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23 mars 2019 6 23 /03 /mars /2019 10:23

Une guerre picrocholine vient de commencer entre deux branches de la démocratie française : l’Exécutif et le Senat. La raison ? Trois personnages parmi les plus importants (sinon les plus importants) de l’entourage du Président sont soupçonnés d’avoir menti sous serment à une commission d’enquête. Le Sénat a demandé à la troisième branche de la démocratie française, la justice, de faire lumière en procédant aux investigations qu’elle seule peut faire. Patatras ! Forts de l’impunité qui, pensent-ils, leur  est due en raison de leurs éminentes positions, le ban et l’arrière-ban du gouvernement se met en branle pour condamner puissamment (avec un vocabulaire sorti des archives du PC) le geste « politique » du Sénat qui viserait -rien de moins- à diviser le pays en s’opposant à la politique menée par son Président. Vouloir savoir si les sieurs en cause avaient réellement oublié qu’ils auraient dû dire «la vérité, rien que la vérité, toute la vérité » est donc, par les temps qui courent, un geste politique. D’où la guerre avec de actes éminemment non-politiques : boycott d’une séance du Sénat  par le Premier Ministre,  annulation d’une action commune prévue de longue date par le Président de l’Assemblée Nationale. Remarquez, au lieu de prendre la défense du Sénat car il s’agit de défendre le « parlement » ce président s’aligne sur une position absurde de l’Exécutif. La suite… au prochain numéro.

Mais… le blog voulant suivre « La relation historique amour-haine France-Israël »  essayons de regarder ce qui se passe en dehors du territoire de la République. En particulier les trois  évènements récents qui ont une certaine importance.

 

Les États Unis viennent de dire au monde qu’après 52 ans de contrôle par Israël du plateau du Golan il est temps de comprendre que dans les conditions actuelles (guerre en  Syrie depuis huit ans, de 350 à 500.000 morts selon les auteurs, 3 à 4.000.000 de réfugiés, toutes les principales villes syriennes détruites, etc.,) et vu la volonté  de l‘Iran d’y créer des bases d’attaques pour détruire Israël (en la présence protectrice de forces armées russes), Israël ne peut pas se permettre de laisser ce territoire revenir à la Syrie actuelle.

 

Regardons un peu l’histoire. Les frontières de la Syrie ont été décidées par la France et l’Angleterre via les accords Sykes-Picot et reconnues internationalement par la Conférence de San Remo en 1923. Le plateau du Golan a une superficie de 1.800 km2 soit 1% de la superficie de  la Syrie (180.140 km2).

Pendant 19 ans (de 1948 à 1967) l’armée syrienne, qui s’y trouvait, bombardait ad libitum les villages israéliens autour de la Mer de Galilée, en contre-bas du dit plateau. On s’en souvient, en juin 1967 la Syrie a attaqué Israël à partir du Golan mais a été renvoyée dans ses foyers par l’armée israélienne qui, depuis, contrôle 1.154 km2 du plateau. En réalité, Israël avait conquis la totalité du territoire mais après le cessez-le-feu intervenu elle a rendu la capitale de l’endroit (Quneitra) à la Syrie qui, néanmoins, l’a transformée depuis (52 ans) en  ville fantôme. Du côté israélien, y vivent environ 50.000 personnes (dont quelques 20.000 druzes – seul endroit au monde ou cette ethnie y vit pacifiquement, sans problèmes existentiels). Comme pour ses autres territoires, Israël a mis en place un développement compatible – les meilleurs vins israéliens (primés aussi de par le monde), par exemple, y trouvent leur origine Ajoutez que dans les  conditions crées par la guerre en Syrie l’Iran (et ses supplétifs,  Hezbollah) essayent de se créer des bases d’attaque sur la frontière (ligne de cessez-le-feu 1967). Tout cela pour dire que personne au monde n’envisage, qu’un jour, Israël renonce à ce territoire conquis au terme d’une guerre d’agression de la Syrie contre elle. Vade ad victor omni spolia.

Imaginez une seconde qu’Israël ne soit pas sur le plateau du Golan pendant la guerre en Syrie. Mais… les bonnes âmes, la Russie par exemple, condamnent le geste des États Unis. La Russie… Géorgie, Abkhazie, Ossétie,  Crimée, Donbass/Ukraine pour n’évoquer que le passé récent… en vertu de « l'inadmissibilité de l'acquisition de territoires par la guerre ... ».

 

Et la France ? Elle a poussé l’Union Européenne à déclarer qu’elle ne reconnaît pas la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan. Ce qui aura autant d’effet que les rodomontades apocalyptiques qui ont suivi la reconnaissance par les États Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël et qui prévoyaient que le monde musulman allait ouvrir les portes de l’enfer… Tu parles, Charles.

 

ONU – Conseil des Droits de l’Homme – on connaît cet appendice des Nations Unis dont la majorité des membres sont tous des coryphées des droits de l’homme. Exemple : (non exhaustif) la Chine, Cuba, Égypte, Libye, Turquie, Venezuela… Ce Conseil consacre, à chaque session, une partie de ses travaux aux condamnations aussi rituelles qu’absurdes d’Israël. 7 pays de l’Europe de l’Ouest en font partie, trois d’entre eux  (plus l’Australie) ont décidé de voter systématiquement « NON » aux résolutions anti-israéliennes. Rassurez-vous, il s’agit de l’Autriche, de l’Angleterre et  du Danemark.  Mais d’autres pays viennent, aujourd’hui, de voter contre une résolution accusant Israël de crimes de guerre à Gaza (Brésil, Bulgarie, Tchéquie, Hongrie, Ukraine entre autres).

 

Et la France … elle a d’autres chats à fouetter. Et, sans doute, à la différence des pays évoqués elle ne voit pas pourquoi elle voterait contre les résolutions anti-israéliennes. Depuis une dizaine d’années la France vote systématiquement, avec opiniâtreté, toutes les résolutions anti-israéliennes qui dénient la relation historique du peuple juif avec Jérusalem ou autres lieux d’Israël. Pendant  le mandat de M. Hollande celui-ci a prétendu un jour qu’il s’agissait d’une erreur qui allait être corrigée. Rien… et le Quai d’Orsay pendant le mandat  de M. Macron… avec une constance digne de causes meilleures fait  de même. Mais il y a mieux.

La France à Jérusalem – On sait, notre pays ne reconnaît même pas Jérusalem Ouest comme capitale d’Israël (la Russie l’a fait…). Elle  y dispose d’un Consulat Général qui se veut, dit-on, ambassade française auprès des palestiniens. Ce qui veut dire qu’elle reconnaît Jérusalem Est comme déjà appartenant au futur éventuel état palestinien. Et voilà… elle met un de ses locaux à la disposition d’une association liée à l’Autorité Palestinienne à l’encontre de la politique de l’État d’Israël qui n’entend pas laisser cette dernière exercer des activités à Jérusalem, capitale de son État. Israël ferme ledit local ce qui fait  dire à la France qu’il s’agit d’un incident sérieux. Mais… la France reconnaît-elle Israël comme état  du peuple juif ? A se le demander.

Pourtant dans des émeutes récentes un manifestant éclairé apostrophait         M. Finkielkraut en lui criant « va à Tel Aviv ». Même ce pauvre bougre, musulman de bon aloi, sait que la place des juifs est en Israël.

 

Et  la France continue son chemin sans boussole, elle (le Président) va en Éthiopie pour lui proposer son aide et ses conseils (regardez ce que sont  devenues les anciennes colonies africaines de la France), elle (le Président) pousse par tous les moyens au sauvetage  des affaires à faire avec l’Iran sans tenir compte  des sanctions américaines, elle (le Président) se met  à mal avec la moitié des pays de l’Union Européenne considérés comme « nationalistes » tandis qu‘elle (le Président), elle se veut « progressiste », elle (le Président) redevient le principal pays européen anti-américain, elle (le Président) joue aux billes la séparation de l’Angleterre d’avec l’Union Européenne (même  les seize républiques qui constituaient l’Union Soviétique se sont séparées…) en faisant semblant d’oublier le caractère néfaste et pathétique d’une telle séparation, sans accord, pour elle-même. Traverser la Manche, biens et personnes, deviendra un cauchemar (visas, droits de douane, contrôles divers  pour des millions de camions, bus, Eurostar…). En 2018 ont transité par la façade française de la Manche 1,7 millions de camions transportant 22 millions de tonnes des marchandises,  2,7 millions de voitures, 50.000 autocars (équivalent  passagers 10,6 millions) et 11 millions de passagers Eurostar + 2100 trains de marchandises. (source GETLINK). Un dessin ?

Samedi 16 mars, Paris à feu et à sang (so to speak mais… presque). Notre président se ressource en faisant du ski.

 

M. Macron auquel on aurait donné le Bon Dieu sans confession sans le connaître, s’avère, lui et son entourage, de vrais amateurs même pas éclairés. Quo vadis Domine ?

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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 09:08

 

Pays avec un système d’élection «à la proportionnelle intégrale» Israël a vu, presque, toujours, les partis les plus faibles détenir un pouvoir extravagant par rapport à leurs scores. Un tout petit correctif a été ajouté  depuis quelques temps, il faut obtenir au moins 3,25% des voix exprimées pour avoir un mandat à la Knesset. On se rend compte, facilement, qu’avec une élection «à la proportionnelle intégrale» il est matériellement impossible de gouverner sans une coalition. La Knesset ayant 120 députés, pour gouverner on doit avoir au moins 61 membres dans la coalition. Qui, naturellement, peut se dissoudre à n’importe quel moment selon la décision d’un de ses membres. Les élections qui sont programmées pour le 9 avril sont, comme souvent, la conséquence d’une décision prise par le parti le plus fort qui espère renforcer sa position avec des élections anticipées. C’est le  cas actuellement car normalement les élections auraient dû avoir lieu en novembre de cette année.

Mais cette année cela «arrangeait» tout  le monde car, pour la première fois, TSN semblait  possible. Tout Sauf Netanyahu. Qu’est-ce-à dire ?

Premier Ministre pendant les dix dernières années, il l’a été aussi de 1996-1999. Certes, même ses adversaires politiques reconnaissent ses grandes qualités et, surtout, ses grandes réussites. Sur le plan intérieur, économique, il a été le principal promoteur d’une économie de marché libérale mais empreinte d’une évidente compassion pour ceux que, l’économie de marché, d’habitude laisse de côté. La progression fulgurante de l’économie israélienne -aujourd’hui reconnue mondialement par son appartenance à l’OCDE- fondée en partie sur les nouvelles technologies, ses progrès dans la création et la fabrication d’équipements  militaires sans équivalent à leur apparition (Israël partage aujourd’hui avec les États-Unis 70%  du marché mondial des drones militaires), son taux de sous-emploi parmi les plus faibles au monde, doivent à celui qui a été un excellent ministre des finances et premier ministre un vrai coup de chapeau. Il a réussi, au plan extérieur, ce que  personne n’a pu faire avant lui : tenir tête pendant huit années à une administration américaine (Obama) qui était, pour le moins, hostile à Israël, développer des relations (souvent existantes mais en dessous  de la table) avec une douzaine de pays  africains, d’Amérique Latine ou arabes (?!),  être un interlocuteur qualifié des deux superpuissances, contribuer massivement à convaincre  l’administration Trump de dénoncer le fameux JCPOA (qui ouvre une voie directe vers  la bombe à un Iran qui annonce sa volonté de détruire Israël), cela aurait suffi pour que l’on lui tresse des lauriers et  on le laisse gouverner pendant encore beaucoup  d’années.

