Nous y voilà. La fin de l’acte 1. Pour la première fois dans la 5ème, au bout de 41 demandes de confiance de l’histoire, MM. Macron-Bayrou ont réussi, enfin, à faire une première : la confiance leur a été refusée par un vote de toute l’opposition conforté par l’ajout de (au moins) 60//70 membres du « groupe central » porteur du quatrième gouvernement (en moins de 18 mois).
Si M. Macron était un homme de parole, il se retirerait. Dans un échange en 2019 avec un groupe d’intellectuels, il a critiqué les présidents précédents qui sont restés à leurs postes malgré la perte de confiance des électeurs aux élections législatives. « Le président de la République ne devrait pas pouvoir rester (en fonction) s’il avait un véritable désaveu en termes de majorité,” a déclaré Macron (https://urls.fr/BFIT-g). Il vient de nous faire savoir qu’il « respectera » le mandat à lui donné par le peuple français jusqu’à la dernière minute de sa durée. Et nous le prenons encore au sérieux. Remarquez, en dehors de quelques dirigeants aussi ébranlés que lui en Europe occidentale, personne ne le prend plus au sérieux. Ni Trump, ni Xi, ni Poutine, ni même l’Algérie ou la Tunisie.
Dans des textes récents j’ai fait référence aux difficultés majeures du pays, économiques, sociales, culturelles. Deux graphiques nous donnent la possibilité de comprendre, par a+b, où nous en sommes et pourquoi - dixit M. Bayrou - nous sommes arrivés au bord du gouffre :
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- a. L’incapacité (ou le manque de volonté) de revenir, après les dépenses (pour certains absurdes et pour d’autres justifiées) liées au Covid de revenir à un niveau d’endettement comparable à celui d’avant le Covid ;
- b. La poursuite de l’intoxication à la dette présente depuis, peu ou prou, 50 ans :
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a+b sont, presque, suffisants pour comprendre ce qui nous attend : l’augmentation de la dette induit, volens, nolens, l’augmentation du coût du service de la dette. Pour la première fois depuis l’introduction de l’euro (01.01.22) la France emprunte à un taux supérieur de 100 points à l’Allemagne :
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France : 3,484 (OT à 10 ans), Allemagne 2,6694 et ce qui nous attend, en coût du service de la dette pendant les quatre années à venir (si on arrive - ce que personne ne peut garantir- à un déficit égal ou plus petit que 3% du PIB) est prévu comme :
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Je sais, il ne faut pas tirer sur une ambulance… Avec beaucoup de peine, j’arrête là le survol de ce qu’il y a derrière ce qui s’est joué hier quand la majorité de députés a refusé la confiance à MM Macron et Bayrou. Sachant pertinemment que le couple qui pensait tenir le pays jusqu’à l’élection présidentielle de 2027 n’est plus capable (qu’eux, d’ailleurs) de sortir le pays de la boue qui nous assaille.
ooo
Tout à coup, le président de notre État défaillant a décidé de montrer que s’il n’arrive pas à faire progresser son pays il est, cependant, un homme d’État international. Pour ce faire il appelé à une conférence mondiale pour, à la fois, critiquer l’État d’Israël et rallier les pays anti-Israël demandant la création d’un État arabe palestinien. Toute personne familière avec l’histoire récente comprend que cet État passera rapidement sous la domination du Hamas et d’autres organisations terroristes violentes qui chercheraient à détruire l’État d’Israël, ce qui fait partie de la raison de vivre de ces organisations et se lit noir sur blanc dans leurs chartes et déclarations.
État Palestinien ? Après le partage de 1947, à la fin de la guerre de 1967 la Résolution 242 de l’ONU a appelé au retrait israélien de [version anglaise, "des", version française] terres conquises par Israël lors de la guerre et à la reconnaissance de l’État juif par les États arabes. Ces conditions ont été enchâssées dans les accords d’Oslo du président Clinton, qui étaient des accords entre l’OLP et Israël pour la paix et l’établissement d’un État palestinien.
