Comme tout le monde (ou presque) le sait, toutes les fêtes de la liturgie juive (sauf Yom Kippour) ont un substrat historiquement prouvable, oserais-je dire, profondément laïque. Ce qui m’amène aujourd’hui à écrire ce pensum c’est la date, dans le calendrier judaïque (nous sommes dans l’an 5785), Tisha b’Av (le 9 dans le mois Av). C’est aujourd’hui, le 3 août.
Ce que l’on commémore, c’est, tout d’abord, la destruction du premier Temple (de Salomon) en l’an 586 (avant JC), prélude au premier exil dit de Babylone. Mais (et curieusement…) aussi la destruction le même jour en 70 (JC) du second Temple, par les romains, suivie du deuxième exil.
Curieusement ? Il semblerait que le mois d’Av (de juillet à août en calendrier grégorien) a été propice pour des actions visant le vécu des juifs :
- La signature du décret d'expulsion des Juifs d'Angleterre par le roi Édouard Ier d'Angleterre, le 9 Av (1290 JC)
- L’expulsion des Juifs de France par Philippe le Bel, le 10 Av (1306 JC)
- La mise en application du décret d'expulsion des Juifs d'Espagne le 9 Av (1492 JC).
Certes, ce n’est pas le 9 mais le « mauvais sort » a continué : une partie de l’Occident, à commencer par les pays ayant fait des Lumières leur guide moral, ont décidé - vu ce qui se passe au Proche-Orient depuis le pogrome islamique du Hamas sur le territoire d’Israël et sur celui des assassins patentés inspirés par les paroles de leurs livres de chevet - de faire en sorte que l’on leur crée out of nothing un état. Naturellement, faisant fi de la Convention de Montevideo (1933) qui stipule que L’État en tant que personne de droit international doit posséder les qualifications suivantes : (a) une population permanente ; (b) un territoire défini ; (c) un gouvernement ; et (d) la capacité d’entrer en relations avec les autres États. Lesdits pays de l’Occident, tous signataires de ladite convention, s’assoient sur leur signature. De plus, depuis presque 30 ans (accords d’Oslo 1993) il était convenu que toutes décisions concernant le sujet (mais pas seulement) devront sortir, après négociation, d’un accord entre un état existant (Israël) et les représentants d’une population voulant se doter d’un état.
Je suppose que l’on peut dire, sans trop solliciter les circonstances, que ce à quoi les pays qui veulent « reconnaître » un état palestinien au mois de septembre s’engagent c’est une forfaiture imaginée pour la première fois dans le monde diplomatique. Ou le monde tout court. Mais il y a plus.
Ce qui semble (en apparence) avoir décidé du moment de la forfaiture est la situation crée dans le territoire de l’agresseur. Et les souffrances de sa population. Et, tenez-vous bien, la « famine » qui serait utilisée comme arme de guerre. Ce qui est exceptionnel dans le cas présent c’est que des chefs de gouvernement, des présidents de pays, des « intellectuels », bref « la communauté internationale » s’arrogent le droit de rejeter toutes les données qui montrent, d’évidence, le contraire de ce qu’ils disent. Et leur pusillanimité.
Des données vérifiées nous montrent que :
Avant le 7 octobre 2023 (l'attaque terroriste du Hamas), entre 500 et 600 camions d'aide humanitaire entraient chaque jour dans le territoire palestinien. Chaque camion contient environ 20 tonnes de vivres et autres produits de nécessité. On compte nourriture = 70%
Depuis le 7 octobre 2023 l'État juif a facilité l'acheminement de près de 1,8 million de tonnes d'aide à la bande de Gaza pour ses 2,2 millions d’habitants, dont 1,3 million de tonnes de nourriture (au 2 juin 2025) soit env. 1.500 tonnes à fin juillet soit 1,5 Milliards de kg soit 1,035kg aliments/personne/jour. De plus, GHF a distribué plus de 100 millions de repas (T. Pigott, State Dept.) Famine ?
Le seul exemple dans l’histoire mondiale d’une performance équivalente est celle de l’Occident en 1947/8 à Berlin - durant près de 11 mois, les avions occidentaux surnommés « Rosinenbomber » par les Berlinois, y ont aporté environ 2.5 millions de tonnes de marchandises (soit env. 1,75 millions de tonnes de nourriture) pour env. 2,5 millions d’habitants de la zone occidentale (française, anglaise, américaine).
Gaza : 122 morts, raison déclarée « famine » dont seulement 22 réellement. Les morts de famine en Bosnie ? à Biafra ? au Soudan ? au Congo ? Des centaines de mille ou des millions. On devrait les respecter et ne plus parler de la « famine » à Gaza.
Résumons.
Un pays voisin, l’Égypte, refusant de permettre aux civils d'évacuer les zones de combat, obligeant ainsi Israël à combattre le Hamas alors que celui-ci utilise l'ensemble de sa population et de ses infrastructures comme bouclier humain. Il s’agit d’un double standard sans comparaison historique. Pourtant, ce pays a un accord de paix avec Israël et sa population est aussi musulmane que celle de Gaza. C’est de la folie, jamais rencontrée.