Mais… comme ailleurs, surtout quand les choses vont bien, on s’ennuie facilement, en Israël aussi. La durée moyenne d’un gouvernement a été de 3 ans et huit mois pendant  les 70 années depuis la renaissance du pays. De plus, le pays -par disparition de la gauche libérale, résultat de ses tentatives pour «la paix » qui se sont soldés avec les milliers de morts de la deuxième intifada- de centre gauche est devenu centre droite dans un environnement où la composante «religieuse» du peuple augmentait sa présence et dans le nombre et dans son influence. De plus, on avait du mal d’admettre que celui  qui dirigeait  le pays soit là pendant autant d’années – pas comme dans un pays d’Afrique mais presque.

Sans tomber dans les théories de  conspiration, force est de reconnaître que l’on a commencé à chercher, depuis l’année dernière, avec insistance, «des poux  dans la tête» de M. Netanyahu. Et on en a trouvé. A l’aune de ce qui se passe dans d’autres pays ce que l’on a trouvé ce n’est rien que ridicule : des cadeaux faits par des magnats étrangers (sans contrepartie connue jusqu’ici) ou des cadeaux qu’il aurait fait pour  que des médias lui assurent une  couverture positive. Plus des choses, vraiment, triviales relatives à sa femme et à la manière dont elle  a géré leur résidence officielle. Mais on est dans le pays qui a vu un autre premier ministre (Rabin) devoir démissionner car sa femme avait  oublié détenir un compte de plus de 100$ à l’étranger… et qui a vu aussi son président (!) envoyé en prison pour harcèlement sexuel. Bref, au bout de plus de six mois d’enquêtes, le Procureur Général décide qu’il y aurait matière à inculper son premier ministre sous réserve d’une procédure, à venir, pendant laquelle le supposé coupable connaîtra ce que l’on lui reproche et pourra faire valoir ses justifications. Pas bon juste avant  les élections.

Bon, voilà une partie de la difficulté de faire «sauter»  M. Netanyahu mise en place. Mais, toutes les enquêtes d’opinion montraient que personne ne pouvait imaginer prendre sa place ou détrôner son parti. C’est dans ces conditions que trois anciens généraux (pas moins…), tous les trois ayant été  No.1 de l’armée d’Israël, se sont  alliés avec le parti d’un ancien commentateur de  télévision réussissant ainsi de créer les conditions  pour    «dégommer» M. Netanyahu.  Un coup d’état civil ? Faut  pas le croire… Trois généraux… pour un ancien commandant de la formation d’élite de l’armée (forces spéciales), le Sayeret Matkal. Et deux d’entre eux qui ont servi, un comme No.1 de l’armée et l’autre comme Ministre de la Défense sous les ordres de M. Netanyahu, Premier Ministre.

C’est dire qu’ils se connaissent bien, tous les trois. Comme d’habitude, la soif de nouveau à porté au pinacle leur formation en moins de deux mois d’existence. Et, le ban et l’arrière ban du  monde politique commençait à y  croire : M. Netanyahu pouvait être renvoyé à ses chères études.  Du Figaro au Monde, de New York Times au Washington Post, de Frankfurter Zeitung  à Bild, du Guardian au Daily News, la presse bien-pensante de l’Europe et d’ailleurs voit, enfin, ses diatribes permanentes contre ce pelé, ce galeux, en train d’être couronnées de succès. Tandis que les trois généraux, modestes cependant, avaient  commencé à y  croire, eux aussi.  Des militaires brulant le pont  avant de le traverser…

C’est  à dire… il faut attendre un peu. En effet, le soufflet, vite monté, est en train  de  tomber… Regardez les résultats de la dernière enquête  d’opinion :

Ceux qui connaissent les partis politiques israéliens vont réaliser que seul  M. Natanyahu et son parti  peuvent  imaginer gagner les élections et former le nouveau gouvernement.  Car  ils sont seuls à pouvoir réunir les plus de 60 membres nécessaires pour une coalition tandis que leurs adversaires ne pourraient pas réunir plus de 57 membres (y compris les deux partis arabes)  faute d’entente possible entre les partis restant.

Alors ? Bon, les élections auront  lieu dans quatre semaines, autant dire une éternité à l’échelle israélienne. Mais, tout ce qui peut  arriver  de mauvais  (guerre avec l’Iran via Hezbollah ou nouvelle guerre à Gaza avec le  Hamas) ne peut que  conduire les gens à laisser M. Netanyahu en place car, déjà, 53% de la population croit qu’il sera le prochain premier ministre tandis que son principal adversaire n’est crédité que de 27%. Et  tout ce qui peut arriver de bien (voyage  possible au Maroc, le Brésil annonçant le  transfert de son ambassade à Jérusalem, voyage dans un autre pays arabe, etc.,) ne peut  que jouer en faveur de M. Netanyahu. On   parie ?

Mais, rassurez-vous, tout premier  ministre qu’il pourra être, si les juges de Jérusalem le déclarent coupable, il sera puni. Un ancien premier ministre, Menachem Begin, empêché par la justice de faire ce qu’il aurait voulu faire, a eu un seul mot : il y a des juges  à Jérusalem !

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27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 19:46

Émancipation, extermination, expulsion

Une semaine pendant laquelle on s’est occupé un peu moins des Gilets Jaunes. Deux évènements marquants en France et un à Sharm el Sheik, en Egypte.

En France, tout d’abord, notre Président est allé voir les SDF. En jean et blouson cuir (Hermès ? Mc Douglas ?). Remarquez, Giscard d’Estaing a fait venir des éboueurs pour prendre le petit-déjeuner à l’Elysée.

Alors… Peu probable, cependant, que les factieux de samedi apprécieraient. Ils continueront à crier « Macron démission » tout en sachant que cela aura autant d’influence sur notre vie politique que les éclipses de lune sur les indiens du Mato Grosso. Mais, si cela est, peut-être (se disent-ils) s’en prendre aux juifs pourrait changer quelque chose.

Et on a eu un échantillon, statistiquement valide (car on en a vu d’autres) à travers l’ignoble attaque d’une plèbe chauffée à bloc contre Alain Finkielkraut. En réalité, contre les juifs de France (ou les français juifs) et contre un intellectuel. Dans le pays qui a connu Rachi de Troyes, un autre homme de lettres juif, que d’aucuns considèrent comme « l’un des inventeurs de la France », l'un de ceux qui ont donné le « coup d'envoi » du processus qui permettra à la langue française de se substituer au latin et de créer sa propre culture. (B-H.L)

Le deuxième événement, le discours de notre Président au diner du CRIF. Rien à redire à ce qu’il a dit. Tout ce qu’il a exprimé, avec une émotion sans doute sincère, de ce qu’il pense quant au sujet vieux de deux millénaires (ou plus), le sort des juifs dans des pays dont ils sont citoyens mais, sournoisement, pas comme les autres. En particulier en France. Sous la feuille de vigne appelée « antisionisme » ce qui donne bonne conscience à tous ceux qui, autrement, l’auraient mauvaise. Il y a plus de 50 ans (en 1965), Habib Bourguiba a eu le courage de dire « Dans le cas de la Palestine, cette haine conduit à confondre l'antisionisme avec l'antisémitisme ce qui engendre [...] un fanatisme qui sera dangereux le jour où il faudra négocier » tandis que le Roi du Maroc, feu Hassan II, disait « le Sionisme et Israël sont l’aphrodisiaque des peuples arabes »

Remarquez, chez nous, plus de 30 ans après que la pratique se soit installée, on en arrive à être d’accord avec Vladimir Jankélévitch (l’Imprescriptible – 1986) « L’antisionisme est une introuvable aubaine, car il nous donne la permission et même le droit et même le devoir d'être antisémite au nom de la démocratie ! L'antisionisme est l'antisémitisme justifié, mis enfin à la portée de tous. Il est la permission d'être démocratiquement antisémite. » Et avec Pierre-André Taguieff « L’antisionisme radical représente aujourd’hui la seule idéologie raciste non seulement acceptable, mais encore intellectuellement respectable. (Le Nouvel Economiste, 22.10.2010). Donc, la classe politique (moins M. Mélenchon…), les autorités de l’état, les grands media, bref, tout ce qui grouille, grenouille et scribouille (comme disait le Général), la main sur le cœur, annoncent « l’antisionisme no passaran » car ce n’est qu’une forme de l’antisémitisme. Pourquoi ne pas les croire ? C’est tellement évident, que la France a voté toutes les résolutions de l’ONU qui nient la liaison historique des juifs avec Jérusalem et ses lieux saints. C’est tellement évident que chaque fois que l’Europe (et la France) a l’occasion de dire ou de faire quelque chose qui pourrait mettre en danger l’état juif (sioniste) elle le fait. Franchement, comment pourrait-elle faire autrement ? L’Europe a fait partir, en fumée, par les cheminées d’Auschwitz, Birkenau et d’ailleurs plus de six millions de juifs européens et s’est retrouvée face à un état dans lequel il y en a presque sept millions : l’antisémitisme devait se transformer en antisionisme, c’était écrit sur les murs. Allez, je n’ai pas le culot de faire un procès d’intention à notre Président. Il dit ce qu’il y a à dire, comme l’ont fait tous les présidents qui l’ont précédé. Avec des nuances, mais le fond est le même : puisque après la Shoah il est interdit d’être antisémite, faisons semblant que notre opposition au seul état juif qui existe n’est pas de l’antisionisme (attention à la circonvolution) car ce serait un antisémitisme déguisé. Mais on ne va pas être d’accord avec sa politique, Dieu verra si cela le met en danger ou pas. Exemple, le troisième événement, en Égypte, à Sharm el Sheik.