Mais les Arabes vivant dans l’État d’Israël sont horrifiés par la pensée qu’il pourrait y avoir un État djihadiste violent des Frères Musulmans dans une partie des territoires propres ou disputés d’Israël. Les faits sur le terrain justifient clairement ces craintes. Après tout, combien d’Arabes vivant dans l’État d’Israël ont choisi de fuir l’État sioniste et cherchent à vivre sous l’Autorité Palestinienne d’Abu Mazen au sein de l’Autorité palestinienne ? La réponse est ZÉRO. Un récent sondage, mené par une organisation d’extrême gauche, a demandé aux Arabes vivant à Jérusalem : Y aurait-il une solution à deux États et si une Jérusalem divisée deviendrait la capitale de l’État palestinien, de quel côté de la frontière préféreriez-vous vivre ? 93% des Arabes de Jérusalem ont indiqué qu’ils préféreraient vivre dans la partie juive israélienne de Jérusalem.
Qu’à cela ne tienne. On vous dira que plus de 140 états membres de l’ONU ont déjà reconnu l’État de Palestine. Mais ce que l’on oublie de dire c’est qu’en 1988, lorsque l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) décrète la création d’un État palestinien en pleine première Intifada, la plupart des pays sous la férule de l’URSS (16 « républiques ») et 8 pays du pacte de Varsovie décident de le reconnaître immédiatement (comme les 50 pays à majorité musulmane), tandis que les pays occidentaux refusent. Vient le pogrome du 07.10.23 et MM. Macron, Starmer, Carney - principaux états de l’Ouest (je laisse de côté le clown de gauche espagnol qui s’agite plus que d’autres en oubliant que nous ne sommes pas ni en 1492 ni en 1942) - annoncent vouloir reconnaître un état palestinien. La première fois l'Histoire se répète comme tragédie, la seconde fois comme farce. » F. Engels-K. Marx (Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte). Aujourd’hui, tous les pays de l’Est sont plus ou moins pro-israéliens et s’opposent, pratiquement, tout le temps aux actions proposées par les pays de l’Ouest contre Israël. La farce est arrivée avec M. Macron et, pratiquement, tous les pays de l’Europe de l’Ouest. Et on apprend que la Belgique est seule à reporter la signature de la reconnaissance après la libération de tous les otages du Hamas et sa disparition de celui-ci de Gaza. Qui eut cru que la Belgique pouvait faire preuve de plus de sens, d’intelligence, de sens politique que la grande France de M. Macron. En réalité, l’idée d’un État palestinien séparé aurait dû mourir avec le pogrome du Hamas contre Israël en octobre 2023, mais la France, la Grande-Bretagne et le Canada ont proposé la formation d’un tel « État ». Leur approbation de l’idée est un soutien direct au terrorisme. Comme l’a dit Ghazi Hamad, porte-parole du Hamas : « L’initiative de plusieurs pays de reconnaître un État palestinien est l’un des fruits du 7 octobre. Nous avons prouvé que la victoire sur Israël n’est pas impossible, et nos armes sont un symbole de la dignité palestinienne. » (Le Figaro, 04.08.25)
Depuis 1948, reconnaître Israël n’est pas suffisant et MM Macron, Starmer, Carney le savent très bien : les pays arabes, comme les Palestiniens, doivent reconnaître un État juif, comme proposé dans la partition originale (ONU) entre un État juif et un État arabe (pas palestinien). Trois quarts de siècle plus tard, ils ne veulent toujours pas faire ça. C’est pourquoi l’État Palestinien est une chimère jusqu’à ce que non seulement les Palestiniens mais aussi les pays arabes... reconnaitront le caractère juif de l’Etat d’Israël.
