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28 novembre 2022 1 28 /11 /novembre /2022 10:08

Encore un peu et ce sera Noël et la trêve des confiseurs. Mais, si on fait attention à ce qui se passe autour de nous (et ailleurs) on est surpris par ce qui peut paraître un épisode pendant lequel rien d’important ne se passe. A tel point que l’on s’occupe de vieilles lunes : interdire la corrida ou inscrire l’IVG dans la constitution.

En apparence seulement : jetons-y un coup d’œil, ce sera un pot-pourri, on apprendra peut-être quelque chose.

Le sentiment, quasi-général, selon lequel rien ne se passe, à part les « chiens écrasés » qu’on appelait avant « faits divers », renforcé par l’évidente suspicion que demain sera moins bien qu’aujourd’hui, nous laisse contempler - tous media confondus - un monde qui se serait arrêté. Chez nous la litanie d’assassinats de jeunes filles, les rixes de « djeunes » qui laissent sur le pave dernièrement un gosse de 14 ans frappé avec un marteau, un paysage politique dominé par un ectoplasme gouvernant le pays et une assemblée nationale devenue un cirque.

Bon, essayons, quand-même, puisque le titre du texte est « pot pourri » de voir ce que l’on peut voir aux Etats Unis, en Ukraine, et naturellement, en France.

ETATS UNIS – les élections de « midterm » ont donné une majorité aux républicains. On s’évertue à nous convaincre qu’étant très faible (trois ou quatre mandats) les démocrates n’ont perdu les élections que de peu. Ce qu’il y a retenir, cependant, c’est que le vote en faveur des républicains dépasse de 3 millions celui de démocrates (50,7 millions vs 47,7 millions). Mais, je crois, il faut comprendre que les choses sont un peu plus compliquées. Regardez la carte indiquant les résultats dans les 50 états américains :

Ce que la carte nous dit c’est que à l’exception du Nevada, Hawaï et quelques autres petits états, les démocrates « tiennent » les deux côtes Est et Ouest et que l’énorme majorité des territoires des Etats Unis se reconnaissent dans les républicains. Agriculture, extractions de matières premières, industries – la vraie vie du pays est républicaine. Les deux côtes – l’Est culturellement aristocratique et le Ouest entièrement dominé par Hollywood et le « Big Tech » maitrisent cependant les destinées des Etats Unis. Jusqu’à quand ?

Ce qui est en train d’advenir c’est, sans doute, une période de stagnation pour les affaires intérieures et des changements sérieux pour les affaires extérieures. La raison majeure, bien sûr, c’est le fait que le Congrès républicain va tenir les cordons de la bourse que le Président démocrate (avec un Sénat lui aussi démocrate) a utilisé pendant les deux années depuis sa prise de mandat. La dette américaine de 2019 (20.768 Milliards $=108,8% du PIB) est maintenant de 30.000 Milliards de $ soit 120 % du PIB projeté pour l'année (25.346 Milliards)- (Google, countryeconomy.com). Augmenter de 50% la dette du pays en deux ans, aucun Président n’a fait mieux jusqu’à Monsieur Biden. Certes, d’une certaine manière les Etats Unis peuvent se le permettre car ils peuvent faire marcher la planche à billets ad libitum. N’empêche que tout nouveau né aux Etats Unis porte, déjà, sur ses épaules une  dette de plus de 76.000$ ! Voilà - à grands traits - le résultat de la Présidence Biden à ce jour. Naturellement, on devrait regarder aussi ce qui se passe du côté des affaires extérieures – la confrontation avec la Chine, les relations avec le Moyen Orient (surtout avec l’Arabie Saoudite pour tout ce qui touche au gaz et au pétrole), la guerre en Ukraine (et, corrélativement, les relations avec une Russie échappant à tout comportement raisonnable) et aussi avec une Europe qui ne sait pas se défaire de la tutelle américaine mais qui rue dans les brancards dès qu’elle a la possibilité de le faire.

Ukraine - La Russie a inconsidérément commencé à bombarder et envahir l’Ukraine, une Ukraine pauvre voisine, avec un PIB par habitant de 1/3 de celui de la Russie. Au lieu de l’opération spéciale militaire "petite guerre victorieuse", la Russie subit, neuf mois après, une multitude d’événements désagréables.

En clair, elle a perdu (rendu) environ 40 % des territoires ukrainiens qu’elle détenait au début de la guerre étant maintenant obligée de se retirer sur des positions défensives qui devraient lui donner la possibilité de s’opposer aux contre-offensives ukrainiennes.

De plus, ce à quoi la Russie à faire face est une l’alliance sans précédent de la gauche, de la droite d’une bonne partie du monde et à la valeur militaire/civique insoupçonnée de la nation ukrainienne naissante. Nous sommes en train de voir les échecs de la Russie en Ukraine car les officines d’information nous tiennent au courant, pratiquement heure par heure. Nous n’avons que des informations parcellaires pour ce qui se passe dans l’économie russe. La fin de la Russie que nous avons connue, en raison du blocus économique qui a été déclenché contre elle, est le résultat exclusivement dû aux blessures auto-infligées. Le tout résultant de la conviction paranoïaque selon laquelle l’Occident voudrait la détruire. D’où la décision de faire disparaître l’Ukraine comme nation indépendante. Accessoirement, comme dans les années 30, sous le règne de Staline, lui détruire toutes infrastructures essentielles pour la vie des se 45 millions d’habitants. L’Ukraine est justifiée de dire, comme Israël a dû le dire il y a 50 ans « Nous avons l’intention de rester en vie, nos voisins veulent nous voir morts. Ce n’est pas une question qui laisse beaucoup de place au compromis. » Golda Meir (Discours prononcé au Conseil de l’Europe lundi, 1 octobre 1973 ?). Et l’Ukraine se bat avec l’énergie du désespoir, infligeant à la Russie des dommages que personne n’était en mesure de prévoir au commencement de la guerre.

C’est vrai, l’Ukraine continue d’obtenir plus (et mieux) d’armes, de formation et de renseignements, de certains membres de l’OTAN qui auparavant traînaient les pieds (comme l’Allemagne et/ou la France qui continuent). L’Union européenne et les États-Unis ont imposé de nouvelles sanctions à la Russie, se sont rapprochés d’un plafonnement des prix maximum des exportations de pétrole russe (qui déterminera la capacité de le transporter/assurer, etc.,), ont condamné les menaces nucléaires russes, ont rejeté l’affirmation de Moscou selon laquelle l’Ukraine projetait une « bombe sale » Une majorité écrasante des Nations Unies a rejeté l’annexion par la Russie de quatre provinces ukrainiennes, Russie qui n’a été défendue que par la Corée du Nord, Erythrée, Syrie et Biélorussie.

L’incroyable soutien unifié que l’Occident a offert à l’Ukraine et l’habileté avec laquelle l’Ukraine l’a utilisé pourraient, peut-être, lentement convaincre les Russes que cette guerre est une impasse pour eux, que le triomphe ethnique ne peut pas être leur objectif et qu’ils peuvent vivre à l’intérieur de leurs frontières.

Regardez les pertes de la Russie au bout de neuf mois de guerre (données Oryx, Etat Major Ukrainien, Ministère de la Défense UK) :

Un avion et un hélicoptère tous les jours, 10 chars d’assaut tous les jours, deux bateaux amiraux de la flotte de la Mer Noire… « la défaite russe est déjà là, mais pas encore visible pour tout le monde » (paraphrase d’un aphorisme crédité à William Gibson). Ce qui menace l’Ukraine, à part la Russie, ce sont les « spécialistes » miliaires/politiques qui ne croyant toujours pas que la Russie peut perdre la guerre et qui ne sont pas du tout impressionnés par les souffrances de l’Ukraine subissant le génocide pratiqué par la Russie avec moult fusées de tous calibres et des drones iraniens, instillent l’idée que l’Occident devrait amener l’Ukraine à la table de négociations. Quand l’Ukraine, selon eux, devra faire des concessions territoriales, c'est-à-dire accepter d'être amputée d'une partie de son territoire. Mais pas seulement les spécialistes : demandez à notre Président de quoi parle-t-il (quand il le fait) avec Monsieur Poutine ?

France – ce qui est de plus en plus clair c’est l’impossibilité de changer quoi que ce soit d’important dans la gestion de notre pays. L’exemple le plus parlant est, bien entendu, l’impossibilité de changer/de reformer le système des retraites. Parce qu’il y a encore aujourd’hui plus de 50 régimes différents, parce que la différence entre le régime général et celui des fonctionnaires (par exemple) est, de plus en plus, incompréhensible, parce que personne ne veut renoncer à rien. A part le nôtre, il n’y a aucun autre pays au monde ou la retraite peut être prise à 60 ans. Comme il n’y aucun autre ou la durée du travail hebdomadaire est de 36 heures. 40 années de stagnation au plan des reformes, l’utilisation de la dette publique pour satisfaire des revendications (« justes », n’est-ce-pas ?) sans contrepartie en création de valeur, ont fait aboutir le pays dans une zone de plus en plus incompatible avec un éventuel redressement.

Le caractère surréaliste de notre situation pourrait servir comme sujet à un sketch à faire rire les foules : (1) on décide d’abandonner le nucléaire (qui produisait 85% de l’énergie électrique consommée), (2) on accepte la décision de l’Union Européenne d’arrêter la construction de voitures utilisant des énergies fossiles dans treize ans (et liquider une industrie qui emploie aujourd’hui plus de 2,2 millions de personnes) pour les remplacer par des voitures électriques, (3) on se souvient que le nucléaire n’est plus ce qu’il était et on décide de lancer la construction de 6 nouveaux réacteurs qui pourront à peine suffire (s’ils sont construits à temps) pour l’utilisation des millions de voitures électriques (charge batteries). Et en se rendant compte, aussi, que les nouveaux matériaux nécessaires (lithium, tungstène et autres) seront responsables d’une pollution comparable à celles des voitures anciennes.

Il faut, vraiment, avoir le cœur bien accroché quand on regarde ce qui pourra être le futur du pays à la suite de ce qui se passe depuis des lustres. Car, si on comprend bien, tous les indicatifs sont au rouge. En commençant avec l’enseignement qui n’est plus l’ascenseur social qui faisait la fierté de la France, en suivant avec le système de santé qui était sinon le meilleur un des meilleurs du monde et qui s’est dégradé au point qu’il manque d’infirmières et/ou de médecins car refusant les conditions de travail et de rémunération, en suivant avec l’industrie qui représentait un quart de la valeur créé en France et qui ne représente plus que la moitié  de ce qu'elle était (d’où un déficit commercial qui frise les 100 milliards d’euros quand l’excédent de l’Allemagne se balade dans une zone de 100 à 200 milliards d’euros…). Et je laisse de côté nos aventures en Afrique, particulièrement au Mali. Ajoutez - on en discute de plus en plus - le sujet tabou de l’immigration illégale pratiquement incontrôlée. Je laisse au lecteur le soin de raisonner pour la France en regardant quelques chiffres dans trois pays proches.

A. Aujourd’hui, 90% de la croissance démographique britannique provient de l’immigration.

B. Le même changement se produit en Suède. Rien qu’en 2015, la Suède a accueilli 163.000 immigrants, soit l’équivalent de 1,65 % de sa population totale. Combiné avec d’autres années, il s’agit d’une révolution démographique : en 2015, environ 17 % de la population suédoise était née à l’étranger

C. Bruxelles n’est plus la Belgique... Il y a plus de Bruxellois d’origine marocaine que de Flamands ou de Wallons. — Philippe Van Paris, universitaire et économiste belge, De Standaard, 5 septembre 2022.

La France. République au style monarchique, notre Président est-il à la hauteur de son fauteuil ? On devrait se le demander, par delà les enquêtes d’opinion qui le créditent de 29% d’opinions favorables (https://www.aa.com.tr). Que pense, réellement, le peuple ?

Pourquoi ?

 « Tsekung a consulté Confucius au sujet du gouvernement et celui-ci répondu : Les gens doivent avoir assez à manger, il doit y avoir une armée suffisante et il doit y avoir confiance des gens dans le dirigeant. Si vous êtes forcé de renoncer à l’un de ces trois objectifs, que feriez-vous d’abord ? demanda Tsekung. Confucius dit : Je renoncerais à l’armée d’abord. Et si vous étiez forcé de vous passer de l’un des deux facteurs restants, que feriez-vous ? demanda Tsekung à nouveau. Je préférerais priver le peuple de suffisamment de nourriture car une nation ne peut exister sans avoir confiance en son dirigeant. (Extrait de La Sagesse de la Chine et de l’Inde – Lin Yutang). Si vous rencontrez M. Macron… dites-le lui.


 
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18 novembre 2022 5 18 /11 /novembre /2022 22:33

Ainsi va la vie… deux élections importantes (Etats Unis et Israël), la guerre en Ukraine - neuf mois la semaine prochaine. Qui eut cru que la barbarie apparaîtrait de nouveau en Europe ? Permettez-moi citer un extrait de Marc Lambron (L’œil du Silence - Femina, 1993) relatif à la deuxième guerre mondiale, en Europe « Europe is a bastard country entendait-on aux bivouacs. Un sergent de Queens m’exposa, un soir, sa vision de l’affaire. Il imaginait deux conservateurs du Metropolitan Museum devenus fous, barricadés chacun dans une aile du musée lançant des raids jusqu’à la destruction finale des statues, des collections et des gardiens. Il ne s’expliquait pas autrement les cathédrales incendiées, les palais rasés, les reliquaires foulés aux pieds.

Rien de changé sauf qu’il n’y a qu’un conservateur - fou, paranoïaque.

 

Les élections américaines de « midterm » ont eu lieu, les résultats sont (presque) totalement connus et la vague républicaine qui devait tout changer ne s’est pas manifestée, loin de là. Néanmoins, la Chambre des Représentants a changé de majorité, elle est maintenant républicaine.

On peut (on doit) remarquer que le vote populaire s’est manifesté en faveur des républicains, le système électoral américain (et ses échappatoires – voter par correspondance, voter avant la date des élections, voter sans pièces d’identité, etc.,) ne leur donnant, néanmoins, qu’une très courte majorité (au minimum 218 mandats sur les 435 de la chambre, au maximum 219/220 selon les dernières projections). Le seul fait marquant, pour l’instant, est constitué par la « coexistence » qui est imposée au Président Biden qui ne dispose plus que du Senat, chambre qui ne peut légiférer que sur ce que celle des Représentants décide. Autant dire, M. Biden sera, en très grande partie un « lame duck » pour les deux années de présidence qui lui en reste. Il me semble, donc, logique de s’abstenir de commentaires relatifs à un avenir qui est, pour l’instant, indéterminé.

En revanche, il me semble utile de commenter les résultats de l’élection israélienne (5ème pendant les quatre dernières années) qui a eu, entre autres, le don de provoquer les diatribes de plusieurs gouvernements, de gauche et/ou de droite de par le monde. Faisons court, une coalition composée, entre autres, de deux partis de droite extrême est soupçonnée de vouloir transformer l’état de droit qu’est Israël en théocratie préparant un régime d’apartheid. Rien de moins. Si l’on veut raison garder on devrait écouter (entendre) la remarque du Président d’Israël, Isaac Herzog (06.11.22) : « Au camp perdant, je dis : le pays n’est ni fini ni détruit. La décision démocratique doit être respectée. Continuez à faire entendre votre voix et à défendre vos positions, comme dans toute démocratie saine. À tous nos frères et sœurs d’Israël et de la diaspora, à tous ceux qui expriment leur inquiétude en Israël et dans le monde - je dis : nous sommes tous engagés dans le destin de l’État d’Israël, nous sommes tous attachés à son existence fondamentale en tant qu’État juif et démocratique qui maintient la primauté du droit, les droits de la personne et les droits civils et le respect de tous les groupes minoritaires qui en font partie. Nous continuerons de protéger nos fondations en tant que peuple, société et pays.» (Traduction MB). Je crois qu’il est utile de se rappeler ce qui s’est passé.

Le système électoral israélien, très critiqué, assure cependant un reflet très représentatif de la mentalité de l’électorat. Et les résultats montrent une réaction écrasante contre le gouvernement Bennett-Lapid, en particulier parmi les sionistes religieux, qui se sont sentis trahis par la décision de Naftali Bennett de prendre leurs voix dans une coalition avec Lapid, la gauche et Ra’am (parti héritier des Frères Musulmans). Ils ont voté pour s’assurer qu’il ne pourrait plus y avoir de répétition de ce qu’ils voyaient comme un abus. De plus, le déclin électoral et la chute de la gauche israélienne ont été causés par deux convictions de plus en plus partagées. La première relative à la politique économique de libre marché de B. Netanyahou, bien que non parfaite, fonctionnait bien mieux que les anciens monopoles socialistes, et la deuxième relative aux décisions anciennes du Parti travailliste, se révélant être responsables d’un échec meurtrier pour le pays dans sa totalité (en simplifiant, les accords « Oslo »). Cela étant, si la gauche israélienne n’a pratiquement plus aucun pouvoir électoral, elle a en revanche un pouvoir politique presque illimité. Il n’y a peut-être pas eu de Premier ministre travailliste depuis 2001, mais la gauche contrôle toujours les rouages de la bureaucratie, des bureaucrates locaux jusqu’aux juges de la Cour suprême. Même si les médias déclarent que les dirigeants des partis de droite extrême sont une « menace pour la démocratie », ce sont les fonctionnaires, les procureurs, les juges, les dirigeants de grandes entreprises  et leurs administrateurs qui dirigent l’essentiel des choses. La politique d’Israël, aujourd’hui, se caractérise par une lutte entre une majorité conservatrice multiculturelle émergente et une minorité de gauche européenne s’accrochant au pouvoir. Et l’on ne devrait pas oublier, tout d’abord, que la plupart des gens qui ont voté pour Ben-Gvir – et probablement aussi pour B. Netanyahou – l’ont fait par peur. Leur vote a été une sorte de réaction retardée aux émeutes israélo-arabes antisémites de mai 2021, qui ont renforcé et amplifié la crainte que des Arabes, citoyens israéliens, n’hésitent pas  d’assassiner des juifs dans leurs lits.