Sommet Europe-Ligue Arabe (24/25.02.19). L’Europe s’associe aux pays arabes les plus réactionnaires pour considérer que le « conflit israélo-palestinien » est le facteur central du désordre du Proche Orient. Pas l’Iran dont les agissements on fait, in fine, plus de 500.000 morts en Syrie et des dizaines de milliers au Yémen. Un extrait de la déclaration finale, approuvée par l’Union Européenne (et la France présente) : … Nous avons réaffirmé notre engagement à rechercher une solution à deux États sur la base de toutes les résolutions pertinentes de l'ONU, en tant que seul moyen réaliste de mettre fin à l'occupation qui a débuté en 1967, y compris à Jérusalem-Est, et de parvenir à une paix juste, durable et globale entre Israéliens et Palestiniens par le biais de négociations directes entre les parties traitant de toutes les questions relatives au statut final. »

 

Deux états (on oublie qu’un existe déjà), résolutions pertinentes de l‘ONU (par exemple la 242, après la guerre de six jours qui stipule « a. Retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés au cours du récent conflit ; b. Fin de toute revendication ou de tout état de belligérance, respect et reconnaissance de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de l'indépendance politique de chaque État de la région et de son droit de vivre en paix à l'intérieur de frontières sûres et reconnues, à l'abri de menaces ou d'actes de violence.» ; Israël s’est retirée de Gaza et du Sinaï – quand b. sera en vue il se retirera, probablement, (selon a.), négociations directes (les palestiniens refusent toute négociation (sans le préalable de la satisfaction de toutes leurs demandes), statut final (parlons en) : Abu Hamza, porte-parole des Brigades Al-Quds, branche militaire de l'organisation du Jihad islamique (deuxième acteur de Gaza avec le Hamas) financée par l'Iran, vient de déclarer« Il n'y a pas de place pour l'ennemi sioniste sur la terre de Palestine", "Soit ils quittent cette terre bénie, soit ils subiront une frappe douloureuse après l'autre. » (Bassam Tawill, 26.02.19 – gatestoneinstitute.org). En voilà pour la fin de l’occupation et la conclusion des « négociations directes ». Pas besoin d’un doctorat en sciences politiques pour comprendre que tout plan de paix au Moyen-Orient (y compris celui annoncé par M. Trump) qui ignore les propos du Hamas et du Jihad islamique est voué à l'échec. De plus, ignorer ce que veulent les deux groupes de Gaza (et, aussi, le terroriste Hezbollah du Liban) constituerait une menace suicidaire (si acceptée) pour la sécurité et la stabilité d’Israël et de la région. Car que se passera-t-il le lendemain de la création d'un État palestinien? La réponse, selon le Hamas et le Jihad islamique (et d'autres Palestiniens), est qu’ils utiliseront cet État pour poursuivre la "lutte armée" jusqu'à la libération des villes occupées de Tel-Aviv, Nazareth, Tibériade, Jaffa et Haïfa. En voilà pour « la fin de toute revendication ou de tout état de belligérance » Dans les circonstances actuelles, un État palestinien constituera un danger existentiel clair et ouvertement exprimé pour Israël.

Alors ? Mme Merkel qui était présente à Sharm el Sheikh, M. Le Drian qui représentait la France, ignorent-ils ce qui précède ? Peu probable. Ce qui est plus que probable c’est que, consciemment ou pas, l’Europe fait preuve d’une pusillanimité pathétique qui dérive du fait, aujourd’hui patent, appelé Eurabia (Bat Yé’Or, 2005). Il s’agit de l’existence d’un syndrome autodestructeur de l’Europe : « S’allier avec celui dont la mission théologique est votre destruction, est suicidaire». Et cela est lié, d’une certaine manière à la Shoah et à Israël. «Le plan européen de destruction d’Israël, reflète en effet son propre désir de destruction et de mort. Et c’est son auto-anéantissement, parfois inconsciemment, que l’Europe a préparé en planifiant la fin d’Israël, car les deux processus sont corrélés. L’Europe veut détruire l’ancien monde pour renaître dans une nouvelle métamorphose, l’islamo-christianisme et l’utopie planétaire de la paix». (Correspondance privée).

Mais… pendant que tout ce monde s’agite… Israël est devenu une puissance économique, technologique et militaire majeure. Mais non seulement. 3ème pays le mieux éduqué au monde (OCDE), 11ème pays le plus heureux au monde (ONU, World Happiness Report 2018), 10ème pays au monde (Bloomberg Healthiest Country Index 2019) ayant le meilleur système de santé, pays de la plus forte croissance soutenue parmi ceux de l’OCDE, un PIB/habitant (presque) identique à celui de la France. J’étais sur le point d’oublier : 4ème pays au monde (seuls les USA, la Russie et la Chine ont réussi) visant le dépôt d’un automate (Beresheet – Génésis) sur la Lune (si tout se passe bien après le lancement réussi le 22.02.19).

C’est comment, déjà, le proverbe avec « les chiens ... et…. la caravane » ?

Et ce qui est le plus important : lire « La France sans les juifs », Danny Trom PUF, 02.19 » - sur 104 pages une démonstration implacable pour arriver à la conclusion que les juifs d’Europe (de France) non seulement partent mais qu’ils doivent partir : « Le départ des juifs clôt discrètement une longue séquence historique déjà entérinée en Europe » Et ils partent où ? La grande majorité en Israël.

 

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18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 21:01

L’(i)Monde trouve bon de publier un pamphlet titré « Non, l’antisionisme n’est pas un délit » (16.02.19). Le jour même, le Président de  la République tweet « Nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. » - E.Macron » Serait-il possible que l’(i)Monde ne sache pas que l’antisémitisme est puni pénalement en France et que l’antisionisme n’est qu’une des formes de l’antisémitisme ? Difficile à croire. Ce qui conduit l’observateur à tirer la conclusion, simple, la parution du dit pamphlet n’est ni fortuite  ni innocente.

Que l'on s’adresse à Dominique Vidal, ancien président de l’Union des Etudiants Communistes, ancien du Monde Diplomatique, camarade du non moins communiste Alain Gresh (fils naturel d’Henri Curiel, proche de Tariq Ramadan et co-auteur avec lui de moult textes…) pour justifier les aspects antisémites des dernières manifestations des Gilets Jaunes ce ne peut  pas être innocent. Ni neutre et objectif, qualités que l’(i)Monde porte en bandoulière. Pourquoi ?

Faisons court. Le sionisme est  un projet national ayant pris forme au 19-ème siècle et qui s’est réalisé à la moitié du 20-ème  dans les conditions créées par la fin de la deuxième guerre  mondiale, une fois que l’on a compté les six millions de juifs trucidés dans l’Europe héritière des traditions judéo-chrétiennes, de la Renaissance et des droits de l’homme proclamés par la Révolution Française de 1789. Ce projet national visait de donner aux juifs restant, après la destruction de la moitié d’entre-eux, par l’Europe (et/ou par son supplétif allemand qui avait inventé une « solution finale » pour mettre fin à l’existence de ce peuple). Projet national sanctionné par la communauté internationale qui lui a cédé quelque pourcents des terres ayant appartenu à l’empire ottoman démantelé  quelques dizaines d’années plutôt. A l’endroit exact d’où ses ancêtres ont été expulsés par l’empire romain, presque deux-mille ans plutôt.

Ce n’est  qu’un syllogisme (raisonnement logique) que d’inférer, dès lors, qu’être antisioniste est absolument identique à être antisémite. Certes, il y a aussi des juifs qui sont antisionistes, ils font  partie d’une catégorie particulière, celle des juifs honteux qui, pour justifier leurs choix vous parlent, tout de suite, des citoyens du monde, de la libération des peuples, des malheurs apportés par le nationalisme et de tout ce que vous voulez d’autre. Et dont la seule perspective est celle de la dé-judaïcité, bref, de la disparition des juifs à terme. Syllogisme car sioniste=juif voulant avoir un état national, antisioniste=détruire ledit état, donc, faire disparaître les juifs. Une formule simple, « Antisionisme=antisémitisme par procuration » – Jean-Christophe Rufin 07.2004.

On pourrait se demander pourquoi dans ce monde de plus de 7,5 milliards d’êtres vivant dans, presque, 200 états le seul peuple auquel est contesté le droit d’en avoir un est le peuple juif. Il n’y a, d’évidence, qu’une seule réponse, elle est  présente depuis des lustres, c’est uniquement l’antisémitisme.

Après cette longue digression (par  rapport à ce qui se passe dans notre pays ?) on doit regarder les choses de plus près. Et que voit-on dans ce beau pays de France ? « Qu'en février 2019, Alain Finkielkraut soit violemment invectivé par une poignée de manifestants aux cris de « sale sioniste de merde ! Casse-toi ! », « Sale Juif ! », « Palestine ! », « Rentre chez toi à Tel-Aviv ! », « Sale race ! Elle est à nous, la France ! Espèce de raciste ! T'es un haineux ! Tu vas mourir ! Dieu va te punir ! Le peuple va te punir ! » (M. Mayeso Le Point 17.02.19).

La meute. Au départ  tout paraissait si beau, si honnête, trois français sur quatre en étaient solidaires, on faisait des barbecues sur les rondpoints et on laissait les péages ne pas prendre leur dû. Et puis… Vraiment, une surprise ? Mais non, on sait que peu importe comment cela commence, cela se terminera toujours avec la faute aux juifs, l’antisémitisme est plus pérenne que la vie…

Remarquez la curieuse logique des gilets  jaunes, pro-palestiniens, demandant  à un juif français (ou français juif) de rentrer chez  lui, à Tel Aviv. Curieux, non ? Comme pro-palestiniens ils considèrent Israël comme illégitime, il devrait être détruit mais…  avant cela il faudrait que M. Finkelkraut (et  ses semblables, sans doute) aillent à Tel Aviv. Pour donner  raison au terroriste libanais du Hezbollah, Hassan Nasrallah qui dit « fuyez Israël avant sa destruction, le sionisme est notre seul ennemi » Et, comme dégât collatéral on passerait par le fil  de l’épée quelques millions de juifs encore. Car sionistes…

Mais la France est un pays de droit. Mais où est le droit en ce moment ? Alors ? Une longue habitude depuis la profanation du cimetière juif de Carpentras en passant  par tous les épisodes antisémites meurtriers ou pas, des enfants juifs de Toulouse ou d’Ilan Halimi, de Sarah Halimi défénestrée, des morts du Hyper Cacher, de Mireille Knoll  assassinée,  fait qu’à chaque occasion, le ban et l’arrière ban du monde politique s’époumone en protestations aussi multiples que fallacieuses. Mais ils font attention : dès qu’ils condamnent l’antisémitisme, dans le même couplet on ajoute « le racisme et l’islamophobie ». En oubliant qu’il n’y a pas eu en France un seul musulman tué par des juifs tandis que tous le juifs français (ou français juifs)  tués l'ont été par de musulmans. Certes tous les musulmans …. On connaît le refrain. Tout  cela car deux choses sont impossibles à faire  disparaître : l’antisémitisme structurel de la société française actuelle instillé par sa composante exogène (musulmane, surtout) et  la roublardise des politiciens qui se fichent totalement des juifs de France mais qui doivent faire semblant que… Vous voulez un exemple ? Après l’incident « Gilets Jaunes – M. Finkelkraut » - M. Mélenchon déclare : « Conscient de l'instrumentalisation de l'antisémitisme, je crois aussi qu'il ne faut jamais laisser passer le racisme » Faites un peu d’analyse de texte : qui instrumentalise l’antisémitisme ? et s’il est instrumentalisé vaudrait-il mieux qu’il soit clair et ouvert ? Monsieur Mélenchon est conscient  … comme de sa fidélité à Fidel Castro ou à Hugo Chavez ou à Nicolas Maduro, des coryphées des causes des peuples qu’ils ont asservis et  ruinés sans leur laisser une chance de s’en sortir. Monsieur Mélenchon pourfendeur des antisémites, défenseur des juifs. Crédible ? Allons…

Voilà, fut un temps où on pouvait dire « heureux comme un juif en France ». Fut un temps quand Barres même (antisémite notoire et antidreyfusard de première heure) saluait la contribution des juifs de France à l’effort de guerre (14-18) ainsi que la mémoire de leurs morts pour la France. Ce n’était pas un propos fallacieux.

