Le secrétaire d’État américain Marco Rubio vient d’affirmer, lors d’un entretien dans l'émission "World Over", que les pourparlers avec le Hamas se sont arrêtés le jour où Emmanuel Macron a annoncé, de manière unilatérale, que la France reconnaîtrait un État palestinien. Soyons positifs, une action de M. Macron a enfin eu un résultat ! Il n’en est pas moins vrai qu’il fallait bien qu’il fasse quelque chose vu qu’il laisse un État en quasi-faillite (exemple : solde commercial fin juin = - 43 Milliards €, - 7,7 fin juillet : - 50,7 Milliards, Trade Economics) et une société traversée par une guerre civile à bas bruit.
Solution à deux états… Sans solliciter l’histoire, on devrait se souvenir qu’après les tentatives non réussies de M. Clinton (après les Accords d’Oslo), le président George W. Bush (2008) a persuadé le premier ministre israélien Ehud Olmert d’accepter une solution à deux États. M. Abbas a dit « non » parce qu’il devait accepter l’existence d’un État juif d’Israël à l’intérieur de frontières internationalement reconnues et sûres. Le refus n’était pas le premier, les offres faites aux palestiniens frisent la dizaine (depuis la Commission Peel proposant un partage de territoire, 1937). Est-ce vrai que M. Abbas a changé de position ? Oui, si à en croire notre Président. La preuve, copie de sa lettre à M. Abbas :
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Ne commencez pas en faisant des remarques sur son écriture en la comparant avec celle d’un enfant autiste. Agrandissez le texte et lisez : « en réaffirmant avec force votre soutien à la solution à deux états » M. Macron nous fait prendre des vessies pour des lanternes : il sait pertinemment que ce que M. Abbas refuse de reconnaître, c’est l’ETAT JUIF. Les Palestiniens n’ont jamais accepté le droit d’Israël à exister en tant qu’État juif dans quelques soit les frontières.
Bon, quel est le ressort qui a fait mousser M. Macron en première page des gazettes du monde ? La guerre à Gaza. Le mouvement initié par la France a été suivi servilement par le Royaume-Uni et le Canada pour reconnaître un État palestinien, ce qui révèle la faiblesse presque désespérée du jugement et des buts de ces pays. Le Premier ministre anglais avait déclaré que la Grande-Bretagne reconnaîtrait la Palestine à moins qu'Israël n'accepte un cessez-le-feu à Gaza. C'est vraiment nouveau pour un gouvernement allié d’Israël. C'est un chantage moral déguisé en diplomatie. C'est une menace à peine voilée contre un allié. M. Starmer dit essentiellement à Israël qu'à moins qu'il ne dépose les armes, la Grande-Bretagne récompensera ses ennemis. Cela restera dans l'histoire comme l'une des trahisons les plus scandaleuses d'un « ami » des temps modernes. Présenter la reconnaissance comme une menace pour Israël — à moins qu’elle ne fasse x, y et z — met à nu la nature punitive de la chose. Au moins cela signifie que l’on se passe des habituelles palabres qui veulent nous convaincre que planter un état hostile au cœur d’Israël est un cadeau pour lequel les Israéliens devraient être reconnaissants s’ils pouvaient voir leurs véritables intérêts aussi clairement comme ils apparaissent à Paris et Londres. Les trois complices se sont jetés dans la mêlée pour reconnaître un « État de Palestine » pour signaler au Hamas que leurs trois pays soutenaient le groupe terroriste. Logiquement, Hamas a ensuite fait exploser les pourparlers, puisque l’Occident lui a clairement indiqué qu’il bénéficierait d’un cessez-le-feu sans avoir à faire de concessions aucunes à Israël et ce qui est le plus important, il n’aurait pas besoin de libérer les otages
Reconnaître l’Etat de la Palestine ? Ses frontières restent à définir, mais sont largement conçues comme incluant Gaza et les limites actuelles de la Cisjordanie (territoire disputé depuis 1967), bien qu’un grand nombre de Palestiniens vivent dans des États voisins, en particulier la Jordanie. N’oublions pas, quand même, les Palestiniens auraient pu avoir un État palestinien à tout moment au cours des 25 dernières années (au moins).
Et il a trouvé des partenaires, les plus importants UK et Canada. Un observateur venu de Sirius doit se gratter la tête pour comprendre : pendant la Seconde Guerre mondiale, les Alliés -la Grande-Bretagne, la France et le Canada- ont exigé rien de moins qu’une reddition inconditionnelle et ont organisé des procès pour les criminels de guerre de l’Axe. Israël n’est-il pas justifié d’exiger autant du Hamas ? Surtout que celui-ci garde dans des conditions atroces des gens, vivants ou morts, qu’il ne veut libérer (quand il le veut bien) que contre des centaines sinon des milliers de leurs anciens combattants ayant du sang juif sur les mains.