Alors … les diatribes, les commentaires d’un Joseph Borell pour l’Europe ou de fonctionnaires de l’Administration Américaine doivent être vues dans leur substrat : c’est que beaucoup de ceux qui jugent Israël ne se soucient tout simplement pas des angoisses israéliennes. Pour eux, Israël est fautif (de quoi ?) et mérite, dès lors, les violences que les Palestiniens et des Arabes israéliens commettent. Lisez Le Monde.

Ces derniers propos doivent être nuancés. En effet, Israël est en train de devenir un des grands de l’énergie (surtout gaz) et, à ce titre, on lui accorde quelques passe-droits. Autant dire, la vulgate dominante anti-israélienne en Europe est mise un peu en sourdine car l’Europe a besoin de remplacer le gaz russe. En effet, la compagnie qui explore les eaux territoriales d’Israël vient de trouver un gisement de 13 « billions » (13.000 milliards) de m3 :

Un peu d’arithmétique : la consommation de l’Europe en 2021 (Google) a été de 400 milliards de m3 = 0,4 Billion m3 soit 32,5 ans pour le nouveau gisement, le bassin israélien total représentant env. 100 Billions m3 !

Cependant, la France (comme souvent) veut faire cavalier seul et essaye de s’approvisionner en achetant à l’Azerbaïdjan. Mais, « en même temps » elle invoque le droit à la défense de l’Arménie qui subit, assaut après assaut, de l’Azerbaïdjan. Et voilà Mme Aliyeva [Commissaire aux droits de l’homme - Médiateur de la République d’Azerbaïdjan) déclarant le 16.11.22 au sujet d’une résolution du Sénat français « Le monde n’a pas oublié la violence et la cruauté de masse commises par la France contre les Algériens. La France a mené une terrible guerre contre le peuple algérien pendant plus de cent ans et a mené une politique de génocide qui a causé la mort de 1,5 million d’Algériens. Malheureusement, j’aimerais souligner qu’au lieu d’apprendre de l’histoire, les membres du Sénat français veulent créer de nouvelles sources de conflit en incitant l’inimitié religieuse nationale à adopter cette résolution », a-t-elle déclaré ». Et on leur achète plein de gaz : on a changé un bossué pour un bossu…

Le gaz. Donc la guerre en Ukraine. Elle continue, la semaine qui vient elle aura duré depuis neuf mois et les échecs de M. Poutine, de la Russie, continuent à s’additionner. Depuis le début de l’invasion russe le 24 février, l’Ukraine a libéré un total de 74.443 km² de territoires occupés par les forces russes, selon les données de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW). Avec la retraite de Kiev et la fuite/débandade de Kharkiv, la retraite de Kherson a marqué la troisième défaite humiliante pour les forces russes dans leur guerre de neuf mois en Ukraine. Naturellement, le commandant en chef, l’homme qui, à la fin du mois de septembre, a proclamé que « les résidents de Donetsk, Lougansk, Zaporizhzhia et Kherson deviennent nos citoyens pour toujours », M. Poutine, a laissé son Ministre de la Défense annoncer la chose, lui, il était absent.

L’invasion russe entre maintenant dans une nouvelle phase inquiétante. La décision de Moscou de priver la population civile ukrainienne de chauffage et d’autres services essentiels pendant la saison hivernale met des dizaines de millions de vies en danger. Avec des missiles de croisières et des drones iraniens la Russie vient de détruire env. 50% de l’infrastructure énergétique de l’Ukraine et laisser quelques 10.000.000 d’ukrainiens sans chauffage, en partie sans eau et sans les services utilisant l’électricité. De nombreux Ukrainiens considèrent l’utilisation de l’hiver comme une répétition du génocide du début des années 1930 perpétré par les autorités soviétiques, qui ont provoqué une famine artificielle et affamé à mort plus de sept millions d’Ukrainiens dans le but d’écraser leurs ambitions à une certaine indépendance. La famine organisée par Staline est connue dans l’histoire comme l’Holodomor, qui signifie « mort par la faim ». Les Ukrainiens, avec leur sens de l’humour proverbial, donnent maintenant à la campagne de bombardement de M. Poutine un nom étrangement semblable et l’appellent le « Kholodomor » ou la « mort par le gel ». Tristement célèbre, les dirigeants occidentaux des années 1930 ont soit minimisé ou complètement ignoré le génocide de Staline. Les dirigeants mondiaux actuels feront-ils la même erreur? On en a bien peur car les « réalistes » n’arrêtent pas d’instiller la conviction que l’Ukraine ne pouvant pas gagner la guerre contre la Russie, à quoi bon la soutenir ? Qu’elle renonce à un cinquième de son territoire, à sa souveraineté et tout sera fini !

Depuis trop longtemps, le camp « réaliste » refuse de prendre au sérieux les avertissements des voisins de la Russie. Les politiciens et les commentateurs de Pologne, des États baltes, d’Ukraine et d’autres pays ayant une expérience directe de l’impérialisme russe ont eu du mal à se faire entendre dans les capitales occidentales et ont souvent été accusés de « russophobie ». Il est maintenant temps de reconnaître cette erreur et d’accepter que ceux qui cherchaient à sonner l’alarme sur la résurgence de l’impérialisme russe avaient raison depuis le début. Au vu et au su du monde entier qui n’en peut mais… la Russie, puissance disposant de 6.000 têtes nucléaires et d’un arsenal complet de fusées de toute nature, continue son génocide en Ukraine.

Mais la Russie de M. Poutine sait qu’elle ne peut pas gagner cette guerre même si elle est appelée « opération militaire spéciale ». Il devrait se souvenir que « le gâteau dont on a rêvé est un rêve non pas un gâteau » (aphorisme, Lénine).

 

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5 novembre 2022 6 05 /11 /novembre /2022 21:53

Au mois de novembre, deux élections retiennent l’attention des media : celle d’Israël - la cinquième en moins de quatre ans et les de « mid-terms » aux Etats Unis, la semaine prochaine.

Celle d'Israël a été gagnée par une coalition qui déplait, souverainement, à la moitié de la planète. Pourquoi ?

Les résultats des élections en Israël - reflet exact de la volonté d'un peu plus de la moitié des votes exprimés  par ses citoyens (majorité qualifiée) - semblent ne pas plaire à la moitié de la planète car ils ramènent sur le devant de la scène le fameux, le proscrit, le corrompu, B. Netanyahou, cette fois–ci, accompagné par « des extrémistes de droite ». Pour comprendre le paysage, s’il s’agissait de la France, cela voudrait dire une coalition des Républicains avec le Rassemblement National et avec Eric Zemour. Capito ? Ce qui est possible en Israël n’est pas possible en France, naturellement, pas besoin d’expliquer pourquoi.

Mais pourquoi cela a été possible en Israël ? Simplement, parce que les Israéliens se sont finalement souvenus que Netanyahou est le meilleur candidat pour gérer l’État juif pour ce qui est des questions relatives à la loi et l’ordre, la sécurité publique, la sécurité nationale et même sa diplomatie internationale. Les Israéliens devraient être félicités pour cette décision, résultat d’une démocratie à toute épreuve car s’agissant d’un système électoral à proportionnelle intégrale (avec un seuil d’accession à 3,25% des votes exprimés). Système dont l’absurdité, en donnant la parole à tous, oblige à former des coalitions pour gouverner. Il faudrait se souvenir que les quatre élections précédentes des (presque) quatre dernières années trouvent leur origine dans la défection d’une composante de la droite (Israël Beitenou) dont le dirigeant poursuivait une vendetta personnelle contre B. Netanyahou. Tant et si bien que les quatre élections précédentes se déroulant sous l’injonction « tout sauf Netanyahou » n’ont pu installer qu’un gouvernement « auberge espagnole » réunissant huit partis différents allant de l’extrême gauche (Meretz) jusqu’à l’extrême droite (Yamina) y compris un parti arabe (Ra’am) héritier des Frères Musulmans. Gouvernement qui n’a tenu que 16 mois. Pourquoi ? Essentiellement parce qu’il avait perdu la confiance des citoyens quant à sa capacité de mettre fin à une nouvelle montée sanglante d’un terrorisme palestinien. De plus, en Israël, tout comme cela commence à se voir en Europe, la droite a généralement tendance à obtenir de meilleurs résultats lorsque les citoyens votent sur des questions liées à l’économie et, par-dessus tout, au crime, à la sécurité publique et à la sécurité nationale.

Mais la coalition gagnante des élections (64 mandats de la population juive vs 51 pour l’ancienne coalition sur les 120 de la Knesset), cette fois-ci, amène avec elle deux partis d’obédience religieuse, « d’extrême droite » de surcroît. Relativisons, Shimon Pères avait l’habitude de dire « l’extrême droite en Israël c’est comme les radicaux-socialistes en France » (apocryphe). Qu’importe, ces deux partis se sont fait remarquer, par des prises de positions extrêmes, car au cours des dernières années, l’incapacité de l’Autorité Palestinienne (vantée comme le meilleur partenaire d’Israël pour la paix par l’irresponsabilité et/ou l’animosité de l’Europe et de deux Administrations des Etats Unis) a rendu de plus en plus dur le terrorisme palestinien. Ajouter l’échec démontrable des retraits territoriaux et les émeutes meurtrières de l’an dernier dans les villes mixtes juives et arabes. Mais il y a mieux (ou pire). Ils veulent reformer le système juridique de l’Etat qui donne la prééminence, quel que soit le domaine, à la Cour Suprême de la Justice. Ces deux partis (mais d’autres sotto voce aussi) considèrent que dénier l’autorité suprême au parlement élu par le peuple et la donner à des juges nommés (par un processus compliqué, certes, mais indépendant du parlement) revient à dire - raccourci rapide - accepter un gouvernement de juges non élus. Cela doit nous rappeler ce qui se passe en France aujourd’hui, où le gouvernement du pays est anormalement retenu dans ses décisions ou ses projets par des juges. Liée aux changements voulus par ces deux partis est aussi la nomination des juges (ou leur confirmation comme par le Senat des Etats Unis) par le parlement. Horreur et damnation ! Il n’y aurait plus d’état de droit !

C’est cette partie de leur programme qui a suscité le plus de réactions négatives bien qu’il s’agisse, en réalité, d’une défense de la démocratie, et non d’une tentative de la renverser. Une reforme dans ce sens apporterait un degré de responsabilité démocratique certaine face à un système dans lequel les juges s’arrogent le droit de censurer les lois adoptées par la Knesset, souvent sans référence à aucun principe juridique, mais selon leurs opinions personnelles sur ce qu’ils pensent être bon pour le pays. Et quand on sait que les dernières Cours Suprêmes ont eu tendance à pencher vers la gauche…

Bref, le 1er novembre 2022, 75 ans après la réinstallation de l’État hébreu, œuvre – principalement - des visionnaires socialistes, l’électorat israélien moderne, tiré à droite par le terrorisme palestinien sans fin et le rejet, de principe, de toute solution pacifique, après la cinquième élection générale en moins de quatre ans, vient de faire confiance à une coalition comprenant deux partis « d’extrême droite ».

Et nous entendons, déjà, venant des Etats Unis et de l’Europe la condamnation de ce que les citoyens israéliens ont décidé de faire. Mais, franchement, qui s’en soucie ? Le peuple israélien, et seulement le peuple israélien, peut juger ce qui est le mieux pour lui et son pays. L’administration Biden et d’autres acteurs occidentaux devraient respecter son jugement, en vertu du principe essentiel de la démocratie, la voix du peuple. Mais non, déjà, le NYT, le WAPO, le Monde et tout ce qui représente la vulgate dominante du monde occidental, avertit que l’apocalypse est en train d’arriver : refus de travailler avec le nouveau gouvernement, mise en question des relations entre états, le danger d’apartheid qui sera évident et autres ejusdem farinae. Les arabes israéliens représentent environ 21 % de la population d’Israël et près de 20 % de ses médecins, environ 25 % de ses infirmières et près de la moitié de ses pharmaciens — The Atlantic, 30.04.20. Israël apartheid, tu parles.

Certes, on nous rappelle que Hitler a été élu démocratiquement… car quand on n’a pas un autre argument de poids on revient toujours à la reductio ad hitlerum.

La coalition gagnante est dirigée par B. Netanyahou. Sa carte de visite (depuis 1995 quand, ministre de finances, il a réussi à arrêter une inflation galopante, à imposer une économie de marché et a contribué à la création des premiers éléments de « l’état start up ») comporte, sans classement de mérite, le gel de la construction en Judée-Samarie en 2009-2010 et les pourparlers simultanés visant une solution négociée à deux États ; les accords Wye et Hebron signés au cours de son premier mandat comme premier ministre, qui ont élargi la juridiction de l’Autorité palestinienne; son discours de Bar-Ilan, en soutien à l’État palestinien et les négociations que son administration a menée avec les Palestiniens en 2013 et 2014 qui visaient également une solution à deux États et tout dernièrement les Accords Abraham.

Malgré les critiques de cet Etat, cinq élections devraient rappeller à tout le monde qu’Israël est une démocratie dans laquelle les citoyens israéliens ont le dernier mot. Et oui, Israël est aussi la « nation start-up » et offre beaucoup à sa région et au monde en matière d’eau, d’alimentation, de santé et de cybersécurité. De plus, avec les drones russes et iraniens signalant de nouvelles menaces barbares pour le monde, les développements israéliens vers les défenses au laser, sont susceptibles d’ajouter à l’importance d’Israël en tant que partenaire du monde libre, membre de l’OCDE.

Israël ? Regardez la classement Global Talent Competitivness Index établi par l’INSEAD pour 2022 :

Israël, 23ème pays dans le monde, 1er (population = 9,5 millions) dans la zone Afrique du Nord - Asie de l’Ouest (environ 370 et respectivement 458 millions d’habitants). La France 14ème dans sa zone.

Ce que les citoyens israéliens   ont fait c’est  de   considérer    B. Netanyahou comme le meilleur premier ministre possible et l’installer à la barre du bateau. Peut-être, aussi, parce qu’ils se souviennent que dans tous les gouvernements qu’il a formés il a toujours eu un parti (ou un groupe ou des individus) à sa gauche et un (ou deux ou trois) partis à sa droite. Il était toujours au centre. Attendons.


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26 octobre 2022 3 26 /10 /octobre /2022 20:15

Le temps passe, tout passe mais les sujets sont toujours les mêmes - la France, Israël, Ukraine. Faisons un point à la fin d’un parcours de plus de huit mois pour la guerre en Ukraine, de plus de cinq mois pour le nouveau mandat du Président Macron et de plus de quatre mois pour le gouvernement Borne. Et une semaine avant la 5ème élection pour la Knesset d’Israël.

 

Une remarque faite par plusieurs lecteurs m’appelle au devoir : les trois sujets, d’importance, sur lesquels j’écris depuis le commencement de cette année – la France, l’Ukraine, Israël – méritent que l’on fasse le point sur ce qui se passe en cette fin d’automne, surprenante aussi par le climat d’été indien.

Sans majorité à l’Assemblée Nationale (situation inédite dans la cinquième république) le gouvernement donne l’impression de naviguer « à la godille » avant de se résoudre au « nucléaire », je veux dire le 49-3. Notre pays, pour des raisons multiples car différentes, est en train de vivre un épisode pour le moins curieux. Sans objectif/projet majeur (où sont les Centrales Nucléaires, le Super Phénix, l’Airbus, les autoroutes des années 70/80 ?), sans un « guide » pour nous faire traverser des terrains marécageux (De Gaulle, Pompidou ou même Mitterrand) il semble se complaire dans une tragédie annoncée (depuis belle lurette), une sorte de déclin sur un triple plan : économique, culturel, identitaire. A tel point que tout dont on s’en occupe ce sont des faits divers : Lola, la gamine de 6 ans de Roanne, la dame violée de Nantes, je pourrais rappeler la litanie dont les chaines d’information (radio, télé, réseaux sociaux) nous abreuvent du matin au soir

Le tout comme si être délogée de la place de 5ème puissance mondiale en 2000 pour se trouver 7ème vingt ans après ne touche personne. Le tout comme si l’incapacité de l’école de transmettre des connaissances induit un grand pourcentage de jeunes à devenir des assistés ou des membres d’un nouveau « lumpenproletariat » (prolétariat en haillons, en allemand) ne touche personne. Le tout, comme si la déconstruction de la langue à laquelle on assiste – prolégomène de la destruction d’une culture nationale sans équivalent mondial, ne touche personne. Le tout, comme si l’installation d’un autre peuple (avec sa culture, ses normes, son modus vivendi) au départ dans des territoires aujourd’hui perdus par la république et demain destiné à peupler les campagnes, ne touche personne.