Aujourd’hui, nonobstant  les simagrées pro-sémites et/ou les protestations réelles, venant du cœur des gens simples, réellement troublés par ce qui se passe, on doit se poser la question : pour qui sonne le glas ? « les Français juifs ont 25 fois plus de risques d’être agressés que leurs concitoyens musulmans. 10 % des citoyens juifs d’Ile-de-France - c’est-à-dire environ 50.000 personnes - ont récemment été contraints de déménager parce qu’ils n’étaient plus en sécurité dans certaines cités et parce que leurs enfants ne pouvaient plus fréquenter l’école de la République. Il s’agit d’une épuration ethnique à bas bruit au pays d’Émile Zola et de Clemenceau. » («Une épuration ethnique à bas bruit », Manifeste «contre le nouvel antisémitisme» 21.04.18.)

Il est fort probable que la France que ma génération a connu sera un curieux souvenir pour nos petits enfants. Mais la vie continue bien que la France soit, aujourd’hui, le seul pays en Europe où on a tué des juifs, car juifs.

Pendant ce temps, la Chambre des Députés des Etats  Unis, après le Sénat, vote à 424 contre zéro la résolution « C’est dans l’intérêt des Etats-Unis de lutter contre l'antisémitisme chez eux et à l'étranger. Face à la montée malheureuse de l’antisémitisme et aux tentatives de dé-légitimation d’Israël, la Chambre des Représentants des Etats-Unis souligne l’importance de la lutte contre l’antisémitisme et rejette tous les mouvements qui nient le droit d’Israël à exister. »

L’Europe de Bruxelles n’a rien à dire. Elle s’occupe a mettre  en place un système de paiement séparé du SWIFT pour donner à l’Iran les moyens financiers pour s’opposer aux sanctions américaines. Et trouver ainsi des ressources pour continuer ce qu’il veut à tout prix : détruire Israël. Joignez les points… Europe… Iran … destruction Israël. Tout est dans tout et le reste c’est négligeable…

 

Ainsi va le monde…

 

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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 11:23

Bon. Incapable d’arrêter la tragicomédie des Gilets Jaunes notre gouvernement (et M. Macron) passe son temps à parler de choses et d’autres, cela s’appelle « grand débat ». Car, chez nous, tout doit être grand : « une grande commission », « un grand projet », « un grand TGV » et tant d’autres quand, bien entendu, nous avons « une petite maison », « une petite fortune », « une petite auto ». Un mot sur la tragicomédie dont personne n’a l’air d’admettre qu’elle a assez duré. Personne n’ose dire, clairement, que la redistribution que les Gilets Jaunes réclament commence par prendre aux autres. Ce qui ne serait pas grave si la chose n’avait pas été déjà faite. S’il n’y avait pas deux catégories sociales, celle qui paye des impôts et celle qui ne paye pas, en dépit de toute raison normale pour la relation du citoyen à l’état qui assure, à celui-ci, ses prérogatives régaliennes. Personne n’ose dire aux GJ qui s’excitent sur les hauts salaires de certains, en les comparant aux leurs, que cela tient (pas seulement, mais essentiellement) aux qualités et aux efforts qui justifient la réussite individuelle. Surtout dans un pays où l’éducation de la maternelle au doctorat est gratuite (ou presque). Personne n’ose dire aux GJ que l’on ne devrait pas montrer de la compassion à l’imbécile qui ramasse une grenade (qui lui arrache les doigts) pour l’envoyer contre les policiers, qu’il aurait commis un acte criminel pénalement punissable. Et pourquoi personne n’ose-t-elle dire clairement aux GJ qu’après la satisfaction (partielle, certes) de certaines revendications économiques tout le reste se trouve dans la sphère politique citoyenne pour laquelle seules les élections comptent ? Pourquoi ? Parce que ceux qui nous gouvernent n’ont pas le courage qui a fallu à un De Gaulle pour tenir des mois (d’hiver) contre une grève des mineurs ou à une Mme Thatcher qui a tenu des mois et des mois contre une grève d’autres mineurs ou un Reagan qui a licencié, du jour au lendemain, 11 .000 contrôleurs aériens en grève. Alors… on temporise, on dit « ça va s’arrêter » « les gens en auront assez » et autres fredaines. Mais cela ne s’arrête pas, treize samedis noirs déjà, des pans de villes avec des commerces ou des équipements urbains détruits et… une image du pays à l’étranger qui se dégrade chaque jour qui passe.

Il n’est donc pas surprenant que le gouvernement (et M. Macron) essaye de redorer son blason en jouant les matamores « à l’international ». Deux exemples parlent plus que d’autres. Des digressions, quoi, on oublie un peu les GJ … tout en montrant combien on es fort…

La France a rappelé son ambassadeur en Italie, Deux semaines après il est toujours à Paris. Pourquoi ? Un politicien italien est venu soutenir les GJ. De plus, un de ceux que notre président abhorre car nationaliste. Vous en souvenez-vous ? Peu après la formation du dernier gouvernement italien notre président a averti l’Europe, avec une finesse absolument remarquable, contre « la lèpre nationaliste renaissante ». Pourtant il était (il est) évident que c‘est une bêtise que de croire que l’Europe allait « rendre la question nationale obsolète ou la relativiser », écrivait Etienne Balibar (!) “Chaque pays a peur d'être exploité par un voisin.” A. Alemano (HEC).

C’est vrai, le pays de Beneddeto Croce et d’Antonio Gramsci est maintenant celui de Mateo Salvini et de Di Maio.

Ce n’est pourtant pas une raison suffisante pour faire montre d’un chauvinisme de grande nation vis-à-vis d’une Italie liée à la France depuis le Moyen Age, et à qui elle a donné des personnages (politiques ou pas) qui ont participé à la construction du royaume et à son éclat (Pétrarque, Leonardo Da Vinci, Catherine de Médicis, Mazarin et tant d’autres). Il n’est pas suffisant d’être impertinent pour se permettre un dialogue diplomatique comme celui qui suit (diplomatie.gouv.fr – 11.02.19) :

Q - Concernant le rappel de l’ambassadeur Christian Masset, qui je pense devait être à Paris cette semaine de toute façon, y a-t-il une façon de raisonner quant à la durée de son maintien à Paris ?

R - Nous menons actuellement avec notre ambassadeur les consultations pour lesquelles nous l’avons rappelé.

Il retournera à Rome le moment venu.

 

Et il n’est pas suffisant de se montrer méprisant vis-à-vis d’un état de droit quand on a refusé, pendant des années, d’extrader un terroriste d’extrême gauche (César Battisti) ayant du sang sur les mains -et condamné en Italie à la prison à perpétuité- en vertu de la « doctrine Mitterrand » - « souveraineté, indépendance, stratégie active ».

En se mettant à dos l’Italie, tout ce que nous avons obtenu c’est le ricanement satisfait de la moitié des pays de l’Union Européenne. Qui ne se gêneront pas de nous le rappeler.

Le deuxième exemple, Israël. J’ai déjà mentionné l’histoire du « Tombeau des Rois ». Un très bon ami, ami de la famille Pereire, me permet de rendre la dispute franco-israélienne concernant les Tombeaux des Rois d’Israël plus intelligible :

Le Tombeau des Rois (Joseph Flavius le cataloguait parmi les 7 merveilles du monde) a été identifié par Chateaubriand en 1811 tandis que Louis-Félicien Caignart de Saulcy, dit Félix de Saulcy, archéologue, le considérait au milieu du 19ème siècle comme abritant les tombes des rois David et Salomon. Il fut acquis sous l’empire Ottoman en 1874, par Mme Bertha Bertrand Pereire, (famille de banquiers juifs d’origine portugaise) qui en a fait don au Consistoire Central. Onze ans après, Henri Pereire, héritier, en fait don à la France pour conservation, à la seule condition que celui-ci fut ouvert sans réserve aux juifs. (Voir Terre Promise « L’étonnante saga du Tombeau des Rois » 06.05.15)

Ce contrat n’a pas été respecté par la France ni de 1948 à 1967 (Jérusalem Est sous contrôle jordanien mais le territoire se voulait français !) ni après et encore moins aujourd’hui (sauf très, très partiellement). Il se pourrait même qu’il soit, juridiquement, caduc. Ce qui n’empêche pas la France de demander à Israël qu’il reconnaisse sa souveraineté sur le lieu et de renoncer à toute réclamation ultérieure. Et cela comme condition sine qua non pour ouvrir le site entièrement, intégralement, aux juifs aussi. La France dispose à Jérusalem de quatre territoires – l’Eglise Sainte Anne, le Monastère d’Abou Gosh, le Monastère d’Eléona sur le Mont des Oliviers et le Tombeau des Rois. Les trois premiers ont été confiés à des représentants des cultes catholiques mais le Tombeau des Rois (juifs) a été confié à une famille musulmane qui transmet la charge de père en fils. Cherchez l’erreur.

Pendant que notre pays est à feu et à sang (j’exagère un brin…) qu’avons-nous besoin de nous mettre à mal avec les habitants de ces deux pays qui ont tant contribué à la renommée de la France ? On dirait, vraiment, que l'on cherche les e........s comme si on n'avait rien d'autre à faire !

 

 

 

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5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 20:30

« I walk on thin ice »

(E. Macron à un interlocuteur américain)

Nous vivons  une sorte d’intermezzo peuplé par les manifs de samedi après-midi (et leurs casseurs intégrés), par les débats auxquels participe le Président, par l’inexistence des partis politiques (ou de la majorité) à l’Assemblée Nationale et par la logorrhée des chaînes d’information continue qui vous font grossir une grenouille aux dimensions d’un bœuf   (La Fontaine m’excusera pour l’emprunt).

En guise de conclusion à ce qui se passe (sans savoir ce qui adviendra) je reprends un passage d’un texte de Erwan Le Noan publié  par Le Figaro le 30.12.18  qui me semble un bon résumé : « Le mouvement des «gilets jaunes» n'est ainsi pas révélateur d'une prétendue crise du libéralisme: il est le fruit de l'agonie de l'État-providence, qui se matérialise par la déliquescence des services publics et illustre l'incapacité des élites à proposer des perspectives susceptibles de donner du sens à l'exigence de changement comme de l'accompagner efficacement. »

On peut, donc, le temps de l’intermezzo, laisser un peu de côté ce qui se passe chez nous pour regarder l’autre pôle du blog : Israël et, naturellement, la relation France-Israël.

