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10 décembre 2021 5 10 /12 /décembre /2021 22:12

Sonnez trompettes, résonnez musettes, une Nouvelle Europe va naître des cendres de l’ancienne : foi de Te Hakaki Taha’Oa, je veux dire E. Macron, (Grand Chef qui marche et va loin) qui nous l’a annoncé hier. Deux heures pendant lesquelles rien ne nous a été caché : tout sera à refaire, les frontières, la défense, l’immigration, l’industrie, le financement, les investissements, bref, des lendemains qui chanteront. En allemand, peut-être, car à part la vision de son Président et sa volonté farouche notre pays n’a pas grande chose d’autre à apporter.

Et pendant cela, le pays n’en peut mais, on nous ment en nous disant que tous les indicateurs sont au vert en oubliant de nous dire que, vraiment, ils sont au rouge !

 

Quo Vadis IV

Un peu plus de 8 millions de chômeurs, quatre à cinq millions de français assistés, une dette à 120% du PIB, une balance commerciale déficitaire depuis plus de 30 ans, le plus grand déficit commercial de l’Union Européenne, des militaires un peu partout dans le monde – en Afrique, au Moyen Orient, à Djibouti comme à Chypre, en Polynésie comme dans les Caraïbes. Et le retour du sentiment général d’il y a soixante ans que l’on devrait conforter « La Corrèze avant le Zambèze» Oh que non.

A quatre mois d’une élection présidentielle qui semble, pour la première fois dans l’histoire de la 5ème République (peut-être même de toutes les Républiques jusqu’à la dernière) se décider à droite, suite à la disparition de la gauche du champ de probables participants au 2ème tour de l’élection. Ne posez plus la question « la gauche – combien de divisions ? » Le pays qui, il n’y a pas si longtemps, abritait deux partis communistes, trois ligues trotskistes, un parti socialiste, un parti d’ultra gauche (on ne dit pas « extrême gauche » extrême est gardé uniquement pour la droite), un ectoplasme écologique (succursale du Parti Socialiste) a changé. Plus de sa moitié voire même deux tiers, se déclarent, à chaque sondage, proches des positions de droite. Et notre Président (dont on ne sait pas encore s’il est de gauche ou de droite -vu qu’il dit chaque fois « en même temps ») semble s’occuper de l’Europe plus que de son pays.

Deux heures durant il nous a fait l’inventaire de ce qu’il fera faire à l’Europe de 27 pays pendant les six mois de présidence de l’Union par la France. Je ne reprendrai pas le détail, il est homérique et, bien entendu, d’évidence impossible à réaliser. Car (1) il ne sait pas s’il sera réélu en avril, et (2) il aura au mieux six mois pour transformer du fond en comble l’Europe. Il semble avoir oublié que les grandes décisions en Europe se prennent à l’unanimité (certaines à majorité qualifiée) et que les intérêts de l’Europe du Sud ne sont pas ceux de l’Europe du Nord et que les intérêts de l’Europe de l’Est ne sont pas ceux de l’Europe de l’Ouest. On le voit depuis que la construction européenne s’est boursouflée jusqu’à 27 pays et depuis que la lourdeur des bureaucraties mises en place empêche toute réalisation sérieuse dans un laps de temps raisonnable. Le tout, jusqu’ici, sous l’œil vigilant de l’Allemagne de Mme Merkel.

C’est vrai, elle est partie et la coaliton qui la remplace n’a pas encore fait savoir de quel bois elle se chauffe. Notre Président, digne héritier du « couple franco-allemand » qui avait préempté le rôle de dirigeant de l’Europe, semble espérer faire tout seul ce qu’il n’a pas eu la possibilité de faire avec Mme Merkel. Comme François Hollande ou Nicolas Sarkozy ou Jacques Chirac n’ont pas pu faire avant lui : réaliser le rêve de De Gaulle, la France « levier » d’une Europe multiplicatrice de sa puissance pour compter, encore, dans le monde.

Si la France n’a pas pu être égale à l’Allemagne ceci s’explique par l’évolution divergente des deux pays sur plusieurs domaines.

Tout d’abord la capacité de la France d’exporter plus qu’elle n’importe :

Ce que le déficit structurel de la balance commerciale de la France dit c’est que la capacité de produire (industrie) et sa compétitivité ne correspondent plus à son rang de 5ème puissance économique mondiale. Elle n’est, d’ailleurs, plus que 6ème et sur le point d’être dépassé par l’Inde et devenir 7ème. De plus, l’Allemagne dont le solde positif de la balance commerciale dépasse 228 milliards d’euros dépasse de la tête et des épaules la France, pays ayant le plus grand déficit commercial des principaux pays de l’Union.

Il serait bon de se souvenir qu’en 1990 le solde de la balance était positif pour la France et négatif pour l’Allemagne !

Naturellement, il faut regarder comment « le déclin » de la France s’est répercuté sur nos concitoyens :

                                   France                         Allemagne

Supérieur jusqu’en 1990 à celui de l’Allemagne, le PIB/habitant lui est maintenant inférieur de plus de 15% ! Nos concitoyens, surtout ce qu’on appelle « classe moyenne » en savent quelque chose car depuis des années déjà ils savent que leurs enfants vivront moins bien qu’eux – changement majeur dans l’histoire des derniers deux cents ans de la France.