Et c’est sur ce fonds de plus en plus sombre que l’on voit, que l’on réalise, que nous sommes incapables de réagir comme le pays l’a fait moult fois dans son passé. Pourquoi ? Il me semble qu’une des grandes raisons pour tout ce qui précède a été (est) l’abandon de la souveraineté de la France en faveur d’une construction - intellectuellement justifiable - absurde dans le temps présent car elle se veut créatrice d’un nouvel empire, l’Europe. Empire géré par une trentaine de fonctionnaires non élus, représentant 27 peuples aussi différents que puissent être un Marseillais et un Suédois. Mais l’âge des empires est passé, il n’y a plus que le potentat paranoïaque du Kremlin qui voudrait voir renaître celui de la Russie (tzariste ou stalinienne – au fond, parfaitement équivalentes pour le système de gouvernement). On a tous cru que l’avenir de la France s’appelait Europe. On comprend, de plus en plus, que si la France veut avoir encore un avenir elle devra se libérer de plusieurs contraintes consubstantielles à l’appartenance à l’empire européen. Les fissures prémonitoires abondent : le clivage Est-Ouest, le glissement vers des gouvernements « de droite » appelés « populistes » par manque de vocabulaire (Suède, Pays Bas, Italie…), la « débandade » du « couple » franco-allemand (que les allemands ont toujours appelé « duo »). La dernière fissure est particulièrement dure et difficile à supporter pour la France : sa politique énergétique est en lambeaux (résultat du suivi de l’Allemagne pour le nucléaire), son industrie d’armement se trouve sans partenaire ni client (suite au choix de l’Allemagne des avions américains et/ou d’une couverture aérienne pour la moitié du continent, d’origine américano-israélienne), ses ressources financières à sec (vu sa dette publique énorme – plus de 4.000 milliards d’euros) pendant que l’Allemagne a refusé que l’on reconstitue un plan d’endettement (comme celui pour la Covid) pour traverser la période d’énergie chère pendant la guerre d’agression de la Russie. Ce n’est pas le « en même temps », période absurde pendant laquelle aucune réforme de fond n’est possible, pendant laquelle « tout fout le camp » qui sortira le pays du marasme actuel et du déclin vers lequel il se dirige. Pauvre France.

Israël. Je viens d’y passer une semaine, comme souvent par le passé, un bol de jouvence. Tout fonctionne, de nouvelles routes, des gratte-ciel partout, une économie florissante – taux du chômage 3,4% (population salariée env. 4.0 millions, 130.000 personnes au chômage, 158.000 offres d’emploi non satisfaites), salaire minimum 1.528€ (M. Mélenchon serait content), PIB/habitant 51.300$ (Allemagne 50.800, France 43.518), en train de devenir un des (ou le premier) plus grands fournisseurs de gaz de l’Europe (!), le tout en se souvenant que l’essentiel est (aussi) ailleurs.

Selon le rapport de l’OCDE de 2022 sur l’enseignement supérieur, les dix principaux pays du monde ayant la population la plus instruite et leur part de citoyens ayant fait des études supérieures sont les suivants :

1. Canada - 59,96 %

2. Japon - 52,68 %

3. Luxembourg 51, %

4. Corée du Sud - 50,71 %

5. Israël - 50,12 %

6. États-Unis - 50,06 %

7. Irlande - 49,94 %

8. Royaume-Uni - 49,39 %

9. Australie - 49,34 %

10. Finlande - 47,87 %

Ne cherchez pas la France, elle ne se trouve pas parmi les 20 premiers pays.

Pays dont la population fait preuve d’un énorme optimisme. Si chaque femme (indigène) occidentale de l’Union européenne enfante, en moyenne, 1,4 enfant, chaque femme musulmane de ces mêmes pays enfante 3,5 enfants, d’ici 2050, 30% de la population européenne sera musulmane... (https://www.fourmilab.ch/documents/reading_list/indices/book_526.html).

En Israël le taux de fécondité des femmes juives augmente depuis trois ans (Wikipédia) :

tant et si bien que la population totale se trouvera entre 15 et 17 millions en 2050 avec le même pourcentage Juifs/arabes -78% (Times of Israël, 21.11.21). Démographie en progrès a toujours dit confiance dans l’avenir (sauf pour des pays de l’Afrique noire ou entièrement musulmans où les raisons d’une démographie galopante sont d’une nature précise). Tout va bien en Israël ? Non, bien sûr. L’avenir, est conditionné aussi par l’insupportable idiotie d’un système électoral a proportionnelle intégrale, donnant au parti le plus petit le plus grand pouvoir pour constituer une coalition. Qui se veut « égalitaire » en cela que tout un chacun doit avoir le droit à la parole. Dans deux semaines, de nouvelles élections : les cinquièmes en trois ans pour un mandat de 4 ans. Ce qui est, cependant, époustouflant c’est que d’une élection à l’autre le clivage gauche-droite reste identique : 60 mandats (la Knesset =120 mandats) pour la droite, 52 pour le « centregauchedroite » et 8 pour deux partis arabes (dont un a participé au dernier gouvernement). Paradis pour les LGBT+, 40.000 émigrés venant de Russie et Ukraine, ouvert aux collaborations diverses avec des états arabes l’ayant reconnu (six pour l’instant, dont les « accords Abraham » que l’Europe - et la France - ont accepté en se pinçant le nez), parmi les plus grands fournisseurs mondiaux de moyens de défense (inventeurs des drones, actuellement parmi les quatre premiers fournisseurs au monde), naturellement, considéré comme pestiféré - car juif - par la moitié de l’humanité, faute de ne pas accepter de se suicider pour faire place à un 24ème état arabe, musulman, vu que son territoire aurait été destiné par Allah aux seuls musulmans. Pays auquel l’Europe civilisée conseille, pour assurer sa pérennité, de céder des territoires aux palestiniens. Comme disait le Chancelier Bismarck, de commettre un suicide par peur de la mort.

 

Et puis, l’Ukraine. Deux angles de vue différents, côté russe, côté ukrainien. Regardez la carte indiquant (points rouges) les endroits où, aujourd’hui, ont lieu des actions militaires (les plus importantes) et, en gris, les endroits où ils ont eu lieu par le passé. La ligne noire est la ligne de séparations des armées.

D’évidence, les ukrainiens ont réussi à repousser les russes vers la frontière qui les départageait depuis 2014 et que ces derniers avaient bougés jusque vers Kiev en semblant occuper un tiers de l’Ukraine.

Par delà la bravoure d’un peuple, par delà l’acceptation de la souffrance face aux barbaries des troupes russes (on les croirait héritiers des mongols musulmans ou des troupes d’Attila) on voit, on sait que l’Ukraine ne perdra pas cette guerre. Certes, aussi parce que l’Occident, mesurant la mise en question, a accepté d’aider l’Ukraine à la mesure de ses besoins, au mieux de ses possibilités. Là, les choses se compliquent un peu car les grands de l’Europe tout en soulignant à gros trait que la guerre est, en réalité, une confrontation entre les Etats Unis et la Russie laissent la première supporter l’essentiel de l’effort bien que cette guerre se passe à quelques heures de Berlin ou de Paris. Le Monde nous apprend (12.10.22) :

  • Les Etats-Unis arrivent largement en tête avec des engagements à hauteur de 27,6 milliards d’euros au 3 octobre, dont 15,2 milliards d’euros en armes.
  • Le Royaume-Uni les suit avec 3,74 milliards d’euros de promesses, dont 1,5 milliard en armes et en équipements.
  • La Pologne est le troisième pays ayant promis le plus d’assistance, pour un montant de 1,82 milliard d’euros, exclusivement destinés aux armes et aux équipements.
  • La France est loin derrière, avec 220 millions d’euros d’armes et d’équipements militaires promis.

         Quant aux livraisons d’armes :

  • Les Etats-Unis sont le premier fournisseur, avec 2,55 milliards d’euros d’armes livrées, soit 16,74 % de ce qui a été promis.
  • La Pologne suit, avec des livraisons estimées à 1,82 milliard d’euros (100 % de ses engagements).

Les « spécialistes » nous apprennent que ce n’est plus « si » mais « quand » les ukrainiens repousseront les russes au delà de la frontière des deux pays.

Pour ce qui est de la Russie de M. Poutine, ce qui est parfaitement visible (au fait, depuis longtemps), c’est non seulement qu’elle ne peut pas gagner cette guerre mais qu’elle l’a perdu déjà. Souvenons-nous, les buts de guerre annoncés par M. Poutine le 23 février étaient trois « Kiev en trois jours - déloger le gouvernement, occuper un tiers de l’Ukraine et démilitariser/dénazifier le pays pour le bien de sa population en général et russophone en particulier » Après plus de 80.000 soldats (morts et blessés grave) et plus de 2.000 tanks perdus, M. Poutine est obligé (a) de commencer à parler, à mots couverts, pour faire peur, de l’utilisation d’une arme nucléaire et (b) lancer la mobilisation de 300.000 réservistes, vraie chair à canon car envoyés sur le front sans (ou peu) d’équipements, sans entrainement et, surtout, sans leur consentement. Personne ne voit comment l’armée russe pourrait se sortir victorieuse du magma de boue et de sang dans lequel on l’oblige à patauger.

                   L’enthousiasme des recrues est parfaitement visible

Mais il y a pire, à l’intérieur des frontières de l’empire russe. M. Poutine a privé les jeunes de leurs droits en répondant presque exclusivement aux besoins psychologiques de la génération plus âgée de la Russie. M. Poutine a toujours été négatif quant à l’effondrement de l’Union Soviétique dont les jeunes (18-35 ans) ne gardent de mémoire aucune. Le rappel fréquent de M. Poutine autour de l’inventaire des trahisons occidentales dans les « terribles années 1990 » ne trouve pas écho chez ceux qui n’ont pas de mémoire active de l’époque et dont l’expérience de l’Occident est déterminée par leurs rencontres réelles plutôt que par des dystopies imaginaires.

C’est ceci qui explique que bien avant que la guerre contre l’Ukraine ait commencé de nombreux jeunes ont décidé de franchir les frontières de la Russie et que l’étoile de M. Poutine avait décliné parmi ce segment de la population. Segment qui n’a fait qu’augmenter, on évalue à plus d’un million de jeunes (hautement qualifiés) l’émigration russe après le commencement de la guerre. Pas besoin de revenir sur ce que la Russie est (déjà) en train de souffrir sur le plan économique ni sur le fait que la guerre terminée (car elle se terminera un jour) elle se trouvera ramenée plusieurs dizaines d’années en arrière.

Cela étant posé on devrait admettre (Elliot Cohen, a Professor at The Johns Hopkins University School of Advanced International Studies, The Atlantic 14.10.22) « La lutte de l’Ukraine pour la liberté et pour son existence même est la lutte pour un ordre beaucoup plus vaste, non seulement en Europe, mais dans le monde entier, et même de l’esprit humain. Elle doit être comprise non seulement dans les rythmes somnolents du choix bureaucratique ou de l’analyse académique, mais dans un langage qui chante. La situation exige une politique saine, sans doute ; elle exige aussi une éloquence qui monte en flèche. Il y a un discours épique à faire ici ; espérons qu’il y ait quelqu’un qui puisse le faire. »

Ce n’est pas, malheureusement, notre Président qui le fera. Après avoir, pendant des mois, cherché à trouver une porte de sortie « honorable » à Monsieur Poutine (pendant que la télévision russe n’arrêtait pas de s’en moquer), après avoir changé de chemise en se déclarant solidaire de l’Ukraine, il n’a rien fait d’autre que « faire semblant ». Il vient de déclarer à Rome « Une paix est possible quand les Ukrainiens le décideront » ... Faut-il ne pas comprendre le français pour ne pas comprendre que ce qu’il veut dire, sans avoir le courage de le dire, c’est « les ukrainiens devraient arrêter la guerre et accepter que M. Poutine obtienne satisfaction, en tout ou en partie ». L’esprit de Munich est toujours là, la France de M. Macron est en train de vouloir ressembler à celle de M. Daladier, avec l’assentiment de l’extrême gauche de M. Mélenchon et celui de la droite extrême de Mme Le Pen. C’est le moment de se demander Pour qui sonne le glas ? E. Hemingway me le pardonnera.

 

 

 

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21 octobre 2022 5 21 /10 /octobre /2022 12:26

Voilà, à quelques jours près, huit mois depuis que la guerre de M. Poutine, qui devait durer trois jours, nous apporte, jour après jour, l’ignoble, le barbare, l’indescriptible (d’autres adjectifs sont, bien sûr, de mise) que nous pensions ne plus connaître. Vouloir détruire une nation par un génocide au vu et au su du monde entier, c’est ce que la Russie de M. Poutine est en train de faire. Et, dès lors, la seule question qui vaille (par-delà l’inventaire des pertes matérielles, les dizaines de milliers de morts - surtout russes- par delà la fatigue des uns et l’ambiguïté d’autres) est d’évidence « Comment va se terminer cette guerre » ?

 

Comment va se terminer la guerre russo-ukrainienne ?

Parfois vous changez de sujet, et parfois le sujet vous change.

Timothy Snyder, est un historien américain, spécialiste de l'histoire de l'Europe centrale et de l'Est et de la Shoah. Il est titulaire de la chaire Richard C. Levin d'histoire à l'université de Yale et membre permanent de l'Institut des sciences humaines de Vienne. 05.10.22 – "Thinking About"

Au début, personne ne pouvait imaginer que la guerre russo-ukrainienne pouvait commencer. Et pourtant, elle a commencé. Et maintenant, personne ne peut imaginer comment elle finira. Et pourtant la fin arrivera. 

La guerre est en fin de compte une question de politique. L’Ukraine gagne sur le champ de bataille parce qu’elle exerce des pressions sur la politique russe. Les tyrans comme Poutine exercent une certaine fascination, parce qu’ils donnent l’impression qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Ce n’est pas vrai, bien sûr, mais leurs régimes sont faussement fragiles. La guerre prendra fin lorsque les victoires militaires ukrainiennes modifieront les réalités politiques russes, un processus qui, je crois, a commencé.

Les Ukrainiens, avouons-le, se sont révélés d’étonnants bons guerriers. Ils ont mené une série d’opérations défensives et maintenant offensives qu’on aimerait appeler des « manuels scolaires », mais la vérité est que ces manuels n’ont pas encore été écrits ; et quand ils seront écrits, la campagne ukrainienne fournira les exemples. Ils l’ont fait avec un calme et un sang-froid admirables, alors même que leur ennemi commet des crimes horribles et milite ouvertement pour leur destruction en tant que nation.

En ce moment, cependant, nous avons du mal à voir comment l’Ukraine obtiendrait la victoire, même si les Ukrainiens progressent. Cela est dû au fait que beaucoup de nos scénarii sont handicapés par une seule variante plutôt improbable de la façon dont la guerre risque de se terminer : une explosion nucléaire. Je pense que nous sommes attirés par ce scénario, en partie parce que nous semblons manquer d’autres variantes, et c’est comme une fin.

Cependant, l’utilisation ultime du nuage champignon génère de l’anxiété et entrave la pensée claire. Mettre l’accent sur ce scénario plutôt que sur les plus probables nous empêche de voir ce qui se passe réellement et de nous préparer pour l’avenir le plus vraisemblable. En effet, nous ne devrions jamais perdre de vue à quel point une victoire ukrainienne améliorera le monde dans lequel nous vivons.

Mais comment y parvenir ? La guerre pourrait prendre fin de plusieurs façons. Je voudrais ici proposer un seul scénario plausible qui pourrait émerger au cours des prochaines semaines et des prochains mois. Bien sûr, il y en a d’autres. Il est important, cependant, de commencer à orienter nos pensées vers certaines des variantes les plus probables. Le scénario que je vais proposer ici, c’est qu’une défaite conventionnelle de la Russie en Ukraine fusionne imperceptiblement en une lutte de pouvoir de la Russie, ce qui nécessitera un retrait de la Russie de l’Ukraine. Historiquement parlant, c’est une chaîne d’événements très familière.

Avant de le dire, il faudra d’abord éliminer l’hypothèse nucléaire. En parlant de guerre nucléaire de façon générale, nous imaginons que la guerre russo-ukrainienne nous concerne tous. Nous nous sentons comme les victimes. Nous parlons de nos peurs et de nos angoisses. Nous écrivons des gros titres sur la fin du monde. Mais cette guerre ne se terminera certainement pas par un échange d’armes nucléaires. Les États dotés d’armes nucléaires se battent et perdent des guerres depuis 1945, sans les utiliser. Les puissances nucléaires perdent des guerres humiliantes dans des endroits comme le Vietnam et l’Afghanistan et n’utilisent pas d’armes nucléaires.