Que dire d’Israël que l’on n’ait pas déjà dit ? L’économie continue avec son rythme de croissance d’environ 3,5%/l’an depuis des lustres, le PIB/habitant est (à peu  de choses près) celui de la France, le salaire minimum (équivalent du SMIC) à dépassé le SMIC comme aussi, le salaire minimum en Allemagne ou celui d’Angleterre, deux fois plus qu’en Grèce ou Portugal, quatre  fois plus qu’en Europe de l’Est. Bon élève, le pays a un déficit budgétaire de 2% et  un endettement total de 60% du PIB (on dirait qu’il respecte les critères de Maastricht…Ce qui est aussi remarquable c’est l’investissement en start up(s) qui dépasse, annuellement, ce que l’on trouve en Allemagne, France ou Angleterre, en valeur absolue. Ajouter à cela la confiance des grands investisseurs étrangers qui n’ont cure des soi-disant risques liés à la situation géographique du pays. Un cas d’école mérite le rappel, INTEL : la semaine dernière, le Ministère des Finances israélien a annoncé qu'Intel avait décidé d'investir 11,9 milliards de dollars dans l’expansion de ses activités en Israël. 12% de tous les brevets déposés par Intel de 2015 à 2018 sont originaires d'Israël, ce pourcentage étant passé à 13,5% en 2018 ; Intel emploie 15.000 personnes en Israël et exporte annuellement plus de 4 milliards de $ de produits conçus, développés et fabriqués par ses filiales israéliennes. L’investissement total d’Intel en Israël dépasse 35 milliards de $.Tout en sachant que « it’s the economy, stupid » (J. Carville pour Bill Clinton) la liste des prouesses d’Israël est longue dans les domaines aussi différents que la vente d’armes sophistiquées (en 2015 déjà, Israël et les Etats Unis couvraient 71% du marché mondial de drones militaires ! – La Tribune), les usines de désalinisation d’eau de mer, l’irrigation « goutte à goutte », les végétaux/légumes génétiquement modifiés (les tomates cerise et variations similaires « inventées en Israël » par deux professeurs de l’Université Hébraïque de Jérusalem en 1973) ou ses contributions scientifiques (10 Prix Nobel de 1994 à 2013) ou ses autres contributions reconnues au plan mondial.  Donc, tout va bien. Oui, mais…

Difficile d’oublier que le voisin du Nord, à l’occasion d’une guerre tribale ayant fait plus de 500.000 morts, a laissé l’Iran essayer de s’implanter militairement sur sa frontière avec Israël cela avec la complicité de la superpuissance russe qui contrôle tout ce qui se passe en Syrie. Cependant, disposant de techniques inconnues aux uns et aux autres l’aviation israélienne se balade comme elle veut dans le ciel syrien (ou plus loin, on dirait que tous ses avions sont furtifs…) et détruit tout ce que les iraniens, soi-disant  abrités par la couverture anti-missiles des russes (réputée la meilleure du monde), décident d'installer. Un mot seulement : si une fusée est tirée par un équipement d’origine russe contre un avion israélien, on détecte sa trajectoire et on détermine l’endroit précis d’où la fusée est partie. Aussitôt (le tout se passe en moins d’une seconde) une fusée israélienne détruit l’équipement d’origine russe tout en renvoyant un clip vidéo pour prouver la destruction. Dernière date de l’utilisation du système le 21 janvier 2019 :

Deux résultats : les russes évitent d’activer les équipements anti-missiles car ils risquent d’être détruits et la suprématie aérienne d’Israël en Syrie est totale. Comme est (probablement) totale la collecte de toutes les informations militaires syriennes.

Dans son côté Sud Israël subit l’agitation permanente de deux autres supplétifs de l’Iran, le Hamas et le Jihad Islamique. Qui, entre autres, avaient « inventé » une nouvelle forme de guerre, guerre souterraine : construction de tunnels partant de Gaza (de sous les maisons…) pour arriver en Israël. Des tunnels longs de plus  de 2.000 mètres, équipés avec électricité, construits à plus de 30 m. de profondeur (certains à plus de 50 m !). Israël a réussi (après des recherches de plus de trois ans) à concevoir un équipement qui a permis la détection de tous les tunnels creusés par le Hamas et ensuite leur destruction. Des dizaines de millions de $, aide internationale fournie par les bienfaiteurs des palestiniens sont partis en fumée au lieu d’être utilisés pour assurer un niveau de vie acceptable aux habitants de Gaza. La France a consenti de 2008 à 2017 plus de 500 millions d’euros d’aide aux palestiniens (France Diplomatie). Ne le dites pas aux Gilets Jaunes qui réclament le retour de l’ISF. Quant  à l’Europe… elle contribue au bonheur de l’Autorité Palestinienne avec env. 450 millions d’euros annuels !

Mais les spécialistes du Hamas en construction de tunnels ont fait école : ils ont appris aux terroristes du Hezbollah (Liban) à faire de même sur une partie de la frontière d’Israël. Sauf qu’il s’est agi non pas de terrains terre/sable mais de terre/granit ! Qu’à cela ne tienne… Israël a réussi à détecter les tunnels récemment (certains forés à 60 m. sous terre !) et  de les détruire. Et en demandant pourquoi l’ONU ne proteste pas ? pourquoi les 16.000 membres des troupes de l’ONU stationnés du côté du Liban à la frontière avec Israël n’ont rien vu ni rien entendu ? 40 diplomates de l’ONU ont été conviés par Israël pour voir ce dont  il s’agissait :

Bon, on sait tout cela. Que l’Iran veuille détruire Israël n’est pas un scoop. Que tous les chefs militaires iraniens l’annoncent, urbi et orbi, n’est pas un scoop non plus. Le dernier en date (DEBKA, 03.02.19) : « Un jour après avoir testé un missile de croisière volant à basse altitude capable d'atteindre Israël, l'Iran a intensifié ses menaces dimanche. Le Général de Brigade Hossein Salami, Adjoint du commandant des gardiens de la révolution, a déclaré lors d'une réunion à Mashhad que la « capacité stratégique » de Téhéran était bien conçue « pour la destruction de l’entité  illégitime d’Israël ». Il a déclaré: «Nous les avertissons que si une nouvelle guerre éclatait, elle aboutira à leur disparition », ajoutant que le déclenchement des combats sur le terrain entraînerait la défaite d'Israël « dans un délai de trois jours ». Que ce clown ose menacer de disparition un pays crédité de disposer de 150 ogives nucléaires –partie classiques, partie à hydrogène et  partie à « neutrons » et de trois capacités pour les transporter (fusées balistiques, avions et sous-marins) voilà qui est et téméraire et  imprudent. Mais qu’aucun pays majeur, les médias, ou l’ONU ne soit scandalisé par ce genre de déclarations irresponsables cela laisse rêveur. Car, enfin, un pays membre de l’ONU menace de détruire un autre pays membre. La Charte de l’ONU ne l’accepte pas, je crois…

Même pas la France ? Eh oui, la France elle a d’autres soucis. Qui n’empêchent pas son Président d’être allé le week-end dernier faire du tourisme en Egypte et d'aller au cours du mois de février au Liban et en Irak, le tout après avoir annulé un voyage  prévu de longue date pour novembre dernier en Israël. De plus, toujours dans le cadre de la relation amicale franco-israélienne la France s’est trouvé encore deux sujets de dispute avec Israël : le fait qu’au bout de 20 ans de présence d’une force internationale (dont le penchant pour la « défense » des palestiniens et le parti-pris contre les israéliens est devenu trop évident) Israël a décidé de ne plus renouveler le mandat de ladite force (dont 3 des 5 membres n'ont jamais été disposés à être gentils avec Israël : Italie, Norvège, Suède, Suisse, Turquie). Ce qui a engendré une déclaration forte du Quai d’Orsay  « La France met en garde contre l'expulsion du groupe de surveillance d'Hébron qui pourrait exacerber les tensions et appelle Israël à reconsidérer sa décision » De quoi je me mêle ?

Mais il y a mieux. Le Tombeau des Rois d’Israël à Jérusalem, cela vous dit quelque chose ? Ce petit territoire[1] a été administré par la France pendant les derniers 150 ans. Elle a décidé de demander à Israël de reconnaître sa souveraineté sur ce territoire et de s’engager, par écrit, contre toute réclamation ultérieure.

Avouez que cela vaut son pesant de cacahouètes ! La France ne reconnaît pas la souveraineté d’Israël à Jérusalem (même pas sur Jérusalem Ouest) mais lui demande de reconnaître la sienne, pays qui se trouve à 3.500 km de là  sur un bout de sa capitale. Une nouvelle forme de néocolonialisme ? Ou simplement une nouvelle poussée d’antisionisme (pour ne pas dire antisémitisme) du Quai d’Orsay ? Non, c’est une affaire d’Etat : Des sources ont informé Israël Hayom que, lorsque le président Reuven Rivlin s'était rendu en France le mois dernier, il avait été surpris lorsque son homologue français, Emmanuel Macron, avait présenté les demandes de son pays concernant le site. (Israel Hayom, 05.02.19).

On va revenir en France car, vraiment, on file du mauvais coton chez nous ...

 

 

[1] A coté de Sheikh Jarrah, datant du Deuxième Temple, lieu où on a trouvé le sarcophage de Reine Helena d’Adiabene qui a été exposé au Louvre …

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30 janvier 2019 3 30 /01 /janvier /2019 17:37

Je réponds, donc, aux remarques/observations/questions engendrées par le trois derniers textes mis en ligne.

1. Va-t-on s’en sortir du feuilleton « Gilets Jaunes » ?      Il semblerait que notre gouvernement (M. Macron) a du mal à admettre que ce qui se passe nous dépasse. Après avoir jeté   en pâture plus de 10 milliards d’euros dont personne ne semble mesurer l’importance pour notre « économie qui fonctionne à crédit », après avoir fait semblant de croire que l’on mettra le  « holà » aux exactions des barbares du samedi (fussent-ils des gilets jaunes ou des voyous venant des deux extrêmes) par une attitude plus ferme des forces de l’ordre et/ou par une loi voulant limiter/punir lesdites exactions on a le sentiment que la vie s’est arrêtée. On nous raconte n’importe quoi sur la limitation à 80km/heure » qui aurait réduit de 4% le nombre de morts en décembre (en oubliant tout ce qui a influencé une réduction des déplacements en voiture pendant le même mois) et on voit la super-majorité du Président à l’Assemblée Nationale regimber, car elle a du mal à avaler la couleuvre/ la nouvelle loi. Et le Président ?

Le Président ? Fatigué sans doute par ses interventions « questions pour un champion » il est parti faire du tourisme en Egypte. Certes, en partant, on nous avait dit que « la question de la vente d’armes sera au centre des discussions » mais… au retour on ne nous a rien dit des fabuleux contrats signés. Sans doute, parce que rien n’a été signé…Alors ? Et bien, le Président a fait à l’Egypte la leçon concernant les droits de l’homme et… un peu de tourisme : à plus de 1.100 km du Caire, visiter Abou Simbel

Le week-end a été bien rempli ! Et l’empreinte CO2 pour l’aller-retour en avion à Abou Simbel… qui s’en préoccupe ?