Fournir une aide humanitaire à la population ennemie en temps de guerre, alors que les combats font rage, que l'ennemi contrôle encore le territoire, continue de lancer des attaques et retient des otages. Et condamner Israël si les aides alimentaires n'arrivent pas à tous les habitants parce que l'agresseur les vole et les revend à des prix absurdes. C'est de la folie.
Il est insensé pour les pays (quel qu'en soit le nombre) de condamner Israël pour la « famine » à Gaza, alors qu'il n'y a pas de famine et que des millions de tonnes d'aide entrent sur le territoire. Or, c'est exactement ce que font ces pays. C'est de la folie.
Il est insensé pour les pays (quel qu'en soit le nombre) de demander à Israël de « cesser le feu » alors que c'est le Hamas qui ne le veut pas. Pourtant, c'est ce qu'ils font. C’est de la folie.
Il est insensé pour les démocraties occidentales de vouloir, aujourd'hui, reconnaître un État palestinien fantasmatique comme une récompense aux meurtriers, violeurs et ravisseurs du 7 octobre. Et c'est exactement ce que les dirigeants français, britanniques et canadiens viennent de faire. C’est de la folie.
Il est insensé que les principaux organes de presse occidentaux utilisent des photos d’enfants atteints de paralysie cérébrale et/ou d’autres troubles génétiques et prétendent qu’ils ont été affamés par Israël. C’est de la folie.
De la folie furieuse qui s’est répandue comme une pandémie mondiale et qui a un nom : antisémitisme.
Mais il y a mieux. La perfide Albion a annoncé qu’elle reconnaîtra le fameux état (entre nous soit dit, dont les Palestiniens n’en veulent pas) si Israël n’accepte pas un cessez-le-feu auparavant. On croit rêver. Le monde entier (et sa mère, M. Trump et d’autres) constate que l’agresseur (le Hamas) ne veut pas de cessez-le-feu car toutes les négociations depuis le mois de mars ont échoué, par sa faute. Elles ont échoué car la volonté manifeste du Hamas d'étendre et d'aggraver la crise alimentaire explique la rupture des négociations de cessez-le-feu (surtout pour ne pas perdre leur principal atout, les otages, alors même que des Gazaouis meurent inutilement. L'intransigeance du groupe a conduit Israël et l'envoyé de Trump, Steve Witkoff, à se retirer des négociations. De plus, si la crise alimentaire et les problèmes humanitaires sont résolus, le Hamas ne pourra plus exploiter les souffrances des Gazaouis pour susciter un tollé international ni utiliser l'influence qui en résulte pour mettre fin à la guerre selon ses propres conditions. Mais l’Angleterre va « punir » Israël pour cela. Quant à la France… elle a décidé de reconnaître un état palestinien sans qu’aucune des conditions dont elle parlait encore au mois de mai ne soit remplie. En réalité, appelons les choses par leur nom, il s’agit d’une récompense pour le terrorisme. La France et maintenant le Royaume-Uni, confirment au monde que déclencher un massacre comme celui perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023 peut avoir des conséquences positives. En même temps, cette décision punit également Israël, pour avoir osé se défendre contre la menace de l’islamisme génocidaire et pour avoir mené une guerre qu’il n’a pas déclenché.
La France, l’Angleterre … cela ne vous rappelle rien ? Sir Mark Sykes et le Français Georges Picot, par un accord secret se sont partagé les dépouilles de l’empire ottoman il y a plus de 100 ans. Ils continuent. La France, elle est devenue, un tant soit peu, beaucoup plus hostile que se pairs (en Europe) à Israël. Le président Macron condamne à chaque occasion « une guerre injustifiable » à Gaza et donne l'impression d'avoir effacé le souvenir du massacre du 7 octobre 2023. Il fait boycotter la participation d’entreprises israéliennes au Salon du Bourget mais passe sous silence la libération de Georges Ibrahim Abdellah, terroriste notoire, condamné à la perpétuité, qui a planifié de nombreux attentats en France, et l'assassinat d’un diplomate israélien Yaacov Bar Siman Tov et d’un diplomate américain. Et au grand jour lors du dernier défilé du 14 juillet, il a décidé d’être aux côtés du président (musulman) indonésien, puis offrir un grand dîner en l'honneur du cheikh du Koweït, sans parler des accolades et des salutations à chaque rencontre avec un dirigeant arabe, comme l’ancien djihadiste Syrien Al Joulani (Ahmed al Charaa) ou le président du Paris Saint-Germain, le Qatari Nasser al-Khelaïfi. Quant au chef de la diplomatie française, l’ineffable Jean-Noël Barrot, il ne s'inquiète pas du massacre des Druzes en Syrie, mais appelle sur un ton gaulliste à « la fin de toute forme de soutien financier direct et indirect à la colonisation israélienne ». Un message perpétuel et dénué de sens, inchangé depuis la guerre d'Algérie, alors que la France est menacée par le terrorisme islamiste (et aussi par la Russie), et qu'elle a décidé de doubler son budget militaire. Notre Président. "Le président a abandonné les fantasmes d'une nation start-up qui l'avaient fait élire la première fois, mais qui avaient objectivement conduit à la création d'emplois précaires et sous-payés, à la limite de l'esclavage, au sein de multinationales incontrôlables. Et dans le même temps, la classe moyenne française a été dévastée, économiquement et culturellement." (M. Houellebecq, Spiked, 13.07.25).