Certes, il y a une certaine tentation de céder mentalement au chantage nucléaire. Une fois que le sujet de la guerre nucléaire est soulevé, il semble extrêmement important, et nous devenons déprimés et obsédés. C’est exactement là où Poutine essaie de nous amener avec ses vagues allusions aux armes nucléaires. Une fois qu’on suit son discours, on imagine des menaces que la Russie ne fait pas vraiment. Nous commençons à parler d’une reddition ukrainienne, simplement pour alléger la pression psychologique que nous ressentons.

Ceci, cependant, effectue le travail de Poutine à sa place, le sauvant d’un désastre de sa propre création. Il espère que les références aux armes nucléaires dissuaderont les démocraties de livrer des armes à l’Ukraine et lui donneront assez de temps pour envoyer les réserves russes sur le champ de bataille pour ralentir l’offensive ukrainienne. Il a probablement tort de croire que cela fonctionnerait, mais l’escalade rhétorique est l’une des rares pièces qu’il lui reste.

Comme je l’expliquerai dans un instant, céder au chantage nucléaire ne mettra pas fin à la guerre conventionnelle en Ukraine. Cela rendrait toutefois beaucoup plus probable une future guerre nucléaire. Faire des concessions à un maître-chanteur nucléaire lui apprend que ce genre de menace lui donnera ce qu’il veut, ce qui garantit d’autres scénarios de crise à long terme. Il enseigne à d’autres dictateurs, aux futurs maîtres chanteurs potentiels, qu’ils n’ont besoin que d’une arme nucléaire et de fanfaronnades pour obtenir ce qu’ils veulent, ce qui signifie plus de confrontations nucléaires. Il a tendance à convaincre tout le monde que la seule façon de se défendre est de construire des armes nucléaires, ce qui signifie la prolifération nucléaire mondiale. 

Dans la mesure où il y a une menace nucléaire, elle n’est pas dirigée contre nous, mais contre les Ukrainiens. Ils résistent au chantage nucléaire depuis sept mois ; si eux peuvent le faire, nous aussi. Lorsque des personnalités politiques russes de premier plan, comme le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov, parlent d’utilisation du nucléaire, ils veulent dire en Ukraine. Mais ce n’est pas ainsi que la guerre va se terminer. Kadyrov affirme également qu’il envoie ses fils adolescents combattre en Ukraine. Pour qu’ils puissent être irradiés par les armes nucléaires russes ?

La Russie prétend mobiliser des centaines de milliers de nouvelles troupes. Cela ne va pas du tout bien, mais quand même : Poutine prendrait-il vraiment le risque politique d’une mobilisation à grande échelle, enverrait-il les garçons russes en Ukraine, puis ferait exploser des armes nucléaires à proximité ? Le moral est déjà un grave problème. Il semble que plus d’un demi-million d’hommes russes ont fui le pays plutôt que d’être envoyés en Ukraine. Cela n’aiderait pas la situation si les Russes pensaient qu’ils étaient mobilisés dans une zone où les armes nucléaires seraient déclenchées. Ils n’auront pas d’équipement de protection approprié. De nombreux soldats mobilisés n’ont même pas l’équipement approprié pour une guerre conventionnelle.

La Russie vient de déclarer que certaines parties de l’est et du sud de l’Ukraine sont la Russie. C’est évidemment ridicule. Mais est-ce que Moscou utiliserait vraiment des armes nucléaires sur des terres qu’elle prétend être russes, tuant ou irradiant les gens qu’elle prétend être des citoyens russes, des civils et des soldats ? Ce n’est pas impossible. Mais c’est très peu probable. 

Et même si ça arrivait, ça ne mettrait pas fin à la guerre, ou du moins pas avec une victoire russe. Je raisonne jusqu’à présent sans même parler de dissuasion : l’anticipation que l’utilisation d’une arme nucléaire déclencherait des réponses puissantes d’autres pays. Les Américains ont eu des mois pour y réfléchir, et j’imagine que leur réaction à l’utilisation du nucléaire par la Russie a été jugée comme invalidante pour les forces armées russes et humiliante pour Poutine personnellement. Une autre forme plus indirecte de dissuasion est la certitude que l’utilisation d’une arme nucléaire perdrait le soutien de Poutine et de la Russie dans le monde.

Je me demande aussi si la Russie prendrait le risque d’introduire des armes nucléaires en Ukraine ou même près de l’Ukraine, étant donné l’artillerie à longue portée précise de l’Ukraine, la logistique incompétente de la Russie, et la capacité des Ukrainiens de mettre la main sur les systèmes d’armes que les Russes ont introduits dans leur pays. Il est difficile d’exagérer la difficulté des Russes à garder leurs propres affaires. Bien sûr, les Russes pourraient utiliser un missile à la place, mais certains de leurs missiles tombent sur la terre et d’autres sont abattus. Les avions russes ont tendance à s’écraser et à être abattus, au point que les sorties russes sont rares, et attirent une attention négative.

En supposant que la Russie ait voulu faire exploser une petite arme nucléaire en Ukraine et qu’elle y ait réussi, malgré tout, cela ne ferait aucune différence sur le plan militaire. Il n’y a pas de gros groupes de soldats ukrainiens ou d’équipement à frapper, puisque l’Ukraine se bat de façon très décentralisée. S’il y avait une détonation, les Ukrainiens continueraient de se battre. Ils le disent depuis des mois, et il n’y a aucune raison de douter d’eux.

Il y a aussi le problème du mobile. Poutine veut que nous sympathisions avec sa situation, qui est bien sûr un mouvement hautement suspect en soi. Mais ce qu’il dit est-il même crédible ? Nous disons que « Poutine est acculé au mur. Que fera-t-il ? » C’est ainsi que nous parlons d’armes nucléaires : Poutine nous fait entrer dans ce que nous sommes censés croire être son propre espace psychologique. Mais tout cela n’est que sentiment. Ce n’est pas vraiment un motif.

Si la simple émotion découlant de la défaite allait motiver l’utilisation du nucléaire, cela se serait déjà produit, et ce n’est pas le cas. Rien ne peut être plus humiliant que la défaite russe à Kiev, un mois après le début de la guerre. Pendant que j’écris, les Ukrainiens obtiennent des gains importants dans des régions que Poutine vient de prétendre être la Russie pour toujours lors d’une cérémonie télévisée géante; mais la réponse officielle de la Russie quant à leurs frontières, a été de dire qu’elles ne sont pas définies. La réaction russe à une force supérieure a été de battre en retraite. 

Examinons de plus près la position de Poutine. Les forces armées russes ne se trouvent pas "assiégées contre un mur" en Ukraine : elles sont en sécurité si elles se replient sur la Russie. La métaphore "mur" n’est pas non plus très utile pour voir où se situe Poutine. C’est plutôt comme si les meubles avaient été déplacés autour de lui, et il devra reprendre ses repères. Ce qu’il a fait en Ukraine a changé sa position à Moscou, et pour le pire. Il ne découle pas de cela, cependant, qu’il "doit" gagner la guerre en Ukraine, peu importe ce que cela signifie ("peut" vient logiquement avant "doit"). Ce qui compte, c’est de garder le pouvoir à Moscou, et cela ne veut pas nécessairement dire s’exposer à d’autres risques en Ukraine. Une fois (et si) Poutine comprend que la guerre est perdue, il ajustera sa pensée sur sa position à la maison.

Pendant l’été, cette position était plus simple. Jusqu’à tout récemment, probablement jusqu’à ce qu’il fasse le discours annonçant la mobilisation en septembre, il aurait pu simplement déclarer victoire sur les médias de masse, et la plupart des Russes se seraient contentés. Maintenant, cependant, il a amené sa guerre insensée au point où même l’espace d’information russe commence à craquer. Les Russes sont inquiets pour la guerre maintenant, grâce à la mobilisation (comme le montrent les sondages). Et maintenant leurs propagandistes de télévision admettent que les troupes russes battent en retraite. Contrairement à la première moitié de la guerre, Poutine ne peut pas prétendre que tout va bien et qu’il n’en reste plus qu’à faire autre chose.

La terre a bougé sous les pieds de Poutine. Sa carrière politique repose sur l’utilisation de médias contrôlés pour transformer la politique étrangère en spectacle apaisant. En d’autres termes, la survie du régime repose sur deux prémisses : ce qui se passe à la télévision est plus important que ce qui se passe en réalité ; et ce qui se passe à l’étranger est plus important que ce qui se passe chez nous. Il me semble que ces prémisses ne tiennent plus. Avec la mobilisation, la distinction entre chez nous et à l’étranger a été rompue; avec les batailles perdues, la distinction entre la télévision et la réalité a été affaiblie. La réalité commence à compter plus que la télévision, et la Russie commencera à compter plus que l’Ukraine. Il y a une fissure à la fois dans l’élite et dans l’opinion publique en Russie, et elle devient maintenant visible à la télévision. Certaines personnes pensent que la guerre est une cause sainte et peut être gagnée si des têtes tombent, le leadership se comporte honorablement, et plus d’hommes et de matériel sont envoyés au front. Parmi eux se trouvent les blogueurs militaires qui sont en fait au front et dont les voix deviennent de plus en plus courantes. C’est un piège pour Poutine, puisqu’il envoie déjà tout ce qu’il peut. Ces voix le font paraître faible. D’autres personnes pensent que la guerre a été une erreur. Ces voix le feront paraître stupide. C’est la position la plus fondamentale d’un certain nombre de positions contradictoires que Poutine doit maintenant affronter, à partir d’une position exposée et affaiblie.

Si une guerre à l’étranger affaiblit votre position, et si cette guerre ne peut être gagnée, il est préférable d’y mettre fin aujourd’hui plutôt que demain. Je soupçonne que Poutine ne le voit pas encore. Cependant, il est allé assez loin pour comprendre qu’il doit agir dans le monde réel, bien que jusqu’à présent ses choix n’aient pas été bons.

La mobilisation a été la pire des deux mondes : assez grande pour aliéner la population, trop petite et surtout trop tardive pour faire une différence avant l’hiver. Cela a probablement été le résultat d’un compromis, ce qui nous montre que Poutine ne gouverne pas seul, qu’il essaie de commander les troupes en Ukraine. Ses échecs l’exposent à la critique (indirecte, jusqu’à présent). Mais Poutine semble coincé : mettre fin à la guerre maintenant, sans que le sujet ne change, renforcerait certains de ses détracteurs. Mais maintenant que la mobilisation a déjà été tentée, il a peu de moyens d’appliquer plus de force. Alors, comment le sujet change-t-il ?

Il change tout seul. Poutine est maintenant piégé par un événement qui était censé être télévisuel et à propos d’un endroit lointain, mais qui a pris une forme politique immédiate à l’intérieur de la Russie. Deux personnalités politiques russes de premier plan, Ramzan Kadyrov et Yevgeny Prigojine, ont critiqué brutalement le haut commandement russe. Étant donné que tout le monde sait que c’est Poutine qui commande, cela doit semer la division. Le Kremlin a répondu directement à Kadyrov, et la propagande de l’armée a montré un commandant critiqué avec ses troupes sur le terrain.

Pour moi, ce n’est pas un hasard si Kadyrov et Prigojine contrôlent une force armée privée. Kadyrov, le dictateur de facto de la région russe de Tchétchénie, a sa propre milice. Il a été déployé en Ukraine, où il semblait se spécialiser dans la terreur des civils et « l’instagrammation ». Après avoir poussé à la mobilisation en Russie le mois dernier, Kadyrov a alors annoncé que personne de Tchétchénie ne serait mobilisé. On pourrait conclure qu’il sauve ses hommes pour autre chose. 

Prigojine est le chef de l’entité mercenaire trouble Wagner, et s’est rendu plus visible à ce titre. (Il est également responsable de l’Internet Research Agency, qui a été l’un des acteurs de la guerre hybride contre l’Ukraine en 2014 et des cyber-guerres contre la Grande-Bretagne et les États-Unis en 2016.) Wagner a participé à un certain nombre de tentatives de changement de régime, y compris les purges sanguines des gouvernements fantoches russes dans les régions de Lougansk et de Donetsk, et les tentatives d’assassiner Volodymyr Zelenskyi au début de la guerre. Ce sont les ordres de Poutine, sans doute. Mais c’est une compétence déconcertante.

Actuellement, Wagner dirige les tentatives quotidiennes russes d’offensives dans la région de Bakhmut dans la région de Donetsk, qui ne vont nulle part. Wagner ne semble pas être très actif là où les Ukrainiens progressent, ce qui est plutôt important. Hier, Gulagu.net a rapporté qu’un chasseur Wagner a tiré sur un officier de l’armée russe, ce qui semble indiquer que tout ne va pas bien sur cette partie du front. Est-il exagéré de supposer que Prigojine épargne les hommes et le matériel précieux qu’il lui reste ? Il a ouvertement recruté des prisonniers russes pour se battre pour Wagner en Ukraine; j’irais jusqu’à supposer qu’il les envoie mourir et qu’il préserve les hommes et l’équipement qui pourraient avoir un avenir dans une autre entreprise. 

Prigojine et Kadyrov réclament une intensification de la guerre, et se moquent du haut commandement russe sur le ton le plus agressif possible, mais pendant ce temps ils semblent protéger leurs propres hommes. Ça aussi, c’est un piège. En critiquant la façon dont la guerre est menée, ils affaiblissent le contrôle informationnel de Poutine ; en le forçant à prendre ses responsabilités même s’ils ne le feront pas, ils exposent davantage sa position. Ils lui disent de gagner une guerre qu’ils ne semblent pas eux-mêmes essayer de gagner.

Dans la logique générale que je décris, les rivaux chercheraient à conserver leurs forces combattantes, soit pour protéger leurs propres intérêts personnels pendant une période imprévisible, soit pour faire un jeu pour Moscou. Si c’est effectivement la situation actuelle, il sera bientôt ridicule pour toutes les personnes impliquées d’avoir des forces armées localisées dans l’Ukraine lointaine, ou, d’ailleurs, de les faire tuer là-bas jour après jour. Car un jour vient un point de bascule. Une fois que certaines personnes se rendent compte que d’autres retiennent leurs hommes, il semblera insensé de dépenser (ou aliéner) ses propres troupes.

A un certain moment, cette logique s’applique à l’armée russe elle-même. Comme Lawrence Freedman l’a souligné, si l’armée veut jouer un rôle dans la politique russe ou dans le prestige de la société russe, ses commandants ont intérêt à se retirer pendant qu’ils ont encore des unités à commander. Et si Poutine lui-même veut rester au pouvoir, ni une armée discréditée ni démoralisée n’est pas dans son intérêt.

La mobilisation elle-même commence à ressembler à une lance pointée dans la mauvaise direction : y a-t-il une raison pour envoyer des milliers d’hommes non préparés et sous-équipés dans ce qu’ils savent, de plus en plus, être la fin ? Le présupposé de Poutine, bien sûr, est que les soldats mobilisés mourront ou gagneront ; mais s’ils fuient, ils deviennent un groupe dangereux, peut-être prêt pour un autre chef.

Et nous pouvons donc voir un scénario plausible sur la façon dont cette guerre se termine. La guerre est une forme de politique, et le régime russe sera modifié par la défaite. Alors que l’Ukraine continue de gagner des batailles, un renversement s’accompagne d’un autre : la télévision cède au réel, et la campagne ukrainienne cède à une lutte pour le pouvoir en Russie. Dans une telle lutte, il n’est pas logique d’avoir des alliés armés loin en Ukraine qui pourraient être déployés plus utilement en Russie : pas nécessairement dans un conflit armé, bien que cela ne puisse pas être totalement exclu, mais pour dissuader les autres et se protéger. Pour tous les acteurs concernés, il peut être mauvais de perdre en Ukraine, mais il est pire de perdre en Russie.

La logique de la situation favorise celui qui s’en rend compte le plus rapidement, et est capable de la contrôler et de la redéployer. Une fois que la cascade commence, il est vite insensé pour quiconque d’avoir des forces russes en Ukraine. Encore une fois, il ne s’ensuit pas nécessairement qu’il y aura des affrontements armés en Russie : c’est juste que, alors que l’instabilité créée par la guerre en Ukraine rentre au pays, les dirigeants russes souhaiteront profiter de cette instabilité ou s’en protéger, Ils voudront que leurs centres de pouvoir restent près de Moscou. Et ce serait, bien sûr, une très bonne chose, pour l’Ukraine et pour le monde.

Si c’est ce qui arrive, Poutine n’aura pas besoin d’excuse pour se retirer de l’Ukraine, puisqu’il le fera pour sa propre survie politique. Malgré son attachement personnel à ses idées bizarres sur l’Ukraine, je suppose qu’il est plus attaché au pouvoir. Si le scénario que je décris ici advienne, nous n’avons pas à nous inquiéter du genre de choses dont nous avons tendance à nous inquiéter, comme ce que Poutine pense de la guerre, et si les Russes seront contrariés de perdre. Au cours d’une lutte interne pour le pouvoir en Russie, Poutine et d’autres Russes auront d’autres choses à l’esprit, et la guerre cédera la place à ces préoccupations plus urgentes. Parfois vous changez de sujet, et parfois le sujet vous change.

Bien sûr, tout cela demeure très difficile à prévoir, surtout à n’importe quel niveau de détail. D’autres résultats sont tout à fait possibles. Mais la ligne de développement dont je parle ici est non seulement bien meilleure, mais aussi beaucoup plus probable, que les scénarios apocalyptiques que nous craignons. Cela vaut, donc, la peine d’y réfléchir et de s’y préparer.