Et alors ? On continuera à entendre les billevesées habituelles, «rendre le ISF», « prendre aux riches », « changer la République » et autres ejusdem farinae. Dans un pays ou 58% des foyers fiscaux ne payent pas l’IRPP on devrait se souvenir du mot d’Alphonse Allais : ll faut prendre l'argent là où il se trouve : chez les pauvres. Bon d'accord, ils n'ont pas beaucoup d’argent, mais il y a beaucoup de pauvres ! De plus, les élections européennes vont nous donner le droit d’entendre les idioties des uns et des autres, les uns pour, les autres contre, et il faudra ensuite trouver moyen de vivre dans un paysage  - sans doute - sérieusement modifié tant il semble possible que les ennemis de notre Président (la lèpre nationaliste…) les gagnent. Peu probable que les choses changent chez nous, l’approche « Robin des bois » continuera à être la vulgate dominante. Et ses nouveaux promoteurs, les gilets jaunes continueront à nous mettre hors de nous une fois par semaine, le samedi de préférence.

 

2. Et dans le monde, que se passe-t-il ? Presque rien…

  • au Venezuela, pays auparavant le plus riche de l’Amérique Latine (2001, www.slate.fr) le socialisme de MM Chavez et Maduro a réussi à mettre le pays quasiment en faillite. Plus de trois millions d’habitants (10% de la population) l’ont fui, la pénurie d’aliments, de médicaments et d’énergie (?!) y est endémique et le président qui a perdu les élections présidentielles ne veut pas céder la place à celui qui les a gagnées. 21 pays reconnaissent le nouveau président, l’Europe (à l’initiative de l’ Espagne) demande, sous forme d’ultimatum, de décider de nouvelles élections sous huit jours (?) – dernier carat le 2 février et 8 pays soutiennent le perdant : Russie, Chine, Vietnam, Bolivie, Cuba, Syrie, Tunisie, Turquie. Et Monsieur Mélenchon, en excellente compagnie, comme toujours. L’ardeur révolutionnaire de ce triste sire l’oblige, contre vents et marées, être du côté d’un régime honni par son peuple. Et quand on pense qu’il a été, crédité de pouvoir gagner l’élection présidentielle chez nous… Oui, on l’a échappé belle !

  • en Syrie, pays totalement détruit par l’amok musulman (chiites contre sunnites et vice-versa), à part les groupes et milices diverses, on trouve trois acteurs, non pas « le bon, la brute et le truand » mais trois truands. Un (la Russie) qui veut, enfin, s’ancrer en Méditerranée (souhait présent depuis Catherine II, accès à une mer chaude), un autre (la Turquie) qui veut exterminer une partie des kurdes syriens qui veulent avoir une région à eux au Nord de la Syrie (comme leurs frères d’Irak) ce qui pourrait donner des idées aux 20% de kurdes de la population turque, un autre (l’Iran) dont la double velléité (dominer le Proche Orient et se trouver sur la frontière Nord d’Israël qu’il veut « rayer de la carte ») est l’explication la plus simple. A part le centre de Damas, il n’y a pas une ville qui soit restée debout en Syrie. Plus de 5 millions de réfugiés (25% de la population). Les 21 millions d’habitants en 2010 (avant le début des hostilités) sont devenus un peu plus de 16 millions, le Liban et la Jordanie en ayant hérité la différence.

Tout détruit et quelques 450 à 500.000 morts (comptez aussi, comme dans tous les conflits, 6/8 blessés pour un mort…). La Russie clame son souci d’assurer la sécurité d’Israël ; la Turquie (membre del’OTAN…) s’oppose aux États Unis qui veulent défendre les kurdes et menace tous les jours d’envahir le région en question de la Syrie ; l’Iran… subit, à répétition, les attaques dévastatrices israéliennes contre ses installations et ses troupes mais s’y incruste car la destruction d’Israël est inscrite, en lettres de feu,sur le frontispice de la République Islamique. *

* Brig. Gen. Hossein Salami was quoted by Iranian news outlets as saying, “Our strategy is to erase Israel from the global political map. And it seems that, considering the evil that Israel is doing, it is bringing itself closer to that.”

Et la France ? Elle aussi est présente en Syrie, et va ramener en métropole quelques centaines de djihadistes, enfants de la république et des « cités » partis, certains avec femme et enfants, pour torturer et tuer les ennemis d’Allah en Syrie.

Aux Etats Unis – économie en plein boom, chômage au plus bas (y compris pour les populations noire et latinos), pays devenu le premier exportateur de pétrole au monde (!), indices boursiers à plus de 25% supérieurs à ceux du commencement de l’Administration Trump et une bataille de tous les jours entre cette administration et l’opposition (parti démocrate en train d’opérer un glissement vers une gauche plus radicale que ce que l’on a connu là-bas). Et, en même temps, trois dossiers à caractère stratégique dont les conséquences seront plus qu’importantes pour le reste du monde :

 

- Dénucléarisation de la Corée du Nord – un espoir pour la Corée du Sud, le Japon et une bonne partie de l’Asie, un jeu savant de pressions et récompenses surtout pour la Chine (sans laquelle rien ne serait fait) ;

  •  - Équilibrer les échanges commerciaux (surtout avec la   Chine et l’Europe) – promesse de campagne de            M. Trump et qui marque un changement fondamental de la politique américaine visant le « globalisme »--

- Empêcher l’Europe de « sauver » l’Iran des sanctions     américaines qui visent trois domaines, i.e., la volonté de dominer le Proche Orient, le développement de fusées balistiques à capacité nucléaire et la suite du fameux JCPOA qui laisse l’Iran à accéder « à la bombe » dans quelques années.

 

Quand on regarde le monde ... les points de rencontre des gilets jaunes sur les routes nationales ou sur les autoroutes on a vraiment du mal à les voir !

 

 

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24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 17:27

On assiste, médusé, aux émissions des chaînes de TV ou, même, aux « questions pour un champion » dans lesquelles notre Président se trouve face à des centaines de maires dont les questions, affirmations ou contre-vérités nous déboussolent. Car, quand même, que se passe-t-il dans notre pays depuis ce jour funeste de novembre 2017 quand 300.000 de nos compatriotes se sont mis sur le dos le gilet  jaune qu’ils avaient dans leur voiture ?

Je vais faire simple et essayer d’aller droit au but : on assiste à une guerre d’usure car confrontés à un problème qui n’a pas de solution.

Guerre d’usure – chaque samedi des citoyens, plus ou moins civilisés, font savoir à la communauté nationale qu’ils ne sont pas contents ni de leur sort ni de ce que les «instances légitimes» du pays ont fait, font ou feront pour satisfaire leurs revendications. Revendications économiques qui, aussi légitimes qu’elles puissent paraître, se heurtent frontalement aux pénuries budgétaires dans lesquelles le pays se meut depuis une quarantaine d’années. Il devient, de plus en plus, évident que ce que les «instances légitimes» du pays peuvent faire – à part de promettre des lendemains qui chanteront une fois que les réformes, faites à moitié ou au tiers, produiront leurs résultats – ne sont que des cataplasmes sur des jambes de bois, tout au moins considérées comme telles par ceux qui réclament  « justice ».

Non, il n’est  pas facile de vivre avec des subventions de quelques centaines d’euros par mois quand on est devenu chômeur de père en fils. Non, il n’est ni facile ni sain de « tenir les murs » quand on fait partie de la tranche de la population de 15 à 34 ans que les anglo-saxons appellent les NEET (Not in Éducation, Employment or Training) : 2,85 millions (dont 40% viennent de la « diversité») soit 18,1% d’un groupe qui comporte 15,75 millions dans notre pays (OCDE – Enquête Emploi INSEE, 2017). Comme il n’est ni sain ni facile pour le pays d’avoir à supporter, peu ou prou, 6 millions de chômeurs (France Métropolitaine).

 

Et puisque c’est comme cela, les Gilets Jaunes, avec la sympathie (ou le support) de plus de la moitié des français obligent les « instances légitimes » du pays de prendre une posture défensive qui trouve, même parmi les siens, des justifications essentiellement à caractère moral. Car, enfin, on ne peut pas dire du mal des gens pauvres qui souffrent et qui le font savoir.

Et puisqu’il n’est pas possible de dire du mal on essaye d’expliquer, convaincues comme sont « les instances légitimes » que tout est question de pédagogie.

Pédagogie ? Ce serait vrai, peut-être, s’il s’agissait d’un problème pour lequel on explique comment  le résoudre. Mais s’il n’y a pas de solution ?

La France, un problème sans solution – Rien n’est  simple, plein de  facteurs pour un problème/équation à inconnues multiples, je vais en choisir un pour tenter d’expliciter le propos. Les retraites.

Depuis quarante ans on vit dans le cadre d’un modèle social qui trouve ses origines dans la naissance de « l’état-providence » dont le catalyseur s’est trouvé être une période faste, «les trente glorieuses». Ce modèle comportait (été fondé), d’une manière consubstantielle, une croissance économique pérenne élément essentiel pour le développement d’une société apaisée dans laquelle les conflits sociaux se règlent par le dialogue entre les partenaires sociaux. La croissance pérenne avait comme corollaire une capacité -pérenne à son tour- d’assurer chaque tranche d’âge d’une fin de vie cohérente avec sa catégorie socio-professionnelle. Le tout se traduisant par « la retraite par répartition» - ceux qui travaillaient réglant les pensions de ceux qui partaient à la retraite. On arrive au premier terme du problème sans solution.

En 1981 F. Mitterrand impose une  promesse de campagne «la retraite à 60 ans». Il ne fallait pas sortir de Saint Cyr pour comprendre que la réduction du nombre d’actifs allait créer une distorsion dans l’équilibre «cotisations/pensions». Il  s’agit du premier élément du problème sans solution : «En 2000 en France, seuls 20 % des hommes âgés de 60 à 64 ans étaient actifs contre 70 % en 1960 (Laffargue 2008, p. 313)» Le deuxième élément, la croissance économique du pays n’a pas été pérenne :

Des études savantes montrent qu’en deçà d’une croissance annuelle de 1,8%  l’économie française ne peut pas créer suffisamment d’emplois pour remplacer les départs à la retraite et absorber, éventuellement, une partie du chômage.  Regardez la courbe de la Banque Mondiale et vous comprenez qu’un gouffre s’est créé, patiemment, depuis les années 70. De moins en moins de gens au travail, de plus en plus de retraités (pour de plus en plus de temps car l’espérance de vie  augmente) et de plus en plus de chômeurs le tout avec une croissance en berne (on l’appelait même, «croissance négative» quand l’économie s’amenuisait). Très bien mais… les gens à la retraite devaient recevoir leurs pensions pour lesquelles ils avaient cotisé pendant leurs années de travail. Sauf que ceux qui travaillent aujourd’hui sont de moins en moins nombreux… En 1960 on trouvait en France 4 personnes qui travaillaient pour une à la retraite. 50, 60 ans après on trouve, peu ou prou, 1,4 personnes qui travaillent pour une à la retraite (14 millions de retraités, 21 millions d’actifs). Que doit-on faire? Augmenter l’âge de départ à la retraite ou augmenter les cotisations de ceux qui travaillent ou réduire les pensions de ceux qui sont à la retraite. Cela s’appelle faire des réformes. Comme en Nouvelle Zélande ou au Canada ou en Allemagne. Pour des raisons multiples et variées la France ne les a pas faites.