Le théâtre dans lequel se joue depuis deux ans une tragédie a deux acteurs principaux, quelques acteurs jouant le rôle du cœur antique dans les tragédies grecques et le monde entier dans lequel les informations se transmettent instantanément. Au cours des deux années après le 7 octobre 2023 il y a eu des foules pour protester contre Israël dans un nombre inimaginables de villes dans le monde. De Toronto à Sydney, de Melbourne à Johannesburg, d’Oslo à Madrid, de la Slovénie et jusqu’en France. De tous les conflits qui se déroulent dans le monde, de la Syrie au Myanmar ou du Soudan à l’Ukraine, pourquoi les gens du monde civilisé ont choisi celui du Proche Orient pour exprimer leur condamnation non pas contre celui qui a initié une guerre barbare mais contre celui qui se défend pour faire protéger les siens ? Dans le même temps, il y a eu des meurtres en masse de chrétiens perpétrés par des groupes liés à Al-Qaïda en Afrique, au Nigeria, au Soudan, pour ne citer que ceux-là. Pourquoi les premières pages des gazettes du monde n’en disent-elles rien ? Dans un autre texte, j’osais avancer un mot : antisémitisme. Je n’ai rien trouvé de mieux comme réponse que les mots de Vassily Grossmann « L’antisémitisme se rencontre aussi bien sur un marché qu’au Présidium de l’Académie des sciences, dans l’âme d’un vieillard que dans les jeux d’enfants. L’antisémitisme est passé sans dommage pour lui de l’époque de la lampe à huile, de la navigation à voile et des quenouilles à l’époque des réacteurs, des piles atomiques et des ordinateurs… L’antisémitisme tient une place à part parmi les persécutions que subissent les minorités nationales. C’est un phénomène particulier parce que la destinée historique des Juifs a été particulière… L'antisémitisme n'est jamais un but, il n'est qu'un moyen, il est la mesure des contradictions sans issues. L'antisémitisme est le miroir des défauts d'un homme pris individuellement, des sociétés civiles, des systèmes étatiques. Dis-moi ce dont tu accuses les Juifs et je te dirai ce dont tu es toi-même coupable » (Vie et Destin, 1962)
Curieusement, tous ceux qui demandent à Israël de faire ceci ou cela ou ne pas faire ceci ou cela ne demandent rien au Hamas. Même plus, M. Macron appelle à reconnaître un État palestinien, tandis que le Hamas conserve le contrôle de la population à Gaza — ce que les Alliés n’auraient jamais fait avec les gouvernements de l’Axe. Car cela signifie permettre la terreur génocidaire et tous les crimes contre l’humanité (israélienne et gazaouie) pour accomplir le but évident, existentiel du Hamas, détruire Israël et tuer tous les juifs du monde. C’est vrai, tant que les libéraux occidentaux continueront leurs vociférations toutes condamnant Israël, ils perpétueront la fausse perception parmi les Arabes à Gaza qu’ils peuvent éradiquer Israël et exterminer les Juifs dans le monde entier. Des pays arabes/musulmans ont commencé à comprendre que les guerres ont des conséquences et qu’il est grand temps d’abandonner les espoirs irréalistes concernant la disparition d’Israël. Même plus, certains d’entre eux, et non des moindres, ont pris fait et cause pour le désarmement et la disparition du Hamas de Gaza. Pas seulement. Regardez : l’Égypte du Maréchal El-Sissi (qui vient d’accuser Israël de conduire un « génocide » à Gaza) a besoin de gaz israélien pour survivre. La croissance démographique, le réchauffement climatique et surtout l’échec de la gestion des ressources énergétiques locales ont rendu l’Égypte dépendante du gaz israélien : « Les partenaires de Léviathan signent un accord d’exportation de gaz de 35 milliards de dollars avec l’Égypte. Le plus grand accord d’exportation de gaz jamais signé en Israël, pour 22 % du champ de Léviathan, triplera la quantité de gaz vendue à l’Égypte. »
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Les États arabes du Moyen-Orient craignent et détestent les Palestiniens pour leur histoire et leur culture de violence et de terrorisme. L’idéologie du Hamas est imprégnée de tropes nazis, reflétés dans sa charte. Aucun État arabe n’a voulu admettre des Gazaouis qui auraient voulu quitter les zones de combats. Ce qui se passe normalement dans une guerre, c’est que la population civile fuit les zones de combat. Il y a 1,2 million d’Ukrainiens vivant en Allemagne en ce moment. Un million d’entre eux vivent en Pologne. 500.000 en Roumanie. Et c’est parce que la Pologne et l’Allemagne et la Roumanie ont ouvert leurs frontières aux réfugiés et ont dépensé beaucoup d’argent pour s’occuper d’eux, les nourrir et prendre soin d’eux. Combien y a-t-il de réfugiés palestiniens en Égypte, qui a une frontière avec Gaza ? Ils n’ont admis aucun réfugié de Gaza par crainte du terrorisme. Pourquoi la Jordanie dont la population est à 70% d’origine palestinienne n’accepte-t-elle des réfugiés ? La France de M. Macron vient d’octroyer le droit à l’asile politique à tout gazaoui qui pourrait vouloir en prendre note. Parmi les 300 derniers arrivés (grâce au Quai d’Orsay) on a dû renvoyer, en urgence, une adoratrice de Hitler qui prônait « tuez les juifs » sur son compte X.