 

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2 octobre 2022 7 02 /10 /octobre /2022 07:31

Le monde entier (ou presque) attendait, impatient, devant son écran de TV, avant-hier, à 14h00, la déclaration de M. Poutine concernant l’annexion (illégale) d’une partie de l’Ukraine. On a attendu pendant 30 minutes, ce qui montre la condescendance du sieur pour le monde entier. On se souvient qu’il avait fait attendre Mme Merkel pendant plus de 4 heures et qu’il l’a reçue avec son chien sachant pertinemment qu’elle en avait une phobie. Et pourquoi a-t-on attendu ?

Pour apprendre que la Russie est devenue le nouveau phare du monde car l’Occident (non pas des Lumières, non pas du multiculturalisme, non pas du progrès technique, économique, social et sociétal) symbole du colonialisme, de l’esclavagisme et du satanisme, a commencé sa destruction inéluctable. A laquelle la Russie va contribuer d’une manière essentielle.

Accessoirement, il a mentionné - en passant - que « l’opération spéciale » en Ukraine se porte bien et que le « régime de Kiev » devrait venir à la table des négociations » pour entériner l’annexion par la Russie d’un cinquième de son territoire.

Qu’il nous ait semblé déraisonnable c’est peu dire. Qu’il nous ait semblé sortir d’un texte de Orwell tellement il se trouvait ans une autre réalité que la nôtre, passe encore. Mais nous faire peur, à répétition avec les armes nucléaires…

Cela rime à quoi ?

 

Le jour de l’invasion, le 24 février 2022, Christian Lindner, le puissant ministre des Finances allemand, a dit à l’ambassadeur ukrainien que Kiev aller tomber le lendemain. Deux mois plus tard, le même M. Lindner a juré que l’Allemagne ne cesserait jamais de soutenir l’Ukraine. Vous vous souvenez ? Les “spécialistes”, certains de grands commentateurs occidentaux, ont décrit l’Ukraine comme un État en déroute et une sorte de nuisance tactique qui s’ingérait dans les affaires des vrais joueurs.

Il a fallu que la guerre barbare de la Russie montre son visage hideux pour susciter une condamnation mondiale, et maintenant, sept mois après, l’Ukraine reçoit l’aide dont elle a besoin.

Mais M. Macron (la France), dont la contribution à la défense de l’Ukraine a été, jusqu’ici, ridicule (0,16 milliards d’euros à comparer avec les 17,7 milliards de $ fournis par les Etats Unis - en aide militaire et encore le double en aide financière …) continue à « causer » au potentat du Kremlin ! Pourquoi faire ? C’est ça la diplomatie, nous dit-on, il faut parler car le moment de la négociation viendra. Viendra-t-il ? Ne vient-on pas entendre M. Poutine dire en s’adressant au « régime de Kiev » « cessez le feu, venez à la table de négociation MAIS les quatre régions annexées sont russes pour toujours, on les défendra avec tous nos moyens disponibles » La Russie s’est assise sur sa garantie des frontières de l’Ukraine pour laquelle ce pays a renoncé à son armement nucléaire (troisième du monde à l’époque) pour lui découper, maintenant, et annexer encore 15% de son territoire qui sont devenus « territoire russe ». Et, à ce titre « sera défendu avec tous les moyens disponibles » euphémisme pour rappeler les armes nucléaires.

Ses forces armées ont attaqué l’Ukraine, au départ, pour dénazifier et démilitariser le pays, le libérer de gouvernants nazis drogués et, aussi, les frères vivant dans le Donbass et l’Est de l’Ukraine et qu’elles ont bombardé avec moult artillerie aveugle détruisant les infrastructures les plus importantes. Mais, sept mois après, on voit qu’elles sont en train de se faire battre. Elles ont été repoussées du Nord (Kiev) vers la frontière Est de l’Ukraine et maintenant vers le Sud-Est. M. Poutine s’accroche, alors, à ce dont il dispose encore dans sa boîte à outils dans laquelle, en cherchant bien, il a trouvé le « nucléaire tactique » A mots cachés, Monsieur Poutine laisse entendre qu’il utiliserait des armes nucléaires si la Russie est attaquée. Il vient d’annexer 15% du territoire ukrainien qu’il déclare terre russe. Il annexe, donc, 115.000 km2 de l’Ukraine, les appelle « Russie » et a une cause à défendre…

Résumons : j’agresse, je conquiers (provisoirement), c’est à moi pour toujours, je défendrai avec tous les moyens possibles. Ce n’est pas, d’ailleurs, la première fois pour la Russie. Henry Kissinger pendant la guerre froide a dit, "Depuis Pierre le Grand, la Russie a augmenté ses conquêtes au rythme d’une Belgique par an." (https://www.les-crises.fr, 31.05.22)

Il prend le monde entier pour des demeurés : personne n’a attaqué la Russie, c’est celle-ci qui a attaqué le 24 février de cette année l’Ukraine. Le résultat, pour l’instant - si on cumule les pertes de deux côtés - plus de 100.000 morts et autant, sinon plus, de blessés, un coût pour l’Ukraine approchant les 1.000 milliards d’euros (BFMTV 22.09.22) avec un total pour le monde entier (en oubliant le risque de famines en Afrique) que, l’OCDE a évalué à 2.800 milliards de dollars de pertes financières à anticiper l’an prochain par rapport aux prévisions antérieures à l’arrivée des chars en Ukraine (SUD-OUEST, 26.09.22) et on n’a pas fini de compter…

Et le voilà en train de raconter pendant 37 minutes au monde entier médusé que la Russie ce sont les nouvelles « Lumières », que celles de l’Occident - colonisateur, exploitant des esclaves, dévoyé et décadent » s’éteignent et que, donc, « l’opération spéciale en Ukraine » a été lancé pour que la Russie demeure ce qu’elle a toujours été, le phare du monde civilisé. Plus de dénazification, de démilitarisation, plus de juifs drogués nazis gouvernant l’Ukraine.

Et notre Président continue de lui parler.

En parallèle, on a droit à une magnifique insignifiance de la moitié des commentateurs « militaires » ou « politiques » spécialistes de la Russie et de l’Ukraine - Cnews à droite et France Inter/info/Culture à gauche. Les compagnons de route (ceux qui expliquaient le progrès humain apporté par l’URSS pendant plus de 70 ans) nés et vivant depuis les années 30, ont des héritiers qui cumulent, aussi, l’épithète utilisé par Lénine (c’est vieux…) idiots utiles. Avec une insuffisance débordante, forts de l’autorité que leur confère souvent l’ignorance des sujets, on voit les Pierre Lelouche (ancien Ministre) ou Ivan Rioufol sur CNews, par exemple, instiller une sorte d’adhésion bienveillante aux énormités proférées par M. Poutine, que justifie uniquement leur anti-américanisme primaire. Exemple, utilisé ad nauseam, quand on veut condamner l’agression de l’Ukraine « … M. Bush a fait de même en Irak » Et, toujours avec le sens de l’à-propos qui les distingue, ils nous disent « attention, la Russie ne peut pas perdre cette guerre ». Comme ils nous disaient que l’Union Soviétique allait exister jusqu’aux temps ultimes. « Il peut la perdre et il va la perdre », a écrit Lawrence Freedman dans le magazine Foreign Affairs. (23.09.22) « Une série de décisions terribles l’ont conduit à saper la position internationale et les perspectives économiques de la Russie, à briser la réputation de la Fédération de Russie en tant que puissance militaire sérieuse et à échouer dans le plus important pari de sa carrière. »

Mais il persiste dans sa fuite en avant.

Il lance une mobilisation de troupes coûteuse (pour laquelle la Russie n’a pas les équipements, les matériels militaires et en absence de toute formation des mobilisés) ce qui contribue, par ricochet, à la chute des prix de l’énergie et provoque une nouvelle série de sanctions occidentales qui menacent de peser sur l’économie déjà en crise de la Russie et sapent les fondements financiers de sa guerre en Ukraine. Comme si le seul problème de l’armée russe en train d’être défaite en Ukraine c’est le nombre de soldats (en grande partie chair à canon …). Comme si la corruption, la bureaucratie militaire, le modèle de commandement vieux de deux siècles, les réserves de matériel militaire indisponibles pour le combat, la tactique irresponsable de généraux envoyés sur le front parce qu’il manque la courroie de transmission d’officiers et sous-officiers, le moral des troupes mal formées, mal équipées, mal approvisionnées, ne suffisaient pas pour expliquer la débandade des troupes à l’Est de Harkov et maintenant autour d’un autre nœud ferroviaire important, Lyman.

La mobilisation, d’autre part, bouleverse radicalement la gestion qui se voulait prudente de la guerre au Kremlin. Une augmentation spectaculaire de la main-d’œuvre de guerre de la Russie pourrait sembler un choix logique pour un pays dont la population est trois fois plus grande que celle de l’Ukraine, mais la popularité de la guerre dépend de son éloignement. Même la terminologie russe de la guerre, de l’« opération militaire spéciale », a été une couverture, une diversion. Malgré la rhétorique du Kremlin sur la « dénazification », pour la population russe, la guerre en Ukraine est tout à fait différente de la lutte directe et existentielle que la Russie a endurée pendant la Seconde Guerre mondiale. En annonçant une mobilisation, le Kremlin risque de voir se développer une opposition intérieure à une guerre pour laquelle la plupart des Russes ne sont pas prêts à combattre. La performance militaire de la Russie à ce jour ne suggère pas que jeter dans le chaudron plus de soldats donnerait de meilleurs résultats. Mais il fait semblant de ne pas connaître les conséquences économiques de sa guerre. Ni les pertes, pour le moment irremplaçables, que ses armées ont subies à ce jour :

et qui se chiffrent, seulement pour la composante militaire, à plus d’un milliard de $/jour. Mais les idiots utiles insistent sur le fait que les sanctions, loin de compter, lui laissent (augmentation prix gaz et pétrole) plus de 850 millions de $/jour (Les Echos, 06.09.22. … revenus gaz et pétrole 158 milliards $ sur six mois).

Pourtant, des nuages économiques surgissent alors que M. Poutine a besoin de plus en plus de ressources financières pour la guerre en Ukraine. La décision du Kremlin de faire appel à plus de 300.000 soldats nécessitera, d’évidence, de nouveaux fonds pour équiper, former et payer les nouveaux renforts. Ajouter que la guerre a également sérieusement perturbé les activités des sociétés privées de la Russie, qui font face à un nouveau défi lorsque les travailleurs se présentent au travail (où ils ne trouvent pas ce que l’on n’importe plus) ou fuient le pays (car risquent d’être mobilisés pour une guerre qu’ils ne veulent pas faire).

Capital Economics estime que le total des recettes d’exportation de pétrole et de gaz de la Russie diminuera de moitié, passant d’environ 340 milliards de dollars cette année à 170 milliards de dollars en 2023. Et pour ceux qui nous serinent que tant que la Russie a du gaz et du pétrole… Mais à y regarder de plus près, on constate que si au départ quand les prix augmentaient, les revenus pour la Russie augmentaient mais à présent l’économie mondiale a froid, les consommations diminuent, les prix aussi et la Russie doit vendre son pétrole à moins de 70$/baril à la Chine et à l’Inde quand son budget est calculé à l’équilibre pour 100-110$/baril. Mais il y a pire.

Dans son livre, bien documenté, paru en 2021 intitulé « Klimat : Russia in the Age of Climate Change », Thane Gustafson, professeur à l’Université de Georgetown, a conclu que l’impact de la transition énergétique sur la Russie se ferait en deux phases. Dans les années 2020, la demande mondiale d’énergie demeurerait forte, tout comme les exportations russes. Au début des années 2030, les revenus tirés du pétrole, du gaz et du charbon diminueraient fortement. D’ici 2050, les exportations totales de la Russie diminueraient de moitié. Ce serait une image sombre, a écrit Gustafson, « un tournant majeur pour la Russie ». Ce que Gustafson avait prédit pour 2050 s’est produit en 2022, bien que dans une version différente. La causalité était également très différente de ce qu’il avait prédit. Les guerres et les révolutions accélèrent le cours de l’histoire (https://www.hup.harvard.edu)

Cependant, Monsieur Poutine menace, ouvertement ou en instillant le propos, d’utiliser des armes nucléaires. En faisant fi du principe agrée universellement sur la non-utilisation des armes nucléaires en temps de guerre – qui s’est maintenu depuis les bombardements américains d’Hiroshima et de Nagasaki en 1945. S’il le fait, ceci conduira à une condamnation mondiale (sauf la Corée du Nord, probablement). Mais s’il le fait il s’apercevra qu’il irradierait le territoire qu’il lutte pour contrôler. Il est difficile de concilier son insistance antérieure selon laquelle les Russes et les Ukrainiens sont « un seul peuple » avec l’idée qu’il pourrait utiliser des armes nucléaires contre ces derniers. Et en semblant ignorer qu’il y a aussi un risque important de contamination radioactive en Russie. Mais soyons sérieux. Monsieur Poutine, en commençant la guerre nous faisait croire qu’il ne voulait pas avoir l’OTAN sur sa frontière Ouest. Ce qu’il a réussi, pour l’instant c’est d’avoir l’OTAN (Finlande) à quelques encablures de la porte de sa ville natale, Saint-Pétersbourg.

En franchissant sa frontière Ouest, M. Poutine a pensé qu’il pousserait l’Ukraine de M. Zelensky dans l’abîme. Il a peut-être fait cela à son propre régime.

Oyez bonnes gens … M. Poutine nous menace d’une guerre nucléaire. Et tout ce que nos dirigeants irresponsables (les Scholz, Macron, Draghi et tutti quanti) trouvent à dire et à faire c’est d’utiliser un algorithme, bien écrit, qui produit chaque fois une déclaration. Toujours la même.

 

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20 septembre 2022 2 20 /09 /septembre /2022 11:35

La récente contre-offensive de l’Ukraine a, d’une certaine manière, remis les horloges à l’heure et a créé un sentiment curieux... En faisant comprendre que devant le rouleau compresseur de l’artillerie russe les Ukrainiens, mieux motivés, disposant d’armes mieux adaptées au combat et d’une stratégie - d’évidence - meilleure que celles de l’armée russe, peuvent ne pas perdre la guerre. Peut-être, même, la gagner si…

Faisons simple. La Russie, une tyrannie vieillissante, n’ayant jamais réussi à devenir une démocratie, cherche à détruire l’Ukraine, une jeune démocratie défiante. Par quoi commencer ? Par l’émotion des gens qui voient la barbarie des militaires russes en action, les charniers de centaines de corps torturés et/ou mutilés et se demandent s’ils vivent dans la même époque que nous ? Car on est surpris par le sadisme de la guerre russe contre l’Ukraine. L’armée russe est engagée dans des actions visant à raser des villes, l’attaque intentionnelle de cibles civiles, la destruction de barrages sur des rivières importantes (ils ne peuvent pas dire qu’il y avait des « nazis » dedans, non ?) et d’autres crimes de guerre évidents, associés à une guerre d’extermination.

Je l’ai déjà écrit, un génocide, car visant la destruction de tout ce que fait une nation : langue, culture, infrastructures, économie, territoires et populations. Et on a tort d’appeler la guerre en Ukraine « la guerre de M. Poutine ». À tous les niveaux de la société russe, du chauffeur de taxi dans la rue à l’initié du Kremlin, on croyait fermement que l’armée russe serait accueillie comme une libératrice, en particulier dans les régions russophones de l’Ukraine. En effet, le plan militaire russe initial reposait sur l’hypothèse que les soldats ukrainiens refuseraient de se battre et que les dirigeants « nazis » ukrainiens feraient défection. Or, cela n’a pas été le cas.

Ce qui est encore plus frappant, ce sont les deux plus grandes villes russophones d’Ukraine, Kharkiv et Odessa, qui se sont révélées être les points focaux de l’échec de l’invasion russe. Et, bien sûr, on se demande s’il y a quelque chose dans la formation des soldats russes ou si leurs antécédents les rendent plus difficiles à contrôler ? Ce qui est apparu évident c’est que leur efficacité en tant que force de combat ne s’est certainement pas améliorée depuis l’époque soviétique. Car ce qui s’est passé après la retraite honteuse après le désastre de l’attaque de Kiev, après des mois et des mois de destruction d’infrastructures civiles et, correlativement, sa perte de dizaines de milliers de soldats, la Russie vient de subir un deuxième échec majeur – presque 10.000 km2 de terrain perdus dans le Donbas suite à une contre-offensive ukrainienne.

              Territoire reconquis par l'Ukraine en moins de dix jours

C’est le moment de se souvenir du mot de E. Hemingway “How did you go bankrupt?” Two ways. Gradually, then suddenly.” (The sun also rises – 1926). Et un des blogguers militaires russe écrivait, au risque d’une condamnation pénale, « Nous avons déjà perdu, le reste n’est qu’une question de temps. » (Telegram, 08.09.22). Situation impensable – une défaite stratégique des forces armées de la Russie par un ennemi manifestement plus faible et sans aviation. Il est certain que ce qui s’est passé ces deux dernières semaines créera des doutes dans l’esprit des commandants russes quant à la fiabilité et à la résilience de leurs troupes. La Russie perd, mais elle n’a pas encore perdu. Ce qui amène, des uns et d’autres a prophétiser : le résultat est de plus en plus clair : l’Ukraine gagnera si elle continue à recevoir le soutien occidental, tandis que la Russie peut au mieux atténuer l’ampleur de sa défaite.