Bon, l’argument des coryphées de la géopolitique pour la reconnaissance d’un état palestinien est, dit-on, la réponse du monde civilisé, respectant la loi et l’égalité des peuples à la réponse israélienne au pogrome du 7 octobre 2023. Certes, Gaza est un cauchemar humanitaire. Mais par rapport à Stalingrad ou à Berlin rien qu’un jeu d’enfant. Pourtant, les Occidentaux sont beaucoup plus susceptibles de se positionner sur les coûts humains du « génocide » dans la guerre que mène Israël contre une organisation terroriste génocidaire que sur celle au Soudan ou de celle qui a lieu aux confins de l’Europe. Sans doute, l’Angleterre ou la France pensent qu’elles peuvent influencer Israël par des déclarations concernant un État pour les Palestiniens basées sur le fait, indiscutable, qu’Israël étant occidental, amical est plus susceptible d’écouter l’euro-morale qu’un M. Poutine proche, hostile et dangereux
Il y a quand même ce qu’on appelle « un angle mort » dans tout ce qui se passe là-bas. Pourquoi aucun pays (arabe, surtout l’Égypte car la moitié des gazaouis sont d’origine égyptienne) ne veut accepter que des gazaouis quittent les zones de combat ? Pourquoi ne veulent-ils pas accepter des réfugiés ? Se souvient-on du siècle dernier ? La plupart des Allemands des Sudètes (qui vivaient en Tchéquie avant et pendant la deuxième guerre) vivent aujourd'hui en Allemagne. Cela est dû à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945. À cette époque, les Allemands des Sudètes ont dû quitter leur patrie, en étant expulsés (décrets Benes) ; L’Allemagne de l’Ouest avait affecté 141 milliards DM à leur intégration (logements, éducation, formation, santé, emplois) ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Allemands). Les « Saxons » de Transylvanie (« Souabes ») plus de 100.000 ont fui en Allemagne tandis que la Russie à « kidnappé » plus de 80.000 qui ont été envoyés dans des « camps de travail » https://fr.wikipedia.org/wiki/Saxons_de_Transylvanie; les Pieds noirs 800.000 quittant le Maghreb, juifs 110.000, 138.000 musulmans quittent (sont obligés à…) l’Algérie en 1962 ; les juifs essentiellement en France et Israël.(https://fr.wikipedia.org/wiki/Pieds-noirs).
Ce qui précède est d’autant plus important que les pays arabes, surtout ceux qui ont normalisé leurs relations avec Israël, savent pertinemment ce qui est caché au monde occidental : dans un entretien au journal néerlandais Trouw March 31, 1977, Zuheir Mohsen un des dirigeants de l'OLP entre 1971 et 1979 déclare : « Le peuple palestinien n’existe pas. La création d’un Etat palestinien n’est qu’un moyen de poursuivre notre lutte contre l’Etat d’Israël pour notre unité arabe. En réalité, aujourd’hui il n’y a pas de différence entre les jordaniens, les palestiniens, les syriens et les libanais. Ce n’est que pour des raisons politiques et tactiques que nous parlons aujourd’hui de l’existence d’un peuple palestinien, puisque les intérêts nationaux arabes exigent que nous posions l’existence d’un « peuple palestinien » distinct pour s’opposer au sionisme. » Comme ceux des Occidentaux qui savent pertinemment que dans « Qu’est-ce qu’une nation ? » Ernest Renan définit une nation comme un peuple avec une histoire, un patrimoine et une expérience de souffrance communs. Les gens précèdent la terre qu’ils établissent comme leur état. Israël, qui est devenu une nation alors qu’il était esclave en Égypte, est l’exemple d’Ur (première ville au monde). Israël est un pays de droit : avec son PIB par habitant élevé, son taux de natalité supérieur au seuil de remplacement, sa force militaire compétente, sa majorité ethnique et religieuse cohérente et sa culture du service national. Bref, on veut remplacer une nation par de gens qui n’existaient pas comme peuple il y a 75 ans !
Allez. Nous savons qu’Israël est soumis à une campagne implacable de mensonges, de demi-vérités, de distorsions et d’omissions opportunes. Nous savons que l’accusation scandaleuse de génocide contre Israël ne fait que détourner l’attention du monde de l’islamisme radical, le véritable camp génocidaire dans ce conflit. Et je dis « nous le savons » mais peut-on croire que MM. Macron, Starmer et Carney ne le savent pas ? Ils le savent très bien mais ils n’arrêtent pas de dire à Israël Don’t fight back – who the fuck do you think you are ? Et M. Macron … les frappes d’Israël au Qatar « sont inacceptables quel qu’en soit le motif » (Le Monde). En soulignant sa « solidarité » avec l’Emir du Qatar. Tu parles, Charles, le vassal au suzerain.
J’oublie. L'avion d'Emmanuel Macron (avec lequel il partira à New York pour reconnaître un État Palestinien, est protégé par un système anti-missiles israélien (depuis cinq ans – I24).