Vint Monsieur Macron. En laissant de côté ce qui n’est pas essentiel  (comportement, cursus, éloignement du «peuple») il s’est mis en tête de prendre autant de décisions que nécessaires pour tenter de rendre au pays le lustre qui était le sien jadis. Sachant qu’en réussissant, la France pourrait de nouveau prétendre être «premier violon» en Europe. Savait-il, avait-il réalisé, soupçonnait-il que ce qu’affronte le pays est un problème sans solution ?

Pour faire simple on dit «les Gilets Jaunes» (ou les masses qu’ils représentent) se trouvent sur une autre planète que «les instances légitimes». Effectivement, on voit des gens (dans les émissions de TV)  qui proposent comme unique solution pour améliorer leur sort  «de changer l’impôt». Avec presque deux tiers  (58%) des foyers fiscaux qui ne payent pas l’IRPP, avec 25% des foyers qui payent 70% du total (ce qui  en dit long sur sa progressivité) l’IRPP collecte 80 milliards d’euros et représente moins de 4% du PIB du pays. Mais… la France étant la seule au monde à avoir un ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune) avec un rendement de moins de 5 milliards d’euros… M. Macron, à juste titre le supprime (en partie).  Dans le pays qui a donné au monde la révolution de 1789 et de ses épigones (la Russie en 1917, la Chine 1949…)  c’est pire qu’un crime, c’est une faute (Joseph Fouché)… Et voilà des dizaines de milliers de Gilets Jaunes qui battent le pavé tous les samedis et crient, avec force, «rendez l’ISF»

Et personne pour leur dire que l’ISF abandonné (3,4 milliards d’euros) repris et distribué aux 65 millions de français ferait 52 euros par personne et par an soit moins de 5 euros par mois ! Quelle aubaine !

Comme on ne leur dit pas sur quoi la France dépense ses sous. On a réduit le total des dépenses à 1.000 euros et voilà le détail :

Plus de la moitié du budget pour les dépenses sociales (!), 10 fois plus pour la charge de la dette que pour la justice (!), 10% pour l’éducation (qui depuis des dizaines d’années «fabrique» tous les ans 150.000 gosses qui ne savent pas bien ni lire ni écrire ni faire des calculs).

Sauf à me démontrer le contraire, le problème auquel est confronté notre pays est insoluble (sans solution). Avec 6 millions de chômeurs, 6 millions de fonctionnaires, 14 millions de retraités et SEULEMENT 21 millions d’actifs dans l’économie privée, avec une dette de plus de 3.000 milliards d’euros (y compris celle pour la retraite des fonctionnaires) M. Macron n’a pas l’ombre d’une chance de pouvoir faire ce qu’ils souhaitait faire. Et la guerre d’usure que les Gilets Jaunes mènent contre la France (perte de croissance probable d’au moins 1%, déjà) ne fait qu’aggraver, de jour en jour, une situation qui, aussi désespérée qu’elle nous paraît aujourd’hui, le deviendra encore plus pour nos enfants et nos petits-enfants. Sauf si…

 

 

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 09:20

 

Depuis neuf samedis de suite (en attendant le dixième) de 300.000 à 30.000 Gilets Jaunes ont martyrisé le pays soit par leur actions directes soit par le rôle de catalyseur pour les groupes barbares d’extrême droite, d’extrême gauche et d’ailleurs. Des commerces ruinés, des déprédations pas toujours compensées par les assurances, des destructions frisant la souillure de monuments historiques. Et un gouvernement - sous l’autorité non partagée - du Président de la République qui se voulait « Jupiter, maître des horloges » Certes, nous sommes en Cinquième République, considérée comme un exemple de monarchie démocratique. Mais avec le dernier Président élu… le régime est en train de devenir « autoritaire ». Pas encore comme en Russie mais…

Et tout Jupiter qu’il se veut, notre Président a présidé un gouvernement constamment en retard d’une réponse aux actions des factieux qui, après avoir encaissé les « miettes » distribuées pour les faire taire (quand même quelques 12 milliards d’euros…) sont arrivés à contester l’ordre établi du pays : «Macron démission»  référendum d’initiative citoyenne, faire payer les riches, la panoplie entière des derniers trotskistes, M. Mélenchon annonçant la révolution).

Et Jupiter a tranché : pour arrêter la révolte (expression de colères accumulées depuis des lustres) il vient de proposer au peuple un débat large et national. Remarquez, c’est original. Ce n’est pas du niveau de Marie-Antoinette mais c’est tout comme. Vous n’arrivez pas à joindre les deux bouts ? Venez débattre pour (je cite) « transformer les colères en solutions ». Une lettre aux français résume quelques dizaines de questions proposées au « libre débat ». Il y  aurait  quoi dire de chacune d’entre elles. Pour ne pas ennuyer le lecteur j’en ai choisi trois.

1. Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ?  Suivez-moi. Le débat est organisé par la CNDP (Conseil National du Débat Public) dont vous ignoriez, sans doute l’existence. Et bien, sachez que notre République dispose de 26 Agences, Commissions, Conseils et Hautes Autorités qui doivent faire tout ce que les plus de 5 millions de fonctionnaires ne peuvent pas faire.

Et, naturellement, chaque structure évoquée dispose d’un Président dont le salaire  annuel peut aller jusqu’à 240.000 €.

Lesdites structures vont coûter en 2019 à la Nation 427 millions d’euros, soit 15 % de plus qu’en 2018 (370 millions). Puisqu’il faut faire des économies …

Ancien Ministre (à Bercy) notre Jupiter a-t-il besoin, vraiment, de l’avis des Gilets Jaunes (et du reste de la population) pour décider la liquidation de ces Agences, Conseils, Commissions… toutes gérées par des Enarques distingués, certains sortis de la même promotion que la sienne ?

2. Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ? Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ? Suivez-moi. Quand 58% des foyers  fiscaux ne payent pas d’impôt (IRPP)  et quand 1% des foyers payent 25% du total collecté et 10% des foyers payent 70% du total collecté… rendre l’impôt plus juste veut dire faire payer un impôt aux 58% des foyers ! Provocation ? Non, ce n’est pas une provocation. Une des raisons de l’apparition des Gilets Jaunes et de leurs revendications économiques  se trouve dans l’irresponsabilité de deux citoyens sur trois vis-à-vis de l’Etat, bien commun, pour lequel ils ne payent rien. Ne rien payer en impôt sur le revenu veut dire qu’il y a solution de continuité entre le citoyen et la communauté. Alors, les entendre vouloir plus de ceci et plus de cela tout en réduisant les impôts (qu’ils ne payent pas) veut dire en clair confisquer un peu plus des revenus des riches ou de ce qu’ils appellent maintenant « les plus aisés ». Et d’après les mesures prises récemment les plus aisés commencent à 2000-2500 €/mois.

Ancien Ministre (à Bercy) notre Jupiter a-t-il besoin, vraiment, de l’avis des Gilets Jaunes (et du reste de la population) pour dire au pays que la seule manière possible pour réduire les impôts est la réduction du nombre de fonctionnaires employés par l’État et les collectivités locales ?

 

3.Y a-t-il trop d’échelons administratifs ou de niveaux de collectivités locales ? Faut-il renforcer la décentralisation et donner plus de pouvoir de décision et d’action au plus près des citoyens ? Suivez-moi. Depuis le premier mandat de M. Mitterrand on vante les mérites de la décentralisation. Et depuis 40 ans tous les gouvernements, de droite et de gauche ont « décentralisé ». En réalité, on a créé des structures intermédiaires (communauté de communes, intercommunales, attributions pléthoriques et superposées département-région, communautés de régions) qui au lieu de décentraliser ont centralisé les pouvoirs chaque fois à l’échelon supérieur. Tant et si bien que le nombre de fonctionnaires de l’Etat Central n’a pas diminué mais… la fonction territoriale compte aujourd’hui pas loin de 2 millions de fonctionnaires. Tout cela a culminé avec la fusion de certaines régions (pendant le mandat de F. Hollande, quand M. Macron était à Bercy…) ce qui a conduit à des dysfonctionnements coûteux  qui n’ont aucune chance d’être résorbés.

Ancien Ministre (à Bercy) notre Jupiter a-t-il besoin, vraiment, de l’avis des Gilets Jaunes (et du reste de la population) pour dire au pays que la seule façon possible de réduire les impôts est la réduction du nombre de fonctionnaires employés par l’État et les collectivités locales ?

Résumons. Le pays (M. Macron) se trouve devant trois types de revendications *: (a) de gauche, (augmenter le SMIG, réduire  l’âge de départ à la retraite plus toute une liste de demandes « légitimes »), (b) de droite, (diminuer les impôts et les taxes pour les petites entreprises,  réduire/arrêter l’immigration illégale, utiliser les moyens légaux pour assurer l’autorité de l’Etat), (c) déraisonnables – payer  le tout  par endettement .

Endettement ? De l’élection de M. Macron (T2-2017) à aujourd’hui (T4-18) l'endettement de la France a augmenté, peu ou prou, de 90 milliards d’euros à environ 2.350 milliards d’euros. Soit, peu ou prou  100% du PIB français, sans compter la dette pour la retraite de fonctionnaires (8-900 milliards d’euros). Vous avez dit  augmenter l’endettement ?

 

Et Jupiter nous dit que ce qu’il veut faire c’est de redonner à la France  son lustre ancien et sa position dans le monde. Et qu’a-t-il pour le faire ? Un chômage endémique qui se trouve toujours entre 9 et 10% et qui ponctionne sérieusement les comptes de la nation, une dette pharamineuse et des citoyens qui ne croient plus un mot de ce que les gouvernants leur disent. La France, après avoir perdu une position il y a trois ans déjà, est aujourd’hui la 6ème économie du monde. Standard Chartered (UK) vient de publier ses projections pour 2030 : nous ne serons plus parmi  les 10 premières économies …

ooooo

Mais  le blog… géopolitique… Pendant qu’il  ne sait  pas comment s’en sortir en France, Jupiter fait feu de tout  bois pour sauver, avec Mme Merkel  (qui veut sauver le business allemand) et Mme Mogherini (pièce maîtresse de l’anti-américanisme en Europe) ce qui reste de l’accord JCPOA (Iran) que les États Unis ont abandonné.  Cela tombe bien, on vient d’avoir l’Étude d’éminents spécialistes (entre  autres, David Albright, premier interrogateur des scientifiques nucléaires iraniens et Olli Heinonen – qui avait identifié  A. Q. Khan, le « proliférateur » - Libye, Iran, Syrie, Corée du Nord. Que nous disent-ils (The Amad Puzzle - The Shahid Boroujerdi Project for Production of Uranium Metal & Nuclear Weapons Components 11.01.19) ? « Les informations sur une installation du Projet 110 inconnue à ce jour mettent en lumière l’immense valeur des archives nucléaires saisies par Israël pour combler les pièces manquantes du puzzle que constitue le programme d’armes nucléaires de l’Iran.... La construction de ce site signifie que le programme d'armement nucléaire de l'Iran a effectivement progressé plus loin que l'évaluation de l'AIEA à la fin de 2015, juste avant la mise en œuvre du Plan d'action global commun (JCPOA), lorsqu'elle affirmait qu'une série d'activités pertinentes pour le développement d’un engin explosif nucléaire « n’a pas dépassé les études de faisabilité et scientifiques, ni l’acquisition de certaines compétences et capacités techniques pertinentes ». L’existence et les projets de ce site sont en contradiction flagrante avec cette évaluation. Un morceau manquant du puzzle AMAD (nom de code du programme nucléaire iranien) est identifié. Autant dire que des hypothèses essentielles sur lesquelles reposait le JCPOA et que  M. Obama a bien voulu prendre en charge (et certifier aux autres Etats comme valides) reposaient, en fait, sur un manque d’information …