Résumons : les Russes voulaient toute l’Ukraine mais ils n’ont pas pu pas la prendre. Ils voulaient la capitale Kiev, ils n’ont pas pu pas la prendre non plus. Ils ont donc décidé de prendre l’Est et le Sud (le Donbass) et d’établir un pont terrestre vers la Crimée occupée. S’ils n’arrivent pas à tenir ce qu’ils ont pris jusqu’ici, ils risquent d’échouer. Monsieur Poutine abandonnera-t-il ses rêves apocalyptiques ? Il doit avoir réalisé que, selon ses attentes, la Russie ne peut pas gagner la guerre. En fait, l’ironie, c’est que les troupes russes ont répondu au récent Blitzkrieg ukrainien de la même manière que les Ukrainiens étaient censés répondre à l’offensive russe du 24 février : en jetant les armes et en se dirigeant vers les collines.

Et l’Europe ? Je devrais dire “et les Etats-Unis” mais vu qu’eux soutiennent massivement l’Ukraine tandis que l’Europe - tout en prétendant le contraire - le fait à contre-coeur et voudrait bien que l’Ukraine combatte avec une main liée dans le dos… De plus, les grands (France, Allemagne) occultement et les moyens (Autriche, Hongrie) ouvertement, expriment une sorte de neutralité, entre autres, pour trouver une porte de sortie honorable pour - ce qui est maintenant indiscutable - un criminel paranoïaque – M. Poutine. Ceci résulte clairement du fait que les États Unis ont, déjà, fait un effort de 19 milliards de $ en faveur de l’Ukraine quand la France en a fait un de 1% de ce que les Etats Unis ont mis sur la table et même pas 10% de ce que la Pologne a donné (Kiel Institute of World Economy). Et les dirigeants européens continuent leur myopie, eux, qui ont renoncé aux sources d’énergie traditionnelles (charbon, gaz et surtout nucléaire) au profit du soleil et du vent, bien qu’ils sussent que ces sources ne peuvent être que d’appoint, et qui ont mis leur confiance dans le gaz de M. Poutine. On vient d’apprendre que Olaf Scholz joue un jeu similaire. Il dit soutenir l’Ukraine, mais on sait aussi qu’il a joué un double jeu dans le passé. Il vient d’avoir un appel téléphonique de 90 minutes avec M. Poutine cette semaine. Les médias allemands ont seulement rapporté que Scholz a appelé M. Poutine à retirer ses troupes. Mais on soupçonne fortement que la reformulation des positions connues n’était pas la partie principale d’une conversation de 90 minutes. (Eurointelligence, 16.09.22). Comme on soupçonne que d’avoir promis des armes (chars d’assaut, chars anti-aériens, véhicules de transport de troupes, etc ,) en avril et ne rien avoir envoyé ce n’est pas un oubli.

Et calmement, aujourd’hui, ils nous préviennent qu’un hiver gelé, sombre et coûteux nous attend. Il n’est pas exclu qu’ils puissent se tromper encore. Curieux. D’autant plus que, d’un côté, les choses ne vont pas bien dans l’économie russe et, d’un autre côté, il semblerait que les perspectives européennes (hiver, gaz, électricité, etc.,) sont beaucoup moins mauvaises que ce que l’on nous a dit ces dernières semaines. En effet, la campagne économique visant à contraindre les gouvernements européens à abandonner leur soutien à l’Ukraine en freinant brusquement leurs approvisionnements en gaz naturel semble moins pertinente à mesure que les prix du gaz baissent, que les finances publiques russes se détériorent et que le continent prévoit, sérieusement, d’alléger la pression sur les ménages et les entreprises. Regardez.

« Selon le Kremlin, 230000 emplois industriels sont déjà en jeu. Les recettes fiscales se sont effondrées : l’excédent budgétaire de la Russie, toujours impressionnant au début de l’année, a chuté à presque zéro au cours de l’été » – Der Spiegel 16.09.22. Mais il y a mieux (ou pire pour la Russie) : « Mais un consensus croissant parmi les fonctionnaires, les spécialistes de l’énergie et les économistes suggèrent que, bien que les actions russes causent de graves difficultés dans de nombreux endroits, M. Poutine échouera probablement et que l’Europe devrait passer l’hiver sans manquer de gaz ou d’essence. Une fois cet hiver terminé, l’emprise de M. Poutine sur l’approvisionnement énergétique de l’Europe aura décliné de façon critique » (hill.daylyfeedmail.net 19.09.22). Mais on sent, déjà, que la roue peut tourner : les revenus des taxes en Russie ont diminué en juillet 2022 vs juillet 2021 de presque 30%.

Les données du gouvernement russe publiées lundi montrent que le gouvernement est passé à un gros déficit budgétaire en août. L’excédent budgétaire a diminué à 137 milliards de roubles, soit 2,3 milliards de dollars, pour les huit premiers mois de l’année, d’environ 481 milliards de roubles en juillet depuis le début de l’année (bnn.bloomberg.ca/r) soit août/moyenne 7 mois = 45% ! Ce qui risque de faire atterrir l’économie russe dans un déficit budgétaire à court terme.

Car (toujours Bloomberg) si les soldes budgétaires de cette année ont été prévus à 100 $ le baril de pétrole, les revenus de l’année prochaine pourraient avoir besoin de 108 $ à mesure que les dépenses augmentent. Surtout quand on sait que les ventes à la Chine ou à l’Inde (qui remplacent celles à l’Europe) se font au maximum de 65 $ le baril (voire même, selon certains portails, à 35 $ le baril). Avoir fait peur, surtout à l’Europe, avec les livraisons de gaz (aujourd’hui arrêtées pratiquement en totalité -moins pour la Hongrie, Bulgarie et Slovaquie) se retourne comme un boomerang : le prix du gaz a entamé une réduction (45% entre août 26 et 16 septembre :

Tout ce qui précède fait dire au Professeur Lawrence Freedman (King’s College, Londres) : « Les récents revers militaires de la Russie et les difficultés économiques qui ont peu à peu encouragé l’économie russe, surtout russe, ont fait naître l’espoir que la guerre serait terminée le plus tôt possible, mettre fin à la mort, à la destruction et aux perturbations économiques mondiales qu’elle a causées. Ce qui semblait être une confrontation plutôt lente est maintenant plus dynamique. À un égard clé, l’offensive réussie de l’Ukraine, dans laquelle Kiev a repris des milliers de kilomètres carrés de territoire oriental en quelques jours, a rapproché un peu la paix. Les seules conditions pour une paix stable impliquent que la Russie retire ses forces de l’Ukraine. La perspective de nouvelles humiliations sur les champs de bataille devrait encourager le président russe, Vladimir Poutine, à chercher une sortie digne. (Lawrence Freedman, 15.09.22). Et je me permets d’ajouter, ceci devrait faire taire (ou faire faire taire) les Pythies delphiques de chez nous qui prédisent, tous les jours de la semaine, l’apocalypse maintenant.

A ceux qui prônent « une certaine neutralité » l’ancien Secrétaire de l’ONU Ban Ki-Moon vient de dire « : « La neutralité face à l’agression de la Russie n’est défendable ni moralement ni juridiquement » (Le Monde 20.09.22). Ce qui fait rappeler une citation apocryphe qui circule, avec un grand succès, sur les réseaux sociaux - Les places les plus chaudes en enfer sont réservées à ceux qui lors des grandes crises morales maintiennent leur neutralité. (Histoire d’une fausse citation de Dante – Divine Comédie, Mark Mentré juin 2020).

 

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10 septembre 2022 6 10 /09 /septembre /2022 07:50

Les faits marquants ?

« En quarante ans, la France est devenue la nation d’Europe occidentale où la population d’origine musulmane est la plus importante » (Radio Vatican -www.blazingcatfur.ca 28.08.22) » Il n’est pas difficile d’émettre l’hypothèse que nous sommes maintenant proches du moment quand l’islam dépassera le catholicisme comme première religion. » Et si le dépassement avait déjà eu lieu ?

A la lumière de ce qui précède on devrait regarder les conséquences, d’un côté, au plan culturel/existentiel et, d’un autre côté, au plan économique structurel. Puisque le Père Marx nous a appris que « l’infrastructure (économie) commande la supra structure (culture/sociétal) commençons par ce que l’on voit aujourd’hui, au ras des pâquerettes, dans notre beau pays.

A tout seigneur, toute honneur : notre Président vient de convoquer plus d’une centaine de membres de la société civile et/ou des élites qui nous gouvernent dans un nouveau cadre : Conseil National de la Refondation. Naturellement, personne parmi les 312 membres de l’Assemblée Nationale qui constituent l’opposition ni des gens des mêmes bords n’était pas là. Pas grave, notre Président qui aime parler, les a laissés attendre et s’en est donné à cœur joie :

Qui se souvient encore du Grand Débat lancé, il y a un peu plus de trois années et demi, après la jacquerie des Gilets jaunes ? 36.000 maires, députés, gens de bonne volonté, bref, quelque 150.000 français de tous bords y ont participé en faisant (via des cahiers, lettres, etc.,) des dizaines de milliers de suggestions. Notre Président a participé à moult rencontres pendant lesquelles il a parlé des heures et des heures. Au fait, cela a servi à quoi ? Personne ne le sait, car aucune conclusion n’a été tirée de l’énorme effort que les gens, de bonne foi, ont fait. Et la Convention Citoyenne pour le climat qui a réuni 150 personnes ayant fait des milliers de suggestions parmi lesquelles « on » en a choisi 150, savez-vous ce qu’elles sont devenues ? Ces deux rappels pour nous rappeler que notre pays est mené par des paroles verbales qui n’engagent que ceux qui les écoutent, nous, d’évidence. Mais, puisque l’on n’a rien décidé, jusqu’ici, quoi faire pour que le pays aille mieux, tentons de voir où il en est. Plantons le décor en choisissant les aspects qui conditionnent l’évolution économique du pays.

Depuis quelque mois on s’évertue à nous convaincre que nous faisons mieux que les autres pays de l’Europe, par exemple pour l’inflation. On nous dit que l’inflation est de 8,8 % en Europe et de 5,8% chez nous par rapport à 2021. Regardez les deux graphiques :

  • l’inflation chez nous était zéro en 2021 (vs 2020, un des effets de la pandémie – moins d’achats, prix constants) mais de 3% en Europe. Autant dire que c’est du kif au pareil, 5,8% des deux côtés. Pourquoi, diable, mentent-ils ? On aurait pu même faire mieux si l’énergie électrique n’avait pas été SABOTEE en deux mandats (Hollande+EM) en réduisant le nucléaire, en voulant le liquider et en acceptant « le marché unique » qui demande à EDF vendre le MGwh à 30 € pour l’acheter (en janvier 2023) à plus de 800€. Ça eut payé… mais ça paye plus…
  • déficit commerce extérieur – ceux qui regardent ce qui se passe chez nous ne peuvent pas ne pas se poser la question, « la France pays riche, pour quoi donne-t-elle l’impression qu’elle est pauvre ?» (pas de projets marquants, pas d’investissements R&D, infrastructures en déshérence, j’en passe et de meilleurs ) Oui, on a été riches mais nous nous appauvrissons, année après année car nous achetons à d’autres plus que ce que nous leur vendons ; depuis 2013 à ce jour le solde négatif cumulé du commerce extérieur est d’env. 650 Milliards d’euros :      

Et si on regarde le solde commercial depuis le dernier solde positif (2002) on ajoute env. 470 Milliards d’euros – les dix dernières années ont induit un solde négatif supérieur d’env. 48 %. Non seulement nous nous appauvrissons mais on le fait de plus en plus rapidement. Et on est moins riche de plus de MILLE Milliards d’euros.

(www.lafinancepourtous.fr, 18.02.22)

Pourtant, on s’est permis le « quoi qu’il en coûte », on continue a distribuer de chèques pour atténuer l’effet de l’inflation, larga manu on distribue des revenus sans contrepartie en travail, des subventions pour ceci et cela, bref, on vit au-dessus de nos moyens. Est-il possible ? Oui, puisque nous endettons le pays car les prêteurs pensent, pour l’instant, que nous sommes solvables.

Le constat est d’une clarté aveuglante pour chacun d’entre nous : le montant de la dette publique équivaut aujourd'hui à 43.310 euros par habitant, contre 1.710 euros en 1980 – (economie.gouv.fr- 29.06.22) ; au total, depuis 1980, le montant de la dette publique de la France s’est envolé de près de 3.000 % pour atteindre 2.901,8 Milliards d’euros (Le Point 29.06.22). Sans tenir compte de la dette portée par l’Etat pour les retraites des fonctionnaires (env. 2.000 Milliards d’euros - En clair, si l’Etat devait payer du jour au lendemain toutes les pensions de ses agents, il lui faudrait débourser 2 000 milliards, l’équivalent d’un quart de siècle d’impôt sur le revenu – L’Opinion 13.08.19.).

Trois aspects inflation, commerce extérieur et dette publique, les trois contribuant à créer une impossible gestion positive du pays. Trois aspects ayant traite à la vie courante : les hôpitaux, les prisons et l’éducation nous apprennent aussi pourquoi on commence a admettre que la France est pauvre :

  • Services URGENCES, – 1 service sur 5 fermé par manque de personnel (Le Monde 01.06.22) ; Samu-Urgences de France (SUdf) rapportait, dans une enquête sur la situation des services d'urgences en juillet 2022, que «42 établissements ont été contraints de réaliser une fermeture totale de nuit de leur SU [service d'urgences, ndlr] pour un nombre cumulé de 546 nuits en juillet. (05.08.22). Mieux : le 20.05.22 Le Figaro reprenait la prévision du   Dr. Pelloux : 66 Services Urgences seront fermés pendant l’été. Pendant des années on s’est targués d’avoir le meilleur système de santé du monde. Aujourd’hui on est en train d’être aussi bons que celui d’Angleterre …
  • Les prisons - Au 1er mars 2017, la capacité d'accueil des 186 établissements pénitentiaires était de 58 664 places. Un total de 69.430 personnes détenues y étaient incarcérées ; cinq ans après au 1er mars 2022 (1.995 places crées sur les 15.000 promises par EM pendant la campagne 2016), 60.619 places et 64.195 prisonniers soit plus d’un détenu pour une place. On s’étonne (et on proteste contre) que les juges (aussi pour des raisons moins justifiées) ne mettent pas des condamnés dans les prisons …
  • L’Education – On le sait, depuis longtemps, que ce que la société est et sera est déterminé pendant les deux premiers cycles de l’éducation. En 2019, la France a consacré 160,5 milliards d'euros à son système éducatif, soit 6,6 % du PIB, presque 180 milliards d’euros en 2022. La comparaison la plus synthétique entre la France et les autres pays de l’Europe peut se faire selon le nombre d’élèves/enseignant. Selon le Ministère de l’Education Nationale (gauche du graphique) la France compte 14 élèves par enseignant.

Pourtant, les élèves sont en moyenne 18,8 par enseignant dans l'enseignement primaire en France et 14,3 dans l'ensemble de l'Union européenne à 28 pays – la France est 26ème sur 28 (trait beige, graphique de droite), seules la Roumanie et l’UK (système d’enseignement différent) font moins bien qu’elle. Ce qui précède explique (en partie) pourquoi on produit tous les ans quelques 150.000 élèves qui ne savent ni (bien) écrire ni calculer et encore moins s’exprimer correctement. Mais, dès qu’ils arrivent à 18/19 ans la grande majorité de ceux qui ont le bac (qui n’est plus ce qu’il été, n’est-ce-pas ?) s’inscrivent à l’Université. Soit env. 700.000. Aucune sélection … Mais n’arrivent en deuxième année que 30% d’entre eux. Sachant que « le coût d’un étudiant » est de 11.530€/an (education.gouv.fr) le manque de sélection conduit à une perte d’env. 6 milliards annuellement pour un budget de 32,6 Milliards d’euros (2019) consacré à l’enseignement supérieur. Presque 20% jeté par la fenêtre parce que pour des raisons idéologiques on ne veut pas instituer l’admission par concours. Au contraire, on utilise tout ce que l’on peut inventer pour faire des « discriminations positives »

Et dans le paysage que je viens de crayonner, un spécialiste en provocations ayant prétendument gagné les élections, nous a fait savoir que la police tue. Pendant 40 années (au 01.06.21- Le Monde) 446 policiers sont morts en service. Pendant le mandat de M. Macron (2017-2021) 68. Ajouter une moyenne d’env. 10 gendarmes/an (Ouest France 11.05.21) et on trouve que les forces d’ordre ont subi environ 20 morts/an sur les 40 dernières années. Selon Le Point (09.06.22) un total de 747 personnes ont été tuées en France entre 1977 et 2020 par les forces de l'ordre, soit une moyenne d'un peu plus de 17 par an. Les morts sont regrettables des deux côté (un peu plus, quand même, du côté de ceux qui défendent l’ordre car dans les statistiques on inclut aussi le conducteur du camion qui a tué 86 personnes à Nice et a été tué par la police …) mais LA POLICE NE TUE PAS. Et comme on apprend, jour après jour, que des morts résultent des refus d’obtempérer opposés aux forces d’ordre, il est bon de savoir que s’il y a eu 16.896 refus d’obtempérer en 2021 - un toutes les 30 minutes, on constate en 2022 un toutes les 19 minutes ce qui fera plus de 27.000 (www.francetvinfo.fr 09.06.22) cette année, soit 46% de plus que l’année dernière.

