Nous assistons, ébahis, à une pièce de théâtre en deux actes : avant le 8 septembre et après le 8 septembre. On nous prévient que le chaos arrive à la fin du premier acte et que le deuxième sera encore plus chaotique deux jours après. Si on comprend bien, les génies politiques du pays, après nous avoir dit depuis des lustres que tout va bien et que quand ça va un peu mal c’est beaucoup mieux qu’ailleurs, viennent de découvrir le pot aux roses : la dette. Quoi comprendre ? « Pour comprendre ce qu’est la science de la chaussure il faut d’abord comprendre ce qu’est la science. (Platon - Le Théétète).
La dette. Elle, qui a été le ressort de la gestion (calamiteuse) du pays depuis 1974, sans que nos dirigeants le soupçonnent (?), est devenue la principale menace de l’avenir de la France. Pendant que notre Président (qui ne préside plus rien) nous incite à pousser le pays vers une économie de guerre car les chars russes n'attendent qu’un signal de l’agresseur en chef pour bouger vers Paris, le chef du 4ème gouvernement (Commissaire du « Plan » pendant presque 5 ans pour des émoluments de l’ordre de 500.000€) nous explique (le 31 août la dernière fois) que la situation économique du pays est catastrophique. Ajoutant avec, tant de sagesse, que « nous sommes tous co-responsables ». La Cour des Comptes ajoute, elle aussi, « situation entre préoccupante et grave ». (P.M, 31.08.25). Que faut-il comprendre ?
Acceptons l’avertissement et essayons de comprendre le constat.
Le premier énoncé est simple : le PIB de la France n’est plus en mesure, depuis longtemps, de supporter le modèle social, fierté du pays. Jadis, première ou deuxième économie de l’Europe, on doit se comparer avec ce qu’il y a de mieux aujourd‘hui (trois pays tiennent le pompon, la Suisse, l’Irlande et la Norvège). Regardons l’évolution du PIB depuis l’arrivée au pouvoir du « Mozart de la Finance » alias E. Macron.
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Par rapport à une base 100 en 2017 et correction faite de l’inflation, le PIB de la Suisse a augmenté de 35,8% quand celui de la France - resté virtuellement constant pendant des années- est, aujourd’hui à 94,6. En clair, la population du pays dispose de moyens économiques plus réduits qu’à l’arrivée de M. Macron. Qu’on se le dise.
Comprendre : la plus simple explication de la stagnation du PIB - la croissance économique du pays (en %) a été inférieure à la croissance démographique. Deuxième facteur : la population ajoutée au pays pendant les huit dernières années a contribué d’une manière plus faible (échelle d’âge différente, taux de chômage double vs autochtones, formation/qualification réduite d’où valeur ajoutée plus faible pour la composante active, % des femmes au travail plus faible que les autochtones). Trop d’immigrants arrivant trop rapidement, sans diversité de formation suffisante, sans maîtrise de la langue, des compétences ou d’une familiarité avec les coutumes et la culture du pays qui les accueillent. Ils viennent, presque tous, avec des valeurs religieuses et culturelles séparatistes antithétiques à l’endroit même où ils cherchent refuge.
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Population augmentant, modèle social (pratiquement) incompatible avec une économie de marché. L’actuel chancelier allemand Friedrich Merz a exprimé la chose de manière directe : « L’État-providence tel que nous l’avons aujourd’hui ne peut plus être financé avec ce que nous pouvons économiquement nous permettre. » Euronews, 25.08.25
Redistribuant plus que l’on produit, ne voulant pas toucher aux excroissances du modèle social (subventions diverses, allocations multiples, 1,3 millions d’associations, etc.,) il était normal que l’on fasse les deux choses, que l’on a fait : augmenter les recettes (impôts et taxes) et, si cela ne suffisait pas… faire appel à la dette car, pendant un temps, les taux d’intérêts étaient nuls ou même négatifs. Pourtant la France est, très nettement, l’État qui perçoit le plus de recettes publiques. En effet, en comparaison avec la moyenne des États membres de l’UE ou de ceux de la zone euro et par rapport aux PIB respectifs, la France collecte, depuis 2011, environ 7% de plus. Même face aux États réputés pour leur système de protection sociale très généreux, comme la Suède, la France génère proportionnellement davantage de recettes. En 2022, les administrations suisses ont perçu l’équivalent de 34% du PIB national tandis que celles françaises percevaient 53% du PIB national.