Souvenons-nous : M. Macron nous avait promis une sorte de refondation de la République via des reformes structurelles que le pays n’avait pas entrepris depuis des lustres. Il s’agissait de réduire la dette publique du pays (elle était de 93% du PIB, elle est fin 2021- à 120% du PIB), de changer les régimes de retraites, de réduire le nombre de fonctionnaires, de… A quatre mois d’une élection à laquelle il se présentera avec un bilan contraire aux promesses, il me semble qu’il devrait préparer sérieusement sa défense. Je recommande aux lecteurs deux bouquins qui viennent de sortir : Marcel Gauchet, 2ème volume de « Comprendre le malheur français » intitulé « Macron, les leçons d’un échec » et « La France sous nos yeux » de J. Fourquet et J-L. Cassely.

« En proposant des solutions à tous les problèmes sans en chercher leur cause, Emmanuel Macron s’est agité dans le vide pendant cinq ans. Son arrogance de surdiplômé a alimenté la haine des élites. Mais en dehors de la communication présidentielle, le macronisme n’a rien produit. Quant à la refonte promise de l’Union Européenne, il n’a fait que nous prouver que tout continuerait comme avant. Et ridiculiser la France. » M. Gachet.

Au lieu de vouloir créer une nouvelle Europe dont personne, à part lui, n’en veut il devrait s’occuper plus de son pays. L’outrecuidance qui consiste à jouer au « Président » de l’Europe qui montre la voie de salut pour l’ensemble des 450 millions d’européens mériterait, toutefois, un prix.

Mais comme il ne semble pas s’occuper de la France (sauf, en tant que Jupiter, énoncer des règles/instructions/décisions concernant le Covid-19) il a suffisamment de temps pour s’occuper… du Liban. Pays en état de déliquescence avancée, géré par une organisation terroriste suppôt de l’Iran, il trouve le temps d’organiser des conférences pour le sauver et, à l’occasion, lui verser des centaines de millions d’euros qui, naturellement, n’ont aucune chance d’arriver à ceux qui n’ont pas de quoi acheter leur pain. Mais ce n’est pas tout.

Il a trouvé le temps pour faire un tour dans le Golfe Persique pour rencontrer les bailleurs de fonds des activités salafistes en France : le Qatar et l’Arabie Saoudite.

Il a oublié, notre Président, ce qu’il disait concernant le Prince saoudien considéré responsable de l’assassinat et le démembrement de J. Khashoggi « Le président de la République a déclaré pencher pour « prendre des sanctions individuelles » contre les responsables de l’assassinat du journaliste, qu’il « condamne avec fermeté » (Le Monde 26.10.2018). C’était urgent car l‘Arabie Saoudite (et, presque, tous les pays de la Ligue Arabe) avait déclaré le Hezbollah - qui maîtrise le Liban- organisation terroriste et a interdit toutes importations de ce pays et sa mise à l’index pour un avenir non déterminé. Notre Président n’a rien d’autre à faire que de dédouaner le Hezbollah pour sauver le Liban. On devrait paraphraser « C'est plus près que Caracas, Est-ce plus près que Pézenas ?» (Boby Lapointe). Non, ce n’est pas plus près, mais on va nous dire que c’était pour vendre 80 Rafales aux Emirats. Bravo pour Dassault mais en regardant de plus près on constate qu’il s’agit de remplacer 50 Mirages vendus il y a vingt ans et que les milliards d’euros dont on nous parle ne sont pas aussi nombreux qu’annoncés. Pas de problème, l’Etat Français s’arrangera avec Dassault ! Car le prix d’un Rafale (vendu 155 millions d’euros- prix catalogue avant remises…) est, selon certaines sources (entre autres La Cour des Comptes) de plus de 203 millions d’euros (Portail Aviation, 17.12.2013). Et le coût total du programme Rafale a été pour le pays de 46 753 M€ soit 46,75 Milliards) !

Oui, mais il y a une élection dans quatre mois. Ce que celui (ou celle, mon obole à l’écriture inclusive et la théorie du genre) aura à faire est immense par rapport même à ce que Hercule a eu à faire pour nettoyer les écuries d’Augias ! On le sait, on le voit tous les jours, le choix de nos compatriotes se portera sur un des quatre impétrants (tes) M. Macron, Mmes Pécresse et Le Pen et… le dernier, l’imposteur, le « sulfureux polémiste d’extrême droite » (AFP), M. Zemmour. « L’écho mesurable rencontré par le discours de Zemmour a levé une série d’interdits et imposé des thèmes qui seront désormais incontournables, quoi qu’il arrive » (M. Gachet)

Ce dernier supporte vaillamment tous les quolibets qui lui sont réservés comme les tombereaux d’insultes disponibles pour nul autre. Je l’ai déjà écrit, je pense que ses chances pour gagner cette élection sont nulles ou très improbables. Toutefois il a réussi à mettre dans le centre du débat les sujets qui fâchent depuis des dizaines d’années et que personne ne voulait évoquer. Mais au lieu de comprendre ses constats (approuvés, selon des enquêtes d’opinion, par 65 à 75 % de nos concitoyens) on s’évertue à le diaboliser, en particulier, en lui reprochant de vouloir « réhabiliter Pétain », donc, d’être pétainiste, ultime injure par les temps qui courent.

Souffrez, lecteur, de lire mon témoignage. Pendant plus de cinq ans j’ai été DG d’une société dont le PDG (Polytechnique, Supélec, IHEDN) disposait du titre de « Juif d’Honneur » que le Maréchal lui avait octroyé pendant qu’il était responsable de la construction de sous-marins à l’Arsenal de la Marine à Toulon. Ceci ne dit rien des actes ignobles et impardonnables de Vichy pendant l’Occupation mais m’a fait, toujours, penser que ce qui s’était passé pendant la période noire du pays mérite des nuances que les auteurs américains (Hilberg, Paxton) qui font autorité en la matière n’ont pas toujours introduit dans leurs narratives. Au fait : je ne suis pas pétainiste, veuillez bien le croire !

 

 

 

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