 Il m’a semblé utile d’évoquer un problème de sécurité car s’il y en a pas, rien n’est plus garanti et l’économie, en particulier, ne peut aller qu’à vau-l’eau.

Et alors ? Rien ne va dans ce beau pays ? Mais si, les élites qui nous gouvernent se portent bien, disposent de revenus confortables et forts de ce qu’ils sont, essayent de nous apprendre à vivre : des masques, des confinements, et maintenant, puisqu’elles ont détruit le joyau français (la filière nucléaire) elles nous disent à quelle température on doit vivre, combien de douches prendre et de fermer les portes là où il y a un chauffage ou de l’air conditionné. Rien qui va bien ? Si.

  • Tout au  long  de   sa présidence,   Charles de Gaulle   est   rémunéré   75.000 francs par an (25 fois le SMIC 1964 mensuel, 250F/mois soit 3.000F/an) ; la mienne, annuelle (Ingénieur, Chef de Laboratoire) a varié de 52.000 F à 91.000 F (64-69) ; EM aujourd’hui– 15.700€/mois soit 188.400€/an (1.237.505 F, je vous laisse faire des calculs tenant compte de l’inflation et de l’évolution du SMIC)
  • Ceux qui nous gouvernent actuellement, ça va bien pour eux, merci, coût total ministres (42 avec les Secrétaires d'Etat) env. 85 millions € et si on tient compte des 535 députés, 348 sénateurs, des assistants parlementaires, des secrétaires, chauffeurs et autres fonctions ancillaires : probablement plus de 200.000.000€ car, depuis juillet 2022, (date de la dernière augmentation générale des fonctionnaires), le montant brut mensuel de l'indemnité parlementaire s'élève à 7 493 € soit 89.916€/an et celle d'un ministre à 10.500€/mois ; l’AN, en salaires députés seulement, 48,105 Millions €+ 45% charges sociales = env. 75 millions.

Et puis le prix de la baguette tradition (250gr) n’a augmenté que de 2,35 fois par rapport à 2000.

 

 

 

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3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 07:44

Selon Monsieur Poutine, l’opération militaire spéciale est, en réalité, un conflit entre la Russie et l’OTAN chacun visant la domination mondiale. Quelle est la situation actuelle ?« La Russie a perdu 48.700 soldats, 12 généraux, 2009 chars, 3 navires, 234 avions et 7.500 camions. L’OTAN n’est pas encore arrivé »

Le poète russe Alexandre Pouchkine en écoutant Nicolas Gogol lui lire un passage du roman Les Ames Mortes, à un moment donné, éclate de rire et se met soudain à réfléchir et dit, avec désespoir, « Mon Dieu, notre Russie est si triste » (AAEL-JP-23.07.22). Il y a presque 200 ans mais la Russie est toujours encore plus triste.

 

Car on doit convenir que les pires choses que M. Poutine fait le sont à son propre peuple. Raconter (et obliger, le peuple d’accepter sous risque de prison) que la guerre qu’il a déclenché en Ukraine est une « opération spéciale» : tromper les recrus envoyés au combat lorsqu’ils pensaient qu’ils allaient faire des exercices d’entraînement, les équiper avec des armes datant des années soixante, les laisser chercher de la nourriture pendant les combats, abandonner les corps des morts sur place, ne pas dire à leurs familles qu’ils sont morts, adopter des lois qui empêchent les Russes de découvrir la vérité ou de dire la vérité, arrêter et/ou tuer des dissidents, détruire l’économie russe pour des décennies, faire fuir plus de 4 millions des meilleurs et des plus brillants jeunes Russes, détruire les plans et les rêves d’une génération, tout en se prenant pour Pierre le Grand et se donnant l’objectif de reconstituer l’empire russe de son temps et j’en passe et des pires. Pauvre peuple russe – Pierre le Grand a poussé la Russie vers l’avenir, M. Poutine la pousse vers son plus misérable passé.

S’agissant d’un bilan il faut regarder les deux tableaux, le russe et l’ukrainien.

 

Les forces russes ont rendu environ 45 000 km2 de territoires depuis le 21 mars (date estimée de leur avancée la plus profonde en Ukraine), une zone plus vaste que le Danemark. Comme l’a déjà évalué l’ISW, les forces russes ne sont pas en mesure de traduire des gains tactiques limités en succès opérationnels plus larges, et leurs opérations offensives dans l’Est de l’Ukraine stagnent. (ISW 25.08.22). On se souvient que l’abandon honteux de l’offensive pour prendre Kiev a conduit à une pause, supposée pour refaire les effectifs et les doter de nouvelles armes. Depuis que la Russie a repris les opérations offensives après cette pause, le 16 juillet, les forces russes ont gagné environ 450,84 km2 (environ 174 miles carrés) de nouveaux territoires, une zone d’à peu près la taille d’Andorre. Comparez le Danemark avec l’Andorre. Pendant les six mois écoulés depuis le début de la guerre, selon des sources ukrainiennes, données corroborées en partie par ORYX et/ou le ministère de la Défense d’UK, l’armée russe aurait perdu 

 Le Pentagone estime les pertes militaires de la Russie à 70.000 morts et blessés. Dans la seconde moitié de juillet 2022, la CIA estimait les pertes russes à 15.000 morts et 45.000 blessés. A fin août des responsables occidentaux de la défense estiment que plus de 80.000 soldats russes ont été tués et/ou blessés depuis le début de l’invasion. Par-delà le nombre, la tendance à grande pente positive laisse comprendre que les pertes russes loin de s’arrêter continuent : la formation des nouveaux recrus doit en être une cause majeure comme la stagnation actuelle de l’armée russe sur des positions défensives fixes plus facilement attaquées par des HIMARS et autres équipements de précision (CESARS).

 

Selon diverses estimations, la guerre en Ukraine coûte à l’économie russe environ 1 milliard de dollars par jour (soit env. 180 milliards de $ pour les six mois), et le déficit budgétaire du pays pour juillet s’élevait à 879 milliards de roubles (env.10 milliards euros - le salaire moyen mensuel en Russie était en 2021 de 32.422 roubles, soit env. 390 $) car les recettes de la TVA ont chuté de plus de 40% . Le secteur bancaire russe a perdu pendant le premier semestre 2022 1,5 trillion de roubles (24,8 milliards de dollars - taux le plus élevé du rouble car contrôle des changes…), a déclaré vendredi un haut responsable de la Banque centrale.

Pour que la deuxième armée du monde (selon des estimations anciennes…) fasse montre de tels résultats ne doit on pas se demander quelles en sont les causes ?

1. Monsieur Poutine croyait que l’armée russe était forte et invincible. En réalité, les forces mises en marche étaient des « militaires Potemkine » dont la logistique et les équipements se sont montrés inadéquats (euphémisme).

2. M. Poutine ne s’attendait pas à ce que les Ukrainiens se battent ou se rallient autour de leur identité nationale. Bien que lui il croit que l’Ukraine n’est pas un vrai pays, les Ukrainiens ne sont apparemment pas du tout d’accord.

3. M. Poutine croyait que la grande dépendance du monde, surtout de l’Europe, au gaz naturel et au pétrole de la Russie rendrait celle-ci imperméable à toutes éventuelles représailles occidentales.

4. M. Poutine croyait que l’Europe et l’Occident étaient trop divisés pour organiser une réponse forte et unifiée. C’était peut-être la plus grave erreur de calcul de M. Poutine.

(mise en forme de Big Think, Dr. A. Berezow, Washington University- 31.08.22).

Croire ce qu’il croyait, sans boucle de « feed back » de ses proches ou des échelons militaires (regardez la photo…)

car « à la table du Tzar on n’apporte pas des mauvaises nouvelles » - vieux proverbe russe - il a envoyé une armée de 200.000 soldats (gardés « en exercice » de novembre 2021 au 24 février de cette année) conquérir la capitale Kiev et l’Ukraine en trois jours. Les pertes évoquées ne sont que le résultat militaire des erreurs majeures identifiées plus haut.

 

Mais, sa conviction que la dépendance du monde au gaz naturel et au pétrole de la Russie tenait celle-ci à l’abri de toute surprise peut se comprendre. Alors même que les missiles pleuvaient sur l’Ukraine, des pays comme l’Allemagne, dont la dépendance du gaz naturel russe frisait l’absurde, n’étaient pas, pour dire le moins, enthousiastes à punir la Russie. Bien que, en 2018, le pelé, le galeux, je veux dire DJT, disait : https://twitter.com/nowthisnews/status/1044740334306058241 (cliquez et regardez aussi les mines moqueuses des délégués allemands pendant son discours).

Les quatre erreurs majeures évoquées plus haut ont eu leurs répercussions sur le plan économique, aussi, bien entendu.

 

Des chercheurs (Yale University, Investment Monitor 26.07.22) ont déterminé que le statut de la Russie en tant qu’exportateur de biens avait chuté significativement et que ses importations s’étaient contractées de près de 50%. Selon leur étude, le pays est loin de pouvoir répondre à ses propres besoins, par exemple, en matière de fabrication de biens de consommation.

 

Dans le secteur de l’énergie, la poule aux œufs d’or du régime, les affaires ne sont pas comme d’habitude non plus. En juillet, les recettes provenant des exportations de gaz et de pétrole se sont resserrées de 29 %. Moscou joue la menace de l’approvisionnement en gaz contre l’Europe tandis que son pétrole russe est soumis à un embargo occidental qui sera total en décembre (sauf pour la Hongrie et quelques autres pays. Certes, la Russie s’est tournée vers les marchés de la Chine et l’Inde, et était heureuse de constater qu’il y avait une demande, mais elle n’était que temporaire et imposait une réduction massive du prix des fournitures : par exemple 30$ le baril de pétrole quand il était livré à l’Europe autour de 80-100 ! De plus, l’exode des entreprises les plus prestigieuses quittant la Russie est une blessure qui, aussi dure qu’elle puisse être aujourd’hui, aura des conséquences majeures pour le pays pendant des années (ou des décennies). Les revenus tirés des plus de 1.000 entreprises qui ont réduit ou mis fin à leurs activités en Russie équivalent à environ 45 % du PIB de la Russie.

 

Mais M. Poutine qui ne voulait pas voir l’OTAN à sa frontière Ouest (avec l’Ukraine, longue de 1.581 km) a obtenu le contraire en lançant sa guerre : La Suède et la Finlande (dont les armées sont les -ou parmi les- meilleures en Europe) ont décidé d’adhérer à l’OTAN et la Russie va avoir l’OTAN sur 1.340 km au Nord de l’Ukraine !  De plus, il a réussi ce que personne sensée ne croyait possible (notre Président parlait de la « mort cérébrale de l’OTAN ») unifier l’l’Europe avec son allié transatlantique, les Etats-Unis, dans une cause commune, revigorer l’Alliance avec l’arrivée de deux pays militairement, presque, inégalés en Europe, changer la politique « pacifique » de l’Allemagne qui vient de décider d’affecter 100 milliards d’euros à la modernisation de son armée et faire comprendre au monde entier que la Russie est entrée dans une période de glaciation pire que celle d’avant la Perestroïka. Tout cela parce qu’il a voulu démentir le proverbe (du temps des Soviets) « l’avenir est certain, le passé seulement est imprévisible » Et le passé… souvenons-nous de G. Orwell « Celui qui contrôle le passé contrôle l’avenir. Celui qui contrôle le présent contrôle le passé »

 

Le tableau ukrainien est plus simple : le pays n’a pas perdu (et on ne voit pas pourquoi cela changerait) la guerre, au contraire, le monde entier est (plaisamment ?) surpris par son comportement qui l’a conduit à plusieurs succès. Les raisons sont multiples. Tout d’abord, l’incompétence stratégique, tactique et logistique de l’armée russe, son incapacité déconcertante à obtenir une supériorité aérienne précoce (ni encore aujourd’hui), la formation au combat et le moral des troupes bas, ont tous joué un rôle. Tout comme le soutien occidental à l’Ukraine et la ténacité des soldats du pays entraînés depuis 2014 par des militaires occidentaux et sachant ce pour quoi ils se battent. Mais ces explications ne disent pas toute l’histoire. L’armée ukrainienne mérite d’être reconnue non seulement pour la motivation de ses troupes, mais aussi pour son savoir-faire technique. Elle a utilisé des technologies de pointe et adapté les capacités existantes de nouvelles façons créatives, sur et hors du champ de bataille cinétique. On oublie que l’Ukraine était le sous-traitant préféré des sociétés européennes pour l’informatique, la cyber sécurité, les productions métallurgiques spéciales, les composants d’avionique et encore plus. Fabriquant elle- même des armements développés (roquettes, missiles, drones, etc.,) et connaissant, à fond, les armes et les doctrines russes (hérités de l’Union Soviétique). Certes, l’influx inimaginable avant le mois de février d’armes modernes en quantités importantes, venant essentiellement des Etats Unis, Angleterre, Pologne, Norvège… et un (très) peu de France se révèle essentiel pour, au départ, la résistance des Ukrainiens et, maintenant, leurs tentatives de récupération de territoires perdus.

 

Inimaginable jusqu’au moment où M. Zelensky s’adressant aux dirigeants européens (mars 2022) en demandant leur aide leur a dit « c’est peut-être la dernière fois que vous me voyez vivant» Dirigeants européens dont, une partie (MM. Macron, Scholz, Draghi) cherche  toujours  une  porte  de  sortie  pour       M. Poutine pour qu’il ne perde pas la face (?!), une partie (Finlande, Pays Baltes, Angleterre) qui soutient à bout de bras l’Ukraine et qui n’arrive pas à comprendre pourquoi notre Président parle encore, et  encore,  et  encore  à         M. Poutine (en n’obtenant absolument rien depuis six mois) et une partie qui fait tout pour faire capoter les sanctions prises contre la Russie (Hongrie principalement mais aussi la Slovaquie et même l’Autriche).

 

Il me peine de l’écrire mais… notre Président est pointé du doigt en Europe pour ses négociations sans résultat avec M. Poutine, la fin de notre aventure au Mali et son peu d’empressement pour faire rendre gorge à l’Iran avant de lui concéder des avantages inconcevables pour la signature d’un nouveau JCPA qui, en réalité, lui donne l’accès à la bombe en 2025 ou 2030. Quant à l’Ukraine, il accepte que l’on ne fasse rien pour qu’elle avance dans sa quête de justice pour les crimes de guerre commis par la Russie sur son territoire et/ou de dédommagement pour des centaines de milliards d’euros de dommages. Même après six mois de guerre, notre Président accepte que l’Occident n’offre rien de réel à l’Ukraine en termes de garanties de sécurité permanente. Mais il parle à M. Poutine. Pourquoi ?

 

 

 

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18 août 2022 4 18 /08 /août /2022 21:19

Le texte mis en ligne le 08.08.22, bien que des lecteurs fussent certainement en vacances, en a conduit plusieurs à m’apostropher : « Vous en dites trop ou pas assez. Vous affirmez (Ukraine, France), mais vous ne donnez pas de preuves pour fonder lesdites affirmations. De même quand vous comparez la France (puissance mondiale parmi les 10 premières) avec Israël. »

Que faire ? Je vais donc tenter d’apporter quelques réponses qui pourraient satisfaire lesdits lecteurs.

 

Je vais garder la structure utilisée dans le texte précédent, car ce qu’il y a prouver c’est, au fond, l’affirmation qui se généralise : la France se trouve sur une spirale descendante.

Trois graphiques me semblent apporter suffisamment d’informations :

  1. La dette publique, tonneau des Danaïdes, utilisée d’une manière irresponsable depuis le premier mandat de J. Chirac – elle a plus que doublé de 50% du PIB à 115% du PIB et constitue une première cause pour mettre en doute la crédibilité d’un espoir de retour au statu quo ante pour l’économie du pays – les taux d’intérêt, devenus positifs, vont alourdir la charge financière de la dette – passer de 1% à 2% (pour ne pas se faire peur avec des valeurs supérieures) représenterait une dépense annuelle de 20 à 40 milliards de plus, difficilement supportable pour le budget annuel du pays.
  1.  Une mesure de la productivité du pays (ou de la création de valeur – visible aussi dans le solde du commerce international, négatif de plus de 100 milliards pour la dernière année) peut être l’érosion de la monnaie nationale par rapport, par exemple, au Franc Suisse. FXTOP nous fait comprendre que notre monnaie qui s’échangeait à raison de 2,5F pour 1 Franc Suisse à l’arrivée de F. Mitterrand en 1981 se change maintenant à 6,8F pour 1 Franc Suisse (ou de 1,44F pour un Franc Suisse au commencement du septennat de Valéry Giscard d’Estaing).  

