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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 11:10

 

« La Maison-Blanche confirme l’accord israélo-palestinien pour des pourparlers indirects. Les Etats-Unis confirment qu’Israël et les Palestiniens ont donné leur accord pour l’ouverture de négociations indirectes qui se dérouleront sous la médiation de l’envoyé spécial américain, Georges Mitchell. » Après plus de 17 ans de négociations directes (Oslo), après des changements majeurs intervenus, surtout, parce qu’Israël a eu le courage (l’inconscience ?) de prendre des risques, après la création de l’Autorité Palestinienne et son contrôle (presque complet au départ) sur les territoires perdus par la Jordanie et l’Egypte et disputés depuis la guerre de 1967, après les négociations ratées de Camp David (2000) et celles de Taba (2001) quand les palestiniens ont refusé pratiquement tout ce qui était possible de leur être proposé, après les dernières offres du gouvernement Olmert, après tout cela vint l’Administration Obama.


Pendant une très longue année cette administration a fait fausse route et son seul résultat au Proche Orient est la reprise de négociations indirectes entre Israël et, non pas les palestiniens mais ... la Ligue Arabe. Car, devant l’impasse dans laquelle les Etats Unis se sont fourvoyés, le « rais » Abbas (qui, selon la « constitution » palestinienne ne représente plus personne) a rompu avec ce qui était fondamental depuis la création de l’OLP, l’autonomie de décision pour se mettre entre les mains d’une Ligue Arabe dont les membres sont aussi amis les uns des autres que le colonel Khadaffi et le roi Abdallah de l’Arabie Saoudite ou les dirigeants du Tchad et ceux du Soudan ...

Et pour ne pas perdre une occasion de se taire, notre Bernard Kouchner national vient de saluer « la décision courageuse » prise dimanche par la direction de l’OLP, de reprendre des négociations indirectes avec Israël. « Cette décision est une preuve du sens de la responsabilité du leadership palestinien. Nous espérons que cette mesure va enfin promouvoir la paix dans la région ».


Il s’agit, d’évidence d’un théâtre d’ombres ... Qui peut encore croire à l’autonomie de décision de Mahmoud Abbas ? Qui peut ignorer que tout « accord » éventuel (même obtenu par des négociations « indirectes ») sera torpillé par le Hamas qui contrôle Gaza ? Qui peut encore croire à la volonté palestinienne de mettre fin au conflit, d’une manière définitive quand les supplétifs de l’Iran (la Syrie, le Hezbollah, le Hamas) pourraient déclencher des hostilités à tout moment ? Enfin, qui peut prendre au sérieux les nouvelles tentatives américaines (passons sur les positions curieuses de l’Europe exprimées par sa nouvelle représentante pour les affaires étrangères ... on se prend a regretter le clown Solana !) qui ont produit le contraire de ce qu’elles voulaient ?


Un théâtre d’ombres. Pendant les cinq dernières semaines, tout ce que l’Amérique peut mettre en ligne pour s’assurer qu’Israël ne fera pas cavalier seul du côté de l’Iran a traversé l’Atlantique et la Méditerranée, jugez-en : deux sous-secrétaires des affaires étrangères pour une « révision de la stratégie des deux pays », la patron de la CIA (L. Panetta), le Chef d’Etat Major des trois armées américaines (l’Amiral M. Mullen), le général responsable du Conseil de Sécurité américain (J. Jones), le président de la commission pour les affaires étrangères du Sénat (J. Kerry et ... à partir d’hier, le Vice-Président Jo Biden. Car, tout en faisant semblant de vouloir continuer les « négociations » entre Israël et les palestiniens, l ‘Amérique a compris (on la lui a fait comprendre ...) qu’elle n’a rien a attendre des pays arabes « modérés », ses alliés, car ceux-ci n’ont comme souci que l’Iran. Alors ... les ombres s’agitent sur une scène qui en avait vu d’autres ...