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PIB constant, impôts en augmentation en valeur absolue, que faire ? Tout d’abord comprendre.
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En 7 ans la population du pays a augmenté de 3.762.000 personnes. Si l’on regarde le tableau on constate que 78% de l’augmentation est due au solde migratoire et aux naissances de la « diversité ». Pendant cette période les recettes publiques (impôts et taxes) ont augmenté de 300 milliards € ce qui a fait que les impôts//habitant ont augmenté, en apparence, de 17,5%. Mais comme les 78% de l’augmentation de la population n’ont pas contribué (virtuellement rien) comme les autochtones, ceux-là ont constaté une augmentation de 46% qui a été « glissée » sous des formes diverses (impôts directs, taxes diverses, seuils divers, etc.,). Le moment de s’arrêter un peu pour se dire que « l’immigration heureuse » s’est avérée être une dystopie. De plus, aussi, meurtrière (quand on regarde, en pourcentage, l’origine des acteurs des crimes diverses en augmentation, presque, exponentielle). De plus, en partie irrégulière, il est impossible d’avoir des données la concernant et on est réduit à faire des hypothèses fondées, par exemple, sur des règles de trois. C’est ainsi que l’on évalue la population irrégulière, en 2025, à 1 million de personnes : bénéficiant, en partie, du modèle social, ne contribuant pas au PIB, bref, peser sur les autochtones.
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On devrait comprendre (surtout nos dirigeants) que, même si l’on fait appel à la dette pour « créer de la valeur » à distribuer, faire augmenter les impôts risque, à terme, que l’on explore la courbe de Laffer :
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En clair : vient un moment quand le revenu des impôts diminuera si leurs taux ou montants continuent à augmenter. Cela doit se voir, déjà, sur les tranches les plus hautes (car 10% des premiers foyers fiscaux payent 70% du total de l’impôt sur le revenu). Depuis 1978, les recettes publiques n’ont cessé d’augmenter en valeur absolue.
En 1978 elles représentaient 151 milliards €, contre 1.530 milliards € en 2025. Concrètement, les administrations publiques perçoivent presque 10 fois plus en 45 ans. La barre symbolique du billion (mille milliards) d’euros perçu est franchie en 2011 et nous sommes arrivés à 1.530 milliards en 2025. 300 milliards € d’augmentation des impôts depuis que la France s’est donné un jeune Président, Mozart de la finance qui nous a assuré, maintes fois, la main sur le cœur, que les impôts seront réduits. Et pendant tout ce temps, les marchés financiers ont commencé à manquer de patience quant à la capacité de la France à mettre de l’ordre dans ses comptes. Ajoutez qu’après la période de « vaches grasses » (taux des intérêts faibles ou négatives) on se prépare à une période de « vaches maigres » Et la courbe de Laffer nous dit que les effets favorables d’un taux d’imposition élevé sur la croissance des recettes de l’État disparaîtront lorsque le taux réel d’imposition (ou la valeur absolue) devient « trop élevé ».
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Et… à la fin de l’envoi je touche… la dette. Puisqu’on a comparé la France avec la Suisse, continuons : la Suisse 37,5% du PIB, la France 115% du PIB à fin 2024 (Trading Economics).