oooo
Un mot sur Israël. Pays en guerre depuis 20 mois. 300.000 réservistes qui ont passé, déjà, plus de 400 jours sous les drapeaux. 900 morts (et 900 morts civils) soit, au rapport des populations 18.000 morts pour la France (que Dieu nous garde …) et plus de 80.000 morts pour les Etats Unis. Juste pour se rendre compte de la saignée subie par Israël.
Qu’à cela ne tienne. L'industrie de la défense israélienne est en plein essor. Un « boom » encore plus fort que le canon de l'un de ses chars de combat principaux Merkava (classé 3ème parmi le 5 meilleurs chars du monde).
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La victoire remarquable d'Israël dans sa guerre complexe sur sept fronts contre l'Iran (et les multiples armées par procuration) incite des pays à faire la queue pour acheter des systèmes d'armes de pointe de l'État juif.
Les exportations israéliennes de défense ont bondi de 37 % depuis 2021, passant de 11,4 milliards de dollars cette année-là à un montant record de 12,5 milliards de dollars en 2022, 13 milliards de dollars en 2023, et un montant étonnant de 14,8 milliards de dollars en 2024 (qui la classe parmi les 10 pays plus grands exportateurs d’armes au monde). Plus de la moitié de ces contrats dépassent 100 millions de dollars chacun. Cette croissance est stupéfiante pour une industrie qui vend des armes hautement sophistiquées et coûteuses.
Le plus extraordinaire est que les exportations d'armes vers les partenaires d'Israël dans le cadre des accords d'Abraham, à savoir les Émirats arabes unis (EAU), Bahreïn et le Maroc, ont bondi à 12 % des exportations, quadruplant leur part depuis 2023. Il s'agit d'une révolution géopolitique. Israël arme désormais des États arabes qui comptaient autrefois parmi ses ennemis jurés. Au-delà de la défense antimissile (trois systèmes sans équivalence sur le marché mondial), Elbit Systems a percé le marché des roquettes d'artillerie avec son système de lancement précis et universel (PULS). Ce lanceur multicalibre monté sur camion, d'une portée de 300 kilomètres (186 miles), est rapidement devenu le système d'artillerie de choix de l'Europe lorsqu'elle a envoyé sa propre artillerie en Ukraine pour l'aider à repousser l'invasion russe. La Grèce négocie un contrat de 500 à 700 millions d'euros pour 40 unités et les munitions associées. Les Pays-Bas, le Danemark et la Serbie ont également passé des commandes. Le Maroc, cherchant à se diversifier en s'éloignant de ses fournisseurs français traditionnels (?!), s'est tourné vers Israël pour sa technologie d'artillerie avancée. Le royaume a commandé le système d'obusier monté sur camion autonome d'Elbit (ATMOS 2000) avec des obusiers à roues de 155 millimètres, pour une valeur de 150 à 200 millions d'euros.
L'utilisation de drones est le plus grand changement sur les champs de bataille d'aujourd'hui par rapport aux précédents et Israël (deuxième constructeur mondial), avec l'Ukraine, est à l'avant-garde. L'utilisation par Tsahal des drones Hermes 900 d'Elbit pour assassiner des commandants du Hamas a déclenché une commande de 180 millions de dollars de la Colombie, une commande de 300 millions de dollars de l'Azerbaïdjan, tandis que le nouvel allié d'Israël, l'Inde, finalise un contrat d'un milliard de dollars.
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Compte tenu de la prolifération des drones sur le champ de bataille moderne, la demande de systèmes de défense anti-drones a naturellement augmenté. Le Drone Dome de Rafael, qui élimine les drones aériens, en est la pièce maîtresse. Singapour a passé une commande de 150 millions de dollars et les Émirats arabes unis une commande de 100 millions de dollars. (d’après INN, 31.07.25).
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Connaissez-vous une seule société française ou européenne dans la High Tech dont la valeur soit de 25 milliards d’euros ?
Des pays de l’Europe n’arrêtent pas de critiquer Israël mais ils lui achètent des armes. Israël se classe parmi les 10 premiers pays exportateurs d’armes et 54% de ses 14,8 milliards de $ vont en Europe. Et, quant au reste, tout ce qui grouille, grenouille et scribouille n'a pas de conséquence historique dans ces grandes circonstances, pas plus qu'elle n'en eut jamais dans d'autres. (Le Général, Montréal, Juillet 1967).