Mais que va-t-on négocier, indirectement ? Depuis que les palestiniens ont rejetés les offres d’Ehud Barak (Camp David, 2000), les « paramètres Clinton » (Taba, 2001), les dernières offres (Olmert, Livni 2007/8) on sait que ce qu’ils veulent (en réalité, la destruction par étapes d’Israël), c’est de perpétuer le conflit. Pour faire semblant, ils demandent le retour des « réfugiés » en Israël (qu’ils comptent être entre 4 et 5 millions et donc en mesure de détruire de l’intérieur le caractère juif d’Israël) et la totalité des territoires disputés (que les Nations Unies, par la résolution du Conseil de Sécurité 242 a confié pour gérer à Israël tant qu’il n’y aura pas de négociations de paix pour arriver à des frontières sûres et reconnues). Naturellement, Israël n’a aucune envie d’obtempérer. De plus, elle demande que la fin du conflit soit sanctionnée par la reconnaissance des palestiniens de son caractère juif ce qui interdira toutes demandes ultérieures des palestiniens, ses voisins, ou des citoyens arabes d’Israël. On voit bien que les demandes des uns sont divergentes par rapport aux positions des autres. Alors ?


Tout d’abord Les organisations palestiniennes basées à Damas, notamment le bureau politique du Hamas, ont annoncé lundi qu’elles repoussaient la décision de l’OLP d’entamer des négociations indirectes avec Israël sous l’égide des Etats-Unis.


Alors, on fait semblant. Les palestiniens, car ils ne peuvent rien faire tant qu’ils sont partagés entre Gaza et la Cisjordanie, d’un côté, tant qu’ils n’auront pas fait leur « révolution culturelle » pour accepter « l’autre », fût-il juif. Autant dire ... jamais, car musulmans comme ils sont, ils considèrent que le bout de terrain dont il est question (0,2% des territoires détenus par les états arabes du Proche Orient) fait partie de la dot qu’Allah leur a léguée et qu’elle ne peut pas être cédée à des infidèles. Israël, dont le souci principal se nomme Iran, sait qu’en acceptant les quatre mois (imposés par la Ligue Arabe ...) de palabres elle pourra se consacrer à ce que les grandes puissances n’ont pas eu le courage de faire : arrêter la course de l’Iran vers la bombe. Nécessité fait loi, dit-on. Et la nécessité est évidente : arrêter les mollahs qui jouent au Dr Folamour en annonçant tous les jours de la semaine la destruction certaine d’Israël.


Alors on fait semblant. L’Amérique d’Obama sourit en permanence au dictateur syrien au petit pied en espérant le détacher de l’Iran. Mais dès que deux sous-ministres américains quittent Damas après avoir annoncé l’arrivée d’un nouvel ambassadeur... la Syrie reçoit Ahmedinejad, le chef du Hezbollah et celui du Hamas pour ... sceller une nouvelle union sacrée contre Israël. Et pour préparer, sans doute, de nouvelles provocations pouvant servir à éloigner le spectre d’actions dont on parle pour arrêter la marche de l’Iran.


Alors on fait semblant. L’Amérique d’Obama courtise la Turquie qu’elle pense pouvoir arrêter de dériver vers une alliance avec l’Iran. Et la Turquie, membre de l’OTAN, ancien allié stratégique d’Israël mais ... musulmane, donne des leçons à Israël. La Turquie, qui se voulait pays séculier depuis Atatürk, où il y a maintenant 85.000 mosquées mais uniquement 65.000 hôpitaux ou cliniques. Qui a créé 4.000 écoles coraniques d’Etat et qui dispose d’encore plus de 40.000 madrasas privées. La Turquie qui s’offusque d’un projet israélien de mise en état, à titre de patrimoine historique, des tombeaux des patriarches à Hébron en assurant le monde entier qu’il s’agit de monuments musulmans ... Car, presque, trois millénaires après sa construction, les musulmans ont inventé leur religion et fait leur le culte d’Abraham et l’appelant Ibrahim : ce n’est qu’il y a une dizaine d’années que les palestiniens ont commencé à considérer la chose comme étant la leur, encore une tentative de délégitimer Israël en s’appropriant son histoire. Et naturellement, tous les agnostiques (de gauche) du monde prennent pour argent comptant les idioties turques. Quant à l’Administration Obama elle reste sans glas et sans action aucune quand elle assiste à la création d’un pacte qui ne dit pas son nom, Iran - Syrie – Turquie ... en attendant l’Irak.