Ce qui attire l’œil de l’observateur et – condamne sans circonstances atténuantes le comportement de nos dirigeants c’est, d’évidence, « l’intoxication » à la dette :
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De 20% du PIB à l’arrivée de M. Mitterrand elle a été multipliée par trois pendant ses deux septennats ; presque constante pendant les deux mandats de J. Chirac elle a presque doublé pendant les deux mandats de l’actuel Président pour se hisser vers 120% du PIB. On s’accorde pour le tenir « responsable » de l’augmentation de la dette de 1.300 milliards de € [tandis que la richesse crée n’a été que de 450 milliards (somme des ajouts au PIB)] depuis qu’il a été ministre des Finances pour devenir Président. Tous les experts (mais pas uniquement) vous diront que les trois causes majeures du besoin de s’endetter sont un état boursoufflé, un modèle social incompatible avec l’économie de marché (création de valeur insuffisante vs coût de la redistribution) et une immigration non contrôlée (nombre, profile, qualité). Certes, les 35 heures et la retraite à 60 ans ne sont pas loin. Le mérite de notre Président a été de le comprendre et de promettre quand il a été élu, de réduire le nombre de fonctionnaires de 150.000 par remplacement de 2//3 des partants à la retraite. Le résultat ? Non seulement il n’y a eu aucune réduction mais de 5.700.000 fonctionnaires en 2022 on est passé à env. 6.000.000 en 2025 ! Juste pour ne pas l’oublier, la France emploie 6 millions de fonctionnaires pour les 67 millions d’habitants tandis que l’Allemagne emploie 4,8 millions pour 87 millions d’habitants. 18 habitants pour un fonctionnaire en Allemagne, en France, 11 habitants par fonctionnaire soit env. 60% moins. La Suisse ? 17 habitants pour un fonctionnaire. Juste pour comprendre : 1 million de fonctionnaires c’est, peu ou prou, 70 milliards €/an (salaire moyen fonction publique env. 3.000€ net +45% charges sociales) et pour une carrière complète (disons 30 ans)... M. Bayrou cherche 44 milliards d’économies, suggérez-lui de réduire le nombre de fonctionnaires … et s’il commence à vous dire « moins de policiers, moins de infirmiers, moins d’enseignants ?» dites-lui d’aller voir en Allemagne ou en Suisse !
Bon, la dette. Comme on ne sait rien faire pour la réduire (ou, au moins réduire l’appel à) on s’inquiète car son service est en train de dériver vers 80/100 milliards € annuellement car chaque seconde, la dette de la France augmente de 5.000 € (F. Bayrou, 05.08.25) soit… 18 millions/heure… 432.000.000 chaque jour et 157,68 milliards dans l’année. Et comme on rembourse du stock ancien qui a couté moins cher… La France est devenue le pays du monde qui dépense le plus d'argent public. (F. Bayrou 15.04.25, Google,15 juil. 2025). Nous devrions être reconnaissants à notre Président d’avoir arrêté de s’occuper des affaires de la France vu qu’il a plein à faire dans la géopolitique avec le succès que l’on sait.
Allez. La France a abdiqué de sa gloire ancienne pour ne représenter presque plus rien actuellement. Cela est surtout dû à un président sans assise politique avec un gouvernement sans majorité au parlement. Donc sa voix n’a pas la moindre importance. C’est dommage, mais tant que la situation est celle-ci et que l’accoutumance à la dette n’est pas réglée, le poids politique de notre pays est nul. Pas seulement en Europe.
J’ai parlé du 8 septembre. Pour le préparer (faire face au vent du manque de confiance qui se lève) le premier Ministre nous a promis que tout pourrait changer si on acceptait qu’un ou deux jours fériés soient travaillés mais non payés et, pour faire bonne mesure, il a utilisé la rengaine, dont le couplet le plus connu est « taxer un peu plus les plus fortunés » et aussi les retraités. Un problème de dette ? On ne connait que trois façons de s’en sortir - l’austérité, la croissance et le défaut. On a détruit l’industrie et la classe ouvrière, la croissance est en berne. Si on veut éviter le défaut (cf. l’Argentine) reste l’austérité. Un mot tabou. Sachons qu’une spirale de la dette est comme une maladie mortelle qui avance lentement. Il est difficile de prévoir sa progression. Mais une chose est sûre : nous n’allons pas nous réveiller un jour et découvrir que nous avons été miraculeusement guéris.
Qui peut prendre encore au sérieux M. Bayrou et M. Macron ? Ils veulent nous faire croire que la France, sous leur action, est la grenouille de la fable de La Fontaine. Quant à être « co-responsable » du gâchis, tragédie annoncée par tant de gens depuis tant de temps, je plaide non coupable.