme la plupart des Américains, des Européens et même de nombreux Israéliens, préféreraient le nier, la guerre n’est pas seulement contre le Hamas mais contre le peuple palestinien. Et jusqu’à ce qu’ils renoncent à leur foi en l’élimination d’Israël, aucun investissement étranger ni aucune acrobatie diplomatique ne feront la moindre différence. Relisez les mots de Raymond Aron.

 

Si tout ce qui précède a valeur alors convenons que l’initiative de M. Macron, adoubée par M. Starmer et leurs partenaires, pour reconnaître un État palestinien est une initiative qui ne sert qu’eux. Quand cette idée est apparue, les dirigeants du Hamas ont commencé par soupçonner un truc caché et essayé de déchiffrer la sophistication.

 

Aujourd’hui, le Hamas comprend qu’il s’agit d’une mesure destinée à signaler « nous sommes ici aussi », et que par-delà les convenances personnelles, la politique intérieure et la concurrence internationale ont été des motifs importants dans son élaboration, et que ses conséquences n’avaient pas été sérieusement examinées. Tout ce qu’ils ont à faire est de se tenir coi et profiter des gains implicites. Les terroristes constatent que leur travail est fait par les naïfs. Au fait… ils se fichent comme de l’an quarante du droit international, des valeurs démocratiques ou des normes philosophiques. Le Hamas préfère semer la terreur et la barbarie ; c’est son idéologie. Alors, donner plus d’argent occidental ou même arabe à Gaza ou en Judée-Samarie ne fera pas renoncer les Palestiniens à leurs rêves d’un monde sans Israël. Bien qu’il y ait parmi eux des individus qui veulent la paix, même l’horreur des deux dernières années de guerre à Gaza - où pas un seul civil palestinien n’a aidé à une évasion d’otage et aucune opposition organisée au Hamas n’a pris le contrôle - indique qu’il n’y a pas de réels partisans pour la paix avec Israël parmi eux. Au total, la reconnaissance de lundi dernier envoie un signal politique fort mais ne modifie en rien la donne. Elle ne libère pas les otages, n’affaiblit pas le Hamas, ne réforme pas l’Autorité Palestinienne et ne rassure pas les Israéliens. Sans conditions concrètes ni plan crédible, elle reste un geste d’affichage - l’expression d’un horizon politique, mais non son commencement. Hélas, les beaux slogans ont tendance à faire beaucoup de bruit, aussi saugrenus soient-il. Les mêmes élites qui ont applaudi, il y a trente ans, à deux mains, les très médiatisés accords de « processus de paix », tels que les Accords d’Oslo des années 1990 démontrent qu’ils ne valent pas le papier sur lequel ils ont été écrits.

 

Un mot sur un autre protagoniste, B. Netanyahou. On est subjugué par la vulgate dominante selon laquelle tout tient à BN et à sa décision de s’accrocher au pouvoir pour échapper aux éventuelles condamnations dans ses procès qui durent depuis dix ans et dans lesquels les juges demandent aux procureurs de renoncer aux charges. Face à l’effondrement de leur rêve de deux États, la gauche d’Israël et le New York Times ont transformé le massacre du Hamas en une arme contre B. Netanyahu “C’est une falsification du bilan. Netanyahou n’était pas exactement averti. Il a été menacé par les hauts gradés rebelles et un chef voyou de la police secrète pour arrêter une réforme judiciaire à laquelle ils s’opposaient. Ils ont refusé de démentir les rumeurs selon lesquelles ils désobéiraient au gouvernement élu en cas de crise constitutionnelle, et ils n’ont pas travaillé à faire respecter la discipline parmi les réservistes, au service de la sécurité. Au lieu de cela, ils ont tenté de tirer parti de la mutinerie pour faire avancer leur programme politique, et ils ont utilisé le renseignement comme une arme, ainsi que leur autorité institutionnelle, pour faire pression sur le premier ministre ». Tablet, Gadi Taub 21 août 2025.

 

Quant au désir de M. Trump de recevoir un Prix Nobel, on devrait lui dire que la Norvège, antisémite de toujours, ne lui en accorderait pas un, même s’il devait guérir le cancer. Le « plan Trump » pour arrêter la guerre à Gaza (seulement, pas question état palestinien) concocté par MM. Blair, Kushner (dans les affaires duquel l’Arabie Saoudite a investi 2 milliards de $) et Witkoff (dont les deux fils ont fait des « deals » de quelques milliards de $ au Qatar et dans les Emirates) fait la même erreur que M. Netanyahou et les dirigeants d’Israël: croire qu’un nouvel horizon de bien-être convaincra les palestiniens à renoncer à leur désir existentiel de la disparition des juifs d’un territoire qu’ils considèrent leur. Il ne devrait, donc, pas imposer à Israël des plans qui se retournerons contre elle comme Oslo 1993. En pensant qu’ils sont bons pour Israël et que la paix régnera là-bas pendant les siècles à venir. Utopie. Tout cela avec l’aide du Qatar pion, sponsor, promoteur, de l’islamisme mondial utilisant comme bras armé le Hamas. Qu’il commence par leur demander quand vont-ils abolir la loi condamnant les homosexuels à mort ?

 

Et puisque j’ai déjà cité Raymond Aron, je fais miens ses mots « Tocqueville et moi. Si je puis dire, nous ne croyons pas beaucoup aux utopies, au messianisme et nous craignons les retombées historiques des espérances indéfinies. (1969)

 

PS. J’oubliais. In cauda venenum

L’Allemagne a, pratiquement, arrêté l’exportation de produits de défense vers Israël. Mais… l’invasion russe en Ukraine a révélé un problème stratégique majeur : les essaims de drones bon marché sont souvent neutralisés à l’aide de missiles antiaériens coûteux. Un nouveau système laser israélien apporte aujourd’hui une réponse efficace.

 

 

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