Alors on fait semblant. Le ministre des affaires étrangères de l’Arabie Saoudite, non content d’avoir rabroué Mme Clinton une première fois en refusant, sans appel, sa demande de faire des « gestes » pour pouvoir bâtir une confiance réciproque avec Israël, dans une conférence de presse commune, le voilà qu’il récidive : « les sanctions contre l’Iran ne serviront à rien, c’est des actions immédiates qui sont nécessaires ». Faire plus pour appeler une action militaire contre l’Iran ce serait trop lui demander. Mais pour ce qui est d’Israël, on croit rêver quand on l’entend dire « L’Arabie Saoudite s’ouvre à la culture et va vers une société civile ouverte tandis qu’Israël a pris la voie inverse et devient de plus en plus religieux ». Le ridicule ne tue plus et l’Administration Obama ne sait plus sur quel pied danser avec cet important, très important, allié depuis plus de 70 ans ...

ooooooooooooo

Israël se trouve, sans doute, de nouveau dans son histoire récente devant une situation lourde de périls. D’un côté, plus personne (et surtout pas la gauche israélienne de « La Paix maintenant » ou celle qui a conduit aux catastrophiques accords d’Oslo) ne croit à la volonté des palestiniens de vivre en paix avec Israël. Et à supposer le contraire pour ce qui est des palestiniens de Cisjordanie, il semble plus qu’évident à tout le monde, que l’autre moitié des palestiniens (Gaza) fera capoter, sous l’impulsion de la Syrie, donc de l’Iran, tout éventuel accord. Ce n’est pas le moment pour Israël de s’attacher à des négociations fussent-elles « indirectes » sans objet et/ou sans perspective de réussite avec des gens qui ne représentent plus personne (Mahmoud Abbas) le tout sous l’égide d’une Administration américaine qui fait montre d’une totale absence de vision stratégique. Administration qui se déconsidère elle-même en envoyant son représentant G. Mitchell pour servir de « petit postier » entre Israël et les palestiniens qui, pourtant se trouvent à dix minutes les uns des autres. Mais elle doit faire semblant.


D’un autre côté, l’Europe (et N. Sarkozy premièrement – se souvient-on qu’il a invité B. Assad à la parade du 14 juillet il y a deux ans ?) n’arrête pas de cajoler le dictateur de Damas avec l’espoir de le voir se détacher de l’Iran et, pour faire bonne mesure, n’arrête pas de taper sur Israël. Et toute en faisant semblant de ne pas s’opposer à des éventuelles sanctions contre l’Iran, n’abandonne pas son commerce important (presque 30 milliards d’euros dans les deux sens en 2008) avec ce pays.


De plus, Israël constate que toutes les tentatives « d’engagement » des pays comme la Turquie, l’Arabie Saoudite, le Brésil même de l’Administration Obama se sont terminées par des échecs. Pour ne pas parler des tentatives de séduction faites à l’adresse de la Russie et de la Chine. La raison est simple, l’Amérique ne fait plus peur à personne et elle ne peut plus rien obtenir de personne depuis qu’elle s’est mise à demander pardon à tout le monde.


Alors ? Israël ne peut pas faire semblant. Elle aura, tôt ou tard, à couper le nœud gordien de la seule manière possible : une seule cible, l’Iran. Noé, un autre de ses patriarches disait « après moi, le déluge ».

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