Mais, en laissant de côté les convulsions multiples relatives à la situation au Proche-Orient je me permets de dire que l’hypocrisie des libéraux occidentaux, par leurs actions et leur faux soutien aux palestiniens de M. Abbas n’est qu’un facteur clé pour prolonger ce conflit et empêcher la paix. Je suggère au lecteur de faire, comme moi, un diagramme de Venn en simplifiant ce qui s’y passe en quatre possibilités : ceux qui veulent tout le territoire pour les juifs, ceux qui veulent tout le territoire pour palestiniens, ceux qui acceptent 70%30 (par exemple) pour les juifs, ceux qui acceptent 70/30 pour palestiniens (les superficies presque proportionnelles aux population) :
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En regardant la superficie de l’endroit où les quatre possibilités laissent croire à un possible accord on réalise, intuitivement, compte tenu des populations (7,5 millions juifs et 4,5 millions palestiniens) qu’il n’y a absolument pas de solution (un état, deux états) d’avoir une paix perpétuelle comme on n’a pas eu en Bosnie, en Belgique, au Nagorno Karabakh ou ailleurs.
Mais alors à quoi joue M. Macron ? Une hypothèse formulée par des « gens qui savent » dit que ce qu’il a fait c’était pour ne pas laisser les « accords Abraham » prospérer sous l’aile de M. Trump USA. En faisant entrer l’ONU dans le jeu, la France de M. Macron veut montrer de quoi elle est capable. Même si cela ne conduira nulle part. J’étais sur le point de l’oublier : L’(i)Monde.
L’ignoble n’a pas de limites : La montée en puissance, puis la mainmise de la milice islamiste sur Gaza résultant de la précédente occupation israélienne, on voit mal comment une nouvelle prise de contrôle du territoire par l’État hébreu pourrait l’en débarrasser.
Analyse de texte : (a) si Israël n’avait pas occupé Gaza, Hamas n’aurait pas eu la mainmise sur Gaza ; (b) si Israël contrôle de nouveau le territoire il s’agit d’une deuxième occupation, non ? (c) mais entre les deux occupations Gaza n’était pas occupée, non ? (d) conclusion : en occultant le fait que le Hamas a « gouverné » Gaza pendant 20 ans (contre Israël et contre son propre peuple) l’(i)Monde suggère qu’il faut laisser le Hamas en paix … Et peut lui chaut qu’au bout de mois et de mois de discussions sans fin (un jour on découvrira le rôle néfaste du Qatar – ami proche de notre Président) ce qu’elle demande pour libérer les otages qu’il détient depuis 670 jours c’est « la fin complète de la guerre avec des garanties internationales non seulement des États-Unis et du Conseil de sécurité de l’ONU, un retrait total d’Israël sans aucun périmètre, et un retour aux lignes du 6 octobre ; il exige également une ouverture complète de Gaza, sans frontières ni points de passage, et la libération des terroristes qui ont du sang sur les mains - y compris ceux responsables de l’attaque « Nukhba » (7 octobre). Hamas insiste pour rester au pouvoir et exige que le taux de libération des otages dépende uniquement du rythme de la reconstruction de Gaza. »
Israël devrait tout donner et ne recevoir que l’humiliation. Et le monde « civilisé » refuse de regarder objectivement les choses, parce qu’il ne veut pas regarder les victimes émaciées que le Hamas refuse d’aider. Implicitement, le monde sait que le Hamas n’arrêtera jamais de tuer, car il n’a pas d’autre but et aucun autre objectif. Le monde ne peut pas faire appel à l’humanité du Hamas parce qu’il sait que le Hamas n’en a aucune. Donc, le monde prend plutôt la voie la plus facile et presse Israël d’arrêter ce que le Hamas a amené sur lui-même et à Gaza mais refuse de s’arrêter. En faisant semblant, par son optimisme, de croire à la « solution à deux états ». Vassily Grossmann : Bien sûr, l'opium absurde de l'optimisme vient au secours des hommes quand le sentiment aigu de l'horreur prend la place d'un désespoir résigné.