 

Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que si les prix ont suivi (ou anticipé) la même dépréciation, les revenus des classes moyenne et populaire (les retraites, par exemple) ont été rabotés conduisant à une paupérisation relative (que d’aucuns considèrent comme absolue). Ajoutez une augmentation significative de populations ne contribuant pas (du tout ou moins) au PIB mais qui en consomment et on trouvera une deuxième cause, majeure, de la dérive actuelle. Et il suffit de se souvenir de quelques concepts de physique/mathématiques pour comprendre que revenir au statu quo ante nécessite de disposer au point d’inflexion (changer la pente négative vers un pente positive) d’une forte énergie (population instruite, investissements matériels disponibles, contraintes légales/économiques mineures, etc.,) que notre pays n’a pas. 

  1. Autant dire que revenir en arrière reste un vœu pieux, car ce dont il est question c’est de créer de la valeur avec de technologies nouvelles pouvant dominer via des produits inexistants les marchés ouverts qui dominent le commerce international. C’est ce que notre pays a eu dans les années 70 (filière nucléaire, constructions aéronautiques, filière navale, etc.,) mais qu’il a détruit sciemment, par mauvaise gestion ou par le fait que les élites le gouvernant inventaient des concepts aussi absurdes que les inventions à la base desquelles on trouve des « philosophes français » (Foucault, Deleuze, Derrida - déconstruction, théorie du genre, cancel culture et autres ejusdem farinae) - « industrie sans usines », « services sans personnel », « revenus de subsistance sans contrepartie en travail », etc., etc., De plus, ayant favorisé (sous l’influence d’une gauche disposant de pouvoirs significatifs mais étant totalement aphone concernant l’économie de marché) la formation de légions de diplômés en sciences sociales ou en études littéraires pour des gosses sachant à peine lire, écrire ou calculer pour devenir fonctionnaires ou employés de banque mal payés, on n’a pas voulu tenir compte de ce qui était nécessaire. On avait introduit des numerus clausus pour la formation des médecins ce qui a conduit (encore aujourd’hui) à « importer » des médecins de Syrie, du Maroc ou de Roumanie. Tant et si bien que le pourcentage de personnel qualifié dans les nouvelles technologies (« high tech ») ne permet pas d’imaginer un retour au statu quo ante pour l’avenir prévisible : 4,3% de personnel « high tech » en France par rapport à l’Allemagne 5, la Suède 8 et Israël 12 (créant 15% du PIB).
  1. Il me semble que les trois aspects évoqués justifient amplement la crainte du déclin du pays sans réelle possibilité d’un retour à ce qu’il était. Car on oublie que notre pays était la troisième puissance mondiale en 1961, 4ème en 1971, 5ème en 2009, 6ème en 2014 et 7ème depuis 2017 (IRDME- EPLF - 11.2018). Et on n’est pas surpris, dès lors, de voir que les études prospectives de l’OCDE nous assignent une place extérieure aux 10 premières puissances mondiales (hors Chine) en 2060 avec un PIB de 4.375 Trillions (soit un taux moyen de croissance de 1,59%/an ; Allemagne 5.870 Trillions deviendrait 7ème puissance mondiale) : 

Quand on regarde le taux de la croissance moyenne on a le droit de se poser des questions pour l’Europe, non ?

Quand on réalise le changement de rang on comprend que les vocalises de notre Président et celles de son ministre des Finances ne sont que des paroles verbales, des promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent. Après le Brexit, la France aspirait à retrouver la position qu’elle occupait avant la Première Guerre mondiale en tant que banquier européen, Paris étant à nouveau au cœur de la finance européenne. Ce rêve est tombé à l’eau. Maintenant, le scénario est plus celui de la France après la Première Guerre mondiale : enlisée dans la dette, bloquée dans la politique par l’arrivée en force de l’extrême gauche et de la droite extrême et sans majorité de gouvernement et avec la perspective actuelle de contribuer sérieusement à une nouvelle crise de la dette de la zone euro. Dans le passé, la France dévaluait pour se sortir d’une situation financière difficile, notamment après les réformes socialistes du président Mitterrand de 1981 à 1983. Sans cette option, la France pourrait finir par transférer le fardeau à une zone euro beaucoup plus endettée qu’en 2012/13, une fois de plus fragmentée par l’élargissement des spreads sur les obligations d’État italiennes, espagnoles, grecques et portugaises. L’euro risque de ne pas survire (The Spectator, 17.06.22).

L’Ukraine. D’une certaine manière, ce que l’on me demande c’est de prouver ce que j’écris depuis le premier texte mis en ligne, à savoir « M. Poutine perd (ou va perdre) la guerre ». La guerre génocidaire (j’ai évoqué la définition du mot) contre les Ukrainiens (avec l’approbation, parfois, enthousiaste et parfois, tacite, de la majorité des Russes) est la guerre de M. Poutine. M. Poutine se trouve au centre d’un système politique hyper centralisé qui, comme celui d’Hitler, a besoin de violence pour prospérer, à la fois pour maintenir les lois édictés et l’ordre dans le pays et, aussi, pour intimider les voisins et, éventuellement, acquérir des territoires, le pouvoir et l’influence au-delà des frontières et justifier son évolution vers le totalitarisme à ses partisans internes fussent-ils les élites ou les masses. La Russie d’aujourd’hui n’a pas eu d’élections libres depuis des décennies, elle persécute la dissidence par l’emprisonnement et elle contrôle le discours médiatique en interdisant aux citoyens l’accès à d’autres sources d’information que celles qu’elle autorise.

Dans six jours nous serons au seuil de six mois de guerre. La Russie (selon des sources crédibles, le ministère de la Défense UK entre autres) aurait perdu, au 18.08.22, 1.889 chars d’assaut, 234 avions, 197 hélicoptères, 793 drones, 1010 batteries d’artillerie, 7.240 véhicules blindés et autres et 44.300 soldats décédés (et probablement deux fois plus blessés). Pour quoi faire ? Au début de la guerre (depuis 2014) la Russie disposait d’environ 15% du territoire ukrainien. Aujourd’hui, après six mois elle en dispose de 20%. Tout ça pour ça ? Et on a du mal à comprendre qu’il perd sa guerre ? Et qui peut croire que la victoire (prévue initialement en trois jours) sera de son côté ?

                             1.900 chars d’assaut partis en fumée

Son armée, depuis le premier jour de la guerre, a fait toutes les erreurs possibles, dues à l’impréparation, à la corruption des échelons supérieurs, à l’impréparation des équipements et surtout dues à la méconnaissance de leur ennemi et de la capacité de celui-ci à s’opposer aux formations militaires suposées plus fortes. Tactiques et stratégies se sont révelées déficientes ou inexistantes du côté russe et innovantes, surprenant les observateurs qualifiés, du côté ukrainien. Mais bien que la Russie ait eu six mois pour apprendre de ses erreurs, elle semble prête à engager à nouveau ses forces épuisées dans une mission intenable : annexion et détention des provinces ukrainiennes de Donetsk, Kherson, Lougansk et Zaporizhjie. Le maintien de ce territoire -une ligne de front de plus de 650km- exigera beaucoup de main-d’œuvre et des équipements blindés, d’autant plus que les populations des régions occupées ne leurs sont pas totalement acquises et que des attaques de partisans se développent par tout. Y compris dans la Crimée occupée depuis 2014. Et comme elle a perdu ses équipements les plus performants mis en ligne au début de la guerre, elle n’a pas de remplacements équivalents. De plus, les difficultés de réapprovisionnement commencent à être énormes vu que tous les ponts sur le Dniepr ont été rendus impraticables par les forces ukrainiennes et le recrutement de nouveaux soldats provenant d’un mélange hétéroclite de communautés et de groupes armés (Tchétchènes, Bouriates, le groupe Wagner, syriens, libyens) — ne créera pas une force efficace au combat. Bref, d’évidence il y aujourd’hui a un décalage entre les objectifs de M. Poutine pour la guerre en Ukraine et les forces dont il dispose pour les atteindre. Il peut pavoiser, il peut changer les généraux commandant le front pratiquement tous les mois, rien n’y fera : il perd la guerre, la démilitarisation, la dénazification, la disparition du gouvernement de nazis drogués dirigés par un juif… ce ne sera pas pour cette fois-ci.

Mais, pas mal de gouvernements en Europe se demandent si un M. Poutine humilié, incapable de sauver la face, ne recourra pas à une action délirante comme l’utilisation d’une arme nucléaire ? Ceci fait que, d’un côté, on proclame que nous sommes tous des Ukrainiens et, d’un autre côté, surtout ceux qui parlent le plus (la France par exemple) sont avares de leur contribution à l’aide de l’Ukraine qui se bat contre l’envahisseur russe :

Cela étant, M. Poutine a déjà amplement démontré qu’il vit dans un autre monde et qu’il est prêt à suivre ses illusions. Il ne pouvait pas croire que l’armée russe allait conquérir l’Ukraine en trois jours. Et pourtant il a essayé. C’est illusoire de penser qu’il puisse gagner la guerre. Et pourtant il le fait. Il est illusoire de penser que l’économie de la Russie peut survivre aux sanctions édictées par les puissances occidentales. Et pourtant il le fait. Il était insensé de permettre aux soldats russes de creuser des tranchées dans le sol radioactif près du réacteur de Tchernobyl. Il est fou de jouer avec la sécurité de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, la plus grande d’Europe. Il est enfin insensé de s’embarquer ouvertement et joyeusement dans un génocide. (The Hill 16.08.22)

Le drame qui se joue actuellement en Europe est relatif au trois « apôtres » sorte d’oligarques qui dirigeaient l’Europe : M. Macron, qui n’a plus les mains libres après la perte d’une majorité de gouvernement, M. Draghi qui quitte le pouvoir en Italie et laisse la place - le plus probable - à une coalition de droite nationaliste et M. Scholz qui semble s’être « habillé » dans un costume un peu trop grand. Et qui, par ailleurs, a peur de la perte d’influence de l’Allemagne, elle qui a mené (M. Schröder, Mme Merkel) la politique absurde d’amitié avec le potentat du Kremlin.

C’est un crève coeur que de regarder le malheur des ukrainiens mais aussi celui des russes en train de sortir d’une civilisation à laquelle ils ont tant contribué.

Et Israël. Très difficile à expliquer ce qui se passe là-bas. On peut s’en sortir avec l’aphorisme attribué à Ben Gourion « Ce qui est difficile en Israël ce n’est pas de croire aux miracles, c’est de les éviter » En fait ce que l’on me demande c’est de justifier pourquoi ce pays, toutes proportions gardées (population 9 millions, France 68 millions) s’en sort mieux que partout dans les 30 pays de l’OCDE.

Ce qui vient tout de suite à l’esprit c’est « les startups ». Selon un rapport (IVC-LeumiTech Israël Tech Review 17.07.22), les entreprises de haute technologie israéliennes ont recueilli 9,8 milliards de dollars en 395 transactions au premier semestre de 2022, comparativement à 11,9 milliards de dollars au cours des six premiers mois de l’année dernière. C’est encore une somme très impressionnante si l’on considère que les startups ont levé un total de 10,3 milliards de dollars en 2020. Au deuxième trimestre de 2022, 4,12 milliards de dollars ont été recueillis dans 182 transactions. 20 nouvelles « licornes » (sociétés ayant une capitalisation boursière de 1 milliard de dollars ou plus) ont rejoint ce groupe exclusif au cours des six premiers mois de l’année. Google : On estime actuellement qu’il y a plus de 6.000 startups actives dans le pays (19 mai 2022). Depuis 1999 il y a eu env. 10.000 – taux de réussite autour de 4% ! Regardons de plus près ce chiffre.

12 causes fondamentales d’échec pour les startups selon des enquêtes faites aux États-Unis. L’ordre d’importance n’est pas innocent : manque de liquidités ; aucun besoin du marché ; modèle économique inapproprié, difficultés réglementaires et juridiques ; questions de prix et de coûts ; équipe inadéquate ; produit mal défini ; produit médiocre ; manque d’harmonie entre fondateurs ; mauvais redressement si nécessaire ; épuisement/manque de passion.

Il est important de comprendre que chaque facteur est en général une condition suffisante pour la défaillance, c’est-à-dire : vous avez besoin de liquidités suffisantes ET d’une approbation légale/réglementaire ET d’un prix et d’un coût optimal ET d’une équipe forte, le bon timing ET l’harmonie entre les fondateurs ET un redressement intelligent si nécessaire ET une passion soutenue.

Le calcul de base de l’échec est simple. Disons que les chances de prévenir ou surmonter chaque facteur de défaillance sont de 80% bien qu’en général, de nombreuses startups n’atteignent pas ce niveau d’excellence. Les chances de succès sont donc les suivantes : 0,8^12=0,0687 soit 6,87% Le pourcentage réel de réussite en Israël étant de 4% il n'y a aucun miracle ! Ce qui nous dit que les statistiques…

Mais comment a-t-il été possible de créer 10.000 startups ? Il me semble que deux facteurs sont importants (peut être les plus importants). On a publié une distribution géographique de 1. 900 startups : du Nord au Sud, dans un territoire de 22.000 km2 équivalent à quatre départements « moyens » français (544.000 km2 pour 100 départements) elles sont partout. Bien sûr avec une concentration autour de Tel Aviv et de Jérusalem. La comparaison avec la concentration jacobine qui prédomine en France peut vouloir dire que l’on n’est pas capable de susciter l’intérêt pour le neuf partout. Quant à la boutade de notre Président « Le Saint Denis c’est la Californie sans la mer »… laissons-la au rang de boutade.

Ce qui me semble encore plus important c’est que Israël s’est révélée être une puissance entrepreneuriale et un foyer pour les technologies pionnières, les opportunités d’affaires rentables, et les rendements élevés d’investissement. Pour ces raisons, il n’est pas surprenant que les principales multinationales du monde ont toutes choisi Israël : Microsoft, Motorola, Google, Apple (trois centres de R&D), Facebook, Berkshire-Hathaway, Intel, HP, Siemens, GE, IBM, Philips, Lucent, AOL, Cisco, Applied Materials, IBM, J&J, EMC et Toshiba ne sont que quelques-uns des noms figurant sur une longue liste de plus de 200 qui ont réalisé qu’Israël était leur opportunité d’investissement idéale – quelque 6.000 startups actives aujourd’hui. Pourquoi ?

En raison du service militaire obligatoire, les jeunes reçoivent déjà une formation technique avancée pendant leur service militaire et acquièrent un sens élevé des responsabilités et, surtout, une orientation vers le succès. De plus, Israël a connu plusieurs vagues d’immigration d’universitaires du monde entier. La main-d’œuvre créative, compétente et ambitieuse d’Israël est l’une des raisons les plus évidentes pour lesquelles les dirigeants des entreprises mondiales se tournent vers Israël pour faire des affaires. En fait, Israël possède l’une des forces de travail les plus instruites, entrepreneuriales et multiculturelles au monde, produisant des technologies, des innovations et des produits de recherche adoptés partout dans le monde et dans tous les secteurs. 12% de sa population est active dans le « high tech », 135 ingénieurs pour   1.000 habitants (contre 88 pour le Japon et 85 pour les États-Unis) déjà en 2013, Israël était le pays avec la concentration en ingénieurs la plus grande (Google).

De plus, l’échec dans une tentative de créer n’est pas disqualifiant (ce qui est le cas chez nous, contrairement aux EU) – bien au contraire, il est mis à l’actif de l’individu en tant qu’expérience, donc, formation.

D’autres facteurs expliquent aussi la très grande réussite d’Israël – ce pays a doublé son PIB entre 2012 (201milliards d’euros) et 2021 (407 milliards d’euros) - country.economy.com. Les projections actuelles pour 2022 sont de 450 milliards d’euros avec un PIB/habitant de 50.000€ soit env.10% de plus que le PIB/habitant français.

Juste annoncé : Tout doute concernant la force de l’écosystème technologique israélien et la capacité des startups locales à trouver des investisseurs en période d’incertitude a été dissipé cette semaine. Les entreprises israéliennes ont recueilli plus de 700 millions de dollars sur une période de 48 heures, dont 682 millions de dollars en seulement quatre méga-rondes. CTech-Calcalist 18.08.22

Est-ce que tout ça change l’appréhension que le monde a d’Israël ? Non, probablement pas, car le monde « progressiste » est de plus en plus actif et il n’a pas d’autre « cause » mobilisatrice commune avec l’islam politique que le désamour d’Israël et des juifs - 80% des israéliens étant juifs ! Et l’Europe, le continent qui a voulu régler, une fois pour toutes, la question juive, par une solution finale, elle non plus ne sait pas sur quel pied danser. Admirative de ce qu’Israël réussit, attentive à ses capacités de palier en partie la défection de son allié choyé russe pour l’énergie importée, elle reçoit le « président palestinien » (élu il y a plus de 17 ans) comme un chef d’état. Le dernier en date, M. Olaf Scholz, en conférence de presse avec M. Abbas laisse celui-ci dire, sans réagir sur l’instant, « Israël a perpétré 50 Holocaustes contre les Palestiniens » Il n’a pas bien dormi, peut-être, car le lendemain, à 07h55 par twitter, il se déclare « dégouté » par l’affirmation de M. Abbas qui n’en peut mais. Quand je vous dis que …

 

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