Pas mal… Si un jour les iraniens ont « la bombe » ils devront remercier l’Europe  et… M. Macron. Car M. Obama avait déjà reçu son Prix Nobel  quand il a commencé son mandat. Vamos con Dios

*(PE.Gobry,https://www.commentarymagazine.com/articles/yellow-rise-paris/ 12.18)

 

 

 

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6 janvier 2019 7 06 /01 /janvier /2019 19:04

 

Tout d’abord, un mot : pourquoi écrire ? Depuis une douzaine d’années depuis que le blog existe, j’ai pris l’habitude (la décision) de ne pas répondre aux observations, remarques, quolibets ou injures qui m’étaient adressées par certains lecteurs, tout en essayant de faire une synthèse des observations/remarques/interrogations qui me paraissaient légitimes pour apporter un élément supplémentaire de réflexion.. Et aussi, en laissant un peu de temps s’écouler entre un écrit et mon retour. Aujourd’hui le temps se comprime, on ne sait plus ce qui s’est passé il y a une semaine car on a la tête pleine de ce que les chaînes d’information continue y ont déversé hier ou, tout au plus, avant-hier. En clair : les observations/remarques/interrogations engendrées par mes deux derniers textes me conduisent à en mettre en ligne un troisième.

Oui, nous assistons au développement d’une double imposture.

Pour commencer, celle des « Gilets Jaunes ». Je ne vais pas répéter tout ce que les caisses de résonnance bien ou mal pensantes (« les médias ») nous serinent depuis six semaines. C’est toujours la même antienne, « si cela est c’est qu’il y a une explication sociale ». C’est la société qui est responsable car, si…. Je ne vais pas, non plus, écarter d’un revers de main l’intégralité des revendications économiques mises en avant par des représentants auto-proclamés du peuple. Je vais essayer de raison garder en regardant de plus près ce dont il est question. Et ce dont il est question c’est le sort une partie des français, ceux qui - pour des raisons diverses mais en (très) grande partie individuelles - n’ont pas bénéficié, comme la majorité, des retombées du développement économique du pays et/ou de la « mondialisation. En clair les pauvres.

J’avais écrit « La France est aujourd'hui un des pays les plus riches du monde avec, probablement, le plus généreux système de protection sociale. La semaine de travail est la plus courte au monde, les vacances annuelles sont les plus longues, l’éducation (y compris supérieure) est gratuite. Nos concitoyens sont mieux nourris, mieux logés, mieux vêtus et mieux divertis que jamais. Ils sont également en meilleure santé : l’espérance de vie est supérieure de 20 ans à ce qu’elle était en 1958 (INSEE). » Personne, parmi les lecteurs du blog n’a trouvé quelque chose à y redire.

Mais les tenants du discours « faut prendre aux riches pour donner aux pauvres » soit autant les représentants auto-proclamés du peuple que ceux patentés (La France Insoumise, Le Rassemblement National et d’autres) qui mettent en avant, avec raison, leur qualité d’élus du peuple, n’ont pas justifié autrement que par des invectives et des propos insensés pourquoi il faut « donner aux pauvres ». Il y a là une imposture.

« 17,3 % des Européens, soit 87 millions de personnes, vivaient sous le seuil de pauvreté en 2015 selon Eurostat [1], si on prend en compte le seuil à 60 % du revenu médian de chaque pays. La Finlande (11,6 %), le Danemark (11,9 %), la Norvège (12,2 %) et les Pays-Bas (12,7 %) font partie des pays où le taux de pauvreté est le plus faible. Avec un taux à 13,6 %, le niveau de la pauvreté en France se situe également parmi les plus bas d’Europe. Il est même le plus faible des pays les plus peuplés.

À l’opposé, la Roumanie (25,3 %), l’Espagne (22,3 %) et la Grèce (21,2 %) ont les taux de pauvreté les plus élevés. L’Italie et le Portugal ne sont pas loin avec respectivement 20,6 % et 19,0 %. Ces pays sont fortement touchés par la crise économique et ont un taux de chômage très élevé, notamment chez les jeunes.

En prenant en compte les seuils à 40… 6,4 % de personnes sont touchées en Europe. En Roumanie (13,5 %), en Espagne (10,7 %) et en Grèce (10,2 %), plus d’une personne sur dix vit dans la grande pauvreté. Le Royaume-Uni (5,6 %), la Suède (5,1 %) et l’Allemagne (4,8 %) sont proches de la moyenne européenne. En France, la part de la population très pauvre est parmi les plus faibles (3,1 % selon Eurostat). Seule la Finlande contient encore mieux la grande pauvreté (2,2 %). » (Observatoire des inégalités – 17.06.18). Et voilà le graphique qui indique le pourcentage de la population du pays qui vit sous le seuil de pauvreté pris à 40, 50 et 60% du revenu médian de la population :

Ce que l’on apprend c’est que les pauvres en France sont parmi les pauvres les plus riches (en valeur relative et absolue) de l’Europe : Finlande, Pays-Bas, France – le trio de tête. Qu’est-ce à dire ?

Premièrement, que l’on doit regarder « la pauvreté » avec circonspection. Non pas que je récuse le terme mais que l’on doit savoir de ce que l’on parle. On met en avant le cas de la mère célibataire qui élève un enfant. Ses besoins sont de deux natures : indispensables (nourriture, logement, vêtements, transport), d’un côté, et non indispensables (communication, moyens électroniques, distractions, voyages, vacances, spectacles). Il me semble qu’autant les dépenses indispensables doivent être assurées même pour ceux qui se trouvent sous le seuil de la pauvreté, les autres peuvent faire l’objet d’arbitrage. Pour fixer les idées, les plus pauvres de nos concitoyens (seuil à 40% du revenu médian -3,1%) disposent mensuellement de 736€ (Eurostat 14.12.18) – plus les subventions diverses (Aides et Allocations CAF, RSA et Impôts – de 170 à plusieurs centaines d’euros). Acheter (un ou plusieurs Smartphones) peut écorner le revenu du citoyen de 35 à 40% pour un mois soit de quelques 5/7% pour l’année. Car le prix moyen d’un Smartphone est de 330€ ! Sans compter le coût de l’abonnement de 200 à 750€ l’an pour une utilisation « triple play » (téléphone, internet, TV).

Regardez :

41 millions d’utilisateurs de Smartphones en France, 28,5 millions de ménages soit 1,45 Smartphone par famille. Le prix moyen d’un Smartphone étant de 330 € (Les Echos, 24.01.18). Naturellement, on pourrait répéter la démonstration pour les baskets de grande marque, les T-shirts marqués ou les tickets pour le dernier concert de Michel Sardou.Tout ce qui précède pour dire, autant de fois qu’il est nécessaire, que la pauvreté en France doit être regardée de plus près avant d’en faire l’étendard d’une nouvelle révolution ou révolte. Ajoutons, quand même, un autre élément : « la diversité » (première et deuxième génération) est « mesurée » (mal) en France à 6/8 % de la population. Il ne serait pas surprenant de trouver que les 3,1% d’extra pauvres en France se recrutent parmi cette composante de la population qui, en très grande partie ne dispose que des subventions (multiples et variées). Si l’on est sérieux, quelle conclusion tirer ?

Bref, une première imposture, elle nous « bouffe » le cerveau, tant on a eu (et on a encore à 55%) de la sympathie, voire de la solidarité, pour ceux qui occupent les péages, les camemberts des routes et, à l’occasion, détruisent (ou laissent détruire) le mobilier public et les devantures des magasins privés à Paris ou Bordeaux ou Toulouse ou Marseille.

Mais il y a une deuxième imposture. Celle de l’État-Providence « Confronté à une mutation de son environnement, il a conservé les mêmes règles de fonctionnement. Pour faire accepter des transformations qu'il ne maîtrisait plus - parce qu'il ne les comprenait pas -, il a accru en vain les dépenses publiques et les impôts afin de les compenser. Espérant rendre la situation plus acceptable, il n'a contenu les inégalités qu'au prix d'une stagnation sociale qui obstrue les perspectives d'avenir: en France, les pauvres ne le sont pas trop, mais ils le restent » (Erwan Le Noan, Le Figaro Magazine 31.12.18). Faisant semblant d’assurer « la justice » en faveur des pauvres on a pris (non pas au riches) mais aux moins pauvres (classe moyenne supérieure et celle d’après) pour donner aux pauvres. Déshabiller Paul pour habiller Pierre c’est tout ce que le sieur Macron, à la suite de F. Hollande et de N. Sarkozy, a décidé de faire. Derniers exemples ? Une grande partie des 14 millions de retraités qui subissent l’augmentation de la CSG (taux maximum 8,3% dont 2,4% soumis à l’impôt…) et qui sont aussi ceux pour lesquels la taxe d’habitation ne sera pas annulée (20% de la population). Mais… tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse »… La stagnation sociale en France, depuis deux ou trois dizaines d’années est tellement évidente que l’on ne s’en préoccupe plus. Cela ajoute à l’impossibilité de ce qui fût « l’ascenseur social » de faire œuvre de promotion pour ceux d’en bas qui font des efforts pour le mériter… En continuant de donner « tout à tout le monde, tout de suite » sous prétexte de construire un pays qui « protège et qui est juste » M. Macron s’inscrivant dans la lignée malheureuse de ses prédécesseurs a utilisé, utilise, le tonneau sans fin de l’endettement. Fût un temps quand on dévaluait le franc… 3 dévaluations pendant les deux premières années du premier quinquennat de M. Mitterrand ! Économiquement ce que M. Macron fait (et encore il y a un mois en dispensant larga manu plus de 10 milliards d’euros au peuple qui en voulait plus…) ce n’est qu’une imposture. Et elle s’accompagne d’un comportement de l’Etat qui l’amplifie : absence de courage pour rester droit dans ses bottes et arrêter la pantalonnade des Gilets Jaunes. Il a commencé par céder à la rue, il n’a pas le courage de s’y opposer par tous les moyens légaux qui existent. Assister, sans réagir sérieusement, au lynchage de policiers ou gendarmes (clips vidéo qui passent en boucle sur les stations de TV) ad nauseam ce n’est pas ce qu’un Etat digne de son nom devrait faire. Il le fait cependant, le comportement de l’Etat actuellement est, selon moi, une deuxième imposture. Nonobstant les excuses « état de droit, droits de l’homme, proportionnalité des réactions et autres fadaises qui ne justifient que l’inaction. Quousque tandem… ?

 

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